15.01.2010

POLITIQUEMENT TOTALEMENT "INCORRECT" !

drapeau_israelien-palestinien.gifEn cette période où les medias décrivent l'œuvre et la vie d'Albert Camus, il m'apparaît essentiel de rappeler cette phrase programme du prix Nobel de littérature: "Mal nommer les choses rajoute au malheur du monde". En effet, ne pas nommer correctement choses et événements, pensées et actions procède du mensonge, de la dissimulation et empêche toute forme de réaction appropriée puisque le "mal" n'est pas défini et que le bien est camouflé sous un manteau impropre.

C'est toujours en se fondant sur la fausse dénomination des"choses" que se déverse la campagne qui permet au mal de ne pas être identifié pour ce qu'il est, puis de l'imposer à une opinion publique craintive de ne pas être politiquement "correcte".

Ainsi en va-t-il de ce que l'on appelle dans nos medias juifs et israéliens du "camp de la paix" comme si tous ceux qui refusent d'y adhérer étaient pour le camp de la "guerre".

Le camp de "la paix"

Les représentants de ces organisations apparaissent en permanence dans les colonnes de nos journaux et les informations télévisées, souvent précédés d'un titre pompeux de docteur ou professeur (peu importe en quoi) pour expliquer la nécessite absolue de créer un nouvel état palestinien. On nous amène à oublier le but du sionisme qui est l'épanouissement d'un état juif pour tous les exilés et le renforcement de l'identité juive. On focalise sur le "peuple palestinien", ses droits, ses revendications et le mot magique de Paix. Peu importe que ce soit la paix des cimetières tant que ce mot à la puissance de mirage figure dans nos discours.

Bien entendu pour atteindre ce but, nous devons obligatoirement faire des "concessions" et ces dernières doivent être suivies du terme "douloureuses". On nous expliquera que notre victoire dans toutes ces guerres imposées par les arabes à l'Etat d'Israël, sont en réalité des défaites et que les arabes méritent compensation. Nous devons payer pour avoir réussi à repousser les hordes arabes déferlant sur notre état lors de la guerre d'indépendance et refoulées au delà de ces indéfendables frontières d'avant 1967, payer pour ces arabes qui ont fui leur masures et leur terre de rocaille en espérant revenir avec les armées victorieuses arabes pour terminer d'égorger les Juifs restant et se saisir de leurs biens. Nous devons payer pour avoir brisé le blocus arabe en 1956 et rétabli notre droit à la légitime défense. Nous devons payer pour avoir survécu face aux prédécesseurs de Mahmoud Abbas et avoir ainsi humilié les pauvres terroristes. Nous devons payer pour avoir libéré la Judée Samarie, réunifié Jérusalem, rétabli la présence juive sur le Golan. Dans le monde entier et dans toutes les guerres, le vaincu doit payer. Chez nous, c'est le Juif qui doit régler l'addition.

La cinquième colonne

Comment se fait-il que nous en soyons arrivés à cette situation où le doute est instillé dans le cœur sioniste, où le manque de foi étouffe notre credo juif, où la timidité écrase notre légitimité?

La réponse est dans l'offensive de la cinquième colonne que nous n'osons pas designer par son véritable nom.

Comment dénomme-t-on dans tous les pays du monde celui qui pactise avec l'ennemi? Comment appeler celui qui œuvre contre l'intégrité de son territoire national? Quel nom accorder à celui qui reçoit de l'argent de l'étranger, de puissances hostiles pour oeuvrer contre son propre peuple? Quel qualificatif mérite celui qui espionne les actes de ses compatriotes et transmet les informations à des puissances étrangères?

Comment déterminer la juste appellation de celui qui mine le moral de son armée et justifie son action contre nos pionniers? Quel qualificatif pour ceux qui fournissent à l'ennemi des cameras pour filmer nos soldats et monter des provocations? Comment appeler ceux qui organisent le boycott de leur propre pays à l'étranger?

Au cours des trois dernières années, les associations formant le camp de "la paix" ont touché plus de 31 millions de shekels des gouvernements européens. Douze millions de shekels furent versés à la seule organisation "BeTselem".

Saper nos bases

Ces associations agissent selon ces fameux principes édictés à la Chambre des députés française par un représentant des ligues d'extrême droite. Aux perturbateurs démocrates qui l'interrompaient, il déclara qu'il réclamait le droit de parole en fonction de leurs principes et le leur refuserait au nom des siens. C'est ainsi que la démocratie bafouée est exploitée par les ennemis du camp national au nom de nos principes et qu'ils établissent un terrorisme intellectuel au nom des leurs. Ils ont fixé des normes de ce qui est politiquement "correct" et interdisent le juste message du sionisme national taxé d'extrême droite. Ils ont ainsi amené le peuple à accepter sans oser gronder l'aberrant abandon du Gouch Katif, le gel des villes et villages juifs de Judée Samarie, la discussion sur Jérusalem, les décisions iniques de la Cour Suprême offrant aux voyous arabes la possibilité de jeter des rocs sur les voyageurs de la route 443. Sans réponse vigoureuse, ils sapent les bases même de la renaissance juive sur Erets Israël.

Des traîtres

Ces mouvements et ONG sont désignés sous le nom de mouvements de défense des droits de l"homme, de protection des droits juridiques. Appellation mensongère servant à interdire toute critique et à dissimuler leur véritable caractère. Pourtant le seul mot que méritent ces "Chalom Akhchav", "Yech Din", "Be Tselem" existe dans tous les dictionnaires: Traîtres.

Quand nous aurons bien nommé la chose comme le préconise Albert Camus et comme nous l'enseigne notre Loi, le malheur du monde juif sera réduit. Car les traîtres doivent être passibles non pas de publicité médiatique mais d'un jugement sévère et légal. Ils doivent être mis au ban de la Nation.

Et si ce ne sont pas des traîtres, c'est qu'ils méritent des soins psychiatriques intensifs pour masochisme aggravé nuisant à la collectivité.

Jacques KUPFER

Président du Bloc National des Juifs Francophones.

12.01.2010

Bensaïd est mort

Décidément, l’heure est au deuil… On apprend aujourd’hui le décès du philosophe marxiste revendiqué Daniel Bensaïd, ex-soixante-huitard devenu tête pensante de la LCR puis du NPA. Nous avions interrogé ce théoricien intègre (tendance radical modeste) le 24 avril 2004, au moment où il faisait paraître son autobiographie.

 

bensaid.jpgIl disait être né dans le communisme « comme dans un bain chimique ». Figure importante de Mai 68, Daniel Bensaïd était l’antithèse de L’Opportuniste chanté par Jacques Dutronc dans les années 60 : « Il y en a qui contestent / Qui revendiquent et qui protestent / Moi je ne fais qu'un seul geste / Je retourne ma veste, je retourne ma veste / Toujours du bon côté. » Ancien soixante-huitard des premiers rangs de manif, Daniel Bensaïd n’a jamais retourné sa veste marxiste et s’en fichait d’être taxé d’archéo par ses détracteurs. Longtemps membre de la direction de la Ligue Communiste Révolutionnaire, il a participé à la création du NPA, dans un rôle de conseiller affûté, figure tutélaire et mémoire vive de la gauche de la gauche aux côtés d’Olivier Bensancenot.

Auteurs de nombreux essais, présent dans de multiples ouvrages collectifs (le dernier étant Démocratie dans quel état ?, aux éditions la Fabrique), animateur des revues Critique communiste et Contretemps, Daniel Bensaïd est intervenu régulièrement dans le débat intellectuel, ces dernières années, notamment sur la question sociale et le conflit israélo-palestinien. Il y introduisait toujours une touche de complexité, de culture historique et philosophique, sur un fond de radicalité qui faisait de cet homme intègre au physique sec et fragile, au visage émacié, un compagnon de débat apprécié bien au-delà du cercle des révolutionnaires de la révolution, comme dirait Jean-Luc Godard.

Thierry Leclère

Entretien publié dans Télérama n°2832 du 24 avril 2004

Daniel Bensaïd est l'un des meilleurs connaisseurs du marxisme en France. Enseignant la philosophie à l'université Paris-VIII, il est l'une des têtes pensantes de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Il vient de publier une passionnante autobiographie, Une lente impatience (1), récit d'un itinéraire politique qui commence au milieu des années 60. Il analyse l'antipolitisme affiché du mouvement Avis de KO social.

Comment caractériser ce mouvement ?
Il a des formes diverses et tâtonnantes, mais on voit bien d'où il vient : d'un chemin de recherche plus que de réelle reconstruction, commencé au milieu des années 90 sur les échecs des promesses libérales. Les grandes grèves de 1995 servent de référence visible après coup. Depuis se sont multipliés les forums sociaux - Porto Alegre, les grandes manifestations de Seattle... Ensuite, des conflits ont pu se cristalliser sur certaines catégories - les sans-papiers, les intermittents du spectacle, les chercheurs... -, mais on aurait tort de ne les voir que comme des combats corporatistes. Ils sont autant de facettes du mécontentement. Et je remarque que, dans l'ensemble, ces mouvements catégoriels produisent plutôt un effet de reconnaissance mutuelle, chacun pouvant se reconnaître dans le sort réservé aux chercheurs, de même que les chercheurs se reconnaissent dans les difficultés communes. Cela ne change pas la face du monde, certes, mais ce sont des repousses sur le terrain désolé des années 80.

Depuis dix ans, ces mouvements citoyens, Attac au premier chef, refusent toute affiliation à un parti, toute participation au pouvoir. Est-ce que " résister à l'air du temps ", pour reprendre le titre de l'un de vos livres, peut tenir lieu de mouvement politique ?
Le thème de la résistance est moins présent qu'il y a dix ans. C'était un commencement indispensable. Nous sommes aujourd'hui dans un moment charnière. Sans pour autant fétichiser les forums sociaux, ils ont énoncé ce besoin d'un " logiciel alternatif " au logiciel libéral. Si on dit " le monde n'est pas une marchandise " et que l'on ne peut pas confier la culture, la santé, l'alimentation à l'harmonie des systèmes marchands, alors il faut inventer ou restaurer une autre logique, celle du bien commun, du service public.
Quant à la participation au pouvoir, on voit balbutier des éléments d'alternative, mais comment les traduire en alternative politique crédible ? Comment rompre par exemple avec l'idée de l'éternelle alternance gauche droite, sans pour autant céder à la tentation de se réfugier dans le mouvement social pour lui-même ? C'est dangereux, car vouloir ignorer le politique, ce n'est pas lui échapper.

Le refus des participants à cet " Avis de KO social " de toute étiquette, de tout logo ou parti, et même de tout porte-parole est-il une autre illusion ?...
Je comprends bien cette méfiance à l'égard de la confiscation de la parole, mais si ce n'est pas eux qui désignent leurs porte-parole, les médias les créeront. C'est pourquoi je suis contre le dénigrement des partis. Sans partis, on risque de faire une politique sans politique, où se pose éternellement la question de la légitimité de celui qui parle.

Cette tentation antipolitique est-elle un phénomène générationnel ?
Sûrement en partie. Même si je déteste cette désignation de " génération 68 ", il faut reconnaître que nous avons connu là un surinvestissement politique, dans la lutte effective pour le pouvoir et dans l'imaginaire qu'on en avait. Je comprends bien que l'imaginaire ait changé : le passif du stalinisme dans le siècle ne va pas s'effacer en un jour, et le souci démocratique est plus grand aujourd'hui que l'envie de prendre le pouvoir. D'autant plus que les ressorts mêmes de la politique sont devenus plus sophistiqués, a fortiori avec l'horizon européen, qui rend le cadre de l'action plus difficile à définir.

Que ce soient des chanteurs et des poètes, et non des intellectuels ou des politiques, qui servent de catalyseurs au mouvement social vous étonne-t-il ?
Non. Il y a une issue poétique à l'incertitude politique. Dans tous les cas, on ne peut pas faire l'économie du langage. J'aime bien ce que dit en substance Duras dans Le Camion : au début du XXe siècle, les mots semblaient sûrs. On parlait de socialisme en croyant faire référence à des contenus bien définis. Il n'y a pas de mot innocent qui ait survécu. Mais à force de méfiance devant les us et abus du vocabulaire, il y a un risque d'euphémisation généralisée. Or il faut apprendre à appeler un chat un chat. La lutte des classes, ça existe. Quand les " classes " sont devenues des " masses ", cela a construit une vision du monde.

" Avis de KO social ", ça vous dit quoi ?
La formule est féconde : chaos, KO, c'est le double KO du social ! Triple même : le chaos chaotique, le KO sur le ring, mais aussi, comme dans la théorie du chaos, la porte étroite du possible. La matière sociale est incertaine, mais de ce magma peut sortir quelque chose, le pire et le meilleur.

Finalement, vous trouvez les années 2000 plus intéressantes à vivre que les années 80 ?
Ah oui ! Les années Tapie-Thatcher avaient tout arasé. Quelque chose s'est remis en marche dans la perception critique du monde. Il n'y a pas d'alternative claire, pas de voie tracée, pas d'avenir radieux, mais au moins des questions refont surface. C'est essentiel.

.

Propos recueillis par Catherine Portevin

(1) Ed. Stock, 484 p., 23,80 €.

31.12.2009

Jean de Brem : Notre mémoire pour 2010

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Colline Ste-geneviève, près du Panthéon, le 18 avril 1963, un jeune homme de 27 ans tombe sous les balles de policiers parisiens. Pour lui arracher les secrets qu'il venait d'avaler, ils lui percent la gorge sans plus de façon. La presse ne trouva rien à redire.

Etudiant, Jean de BREM avait milité au mouvement des jeunes indépendants. Après une brillante campagne en Algérie, lieutenant parachutiste, il participe à l'opération de Suez. Démobilisé, il entre en journalisme. Convaincu du déclin de notre civilisation, il rejoint l'OAS-Métro dès sa création. Mais déjà il ne voit d'issue que dans l'union étroite des nations européennes.

Plongeant alors sa plume dans la lave de l'histoire du continent blanc, il rédige le " Testament d'un européen ". Il y exprime la force du destin qui est le nôtre, dans une épopée grandiose restée inachevée. Telle quelle, cependant, elle témoigne de talent, de ferveur et d'un souffle prometteur.

Proche, par les convictions et la spiritualité de Jean Bastien-Thiry, Jean de Brem tombe 37 jours après l'exécution de son ami. 37 jours, le temps qui a séparé l'exécution de Brasillach de la mort de Drieu…

0ba427b63bd42baba59a5dafc87712c0.jpg« Je sens peser sur mes épaules misérables le poids démesuré du plus glorieux des héritages. A moi, qui ne suis rien et qui n’apporte rien, la civilisation fait un cadeau gigantesque : le patrimoine de l’Europe. Il est fait de trésors et de souvenirs. Chacun de nous, je crois, à Londres et à Vienne, à Berlin et à Madrid, à Athènes et à Varsovie, à Rome et à Paris, à Sofia et à Belgrade, doit ressentir le même drame. Chacun de nous est le dernier des Européens. Je suis le prince débile issu d’une lignée de colosses et qui va peut-être clore une race. Je mourrai sans postérité, stérilisé par l’atome ou égorgé par un fanatique. Et mes frères auront le même sort. Des géants nous précèdent, des héros et des savants, des explorateurs de la terre et des explorateurs de l’âme, des César et des Antoine, des monarques et des capitaines, des silhouettes sévères en robe de bure, de belles courtisanes ou des brutes implacables. Tout un cortège de grandes figures, resplendissantes de splendeur et de puissance, se déroule à nos yeux, immense fardeau pour nos contemporains dérisoires. Voici que s’amassent à l’Orient les nuages sinistres de la ruée païenne et barbare. Je vais mourir. Je meurs. Et la race Europe avec moi. Avec nous. Je ne laisserai rien. Depuis cinquante ans j’ai dispersé l’héritage. Et laissé le royaume du ciel en friche. Je n’aurais pas d’héritiers dans ce monde hostile et chaotique. Je ne puis laisser qu’un message : l’histoire, la très belle histoire d’une civilisation mortelle, qui se croyait invincible. Une civilisation pour laquelle des milliards d’hommes ont lutté et vaincu pendant trente siècles. Personne ne sera là pour me lire. Qu’importe. Voici comme un dernier cri de rage et d’amertume. »

« Taxez-moi de romantisme, qu'importe !
Pour moi, le trésor du monde, c'est une infante de Vélasquez, un opéra de Wagner ou une cathédrale gothique.
C'est un calvaire breton ou une nécropole de Champagne.
C'est le Romancero du Cid, ou le visage hugolien de "l'enfant grec".
C'est un tombeau des Invalides, ou le Grand Aigle de Schönbrunn, l'Alcazar de Tolède, ou le Colisée de Rome, la Tour de Londres, ou celle de Galata, le sang de Budapest ou le quadrige orgueilleux de la Porte de Brandebourg devenue le poste frontière de l'Europe mutilée.
Pour toutes ces pierres, pour tous ces aigles et pour toutes ces croix, pour la mémoire de l'héroïsme et du génie de nos pères, pour notre terre menacée d'esclavage et le souvenir d'un grand passé, la lutte ne sera jamais vaine.
Frêle Geneviève de Paris, patronne de l'Europe, seule contre les hordes mongoles, tu symbolises notre esprit de résistance.
Et toi, vainqueur blond au visage de dieu, Macédonien aux dix milles fidèles, Alexandre, toi qui conquis le monde oriental avec ta foi et ton épée, dressé contre le destin et le sens de l'Histoire, tu symboliseras peut-être un jour le triomphe de l'Europe impériale
. »

Avant-propos de Jean de Brem dans Le testament d’un Européen

2044810829.jpgQuelques mois plus tôt : 6 juillet 1962, 3 heures 56 du matin. Une salve secoue la brume. Au même instant, sur l'autoroute du sud, la France, insouciante, part en vacances.

Pourtant, à quelques centaines de mètres à peine, un second coup de grâce claque et fait tressaillir l'homme qui tient dans sa main un petit drapeau tricolore. Le sang coule sur sa tenue léopard. Il souffre, il souffre dignement.
Devant ce militaire que la mort hésite à prendre, à l'écoute des plaintes émises par le blessé, un colonel déclare froidement que ce sont là les spasmes de l'agonie. Maître Tixier-Vignancour et Maître Denise Macaigne, soutenus par l'aumônier de la prison de Fresnes, s'opposent à cette honteuse constatation et forcent les autorités à appeler un médecin. Ce dernier confirme bien les affirmations des avocats :" l'homme vit toujours". Alors, alors il faut l'achever.

A 4 heures 04, l'adjudant - bourreau- tire par trois fois sur l'officier blessé, mais ses mains tremblent et les trois coups de grâce ratent leur but. Armé d'un autre revolver qu'il est allé chercher, le sous-officier revient . Il est 4 heures 08, la boucherie a pris fin.

Le corps est placé dans un cercueil en bois blanc. Le pouvoir vient d'obliger son armée à accomplir un nouveau meurtre. Après 11 minutes de calvaire, frappé d'une seule balle sur les 11 tirées par le peloton d'exécution d'une armée française, le lieutenant Roger Degueldre, officier au Premier Régiment Etranger de Parachutistes, est mort au 6ème coup de grâce, en criant : "Vive la France". Mais ce cri qu'il a poussé ne peut être entendu par la France dont il souhaite la vie au moment même où elle lui donne la mort.

La France, allongée sur les plages de l'Atlantique et de la Méditerranée ne se soucie nullement de regarder ceux qui l'entourent, ceux que l'on juge, que l'on condamne, que l'on assassine, ceux qui pleurent, qui ragent et qui désespèrent.

La France, égoïste, dort... au soleil. Ce soleil qui apporte aux estivants la chaleur qui manque à ceux que l'exode vient de jeter brutalement en Métropole : les pieds-noirs.

Ils sont seuls, les pieds-noirs. Pourtant dans leurs maigres bagages - un glorieux passé baigné de sang - ils observent la récompense de leur patriotisme : l'apaisement de leurs vicissitudes, le cadeau de bienvenue du pouvoir, il est là : c'est le cadavre d'un officier français, le corps criblé de balles, c'est Delta. Delta ! L'homme qui avait quitté l'armée parce que trop militaire, il refusait de s' écarter du chemin de l'honneur, l'homme qui les avait défendus, réconfortés, aidés à reprendre espoir, le lieutenant Roger Degueldre qui, quelques minutes avant sa mort leur avait transmis son ultime message en déclarant : " Si je ne suis pas de leur race, ni né sur leur sol, je les ai beaucoup aimés et je les aime toujours ".

L'officier parachutiste mort en chantant la Marseillaise rejoignait ses compagnons de combat, victimes eux aussi des balles françaises. D'abord Claude Piegts, un des plus nobles exemples des Français d'Algérie, mort à 27 ans, victime de la ferveur patriotique au cri de : "Visez au coeur, Vive l'Algérie française"
Et Albert Dovecar, sergent-chef au 1er REP, mort à 25 ans, Dovecar qui, à l'audience, déclarait encore: "J'ai trouvé à la Légion tout ce qui me manquait dans le civil : une maison, des camarades". Mais la maison était détruite et les camarades étaient morts.

24.12.2009

Nos partisanes de Noël

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♫♪♪♫ Ich wünsche Euch allen Frohe Weihnachten - I wish you all a Merry Christmas - Os deseo a todos feliz Navidad - Joyeux Noël pour tous - Vi auguro un Buon Natale - Jag önskar er en God jul - Prieciigus Ziemassveetkus - Häid joule ♫♫♪ ♪ ♫♪♪☆¨¯`*★。。☆~☀☾~★´*。.☆¨¯♥`*★。。❤ ☆~♡❤ *¨¨*•.¸ ¸.•*¨¨*♫♪(¯`•♥•´¯) ♪♫•*¨*•.¸¸ ¸¸.•*¨*•♫♪♀ JOYEUX NOËLº°¨¨°º¤ø °¨¨°º¤ø ¸„ø¤º°¨¨°º¤ø¸JOYEUX NOËL¤ø ¸„ø¤º°¨¨°º¤ø ø¤º°¨¨¨°º¤ø ¸„ø¤JOYEUX NOËLº°¨¨°º¤ø ¸„ø¤º°¨¨°º¤ø ¸„ø¤º°¨¨°º¤ø,„JOYEUX NOËL¤ø ¸„ø¤º°¨¨°º¤ø ø¤º°☆¨¯`*★。。☆~☀☾~★´*。.☆¨¯♥`*★。。❤ ☆~♡❤ *¨¨*•.¸ ¸.•*¨¨*♫♪(¯`•♥•´¯) ♪♫•*¨*•.¸¸ ¸¸.•*¨*•♫♪♀ *¨¨*•.¸ღ¸.•*¨¨*♫♪ ♫♪ ♪ ♫♪♪♫♫♪ ♪ ♫♪♪♫ Ich wünsche Euch allen Frohe Weihnachten - I wish you all a Merry Christmas - Os deseo a todos feliz Navidad - Joyeux Noël pour tous - Vi auguro un Buon Natale - Jag önskar er en God jul - Prieciigus Ziemassveetkus - Häid joule ♫♫♪ ♪ ♫♪♪

14.12.2009

Judaïsme et Humanisme

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Un des disciples et traducteurs de Heidegger en France écrivit à Heidegger juste après la deuxième guerre mondiale et le questionna sur la possibilité de restaurer un humanisme dans l’ Europe ravagée par la guerre et par le nazisme. Heidegger répondit dans une longue lettre, en fait un opuscule connu sous le nom de Lettre sur l’humanisme:je ne crois pas que le problème soit de restaurer l’humanisme, je ne crois pas qu’il faille restaurer l’humanisme“. Et il ajouta : “parce que l’humanisme est plutôt ce qui est la cause de nos maux. Nous confondons les choses en voulant parler d’humanisme“. Que voulait-il dire par là ?

Quand il écrit cela, Heidegger a en vue l’humanisme au sens du relativisme : l’homme est la mesure de toutes choses. Or si, effectivement, l’homme est la mesure de toutes choses, il n’y a aucun point de vue extérieur auquel accrocher un univers de valeurs, un univers de significations relativement stables. Les choses changent à tout moment, selon ce que les hommes disent qu’elles sont et selon aussi ce qui se passe dans les sociétés humaines. Qu’est-ce qui nous permet de condamner radicalement le mal ou du moins ce que nous percevons comme mal ? c’est bien l’idée qu’il pourrait exister quelque part une échelle de valeurs, sinon intangible, du moins extérieure à nous-mêmes, une référence à laquelle nous pourrions mesurer les actions humaines, à laquelle nous pourrions mesurer notre être et nos pensées. Si nous sommes dans une perspective totalement relativiste, il semble bien que nous ne disposions plus de cette possibilité de référence. Ce serait là, selon Heidegger, le risque, l’écueil et même l’échec de l’humanisme.

C’est ce type de pensée-là que Heidegger vise dans sa Lettre sur l’humanisme en disant : ces gens-là ont raté quelque chose ; ce qu’ils ont raté, au-delà de cette vision qu’ils nous proposent de l’humanisme, de l’autonomie de l’homme, de l’autonomie du sujet, c’est précisément le fait que l’homme ne peut être le dernier mot. Le dernier mot c’est l’Être. Selon une des formules les plus connues de Heidegger, “l’homme est le berger de l’Être“, l’homme doit veiller à quelque chose qui le dépasse et qui est ce qu’il appelle l’Être.

Cette idée que l’homme est le berger de l’Être, qu’il faut rompre avec une posture trop centrée sur les pouvoirs de l’homme, nous la retrouvons dans toutes les critiques de la modernité technologique, du prométhéisme de la domination de l’homme sur la nature, critiques qui nous disent : attention, nous ne sommes peut-être que les gardiens et pas simplement les maîtres et possesseurs de la nature. Il y a donc une descendance écologiste de la pensée de Heidegger. C’est exactement ce que nous retrouvons dans le premier monothéisme : le Judaïsme.

Au cœur de toutes les découvertes et de toutes les exigences de l’Humanisme, il y a l’affirmation que, dans toute culture, la personne est identique et en devenir. Le propre des humanistes est de considérer que la dignité de l’homme coïncide avec sa liberté et que sa raison fait de lui un être divin : une imago Dei. Cette dignité, l’homme la doit aussi à la possibilité de gouverner sa vie et de se constituer historiquement, en opposant à la puissance de la Fortune la Vertu industrieuse, ou pour mieux dire créative. C’est encore la dignité de l’homme que d’exercer activement, contre toute contrainte, le droit à la liberté de pensée, de conscience et de questionnement.

Si l’humaniste se défie, sans tomber dans le relativisme, de toute “hiérarchisation” des civilisations, c’est qu’à ses yeux l’homme possède, partout et toujours, les mêmes vertus essentielles. Bien plus, l’Humanisme propose une osmose entre ces vertus : c’est-à-dire une convergence des pensées, des institutions et des conquêtes de toutes les cultures passées et contemporaines. De ce projet témoignent les points de concordance qu’il établit entre les civilisations de l’Orient, du Judaïsme, du Christianisme, de l’Islam et entre toutes les autres expériences humaines connues : aussi l’Humanisme est-il un creuset. Il repose aussi sur l’idée, exprimée par Dante principalement, selon laquelle ce qui est impossible pour l’homme individuel ne l’est pas pour l’humanitas : c’est-à-dire pour la coordination, idéale et effective, des facultés humaines. Sans une telle vision, l’humanité serait demeurée foncièrement statique ; ni la poésie ni la science n’auraient pu voir le jour. Si elle venait à perdre une telle vision, la science moderne, pourtant fille de l’Humanisme, ne serait plus un instrument de connaissance et de libération, mais un scientisme, un anéantissement de l’esprit et donc de l’éthique.

Ainsi, l’Homme que véhicule, par exemple, le hassidisme est un modèle d‘Humanisme. Le Hassid se caractérise par son authentique religiosité – qui lui permet d’accéder à D. par l’amour de l’humanité. À la différence de l’érudit talmudique, qui vit en dehors du monde réel, le Hassid visionnaire est doté de joie de vivre, de naïveté et de simplicité. Autre personnage , le Halutz ascétique – le pionnier qui consacre sa vie à l’édification de Sion. Le Halutz est un «nouveau type d’homme», mû par une vocation à la fois nationale et sociale.
cependant ni le Halutz ni le Hassid ne peuvent être pris totalement comme « finalités » pour l’Humanisme . La mission du Halutz dans l’édification d’une patrie du peuple Juif a pris fin avec la création de l’État d’Israël – et avec le renforcement des particularismes au détriment des éléments universels. Le même constat vaut pour le hassidisme institutionnalisé qui, a dégénéré au fil du temps. «L’humanisme hébraïque» ou «biblique» demeure,cependant,l’idéal que toute éducation doit se proposer d’atteindre.

C’est en effet à l’«humanisme hébraïque» – dans lequel cherche à s’ancrer le sionisme, – que l’on peut attribuer la plus haute valeur humaniste. Le sionisme se conçoit comme «le chemin de la sainteté», par opposition à «l’égoïsme sacré» du monde. La question de l’attitude d’Israël à l’égard de ses voisins arabes n’est pas seulement d’ordre politique; elle fait aussi partie intégrante du judaïsme. De même que l’antisémitisme met en question la crédibilité des principes chrétiens, devenant de ce fait un problème chrétien, de même l’attitude juive envers les Arabes est une mise en question du judaïsme et devient par là même un problème juif.

L’héritage juif classique – «la force de la mémoire vivante» – est la principale source du judaïsme. Il fonde son enseignement essentiellement sur les valeurs universelles du grand texte de l’antiquité juive – la Bible : Ce que la Bible nous enseigne avec tant de simplicité et de force, et qui ne peut s’apprendre dans aucun autre livre, c’est qu’il y a la vérité et le mensonge et que l’existence humaine se tient inexorablement du côté de la vérité; c’est qu’il y a la justice et l’injustice et que le salut de l’humanité réside dans le choix de la justice et le rejet de l’injustice.

La notion de «ligne de démarcation» est l’une des contributions majeures à la réflexion sur l’Humanisme. L’injustice est inhérente à la vie même – en particulier dans les rapports entre communautés. Confronté à cette tragique réalité, l’être humain est contraint de se déterminer constamment au regard du minimum de mal qu’il doit commettre pour assurer sa survie et du maximum de bien qu’il doit faire pour préserver son image d’être humain. Pris dans cette contradiction entre le souhaitable et le réalisable, l’être humain doit sans cesse tracer une ligne de démarcation entre des exigences impératives et la possibilité – forcément relative – de les satisfaire dans la vie quotidienne. A l’heure des décisions fatidiques, nous devons nous demander quelle est la dose de mal absolument indispensable à la survie de la communauté: tout ce qui se situe au-delà ne doit pas être toléré.

Cette notion de ligne de démarcation prend toute sa pertinence lorsqu’on l’applique au combat acharné qu’a mené Israël pour sa survie sur la terre biblique. Le triomphe de la cause sioniste entraîne inévitablement une certaine injustice à l’égard des Arabes de Palestine; mais ces torts doivent être limités au strict minimum. Tiraillé entre la nécessité de sauver le peuple « porteur de lumière »et le souci éthique de ne pas commettre d’injustice envers les Arabes de Palestine, il s’agit de vivre sur place avec les Arabes, et non pas à leur place. Déjà Buber déclarait: «Nous n’aspirons pas à rentrer dans notre antique patrie pour en chasser un autre peuple ni pour le dominer».

Mais dira-t-on : pourquoi avoir élu un peuple qui doit lui observer tous les commandements de la Thora ?
Pourquoi demander plus, toujours plus aux juifs ?
Pour que ce peuple puisse conduire l’humanité, par son exemple, vers un plus haut degré de spiritualité et de moralité. Tâche en partie remplie, en inspirant le christianisme et l’Islam, qui bien que n’étant pas parfaits, représentent un net progrès par rapport aux croyances qui les ont précédés.

Reste la question d’Amalek qui serait la « preuve » de la totale impossibilité de l’Humanisme juif …

En réalité,Amalek est LA question suprême .

« Où donc est le D. d’Israël ? »

Terrible question .

Il y a 35 siècles quand, massacrant et pillant, Amalek s’en prit aux plus faibles, aux plus démunis des Hébreux qui venaient d’être les témoins de l’exemplaire sanction de D. en Égypte, ces Hébreux du Miracle crièrent eux aussi : « Pourquoi ? » Où était donc ce D. mystérieux qui, la veille, les avait sauvés ? Pourquoi, maintenant, permettait-Il à Amalek de les tailler en pièces ?

Pouvaient-ils deviner l’enseignement de la Haggadah, qu’en « chaque génération, l’homme doit se considérer comme s’il était lui-même sorti d’Égypte » ? D. a crée l’Histoire pour apprendre aux hommes que, s’ils ont le courage et la volonté de l’entreprendre, la guerre contre le mal peut être victorieuse. C’est ainsi que le Psaume 115, comme la fin du Hallel, unit à la « Maison d’Israël », les Craignant-Dieu, les foules de Gentils qui, sans se convertir au judaïsme, en acceptaient l’exigence morale et monothéiste.

Israël fut libéré d’Égypte mais dut combattre Amalek, parce que c’est aux hommes et non à Dieu qu’incombe la lutte contre le mal et les malfaisants. Quand le jour finit, Amalek avait perdu la bataille. Se considérer comme étant soi-même sorti d’Égypte, comme ayant soi-même combattu Amalek, c’est dire et croire qu’Amalek peut perdre la guerre en chaque génération.

Quand les hordes de pogromistes massacraient et violaient, quand les bottes d’Amalek martelèrent le sol d’Allemagne puis de l’Europe entière, la Haggadah faisait entendre d’autres pas : ceux des esclaves libérés d’Égypte marchant vers la Terre promise. Les Haggadot le proclamaient en leur dernière page : « L’an prochain à Jérusalem ».

La renaissance de l’État d’Israël n’est pas la réponse au « Pourquoi ? » La question demeure inchangée. Mais ce que l’État d’Israël proclame, c’est la victoire toujours renouvelée de l’Humanisme par l’échec d’Amalek.

Jean-Marc DESANTI

03.12.2009

DE L’IDENTITE NATIONALE

 

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Peut être, quand on s’appelle Farida schera Bakhouche, qu’il est plus facile que pour d’autres de parler de l’identité nationale, tout simplement parce que l’on a eu besoin de définir sa place très tôt dans la communauté Nationale et donc de réfléchir à qui l’on est par rapport au pays dans lequel on vit. La France est une Idée. Il n’était pas écrit de toute éternité que les hommes vivant à l’intérieur de ses frontières naturelles formeraient une seule nation. Jules César le notait déjà, les peuples qui habitaient la Gaule étaient des peuples divers, qui différaient par la langue, les coutumes et les lois et dont seule une partie était celte et les autres étaient d’origine germanique ou ibérique. C’est pour cette raison que je me reconnais dans cette idée, admirable dans son absurdité même, selon laquelle il y a 2000 ans mon pays s’appelait la Gaule et mes ancêtres s’appelaient les gaulois. L’Identité française ce n’est pas un sentiment d’appartenance à un groupe ethnique, une religion, une idéologie, encore moins à une race. L’identité française c’est se sentir une communauté de destin avec d’autres hommes vivant sur le territoire national définit par ses frontières naturelles. Au moment où nous célébrons l’Amitié franco-allemande il faut avoir en tête que nous avons entre nos deux peuples une différence fondamentale : pour un allemand, là où est l’homme allemand, là est la terre allemande, pour un français, là où est la terre de France, là est l’homme français. Droit du sang, Droit du sol. L’Identité Nationale est donc basée sur l’adhésion individuelle de chaque Français à des Valeurs communes, quelle que soit son origine ou celle de ses parents. Rien n’est plus étranger à notre Identité Nationale que la notion de « communauté », de quelque nature qu’elle soit, qui enferme chacun dans un groupe en le prédéterminant collectivement sans lui laisser la Liberté de choix en tant que personne. Il ne s’agit pas de nier et donc de se priver de l’apport que constituent nos différences, (elles enrichissent bien au contraire notre Identité Nationale), mais elles ne doivent pas devenir à ce point discriminant qu’elles permettent à un groupe de s’autoriser à se croire autonome vis-à-vis du destin collectif. Alors, bien entendu et c’est ce qui fait l’actualité de ce débat, l’Identité Nationale française n’est pas une chose figée, elle évolue, non pas dans ses composantes mais dans leur importance relative. En 2009, en Europe, et d’ailleurs dans le monde, la France n’a pas l’exclusivité d’être un état de Droit, une Démocratie, un pays pacifique, prospère, ou les citoyens bénéficient de la protection sociale, de l’enseignement gratuit, de la Liberté de penser, de pratiquer ou non la religion de leur choix, d’en changer s’ils le veulent, de s’associer, d’entreprendre, un pays de l’égalité des droits entre hommes et femmes. Ceci ne veut pas dire que tout soit toujours, tout le temps, et totalement parfait. Ceci ne veut pas dire qu’il ne faille pas en permanence être vigilant en ces matières. Être citoyen français ne signifie pas non plus que nous soyons les seuls à être les héritiers d’une grande Histoire, d’une grande Culture, d’autres Nations peuvent aussi s’en prévaloir. Mais dans le contexte de la mondialisation quelques heures d’avion suffisent pour se rendre compte de notre chance d’être les Citoyens d’un tel pays. Parler d’Identité nationale, c’est par nature parler de ce que sont nos spécificités par rapport aux autres nations et pour ma part j’en retiendrai trois. Tout d’abord la passion française de l’Intelligence qui se matérialise par le culte du diplôme et par le goût des débats d’idées à tout propos qui fascine les autres peuples où le pragmatisme à l’anglo-saxon est la règle plutôt que l’exception. Certes, c’est souvent un handicap en termes d’efficacité, mais je voudrais rappeler que le grand père d’un Prix Nobel de physique français prit la décision de quitter son ghetto de Lituanie à la fin du 19ème siècle car il pensait qu’un pays capable de s’enflammer et de s’entre-déchirer pour préserver l’Honneur d’un petit capitaine juif inconnu serait le seul pays où il pourrait vivre dignement. La deuxième caractéristique identitaire française me semble être la passion de l’Égalité avec son corollaire qui est le refus du privilège qu’il soit social ou de naissance car seuls les avantages obtenus par le talent le travail et l’esprit d’entreprise sont tolérés en France dans ce qu’on appelle le Mérite Républicain. La troisième caractéristique identitaire française tellement spécifique qu’elle n’a d’équivalence dans aucun pays ni même de traduction dans aucune langue étrangère est le principe de Laïcité. La Laïcité est à mes yeux la pierre angulaire du pacte Républicain non seulement parce qu’elle affirme la neutralité de l’État en matière religieuse mais surtout parce qu’en confinant à l’espace privé et au libre examen individuel le domaine de la foi, elle préserve la sérénité des rapports citoyens. La Laïcité c’est bien sûr le principe du Citoyen libre dans une société libre, mais c’est aussi le principe de respect que chacun se doit de porter aux croyances ou à l’absence de croyance en une transcendance chez les autres. La Laïcité c’est l’idée que la vie des Citoyens français, les règles du vivre-ensemble qu’ils se donnent librement et d’une façon générale la Politique de la Nation ressortent du débat démocratique à l’exclusion de quoi que ce soit d’autre sauf si des Représentants légitimes du pays ont conclu des traités qui nous font obligation, ratifiés par le libre examen des citoyens comme c’est le cas dans la construction Européenne à laquelle notre pays prend la place qui lui revient c’est-à-dire très souvent en avant-garde. Bien sûr, comme toute médaille a son revers, ces caractéristiques identitaires ont aussi leurs limites, leurs travers, leurs ridicules parfois, mais ce sont les nôtres, celles de la Nation, celles qui font que nous sommes heureux et fiers d’être français.

Farida Schera Bakhouche

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02.12.2009

YHWH et MERLIN

Merlin2.jpgN’y aurait-il pas déjà dans l’intitulé même de ce texte un blasphème des plus intolérable ? Y a-t-il seulement quelque chose à « voir » entre Odin et Moise, entre la pensée mythique européenne -l’âme éternelle du Paganisme- et le Judaïsme ?…Mais les dieux païens, aussi, croyez-vous qu'on puisse les mépriser ? Le christianisme en porte l'empreinte, par ses saints, ses chapelles et ses miracles... et le christianisme n’est-il pas cette lumière jetée sur les bouleversements  ainsi que sur les relations souvent tendues au sein même du monde juif  qui permet de voir comment s'est opéré le passage d'une société pluraliste vers une société institutionnelle imposant ses normes et comment se sont constituées progressivement une orthodoxie et une hétérodoxie.
Cela fait pourtant des siècles, que de ce regard tantôt tendre et tantôt cruel entre Merlin et YHWH, l’histoire de l’Europe et de l’humanité s’écrie en lettres d’or ou en flots de sang. Nietzsche, le plus grand des incompris peut-être , écrivit en septembre 1886 : « le judaïsme a donné à l'Europe une religion héroico-épique ».
Le rabbin Samson Raphael Hirsch fondateur de l'école Torah im Derech Retz, et
qui fut au XX ° siècle l’ardent patriote et porte parole du judaïsme orthodoxe allemand lui fait écho : « l’Europe est un appel au sens du sacrifice. Le judaïsme réveillera la vieille patrie européenne endormie au cœur de nos forêts, où coulent les sources de vie. »

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19.11.2009

VERITES SUR LA FUSILLADE D’ALGER LE 24 JANVIER 1960

janv1960_alger-afp-59d78.jpgI – L’ASSASSINAT DES GENDARMES…. PAR LA GENDARMERIE

 

 

Comme je l’ai évoqué au cours de l’étude n° 22, c’est le bruit de la fusillade qui me fit bondir dans le boulevard Saint-Saëns et rejoindre ce qui était devenu le PC Ortiz.

 

Une fusillade entre d’une part les forces de l’ordre, en l’occurrence la gendarmerie mobile, et d’autre part, théoriquement, les manifestants.

 

Il y eut des morts des deux côtés. Beaucoup plus parmi les gendarmes, 14 tués, que parmi les manifestants.

 

L’arrêt de la fusillade coïncida avec mon arrivée sur la place de la Grande-Poste. Parce que se déployaient sur cette place, au même moment, les régiments parachutistes des colonels DUFOUR[1] et BROIZAT[2] et qu’un clairon avait fait entendre un « cessez-le-feu ».

 

Que s’était-il passé ?

 

Il faut distinguer deux phases.

 

-         LA PREMIERE PHASE : c’est la charge des gardes mobiles.

 

D’après le colonel ARGOUD, c’est le général CREPIN qui donna cet ordre, sans en référer au préalable au général en chef. Un ordre émanant de DELOUVRIER, le délégué du gouvernement en Algérie.

 

Pourquoi ? 

 

Parce que la manifestation qui, à 15 heures, s’illustrait comme un échec patent, devenait progressivement un succès. Un succès car la foule commençait à arriver en masse. Les salles de spectacles avaient été vidées de leurs publics, le stade municipal d’Alger aussi et nos militants du FNF étaient en mission dans tous les coins de la ville pour rameuter la population.

 

Ce succès, concrétisé par ce peuple qui grondait, représentait un danger pour le pouvoir gaulliste. Car son enthousiasme était contagieux. Il fallait absolument lui infliger un coup d’arrêt décisif. Il existait en effet un vieil adage dont MASSU, paraît-il, s’était fait l’interprète :

« Si vous êtes quelques centaines je vous donne la fessée. Si vous êtes quelques milliers je vous tire dessus. Si vous approchez les cent mille, je marche avec vous ».

 

Compte tenu de l’évolution ascendante de la concentration populaire, il paraissait évident que le nombre de manifestants allait atteindre ou peut-être dépasser le chiffre de cent mille hommes et femmes.

 

Dans cette éventualité, on se méfiait en haut-lieu du comportement du général CHALLE, le commandant en chef, qui aurait pu ressentir et partager, lui-aussi, les effets de l’enthousiasme populaire.

 

-         LA DEUXIEME PHASE concerne l’ouverture du feu.

 

La question primordiale fut toujours de savoir si les gardes mobiles avaient tiré sur les manifestants. En particulier, s’ils avaient tiré au fusil-mitrailleur.

 

Cette question a trouvé une réponse au cours des audiences du célèbre procès des Barricades d’Alger auquel je participais, en tant qu’accusé.

 

La thèse officielle, qui était celle de l’accusation, soutenait que les gendarmes n’avaient pas tiré un seul coup de feu.

 

Or, trois dépositions fondamentales sont venues conférer à cette fusillade, une lumière éclatante d’enseignements. Car elle est venue lever tous les doutes à propos de l’identité des responsables du drame que nous avons vécu ce jour-là.

 

Le colonel GODARD, chef de tous les services de police en Algérie, est venu témoigner, cité par l’accusation. Lors d’une première déposition, il ne dit rien. Absolument rien sur la fusillade.

 

Quelques jours plus tard, son adjoint à la direction de toutes les polices d’Algérie, le capitaine de La BOURDONNAYE, lui-aussi témoin de l’accusation, fit sensation. En effet, il déclara, alors que l’on ne lui demandait rien, qu’il avait vu deux FM[3] de la gendarmerie mobile, tirer du Forum en direction de la foule.

 

Ce fut un véritable tollé dans la salle d’audience, aussi bien au niveau de l’accusation qui était représentée par un avocat général et un commissaire du gouvernement, le général GARDON. Qu’au niveau des membres du tribunal : un président, deux assesseurs civils et plusieurs officiers supérieurs et généraux. Ce fut aussi un tollé parmi tous les avocats qui assumaient la défense des accusés dont je faisais partie.

 

Objet de questions pressantes, véhémentes même, de la part du général GARDON, le capitaine de La BOURDONNAYE précisa qu’il n’avait pas été le seul à observer ce tir effectué par deux FM de la gendarmerie. Il déclara, en effet, qu’avec lui étaient présents au moment où le tir des gendarmes s’est déclenché, d’une part le colonel GODARD, son chef, et d’autre part le commandant ALLAIRE.

 

Je me souviens qu’à ce moment précis de son témoignage, le capitaine de La BOURDONNAYE avait manifesté un doute. Il ne se souvenait plus de l’identité du troisième officier. Quant tout à coup il s’exclama : « c’était un ancien officier du REP… le nom va me revenir… j’y suis ! Il s’agit du commandant ALLAIRE ».

 

Evidemment, le commissaire du gouvernement, qui était secoué d’une émotion qu’il ne parvenait pas à dominer, fit convoquer à la barre des témoins, le colonel GODARD tout d’abord.

 

Avec beaucoup d’indulgence, il lui reprocha d’avoir été silencieux sur cette partie importante de son témoignage, qu’il avait totalement occultée.

 

GODARD, un peu confus, fut obligé de reconnaître et d’affirmer, sous serment, qu’il avait vu deux fusils-mitrailleurs mis en batterie par la gendarmerie sur le Forum d’Alger. Ces deux FM étaient pointés en direction de la foule. Et il apporta la précision suivante : « J’affirme n’avoir vu tirer qu’un seul des deux FM ». Il ne précisa pas la durée du feu.

 

Quant au commandant ALLAIRE, il vint témoigner, un peu contraint et forcé. Je veux souligner par cette précision, qu’il ne s’est pas exprimé avec aisance. C’est pratiquement avec regret qu’il confirma le témoignage du colonel GODARD : deux FM de la gendarmerie étaient pointés du Forum en direction de la foule, et au moins, l’un d’eux avait tiré en direction de la foule.

 

Pour apprécier l’importance opérationnelle de ce TIR DE LA GENDARMERIE, il me faut vous schématiser les lieux du drame.

 

Imaginons un premier plateau que j’appelle le plateau supérieur : c’est la place du Forum. Elle s’étend devant le bâtiment de la Délégation Générale. C’est-là que ce sont déroulées les manifestations de mai-juin 1958. C’est du balcon du Forum d’Alger que DE GAULLE a lancé son : « Je vous ai compris ! ».

 

Etant sur le Forum, si nous tournons le dos à ce balcon, sur notre gauche, se développe un plan incliné : il est formé des escaliers qui permettent de rejoindre le Plateau des Glières. Sur ce plateau, s’amasse la foule algéroise. Il s’agit du deuxième plateau : le deuxième plateau inférieur.

 

Près de ce plateau, concentrés dans les escaliers qui conduisent du premier au second plateau, les gendarmes mobiles s’apprêtent à donner la charge. Effectivement, les escadrons dévaleront ces escaliers pour aller au contact de la foule, avec mission de la disperser. « Quitte à faire preuve de brutalité » a précisé le général COSTE, le tout récent commandant de la Zone Autonome d’Alger. Un officier pied-noir qui obéira à De Gaulle en cette circonstance. Sans état d’âme.

 

Retenons donc ce schéma :

 

-         un plateau supérieur, le Forum, où deux FM étaient en batterie, et à partir duquel un FM au moins de la gendarmerie mobile a tiré ;

-         un escalier qui relie les deux plateaux ;

-         un plateau inférieur où un peuple chante la Marseillaise et exprime sa foi dans l’Algérie française et dans la France.

 

Revenons au procès des Barricades.

 

Après les dépositions de ces trois officiers, La BOURDONNAYE, GODARD et ALLAIRE, l’audience du lendemain fut consacrée à une nouvelle audition : celle du colonel DEBROSSE. Celui-ci, on le sait, commandait la gendarmerie mobile. C’est lui qui avait reçu la mission de dégager le Plateau des Glières.

 

A la demande des avocats de la défense, j’avais esquissé un plan des lieux, en forme de coupe. J’y situai la position des deux FM suspects. Maître Le CORROLLER[4], posa la question suivante au colonel DEBROSSE :

 

«- Si un FM de la gendarmerie avait tiré d’ici, que se serait-il passé ? » Il désignait évidemment le plateau supérieur.

 

« - Mais c’est impossible ! » répondit DEBROSSE, « ce FM aurait tué des gendarmes ! »

 

Donc, on peut affirmer que le tir de la gendarmerie fut réel et indubitable, puisqu’il fut constaté, de visu par trois officiers très expérimentés dans le domaine des armes et des opérations militaires.

 

Ce tir de FM, effectué à partir du Forum d’Alger, fut dirigé, très ponctuellement, contre la foule rassemblée sur le plateau inférieur. Comme on le dit vulgairement, ceux qui ont ouvert le feu, ont tiré dans le tas. Mais comme dans ce tas avançaient les gendarmes, il était pratiquement inéluctable que parmi ceux-ci certains d’entre eux fussent tués et blessés. Intentionnellement ? J’ose répondre par l’affirmative. Car il fallait un prétexte au pouvoir pour clore cette journée dans un bain de sang.

 

Au-delà des responsabilités, la gravité de cette affaire est illustrée avant tout par le nombre de morts et de blessés. C’est un drame connu. Il n’entre pas dans cette étude n° 25 de l’évoquer par une arithmétique de cadavres inopportune.

 

Car une autre vérité accentue la dimension dramatique, inattendue et particulièrement infâmante de cette gravité. C’est la vérité suivante : les premières lignes de mobiles qui chargèrent la foule, étaient constituées pour une grande part de gendarmes pieds-noirs dont les armes avaient été désapprovisionnées au préalable. Avant leur charge.

 

Un coup de feu provocateur est sûrement parti de la foule. Il a déclenché le tir du ou des FM de la gendarmerie, à partir du Forum.

 

Il est important de souligner aujourd’hui encore que les quatorze gendarmes tués, n’ont pas été autopsiés. Aucune précision ne fut apportée concernant l’origine des projectiles qui les avaient atteints.

 

J’ai connu au moins l’un des gardes[5] originaire de Fort-de-l’Eau qui participa à cette charge. Il fut toujours convaincu que lui et ses compagnons étaient tombés dans un infâme traquenard.

 

Il précisait même que celui-ci avait été monté par-dessus la tête du colonel DEBROSSE. Il rejoignit l’OAS quelques temps plus tard, avec plusieurs autres des gardes mobiles qui participèrent à cette charge du 24 janvier.

 

Il le fit après avoir incendié la caserne de la gendarmerie mobile de Maison-Carré.

 

Il fut condamné par contumace à 20 ans de détention. Il est mort en Espagne. Il s’appelait Vincent Ginester.

 

Cette intervention des forces de l’ordre se devait d’être sanglante, avant tout, pour ceux qui l’avaient déclenchée. Et surtout pour ceux qui avaient planifié le feu de la gendarmerie, sans en référer au général CHALLE.

 

Il fallait du sang à ces messieurs, de manière à disposer d’un prétexte qui aurait permis au pouvoir gaulliste de résoudre dans un bain de sang, répétons-le, cette soirée des Barricades d’Alger. Cette soirée du 24 janvier 1960.

 

Se débarrasser par-là même, de ceux dont je faisais partie, qui avaient beaucoup donné, depuis cinq ans déjà, pour la défense de l’Algérie française.

 

Ceux qui avaient mis en jeu leur carrière, leur équilibre familial, leur liberté et leur vie. Ceux qui, cependant, sont encore traités par certaines organisations et publications amies, avec une désinvolture irritante. Voire un dédain insultant.

 

Commença alors la nuit tragique.

 

Nos effectifs étaient regroupés autour du PC Ortiz, ainsi qu’à l’intérieur des locaux de cet immeuble que nous occupions.

 

Nous étions sous la menace d’une attaque en règle dirigée contre la Barricade du PC Ortiz. Mais nous étions là. Pratiquement tout l’effectif des commandos de choc du FNF. Ceux qui le matin avaient enfoncé les barrages des parachutistes et de la gendarmerie. Ceux qui avaient rameuté la foule vers le plateau des Glières.

 

Le capitaine HAUTECHAUD, du 1ER REP, affecté à d’autres fonctions auprès du général MASSU à la préfecture d’Alger, vint nous rendre visite peu avant minuit. Il déclara textuellement, à Ortiz et à moi-même : « Dans deux heures, nous déplorerons 600 morts à Alger ».

 

Il était manifestement pessimiste.

 

Mais, le 1er REP se cantonna à ce moment-là sur la place de la Grande-Poste. Le colonel DUFOUR vint nous contacter. Il déclara à Ortiz et à moi-même : « Soyez calmes cette nuit, reposez-vous et surtout dormez. Il ne se passera rien et demain… il fera jour ».

 

Effectivement la nuit se passa au mieux possible.

 

Nous eûmes, hélas, à déplorer un drame inattendu. Le suicide de l’un des nôtres. Raphaël Senach. Il souffrait d’un état dépressif apparemment quiescent qui s’est brutalement décompensé après la fusillade.

 

Paul Ribaud, dans un livre un peu romantique, Barricades pour un drapeau a montré dans une très belle photo, la foule qui assista, quelques  jours plus tard, à l’enterrement de Raphaël. On voit, en plein milieu de cette foule, le visage de Jean Perez, mon père, qui, avec ma mère, mes sœurs et beaucoup de parents, assistèrent à toutes les manifestations. Mon jeune frère Jacques était à son poste, à la tête de son groupe, à l’intérieur des Barricades.

 

Cette nuit, fut pour moi l’occasion de faire la connaissance du capitaine SERGENT. J’y reviendrai un peu plus loin dans le cadre de cette étude n° 25.

 

Ainsi, à 2 heures du matin, l’aventure du 24 janvier 1960 était terminée.

 

Pointaient les premières heures du 25 janvier.

 

Allait naître alors une autre aventure, beaucoup moins risquée : celle de la semaine des Barricades d’Alger, qui ne fut qu’une queue de ce qui s’était passé pendant les journées des 23 et 24 janvier.

 

Est arrivé le moment de poser une question : quels sont les responsables de la fusillade ?

 

La réponse est nette. Sans équivoque. Je l’ai d’ailleurs évoquée.

 

A/ Le premier responsable, le responsable opérationnel, c’est DELOUVRIER, le Délégué du gouvernement en Algérie. Plus tard, quand il fut mis sur la touche de la vie politique par le général De Gaulle, il déclara en substance à son idole :

 

« J’ai pourtant pris la responsabilité de faire couler le sang à Alger ».

 

B/ Après lui, parce qu’ils lui ont obéi, sans exiger une confirmation par le général CHALLE qui ne fut pas informé de la décision de faire charger les gendarmes, sont responsables le général CREPIN, nouveau commandant du corps d’armée d’Alger et le colonel FONDE, commandant du secteur Alger-Sahel.

 

Le colonel DEBROSSE ne fut qu’un simple exécutant.

 

Il est acquis d’une façon certaine que des personnalités politiques, évoluant très près du Président de la République, sont intervenues pour engager DELOUVRIER dans cette responsabilité :  faire couler le sang à Alger.

 

Des personnalités très liées avant tout à Georges Pompidou et à son état-major. Pompidou, fondé de pouvoir de la banque Rothschild qui occupait, à ce moment-là, les fonctions de chef de cabinet de De Gaulle.

  

Dès 1958, lors de l’accession au pouvoir par celui-ci en juin 1958, en tant que dernier président du Conseil de la IVème République, Pompidou avait fait connaître son plan de négociations avec le FLN pour aboutir à un cessez-le-feu avant la victoire.

 

Ce plan s’exprimait dans un document d’une importance déterminante dont on a très peu parlé et aujourd’hui encore moins qu’hier : le document Pompidou préparé à l’aide de BROUILLET et de TRICOT.

 

Pompidou et les « pompidoliens » furent des acteurs dont le rôle fut de la plus haute efficacité dans le largage de l’Algérie française. Au nom du délestage économique de l’Algérie dans le but d’augmenter la valeur ajoutée des investissements. Ce plan Pompidou concrétisait auprès de l’exécuteur en chef qu’était De Gaulle, l’objectif de l’un des états-majors opérationnels les plus efficaces du capitalisme financier de l’époque. Et c’est dans le cadre du délestage économique de l’Algérie, que sont intervenus des hommes comme Giscard d’Estaing, qui ont manifesté à haute voix, leur volonté que les Barricades d’Alger fussent réduites par la force. C’est-à-dire, au prix de quelques centaines de morts.

 

 II – LE 25 JANVIER 1960, A PARTIR DE 5 HEURES DU MATIN : MES RENCONTRES, CE MATIN-LA, AVEC SERGENT, BROIZAT, LE GENERAL GRACIEUX, COMMANDANT DE LA 10ème D.P.

 

« Demain il fera jour…. » avait déclaré DUFOUR, commandant du 1er REP. En plein milieu de la nuit il effaça par ce propos les effets anxiogènes de la réflexion pessimiste du capitaine HAUTECHAUD : « Cette nuit il y aura 600 morts de plus à Alger ».

 

La fusillade remontait à plusieurs heures. L’état de siège avait été décrété à Alger par le général CHALLE.

 

L’information générale nous traitait d’assassins, de factieux sans foi ni loi… mais rien ne se passait.

 

Durant cette nuit, nous savions très bien que si l’armée donnait l’assaut, nous serions balayés en quelques minutes. D’autant plus que nous n’aurions jamais ouvert le feu sur l’armée française. Je tiens à le préciser. Tels étaient mes ordres.

 

Donc, c’était devenu quoi ce 24 janvier 1960, à Alger ? Un bluff ? Pourquoi pas ? C’était le moment ou jamais d’être capable de bluffer.

 

Je pressentais que rien ne se passerait… et par intermittence, je m’offrais quelques minutes de sommeil, sur le coin d’une table.

 

Certains parmi les nôtres, m’interrogeaient avec angoisse. Mon camarade de jeunesse et frère d’armes, Georges Beauvais me demanda : «vais-je mourir cette nuit ? Je veux le savoir ».

 

« Je n’en sais rien », lui ai-je répondu. « Il nous faut attendre et rester calmes ».

 

Malgré cette incertitude, nos militants du FNF sont restés sur place : autour du PC ORTIZ et à l’intérieur de l’immeuble. A monter une garde symbolique.

 

C’est à ce moment là qu’une voix s’est élevée parmi eux. C’était celle de Sauveur Marco, un de nos commandos de choc du FNF, un bagarreur teigneux s’il en fut, qui avait fait partie avec Charlie Falzon, Robert Laugier, son frère et d’autres encore…. du fameux bélier de 200 casques lourds qui avaient enfoncé les barrages du matin, avec moi à leur tête. Et que nous disait Sauveur ?

 

« Vous vous imaginiez tous qu’on allait défendre l’Algérie française par des défilés, des chants et quelques gueulantes ! Qu’on allait sauver l’Algérie française, comme ça, en rigolant et en manifestant. Et bien la vérité c’est cette nuit ! Alors dormez et bonne nuit ! ».

 

J’essaie aujourd’hui, de traduire en langage décent la formulation très couleur locale dont nous avait gratifiés Sauveur et que je n’ose pas transcrire.

 

Quoi qu’il en soit, nous attendions la suite des évènements. Tout allait dépendre du comportement de l’armée.

 

Vers 4 heures du matin, quelqu’un vint me chercher.

 

« Un capitaine du REP demande à te rencontrer ». me dit-il. « Il t’attend de l’autre côté de la barricade ».

 

Je m’y rendis. J’eus droit à un salut classique, « Pierre SERGENT, du 1er REP, mes respects docteur ».

 

Il me dit immédiatement :

 

« Le commandant V…, commandant en second du régiment, vous invite à venir le rencontrer au PC du régiment, le plus rapidement possible ».

 

« Je vous suis » lui répondis-je.

 

Il me conduisit à quelques centaines de mètres du PC ORTIZ, et me présenta au commandant V…., le commandant en second de cette belle unité de la Légion étrangère.

 

« Très honoré de vous rencontrer » me dit-il. « Je vous ai prié de venir pour vous inviter au calme, vous et vos troupes » ajouta-t-il.

Et il enchaîna : « tout se passera bien. Je suis pour l’Algérie française. Le régiment est pour l’Algérie française. Le général GRACIEUX, commandant la 10ème DP est pour l’Algérie française. Le général CHALLE est pour l’Algérie française. Donc, le sauvetage de l’Algérie française, c’est l’affaire de quelques heures …. Car « le coup va partir ». Maintenez le calme parmi vos effectifs. Nous vous solliciterons le moment venu ».

 

Voilà dans l’esprit, les propos que me tint ce brillant officier du REP, ce lundi 25 janvier, un peu avant l’aube.

 

Je m’en retournai au PC pour informer Ortiz et les autres de cet entretien et je réussis enfin à dormir 1 heure.

 

Je fus appelé dans la matinée (9 heures ? 10 heures ?) par une estafette qui me déclara :

 

« Le colonel BROIZAT veut te parler d’urgence ».

 

Je connaissais BROIZAT. Il commandait le 1er RCP et j’avais tenu avec lui et deux autres colonels du Bureau préfectoral de MASSU, une réunion très importante dans la villa du capitaine FILIPPI, située au Balcon Saint Raphaël, vers la fin de l’année 1959.

 

BROIZAT, ce 25 janvier vers 9/10 heures du matin, me présenta deux autres officiers, que je n’avais pas encore vus :

 

« Le général GRACIEUX » me dit-il et « mon second, le commandant B…. ».

 

BROIZAT manifesta à haute voix, sa satisfaction devant le déroulement de l’opération.

 

« Le fait que rien ne se soit passé cette nuit, est très significatif ». me dit-il. Il faisait référence aux intentions probables du général CHALLE.

 

« Ils n’ont pas osé …, donc …, donc quoi ? », telle était en réalité la question que je me posais in petto.

 

A ce moment-là, le général GRACIEUX s’adressa à moi avec courtoisie et il me renouvela les recommandations techniques du commandant V…., transmises quelques heures plus tôt au PC du 1ER REP.

 

« Tenez vos effectifs en mains », précisa-t-il. Il ajouta : « La 10ème DP va marcher pour sauver l’Algérie française, le général CHALLE va prendre la tête du mouvement et l’armée va s’engager dans cette opération, c’est une question de quelques heures : l’Algérie française est sauvée ».

 

Je ne puis exprimer aujourd’hui l’émotion que j’éprouvai à cet instant-là.

 

Je ressentis un immense espoir dans un destin nouveau pour l’Algérie et pour la France.

 

Pratiquement à ce moment-à, intervint un sous-officier des transmissions pour un message téléphonique destiné au général GRACIEUX. Celui-ci se retourna vers BROIZAT :

 

« Tous les commandants d’unités de la 10ème DP à l’EMI »[6] dit-il à BROIZAT.

 

Celui-ci se retourna alors vers son second, le chef d’escadron B…, que j’ai évoqué un peu plus haut :

 

« Je laisse le régiment entre vos mains. Je vous donne l’ordre de n’obéir qu’aux ordres que je vous transmettrai moi-même. En particulier je vous donne l’ordre de désobéir à tout ordre qui viendrait d’ailleurs, et qui vous commanderait de tirer sur la foule ».

 

Je fus témoin de cette scène et je me souviens encore de l’enthousiasme « Algérie-française » qui animait le chef d’escadron B…, commandant en second du 1er RCP[7].

 

Donc le 25 janvier au matin, l’enthousiasme militaire « Algérie-française » commençait à s’exprimer à nouveau et ne demandait qu’à exploser.

 

C’est alors que nous vîmes arriver, l’un après l’autre, tous les chefs de bataillons UT qui, la veille, étaient restés chez eux. Les officiers UT qui la veille, nous avaient lâchés. Ils se présentèrent en uniforme, pistolet au côté, avec la prétention d’organiser les effectifs de leurs compagnies qui parfois, les accablaient de quelques quolibets grinçants.

 

Ces hommes avaient vécu, pour beaucoup d’entre eux, le véritable 24 janvier et surtout, ils étaient restés présents durant cette nuit du 24 au 25 janvier, à espérer, malgré l’incertitude qui nous menaçait et que le capitaine HAUTECHAUD avait aggravée par la phrase qui m’avait impressionné : « Cette nuit il y aura 600 morts de plus à Alger ».

 

Je n’ai pas l’intention de décrire la suite de la semaine des Barricades, qui pour moi, est d’un intérêt mineur si on la compare aux journées des 23 et 24 janvier et à la première moitié de la journée du 25 janvier.

 

C’est DELOUVRIER qui réussit à obtenir la liquidation des Barricades, lorsqu’il prit la décision d’emmener le jeudi 28 janvier, le général CHALLE à la REGHAÏA[8]. A extirper CHALLE de l’enthousiasme patriotique qui émanait de la foule auquel il n’était pas imperméable. Ce fut le piège que DELOUVRIER réussit à monter pour obtenir la fin de la Semaine des Barricades d’Alger.

 

A partir du moment où l’armée refusait de s’engager, nous ne pouvions plus rien faire.

 

Ce même jeudi 28 janvier, en fin d’après-midi, je fis la connaissance du colonel GODARD que j’évoquais au début de ce chapitre. Il s’était rendu dans l’enceinte des barricades et était accompagné du capitaine de la BOURDONNAYE dont j’ignorais l’identité à ce moment-là.

 

GODARD, me paraissait gêné. Il suggérait… Il n’osait pas s’exprimer clairement. Je n’arrivais pas à comprendre ce qu’il attendait de nous. En réalité, ce qu’il n’osait pas nous exprimer, c’était sa conviction que jamais l’armée ne donnerait l’assaut contre les Barricades. Il était persuadé qu’aucun chef de corps n’accepterait de jouer le rôle de bourreau du peuple d’Alger. Il était aussi désespéré que nous du comportement désastreusement attentiste de ses frères d’armes. Il aurait voulu relancer l’affaire.

 

Mais il ne nous offrait aucun moyen d’action. Il aurait fallu qu’une unité entière prît position symboliquement dans l’enceinte des Barricades pour que l’aventure fût relancée.

 

J’avais maintenu avec SERGENT des contacts quotidiens.

 

Plein d’amertume, il vint me dire le vendredi 29 dans l’après-midi :

 

« C’est notre régiment qui va pénétrer dans les Barricades, de manière à éviter un drame…, le drame de la fin. Vos hommes remettront leurs armes et tout se passera bien pour eux. Mais pas pour vous Jean-Claude, ni pour Susini, Ortiz et Lagaillarde ».

 

Je lui opposai avec véhémence :

 

« Vous ne pouvez pas nous faire ça ! Vous ne pouvez pas entrer en armes dans les Barricades et nous humilier ainsi encore plus ! »

 

Je précisai ma pensée :

 

« Vous allez transformer la fin des Barricades en une défaite pour nous. Restez en dehors des Barricades et accueillez avec les honneurs, avec respect et avec estime, ceux qui en sortiront dans la dignité ». Tel fut le propos que je lui tins avec fermeté.

 

« Je vais transmettre de toute urgence au colonel » me dit-il.

 

Je ne sais si cette position que j’ai prise ce vendredi 29 janvier et que SERGENT a rappelée dans son témoignage au procès des Barricades, eut une influence sur le comportement du colonel DUFOUR. En tout cas, celui-ci accepta une évacuation du camp retranché, qui s’effectua dans des conditions plus qu’honorables. Mais tous avaient tenu à m’avertir : ne pas me faire prendre durant les premières heures qui suivraient les Barricades.

 

Pour Ortiz et pour moi, le compte était déjà réglé dans l’esprit de certaines autorités.

 

     Ortiz se mit définitivement à l’abri.

     Personnellement, je me mis à l’abri pendant 24 heures, avant de rejoindre le commando ALCAZAR, qui était en train d’être formé dans les quartiers du 1er REP, à ZERALDA, par des volontaires.

 

Je fus accueilli avec chaleur, par tous mes vieux camarades en particulier par Jean Ghnassia, Jourdes, Forzy, Ronda et d’autres, et tout particulièrement par l’aumônier du régiment.

 

A partir de là, s’amorça pour moi une suite que vous connaissez peut-être :

 

-         la Santé

-         l’OAS

-         l’exil

-         la condamnation à mort

-         le retour

-         et ce combat que je continue de mener pour défendre envers et contre tout, au mieux possible, le souvenir de ce qui fut la plus belle bataille livrée pour la défense de l’Occident :

 

LA BATAILLE DE L’OAS

  

 

Jean-Claude PEREZ

Nice,

Le 18 novembre 2009



[1] DUFOUR : commandant le 1er REP (1er Régiment Etranger Parachutiste)

 

[2] BROIZAT : commandant le 1er RCP (1er Régiment de Chasseurs Parachutistes)

[3] FM : Fusil-mitrailleur

[4] Le CORROLLER : l’un des avocats de la défense du Procès des Barricades

[5] Aujourd’hui encore, je ne m’accorde pas le droit de donner les noms d’autres gardes mobiles qui plus tard, rejoignirent l’OAS

[6] EMI : Etat-major Inter-Armes

[7] BROIZAT confirma ce propos, à quelques détails près, dans sa déposition au procès des Barricades, en tant que témoin de l’accusation

[8] La Reghaïa.. : siège à l’est d’Alger de l’Etat Major Inter-armes (E.M.I.)

Identité nationale : le citoyen , le soldat et le guerrier

 

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Le sentiment collectif est aussi vieux que le monde, qu'il ait abouti aux nations répond à un besoin essentiel : l'homme, animal social crée des instances politiques qui sanctionnent l'appartenance en assurant sa permanence et sa représentation.

La nation peut se considérer comme une société regroupant de façon hasardeuse et transitoire des millions d'atomes, auquel cas la France n'est rien d'autre que la somme des français du moment, titulaires de la carte nationale d'identité. Ou bien au contraire, il convient de regarder la nation comme un ensemble excédant largement la somme de ses composants du moment, incluant aussi les morts et ceux qui sont à naître, c'est-à-dire une Histoire au fil de laquelle s'est forgée une commune identité et dans laquelle un destin s'élabore. La France ne serait donc pas seulement un lien d'assistance avec comme modèle indépassable la Sécurité sociale...

LIRE LA SUITE : http://www.armees.com/Identite-nationale-le-citoyen-le.html

http://www.theatrum-belli.com/

http://www.identitenationale.net/forum/viewtopic.php?f=3&...

07.11.2009

On en demande toujours plus aux juifs

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«Doutez de tout et surtout de ce que je vais vous dire.»  Bouddha

Février 1944 l’affiche rouge et le poème d’Aragon :
Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L’affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

RAYMAN, BOCZOV ,GRZYWACZ, ELEK, WAJBROT, WITCHITZ, FINGERWEIG …

A paris en 1944, l’armée du crime était une part de la dignité de la France.

On en demande toujours plus aux juifs … et il le faut. Toujours et encore plus jusqu’à la limite de l’insoutenable car le Judaïsme polymorphe est une corde tendue entre l’aveugle et le voyant : L’Homme vivant, l’Homme debout, celui qui doute, celui qui ne fait d’aucune croyance un article de foi fanatique quel que soit le respect dont cette croyance est auréolée.

Claude Lévy écrivait dans Information juive : «  Des historiens se disent abusivement « révisionnistes » alors qu’il apparaît beaucoup plus judicieux de les désigner du vocabulaire de « négationnistes » .».

Vaine querelle de mots ?

Voulons-nous ignorer l’importance vitale du sens ?

J.Trier ( Structures sémantiques et conceptives du monde ) démontre que par leur sens donné, les mots constituent un ensemble structuré à l’intérieur duquel chacun est sous la dépendance des autres. Ils sont donc un champ linguistique recouvrant le champ conceptuel et exprimant une vision du monde dialectiquement cohérente.

Par exemple si un historien se dit « révisionniste », il vise à préparer son interlocuteur à embrasser son opinion avec la déférence et le respect que la recherche historique a attaché à ce mot.

Le théoricien du Révisionnisme est Édouard Bernstein qui formula à la fin du XIX° siècle la remise en cause des fondements théoriques du marxisme. Puis, après lui, Kautsky, Bauer, Browder…

Puis très vite, les mots révisionniste et révisionnisme désignèrent tous ceux qui préconisent la révision d’une doctrine, d’une croyance, d’une vérité dogmatiquement fixée et érigée en tabou.

Ainsi les partisans du capitaine Dreyfus, les historiens qui avant l’aveu d’Eltsine affirmaient que les massacres de Katyn étaient des crimes soviétiques, ceux qui veulent réviser les procès de Jeanne d’Arc, de Gilles de Rais, de Franco, de JFK …

LIRE LA SUITE : http://jssnews.com/2009/11/03/on-en-demande-toujours-plus...

                          http://www.tolerance.ca/Article.aspx?ID=63101&L=fr

                          http://www.liguededefensejuive.net/spip.php?article1286

31.10.2009

IL Y A 55 ANS … LA TOUSSAINT ROUGE (1/11/1954)

 

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… motivation réelle du premier attentat de la Toussaint Rouge dans les Aurès 

Je suis en conférence, quelque part en France. « La dimension géopolitique de la guerre d’Algérie » c’est mon sujet. Comme chaque fois, je prétends expliquer. J’éprouve le besoin de schématiser l’événement ou les évènements que je veux relater, en terme de dynamique.

 

Pour étayer mon argumentation, j’ai recours à un peu de géométrie. Je veux illustrer, devant mes auditeurs, l’évolution migratoire de la révolution algérienne. Sa migration depuis le plan algérien jusqu’au plan occidental actuel, en passant par le plan français et le plan européen.

 

Pour conduire au mieux ma démonstration, je propose à mon auditoire de conférer à la guerre d’Algérie la configuration toute théorique d’un simple triangle.

 

C’est alors que je suis interpellé par un de mes auditeurs, qui déborde d’une agressivité inattendue.

 

« Un triangle ! Tu te moques de nous ! C’est un peu trop simple ! J’espère que tu ne vas pas prendre rang, toi aussi, parmi les traîne-savates, les doctorants refoulés de la toge, les « bâclards » et les « ramenards », qui nous racontent l’Algérie française comme des taxidermistes, des nécrophages ou des Marie-Chantal encore envoûtées par le parfum du jasmin et les senteurs de fleur d’oranger qui enrichissaient l’air d’Algérie. Un peu de réalisme et reviens sur terre s’il-te-plaît ! La guerre d’Algérie fut un drame pour ceux qui l’ont vécue. Ne l’oublie pas ! Une guerre qui s’est déclenchée en terme de feu, de sang, et de misères, le 8 mai 1945….. »

 

Je calme mon interlocuteur sans difficulté. C’est facile. C’est un « pote ». Un frère d’armes et par-dessus le marché, il n’a pas tort.

 

C’est vrai.

 

La guerre d’Algérie n’a pas commencé le 1er novembre 1954. Par les attentats terroristes qui furent abondamment décrits, attentats dont on refuse de souligner, aujourd’hui encore, qu’ils furent un échec opérationnel pour leurs auteurs.

 

Parmi ces attentats, nous soulignons tout particulièrement, et j’ajoute, avec une insistance féroce, l’assassinat du caïd Hadj Saddok, exécuté en toute priorité dans les Aurès.

 

Pourquoi en toute priorité ? Pour une raison que l’on passe sous silence aujourd’hui encore.

 

Le 8 mai 1945, lors des émeutes sanguinaires du Constantinois, (les Hauts-Plateaux sétifiens et Guelma) il avait convaincu les Chaouïas des Aurès de rester fidèles à la France. C’était la mission dont il avait été investi alors qu’il était encore sous-officier dans une unité de tirailleurs, stationnée en Tunisie.

 

Parce qu’il était lui-même un Chaouïa, un de ses officiers lui avait demandé de se porter volontaire dans une mission de défense de la France au sein de sa population. Il s’était acquitté de cette mission secrète avec un grand succès, puisque la population chaouïa des Aurès, naturellement très belliqueuse, est restée fidèle à la France durant les évènements du 8 mai 1945.

 

Oui, je le répète, mon interlocuteur n’a pas tort.

 

Le début de la guerre d’Algérie remonte bien à la date du 8 mai 1945.

 

A partir de cette date, nous, Français d’Algérie, n’avions pas vu, n’avions pas perçu, qu’elle était présente cette guerre, dans l’air que nous respirions en Algérie.

 

Etions-nous aveugles ?

 

Non. Nous étions confiants.

 

Le 8 mai 1945, s’est donc déroulé un événement de grande signification historique. Nous sommes quelques-uns à nous entêter depuis des lustres à le souligner sans relâche. Un événement profondément altéré dans sa relation par les historiens modernes.

 

Il s’agit du Jihad intégriste, islamiste et berbère, de la Petite Kabylie, de Sétif, des Hauts-Plateaux sétifiens, de la terre des Babors et aussi de Guelma, une ville située plus à l’est, au-delà de Constantine.

 

Les historiens « réducteurs » atténuent, aujourd’hui encore, le caractère bestial et sauvage de l’agression subie par nos concitoyens du sud-ouest constantinois et de Guelma.

 

Massacrer des Français par dizaine, c’était le but prioritaire de ces émeutes.

 

Violer, en passant, quelques femmes françaises, ça c’était une occasion à ne pas rater.

 

Mais tout cela n’a aucune importance pour ces historiens modernes !

 

Ce qui compte pour ces réducteurs de l’histoire, c’est la répression que ce drame a secondairement provoquée.

 

Celle-ci fut-elle nécessaire ?

 

Ma réponse est affirmative.

 

N’en soyez pas choqués. Je l’ai écrit par ailleurs, je n’ai jamais été sanguinaire. Mais j’affirme que cette répression fut indiscutablement obligatoire, opérationnellement et militairement, si on voulait interdire la généralisation du soulèvement. Si on voulait interdire d’autres massacres beaucoup plus dramatiques.

 

Tant pis pour les pleurnichards biens intentionnés et bien pensants parfois, qui aujourd’hui encore, se lamentent à cause de cette répression, qui fut une répression nécessaire à la sauvegarde de notre peuple.

 

La deuxième guerre mondiale se terminait ce jour là en Europe.

 

La France libérée depuis peu, ne pouvait prendre le risque d’être entraînée dans une révolution, sur cet immense territoire que représentait l’Algérie. Alors qu’en Europe, s’accomplissait dans un enthousiasme morbide et parfois dans un triomphe masochiste, l’euthanasie géopolitique des nations de la vieille Europe, qu’elles fussent du camp vainqueur ou du camp vaincu.

 

La sauvagerie était bien ancrée dans les mœurs, en ce temps là.

 

On entendait sans cesse évoquer des massacres collectifs de résistants au nazisme. On nous révélait l’existence des horribles camps de la mort. On avait aussi en mémoire les bombardements des villes allemandes et le massacre de centaines de milliers de femmes et d’enfants qu’ils ont provoqué.

 

On se souvenait de la tuerie inutile de Dresde. On entendait parler de lynchages « épuratifs » et souvent aussi, du calvaire des femmes tondues.

 

Donc, à la date du 8 mai 1945, la violence, la barbarie, c’était du banal.

 

C’était presque du vécu quotidien et la riposte aux massacres de notre peuple français et aux massacres des Kabyles fidèles à la France qui furent lynchés par centaines, se devait d’être efficace.

 

 

Elle fut donc sévère, violente en certaines occasions. Parfois même, spectaculaire et exhibitionniste. Il fallait, c’était vital pour la France renaissante en 1945, éviter une généralisation du conflit en Afrique du nord française.

 

Nos effectifs militaires classiques étaient réduits. Il était indispensable d’adapter notre riposte à nos faibles disponibilités opérationnelles.

 

Nous sommes conscients du drame et de la tragédie qu’a représentés cet évènement du 8 mai 1945 et des jours qui ont suivi. Mais il faut souligner avec force que cette répression fut hypertrophiée dans son évaluation, d’une manière scandaleuse.

 

Aujourd’hui encore, des ignares, mal intentionnés de surcroît, prétendent soumettre notre pays à une exigence de repentance, en se basant sur un chiffre de victimes de la répression qui a été multiplié par 20. Ils donnent l’impression d’éprouver de la jouissance en avilissant la France. Ils s’illustrent ainsi, mais ils ne le savent pas, comme des objets de mépris de la part de leurs auditeurs, comme ce fut le cas à Guelma le 8 mai 2005, lors de la célébration du 8 mai 1945 par un représentant officiel du gouvernement français. Car comment exprimer de l’estime pour quelqu’un qui, au nom de son gouvernement, vient insulter son propre pays devant un public qui représente le vainqueur historique de la France dans cette guerre d’Algérie de 1954 à 1962 ?

 

Mais au-delà du drame et au-delà de l’horreur -ne craignons pas la vigueur des mots- quel est le témoin, le commentateur, l’historien, qui s’est intéressé à la genèse de ce drame ? Qui a pris, et qui prend encore la responsabilité de rappeler que cet événement fut contemporain et synchrone de l’attaque de nos troupes en Syrie, à Damas très précisément ?

 

Qui s’entête à démontrer que cette opération islamiste n’avait d’autre but que de provoquer un soulèvement fondamentaliste en Afrique du nord française, au Liban et en Syrie ?

 

Que le but international et constant de cette révolution, s’inscrivait dans une volonté d’interdire la naissance de l’état d’Israël ?

 

Ce qui est évident lorsque l’on connaît l’identité de l’ordonnateur, depuis Genève, de ce Jihad islamo-berbère du Constantinois.

 

Qui ose s’employer, aujourd’hui encore, à nous informer de l’identité du déclencheur de ce jihad islamo-berbère du 8 mai 1945 ?

 

Qui veut nous faire connaître le rôle précis joué par le grand émir intégriste libanais Chekib Arslam qui agissait dans le droit-fil des projets d’Asmine El Husseïni, le mufti de Jérusalem ?

 

Tout cela n’intéresse personne à l’évidence. Même pas ceux qui ont souffert de cet événement dans leurs biens et dans leur chair et qui sanctionnent souvent notre volonté de comprendre et de faire comprendre par leur indifférence, leurs sarcasmes et parfois leur mépris d’ignares mal intentionnés.

 

On néglige tout ce qui est indispensable à notre défense.

 

Ce qui est indispensable surtout à la compréhension de l’événement donc à la justification de notre propre violence qui fut une violence de sauvegarde, je le souligne une fois de plus.

 

Quoi qu’il en soit, de ce manque d’intérêt pour expliquer l’identité et l’origine du drame du 8 mai 1945 dans le Constantinois, nous retenons que ce drame fut le point de départ de la Révolution Algérienne, dans sa traduction guerrière et totale.

 

Ce qui nous impose, tout naturellement, de revenir à la Toussaint Rouge, 1er novembre 1954.

 

Ben Boulaïd, qui s’est évadé de nos prisons, commande déjà, dans les Aurès, la future Wilaya I. Il sait, en octobre 1954, qu’il lui faut avant tout éliminer un symbole s’il veut réussir à déclencher une rébellion anti-française au sein du peuple Chaouïa. Ce symbole c’est le caïd Hadj Saddok.

 

Hadj Saddok est Français. C’est un officier français du cadre de réserve. Il est porteur des plus belles décorations militaires officielles. Pour lui, la fidélité à la France ne se discute pas. Il est très influent dans les Aurès et c’est un obstacle majeur à la mission de Ben Boulaïd. C’est lui qu’il faut tuer de toute urgence. C’est lui qui illustre l’objectif réel de cet attentat exécuté dans un car au cours duquel, ce héros de la France fut assassiné.

 

Il fut assassiné, oui, mais en compagnie d’un instituteur français, Monsieur Monnerot.

 

Hadj Saddok c’était l’objectif à détruire.

 

L’instituteur Monnerot ce fut un Français « à croquer » en passant. Parce qu’il était là.

 

Quelques années plus tard, en 1956 je crois, une parente de l’instituteur Monnerot, sa belle-mère peut-être, vint à Alger pour évoquer la mémoire de ce malheureux instituteur.

 

Quelle ne fut pas la surprise des autorités qui reçurent cette dame, de l’entendre réclamer d’être conduite sur la tombe de l’aspirant Maillot, pour s’y recueillir !

 

L’aspirant Maillot avait volé un chargement d’armes aux dépens de son unité, le 20ème B.T, à Miliana dans le massif du Zaccar. Cet armement fut divisé en deux lots.

 

Un premier lot fut transporté par Mme Chaulet, dans une voiture américaine, en Grande Kabylie, pour être livré à Khodja qui commandait un maquis FLN dans la zone de Palestro. Grâce à ces armes, Khodja, fit tomber dans une embuscade une patrouille de rappelés français. Au cours de cette opération, 18 soldats furent tués et mutilés grâce à l’initiative de Mme Chaulet, complice de l’ancien maire-FLN d’Alger, Jaques Chevallier.

 

Un autre lot de cet armement fut affecté dans un maquis communiste, implanté dans la région de Lamartine, dans le Haut Chéliff. Ce maquis était commandé par un instituteur communiste, Laban, Maillot exerçant le commandement en second. Ce maquis communiste fut très rapidement livré aux forces de l’ordre par ses complices FLN, qui voulait se débarrasser des communistes. Ils voulaient bien de l’armement livré par les communistes, mais dans leur combat, ils n’avaient rien à faire de cette complicité du parti communiste algérien. C’est le 1er REP[2] qui isola ce maquis en l’encerclant. Les officiers de ce régiment tinrent à laisser l’honneur de l’hallali aux soldats du 20ème BT de Miliana qui avaient été victimes de ce vol d’armes. Ce maquis fut donc détruit par des soldats métropolitains, des hommes du contingent, qui firent payer aux traitres, l’addition dont ils étaient redevables pour avoir livré au FLN un pouvoir de mort sur nos soldats et compatriotes français.

 

Dans mon livre « L ISLAMISME DANS LA GUERRE D’ALGERIE », je révèle l’identité des soldats du contingent qui ont tué Laban et Maillot, en sachant pourquoi ils le faisaient, pourquoi il fallait le faire.

 

Le drame de ces morts se situe ailleurs. Il se situe dans l’impunité dont ont joui les inspirateurs de cette trahison : Jacques Chevallier, Madame Chaulet et tous leurs complices de cette époque-là et même leurs complices plus tardifs.

 

Hadj Saddok fut le symbole de la France qu’il fallait tuer dès le 1er novembre 1954, le jour de la Toussaint Rouge.

 

Il faut le rappeler à ceux qui l’ont su et l’enseigner à ceux qui ne le savaient pas.

 

« Mais qui t’a raconté tout cela ? » reprend mon impétueux interlocuteur.

 

« C’est Maurice V. qui m’a révélé l’identité réelle de Hadj Saddok et le symbole qu’il représentait. C’était il y a quelques années déjà. Au cours d’une soirée avec Fred Artz et quelques anciens du Kroubs, à l’hôtel de Bérange, tout près de Nîmes, de Montpellier, d’Alès et de Castries.

 

Alors Maurice V., le Sétifien, faîtes-lui confiance ! Il connaît la question. Il sait de quoi il parle. C’est un homme du terroir, de ces Hauts-Plateaux qui se situent pas loin de Bougie, ma ville natale. ».

 

 

Jean-Claude PEREZ

Le 31 octobre 2009



[1] Aurès : Massif montagneux du sud-est algérien

[2] 1er REP : 1er Régiment Etranger Parachutiste

29.10.2009

AUTANT EN EMPORTE LE VOILE…

 

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« Un état qui ne se donne pas les moyens de se conserver est voué à sa perte » (Malaparte)

          Et l’on reparle aujourd’hui d’un phénomène qui a prit son essor… en 1988 et qui, s’il a engendré quelques réactions virulentes, à l’époque, s’est banalisé au fil du temps pour apparaître désormais comme une situation naturelle dans la société française.

En effet, il ne se passait un  jour où le port du « tchador » à l’école et les prises de position qu’il suscitait n’étaient alors rapportées par les médias. A l’époque, ce phénomène était essentiellement localisé dans la douce France alors, qu’aujourd’hui, il a submergé l’Europe…

En ce temps là, hormis PRESENT, RIVAROL et quelques journaux nationalistes, nul ne s’était soucié du signe très fort que nous adressait, par-delà le simple voile porté par des gamines innocentes et manipulées, les intégristes musulmans. Et pourtant, l’avertissement lancé le 10 septembre 1986 dans le journal « Le Matin » par Hussein Moussavi, premier ministre de l’Iran et chef de la branche dure des Hezbollah avait été lourd de menace : « La France, c’est sûr, deviendra une République islamique ! » Qui s’en était alors soucié ? Au contraire, les gouvernements de gauche, puis de « cohabitation », puis de droite poursuivirent leur politique d’immigration négligeant le fait que ces « nouveaux arrivants » importaient également leur religion -seul élément identitaire, avec leur langue- qu’ils pouvaient conserver de leurs origines.

546887006.jpgDès lors, pour favoriser leur intégration, on leur abandonna des espaces publics pour leurs prières, on leur construisit des mosquées, on accorda des créneaux horaires aux femmes dans les piscines, on octroya aux enfants des repas spécifiques dans les cantines (notamment, bannissement du porc)… A MONCLAR (47), des parents d’élèves Musulmans du Collège Vernet ont exigé que soit servi à leurs enfants de la viande hallal ; ils avaient déjà effectué la même démarche au Collège Giéra. Enfin, les différents ministres de l’Intérieur, dont Nicolas Sarkozy, ont créé, puis développé, un « Conseil des Français musulmans » pour les encadrer, espérant les contrôler et promouvoir ce cercle carré qu’ils appellent un islam de France ou « islam des Lumières », oubliant que la seule « lumière » qu’ils reconnaissent est celle du Coran. Ainsi, loin de les intégrer, la reconnaissance de ces privilèges accordée à ces « nouveaux arrivants » et aux enfants issus de cette immigration, les renforce dans leur certitude de la légitimité de leurs convictions, exaltant leur identité communautaire, leur conférant un élan pour leur prosélytisme au nom d’Allah… Ainsi, pour ne pas avoir voulu résoudre en son temps un problème qui en était à ses balbutiements (en 2004 fut cependant décrété l’interdiction du port des signes religieux ostensibles dans les établissements scolaires), pour avoir fait preuve d’une excessive tolérance et d’un laxisme fautif, pour avoir fermé les yeux sur sa cause historique, 21 ans après, le conflit entre la religion et la laïcité, entre la croix et le croissant ressurgit, plus incisif, plus menaçant, plus méprisant à l’égard de nos institutions… car il ne s’agit plus de tchador, ce voile islamique qui dissimule les cheveux et une partie du visage… mais de la burqa et du niqab, ces longs voiles noirs qui ne laissent apparaître que les yeux ; des tenues adoptées par des musulmanes et de plus en plus de converties françaises à la recherche du « Paradis éternel ».

         Face à la « levée de boucliers » qu’entraîne cette nouvelle situation et aux prises de position de bon nombre d’élus –notamment de maires- 58 députés, soit 10% des élus de l’Assemblée Nationale, ont réclamé, à l’initiative du député Maire communiste (ça ne s’invente pas) de Vénissieux, André Gérin, la création d’une commission d’enquête sur le port de la burqa et du niqab. Cette commission aurait vocation de mesurer l’ampleur du phénomène avant de proposer éventuellement l’adoption d’une mesure d’interdiction. Or, s’ils ont réclamé cette commission d’enquête, c’est qu’ils sont conscients de la gravité de la situation qu’ils déplorent aujourd’hui… fruit d’une politique de ville ouverte face à un islam conquérant et qu’ils s’en sentent responsables. Les incendiaires de la classe politique veulent maintenant devenir pompiers, comme si un décret pouvait enrayer l’islamisation de notre société après tant d’années de laxisme, voire d’encouragements ! (1) - Aujourd’hui, seconde religion dans notre pays, l’Islam poursuit inexorablement sa marche conquérante…

         Selon André Gérin, « La burqa est la pointe de l’iceberg. Dans certains quartiers, toutes les relations entre hommes et femmes sont sous surveillance. L’islamisme nous menace réellement », explique l’élu, comme pour justifier le séisme qu’il a provoqué en réclamant cette commission d’enquête parlementaire. Un pavé… un testament aussi. Après vingt-cinq ans de règne communiste sur la ville de Vénissieux, le maire a décidé de passer la main avant la fin de son mandat et, le 27 juin 2009, le poste de premier magistrat de la ville est revenu à sa collègue communiste, Michèle PICARD. Avant de partir, il a voulu alerter la République sur « l’intégrisme qui gangrène sa ville, et bien d’autres régions de France ». (2)

… car, à « Vénissieux la rebelle », symbole des « villes chaudes de banlieues », « le pays de la burqa ! » comme l’appellent les Musulmans, où plus de la moitié de la population est d’origine étrangère, principalement maghrébine selon André Gérin, l’islam est la première religion. Et, de jour en jour, la pression religieuse s’accroît, prenant dans ses filets des enfants toujours plus jeunes qui, en maternelle, selon Patricia Truong, de l’école Charles-Perrault, refusent de manger des carottes car elles n’ont pas été égorgées !

         Si certaines femmes souffrent de ce voile qui les ensevelit de la tête au pied, « la majorité a volontairement adopté cette tenue », tranche Bernard Godard, spécialiste de l'islam. « Beaucoup ont la nationalité française. Et l'on compte pas mal de converties dans leurs rangs », ajoute cet ancien du Bureau des cultes au ministère de l'Intérieur. « Elles deviennent salafistes comme on entre dans une secte », poursuit-il.

Les salafistes, tenant d'un islam radical, restent minoritaires en France. Ils seraient entre 30 000 et 50 000. Mais ils progressent régulièrement, dopés par leur opposition à l'Occident. Un fondamentalisme qui, comme le tabligh, attire justement des jeunes en mal d'absolu, dont des femmes. Partout en France, le nombre de femmes « ninja » suit une courbe ascendante, selon l’imam de Guyancourt (Yvelynes), Abdelali Mamoun. Des communautés prospèrent en région parisienne. « Il faut apporter une réponse religieuse à ces dérives, prévient-il. Même si ces salafistes ne sont pas djihadistes, ils haïssent l’Occident, ils crachent sur les koufars, « les infidèles », mais profitent de tous les avantages sociaux de la France en refusant de s’installer sur une terre musulmane comme le veut pourtant leur doctrine. Leur duplicité nuit aux Français de confession musulmane. » Et cet avis est partagé par de nombreux Musulmans de France qui n’hésitent pas à s’élever contre ces « Belphégor » d’un nouveau genre qui ne respectent pas l’Islam modéré.

 

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Sur ce point, Mohamed Tantawi, recteur de l’Université Egyptienne d’Al-Azhar, l’institution religieuse la plus prestigieuse du monde sunnite (le Vatican pour l’Islam sunnite), vient de condamner et d’interdire le niqab dans son établissement et de déclarer : « Le niqab n’est qu’une tradition, il n’a pas de lien avec la religion ni de près ni de loin ». Par ailleurs, le Ministre de l’Enseignement supérieur égyptien, Hani Helal, a décidé d’interdire l’accès des cités universitaires aux étudiants portant ce voile intégral. Quant à Wafa SULTAN, cette courageuse femme arabe qui n’a de cesse de combattre l’Islam radical et de dénoncer son hypocrisie et son obscurantisme (sic), elle a déclaré lors d’un débat télévisé : "Ce à quoi nous assistons aujourd'hui, ce n'est pas un choc des civilisations, mais une opposition entre des mentalités du Moyen Age et des mentalités du XXIe siècle ; entre la civilisation et l'arriération, entre la barbarie et la rationalité, entre la démocratie et la dictature, entre la liberté et la répression ; c'est un choc entre les droits de l'homme d'une part, et la violation de ces droits de l'autre. C'est un choc entre ceux qui traitent les femmes comme des bêtes et ceux qui les traitent comme des êtres humains..."

Alors ? Est-il trop tard pour intervenir ? "C'est trop tard, répond Dalil Boubakeur, l’ancien Président du Conseil Français du culte musulman de France pour qui le port du voile intégral est lié à l’influence des imans salafistes,  parce qu'on a laissé beaucoup filer le problème du fondamentalisme" a-t-il déclaré, le 28 octobre, lors de son audition par la mission parlementaire présidée par le député André GERIN… et d’ajouter devant les membres éberlués de cette mission : "Il y a longtemps qu'on aurait dû être sensible à cette montée du fondamentalisme !"

En résumé, cette affaire de la burqa et du niqab aujourd’hui, comme celle, hier, du tchador en milieu scolaire met en lumière les contradictions entre les sectaires de la laïcité et les idéologues des droits de l’homme. La fermeté s’impose. Seule l’inflexibilité de nos hommes politiques, fermement dressée sur le front mouvant des provocations et des menaces, pourrait les réduire et, probablement, en venir à bout. La France étant une terre de tradition chrétienne, l’on ne saurait y mettre sur le même plan les signes d’attachement à cette tradition et de telles manifestations de prosélytisme conquérant.

Nos aïeux ont construit ce pays sur des principes chrétiens et cela devrait être enseigné dans les écoles car Dieu fait partie de notre culture. Alors, si désormais ces valeurs millénaires offusquent les intégristes islamistes, si elles doivent irriter leur susceptibilité, si les converties françaises revendiquent leur légitimité d’apostasier leur foi chrétienne et s’adonnent à la provocation en s’accoutrant de la sorte, si notre drapeau, notre hymne national doivent entraîner leurs injures et leurs sifflets, alors qu’ils partent !

S’ils ne sont pas heureux chez nous, qu’ils cherchent une terre d’accueil islamique où ils pourront vivre à leur convenance et professer librement leur religion… mais tant qu’ils vivront en France, qu’ils la respectent !

(1) Le 18 décembre 2008, Nicolas Sarkozy déclarait à l’Ecole Polytechnique : « L’universalité de la France est basée sur le métissage »

(2) Le Figaro – 1 Juillet 2009

 José CASTANO joseph.castano0508@orange.fr

« Le grand drame de l’homme d’Occident, c'est qu'entre lui et son devenir historique, ne s'interpose plus ni les forces de la nature ni celle de l'amitié. Ses racines coupées, ses bras desséchés, il se confond déjà avec les potences qui lui sont promises. »   Albert Camus

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26.10.2009

OAS : LEROY, VILLARD, LA PARTITION

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Une question se posait à l’époque de l’OAS, et se pose aujourd’hui encore :
les membres de l’OAS étaient-ils tous partisans de « l’Algérie française » ?

 

C’est-à-dire étaient-ils tous partisans de l’intégration de la province-Algérie à l’ensemble des provinces françaises ?

 

La réponse est NON. Je dis bien NON.

 

 

En septembre 1961, le général SALAN fut de retour à Alger. Il avait passé un été tranquille dans la Mitidja où il s’était refait santé et tonus.

 

En octobre 1961, SALAN accepta que CARUANA, SUSINI et DEGUELDRE se rendissent chez Jacques CHEVALLIER dans sa maison d’El-Biar.

 

Je ne sais pas si le général SALAN avait donné son accord pour cette prise de contact. Il ne me l’a jamais dit. Où plutôt, il m’a affirmé que non, lorsque je l’ai revu après l’amnistie dans son logement parisien de la rue Théodore de Banville, en décembre 1968.

 

Mais que SUSINI, DEGUELDRE et CARUANA aient pris contact, dès cette époque avec l’ancien maire FLN d’Alger, c’est maintenant quelque chose d’établi. Un événement qui fut en quelque sorte tenu secret jusqu’en 1975.

 

Au départ, il existait ainsi plusieurs fausses notes dans le comportement d’anciens responsables de l’OAS.

 

Mon rôle à la tête de l’O.R.O. nationale était d’observer, de contrôler et de prendre garde …

 

L’OAS en réalité, était née beaucoup trop tard. Je l’ai dit et je le redis. C’est au plus tard dès 1956 que le peuple d’Algérie aurait dû s’organiser en armée secrète avec tout ce que cela comportait comme changement de psychologie individuelle, et de mentalité.

 

En 1961, l’OAS d’Algérie, est apparue comme un bébé né après une grossesse pathologiquement prolongée : ridé, fripé, vieilli, fatigué.

Son manque initial de structuration, son manque de recul, la rendait fragile. Et c’est de cette fragilité que naquit la possibilité pour SUSINI d’organiser une entrevue avec Jacques CHEVALLIER. Mais pour une initiative de cette gravité, il avait besoin de l’acquiescement de Roger DEGUELDRE.

 

Je l’ai su en son temps. La lutte à mort était déjà engagée. Les convictions « Algérie française » du général SALAN s’étaient largement confirmées et exprimées.

 

Ce thème était redevenu le support idéologique unique de notre action. Il ne m’appartenait plus, en demandant des comptes pour ces contacts avec un ennemi de notre cause, de porter atteinte à l’unité d’un appareil de combat que nous avions eu tant de peine à mettre sur pied.

 

Plus tard, se manifesta un autre déviationnisme aussi dangereux et cela pour plusieurs raisons :

 

1.     parce qu’il était inspiré par les gaullistes,

2.     parce que ses partisans voulurent l’imposer par un coup de force à l’intérieur de l’OAS,

3.     parce qu’il s’agissait de la partition, ineptie géopolitique s’il en fut.

 

Je souligne aujourd’hui encore, que je n’aurais pas joué une seconde de ma liberté sur ce projet.

 

Cette fois, SUSINI n’était pas concerné. Le général en chef, SALAN, préconisa des sanctions contre les affiliés à cette nouvelle conjuration anti-OAS. Ces hommes n’étaient pas des traîtres. Ils eurent le tort néanmoins :

 

1.     de désobéir à un moment très difficile pour l’organisation ;

2.     d’avoir été assez naïfs pour se laisser séduire par des hommes politiques plus ou moins mandatés par des services secrets qui n’aspiraient qu’à les manipuler ;

3.     de vouloir imposer leur point de vue par la force.

 

Le drame d’une organisation clandestine c’est qu’en cas de dysfonctionnement grave, il n’existe pas de sanctions punitives bénignes. Il n’existe pas « d’arrêts de rigueur » ni d’incarcération possible. L’adhésion à la doctrine du général en chef, était d’une absolue nécessité, sans nuance.

 

Est intervenu dans cette conjuration, un curieux personnage : le préfet PETITBON.

 

Celui-ci fut appelé par Jean MORIN, délégué général du gouvernement français en Algérie. Officiellement, PETITBON avait manifesté l’intention de s’occuper des jeunesses algériennes.

 

Comme on le voit, le moment était bien choisi en 1961, pour s’orienter dans ce style d’activité ! On lui attribua néanmoins la direction d’un SFJA (Service de Formation de la Jeunesse en Algérie). Service qui, curieusement, dépendait de l’autorité du premier ministre, Michel DEBRE. Plus exactement, de l’autorité des services spéciaux qui fonctionnaient sous sa direction. Sans perdre de temps, à la fin de l’année 1961 et dès le début de l’année 1962, PETITBON prit l’initiative de contacter certains hommes de l’OAS.

 

En réalité, il mit en œuvre d’une manière très technique, une opération de noyautage et de division à l’intérieur de notre appareil de combat.

 

Il promit monts et merveilles à quelques uns. Il s’engagea à fournir armes et moyens de guerre à une fraction juxtaposée de l’OAS. Celle du Front Nationaliste. Celui-ci était dirigé par LEROY, qui avait toujours refusé, je le redis, son allégeance aux organes de commandement de notre organisation. Il se considérait comme un allié de l’OAS et non pas comme un effectif intégré au dispositif opérationnel de l’OAS.

 

PETITBON, grâce à certaines fournitures d’armes, réussit à circonvenir LEROY, que je connaissais bien, et SARRADET que je n’ai jamais connu. Il fit miroiter une possibilité de solution de secours que nous avons évoquée dans les paragraphes précédents : celle d’une partition de l’Algérie.

 

Une partie de la terre algérienne allait rester sous l’administration française et le reste sous l’administration du FLN ! Ce fut une manœuvre d’intoxication affectée d’un ridicule indiscutable. Mais elle fut redoutable, car elle faillit provoquer un éclatement de ce qui restait de l’OAS.

 

J’eus personnellement, à propos de cette option à laquelle il adhérait, un entretien sérieux avec LEROY. Je sais que je l’ai déjà dit. Je me suis employé à le convaincre de la signification réelle de la manœuvre à laquelle il souscrivait.

 

Cette manœuvre consistait à noyauter et à détruire l’OAS, avec laquelle il avait combattu jusqu’alors, même si ce n’était qu’en tant qu’allié. Je l’ai mis en garde contre une opération intérieure de police qu’il nous obligeait à prévoir. Je lui ai proposé de faire marche arrière.

 

Je lui ai offert une place d’adjoint au commandement national de l’O.R.O. J’avais déjà obtenu l’adhésion de l’un de ses subordonnés SCHAMBIL qui occupait depuis quelques jours un poste de responsabilité au sein du BCR national.

 

LEROY était un homme sincère, courageux et il était convaincu d’être loyal. J’éprouvais pour lui une fraternelle amitié. Malheureusement, il était tombé entre les mains de Matignon, par l’intermédiaire de celui qui coordonnait le fonctionnement des services secrets. Le drame était inéluctable.

 

J’affirme que je n’aurais jamais ordonné ou accepté l’exécution de LEROY si j’avais été tenu informé de l’opération qui fut décidée et déclenchée à mon insu.

 

DEGUELDRE sous l’influence d’un cadre de l’OAS, ancien ami très personnel de LEROY et qui tenait encore SALAN sous son influence, fit exécuter LEROY en même temps que VILLARD.

 

Pourquoi VILLARD ?

 

Parce « qu’on » ne trouva pas SARRADET, qui était à la fois le premier contact et surtout, le contact le plus sérieux du préfet PETITBON.

 

Ne trouvant pas SARRADET, Le PIVAIN exécuta VILLARD par ce « qu’on » lui avait certifié que VILLARD était engagé dans cette conjuration.

 

Quelques jours plus tard, Le PIVAIN fut informé du mal fondé de son opération. Il manifesta à haute voix sa volonté de faire rendre des comptes à l’inspirateur qui avait manipulé DEGUELDRE pour faire exécuter LEROY et VILLARD, dans le seul but d’annexer le Front Nationaliste pour son propre compte.

 

Le PIVAIN, en raison de ses imprudences verbales, fut « donné » aux forces de l’ordre. Il tomba dans une embuscade très opportuniste tendue par des exécuteurs gaullistes qui l’attendaient là où il fallait l’attendre.

 

Ce fut un grand drame de l’OAS.

 

Seulement… seulement quoi ? J’étais le chef de l’O.R.O. J’ai donc assumé hiérarchiquement la responsabilité de ces deux opérations, bien que ne les ayant pas ordonnées, pour deux raisons.

 

Première raison : je n’avais pas été en mesure d’interdire ces exécutions. Elles ont été réalisées, par une branche subalterne de l’O.R.O. Je ne fus informé qu’après coup.

 

Deuxième raison : il me fallait à tout prix et de toute urgence couvrir DEGUELDRE. De manière à garantir l’homogénéité de la BAO que DEGUELDRE commandait. Nous avions besoin de tout le monde. De tous ceux qui restaient. J’ai donc officiellement déchargé DEGUELDRE de la responsabilité de ces deux exécutions.

 

 

J’étais violent, je le concède. Il m’est arrivé parfois d’être expéditif dans l’extrême-urgence. Mais j’étais loin d’être sanguinaire. Si LEROY m’avait fait confiance, il aurait évité le drame qu’il a connu.

 

S’il avait rejoint un poste d’adjoint au commandement de l’O.R.O. que je lui ai proposé, personne n’aurait osé s’attaquer à quelqu’un qui fut sous mes ordres. J’étais intraitable sur ce point très précis. Comment a réagi LEROY à ma proposition. Je l’ai déjà relaté :

 

« Si tu ne marches pas avec nous, tu trinqueras comme les autres ».

 

Il avait oublié à qui il parlait. Il se croyait intouchable parce qu’il était manipulé par le patron des services secrets de Matignon.

 

Ce fut un drame. Un de plus parmi ceux que j’ai vécus.

 

Comme j’envie, aujourd’hui encore, les spectateurs pieds-noirs qui sont restés bien quiets chez eux ! Qui nous ont jugés ! Qui nous ont condamnés ! Et qui, aujourd’hui, nous oublient !

 

Je n’ai jamais voulu tuer ces hommes. Leur seule protection c’était l’O.R.O. Là, personne ne les aurait touchés.

 

SCHAMBIL l’avait compris puisque, comme je vous l’ai rappelé ci-dessus, il est venu apporter son concours volontairement au fonctionnement du BCR au sein duquel il fut traité en frère d’armes.

 

Ce fut un drame de l’OAS…. Que je déplore. Je n’en suis pas l’ordonnateur. Mais il faut essayer de se remettre dans l’ambiance de l’époque pour comprendre l’atmosphère dramatique au sein de laquelle nous évoluions, surtout moi, à la tête de cette O.R.O. nationale à qui incombaient les décisions les plus graves à prendre pour tenter de sauver ce qu’il était encore possible de sauver.

 

 

Jean-Claude PEREZ

Nice, le 24 octobre 2009

21.10.2009

Le sang d’Algérie

Le 16 septembre 2009, Jean-Marc de SANTI, m’interpellait avec fermeté et courtoisie sur la thèse de la partition de l’Algérie française. Thèse que j’ai toujours rejetée. Ainsi que sur mon rôle supposé dans la mort de LEROY, de VILLARS, et j’ajoute : dans l’événement qui fut corollaire de ces drames. Je veux évoquer la mort du capitaine Le PIVAIN.

 

Cette étude est  proposée en deux parties :

 

-         cette étude 23 proprement dite,

-         une étude 23 bis.

 

 

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ETUDE N° 23

 

 

1.     Je précise tout d’abord, que je ne me souviens pas d’avoir connu SARRADET.

 

2.     Que je n’ai jamais donné l’ordre de tuer VILLARD, LEROY, PARRACHINI et SCHAMBIL.

 

3.     Je n’ai jamais été partisan de la solution partitionniste. J’étais convaincu, et je le suis aujourd’hui encore plus qu’hier, que la partition  de l’Algérie était un piège. Comme par enchantement, celui-ci fut élaboré à la fin de l’année 1961, dans l’entourage d’un journaliste parisien Robert H.

En réalité, il s’agit d’un piège élaboré, j’insiste, par les services secrets de Matignon. Ceux-ci ont essayé de lui donner vie par l’intermédiaire du sous-préfet PETITBON, avec la collaboration opérationnelle du chef de la Sécurité Militaire d’Algérie.

Celui-ci concentrait entre ses mains le fonctionnement de tous les services spéciaux, en particulier, les anciennes branches du C.C.I. et B.E.L.[1].

Au sein de ces branches, nous avions conservé de sérieux concours.

 

4.     La solution israélienne dont rêve J.M.D.S, n’était pas envisageable en Algérie : militairement, politiquement et surtout spirituellement.

Les juifs d’Israël défendent avant tout, en Palestine, un rayonnement idéologique et religieux à partir de leur implantation sur la terre palestinienne. Pour conférer à cette terre la vigueur d’une terre de rayonnement, après qu’elle ait connu celle de « terre promise », ils disposent d’un peuple qui ne vit en Palestine que pour se battre. Ils disposent de régiments d’élite, d’un équipement militaire ultra moderne, de services spéciaux remarquablement structurés et plus que tout, ils jouissent de l’appui d’un énorme soutien financier international.

Ils peuvent se permettre d’être encore animés d’un esprit perpétuellement offensif. Je mets n’importe qui au défit de démontrer que cet état d’esprit pouvait être retrouvé chez les P.N d’Algérie, en 1961-1962.

Notre population n’aurait bénéficié d’aucun appui international, population qui au nom du dieu « pétrole » était vouée au sacrifice, voire à un génocide éventuel par tous les potentats financiers internationaux.

Quant on fait le constat, sans complaisance, des divisions passées et surtout des divisions actuelles, qui se manifestent au sein du monde dit « rapatrié », il est facile de comprendre avant toute autre spéculation, pourquoi nous avons perdu l’Algérie.

Un esprit de clocher, chauvin et déstructurant, voilà ce qui nous gangrène aujourd’hui encore et réduit à presque 0 notre représentation nationale.

 

Quoi qu’il en soit, une vérité apparaît évidente : que les Israéliens le veuillent ou non, par la position politico-spirituelle qu’ils occupent au Proche-Orient, ils constituent un des premiers bastions de défense de l’Occident.

C’est comme ça. C’est objectif. C’est mathématique.

Pour l’heure, ils sont les seuls à s’opposer, en effet, avec conviction et surtout avec efficacité, à l’enseignement universel du nouveau mein kampf arabo-islamiste : le « mein kampf » officiel d’Al qaïda, illustré par les Epitres djihadiens. Nous disons le « mein kampf officiel » d’Al qaïda, mais aussi le « mein kampf secret » de la majorité des potentats de la finance arabe qui ouvrent des banques en France et en Europe et dont le fonctionnement sera conforme aux exigences de la charria.

 

5.     Quand on songe aux participations financières restreintes que nous ont consenties, sous la menace, certains potentats des oligarchies financières d’Algérie, quand on les compare à leurs généreuses participations consenties au bénéfice du FLN, on ne nourrit aucune illusion sur leur soutien éventuel si nous avions été tentés par la thèse suicidaire de la partition.

 

6       La partition dans l’esprit de ses inspirateurs gaullistes, constituait dans sa réalité opérationnelle, à regrouper sur un espace restreint, ce qui survivait des combattants d’Algérie française pour les anéantir en une seule fois

 

7       Il n’en reste pas moins vrai que des négociations étaient engagées entre l’Exécutif Provisoire de Farès et un secteur de l’OAS.

Entre Jacques CHEVALLIER, l’ancien maire FLN d’Alger, et un clan très connu de l’OAS, des contacts avaient été mis en route dès le mois d’octobre 1961. C’est aujourd’hui une vérité de notoriété publique. De mon poste à la tête de l’ORO nationale[2], je me contentais de surveiller ces contacts. Je n’y intervenais pas. Je contrôlais de loin, ou plutôt je les suivais au mieux possible.

Bien plus tard, après le cessez-le-feu, du 19 mars 1962, qui officialisa la défaite de la Vème République devant le FLN, un secteur du BCR[3] fut l’objet d’un contact de la part de membres de la Wilaya III, une Wilaya Kabyle. En résumant leur message, voici ce que l’on nous proposait :

« FARES est un Kabyle ambitieux. Il dispose aujourd’hui de la force locale, de l’appui de pratiquement tous les combattants de l’intérieur. Il lui manque l’appui des Pieds-Noirs et surtout de l’OAS pour lui permettre de damer le pion au GPRA. Transmettez cette information « à qui de droit » pour agir, si possible, dans la perspective d’une Algérie occidentale. »

« Qui de droit », en l’occurrence c’était moi.

Le lendemain du Vendredi Saint 1962, jour de l’arrestation du général SALAN, j’ai demandé un contact à SUSINI. Il est venu me rencontrer dans l’un de mes PC. Celui-ci était situé au boulevard Saint Saëns, au 2ème étage d’un bel immeuble, dans un appartement que mon confrère GOURGUES avait définitivement mis à ma disposition. J’y disposais d’une cache, une pièce entière escamotée, grâce à l’astuce technique d’un ingénieur des Ateliers Terrin.

Je fis part à SUSINI de ce message émanant de la Wilaya III et je lui demandai d’en faire le meilleur usage, pour conduire des négociations avec FARES dans le but de gagner du temps.

Pas de protestation évidemment, mais plutôt un acquiescement immédiat de sa part. Je n’avais d’ailleurs aucun doute sur ses réactions éventuelles, car je savais qu’il était lui-même engagé dans un processus de contacts secrets depuis des mois.

 

8.     Je lui fis part de mon intention de ne pas participer personnellement aux négociations, ce qui allait évidemment dans le sens de SES desiderata puisque depuis des mois déjà, il jouait seul et n’aspirait qu’à une chose : continuer à jouer seul. Quel avantage pouvais-je espérer de ces négociations ?

Gagner du temps.

Du temps pour quoi faire ?

 

9.     Pour sauver le maximum d’opérationnels de l’OAS, car ils « tombaient » avec fréquence, depuis la fin de l’affaire de l’Ouarsenis. Je rappelle que dans le seul quartier de Belcourt, ou plutôt le quartier III du secteur centre, le chef de la BAO[4] locale, le chef du BCR local, et huit opérationnels ont été tués en opérations, dont quatre dans l’Ouarsenis. Pour sauver de la capture ou de la liquidation physique ce qui restait de l’appareil opérationnel de l’OAS, il m’était interdit de baisser les bras. Il me fallait tenter ce qu’il était possible de tenter.

FARES ne s’y est pas trompé quant il m’a fait transmettre par SUSINI, ou plutôt selon SUSINI lui-même, le message suivant :

« Surtout, que PEREZ ne s’arrête pas, car c’est la violence de l’OAS qui en fait pour le moment un interlocuteur valable ».

Je ne me faisais aucune illusion sur l’aboutissement de ces négociations. Et je considérais comme inéluctable, qu’à un moment donné, une dernière bataille allait s’imposer entre les combattants de l’OAS et l’ALN de l’intérieur qui, en dernier recours, se rallierait au GPRA d’abord et à Ben BELLA ensuite.

 

10.                       Cette dernière bataille, c’est à Alger que l’OAS devait la livrer. Sous la forme de combats de rue, de Saint-Eugène à Maison-Carré, de Birkadem, Birmandreis, El Biar à la Méditerranée. Une bataille contre qui ?

Contre l’ALN évidemment et seulement contre elle. Nous ne voulions pas accepter sans combattre, son installation à Alger.

 

11.                       Dans le souci de préparer cette bataille du mieux possible, j’avais invité plusieurs patrons de la faculté de médecine d’Alger, à se réunir, pour nous conseiller sur l’organisation sanitaire et alimentaire de ces derniers combats. Les professeurs CLAUDE, BOURGEON, DESCUNS et d’autres… tinrent au cours de ce contact, à me faire part de leurs observations. Cette réunion se déroula dans le même immeuble où se situait le logement de mon confrère GOURGUES mais cette fois, dans un appartement du rez-de-chaussée, chez un autre de mes confrères algérois.

Le professeur CLAUDE qui plus tard, m’a suivi dans mes publications, fut d’un concours particulièrement précieux dans ce travail d’intendance et de stockage alimentaire, nécessaire aux combats de rue que nous prétendions mener dans les meilleures conditions matérielles possibles.

 

12.                       A partir de cette décision de me consacrer à la dernière bataille, l’OAS connut un paroxysme de violence. Je voulais donner l’impression d’un « jusqu’au boutisme » perceptible. Qu’on le veuille ou non, je l’ai fait sur la recommandation de FARES lui-même, via SUSINI.

Je suis allé jusqu’à transmettre par le relai de notre radio-pirate un message insistant sur les risques d’épidémie qui menaçaient au sein des concentrations populaires, privées temporairement du secours des médecins français.

SUSINI m’a dit en commentaire de cette émission-pirate :

« FARES est affolé devant cette information qu’il interprète comme une menace camouflée de guerre bactériologique ».

« Avec quoi et comment pourrais-je déclencher une guerre bactériologique ? » lui ai-je rétorqué.

« Ce que j’ai voulu dire, ce n’est que ce que j’ai dit. Cette concentration de masses populaires urbaines, à Alger et autour d’Alger, est porteuse d’un risque épidémique très grave ».[5] Je rappelle tout cela pour souligner à quel point je considérais comme inéluctable un dernier combat à Alger.

 

13.                       Oui, livrer un combat avec le concours de quoi et de qui ?

Au mois d’avril 1962, pendant que se déroulaient des négociations que j’avais donc approuvées à partir du jour qui a suivi l’arrestation du général SALAN, je préparai mon effectif sur le grand Alger, pour l’ultime bataille. Nos forces, diminuées certes, manifestaient encore du mordant dans trois zones :

-         la ZOA (Orléansville + le Haut Chélif)

-         la ZEA (Est-Mitidja)

-         la ZOM (Ouest-Mitidja)

Il était prévu de les intégrer aux dispositifs encore vigoureux des sous-secteurs et des quartiers d’Alger. Ces groupes d’action avaient conservé un mordant encore efficace au niveau de la zone urbaine d’Alger. Ce dispositif était renforcé évidemment par ce qui restait des Delta, structure très efficace regroupant un effectif d’élite qui fonctionnait à l’échelon du Grand Alger.

Mon but n°1 était de protéger l’embarquement de notre peuple, femmes, enfants, vieillards, vers des cieux théoriquement plus accueillants. Nous prétendions nous opposer par les armes à l’entrée de l’ALN dans Alger en livrant cette bataille dans les rues de notre capitale.

Dans cette perspective nous nourrissions encore l’espoir de bénéficier du concours anti FLN d’éléments de l’armée et de la police.

« Illusion ! » me rétorque-t-on encore aujourd’hui.

Oui, nous avions encore des illusions dans les sentiments de nos militaires, de nos policiers, des Français en général, des Européens occidentaux peut-être. Nous voulions livrer un combat à l’ALN, un combat qui fût symbolique, spectaculaire et messager.

Cette fois, c’était une volonté française et populaire qui prétendait assurer le sauvetage des femmes, enfants et vieillards en leur permettant de s’embarquer. Je reconnais que j’envisageais avec détermination de détruire une partie de ma belle Alger-la-Blanche, que je ne voulais pas abandonner intacte au FLN.

 

14.                       Nous savions que lorsqu’Alger aurait cessé de vivre en tant que ville française, l’Algérie française serait définitivement morte. Nous pressentions que la mort d’Alger-la-Française, allait entraîner une mise en danger de l’identité de la France, du monde méditerranéen et du monde occidental comme cela apparaît à l’évidence aujourd’hui.

Mais, survint le cessez-le-feu des Delta d’Alger qui fut décidé sans me consulter.

Le jour même de cette décision, l’information officielle est venue conférer, par une abondante diffusion radiophonique, un impact irréversible à cette décision prise à mon insu.

Cette information transmise généreusement par les média a réduit en quelques heures à néant la possibilité de déclencher ce dernier combat. D’autant plus qu’elle fut appuyée très rapidement par un communiqué d’ARGOUD, qui, de loin, faisait remarquer à l’opinion publique la discipline des combattants de l’OAS, qui, immédiatement, est devenue silencieuse opérationnellement. ARGOUD aurait dû savoir qu’un ordre d’arrêter les combats est un des ordres les plus faciles à donner. En tout cas plus facile qu’un ordre de combattre à outrance.

Ce fut un désengagement soudain et total dans les esprits. Les terrasses de café se remplirent à nouveau de consommateurs détendus. Les bouclages de la gendarmerie se firent plus rares et plus ouverts. L’ambiance paradoxalement, était à la détente.

J’ai évoqué dans mes différents ouvrages, les explications que j’ai demandées aux uns et aux autres de cette décision qui consacrait définitivement la mort de l’Algérie française. J’en obtins suffisamment pour comprendre :

a)     que Jacques CHEVALLIER était l’ordonnateur réel du cessez-le-feu des Delta d’Alger.

b)    que je devenais tout logiquement, au même instant, l’empêcheur de tourner en rond qu’il fallait neutraliser d’urgence.

 

15.                       Du jour au lendemain, ce fut une baisse de tonus chez ceux qui, quelques jours plus tôt étaient disposés à devenir les combattants de la fin. La nouvelle logique pour moi était :

a)     soit de tenter une élimination physique des responsables du cessez-le-feu. Mais dans cette éventualité très hypothétique, la relance opérationnelle était techniquement impossible à envisager. L’effet lénifiant, démobilisant du cessez-le-feu, s’était rapidement installé dans l’esprit des plus déterminés.

b)    soit de favoriser le sauvetage du maximum d’opérationnels en renonçant aux sanctions que certains exigeaient contre les responsables du cessez-le-feu.

 

Après un ordre du jour que j’ai rédigé, signé et adressé au commandement militaire théorique de l’OAS et surtout à tous mes subordonnés de l’ORO, j’expliquai ma décision de partir en la justifiant. J’avais laissé à GARDES et aux autres négociateurs un mois pour obtenir des garanties indispensables selon moi : la constitution d’une force locale européenne dans les grandes villes d’Algérie pour assurer la protection de notre peuple. Ces garanties ne m’ont pas été accordées. Je n’avais donc aucune raison de rester à Alger puisque l’on ne s’y battait plus. Puisque l’on ne voulait plus s’y battre et que l’on s’était soumis aux desiderata du FLN. J’ai très vite compris que j’étais devenu celui dont il fallait amener la tête dans la corbeille de mariage qui se nouait entre certains négociateurs et le FLN.

 

C’est l’un, parmi les plus prestigieux chefs de Delta, Joseph RIZZA qui est venu me rencontrer un matin, pour me proposer un départ d’Alger. Je l’avais engagé dans l’action en 1956. Lorsqu’il effectua sa première opération clandestine, ce fut sous mon commandement direct et j’étais avec lui lorsqu’il lança sa première grenade de clandestin.

 

Qu’est-il venu me dire après le cessez-le-feu ?

 

« Si tu veux prendre des sanctions, c’est tout de suite qu’il faut le faire. »

« Des sanctions, dans quel espoir ? » lui ai-je rétorqué. Et je précisai ma pensée :

« ce serait un désastre pour la population. Je refuse de déclencher une tuerie entre des hommes qui, hier encore, étaient des frères d’armes ».

« Alors il faut partir » me dit-il. « Car les autres, vont te balancer dans les heures qui vont suivre ».

C’est lui, avec la complicité d’un prêtre algérois, qui organisa mon départ et m’accompagna dans ma première phase d’exil.

Je fus escorté par tout un effectif opérationnel de l’OAS commandé par Robert L et son frère, ainsi que par un haut responsable technique de l’EGA (Electricité Gaz d’Algérie) qui me véhicula dans un véhicule de dépannage d’urgence de cette entreprise.

Je n’hésite pas à dire que ceux-là même qui avaient décidé de ma perte m’ont permis de vivre encore. Par leur décision d’arrêter le combat au printemps 1962, en effet, je n’ai pas eu à livrer le dernier combat pour défendre cette terre d’Algérie.

C’est à eux que je dois la possibilité de défendre encore le souvenir de l’Algérie française et de sublimer le combat livré par l’OAS en Algérie, comme l’un des derniers combats, le plus important, livré par l’Occident.

 

 

A SUIVRE …..

 

 

L’ETUDE N° 23 BIS SERA TRANSMISE DANS DE RAPIDES DELAIS : Elle sera intitulée : « LEROY, VILLARD, LA PARTITION », D’APRES : »

 

« Le sang d’Algérie »

« Attaques et Contre-attaques »

 

 

Nice, le 20 octobre 2009

 

J.C. PEREZ



[1] CCI : Centre de Coordination Inter-armes

  BEL : Bureau d’Etudes et de Liaisons

[2] ORO : Organisation du Renseignement et des Opérations

[3] BCR : Bureau Central de Renseignements, sous-branche de l’ORO

[4] BAO : Bureau d’Action Opérationnelle

[5] André SEGUIN et BRUNO étaient nos speakers de la radio-pirate OAS. Je me souviens du bafouillage de l’un ou de l’autre quand il a essayé de mettre en garde les populations contre le risque supposé de spirochétose ictérohémorragique.

07.10.2009

Les Barricades d’Alger

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Après le discours ( de De Gaulle )  du 16 septembre 1959, dont le cinquantenaire est passé… dans un silence plus que frileux, il a fallu s’organiser à Alger.

 

 

Nous pensions en Algérie et en Métropole que nombreux étaient ceux qui s’apprêtaient à se soulever contre ce discours. Ceux qui allaient opposer un refus efficace à l’abandon qui s’annonçait.

 

Mais nous qui étions animés de la volonté de nous opposer au largage de l’Algérie, avons eu à affronter un ennemi inattendu et d’une efficacité redoutable : l’apathie du peuple pied-noir pour une fraction non négligeable de son ensemble.

 

Il nous a fallu, aussi et surtout, composer avec l’apathie comateuse dans laquelle se complaisait notre armée.

 

Celle-ci avait remporté et continuait de remporter de brillantes victoires dont elle pensait qu’elles étaient définitives.

 

L’opération Jumelle, en particulier, offrait un bilan flatteur, illustrant un brillant succès technique. La wilaya 3 en Kabylie, en effet, était réduite à quelques bandes éparses. Les Katibas erraient, complètement déstructurées.

 

Il en allait de même un peu partout. Nos soldats effectuaient avec efficacité et enthousiasme, et surtout avec courage et héroïsme, une traque permanente contre l’ALN de l’intérieur.

 

Mais ces mêmes soldats, quand ils prenaient le risque de se faire tuer, ne connaissaient pas le pourquoi réel de ces magnifiques opérations. Des opérations menées sur les crêtes comme le soulignait Challe, le général en chef.

 

Ils ne savaient pas que ces opérations étaient conduites à la suite d’une conjuration montée par De Gaulle et Ferhat Abbas, dans le but de se débarrasser des maquis de l’intérieur.

 

S’en débarrasser pour le plus grand bénéfice du GPRA qui, rappelons-le, existait officiellement depuis le 18 septembre 1958. Sa naissance fut annoncée officiellement au Caire par Ferhat Abbas lui-même au cours d’une présentation à la presse internationale, en présence de deux émissaires clandestins du général De Gaulle : l’écrivain Amrouche et Abderrahmane Farès.

 

Qui aurait pu se permettre de faire avaler à nos brillantes unités, que le FLN était en train de gagner la guerre grâce à toutes SES batailles perdues !

 

Nous, les Français d’Algérie, étions étreints par l’angoisse de l’abandon et pensions avant toute chose, à notre destin, si l’armée française et la nation française acceptaient la défaite que De Gaulle voulait leur infliger. Le destin de ce peuple pied-noir, de ce peuple qui s’interrogeait sur des lendemains qui ne chantaient pas.

 

« Que vont devenir ma femme, mon travail, ma maison, mon jardin, mes enfants, mes vieux parents ? Que vont-ils devenir lorsque le FLN détiendra le pouvoir ? Faudra-t-il nous soumettre à la loi de ceux qui exigeront de nous faire payer notre présence, ici, en Algérie ?

 

Qui peut s’investir du pouvoir de soumettre plus d’un million de Français d’Algérie, plusieurs millions de Musulmans qui veulent être et plus encore, qui veulent devenir réellement Français, à une organisation révolutionnaire raciste et intégriste qui avait déclenché la Révolution algérienne pour le triomphe de l’arabisme et de l’islam (Ibrahim Bachir, le 1/11/1954) ? Qui était suffisamment dépravé dans son intellect pour prendre une décision qui contribuera à porter atteinte en l’aggravant, à l’instabilité pour ne pas dire à la fragilité géopolitique de l’Occident chrétien ? ».

 

Pour la majorité d’entre nous, la réflexion politique ne s’était encore, hélas, pas révélée nécessaire. Défendre l’Algérie, nos maisons, nos situations, la vie de nos proches, éviter une servitude infâmante pour nos femmes, nos mères, nos sœurs et nos filles, représentaient une raison suffisante et exhaustive de prendre les armes. Certes, l’armée, la police, la vigueur militaire de la France, s’exprimaient encore, pour défendre une partie du territoire national, pour défendre un peuple de France.

 

Mais il nous était imposé, à nous, Français d’Algérie, de nous inclure dans ce combat : dans la clandestinité, dans la violence. Car l’Algérie française méritait bien que l’on risquât pour elle, sa liberté et sa vie.

 

Oui, il existait un risque de mort pour ces quelques clandestins qui, dès 1955, ont souvent joué leur vie et leur liberté dans des opérations illégales auxquelles ils ont activement participé. Une poignée.

 

Pour l’honneur du peuple pied-noir. Tant pis pour ceux qui ont préféré nous regarder.

 

Mais, il nous a fallu élargir nos connaissances, découvrir des horizons. On ne prend pas  « COMME ÇA » du jour au lendemain, le risque de tuer ou de faire tuer des hommes. Il nous a fallu donc comprendre d’abord. Et faire comprendre ensuite, la nécessité du combat en faveur de l’Algérie française. Un combat auquel devait s’intégrer au moins, l’élite du peuple pied-noir de Marnia à Tabarka.

 

Pour nous conférer le droit de le faire, il a fallu accéder à un savoir politique : par l’étude, puis par l’explication que nous avons tenté de donner à ceux qui voulaient comprendre et savoir pourquoi nous les invitions au combat.

 

Et c’est pour conduire au mieux possible cette volonté d’expliquer la dimension réelle, planétaire de la guerre d’Algérie, que personnellement, j’ai joué quotidiennement les Enjolras[1] dans les caves d’Alger et d’ailleurs, pour expliquer que le discours du 16 septembre 1959 ne laissait aucun doute quant à la volonté du général De Gaulle d’abandonner l’Algérie. Quel que fût le drame qui s’en suivrait pour ses concitoyens d’Algérie, de toutes confessions.

 

Nous avons dû affronter cependant, un ennemi puissant : le coma dans lequel était plongée notre armée française, unique espoir dans lequel se réfugiait la plus grande partie du peuple pied-noir, après le discours du 16 septembre 1959.

 

Un coma qui paraissait affecter aussi notre « élite socio-économique ».

 

Les oligarchies financières d’Algérie, en effet, se sont toutes comportées en complices de De Gaulle et de l’abandon. Elles étaient déjà complices, financièrement, et même opérationnellement, du FLN depuis des années.

 

Blachette, le mentor de Jacques Chevallier avec ses libres exploitations des champs d’Alpha, n’était qu’un exemple parmi d’autres. Il en existait qui rendaient compte par radio à Lotfi en Oranie, de leurs collectes de fonds parmi quelques gros propriétaires terriens et certains industriels européens. Comme ailleurs en Algérie.

 

Mais dans le cadre de Lotfi qui commandait la wilaya 5 en Oranie, les choses avaient connu une évolution bien particulière. Lotfi fut tué au cours d’une opération et son dispositif radio tomba intégralement entre les mains de nos services spéciaux. Le général Jacquin (colonel à l’époque) qui commandait le B.E.L. (bureau d’études et de liaisons) disposa, à la suite de cette opération, des codes radio de Lotfi. C’est ainsi qu’il fut le destinataire réel des messages transmis par les traîtres qui finançaient l’ALN. Ceux-ci en effet, étaient persuadés correspondre avec les responsables du FLN local. Nous fûmes informés, ainsi, du rôle néfaste joué par un fonctionnaire de la sous-préfecture de Paul Cazelles, de celui de tel jésuite de Pérrégaux, et du rôle de quelques autres.

 

Ces anomalies de comportement étaient évidemment retrouvées dans toute l’Algérie et c’est l’épisode Lotfi qui nous a permis d’avoir des renseignements très précis quant à l’identité de certains pourvoyeurs de fonds du FLN.

 

C’est dans cette ambiance, au milieu de ces trahisons, dont nous ne savions rien, qu’il nous a fallu réagir au discours du 16 septembre 1959.

 

Je me suis consacré, avec vigueur et constance, à fédérer des énergies, par l’intermédiaire de notre mouvement, le Front National Français. J’en assurais la responsabilité du service intérieur, plus particulièrement de ce que j’ai appelé « les unités de choc ».

 

Nous avons obtenu un concours inespéré, que nous pensions être de valeur inestimable pour notre implantation dans le département d’Alger, de la part du général Massu, commandant du Corps d’Armée d’Alger. Je rappelle que le colonel Argoud occupait les fonctions de chef d’état-major de ce même corps d’armée.

 

Aujourd’hui encore, à propos de l’appui octroyé par Massu, je suis partagé entre deux hypothèses.

 

Ce concours,

 

-         l’a-t-il concédé dans l’espoir de voir De Gaulle plier devant l’enthousiasme patriotique des Français d’Algérie ?

-         l’a-t-il concédé au contraire, dans le but de nous contrôler pour éventuellement nous neutraliser ?

 

Je pense qu’il a été assailli, à un moment donné, par un doute sérieux.

 

Sans me préoccuper outre mesure de ces interrogations, j’ai organisé au mieux possible, les unités intérieures du FNF en groupes de militants très actifs.

 

Massu, par l’intermédiaire du commandant Navarro du cabinet militaire de la préfecture d’Alger, m’a autorisé à faire du recrutement au sein des effectifs des UT (Unités Territoriales) ainsi qu’au sein du DPU (Dispositif de Protection Urbaine).

 

Ce dernier, avait été créé durant la bataille d’Alger, en 1957 et faisait appel à des volontaires.

 

Après ma sortie de la prison de Barberousse, le 1er avril 1957, je m’étais présenté au PC d’Alger-Sahel près de la cathédrale d’Alger, rue Bruce. Je prétendais bien sûr, solliciter un poste de responsabilité au sein du DPU algérois.

 

Je fus reçu par un officier particulièrement actif de la lutte anti FLN, le lieutenant Darcet. Celui-ci m’a déclaré être enchanté, au nom de son commandement, de la collaboration que je lui offrais. Il connaissait tous mes antécédents et c’est en frère d’armes qu’il m’a reçu ce jour là.

 

Oui…. Mais…. Silence radio. Je ne fus jamais autorisé à faire partie du DPU.

 

Une opposition supérieure s’était manifestée en silence, mais surtout avec ténacité.

 

Après le discours du 16 septembre 1959, Massu me donne donc l’autorisation d’incorporer mon dispositif au quadriage du DPU. En fait, implicitement, il m’autorisait à incorporer le DPU à mon propre effectif opérationnel.

 

Il ne l’a pas nié au procès des barricades, puisqu’à la question du Président du tribunal :

 

« Connaissez-vous personnellement les accusés ? »

 

Il répondit :

 

« Ils ont tous été sous mes ordres ».

 

Et à propos des groupes d’actions du FNF, il a précisé en substance :

 

« Oui, je savais qu’ils étaient commandés par le Docteur PEREZ »

 

Donc Massu ? Une équivoque ? Un tourment ? Un « Que vais-je faire » permanent et angoissé ? NON.

 

Malgré son indiscutable attachement à l’Algérie française, il restera en dernière option, fidèle au général De Gaulle, comme il l’avait exprimé, d’une manière définitive, avant le voyage du général De Gaulle à Alger en juin 1958.

 

Il l’avait exprimé auprès de ses anciens frères d’armes qui venaient, depuis Paris, solliciter son concours pour neutraliser l’homme de Colombey.

 

Un ancien officier parachutiste, qui en 1961-1962 s’approcha très près de l’OAS mais qui ne s’y intégra pas, Botella, m’a déclaré un jour à Argenteuil, c’était en 1974 :

 

« En mai 1958, nous étions avertis depuis longtemps au sein des services, de la détermination anti-Algérie française de De Gaulle. Certains services de police, spécialisés, avaient constitué des dossiers depuis 1956, établissant les contacts entre De Gaulle et l’organisation extérieure de la rébellion algérienne. Ces contacts se nouaient par l’intermédiaire de Me Boumendjiel du barreau de Paris, de l’ambassadeur de Tunisie à Paris, de Rosenberg un journaliste autrichien, et surtout par l’intermédiaire de Palewski, ambassadeur de France à Rome.

 

Il y avait largement de quoi inculper De Gaulle d’atteinte à la sûreté extérieure et intérieure de l’Etat.

 

Mais, un des patrons des polices spécialisées, était muselé par le pouvoir de la IVème République, et par des influences occultes menaçantes. En désespoir de cause, il manda à Alger deux officiers parachutistes, anciens compagnons d’armes de Massu et de Botella. Ils se sont présentés à Massu après le 13 mai 1958, avant le voyage algérois de De Gaulle pour lui demander de neutraliser l’homme du 18 juin. Car il venait à Alger, ont-ils affirmé, pour liquider l’Algérie française ».

 

Massu s’est dérobé devant cette mission officieuse, que lui confiaient ses anciens compagnons de la France libre.

 

Il est resté, comme il l’a dit lui-même « con et gaulliste »…. Mais parfois le doute est venu l’assaillir. Il aurait bien voulu voir De Gaulle s’orienter dans l’autre sens. Il aurait bien voulu lui communiquer, éventuellement, l’enthousiasme patriotique de l’Algérie française.

 

Mais hélas pour nous ! L’enthousiasme patriotique des Français d’Algérie, connut à cette époque là, à l’automne 1959, une expression lénifiante désastreuse, illustrée par un manque de mordant et de détermination, qui explique l’échec ultérieur du 24 janvier 1960.

 

Car, dans l’événement connu sous la rubrique « les Barricades d’Alger », il faut distinguer deux phases d’identité différente.

 

Première phase :

 

les journées des 23 et 24 janvier 1960 à Alger : c’était ça la véritable essence du 24 janvier 1960.

 

Deuxième phase :

 

la semaine des Barricades, à partir du lundi 25 janvier, 1 heure du matin, ne fut qu’une comédie. Mais une comédie qui aurait pu, néanmoins, avoir un dénouement fatal pour De Gaulle si nos chefs militaires ne s’étaient pas laissé manipuler par Delouvrier[2]. Encore une fois, nos brillants officiers patriotes n’ont pas osé. Encore une fois, l’amour sacré de la patrie n’était pas suffisamment ressenti pour que le général Challe prît la résolution de donner un coup de frein définitif à l’abandon.

 

« L’Algérie française », « la France », « l’Occident », illustraient des concepts immensément riches, trop riches peut-être de vérité politique pour que ces officiers d’élite acceptassent de donner le coup de balai qui s’imposait.

 

Des officiers à qui le pouvoir faisait croire qu’ils étaient en train de gagner la guerre.

 

Challe a tout raté le 25 janvier 1960 parce que les « autres », colonels et généraux, ont refusé de le pousser dans la décision salvatrice qu’il fallait prendre, ce fameux lundi 25 janvier. Il était encore temps. 

 

Nous développâmes donc notre implantation au sein de la garde territoriale. Ce qui était inéluctable puisque la majorité de nos adhérents et militants étaient des territoriaux. Mais ce ne fut pas facile, en raison du comportement, disons timoré, de la majorité des officiers de réserve qui commandaient la territoriale.

 

Il y avait dans le grand Alger, 22.000 territoriaux disposant de 2.200 armes, les gardes s’effectuant tous les dix jours. L’ensemble de cette garde ne représentait pas une véritable unité de combat. Mais dans l’éventualité salutaire où se serait développé en son sein, un esprit identique au nôtre, le regroupement de ces territoriaux, en armes et en uniforme, soutenus par la masse du peuple d’Alger, en aurait fait une force d’appoint inestimable pour ceux qui jouaient leur vie et leur liberté pour que vive l’Algérie française.

 

J’étais un de ceux-là.

 

Le capitaine Ronda, secrétaire général de la Fédération des Unités Territoriales, de création toute récente, faisait partie du bureau directeur du FNF. Il avait l’accord de son président le commandant Sapin-Lignières, chef d’un bataillon U.T. dont le PC était installé dans la Casbah. Il fut l’un des rares officiers des U.T., avec le capitaine Jourdes et les officiers de la compagnie opérationnelle des U.T., à prendre position dès le 24 janvier.

 

Revenons au déroulement des évènements.

 

Au mois de janvier 1960, d’odieux attentats avaient été perpétrés par le FLN en Oranie et dans l’Algérois. Ces drames avaient poussé à l’extrême la tension psychologique de la population française d’Algérie, de toutes confessions.

 

C’est dans cette ambiance que survint l’affaire Massu. Je vous la rappelle de façon succincte.

 

Le général Massu avait reçu, à la demande du général Challe, un journaliste allemand du nom de Kempski, devant lequel il tint des propos imprudents qui furent publiés le 18 janvier 1960 dans un grand quotidien allemand.

 

Le colonel Argoud dans son livre « La Décadence, l’Imposture et la Tragédie » rejette la thèse du piège dans lequel serait tombé Massu. Selon lui, Massu était d’humeur fantasque. La rencontre avec Kempski, s’était déroulée un jour où Massu s’était réveillé anti-gaulliste. C’est une hypothèse. D’après Argoud, le général Massu aurait dit de lui-même, rappelons-le, qu’il était toujours « con et gaulliste ». Je ne ferai pas l’effort de savoir si chacun de ces adjectifs a une valeur en soi ou si l’un est obligatoirement complémentaire de l’autre. Nous voulons espérer, aujourd’hui encore, qu’il n’a pas volontairement tenu des propos anti-gaullistes au cours de cette interview, dans le but établi à l’avance, de provoquer son départ d’Alger.

 

De toute façon, l’occasion ne fut pas ratée par De Gaulle. Il mit à la tête du Corps d’armée un autre officier qui ne fera pas de manière pour être complice de la liquidation de l’Algérie.

 

Si Massu avait refusé d’obtempérer le 19 janvier, que se serait-il passé ? Il nous est impossible de répondre. Mais à l’appel de Massu, c’est un véritable raz-de-marée qui se serait déclenché en Algérie. Raz-de-marée dont Challe aurait pris la tête. Cela supposait évidemment que nos généraux fussent des généraux révolutionnaires, attachés à la thèse révolutionnaire de l’Algérie française et non pas soumis à l’homme qui piétinait ce même idéal.

 

Massu obéit. Il abandonna l’Algérie. Il favorisa ainsi, volontairement ou non, l’accélération donnée à la politique d’abandon.

 

Il était de la plus haute importance qu’une opération de sauvetage fût tentée dans les plus rapides délais, car il restait encore en Algérie une majorité d’officiers généraux et de commandants de secteurs[3], fidèles à l’idéal de l’intégration. Réunions, recrutement, partout où c’était possible, visites aux commandements des unités territoriales, contacts très fréquents avec le colonel Gardes, tout cela fut mon travail quotidien.

 

Ortiz restait en communication étroite avec le colonel Argoud, chef d’état major du Corps d’Armée d’Alger et le capitaine Filippi qui faisait partie de l’état major de Massu.

 

Une manifestation de masse fut décidée pour le dimanche 24 janvier. Le 22 au soir, une réunion importante se tint chez Ortiz[4]. Tout le bureau directeur du FNF était rassemblé.

 

Le capitaine Filippi nous fit part de deux coups de téléphone qu’Argoud aurait reçus de Paris de la part de son ancien chef.

 

Lors du second appel téléphonique, Massu aurait fait le commentaire suivant : « De Gaulle est complètement fou, je vous donne carte blanche ».

 

Je quittai la réunion pour préparer les effectifs du FNF qui étaient déjà chauffés à blanc. Je me souviens de maître Jean Trape[5], me disant lors de mon départ : « Tout repose sur vous, je vous en supplie, ne vous faîtes pas prendre avant ! ».

 

 

Que devait-il se passer en théorie ?

 

-         un appel à la population pour une grande manifestation à la Grande Poste, en fin de matinée, ce fameux dimanche 24 janvier 1960 ;

-         obtenir des 22.000 UT, qu’ils participent en formation militaire, en uniforme et avec leur armement, même réduit ;

-         obtenir une extension de ce mouvement par contagion, à toutes les grandes villes d’Algérie ;

-         obtenir des organisations métropolitaines un soutien à notre manifestation par tout ce qu’elles pouvaient mobiliser comme moyens.

 

 

Le 23 janvier, ce fut le jour de réunion de l’assemblée générale constitutive de la toute nouvelle Fédération des Unités Territoriales d’Algérie.

 

Le commandant Sapin-Lignières fut élu président et le capitaine Ronda, secrétaire général.

 

J’ai participé, depuis le fond de la salle de réunion, à la fin de cette assemblée générale. Et je fus scandalisé de l’attitude d’un chef de bataillon UT, d’Alger-centre, ancien combattant héroïque des campagnes d’Italie et de France, qui déclara à Sapin-Lignières et à Ronda, devant moi, son opposition à la participation des UT en corps constitués à la manifestation du lendemain matin. Ce brillant officier de réserve, compte tenu de son prestige fut suivi dans cette volonté de désertion, par les autres chefs de bataillon, à l’exception de Sapin-Lignières. Lui et les autres, portent une grave responsabilité dans le dénouement dramatique de la journée du 24 janvier 1960.

 

Ce 23 janvier, une grève se déclencha à Belcourt puis au Champ de Manœuvre. Elle s’étendit lentement à toute la ville mais d’une manière assez incomplète. C’était une initiative spontanée, indépendante de tout ordre donné et reçu.

 

Je me cachai pendant la soirée du 23 au 24.

 

Le 24 au matin, je rejoignis le siège de la Fédération des UT qui était situé dans l’immeuble de la Compagnie Algérienne, à l’angle de la rue Charles-Péguy et du boulevard Laferrière. C’est là que se situera, par la suite, ce que l’histoire appellera « le PC Ortiz ».

 

Ce 24 janvier au matin, je fus étreint par une impression désastreuse. La foule n’était pas là. Des groupes épars, arrivés sur place malgré les barrages de gendarmerie, se manifestaient en chahutant. Ils provenaient presque tous de ces valeureux quartiers d’Alger que sont : le Ruisseau, le Hamma, Belcourt et le Champ de Manœuvre. Mes adjoints du FNF, responsables de ces quartiers, Armand Maigues et son épouse Mimi, Arlandis, Merkel, Conte et d’autres, essayaient de maintenir un tonus révolutionnaire sur cette place de la Grande Poste.

 

Mais il manquait l’essentiel : la foule. Je refusai de rester en place, avec les membres du nouveau bureau directeur de notre mouvement. J’estimai indispensable de me rendre à Bab El Oued où, Place de l’Horloge, un gros rassemblement s’était constitué et m’attendait.

 

Tout était prêt pour un gros cortège. Plusieurs centaines de mes camarades du FNF étaient en tenue de la garde territoriale et portaient casque lourd.

 

Ils se trouvaient à la tête de plusieurs milliers d’hommes et de femmes. Bras-dessus, bras-dessous, à mon signal, nous nous engageâmes dans l’avenue de la Bouzaréah. A ce moment là survint un incident grotesque mais significatif. Le chef de bataillon des UT de Bab El Oued, accompagné de son chef d’Etat major, le capitaine D.B. me fit observer violemment qu’il exigeait le retrait des uniformes. Il hurla à l’illégalité. Je lui rétorquai avec un peu de hauteur :

 

« Ne vous inquiétez-pas, ce n’est pas vous qui prendrez 20 ans si cela tourne mal, ce sera moi ».

 

Il se retira piteusement de la manifestation. Il ne se rallia pas au mouvement, même en tenue civile. Et nous entreprîmes notre progression vers le centre ville. Pas un seul officier de ces deux bataillons UT, celui de B.E.O. et celui de la Kasbah, ne prît part à ce défilé.

 

Nous arrivâmes très rapidement avenue de la Marne. L’une des extrémités, marque la fin de Bab El Oued. L’autre extrémité débouche sur une place où se situent face à face, le lycée Bugeaud et la caserne Pélissier, siège du Corps d’armée d’Alger.

 

Cette avenue était occupée d’un bout à l’autre, par plusieurs rangées de parachutistes du 3ème R.P.I.M.A., du colonel Bonnigal, qui nous interdisaient le passage.

 

Ce fut une bagarre d’une demi-heure. Je dis bien il y eut lutte et combat. Si ces parachutistes avaient voulu nous interdire le passage, ils auraient dû nous mitrailler pour le faire. Ils n’ont pas osé. Si nous avions renoncé à ce stade, devant la résistance sévère qu’opposèrent les parachutistes à notre progression, la journée du 24 janvier se serait terminée à ce moment là. Il n’y aurait pas eu de Semaine des Barricades.

 

Car là-bas, à la Grande Poste, c’était toujours « Bonjour tristesse ». Alors que dans notre cortège, derrière moi, cheminaient des hommes et des femmes, par milliers, de B.E.O. mais aussi de Saint-Eugène, de Notre-Dame d’Afrique et ceux du quartier Nelson : ces derniers s’intégrant à l’effectif du bataillon UT du commandant Sapin-Lignières, qui lui était présent au PC Ortiz.

 

Après avoir disloqué par une poussée irrésistible les barrages du 3ème R.P.I.M.A, nous arrivâmes devant le Corps d’armée d’Alger. Les camions du régiment étaient disposés les uns contre les autres et constituaient une barrière redoutable, qui ne fut pas suffisante pour nous interdire d’aller plus loin. Il nous a fallu cependant déplacer les camions en les soulevant pour rejoindre l’avenue du 8 novembre. Le colonel Argoud, à la page 209 de son livre, écrit : « 11 heures, des fenêtres du Corps d’armée, nous assistons à l’arrivée des premières colonnes de manifestants. Bonnigal tient parole ».

 

Il a vraiment très mal vu ! Si Bonnigal a tenu parole, c’est parce qu’il n’a pas voulu nous tirer dessus ! Mais ses paras se sont battus et nous aussi. Plusieurs dizaines parmi les nôtres eurent les arcades sourcilières ouvertes et souffrirent de contusions costales. Malgré cette opposition, notre bélier de 200 casques lourds, avait réussi à enfoncer le dispositif du colonel Bonnigal. Et nous voilà enfin avenue du 8 novembre !

 

Arrivés devant le siège de la Fédération des Anciens Combattants d’Algérie, nous fûmes rejoints par Auguste Arnould[6] et beaucoup de notables de ces organisations.

 

Je me sentais moins seul en tête du cortège !

 

Pour rejoindre la Grande Poste par le bas du Plateau des Glières, ce fut une affaire beaucoup plus sérieuse. Plusieurs escadrons de gendarmerie mobile étaient disposés en profondeur tout le long de la rue Alfred Lelluch. Ce fut une bagarre épique. Les coups de crosse pleuvaient au cours d’une véritable mêlée. Mais ce ne fut qu’une bagarre. Pas de coup de feu. Pas de provocation malsaine. Nous en sortîmes vainqueurs puisque les gendarmes refluèrent et finirent par nous abandonner le passage.

 

Cette échauffourée, qui, physiquement avait marqué beaucoup d’entre nous et moi en particulier, appelle deux remarques.

 

-         Nous étions encore à l’heure loyale du 24 janvier, puisqu’aucun coup de feu ne fut tiré.

-         Ces deux obstacles, bien que franchis avec succès, avaient semé le doute parmi le peuple qui nous suivait. Mais la détermination du bélier des 200 casques lourds, ouvrit le passage et nous permit d’arriver sur la place de la Grande Poste.

 

J’ai résumé tout cela à l’essentiel. Car, malgré les coups reçus et donnés, ce qui fut dramatique pour nous, était représenté par la vacuité presque totale du lieu de rassemblement. C’était misérable. Quelques centaines de personnes. Où étaient nos 22.000 UT ? Où étaient Alger, El Biar, Birmandreïs, Hussein-Dey, Kouba, Birkadem, Maison-Carré ? Où était le peuple pied-noir ? On m’arracha littéralement du cortège. A qui je donnais la mission de se répandre sur la place, pour la remplir et l’animer au mieux possible. En boitant, je me rendis au PC Ortiz où se trouvaient réunis tous les membres du Bureau directeur de notre mouvement.

 

Je boitais, parce que j’avais les ongles des gros orteils sévèrement traumatisés par les coups de crosse des gendarmes, lors de la bagarre précédente.

 

Méningaud[7] se jeta littéralement sur moi en me disant : « On ne sait plus que crier pour faire arriver la foule. Vas-y, dis leur quelque chose ».

 

Les seuls mots que je pus prononcer avec ce qui me restait de vigueur furent ceux-ci :

 

« Allez chercher les pantouflards qui sont restés chez eux et conduisez-les ici. L’Algérie française a besoin de tout son peuple ! ».

 

A quoi était due cette première phase, ou plutôt cet échec illustré par la défection de la population algéroise ? Peut-être à la lassitude. Peut-être que mes compatriotes ne croyaient-ils plus en rien. Mais une réflexion me vient à l’esprit.

 

Dans les Nouvelles américaines Volkoff écrit qu’il existe une différence entre les Anglo-Saxons et les Français pour formuler une question. Là où les seconds demandent pourquoi, les premiers demandent comment ?

 

Et bien, les Pieds-Noirs demandaient :

 

« Pourquoi ? Comment ? Avec qui ? »

 

Pour eux, Ortiz, Sussini, Lagaillarde, le docteur Pérez n’étaient pas des gens de notoriété telle qu’un peuple descendît dans la rue à leur simple appel. Il leur fallait autre chose…

 

J’avais vu Lagaillarde à plusieurs reprises, en particulier la veille, le 23 janvier.

Il m’avait emmené à la Faculté où il commençait à se retrancher avec plusieurs de ses amis. Je lui avais fait connaître ce qui nous avait été promis, de la part du Corps d’armée d’Alger : les régiments parachutistes devaient en principe nous laisser passer et jouer un rôle tampon entre les manifestants et les gardes mobiles. Il m’avait fait part de son intention de ne pas participer aux cortèges et d’attendre, à l’intérieur de la Faculté, la suite des évènements.

 

Les notables d’Alger sont restés bien discrets durant cette première partie de la journée du 24 janvier. Les élus en particulier, et par-dessus tout, je le souligne pour la millième fois, les officiers UT du Grand Alger.

 

On les attendra ….on les verra plus tard, quand ils croiront l’affaire gagnée.

 

Après mon appel au micro du PC Ortiz, le stade municipal, les cinémas furent vidés de leurs spectateurs par nos militants. Petit à petit, la foule devint plus dense. Entre le boulevard Saint-Saens et la Grande Poste, il était difficile de circuler. Soudainement, le Plateau des Glières était devenu plus facile d’accès pour nos manifestants, comme si les barrages avaient été levés.

 

Il s’était en effet passé quelque chose.

 

Je ne l’ai appris que plus tard, au cours du procès des Barricades, lors de la déposition du commissaire central d’Alger, monsieur Troujat. Le PC d’Alger-Sahel avait transmis à toutes les forces de maintien de l’ordre, la consigne de ne plus s’opposer au passage des manifestants.

Pourquoi ?

 

Pour deux raisons.

 

I – Pour le général Crépin et le colonel Fonde[8], cette manifestation était un échec pour nous. Il fallait donc rendre ce fiasco encore plus éclatant en conférant tout son relief à la désaffection apparente du peuple d’Alger.

 

II – Ils avaient pris, entre temps, la décision de regrouper les forces de gendarmerie mobile pour tenter une opération de dispersion qu’ils préparaient à l’insu du général en chef, le général Challe.

Mais pendant ce temps, la population affluait enfin. Le rassemblement devenait progressivement réel, compact, impressionnant. La manifestation s’affirmait, enthousiaste, militante. Quelques élus se montrèrent enfin, couverts de leur écharpe. Le « Chant des Africains », la « Marseillaise » retentirent, entrecoupés des cris « Algérie française », « De Gaulle, trahison ! ».

 

Perclus de douleurs consécutives aux coups de crosse reçus pendant les bagarres du matin, j’éprouvai le besoin de me retirer quelques minutes dans un appartement « ami » où je pus me soigner. Aspirine, bandage des orteils traumatisés. Je savais que la nuit allait être longue et qu’il fallait s’y préparer. J’étais relativement rassuré sur le déroulement de la manifestation. En effet, la foule continuait d’arriver et jusqu’ici, personne n’avait perdu son sang froid. J’insiste sur ce dernier détail parce qu’il prouve l’absence de provocateurs parmi les hommes que j’avais conduits à la Grande Poste.

 

Rien ne laissait supposer l’évolution tragique de la manifestation. C’est le bruit de la fusillade qui me fit bondir dans la rue et rejoindre le PC Ortiz. 

Un destin généreux, ou plutôt une chance inouïe, a joué en ma faveur ce 24 janvier 1960. Les coups de crosse généreusement distribués par les gendarmes du matin aux dépens de mon anatomie, m’ont sauvé du peloton d’exécution, plus tard, au moment du procès des Barricades. Grâce au témoignage de mon hôtesse, enregistré sur commission rogatoire émanant du juge d’instruction parisien, le Pouvoir s’est trouvé dans l’impossibilité de m’inculper dans l’affaire de la fusillade d’Alger.

 

Ce jour-là, mon ange gardien ne m’a pas fait faux-bond. Il aura l’occasion de se manifester encore à maintes reprises, lors d’épisodes ultérieurs et très compliqués de ma vie. 

 

Jean-Claude PEREZ

Le 5 octobre 2009



[1] Enjolras : allusion à un personnage secondaire « des Misérables » de Victor Hugo : Enjolras était un révolutionnaire républicain, compagnon occasionnel de Gavroche, qui s’est fait tuer à Paris sur les barricades. Pardon de cette allusion romantique….

[2] Délégué du gouvernement français en Algérie

[3] Les généraux commandaient les zones et les corps d’armée. Les secteurs étaient sous les ordres de colonels.

[4] Ortiz : président et fondateur du FNF en 1959

[5] Jean Trape : avocat du Barreau d’Alger, membre du bureau directeur du FNF

[6] Auguste Arnould : président du comité d’entente des anciens combattants

[7] Méningaud : avocat, membre du FNF, rescapé des camps de concentration allemands. Ancien des Brigades internationales pendant la guerre civile espagnole.

[8] Nouveau commandant du Corps d’armée d’Alger, commandant du secteur d’Alger-Sahel

30.09.2009

La France se meurt : A moi la légion !

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La France se meurt comme une vieille dame qui s’efface sans bruit alors que nous filons notre vie trépidante.

Ce n’est pas une mort brutale et spectaculaire mais une succession de chutes dont on reste d’abord diminué mais qui inexorablement vous mène de paralysie en aphasie à l’issue fatale.

Les docteurs en Histoire, en Sciences politiques et en Philosophie se disputent la généalogie du déclin. La Grande Guerre, mai 40 et la collaboration pour les uns. Et d’autres de rétorquer : «  Notre jeunesse avait du jus encore en Indochine ! ».

-Justement Dien Bien Phu phase terminale …

-Pas encore ! c’est la perte de l’Algérie française s’insurgent les

Diaphoirus.

-Que nenni vous oubliez les années Mitterrand !

-Et l’avachissement Chirac alors ?

-Ce n’est rien au regard de l’immigration.

-Et que faites-vous de la vassalité affirmée de Sarkozy envers les américains ?

Nous entendons cela et, malhonnêtement, en fonction de notre histoire personnelle ou de nos inclinaisons politiques partisanes nous nous plaçons dans un camp.

La réalité est que c’est tout ce « matériel historique » que nous devons prendre en compte, cette combinaison apparemment insoluble et contradictoire. L'historien et philosophe Jean Ellenstein, ex-membre du PCF disait fort justement : « Staline c’est le Goulag et Stalingrad. »

Vous avez dit Contradictions ? Oui les Nations font partie du vivant.

LIRE LA SUITE > http://www.politique-actu.com/opinion/politique-france-je...

24.09.2009

25 Septembre : Journée nationale d’hommage aux HARKIS

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Héros pour les uns, traîtres pour les autres, l’histoire des harkis est mal connue des Français. Dans le langage courant, on désigne aujourd’hui sous le nom de harkis toutes les catégories de supplétifs de la guerre d’Algérie : harkis, moghaznis, Groupes Mobiles de Sécurité (GMS), Groupes d’autodéfense (GAD), unités territoriales et auxiliaires de la gendarmerie, à l’exclusion des appelés et des militaires sous contrat

            C’est en janvier 1955 que, pour les besoins de guerre d’Algérie, virent le jour les premières unités musulmanes, en l’occurrence 30 goums de 100 hommes : les Groupes mobiles de protection rurale (GMPR), qui deviendront ensuite Groupes Mobiles de Sécurité (GMS), comparables à nos Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS).

Le 5 septembre 1955, le gouverneur Jacques Soustelle créera les sections administratives spécialisées (SAS), chargées d’encadrer les zones rurales. Protégées par un maghzen de 25 à 50 moghaznis, 700 SAS seront créés et complétées par 30 sections urbaines (SAU). Elles contribueront à l’armement de 2000 villages en autodéfense. Les moghaznis seront 20 000, en 1962.

 Le 8 février 1956, les premières harkas destinées à participer aux combats, voient le jour. A partir de 1957, las de la tyrannie du FLN qui multiplie les sévices à l’encontre des populations autochtones du bled : enlèvements, rançons, égorgements, razzias sur les douars, sévices multiples et raffinés, les habitants vont se soulever et rejoindre en masse l’armée française. 114 GMS seront créés, soit 19000 hommes, ainsi que 700 sections administratives spécialisées et urbaines (SAS et SAU).

En décembre 1958, à l’initiative du général Challe, le nombre des harkis passera de 28000 à 60000. Ils formeront d’efficaces groupes de combat œuvrant au plus près des soldats d’élite, paras et légionnaires et commandos. Par ailleurs, 2000 douars représentant 55000 hommes armés, seront placés en autodéfense, soit un total de 223000 soldats autochtones qui combattront sous l’uniforme français avec une efficacité et une ardeur reconnues de tous…

S’étant engagés davantage pour la défense de leurs familles que pour la solde, les supplétifs étaient opposés à la conception totalitaire du parti unique du Front de Libération Nationale (FLN). Ils faisaient confiance à l’armée pour faire évoluer l’Algérie dans un sens démocratique et égalitaire et, surtout, pour faire obstacle à la terreur du FLN qui s’imposait, notamment de nuit, dans les villages. Le rappel du général Challe en mars 1960 ne permit pas de mener à bien son projet de Fédération des Unités Territoriales et des autodéfenses, qui aurait constitué un parti français opposé au FLN.

Fin 1958, la guerre est pratiquement terminée sur le terrain. Le FLN, exsangue, ne se maintient plus que par ses attentats sournois et barbares. R. MADAOUI, alors officier de l’Armée de Libération Nationale (ALN), rejoindra, comme sous-lieutenant, une unité régulière de l’armée française dans l’Ouarsenis puis, plus tard, les rangs de l’OAS. Il écrira : « L’espoir est si grand que la Wilaya IV (la plus puissante et la sienne) pavoise aux couleurs de la France, que les rebelles cessent les attentats et déposent leurs armes devant les mairies ». Ainsi, les fellaghas, eux-mêmes, sûrs de leur impuissance, brandissent des drapeaux français dans leurs repaires…

L’ex officier de l’ALN, Ali BOUZIANE, qui rejoindra les harkis du fameux « Commando Georges », unité crée par le Colonel BIGEARD, écrira sur ce point : « La population, qui était notre raison de combattre et notre soutien, nous abandonne. J’ai confiance en De Gaulle, et mes frères dans le maquis aussi. Nous avons été trompés, et l’Algérie heureuse, nous la ferons avec lui ».

De Gaulle, désormais installé à l’Elysée, reçoit le Bachaga BOUALAM qui lui dit : « Mon général, donnez-moi 500000 harkis, et vous pouvez renvoyer tous les appelés chez eux ; je vous garde l’Algérie à la France. » De Gaulle ne répondra mot et, contre toute attente, se prononcera pour l’intégration, solution utopique que ni les Musulmans, ni les Européens, ni les militaires, ne croient.

Fin 1958, la victoire est donc acquise et reconnue de tous ; la paix désormais possible… mais elle ne se fera pas par la seule volonté d’un homme, miné par la rancune que lui inspire le peuple d’Algérie (Tous des Pétainistes! (sic)) et le pays retombera dans ses incertitudes et ses interrogations…

En janvier 1959, De Gaulle, élu Président de la République, gracie, à la surprise générale, 150 terroristes condamnés à mort pour crimes de sang et en libère 7000 autres. Ces mesures (ressenties comme une marque de faiblesse par la population autochtone et les unités supplétives) jettent le trouble parmi elles, ce qui fit dire au chef d’une harka du 20ème BCP :  « Le général De Gaulle n’a rien compris aux fellouzes ».

En Septembre 1959, après le célèbre discours de De Gaulle sur l’autodétermination, le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA) déclarera : « Ce discours est notre 1ère victoire politique ».

Le 10 juin 1960, le colonel de l’ALN, SI SALAH, chef de la wilaya IV (Algérois),  décide de faire un putsch contre le GPRA et, reçu avec ses adjoints, les commandants Si Mohamed et Lakhdar à l’Elysée par De Gaulle, ils lui annoncent la reddition dans un premier temps des trois quart des combattants de l’ALN. Mais De Gaulle, ne voulant déjà plus entendre parler de l’Algérie française, leur opposera une fin de non recevoir et ses services, par la voix d’Edmond Michelet, informeront le Ministre des Affaires extérieures du GPRA, Krim Belkacem de cette proposition de reddition. Commencera alors une purge sanglante « à la Amirouche » au sein de leurs partisans qui ne connaîtront aucune clémence de la part des « frères » installés en Tunisie. Le secret de cette entrevue avec le Maître de l’Elysée devant être rigoureusement gardé, tout sera mis en œuvre pour éliminer définitivement les derniers témoins et Si Salah et Si Mohamed seront tués par les troupes françaises dans des conditions plus que curieuses…

Ainsi, cette affaire qui se présentait comme une immense occasion pour apporter une paix française à la guerre d’Algérie, se terminera dans le sang et demeurera la grande énigme de ce conflit.

Après l’échec du putsch d’avril 1961, les harkis, soucieux, désemparés et amers, répèteront inlassablement à leurs chefs : « Il fallait déclarer la mobilisation générale en Algérie, faire une levée en masse de harkis, renvoyer tous les appelés chez eux, et on avait le monde entier avec nous. »

Mai 1961, nouvelle décision désastreuse du général président qui atterrera les Musulmans fidèles à la France : La trêve unilatérale accompagnée de la libération de 6000 fellaghas. Dès lors, l’ALN exsangue, forte de ces renforts successifs, va se reconstituer et reprendre de plus belle ses actions meurtrières sans réelle opposition des troupes françaises privées, par ailleurs, d’une partie de leurs unités d’élite dissoutes au lendemain de l’échec du putsch. A partir de ce moment, les supplétifs comprendront que, pour eux, c’est la fin… et les premières désertions verront le jour.

En janvier 1961, le général Crépin, successeur de Challe, avait promis que les harkis, considérés comme vainqueurs, auraient la première place dans l’Algérie future, et qu’ils resteraient groupés et armés pendant un an après le cessez-le-feu. Mais, dès l’été 1961, le gouvernement décida d’amorcer la réduction des effectifs des harkas et des autodéfenses et de « civiliser » les SAS, alors que Challe leur avait confié la responsabilité opérationnelle des Quartiers de Pacification. 

Les promesses de Challe (emprisonné) et de Crépin ne seront pas tenues et les négociateurs français d’Evian se préoccuperont très peu de l’avenir des musulmans fidèles à la France… Cependant, avec une inconscience révoltante, les déclarations officielles continuaient de pleuvoir. Dans une homélie fracassante, le général Gambiez s’était écrié à l’adresse des harkis : «Vous avez mené le bon combat. Soyez sans crainte, la France ne vous abandonnera pas ! » Et dans une déclaration aux cadres, Pierre Messmer, le ministre des armées, affirmait avec solennité : « Pour rassurer ceux qui combattent et se sont engagés à nos côtés, nous devons leur répéter la volonté de la France de n’abandonner aucun de ses enfants. »… Cela s’adressait aux Musulmans servant sous l’uniforme français.

            Pourtant le dégagement militaire avait commencé depuis le mois de juin 1961 par le rapatriement de deux premières divisions et l’évacuation de 1000 postes de protection de la population du bled. Mais afin de rassurer les consciences, on continuait d’assurer avec une apparente conviction qu’en aucun cas la population civile n’aurait à souffrir de ces mesures ou à voir sa sécurité diminuer…

            Quel leurre ! Pauvres Musulmans ! Vous avez accepté de faire partie des groupes d’autodéfenses, encouragés en cela par le sous-préfet ou le commandant de secteur : Vous serez mutilés puis égorgés ! Vous vous êtes engagés dans les GMS ;  vous êtes devenus harkis ou moghaznis, c’est-à-dire soldats de la France : Vous serez tués à la hache ou écorchés vifs! Vous étiez des fellaghas repentant, ralliés à la France, et le colonel Bigeard –bientôt général !- vous avait désignés pour le fameux commando Georges : Vous aurez les yeux crevés, les mains coupées, vous serez traînés dans les rues sous les huées d’une foule déchaînée et vous périrez après d’horribles tortures !

            Ce fut un des grands mensonges de ce drame algérien qui en avait vu tant, mais d’autant plus odieux qu’il couvrait l’abandon et la mort d’innombrables Musulmans livrés à la vengeance du FLN.

            Ces hommes étaient pourtant encore des Français, couverts et en principe protégés par les lois et par l’Etat français qui leur demandait  depuis des années de lui faire confiance. La conscience la plus élémentaire eut semblé devoir au moins amener le Pouvoir à informer le pays des mesures décidées et de toutes ses conséquences. Et ce fut une bien piètre et honteuse satisfaction que de se dire qu’en lui dissimulant, on avait épargné sa responsabilité…

            Mais qui aurait pu penser, en Métropole, que depuis sept ans des soldats Musulmans pourchassaient sans répit les fellaghas, que depuis sept ans ils mouraient pour la France et l’Algérie française… et que depuis des mois on cherchait à faire oublier –comme jadis en Indochine- leur existence ? Pendant que le silence les recouvrait, les projecteurs étaient braqués sur les dirigeants du FLN, assassins en puissance qui se pavanaient désormais dans les salons français et qu’il fallait à tout prix transformer pour l’opinion en hommes d’Etat, déjà partenaires et bientôt alliés.

            Mais comment cacher qu’en nombre croissant, ces Musulmans fidèles rejoignaient les combattants de la cause française ?

Si les sphères dirigeantes ne savaient plus comment cacher cette nouvelle situation, le GPRA n’ignorait pas qu’il ne pourrait leur imposer son autorité que si auparavant, l’armée française les eût désarmés. Certains de ses membres reconnaissaient, qu’ils seraient, d’une manière sûre, trois millions à suivre activement et spontanément un mouvement que l’évolution de la situation provoquerait en faveur de la France. Ces hommes, ces Français, ces compatriotes, n’étaient pas un mythe. Ils étaient une réalité vivante.

Du coup, l’Elysée prit peur. Il fallait à tout prix désarmer ces hommes trop zélés qui s’imaginaient encore pouvoir rester français… Le 4 Mai 1962, lors du Conseil des Ministres, De Gaulle déclara : « Les harkis, ce magma dont il faut se débarrasser sans attendre  (sic, Alain Peyrefitte)».  Et ce fut, alors, l’ignoble campagne de désarmement, la conclusion du pacte tacite conclu entre le Pouvoir et le FLN…

            Après avoir évacué les postes militaires du bled et les avoir remis, intacts, aux ennemis d’hier, la troupe reçut l’ordre de désarmer les autodéfenses. Pour ces pauvres gens qui avaient eu confiance en la parole de la France et en ses officiers, la restitution des armes signifiait la mort à plus ou moins brève échéance. Sans doute, que les militaires avaient reçu des ordres stricts. Sans doute, ils se devaient d’obéir à ces ordres. Mais le serment de jadis de conserver l’Algérie à la France et de protéger cette population n’avait-il pas été prononcé ?

Le vieil honneur qui vous lie à une parole est-il une chaîne dont il est loisible de couper les anneaux ? La vie est bien longue à celui que trouble le remords…

            A tous ces hommes désormais voués à la vindicte du FLN, il fallait ajouter ceux qui s’étaient engagés politiquement sans pour autant revêtir l’uniforme. Qui publiera jamais le nombre de maires, délégués spéciaux, conseiller municipaux, élus de tous ordres et fonctionnaires qui avaient déjà payé et qui paieraient encore de leur gorge tranchée, leur loyalisme ?

            Ceux qui s’étaient engagés volontairement du côté de la France connaissaient que trop l’article peu répandu de la charte issue du congrès de la Soummam qui les vouait avec leurs familles à la liquidation physique, pour trahison. Et les milliers d’assassinés depuis 1954 étaient la triste preuve que les Melouza (où le FLN massacra plus de 300 personnes en une seule nuit) n’étaient pas le produit de l’imagination…

            Dès lors, désarmés, livrés sans défense à la vindicte du vainqueur, le génocide des harkis commençait… Dans le bled où le drapeau vert et blanc remplaçait désormais le tricolore, les Musulmans qui avaient toujours été fidèles à la France s’accrochaient désespérément aux camions militaires français et, à bout de force, tombaient en pleurant dans la poussière de la route. Ce sont des images que seuls ceux qui ont une conscience ne pourront de si tôt oublier…

            Désormais, maîtres du bled (et bientôt du pays), forts de leur immunité et de leur impunité, les fellaghas se ruaient à la curée… En dépit des informations alarmantes qui lui parvenaient quotidiennement, le gouvernement français demeura inerte. Pire ! Il participa indirectement à ce génocide en livrant, lui-même, ces pauvres gens à la hache et au couteau des égorgeurs après que Louis Joxe (père de l’ex Ministre de l’Intérieur socialiste, Pierre Joxe), rédigea par deux fois leur condamnation à mort.

 

« Télégramme n° 125/IGAA – 16 mai 1962 / Ultra Secret / Stric. Confidentiel.

            Ministre Etat Louis Joxe demande à Haut Commissaire rappeler que toutes initiatives individuelles tendant à installation métropole Français Musulmans sont strictement interdites. En aviser urgence tous chefs S.A.S. et commandants d’unités. »

                                                                                              Signé : Louis Joxe 

 

Directive de Monsieur Louis Joxe, Ministre d’Etat :

 

            « Je vous renvoie, au fur et à mesure, à la documentation que je reçois au sujet des supplétifs. Vous voudrez bien faire rechercher, tant dans l’armée que dans l’administration, les promoteurs et les complices de ces entreprises de rapatriement, et faire prendre les sanctions appropriées.

            Les supplétifs débarqués en métropole, en dehors du plan général, seront renvoyés en Algérie, où ils devront rejoindre, avant qu’il ne soit statué sur leur destination définitive, le personnel déjà regroupé suivant les directives des 7 et 11 avril ».

 Et conscient du caractère odieux de cette décision, l’honorable ministre avait ajouté :

« Je n’ignore pas que ce renvoi peut-être interprété par les propagandistes de la sédition, comme un refus d’assurer l’avenir de ceux qui nous sont demeurés fidèles. Il conviendra donc d’éviter de donner la moindre publicité à cette mesure. »

                                                                                  15 Juillet 1962

                                                                                  Signé : Louis Joxe

 

            Dans le même temps, le colonel Buis, ancien commandant du Secteur de Bougie, devenu général, écrivain et stratège prisé des médias, donnait depuis Rocher Noir des instructions aux termes desquelles il fallait limiter au maximum le départ des harkis pour la France. Conjuguée avec celles de Joxe, ces directives condamnèrent systématiquement ces pauvres gens. Dès lors leur avenir était tout tracé. Le gouvernement de Ben Bella allait s’en charger d’une manière expéditive…

            A Iri-Llabi, des hommes furent enterrés jusqu’aux épaules, et sur ces têtes posées au ras du sol, une meute de mégères fut invitée à jeter des pierres. Certaines victimes, le crâne fracassé du premier coup, cessèrent vite de souffrir. Mais d’autres mirent des jours à mourir dans de terribles plaintes allant jusqu’à effrayer les troupeaux de chacals qui rôdaient flairant le sang.

- Dans les Aurès, on coupa les mains et on creva les yeux des harkis et des tirailleurs abandonnés par les soldats français.

-  A Tiaret, on les attacha à des poteaux plantés sur les places publiques et on les fit écorcher lentement à coups de canif.

- A Orléansville, on jeta, vivants, ceux qui n’avaient pas pu fuir avec leur chef, le Bachaga Boualam, dans des cuvettes et des chaudrons d’eau bouillante.

- A Nemours, la harka de la demi-brigade de fusiliers marins fut exterminée dans des conditions effroyables. Tous furent émasculés puis ébouillantés.

- A Penthième (département de Bône), harkis et moghzanis furent décapités et leurs têtes exposées à l’entrée d’une cité. La consigne du FLN était de barbouiller de merde la tête de ces malheureux, consigne suivie par les enfants et surtout par les femmes.

- A Edgar-Quinet, village situé au pied de l’Aurès, les harkis du Commandant Guizien qui s’étaient ralliés au Putsch d’avril 1961, furent exterminés avec leurs familles dans des conditions effroyables.

            Partout on fusilla après avoir torturé, on mura dans des bâtisses de pierres, on enterra vivants, on brûla sur des bûchers, on flagella, on égorgea, on roua de coups des victimes enfermées dans des sacs, membres liés.

Dans le Nord-Constantinois, des femmes tuèrent même des captifs à coups de dents !…

Et dans toute l’Algérie ces mêmes scènes d’horreurs se renouvelèrent, ce qui fit dire au Commandant Pierre Granier : « On ne fusilla pas les moghzanis, on ne les pendit pas non plus. Simplement, des dizaines de fellagha les traînèrent par les pieds, par les mains, les frappant à coups de bâtons et de pierres. Ils moururent quarante-huit heures après dans d’indescriptibles souffrances… »

            Ni Jules Roy qui avait stigmatisé l’action des parachutistes français lors de la « bataille d’Alger », ni Mauriac, ni Sartre, ni Monseigneur Duval, ni les communistes, ni l’Eglise, ni les gaullistes, ni les soldats du contingent qui avaient hurlé leur haine de l’Algérie, ni les officiers français qui avaient livré ces martyrs à la vindicte publique, ni les associations prétendument humanitaires, ni Hervé Bourges grand ordonnateur de « l’année de l’Algérie en France », conseiller et ami de Ben Bella, ne s’émurent le moins du monde. Aucune de ces hautes consciences qui font résonner le monde de leurs sermons et tiennent toujours prêtes des pétitions couvertes de signatures, ne vit dans ces massacres la moindre atteinte à la dignité des hommes et à leur liberté.

Et l’horreur de la situation devint telle que le Lieutenant de Vaisseau Cucherat rejoignit les rangs de l’OAS et résuma dans un cri d’indignation à l’adresse des officiers Français toute cette tragédie :

« Il n’y a pas en ce monde d’expiation qui puisse ressusciter les harkis ébouillantés, effacer les mutilations des suppliciés… réparer le suicide des pères désespérés, ou guérir les vieillards conduits à la folie par votre traîtrise et votre lâcheté. Il n’y a pas de drogue qui puisse endormir en vous cette honte et ce remords qui vous empêcheront de plus regarder jamais dans les yeux, à supposer qu’ils vivent encore, le chef de votre ancienne harka, ou le maire de votre regroupement, et tous ceux qui avaient cru en votre parole, s’étaient engagés derrière vous et à qui vous avez menti… »

                                                                                                                                                                                                                                           José CASTANO e-mail : joseph.castano0508@orange.fr

Merci José ...

17.09.2009

Où va la Russie ?

Moscou, à la recherche d’une identité post-soviétique

 

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‘’La Russie aura un niveau d’armement tel que personne n’aura 

 

 l’idée de menacer notre pays ou nos alliés.’’[i]

 

D. Medvedev

Président de la Fédération de Russie

10/09/2009

 

La fin de la Guerre froide a précipité la chute du communisme soviétique, tombé en 1991, dans les oubliettes libérales de l’histoire. Dans le même temps, cette chute finale a été le point de départ d’une renaissance de la Russie post-communiste, après une phase de transition ‘’libérale’’, particulièrement délicate - sous l’impulsion de B. Eltsine - qui l’a affaiblie et aggravé, in fine, un trouble identitaire.

 

Aujourd’hui, la Russie de D. Medvedev a quasiment achevé sa reconstruction économique et politico-psychologique. Mais sa réémergence comme puissance internationale majeure n’est pas toujours acceptée, notamment par le leadership américain, qui a pris le contrôle de la destinée du monde depuis la lutte implacable contre la menace communiste - perçue comme ‘’l’axe du mal’’ - et, en cela, imposé son unilatéralisme dans la gouvernance mondiale. La lutte Est/Ouest aurait, en quelque sorte, légitimé l’hégémonie internationale de Washington, comme leader incontesté et messianique du monde libre. Par la suite, sous l’impulsion de l’idéologie néo-conservatrice expansionniste de G.W. Bush, elle a entrepris de réhabiliter le ‘’facteur force’’ comme régulateur géopolitique, en réarmant le bras de la justice internationale et en relançant, par ce biais, la course aux armements