07.11.2009

On en demande toujours plus aux juifs

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«Doutez de tout et surtout de ce que je vais vous dire.»  Bouddha

Février 1944 l’affiche rouge et le poème d’Aragon :
Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L’affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

RAYMAN, BOCZOV ,GRZYWACZ, ELEK, WAJBROT, WITCHITZ, FINGERWEIG …

A paris en 1944, l’armée du crime était une part de la dignité de la France.

On en demande toujours plus aux juifs … et il le faut. Toujours et encore plus jusqu’à la limite de l’insoutenable car le Judaïsme polymorphe est une corde tendue entre l’aveugle et le voyant : L’Homme vivant, l’Homme debout, celui qui doute, celui qui ne fait d’aucune croyance un article de foi fanatique quel que soit le respect dont cette croyance est auréolée.

Claude Lévy écrivait dans Information juive : «  Des historiens se disent abusivement « révisionnistes » alors qu’il apparaît beaucoup plus judicieux de les désigner du vocabulaire de « négationnistes » .».

Vaine querelle de mots ?

Voulons-nous ignorer l’importance vitale du sens ?

J.Trier ( Structures sémantiques et conceptives du monde ) démontre que par leur sens donné, les mots constituent un ensemble structuré à l’intérieur duquel chacun est sous la dépendance des autres. Ils sont donc un champ linguistique recouvrant le champ conceptuel et exprimant une vision du monde dialectiquement cohérente.

Par exemple si un historien se dit « révisionniste », il vise à préparer son interlocuteur à embrasser son opinion avec la déférence et le respect que la recherche historique a attaché à ce mot.

Le théoricien du Révisionnisme est Édouard Bernstein qui formula à la fin du XIX° siècle la remise en cause des fondements théoriques du marxisme. Puis, après lui, Kautsky, Bauer, Browder…

Puis très vite, les mots révisionniste et révisionnisme désignèrent tous ceux qui préconisent la révision d’une doctrine, d’une croyance, d’une vérité dogmatiquement fixée et érigée en tabou.

Ainsi les partisans du capitaine Dreyfus, les historiens qui avant l’aveu d’Eltsine affirmaient que les massacres de Katyn étaient des crimes soviétiques, ceux qui veulent réviser les procès de Jeanne d’Arc, de Gilles de Rais, de Franco, de JFK …

LIRE LA SUITE : http://jssnews.com/2009/11/03/on-en-demande-toujours-plus...

                          http://www.tolerance.ca/Article.aspx?ID=63101&L=fr

                          http://www.liguededefensejuive.net/spip.php?article1286

31.10.2009

IL Y A 55 ANS … LA TOUSSAINT ROUGE (1/11/1954)

 

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… motivation réelle du premier attentat de la Toussaint Rouge dans les Aurès 

Je suis en conférence, quelque part en France. « La dimension géopolitique de la guerre d’Algérie » c’est mon sujet. Comme chaque fois, je prétends expliquer. J’éprouve le besoin de schématiser l’événement ou les évènements que je veux relater, en terme de dynamique.

 

Pour étayer mon argumentation, j’ai recours à un peu de géométrie. Je veux illustrer, devant mes auditeurs, l’évolution migratoire de la révolution algérienne. Sa migration depuis le plan algérien jusqu’au plan occidental actuel, en passant par le plan français et le plan européen.

 

Pour conduire au mieux ma démonstration, je propose à mon auditoire de conférer à la guerre d’Algérie la configuration toute théorique d’un simple triangle.

 

C’est alors que je suis interpellé par un de mes auditeurs, qui déborde d’une agressivité inattendue.

 

« Un triangle ! Tu te moques de nous ! C’est un peu trop simple ! J’espère que tu ne vas pas prendre rang, toi aussi, parmi les traîne-savates, les doctorants refoulés de la toge, les « bâclards » et les « ramenards », qui nous racontent l’Algérie française comme des taxidermistes, des nécrophages ou des Marie-Chantal encore envoûtées par le parfum du jasmin et les senteurs de fleur d’oranger qui enrichissaient l’air d’Algérie. Un peu de réalisme et reviens sur terre s’il-te-plaît ! La guerre d’Algérie fut un drame pour ceux qui l’ont vécue. Ne l’oublie pas ! Une guerre qui s’est déclenchée en terme de feu, de sang, et de misères, le 8 mai 1945….. »

 

Je calme mon interlocuteur sans difficulté. C’est facile. C’est un « pote ». Un frère d’armes et par-dessus le marché, il n’a pas tort.

 

C’est vrai.

 

La guerre d’Algérie n’a pas commencé le 1er novembre 1954. Par les attentats terroristes qui furent abondamment décrits, attentats dont on refuse de souligner, aujourd’hui encore, qu’ils furent un échec opérationnel pour leurs auteurs.

 

Parmi ces attentats, nous soulignons tout particulièrement, et j’ajoute, avec une insistance féroce, l’assassinat du caïd Hadj Saddok, exécuté en toute priorité dans les Aurès.

 

Pourquoi en toute priorité ? Pour une raison que l’on passe sous silence aujourd’hui encore.

 

Le 8 mai 1945, lors des émeutes sanguinaires du Constantinois, (les Hauts-Plateaux sétifiens et Guelma) il avait convaincu les Chaouïas des Aurès de rester fidèles à la France. C’était la mission dont il avait été investi alors qu’il était encore sous-officier dans une unité de tirailleurs, stationnée en Tunisie.

 

Parce qu’il était lui-même un Chaouïa, un de ses officiers lui avait demandé de se porter volontaire dans une mission de défense de la France au sein de sa population. Il s’était acquitté de cette mission secrète avec un grand succès, puisque la population chaouïa des Aurès, naturellement très belliqueuse, est restée fidèle à la France durant les évènements du 8 mai 1945.

 

Oui, je le répète, mon interlocuteur n’a pas tort.

 

Le début de la guerre d’Algérie remonte bien à la date du 8 mai 1945.

 

A partir de cette date, nous, Français d’Algérie, n’avions pas vu, n’avions pas perçu, qu’elle était présente cette guerre, dans l’air que nous respirions en Algérie.

 

Etions-nous aveugles ?

 

Non. Nous étions confiants.

 

Le 8 mai 1945, s’est donc déroulé un événement de grande signification historique. Nous sommes quelques-uns à nous entêter depuis des lustres à le souligner sans relâche. Un événement profondément altéré dans sa relation par les historiens modernes.

 

Il s’agit du Jihad intégriste, islamiste et berbère, de la Petite Kabylie, de Sétif, des Hauts-Plateaux sétifiens, de la terre des Babors et aussi de Guelma, une ville située plus à l’est, au-delà de Constantine.

 

Les historiens « réducteurs » atténuent, aujourd’hui encore, le caractère bestial et sauvage de l’agression subie par nos concitoyens du sud-ouest constantinois et de Guelma.

 

Massacrer des Français par dizaine, c’était le but prioritaire de ces émeutes.

 

Violer, en passant, quelques femmes françaises, ça c’était une occasion à ne pas rater.

 

Mais tout cela n’a aucune importance pour ces historiens modernes !

 

Ce qui compte pour ces réducteurs de l’histoire, c’est la répression que ce drame a secondairement provoquée.

 

Celle-ci fut-elle nécessaire ?

 

Ma réponse est affirmative.

 

N’en soyez pas choqués. Je l’ai écrit par ailleurs, je n’ai jamais été sanguinaire. Mais j’affirme que cette répression fut indiscutablement obligatoire, opérationnellement et militairement, si on voulait interdire la généralisation du soulèvement. Si on voulait interdire d’autres massacres beaucoup plus dramatiques.

 

Tant pis pour les pleurnichards biens intentionnés et bien pensants parfois, qui aujourd’hui encore, se lamentent à cause de cette répression, qui fut une répression nécessaire à la sauvegarde de notre peuple.

 

La deuxième guerre mondiale se terminait ce jour là en Europe.

 

La France libérée depuis peu, ne pouvait prendre le risque d’être entraînée dans une révolution, sur cet immense territoire que représentait l’Algérie. Alors qu’en Europe, s’accomplissait dans un enthousiasme morbide et parfois dans un triomphe masochiste, l’euthanasie géopolitique des nations de la vieille Europe, qu’elles fussent du camp vainqueur ou du camp vaincu.

 

La sauvagerie était bien ancrée dans les mœurs, en ce temps là.

 

On entendait sans cesse évoquer des massacres collectifs de résistants au nazisme. On nous révélait l’existence des horribles camps de la mort. On avait aussi en mémoire les bombardements des villes allemandes et le massacre de centaines de milliers de femmes et d’enfants qu’ils ont provoqué.

 

On se souvenait de la tuerie inutile de Dresde. On entendait parler de lynchages « épuratifs » et souvent aussi, du calvaire des femmes tondues.

 

Donc, à la date du 8 mai 1945, la violence, la barbarie, c’était du banal.

 

C’était presque du vécu quotidien et la riposte aux massacres de notre peuple français et aux massacres des Kabyles fidèles à la France qui furent lynchés par centaines, se devait d’être efficace.

 

 

Elle fut donc sévère, violente en certaines occasions. Parfois même, spectaculaire et exhibitionniste. Il fallait, c’était vital pour la France renaissante en 1945, éviter une généralisation du conflit en Afrique du nord française.

 

Nos effectifs militaires classiques étaient réduits. Il était indispensable d’adapter notre riposte à nos faibles disponibilités opérationnelles.

 

Nous sommes conscients du drame et de la tragédie qu’a représentés cet évènement du 8 mai 1945 et des jours qui ont suivi. Mais il faut souligner avec force que cette répression fut hypertrophiée dans son évaluation, d’une manière scandaleuse.

 

Aujourd’hui encore, des ignares, mal intentionnés de surcroît, prétendent soumettre notre pays à une exigence de repentance, en se basant sur un chiffre de victimes de la répression qui a été multiplié par 20. Ils donnent l’impression d’éprouver de la jouissance en avilissant la France. Ils s’illustrent ainsi, mais ils ne le savent pas, comme des objets de mépris de la part de leurs auditeurs, comme ce fut le cas à Guelma le 8 mai 2005, lors de la célébration du 8 mai 1945 par un représentant officiel du gouvernement français. Car comment exprimer de l’estime pour quelqu’un qui, au nom de son gouvernement, vient insulter son propre pays devant un public qui représente le vainqueur historique de la France dans cette guerre d’Algérie de 1954 à 1962 ?

 

Mais au-delà du drame et au-delà de l’horreur -ne craignons pas la vigueur des mots- quel est le témoin, le commentateur, l’historien, qui s’est intéressé à la genèse de ce drame ? Qui a pris, et qui prend encore la responsabilité de rappeler que cet événement fut contemporain et synchrone de l’attaque de nos troupes en Syrie, à Damas très précisément ?

 

Qui s’entête à démontrer que cette opération islamiste n’avait d’autre but que de provoquer un soulèvement fondamentaliste en Afrique du nord française, au Liban et en Syrie ?

 

Que le but international et constant de cette révolution, s’inscrivait dans une volonté d’interdire la naissance de l’état d’Israël ?

 

Ce qui est évident lorsque l’on connaît l’identité de l’ordonnateur, depuis Genève, de ce Jihad islamo-berbère du Constantinois.

 

Qui ose s’employer, aujourd’hui encore, à nous informer de l’identité du déclencheur de ce jihad islamo-berbère du 8 mai 1945 ?

 

Qui veut nous faire connaître le rôle précis joué par le grand émir intégriste libanais Chekib Arslam qui agissait dans le droit-fil des projets d’Asmine El Husseïni, le mufti de Jérusalem ?

 

Tout cela n’intéresse personne à l’évidence. Même pas ceux qui ont souffert de cet événement dans leurs biens et dans leur chair et qui sanctionnent souvent notre volonté de comprendre et de faire comprendre par leur indifférence, leurs sarcasmes et parfois leur mépris d’ignares mal intentionnés.

 

On néglige tout ce qui est indispensable à notre défense.

 

Ce qui est indispensable surtout à la compréhension de l’événement donc à la justification de notre propre violence qui fut une violence de sauvegarde, je le souligne une fois de plus.

 

Quoi qu’il en soit, de ce manque d’intérêt pour expliquer l’identité et l’origine du drame du 8 mai 1945 dans le Constantinois, nous retenons que ce drame fut le point de départ de la Révolution Algérienne, dans sa traduction guerrière et totale.

 

Ce qui nous impose, tout naturellement, de revenir à la Toussaint Rouge, 1er novembre 1954.

 

Ben Boulaïd, qui s’est évadé de nos prisons, commande déjà, dans les Aurès, la future Wilaya I. Il sait, en octobre 1954, qu’il lui faut avant tout éliminer un symbole s’il veut réussir à déclencher une rébellion anti-française au sein du peuple Chaouïa. Ce symbole c’est le caïd Hadj Saddok.

 

Hadj Saddok est Français. C’est un officier français du cadre de réserve. Il est porteur des plus belles décorations militaires officielles. Pour lui, la fidélité à la France ne se discute pas. Il est très influent dans les Aurès et c’est un obstacle majeur à la mission de Ben Boulaïd. C’est lui qu’il faut tuer de toute urgence. C’est lui qui illustre l’objectif réel de cet attentat exécuté dans un car au cours duquel, ce héros de la France fut assassiné.

 

Il fut assassiné, oui, mais en compagnie d’un instituteur français, Monsieur Monnerot.

 

Hadj Saddok c’était l’objectif à détruire.

 

L’instituteur Monnerot ce fut un Français « à croquer » en passant. Parce qu’il était là.

 

Quelques années plus tard, en 1956 je crois, une parente de l’instituteur Monnerot, sa belle-mère peut-être, vint à Alger pour évoquer la mémoire de ce malheureux instituteur.

 

Quelle ne fut pas la surprise des autorités qui reçurent cette dame, de l’entendre réclamer d’être conduite sur la tombe de l’aspirant Maillot, pour s’y recueillir !

 

L’aspirant Maillot avait volé un chargement d’armes aux dépens de son unité, le 20ème B.T, à Miliana dans le massif du Zaccar. Cet armement fut divisé en deux lots.

 

Un premier lot fut transporté par Mme Chaulet, dans une voiture américaine, en Grande Kabylie, pour être livré à Khodja qui commandait un maquis FLN dans la zone de Palestro. Grâce à ces armes, Khodja, fit tomber dans une embuscade une patrouille de rappelés français. Au cours de cette opération, 18 soldats furent tués et mutilés grâce à l’initiative de Mme Chaulet, complice de l’ancien maire-FLN d’Alger, Jaques Chevallier.

 

Un autre lot de cet armement fut affecté dans un maquis communiste, implanté dans la région de Lamartine, dans le Haut Chéliff. Ce maquis était commandé par un instituteur communiste, Laban, Maillot exerçant le commandement en second. Ce maquis communiste fut très rapidement livré aux forces de l’ordre par ses complices FLN, qui voulait se débarrasser des communistes. Ils voulaient bien de l’armement livré par les communistes, mais dans leur combat, ils n’avaient rien à faire de cette complicité du parti communiste algérien. C’est le 1er REP[2] qui isola ce maquis en l’encerclant. Les officiers de ce régiment tinrent à laisser l’honneur de l’hallali aux soldats du 20ème BT de Miliana qui avaient été victimes de ce vol d’armes. Ce maquis fut donc détruit par des soldats métropolitains, des hommes du contingent, qui firent payer aux traitres, l’addition dont ils étaient redevables pour avoir livré au FLN un pouvoir de mort sur nos soldats et compatriotes français.

 

Dans mon livre « L ISLAMISME DANS LA GUERRE D’ALGERIE », je révèle l’identité des soldats du contingent qui ont tué Laban et Maillot, en sachant pourquoi ils le faisaient, pourquoi il fallait le faire.

 

Le drame de ces morts se situe ailleurs. Il se situe dans l’impunité dont ont joui les inspirateurs de cette trahison : Jacques Chevallier, Madame Chaulet et tous leurs complices de cette époque-là et même leurs complices plus tardifs.

 

Hadj Saddok fut le symbole de la France qu’il fallait tuer dès le 1er novembre 1954, le jour de la Toussaint Rouge.

 

Il faut le rappeler à ceux qui l’ont su et l’enseigner à ceux qui ne le savaient pas.

 

« Mais qui t’a raconté tout cela ? » reprend mon impétueux interlocuteur.

 

« C’est Maurice V. qui m’a révélé l’identité réelle de Hadj Saddok et le symbole qu’il représentait. C’était il y a quelques années déjà. Au cours d’une soirée avec Fred Artz et quelques anciens du Kroubs, à l’hôtel de Bérange, tout près de Nîmes, de Montpellier, d’Alès et de Castries.

 

Alors Maurice V., le Sétifien, faîtes-lui confiance ! Il connaît la question. Il sait de quoi il parle. C’est un homme du terroir, de ces Hauts-Plateaux qui se situent pas loin de Bougie, ma ville natale. ».

 

 

Jean-Claude PEREZ

Le 31 octobre 2009



[1] Aurès : Massif montagneux du sud-est algérien

[2] 1er REP : 1er Régiment Etranger Parachutiste

29.10.2009

AUTANT EN EMPORTE LE VOILE…

 

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« Un état qui ne se donne pas les moyens de se conserver est voué à sa perte » (Malaparte)

          Et l’on reparle aujourd’hui d’un phénomène qui a prit son essor… en 1988 et qui, s’il a engendré quelques réactions virulentes, à l’époque, s’est banalisé au fil du temps pour apparaître désormais comme une situation naturelle dans la société française.

En effet, il ne se passait un  jour où le port du « tchador » à l’école et les prises de position qu’il suscitait n’étaient alors rapportées par les médias. A l’époque, ce phénomène était essentiellement localisé dans la douce France alors, qu’aujourd’hui, il a submergé l’Europe…

En ce temps là, hormis PRESENT, RIVAROL et quelques journaux nationalistes, nul ne s’était soucié du signe très fort que nous adressait, par-delà le simple voile porté par des gamines innocentes et manipulées, les intégristes musulmans. Et pourtant, l’avertissement lancé le 10 septembre 1986 dans le journal « Le Matin » par Hussein Moussavi, premier ministre de l’Iran et chef de la branche dure des Hezbollah avait été lourd de menace : « La France, c’est sûr, deviendra une République islamique ! » Qui s’en était alors soucié ? Au contraire, les gouvernements de gauche, puis de « cohabitation », puis de droite poursuivirent leur politique d’immigration négligeant le fait que ces « nouveaux arrivants » importaient également leur religion -seul élément identitaire, avec leur langue- qu’ils pouvaient conserver de leurs origines.

546887006.jpgDès lors, pour favoriser leur intégration, on leur abandonna des espaces publics pour leurs prières, on leur construisit des mosquées, on accorda des créneaux horaires aux femmes dans les piscines, on octroya aux enfants des repas spécifiques dans les cantines (notamment, bannissement du porc)… A MONCLAR (47), des parents d’élèves Musulmans du Collège Vernet ont exigé que soit servi à leurs enfants de la viande hallal ; ils avaient déjà effectué la même démarche au Collège Giéra. Enfin, les différents ministres de l’Intérieur, dont Nicolas Sarkozy, ont créé, puis développé, un « Conseil des Français musulmans » pour les encadrer, espérant les contrôler et promouvoir ce cercle carré qu’ils appellent un islam de France ou « islam des Lumières », oubliant que la seule « lumière » qu’ils reconnaissent est celle du Coran. Ainsi, loin de les intégrer, la reconnaissance de ces privilèges accordée à ces « nouveaux arrivants » et aux enfants issus de cette immigration, les renforce dans leur certitude de la légitimité de leurs convictions, exaltant leur identité communautaire, leur conférant un élan pour leur prosélytisme au nom d’Allah… Ainsi, pour ne pas avoir voulu résoudre en son temps un problème qui en était à ses balbutiements (en 2004 fut cependant décrété l’interdiction du port des signes religieux ostensibles dans les établissements scolaires), pour avoir fait preuve d’une excessive tolérance et d’un laxisme fautif, pour avoir fermé les yeux sur sa cause historique, 21 ans après, le conflit entre la religion et la laïcité, entre la croix et le croissant ressurgit, plus incisif, plus menaçant, plus méprisant à l’égard de nos institutions… car il ne s’agit plus de tchador, ce voile islamique qui dissimule les cheveux et une partie du visage… mais de la burqa et du niqab, ces longs voiles noirs qui ne laissent apparaître que les yeux ; des tenues adoptées par des musulmanes et de plus en plus de converties françaises à la recherche du « Paradis éternel ».

         Face à la « levée de boucliers » qu’entraîne cette nouvelle situation et aux prises de position de bon nombre d’élus –notamment de maires- 58 députés, soit 10% des élus de l’Assemblée Nationale, ont réclamé, à l’initiative du député Maire communiste (ça ne s’invente pas) de Vénissieux, André Gérin, la création d’une commission d’enquête sur le port de la burqa et du niqab. Cette commission aurait vocation de mesurer l’ampleur du phénomène avant de proposer éventuellement l’adoption d’une mesure d’interdiction. Or, s’ils ont réclamé cette commission d’enquête, c’est qu’ils sont conscients de la gravité de la situation qu’ils déplorent aujourd’hui… fruit d’une politique de ville ouverte face à un islam conquérant et qu’ils s’en sentent responsables. Les incendiaires de la classe politique veulent maintenant devenir pompiers, comme si un décret pouvait enrayer l’islamisation de notre société après tant d’années de laxisme, voire d’encouragements ! (1) - Aujourd’hui, seconde religion dans notre pays, l’Islam poursuit inexorablement sa marche conquérante…

         Selon André Gérin, « La burqa est la pointe de l’iceberg. Dans certains quartiers, toutes les relations entre hommes et femmes sont sous surveillance. L’islamisme nous menace réellement », explique l’élu, comme pour justifier le séisme qu’il a provoqué en réclamant cette commission d’enquête parlementaire. Un pavé… un testament aussi. Après vingt-cinq ans de règne communiste sur la ville de Vénissieux, le maire a décidé de passer la main avant la fin de son mandat et, le 27 juin 2009, le poste de premier magistrat de la ville est revenu à sa collègue communiste, Michèle PICARD. Avant de partir, il a voulu alerter la République sur « l’intégrisme qui gangrène sa ville, et bien d’autres régions de France ». (2)

… car, à « Vénissieux la rebelle », symbole des « villes chaudes de banlieues », « le pays de la burqa ! » comme l’appellent les Musulmans, où plus de la moitié de la population est d’origine étrangère, principalement maghrébine selon André Gérin, l’islam est la première religion. Et, de jour en jour, la pression religieuse s’accroît, prenant dans ses filets des enfants toujours plus jeunes qui, en maternelle, selon Patricia Truong, de l’école Charles-Perrault, refusent de manger des carottes car elles n’ont pas été égorgées !

         Si certaines femmes souffrent de ce voile qui les ensevelit de la tête au pied, « la majorité a volontairement adopté cette tenue », tranche Bernard Godard, spécialiste de l'islam. « Beaucoup ont la nationalité française. Et l'on compte pas mal de converties dans leurs rangs », ajoute cet ancien du Bureau des cultes au ministère de l'Intérieur. « Elles deviennent salafistes comme on entre dans une secte », poursuit-il.

Les salafistes, tenant d'un islam radical, restent minoritaires en France. Ils seraient entre 30 000 et 50 000. Mais ils progressent régulièrement, dopés par leur opposition à l'Occident. Un fondamentalisme qui, comme le tabligh, attire justement des jeunes en mal d'absolu, dont des femmes. Partout en France, le nombre de femmes « ninja » suit une courbe ascendante, selon l’imam de Guyancourt (Yvelynes), Abdelali Mamoun. Des communautés prospèrent en région parisienne. « Il faut apporter une réponse religieuse à ces dérives, prévient-il. Même si ces salafistes ne sont pas djihadistes, ils haïssent l’Occident, ils crachent sur les koufars, « les infidèles », mais profitent de tous les avantages sociaux de la France en refusant de s’installer sur une terre musulmane comme le veut pourtant leur doctrine. Leur duplicité nuit aux Français de confession musulmane. » Et cet avis est partagé par de nombreux Musulmans de France qui n’hésitent pas à s’élever contre ces « Belphégor » d’un nouveau genre qui ne respectent pas l’Islam modéré.

 

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Sur ce point, Mohamed Tantawi, recteur de l’Université Egyptienne d’Al-Azhar, l’institution religieuse la plus prestigieuse du monde sunnite (le Vatican pour l’Islam sunnite), vient de condamner et d’interdire le niqab dans son établissement et de déclarer : « Le niqab n’est qu’une tradition, il n’a pas de lien avec la religion ni de près ni de loin ». Par ailleurs, le Ministre de l’Enseignement supérieur égyptien, Hani Helal, a décidé d’interdire l’accès des cités universitaires aux étudiants portant ce voile intégral. Quant à Wafa SULTAN, cette courageuse femme arabe qui n’a de cesse de combattre l’Islam radical et de dénoncer son hypocrisie et son obscurantisme (sic), elle a déclaré lors d’un débat télévisé : "Ce à quoi nous assistons aujourd'hui, ce n'est pas un choc des civilisations, mais une opposition entre des mentalités du Moyen Age et des mentalités du XXIe siècle ; entre la civilisation et l'arriération, entre la barbarie et la rationalité, entre la démocratie et la dictature, entre la liberté et la répression ; c'est un choc entre les droits de l'homme d'une part, et la violation de ces droits de l'autre. C'est un choc entre ceux qui traitent les femmes comme des bêtes et ceux qui les traitent comme des êtres humains..."

Alors ? Est-il trop tard pour intervenir ? "C'est trop tard, répond Dalil Boubakeur, l’ancien Président du Conseil Français du culte musulman de France pour qui le port du voile intégral est lié à l’influence des imans salafistes,  parce qu'on a laissé beaucoup filer le problème du fondamentalisme" a-t-il déclaré, le 28 octobre, lors de son audition par la mission parlementaire présidée par le député André GERIN… et d’ajouter devant les membres éberlués de cette mission : "Il y a longtemps qu'on aurait dû être sensible à cette montée du fondamentalisme !"

En résumé, cette affaire de la burqa et du niqab aujourd’hui, comme celle, hier, du tchador en milieu scolaire met en lumière les contradictions entre les sectaires de la laïcité et les idéologues des droits de l’homme. La fermeté s’impose. Seule l’inflexibilité de nos hommes politiques, fermement dressée sur le front mouvant des provocations et des menaces, pourrait les réduire et, probablement, en venir à bout. La France étant une terre de tradition chrétienne, l’on ne saurait y mettre sur le même plan les signes d’attachement à cette tradition et de telles manifestations de prosélytisme conquérant.

Nos aïeux ont construit ce pays sur des principes chrétiens et cela devrait être enseigné dans les écoles car Dieu fait partie de notre culture. Alors, si désormais ces valeurs millénaires offusquent les intégristes islamistes, si elles doivent irriter leur susceptibilité, si les converties françaises revendiquent leur légitimité d’apostasier leur foi chrétienne et s’adonnent à la provocation en s’accoutrant de la sorte, si notre drapeau, notre hymne national doivent entraîner leurs injures et leurs sifflets, alors qu’ils partent !

S’ils ne sont pas heureux chez nous, qu’ils cherchent une terre d’accueil islamique où ils pourront vivre à leur convenance et professer librement leur religion… mais tant qu’ils vivront en France, qu’ils la respectent !

(1) Le 18 décembre 2008, Nicolas Sarkozy déclarait à l’Ecole Polytechnique : « L’universalité de la France est basée sur le métissage »

(2) Le Figaro – 1 Juillet 2009

 José CASTANO joseph.castano0508@orange.fr

« Le grand drame de l’homme d’Occident, c'est qu'entre lui et son devenir historique, ne s'interpose plus ni les forces de la nature ni celle de l'amitié. Ses racines coupées, ses bras desséchés, il se confond déjà avec les potences qui lui sont promises. »   Albert Camus

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26.10.2009

OAS : LEROY, VILLARD, LA PARTITION

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Une question se posait à l’époque de l’OAS, et se pose aujourd’hui encore :
les membres de l’OAS étaient-ils tous partisans de « l’Algérie française » ?

 

C’est-à-dire étaient-ils tous partisans de l’intégration de la province-Algérie à l’ensemble des provinces françaises ?

 

La réponse est NON. Je dis bien NON.

 

 

En septembre 1961, le général SALAN fut de retour à Alger. Il avait passé un été tranquille dans la Mitidja où il s’était refait santé et tonus.

 

En octobre 1961, SALAN accepta que CARUANA, SUSINI et DEGUELDRE se rendissent chez Jacques CHEVALLIER dans sa maison d’El-Biar.

 

Je ne sais pas si le général SALAN avait donné son accord pour cette prise de contact. Il ne me l’a jamais dit. Où plutôt, il m’a affirmé que non, lorsque je l’ai revu après l’amnistie dans son logement parisien de la rue Théodore de Banville, en décembre 1968.

 

Mais que SUSINI, DEGUELDRE et CARUANA aient pris contact, dès cette époque avec l’ancien maire FLN d’Alger, c’est maintenant quelque chose d’établi. Un événement qui fut en quelque sorte tenu secret jusqu’en 1975.

 

Au départ, il existait ainsi plusieurs fausses notes dans le comportement d’anciens responsables de l’OAS.

 

Mon rôle à la tête de l’O.R.O. nationale était d’observer, de contrôler et de prendre garde …

 

L’OAS en réalité, était née beaucoup trop tard. Je l’ai dit et je le redis. C’est au plus tard dès 1956 que le peuple d’Algérie aurait dû s’organiser en armée secrète avec tout ce que cela comportait comme changement de psychologie individuelle, et de mentalité.

 

En 1961, l’OAS d’Algérie, est apparue comme un bébé né après une grossesse pathologiquement prolongée : ridé, fripé, vieilli, fatigué.

Son manque initial de structuration, son manque de recul, la rendait fragile. Et c’est de cette fragilité que naquit la possibilité pour SUSINI d’organiser une entrevue avec Jacques CHEVALLIER. Mais pour une initiative de cette gravité, il avait besoin de l’acquiescement de Roger DEGUELDRE.

 

Je l’ai su en son temps. La lutte à mort était déjà engagée. Les convictions « Algérie française » du général SALAN s’étaient largement confirmées et exprimées.

 

Ce thème était redevenu le support idéologique unique de notre action. Il ne m’appartenait plus, en demandant des comptes pour ces contacts avec un ennemi de notre cause, de porter atteinte à l’unité d’un appareil de combat que nous avions eu tant de peine à mettre sur pied.

 

Plus tard, se manifesta un autre déviationnisme aussi dangereux et cela pour plusieurs raisons :

 

1.     parce qu’il était inspiré par les gaullistes,

2.     parce que ses partisans voulurent l’imposer par un coup de force à l’intérieur de l’OAS,

3.     parce qu’il s’agissait de la partition, ineptie géopolitique s’il en fut.

 

Je souligne aujourd’hui encore, que je n’aurais pas joué une seconde de ma liberté sur ce projet.

 

Cette fois, SUSINI n’était pas concerné. Le général en chef, SALAN, préconisa des sanctions contre les affiliés à cette nouvelle conjuration anti-OAS. Ces hommes n’étaient pas des traîtres. Ils eurent le tort néanmoins :

 

1.     de désobéir à un moment très difficile pour l’organisation ;

2.     d’avoir été assez naïfs pour se laisser séduire par des hommes politiques plus ou moins mandatés par des services secrets qui n’aspiraient qu’à les manipuler ;

3.     de vouloir imposer leur point de vue par la force.

 

Le drame d’une organisation clandestine c’est qu’en cas de dysfonctionnement grave, il n’existe pas de sanctions punitives bénignes. Il n’existe pas « d’arrêts de rigueur » ni d’incarcération possible. L’adhésion à la doctrine du général en chef, était d’une absolue nécessité, sans nuance.

 

Est intervenu dans cette conjuration, un curieux personnage : le préfet PETITBON.

 

Celui-ci fut appelé par Jean MORIN, délégué général du gouvernement français en Algérie. Officiellement, PETITBON avait manifesté l’intention de s’occuper des jeunesses algériennes.

 

Comme on le voit, le moment était bien choisi en 1961, pour s’orienter dans ce style d’activité ! On lui attribua néanmoins la direction d’un SFJA (Service de Formation de la Jeunesse en Algérie). Service qui, curieusement, dépendait de l’autorité du premier ministre, Michel DEBRE. Plus exactement, de l’autorité des services spéciaux qui fonctionnaient sous sa direction. Sans perdre de temps, à la fin de l’année 1961 et dès le début de l’année 1962, PETITBON prit l’initiative de contacter certains hommes de l’OAS.

 

En réalité, il mit en œuvre d’une manière très technique, une opération de noyautage et de division à l’intérieur de notre appareil de combat.

 

Il promit monts et merveilles à quelques uns. Il s’engagea à fournir armes et moyens de guerre à une fraction juxtaposée de l’OAS. Celle du Front Nationaliste. Celui-ci était dirigé par LEROY, qui avait toujours refusé, je le redis, son allégeance aux organes de commandement de notre organisation. Il se considérait comme un allié de l’OAS et non pas comme un effectif intégré au dispositif opérationnel de l’OAS.

 

PETITBON, grâce à certaines fournitures d’armes, réussit à circonvenir LEROY, que je connaissais bien, et SARRADET que je n’ai jamais connu. Il fit miroiter une possibilité de solution de secours que nous avons évoquée dans les paragraphes précédents : celle d’une partition de l’Algérie.

 

Une partie de la terre algérienne allait rester sous l’administration française et le reste sous l’administration du FLN ! Ce fut une manœuvre d’intoxication affectée d’un ridicule indiscutable. Mais elle fut redoutable, car elle faillit provoquer un éclatement de ce qui restait de l’OAS.

 

J’eus personnellement, à propos de cette option à laquelle il adhérait, un entretien sérieux avec LEROY. Je sais que je l’ai déjà dit. Je me suis employé à le convaincre de la signification réelle de la manœuvre à laquelle il souscrivait.

 

Cette manœuvre consistait à noyauter et à détruire l’OAS, avec laquelle il avait combattu jusqu’alors, même si ce n’était qu’en tant qu’allié. Je l’ai mis en garde contre une opération intérieure de police qu’il nous obligeait à prévoir. Je lui ai proposé de faire marche arrière.

 

Je lui ai offert une place d’adjoint au commandement national de l’O.R.O. J’avais déjà obtenu l’adhésion de l’un de ses subordonnés SCHAMBIL qui occupait depuis quelques jours un poste de responsabilité au sein du BCR national.

 

LEROY était un homme sincère, courageux et il était convaincu d’être loyal. J’éprouvais pour lui une fraternelle amitié. Malheureusement, il était tombé entre les mains de Matignon, par l’intermédiaire de celui qui coordonnait le fonctionnement des services secrets. Le drame était inéluctable.

 

J’affirme que je n’aurais jamais ordonné ou accepté l’exécution de LEROY si j’avais été tenu informé de l’opération qui fut décidée et déclenchée à mon insu.

 

DEGUELDRE sous l’influence d’un cadre de l’OAS, ancien ami très personnel de LEROY et qui tenait encore SALAN sous son influence, fit exécuter LEROY en même temps que VILLARD.

 

Pourquoi VILLARD ?

 

Parce « qu’on » ne trouva pas SARRADET, qui était à la fois le premier contact et surtout, le contact le plus sérieux du préfet PETITBON.

 

Ne trouvant pas SARRADET, Le PIVAIN exécuta VILLARD par ce « qu’on » lui avait certifié que VILLARD était engagé dans cette conjuration.

 

Quelques jours plus tard, Le PIVAIN fut informé du mal fondé de son opération. Il manifesta à haute voix sa volonté de faire rendre des comptes à l’inspirateur qui avait manipulé DEGUELDRE pour faire exécuter LEROY et VILLARD, dans le seul but d’annexer le Front Nationaliste pour son propre compte.

 

Le PIVAIN, en raison de ses imprudences verbales, fut « donné » aux forces de l’ordre. Il tomba dans une embuscade très opportuniste tendue par des exécuteurs gaullistes qui l’attendaient là où il fallait l’attendre.

 

Ce fut un grand drame de l’OAS.

 

Seulement… seulement quoi ? J’étais le chef de l’O.R.O. J’ai donc assumé hiérarchiquement la responsabilité de ces deux opérations, bien que ne les ayant pas ordonnées, pour deux raisons.

 

Première raison : je n’avais pas été en mesure d’interdire ces exécutions. Elles ont été réalisées, par une branche subalterne de l’O.R.O. Je ne fus informé qu’après coup.

 

Deuxième raison : il me fallait à tout prix et de toute urgence couvrir DEGUELDRE. De manière à garantir l’homogénéité de la BAO que DEGUELDRE commandait. Nous avions besoin de tout le monde. De tous ceux qui restaient. J’ai donc officiellement déchargé DEGUELDRE de la responsabilité de ces deux exécutions.

 

 

J’étais violent, je le concède. Il m’est arrivé parfois d’être expéditif dans l’extrême-urgence. Mais j’étais loin d’être sanguinaire. Si LEROY m’avait fait confiance, il aurait évité le drame qu’il a connu.

 

S’il avait rejoint un poste d’adjoint au commandement de l’O.R.O. que je lui ai proposé, personne n’aurait osé s’attaquer à quelqu’un qui fut sous mes ordres. J’étais intraitable sur ce point très précis. Comment a réagi LEROY à ma proposition. Je l’ai déjà relaté :

 

« Si tu ne marches pas avec nous, tu trinqueras comme les autres ».

 

Il avait oublié à qui il parlait. Il se croyait intouchable parce qu’il était manipulé par le patron des services secrets de Matignon.

 

Ce fut un drame. Un de plus parmi ceux que j’ai vécus.

 

Comme j’envie, aujourd’hui encore, les spectateurs pieds-noirs qui sont restés bien quiets chez eux ! Qui nous ont jugés ! Qui nous ont condamnés ! Et qui, aujourd’hui, nous oublient !

 

Je n’ai jamais voulu tuer ces hommes. Leur seule protection c’était l’O.R.O. Là, personne ne les aurait touchés.

 

SCHAMBIL l’avait compris puisque, comme je vous l’ai rappelé ci-dessus, il est venu apporter son concours volontairement au fonctionnement du BCR au sein duquel il fut traité en frère d’armes.

 

Ce fut un drame de l’OAS…. Que je déplore. Je n’en suis pas l’ordonnateur. Mais il faut essayer de se remettre dans l’ambiance de l’époque pour comprendre l’atmosphère dramatique au sein de laquelle nous évoluions, surtout moi, à la tête de cette O.R.O. nationale à qui incombaient les décisions les plus graves à prendre pour tenter de sauver ce qu’il était encore possible de sauver.

 

 

Jean-Claude PEREZ

Nice, le 24 octobre 2009

21.10.2009

Le sang d’Algérie

Le 16 septembre 2009, Jean-Marc de SANTI, m’interpellait avec fermeté et courtoisie sur la thèse de la partition de l’Algérie française. Thèse que j’ai toujours rejetée. Ainsi que sur mon rôle supposé dans la mort de LEROY, de VILLARS, et j’ajoute : dans l’événement qui fut corollaire de ces drames. Je veux évoquer la mort du capitaine Le PIVAIN.

 

Cette étude est  proposée en deux parties :

 

-         cette étude 23 proprement dite,

-         une étude 23 bis.

 

 

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ETUDE N° 23

 

 

1.     Je précise tout d’abord, que je ne me souviens pas d’avoir connu SARRADET.

 

2.     Que je n’ai jamais donné l’ordre de tuer VILLARD, LEROY, PARRACHINI et SCHAMBIL.

 

3.     Je n’ai jamais été partisan de la solution partitionniste. J’étais convaincu, et je le suis aujourd’hui encore plus qu’hier, que la partition  de l’Algérie était un piège. Comme par enchantement, celui-ci fut élaboré à la fin de l’année 1961, dans l’entourage d’un journaliste parisien Robert H.

En réalité, il s’agit d’un piège élaboré, j’insiste, par les services secrets de Matignon. Ceux-ci ont essayé de lui donner vie par l’intermédiaire du sous-préfet PETITBON, avec la collaboration opérationnelle du chef de la Sécurité Militaire d’Algérie.

Celui-ci concentrait entre ses mains le fonctionnement de tous les services spéciaux, en particulier, les anciennes branches du C.C.I. et B.E.L.[1].

Au sein de ces branches, nous avions conservé de sérieux concours.

 

4.     La solution israélienne dont rêve J.M.D.S, n’était pas envisageable en Algérie : militairement, politiquement et surtout spirituellement.

Les juifs d’Israël défendent avant tout, en Palestine, un rayonnement idéologique et religieux à partir de leur implantation sur la terre palestinienne. Pour conférer à cette terre la vigueur d’une terre de rayonnement, après qu’elle ait connu celle de « terre promise », ils disposent d’un peuple qui ne vit en Palestine que pour se battre. Ils disposent de régiments d’élite, d’un équipement militaire ultra moderne, de services spéciaux remarquablement structurés et plus que tout, ils jouissent de l’appui d’un énorme soutien financier international.

Ils peuvent se permettre d’être encore animés d’un esprit perpétuellement offensif. Je mets n’importe qui au défit de démontrer que cet état d’esprit pouvait être retrouvé chez les P.N d’Algérie, en 1961-1962.

Notre population n’aurait bénéficié d’aucun appui international, population qui au nom du dieu « pétrole » était vouée au sacrifice, voire à un génocide éventuel par tous les potentats financiers internationaux.

Quant on fait le constat, sans complaisance, des divisions passées et surtout des divisions actuelles, qui se manifestent au sein du monde dit « rapatrié », il est facile de comprendre avant toute autre spéculation, pourquoi nous avons perdu l’Algérie.

Un esprit de clocher, chauvin et déstructurant, voilà ce qui nous gangrène aujourd’hui encore et réduit à presque 0 notre représentation nationale.

 

Quoi qu’il en soit, une vérité apparaît évidente : que les Israéliens le veuillent ou non, par la position politico-spirituelle qu’ils occupent au Proche-Orient, ils constituent un des premiers bastions de défense de l’Occident.

C’est comme ça. C’est objectif. C’est mathématique.

Pour l’heure, ils sont les seuls à s’opposer, en effet, avec conviction et surtout avec efficacité, à l’enseignement universel du nouveau mein kampf arabo-islamiste : le « mein kampf » officiel d’Al qaïda, illustré par les Epitres djihadiens. Nous disons le « mein kampf officiel » d’Al qaïda, mais aussi le « mein kampf secret » de la majorité des potentats de la finance arabe qui ouvrent des banques en France et en Europe et dont le fonctionnement sera conforme aux exigences de la charria.

 

5.     Quand on songe aux participations financières restreintes que nous ont consenties, sous la menace, certains potentats des oligarchies financières d’Algérie, quand on les compare à leurs généreuses participations consenties au bénéfice du FLN, on ne nourrit aucune illusion sur leur soutien éventuel si nous avions été tentés par la thèse suicidaire de la partition.

 

6       La partition dans l’esprit de ses inspirateurs gaullistes, constituait dans sa réalité opérationnelle, à regrouper sur un espace restreint, ce qui survivait des combattants d’Algérie française pour les anéantir en une seule fois

 

7       Il n’en reste pas moins vrai que des négociations étaient engagées entre l’Exécutif Provisoire de Farès et un secteur de l’OAS.

Entre Jacques CHEVALLIER, l’ancien maire FLN d’Alger, et un clan très connu de l’OAS, des contacts avaient été mis en route dès le mois d’octobre 1961. C’est aujourd’hui une vérité de notoriété publique. De mon poste à la tête de l’ORO nationale[2], je me contentais de surveiller ces contacts. Je n’y intervenais pas. Je contrôlais de loin, ou plutôt je les suivais au mieux possible.

Bien plus tard, après le cessez-le-feu, du 19 mars 1962, qui officialisa la défaite de la Vème République devant le FLN, un secteur du BCR[3] fut l’objet d’un contact de la part de membres de la Wilaya III, une Wilaya Kabyle. En résumant leur message, voici ce que l’on nous proposait :

« FARES est un Kabyle ambitieux. Il dispose aujourd’hui de la force locale, de l’appui de pratiquement tous les combattants de l’intérieur. Il lui manque l’appui des Pieds-Noirs et surtout de l’OAS pour lui permettre de damer le pion au GPRA. Transmettez cette information « à qui de droit » pour agir, si possible, dans la perspective d’une Algérie occidentale. »

« Qui de droit », en l’occurrence c’était moi.

Le lendemain du Vendredi Saint 1962, jour de l’arrestation du général SALAN, j’ai demandé un contact à SUSINI. Il est venu me rencontrer dans l’un de mes PC. Celui-ci était situé au boulevard Saint Saëns, au 2ème étage d’un bel immeuble, dans un appartement que mon confrère GOURGUES avait définitivement mis à ma disposition. J’y disposais d’une cache, une pièce entière escamotée, grâce à l’astuce technique d’un ingénieur des Ateliers Terrin.

Je fis part à SUSINI de ce message émanant de la Wilaya III et je lui demandai d’en faire le meilleur usage, pour conduire des négociations avec FARES dans le but de gagner du temps.

Pas de protestation évidemment, mais plutôt un acquiescement immédiat de sa part. Je n’avais d’ailleurs aucun doute sur ses réactions éventuelles, car je savais qu’il était lui-même engagé dans un processus de contacts secrets depuis des mois.

 

8.     Je lui fis part de mon intention de ne pas participer personnellement aux négociations, ce qui allait évidemment dans le sens de SES desiderata puisque depuis des mois déjà, il jouait seul et n’aspirait qu’à une chose : continuer à jouer seul. Quel avantage pouvais-je espérer de ces négociations ?

Gagner du temps.

Du temps pour quoi faire ?

 

9.     Pour sauver le maximum d’opérationnels de l’OAS, car ils « tombaient » avec fréquence, depuis la fin de l’affaire de l’Ouarsenis. Je rappelle que dans le seul quartier de Belcourt, ou plutôt le quartier III du secteur centre, le chef de la BAO[4] locale, le chef du BCR local, et huit opérationnels ont été tués en opérations, dont quatre dans l’Ouarsenis. Pour sauver de la capture ou de la liquidation physique ce qui restait de l’appareil opérationnel de l’OAS, il m’était interdit de baisser les bras. Il me fallait tenter ce qu’il était possible de tenter.

FARES ne s’y est pas trompé quant il m’a fait transmettre par SUSINI, ou plutôt selon SUSINI lui-même, le message suivant :

« Surtout, que PEREZ ne s’arrête pas, car c’est la violence de l’OAS qui en fait pour le moment un interlocuteur valable ».

Je ne me faisais aucune illusion sur l’aboutissement de ces négociations. Et je considérais comme inéluctable, qu’à un moment donné, une dernière bataille allait s’imposer entre les combattants de l’OAS et l’ALN de l’intérieur qui, en dernier recours, se rallierait au GPRA d’abord et à Ben BELLA ensuite.

 

10.                       Cette dernière bataille, c’est à Alger que l’OAS devait la livrer. Sous la forme de combats de rue, de Saint-Eugène à Maison-Carré, de Birkadem, Birmandreis, El Biar à la Méditerranée. Une bataille contre qui ?

Contre l’ALN évidemment et seulement contre elle. Nous ne voulions pas accepter sans combattre, son installation à Alger.

 

11.                       Dans le souci de préparer cette bataille du mieux possible, j’avais invité plusieurs patrons de la faculté de médecine d’Alger, à se réunir, pour nous conseiller sur l’organisation sanitaire et alimentaire de ces derniers combats. Les professeurs CLAUDE, BOURGEON, DESCUNS et d’autres… tinrent au cours de ce contact, à me faire part de leurs observations. Cette réunion se déroula dans le même immeuble où se situait le logement de mon confrère GOURGUES mais cette fois, dans un appartement du rez-de-chaussée, chez un autre de mes confrères algérois.

Le professeur CLAUDE qui plus tard, m’a suivi dans mes publications, fut d’un concours particulièrement précieux dans ce travail d’intendance et de stockage alimentaire, nécessaire aux combats de rue que nous prétendions mener dans les meilleures conditions matérielles possibles.

 

12.                       A partir de cette décision de me consacrer à la dernière bataille, l’OAS connut un paroxysme de violence. Je voulais donner l’impression d’un « jusqu’au boutisme » perceptible. Qu’on le veuille ou non, je l’ai fait sur la recommandation de FARES lui-même, via SUSINI.

Je suis allé jusqu’à transmettre par le relai de notre radio-pirate un message insistant sur les risques d’épidémie qui menaçaient au sein des concentrations populaires, privées temporairement du secours des médecins français.

SUSINI m’a dit en commentaire de cette émission-pirate :

« FARES est affolé devant cette information qu’il interprète comme une menace camouflée de guerre bactériologique ».

« Avec quoi et comment pourrais-je déclencher une guerre bactériologique ? » lui ai-je rétorqué.

« Ce que j’ai voulu dire, ce n’est que ce que j’ai dit. Cette concentration de masses populaires urbaines, à Alger et autour d’Alger, est porteuse d’un risque épidémique très grave ».[5] Je rappelle tout cela pour souligner à quel point je considérais comme inéluctable un dernier combat à Alger.

 

13.                       Oui, livrer un combat avec le concours de quoi et de qui ?

Au mois d’avril 1962, pendant que se déroulaient des négociations que j’avais donc approuvées à partir du jour qui a suivi l’arrestation du général SALAN, je préparai mon effectif sur le grand Alger, pour l’ultime bataille. Nos forces, diminuées certes, manifestaient encore du mordant dans trois zones :

-         la ZOA (Orléansville + le Haut Chélif)

-         la ZEA (Est-Mitidja)

-         la ZOM (Ouest-Mitidja)

Il était prévu de les intégrer aux dispositifs encore vigoureux des sous-secteurs et des quartiers d’Alger. Ces groupes d’action avaient conservé un mordant encore efficace au niveau de la zone urbaine d’Alger. Ce dispositif était renforcé évidemment par ce qui restait des Delta, structure très efficace regroupant un effectif d’élite qui fonctionnait à l’échelon du Grand Alger.

Mon but n°1 était de protéger l’embarquement de notre peuple, femmes, enfants, vieillards, vers des cieux théoriquement plus accueillants. Nous prétendions nous opposer par les armes à l’entrée de l’ALN dans Alger en livrant cette bataille dans les rues de notre capitale.

Dans cette perspective nous nourrissions encore l’espoir de bénéficier du concours anti FLN d’éléments de l’armée et de la police.

« Illusion ! » me rétorque-t-on encore aujourd’hui.

Oui, nous avions encore des illusions dans les sentiments de nos militaires, de nos policiers, des Français en général, des Européens occidentaux peut-être. Nous voulions livrer un combat à l’ALN, un combat qui fût symbolique, spectaculaire et messager.

Cette fois, c’était une volonté française et populaire qui prétendait assurer le sauvetage des femmes, enfants et vieillards en leur permettant de s’embarquer. Je reconnais que j’envisageais avec détermination de détruire une partie de ma belle Alger-la-Blanche, que je ne voulais pas abandonner intacte au FLN.

 

14.                       Nous savions que lorsqu’Alger aurait cessé de vivre en tant que ville française, l’Algérie française serait définitivement morte. Nous pressentions que la mort d’Alger-la-Française, allait entraîner une mise en danger de l’identité de la France, du monde méditerranéen et du monde occidental comme cela apparaît à l’évidence aujourd’hui.

Mais, survint le cessez-le-feu des Delta d’Alger qui fut décidé sans me consulter.

Le jour même de cette décision, l’information officielle est venue conférer, par une abondante diffusion radiophonique, un impact irréversible à cette décision prise à mon insu.

Cette information transmise généreusement par les média a réduit en quelques heures à néant la possibilité de déclencher ce dernier combat. D’autant plus qu’elle fut appuyée très rapidement par un communiqué d’ARGOUD, qui, de loin, faisait remarquer à l’opinion publique la discipline des combattants de l’OAS, qui, immédiatement, est devenue silencieuse opérationnellement. ARGOUD aurait dû savoir qu’un ordre d’arrêter les combats est un des ordres les plus faciles à donner. En tout cas plus facile qu’un ordre de combattre à outrance.

Ce fut un désengagement soudain et total dans les esprits. Les terrasses de café se remplirent à nouveau de consommateurs détendus. Les bouclages de la gendarmerie se firent plus rares et plus ouverts. L’ambiance paradoxalement, était à la détente.

J’ai évoqué dans mes différents ouvrages, les explications que j’ai demandées aux uns et aux autres de cette décision qui consacrait définitivement la mort de l’Algérie française. J’en obtins suffisamment pour comprendre :

a)     que Jacques CHEVALLIER était l’ordonnateur réel du cessez-le-feu des Delta d’Alger.

b)    que je devenais tout logiquement, au même instant, l’empêcheur de tourner en rond qu’il fallait neutraliser d’urgence.

 

15.                       Du jour au lendemain, ce fut une baisse de tonus chez ceux qui, quelques jours plus tôt étaient disposés à devenir les combattants de la fin. La nouvelle logique pour moi était :

a)     soit de tenter une élimination physique des responsables du cessez-le-feu. Mais dans cette éventualité très hypothétique, la relance opérationnelle était techniquement impossible à envisager. L’effet lénifiant, démobilisant du cessez-le-feu, s’était rapidement installé dans l’esprit des plus déterminés.

b)    soit de favoriser le sauvetage du maximum d’opérationnels en renonçant aux sanctions que certains exigeaient contre les responsables du cessez-le-feu.

 

Après un ordre du jour que j’ai rédigé, signé et adressé au commandement militaire théorique de l’OAS et surtout à tous mes subordonnés de l’ORO, j’expliquai ma décision de partir en la justifiant. J’avais laissé à GARDES et aux autres négociateurs un mois pour obtenir des garanties indispensables selon moi : la constitution d’une force locale européenne dans les grandes villes d’Algérie pour assurer la protection de notre peuple. Ces garanties ne m’ont pas été accordées. Je n’avais donc aucune raison de rester à Alger puisque l’on ne s’y battait plus. Puisque l’on ne voulait plus s’y battre et que l’on s’était soumis aux desiderata du FLN. J’ai très vite compris que j’étais devenu celui dont il fallait amener la tête dans la corbeille de mariage qui se nouait entre certains négociateurs et le FLN.

 

C’est l’un, parmi les plus prestigieux chefs de Delta, Joseph RIZZA qui est venu me rencontrer un matin, pour me proposer un départ d’Alger. Je l’avais engagé dans l’action en 1956. Lorsqu’il effectua sa première opération clandestine, ce fut sous mon commandement direct et j’étais avec lui lorsqu’il lança sa première grenade de clandestin.

 

Qu’est-il venu me dire après le cessez-le-feu ?

 

« Si tu veux prendre des sanctions, c’est tout de suite qu’il faut le faire. »

« Des sanctions, dans quel espoir ? » lui ai-je rétorqué. Et je précisai ma pensée :

« ce serait un désastre pour la population. Je refuse de déclencher une tuerie entre des hommes qui, hier encore, étaient des frères d’armes ».

« Alors il faut partir » me dit-il. « Car les autres, vont te balancer dans les heures qui vont suivre ».

C’est lui, avec la complicité d’un prêtre algérois, qui organisa mon départ et m’accompagna dans ma première phase d’exil.

Je fus escorté par tout un effectif opérationnel de l’OAS commandé par Robert L et son frère, ainsi que par un haut responsable technique de l’EGA (Electricité Gaz d’Algérie) qui me véhicula dans un véhicule de dépannage d’urgence de cette entreprise.

Je n’hésite pas à dire que ceux-là même qui avaient décidé de ma perte m’ont permis de vivre encore. Par leur décision d’arrêter le combat au printemps 1962, en effet, je n’ai pas eu à livrer le dernier combat pour défendre cette terre d’Algérie.

C’est à eux que je dois la possibilité de défendre encore le souvenir de l’Algérie française et de sublimer le combat livré par l’OAS en Algérie, comme l’un des derniers combats, le plus important, livré par l’Occident.

 

 

A SUIVRE …..

 

 

L’ETUDE N° 23 BIS SERA TRANSMISE DANS DE RAPIDES DELAIS : Elle sera intitulée : « LEROY, VILLARD, LA PARTITION », D’APRES : »

 

« Le sang d’Algérie »

« Attaques et Contre-attaques »

 

 

Nice, le 20 octobre 2009

 

J.C. PEREZ



[1] CCI : Centre de Coordination Inter-armes

  BEL : Bureau d’Etudes et de Liaisons

[2] ORO : Organisation du Renseignement et des Opérations

[3] BCR : Bureau Central de Renseignements, sous-branche de l’ORO

[4] BAO : Bureau d’Action Opérationnelle

[5] André SEGUIN et BRUNO étaient nos speakers de la radio-pirate OAS. Je me souviens du bafouillage de l’un ou de l’autre quand il a essayé de mettre en garde les populations contre le risque supposé de spirochétose ictérohémorragique.

07.10.2009

Les Barricades d’Alger

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Après le discours ( de De Gaulle )  du 16 septembre 1959, dont le cinquantenaire est passé… dans un silence plus que frileux, il a fallu s’organiser à Alger.

 

 

Nous pensions en Algérie et en Métropole que nombreux étaient ceux qui s’apprêtaient à se soulever contre ce discours. Ceux qui allaient opposer un refus efficace à l’abandon qui s’annonçait.

 

Mais nous qui étions animés de la volonté de nous opposer au largage de l’Algérie, avons eu à affronter un ennemi inattendu et d’une efficacité redoutable : l’apathie du peuple pied-noir pour une fraction non négligeable de son ensemble.

 

Il nous a fallu, aussi et surtout, composer avec l’apathie comateuse dans laquelle se complaisait notre armée.

 

Celle-ci avait remporté et continuait de remporter de brillantes victoires dont elle pensait qu’elles étaient définitives.

 

L’opération Jumelle, en particulier, offrait un bilan flatteur, illustrant un brillant succès technique. La wilaya 3 en Kabylie, en effet, était réduite à quelques bandes éparses. Les Katibas erraient, complètement déstructurées.

 

Il en allait de même un peu partout. Nos soldats effectuaient avec efficacité et enthousiasme, et surtout avec courage et héroïsme, une traque permanente contre l’ALN de l’intérieur.

 

Mais ces mêmes soldats, quand ils prenaient le risque de se faire tuer, ne connaissaient pas le pourquoi réel de ces magnifiques opérations. Des opérations menées sur les crêtes comme le soulignait Challe, le général en chef.

 

Ils ne savaient pas que ces opérations étaient conduites à la suite d’une conjuration montée par De Gaulle et Ferhat Abbas, dans le but de se débarrasser des maquis de l’intérieur.

 

S’en débarrasser pour le plus grand bénéfice du GPRA qui, rappelons-le, existait officiellement depuis le 18 septembre 1958. Sa naissance fut annoncée officiellement au Caire par Ferhat Abbas lui-même au cours d’une présentation à la presse internationale, en présence de deux émissaires clandestins du général De Gaulle : l’écrivain Amrouche et Abderrahmane Farès.

 

Qui aurait pu se permettre de faire avaler à nos brillantes unités, que le FLN était en train de gagner la guerre grâce à toutes SES batailles perdues !

 

Nous, les Français d’Algérie, étions étreints par l’angoisse de l’abandon et pensions avant toute chose, à notre destin, si l’armée française et la nation française acceptaient la défaite que De Gaulle voulait leur infliger. Le destin de ce peuple pied-noir, de ce peuple qui s’interrogeait sur des lendemains qui ne chantaient pas.

 

« Que vont devenir ma femme, mon travail, ma maison, mon jardin, mes enfants, mes vieux parents ? Que vont-ils devenir lorsque le FLN détiendra le pouvoir ? Faudra-t-il nous soumettre à la loi de ceux qui exigeront de nous faire payer notre présence, ici, en Algérie ?

 

Qui peut s’investir du pouvoir de soumettre plus d’un million de Français d’Algérie, plusieurs millions de Musulmans qui veulent être et plus encore, qui veulent devenir réellement Français, à une organisation révolutionnaire raciste et intégriste qui avait déclenché la Révolution algérienne pour le triomphe de l’arabisme et de l’islam (Ibrahim Bachir, le 1/11/1954) ? Qui était suffisamment dépravé dans son intellect pour prendre une décision qui contribuera à porter atteinte en l’aggravant, à l’instabilité pour ne pas dire à la fragilité géopolitique de l’Occident chrétien ? ».

 

Pour la majorité d’entre nous, la réflexion politique ne s’était encore, hélas, pas révélée nécessaire. Défendre l’Algérie, nos maisons, nos situations, la vie de nos proches, éviter une servitude infâmante pour nos femmes, nos mères, nos sœurs et nos filles, représentaient une raison suffisante et exhaustive de prendre les armes. Certes, l’armée, la police, la vigueur militaire de la France, s’exprimaient encore, pour défendre une partie du territoire national, pour défendre un peuple de France.

 

Mais il nous était imposé, à nous, Français d’Algérie, de nous inclure dans ce combat : dans la clandestinité, dans la violence. Car l’Algérie française méritait bien que l’on risquât pour elle, sa liberté et sa vie.

 

Oui, il existait un risque de mort pour ces quelques clandestins qui, dès 1955, ont souvent joué leur vie et leur liberté dans des opérations illégales auxquelles ils ont activement participé. Une poignée.

 

Pour l’honneur du peuple pied-noir. Tant pis pour ceux qui ont préféré nous regarder.

 

Mais, il nous a fallu élargir nos connaissances, découvrir des horizons. On ne prend pas  « COMME ÇA » du jour au lendemain, le risque de tuer ou de faire tuer des hommes. Il nous a fallu donc comprendre d’abord. Et faire comprendre ensuite, la nécessité du combat en faveur de l’Algérie française. Un combat auquel devait s’intégrer au moins, l’élite du peuple pied-noir de Marnia à Tabarka.

 

Pour nous conférer le droit de le faire, il a fallu accéder à un savoir politique : par l’étude, puis par l’explication que nous avons tenté de donner à ceux qui voulaient comprendre et savoir pourquoi nous les invitions au combat.

 

Et c’est pour conduire au mieux possible cette volonté d’expliquer la dimension réelle, planétaire de la guerre d’Algérie, que personnellement, j’ai joué quotidiennement les Enjolras[1] dans les caves d’Alger et d’ailleurs, pour expliquer que le discours du 16 septembre 1959 ne laissait aucun doute quant à la volonté du général De Gaulle d’abandonner l’Algérie. Quel que fût le drame qui s’en suivrait pour ses concitoyens d’Algérie, de toutes confessions.

 

Nous avons dû affronter cependant, un ennemi puissant : le coma dans lequel était plongée notre armée française, unique espoir dans lequel se réfugiait la plus grande partie du peuple pied-noir, après le discours du 16 septembre 1959.

 

Un coma qui paraissait affecter aussi notre « élite socio-économique ».

 

Les oligarchies financières d’Algérie, en effet, se sont toutes comportées en complices de De Gaulle et de l’abandon. Elles étaient déjà complices, financièrement, et même opérationnellement, du FLN depuis des années.

 

Blachette, le mentor de Jacques Chevallier avec ses libres exploitations des champs d’Alpha, n’était qu’un exemple parmi d’autres. Il en existait qui rendaient compte par radio à Lotfi en Oranie, de leurs collectes de fonds parmi quelques gros propriétaires terriens et certains industriels européens. Comme ailleurs en Algérie.

 

Mais dans le cadre de Lotfi qui commandait la wilaya 5 en Oranie, les choses avaient connu une évolution bien particulière. Lotfi fut tué au cours d’une opération et son dispositif radio tomba intégralement entre les mains de nos services spéciaux. Le général Jacquin (colonel à l’époque) qui commandait le B.E.L. (bureau d’études et de liaisons) disposa, à la suite de cette opération, des codes radio de Lotfi. C’est ainsi qu’il fut le destinataire réel des messages transmis par les traîtres qui finançaient l’ALN. Ceux-ci en effet, étaient persuadés correspondre avec les responsables du FLN local. Nous fûmes informés, ainsi, du rôle néfaste joué par un fonctionnaire de la sous-préfecture de Paul Cazelles, de celui de tel jésuite de Pérrégaux, et du rôle de quelques autres.

 

Ces anomalies de comportement étaient évidemment retrouvées dans toute l’Algérie et c’est l’épisode Lotfi qui nous a permis d’avoir des renseignements très précis quant à l’identité de certains pourvoyeurs de fonds du FLN.

 

C’est dans cette ambiance, au milieu de ces trahisons, dont nous ne savions rien, qu’il nous a fallu réagir au discours du 16 septembre 1959.

 

Je me suis consacré, avec vigueur et constance, à fédérer des énergies, par l’intermédiaire de notre mouvement, le Front National Français. J’en assurais la responsabilité du service intérieur, plus particulièrement de ce que j’ai appelé « les unités de choc ».

 

Nous avons obtenu un concours inespéré, que nous pensions être de valeur inestimable pour notre implantation dans le département d’Alger, de la part du général Massu, commandant du Corps d’Armée d’Alger. Je rappelle que le colonel Argoud occupait les fonctions de chef d’état-major de ce même corps d’armée.

 

Aujourd’hui encore, à propos de l’appui octroyé par Massu, je suis partagé entre deux hypothèses.

 

Ce concours,

 

-         l’a-t-il concédé dans l’espoir de voir De Gaulle plier devant l’enthousiasme patriotique des Français d’Algérie ?

-         l’a-t-il concédé au contraire, dans le but de nous contrôler pour éventuellement nous neutraliser ?

 

Je pense qu’il a été assailli, à un moment donné, par un doute sérieux.

 

Sans me préoccuper outre mesure de ces interrogations, j’ai organisé au mieux possible, les unités intérieures du FNF en groupes de militants très actifs.

 

Massu, par l’intermédiaire du commandant Navarro du cabinet militaire de la préfecture d’Alger, m’a autorisé à faire du recrutement au sein des effectifs des UT (Unités Territoriales) ainsi qu’au sein du DPU (Dispositif de Protection Urbaine).

 

Ce dernier, avait été créé durant la bataille d’Alger, en 1957 et faisait appel à des volontaires.

 

Après ma sortie de la prison de Barberousse, le 1er avril 1957, je m’étais présenté au PC d’Alger-Sahel près de la cathédrale d’Alger, rue Bruce. Je prétendais bien sûr, solliciter un poste de responsabilité au sein du DPU algérois.

 

Je fus reçu par un officier particulièrement actif de la lutte anti FLN, le lieutenant Darcet. Celui-ci m’a déclaré être enchanté, au nom de son commandement, de la collaboration que je lui offrais. Il connaissait tous mes antécédents et c’est en frère d’armes qu’il m’a reçu ce jour là.

 

Oui…. Mais…. Silence radio. Je ne fus jamais autorisé à faire partie du DPU.

 

Une opposition supérieure s’était manifestée en silence, mais surtout avec ténacité.

 

Après le discours du 16 septembre 1959, Massu me donne donc l’autorisation d’incorporer mon dispositif au quadriage du DPU. En fait, implicitement, il m’autorisait à incorporer le DPU à mon propre effectif opérationnel.

 

Il ne l’a pas nié au procès des barricades, puisqu’à la question du Président du tribunal :

 

« Connaissez-vous personnellement les accusés ? »

 

Il répondit :

 

« Ils ont tous été sous mes ordres ».

 

Et à propos des groupes d’actions du FNF, il a précisé en substance :

 

« Oui, je savais qu’ils étaient commandés par le Docteur PEREZ »

 

Donc Massu ? Une équivoque ? Un tourment ? Un « Que vais-je faire » permanent et angoissé ? NON.

 

Malgré son indiscutable attachement à l’Algérie française, il restera en dernière option, fidèle au général De Gaulle, comme il l’avait exprimé, d’une manière définitive, avant le voyage du général De Gaulle à Alger en juin 1958.

 

Il l’avait exprimé auprès de ses anciens frères d’armes qui venaient, depuis Paris, solliciter son concours pour neutraliser l’homme de Colombey.

 

Un ancien officier parachutiste, qui en 1961-1962 s’approcha très près de l’OAS mais qui ne s’y intégra pas, Botella, m’a déclaré un jour à Argenteuil, c’était en 1974 :

 

« En mai 1958, nous étions avertis depuis longtemps au sein des services, de la détermination anti-Algérie française de De Gaulle. Certains services de police, spécialisés, avaient constitué des dossiers depuis 1956, établissant les contacts entre De Gaulle et l’organisation extérieure de la rébellion algérienne. Ces contacts se nouaient par l’intermédiaire de Me Boumendjiel du barreau de Paris, de l’ambassadeur de Tunisie à Paris, de Rosenberg un journaliste autrichien, et surtout par l’intermédiaire de Palewski, ambassadeur de France à Rome.

 

Il y avait largement de quoi inculper De Gaulle d’atteinte à la sûreté extérieure et intérieure de l’Etat.

 

Mais, un des patrons des polices spécialisées, était muselé par le pouvoir de la IVème République, et par des influences occultes menaçantes. En désespoir de cause, il manda à Alger deux officiers parachutistes, anciens compagnons d’armes de Massu et de Botella. Ils se sont présentés à Massu après le 13 mai 1958, avant le voyage algérois de De Gaulle pour lui demander de neutraliser l’homme du 18 juin. Car il venait à Alger, ont-ils affirmé, pour liquider l’Algérie française ».

 

Massu s’est dérobé devant cette mission officieuse, que lui confiaient ses anciens compagnons de la France libre.

 

Il est resté, comme il l’a dit lui-même « con et gaulliste »…. Mais parfois le doute est venu l’assaillir. Il aurait bien voulu voir De Gaulle s’orienter dans l’autre sens. Il aurait bien voulu lui communiquer, éventuellement, l’enthousiasme patriotique de l’Algérie française.

 

Mais hélas pour nous ! L’enthousiasme patriotique des Français d’Algérie, connut à cette époque là, à l’automne 1959, une expression lénifiante désastreuse, illustrée par un manque de mordant et de détermination, qui explique l’échec ultérieur du 24 janvier 1960.

 

Car, dans l’événement connu sous la rubrique « les Barricades d’Alger », il faut distinguer deux phases d’identité différente.

 

Première phase :

 

les journées des 23 et 24 janvier 1960 à Alger : c’était ça la véritable essence du 24 janvier 1960.

 

Deuxième phase :

 

la semaine des Barricades, à partir du lundi 25 janvier, 1 heure du matin, ne fut qu’une comédie. Mais une comédie qui aurait pu, néanmoins, avoir un dénouement fatal pour De Gaulle si nos chefs militaires ne s’étaient pas laissé manipuler par Delouvrier[2]. Encore une fois, nos brillants officiers patriotes n’ont pas osé. Encore une fois, l’amour sacré de la patrie n’était pas suffisamment ressenti pour que le général Challe prît la résolution de donner un coup de frein définitif à l’abandon.

 

« L’Algérie française », « la France », « l’Occident », illustraient des concepts immensément riches, trop riches peut-être de vérité politique pour que ces officiers d’élite acceptassent de donner le coup de balai qui s’imposait.

 

Des officiers à qui le pouvoir faisait croire qu’ils étaient en train de gagner la guerre.

 

Challe a tout raté le 25 janvier 1960 parce que les « autres », colonels et généraux, ont refusé de le pousser dans la décision salvatrice qu’il fallait prendre, ce fameux lundi 25 janvier. Il était encore temps. 

 

Nous développâmes donc notre implantation au sein de la garde territoriale. Ce qui était inéluctable puisque la majorité de nos adhérents et militants étaient des territoriaux. Mais ce ne fut pas facile, en raison du comportement, disons timoré, de la majorité des officiers de réserve qui commandaient la territoriale.

 

Il y avait dans le grand Alger, 22.000 territoriaux disposant de 2.200 armes, les gardes s’effectuant tous les dix jours. L’ensemble de cette garde ne représentait pas une véritable unité de combat. Mais dans l’éventualité salutaire où se serait développé en son sein, un esprit identique au nôtre, le regroupement de ces territoriaux, en armes et en uniforme, soutenus par la masse du peuple d’Alger, en aurait fait une force d’appoint inestimable pour ceux qui jouaient leur vie et leur liberté pour que vive l’Algérie française.

 

J’étais un de ceux-là.

 

Le capitaine Ronda, secrétaire général de la Fédération des Unités Territoriales, de création toute récente, faisait partie du bureau directeur du FNF. Il avait l’accord de son président le commandant Sapin-Lignières, chef d’un bataillon U.T. dont le PC était installé dans la Casbah. Il fut l’un des rares officiers des U.T., avec le capitaine Jourdes et les officiers de la compagnie opérationnelle des U.T., à prendre position dès le 24 janvier.

 

Revenons au déroulement des évènements.

 

Au mois de janvier 1960, d’odieux attentats avaient été perpétrés par le FLN en Oranie et dans l’Algérois. Ces drames avaient poussé à l’extrême la tension psychologique de la population française d’Algérie, de toutes confessions.

 

C’est dans cette ambiance que survint l’affaire Massu. Je vous la rappelle de façon succincte.

 

Le général Massu avait reçu, à la demande du général Challe, un journaliste allemand du nom de Kempski, devant lequel il tint des propos imprudents qui furent publiés le 18 janvier 1960 dans un grand quotidien allemand.

 

Le colonel Argoud dans son livre « La Décadence, l’Imposture et la Tragédie » rejette la thèse du piège dans lequel serait tombé Massu. Selon lui, Massu était d’humeur fantasque. La rencontre avec Kempski, s’était déroulée un jour où Massu s’était réveillé anti-gaulliste. C’est une hypothèse. D’après Argoud, le général Massu aurait dit de lui-même, rappelons-le, qu’il était toujours « con et gaulliste ». Je ne ferai pas l’effort de savoir si chacun de ces adjectifs a une valeur en soi ou si l’un est obligatoirement complémentaire de l’autre. Nous voulons espérer, aujourd’hui encore, qu’il n’a pas volontairement tenu des propos anti-gaullistes au cours de cette interview, dans le but établi à l’avance, de provoquer son départ d’Alger.

 

De toute façon, l’occasion ne fut pas ratée par De Gaulle. Il mit à la tête du Corps d’armée un autre officier qui ne fera pas de manière pour être complice de la liquidation de l’Algérie.

 

Si Massu avait refusé d’obtempérer le 19 janvier, que se serait-il passé ? Il nous est impossible de répondre. Mais à l’appel de Massu, c’est un véritable raz-de-marée qui se serait déclenché en Algérie. Raz-de-marée dont Challe aurait pris la tête. Cela supposait évidemment que nos généraux fussent des généraux révolutionnaires, attachés à la thèse révolutionnaire de l’Algérie française et non pas soumis à l’homme qui piétinait ce même idéal.

 

Massu obéit. Il abandonna l’Algérie. Il favorisa ainsi, volontairement ou non, l’accélération donnée à la politique d’abandon.

 

Il était de la plus haute importance qu’une opération de sauvetage fût tentée dans les plus rapides délais, car il restait encore en Algérie une majorité d’officiers généraux et de commandants de secteurs[3], fidèles à l’idéal de l’intégration. Réunions, recrutement, partout où c’était possible, visites aux commandements des unités territoriales, contacts très fréquents avec le colonel Gardes, tout cela fut mon travail quotidien.

 

Ortiz restait en communication étroite avec le colonel Argoud, chef d’état major du Corps d’Armée d’Alger et le capitaine Filippi qui faisait partie de l’état major de Massu.

 

Une manifestation de masse fut décidée pour le dimanche 24 janvier. Le 22 au soir, une réunion importante se tint chez Ortiz[4]. Tout le bureau directeur du FNF était rassemblé.

 

Le capitaine Filippi nous fit part de deux coups de téléphone qu’Argoud aurait reçus de Paris de la part de son ancien chef.

 

Lors du second appel téléphonique, Massu aurait fait le commentaire suivant : « De Gaulle est complètement fou, je vous donne carte blanche ».

 

Je quittai la réunion pour préparer les effectifs du FNF qui étaient déjà chauffés à blanc. Je me souviens de maître Jean Trape[5], me disant lors de mon départ : « Tout repose sur vous, je vous en supplie, ne vous faîtes pas prendre avant ! ».

 

 

Que devait-il se passer en théorie ?

 

-         un appel à la population pour une grande manifestation à la Grande Poste, en fin de matinée, ce fameux dimanche 24 janvier 1960 ;

-         obtenir des 22.000 UT, qu’ils participent en formation militaire, en uniforme et avec leur armement, même réduit ;

-         obtenir une extension de ce mouvement par contagion, à toutes les grandes villes d’Algérie ;

-         obtenir des organisations métropolitaines un soutien à notre manifestation par tout ce qu’elles pouvaient mobiliser comme moyens.

 

 

Le 23 janvier, ce fut le jour de réunion de l’assemblée générale constitutive de la toute nouvelle Fédération des Unités Territoriales d’Algérie.

 

Le commandant Sapin-Lignières fut élu président et le capitaine Ronda, secrétaire général.

 

J’ai participé, depuis le fond de la salle de réunion, à la fin de cette assemblée générale. Et je fus scandalisé de l’attitude d’un chef de bataillon UT, d’Alger-centre, ancien combattant héroïque des campagnes d’Italie et de France, qui déclara à Sapin-Lignières et à Ronda, devant moi, son opposition à la participation des UT en corps constitués à la manifestation du lendemain matin. Ce brillant officier de réserve, compte tenu de son prestige fut suivi dans cette volonté de désertion, par les autres chefs de bataillon, à l’exception de Sapin-Lignières. Lui et les autres, portent une grave responsabilité dans le dénouement dramatique de la journée du 24 janvier 1960.

 

Ce 23 janvier, une grève se déclencha à Belcourt puis au Champ de Manœuvre. Elle s’étendit lentement à toute la ville mais d’une manière assez incomplète. C’était une initiative spontanée, indépendante de tout ordre donné et reçu.

 

Je me cachai pendant la soirée du 23 au 24.

 

Le 24 au matin, je rejoignis le siège de la Fédération des UT qui était situé dans l’immeuble de la Compagnie Algérienne, à l’angle de la rue Charles-Péguy et du boulevard Laferrière. C’est là que se situera, par la suite, ce que l’histoire appellera « le PC Ortiz ».

 

Ce 24 janvier au matin, je fus étreint par une impression désastreuse. La foule n’était pas là. Des groupes épars, arrivés sur place malgré les barrages de gendarmerie, se manifestaient en chahutant. Ils provenaient presque tous de ces valeureux quartiers d’Alger que sont : le Ruisseau, le Hamma, Belcourt et le Champ de Manœuvre. Mes adjoints du FNF, responsables de ces quartiers, Armand Maigues et son épouse Mimi, Arlandis, Merkel, Conte et d’autres, essayaient de maintenir un tonus révolutionnaire sur cette place de la Grande Poste.

 

Mais il manquait l’essentiel : la foule. Je refusai de rester en place, avec les membres du nouveau bureau directeur de notre mouvement. J’estimai indispensable de me rendre à Bab El Oued où, Place de l’Horloge, un gros rassemblement s’était constitué et m’attendait.

 

Tout était prêt pour un gros cortège. Plusieurs centaines de mes camarades du FNF étaient en tenue de la garde territoriale et portaient casque lourd.

 

Ils se trouvaient à la tête de plusieurs milliers d’hommes et de femmes. Bras-dessus, bras-dessous, à mon signal, nous nous engageâmes dans l’avenue de la Bouzaréah. A ce moment là survint un incident grotesque mais significatif. Le chef de bataillon des UT de Bab El Oued, accompagné de son chef d’Etat major, le capitaine D.B. me fit observer violemment qu’il exigeait le retrait des uniformes. Il hurla à l’illégalité. Je lui rétorquai avec un peu de hauteur :

 

« Ne vous inquiétez-pas, ce n’est pas vous qui prendrez 20 ans si cela tourne mal, ce sera moi ».

 

Il se retira piteusement de la manifestation. Il ne se rallia pas au mouvement, même en tenue civile. Et nous entreprîmes notre progression vers le centre ville. Pas un seul officier de ces deux bataillons UT, celui de B.E.O. et celui de la Kasbah, ne prît part à ce défilé.

 

Nous arrivâmes très rapidement avenue de la Marne. L’une des extrémités, marque la fin de Bab El Oued. L’autre extrémité débouche sur une place où se situent face à face, le lycée Bugeaud et la caserne Pélissier, siège du Corps d’armée d’Alger.

 

Cette avenue était occupée d’un bout à l’autre, par plusieurs rangées de parachutistes du 3ème R.P.I.M.A., du colonel Bonnigal, qui nous interdisaient le passage.

 

Ce fut une bagarre d’une demi-heure. Je dis bien il y eut lutte et combat. Si ces parachutistes avaient voulu nous interdire le passage, ils auraient dû nous mitrailler pour le faire. Ils n’ont pas osé. Si nous avions renoncé à ce stade, devant la résistance sévère qu’opposèrent les parachutistes à notre progression, la journée du 24 janvier se serait terminée à ce moment là. Il n’y aurait pas eu de Semaine des Barricades.

 

Car là-bas, à la Grande Poste, c’était toujours « Bonjour tristesse ». Alors que dans notre cortège, derrière moi, cheminaient des hommes et des femmes, par milliers, de B.E.O. mais aussi de Saint-Eugène, de Notre-Dame d’Afrique et ceux du quartier Nelson : ces derniers s’intégrant à l’effectif du bataillon UT du commandant Sapin-Lignières, qui lui était présent au PC Ortiz.

 

Après avoir disloqué par une poussée irrésistible les barrages du 3ème R.P.I.M.A, nous arrivâmes devant le Corps d’armée d’Alger. Les camions du régiment étaient disposés les uns contre les autres et constituaient une barrière redoutable, qui ne fut pas suffisante pour nous interdire d’aller plus loin. Il nous a fallu cependant déplacer les camions en les soulevant pour rejoindre l’avenue du 8 novembre. Le colonel Argoud, à la page 209 de son livre, écrit : « 11 heures, des fenêtres du Corps d’armée, nous assistons à l’arrivée des premières colonnes de manifestants. Bonnigal tient parole ».

 

Il a vraiment très mal vu ! Si Bonnigal a tenu parole, c’est parce qu’il n’a pas voulu nous tirer dessus ! Mais ses paras se sont battus et nous aussi. Plusieurs dizaines parmi les nôtres eurent les arcades sourcilières ouvertes et souffrirent de contusions costales. Malgré cette opposition, notre bélier de 200 casques lourds, avait réussi à enfoncer le dispositif du colonel Bonnigal. Et nous voilà enfin avenue du 8 novembre !

 

Arrivés devant le siège de la Fédération des Anciens Combattants d’Algérie, nous fûmes rejoints par Auguste Arnould[6] et beaucoup de notables de ces organisations.

 

Je me sentais moins seul en tête du cortège !

 

Pour rejoindre la Grande Poste par le bas du Plateau des Glières, ce fut une affaire beaucoup plus sérieuse. Plusieurs escadrons de gendarmerie mobile étaient disposés en profondeur tout le long de la rue Alfred Lelluch. Ce fut une bagarre épique. Les coups de crosse pleuvaient au cours d’une véritable mêlée. Mais ce ne fut qu’une bagarre. Pas de coup de feu. Pas de provocation malsaine. Nous en sortîmes vainqueurs puisque les gendarmes refluèrent et finirent par nous abandonner le passage.

 

Cette échauffourée, qui, physiquement avait marqué beaucoup d’entre nous et moi en particulier, appelle deux remarques.

 

-         Nous étions encore à l’heure loyale du 24 janvier, puisqu’aucun coup de feu ne fut tiré.

-         Ces deux obstacles, bien que franchis avec succès, avaient semé le doute parmi le peuple qui nous suivait. Mais la détermination du bélier des 200 casques lourds, ouvrit le passage et nous permit d’arriver sur la place de la Grande Poste.

 

J’ai résumé tout cela à l’essentiel. Car, malgré les coups reçus et donnés, ce qui fut dramatique pour nous, était représenté par la vacuité presque totale du lieu de rassemblement. C’était misérable. Quelques centaines de personnes. Où étaient nos 22.000 UT ? Où étaient Alger, El Biar, Birmandreïs, Hussein-Dey, Kouba, Birkadem, Maison-Carré ? Où était le peuple pied-noir ? On m’arracha littéralement du cortège. A qui je donnais la mission de se répandre sur la place, pour la remplir et l’animer au mieux possible. En boitant, je me rendis au PC Ortiz où se trouvaient réunis tous les membres du Bureau directeur de notre mouvement.

 

Je boitais, parce que j’avais les ongles des gros orteils sévèrement traumatisés par les coups de crosse des gendarmes, lors de la bagarre précédente.

 

Méningaud[7] se jeta littéralement sur moi en me disant : « On ne sait plus que crier pour faire arriver la foule. Vas-y, dis leur quelque chose ».

 

Les seuls mots que je pus prononcer avec ce qui me restait de vigueur furent ceux-ci :

 

« Allez chercher les pantouflards qui sont restés chez eux et conduisez-les ici. L’Algérie française a besoin de tout son peuple ! ».

 

A quoi était due cette première phase, ou plutôt cet échec illustré par la défection de la population algéroise ? Peut-être à la lassitude. Peut-être que mes compatriotes ne croyaient-ils plus en rien. Mais une réflexion me vient à l’esprit.

 

Dans les Nouvelles américaines Volkoff écrit qu’il existe une différence entre les Anglo-Saxons et les Français pour formuler une question. Là où les seconds demandent pourquoi, les premiers demandent comment ?

 

Et bien, les Pieds-Noirs demandaient :

 

« Pourquoi ? Comment ? Avec qui ? »

 

Pour eux, Ortiz, Sussini, Lagaillarde, le docteur Pérez n’étaient pas des gens de notoriété telle qu’un peuple descendît dans la rue à leur simple appel. Il leur fallait autre chose…

 

J’avais vu Lagaillarde à plusieurs reprises, en particulier la veille, le 23 janvier.

Il m’avait emmené à la Faculté où il commençait à se retrancher avec plusieurs de ses amis. Je lui avais fait connaître ce qui nous avait été promis, de la part du Corps d’armée d’Alger : les régiments parachutistes devaient en principe nous laisser passer et jouer un rôle tampon entre les manifestants et les gardes mobiles. Il m’avait fait part de son intention de ne pas participer aux cortèges et d’attendre, à l’intérieur de la Faculté, la suite des évènements.

 

Les notables d’Alger sont restés bien discrets durant cette première partie de la journée du 24 janvier. Les élus en particulier, et par-dessus tout, je le souligne pour la millième fois, les officiers UT du Grand Alger.

 

On les attendra ….on les verra plus tard, quand ils croiront l’affaire gagnée.

 

Après mon appel au micro du PC Ortiz, le stade municipal, les cinémas furent vidés de leurs spectateurs par nos militants. Petit à petit, la foule devint plus dense. Entre le boulevard Saint-Saens et la Grande Poste, il était difficile de circuler. Soudainement, le Plateau des Glières était devenu plus facile d’accès pour nos manifestants, comme si les barrages avaient été levés.

 

Il s’était en effet passé quelque chose.

 

Je ne l’ai appris que plus tard, au cours du procès des Barricades, lors de la déposition du commissaire central d’Alger, monsieur Troujat. Le PC d’Alger-Sahel avait transmis à toutes les forces de maintien de l’ordre, la consigne de ne plus s’opposer au passage des manifestants.

Pourquoi ?

 

Pour deux raisons.

 

I – Pour le général Crépin et le colonel Fonde[8], cette manifestation était un échec pour nous. Il fallait donc rendre ce fiasco encore plus éclatant en conférant tout son relief à la désaffection apparente du peuple d’Alger.

 

II – Ils avaient pris, entre temps, la décision de regrouper les forces de gendarmerie mobile pour tenter une opération de dispersion qu’ils préparaient à l’insu du général en chef, le général Challe.

Mais pendant ce temps, la population affluait enfin. Le rassemblement devenait progressivement réel, compact, impressionnant. La manifestation s’affirmait, enthousiaste, militante. Quelques élus se montrèrent enfin, couverts de leur écharpe. Le « Chant des Africains », la « Marseillaise » retentirent, entrecoupés des cris « Algérie française », « De Gaulle, trahison ! ».

 

Perclus de douleurs consécutives aux coups de crosse reçus pendant les bagarres du matin, j’éprouvai le besoin de me retirer quelques minutes dans un appartement « ami » où je pus me soigner. Aspirine, bandage des orteils traumatisés. Je savais que la nuit allait être longue et qu’il fallait s’y préparer. J’étais relativement rassuré sur le déroulement de la manifestation. En effet, la foule continuait d’arriver et jusqu’ici, personne n’avait perdu son sang froid. J’insiste sur ce dernier détail parce qu’il prouve l’absence de provocateurs parmi les hommes que j’avais conduits à la Grande Poste.

 

Rien ne laissait supposer l’évolution tragique de la manifestation. C’est le bruit de la fusillade qui me fit bondir dans la rue et rejoindre le PC Ortiz. 

Un destin généreux, ou plutôt une chance inouïe, a joué en ma faveur ce 24 janvier 1960. Les coups de crosse généreusement distribués par les gendarmes du matin aux dépens de mon anatomie, m’ont sauvé du peloton d’exécution, plus tard, au moment du procès des Barricades. Grâce au témoignage de mon hôtesse, enregistré sur commission rogatoire émanant du juge d’instruction parisien, le Pouvoir s’est trouvé dans l’impossibilité de m’inculper dans l’affaire de la fusillade d’Alger.

 

Ce jour-là, mon ange gardien ne m’a pas fait faux-bond. Il aura l’occasion de se manifester encore à maintes reprises, lors d’épisodes ultérieurs et très compliqués de ma vie. 

 

Jean-Claude PEREZ

Le 5 octobre 2009



[1] Enjolras : allusion à un personnage secondaire « des Misérables » de Victor Hugo : Enjolras était un révolutionnaire républicain, compagnon occasionnel de Gavroche, qui s’est fait tuer à Paris sur les barricades. Pardon de cette allusion romantique….

[2] Délégué du gouvernement français en Algérie

[3] Les généraux commandaient les zones et les corps d’armée. Les secteurs étaient sous les ordres de colonels.

[4] Ortiz : président et fondateur du FNF en 1959

[5] Jean Trape : avocat du Barreau d’Alger, membre du bureau directeur du FNF

[6] Auguste Arnould : président du comité d’entente des anciens combattants

[7] Méningaud : avocat, membre du FNF, rescapé des camps de concentration allemands. Ancien des Brigades internationales pendant la guerre civile espagnole.

[8] Nouveau commandant du Corps d’armée d’Alger, commandant du secteur d’Alger-Sahel

30.09.2009

La France se meurt : A moi la légion !

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La France se meurt comme une vieille dame qui s’efface sans bruit alors que nous filons notre vie trépidante.

Ce n’est pas une mort brutale et spectaculaire mais une succession de chutes dont on reste d’abord diminué mais qui inexorablement vous mène de paralysie en aphasie à l’issue fatale.

Les docteurs en Histoire, en Sciences politiques et en Philosophie se disputent la généalogie du déclin. La Grande Guerre, mai 40 et la collaboration pour les uns. Et d’autres de rétorquer : «  Notre jeunesse avait du jus encore en Indochine ! ».

-Justement Dien Bien Phu phase terminale …

-Pas encore ! c’est la perte de l’Algérie française s’insurgent les

Diaphoirus.

-Que nenni vous oubliez les années Mitterrand !

-Et l’avachissement Chirac alors ?

-Ce n’est rien au regard de l’immigration.

-Et que faites-vous de la vassalité affirmée de Sarkozy envers les américains ?

Nous entendons cela et, malhonnêtement, en fonction de notre histoire personnelle ou de nos inclinaisons politiques partisanes nous nous plaçons dans un camp.

La réalité est que c’est tout ce « matériel historique » que nous devons prendre en compte, cette combinaison apparemment insoluble et contradictoire. L'historien et philosophe Jean Ellenstein, ex-membre du PCF disait fort justement : « Staline c’est le Goulag et Stalingrad. »

Vous avez dit Contradictions ? Oui les Nations font partie du vivant.

LIRE LA SUITE > http://www.politique-actu.com/opinion/politique-france-je...

24.09.2009

25 Septembre : Journée nationale d’hommage aux HARKIS

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Héros pour les uns, traîtres pour les autres, l’histoire des harkis est mal connue des Français. Dans le langage courant, on désigne aujourd’hui sous le nom de harkis toutes les catégories de supplétifs de la guerre d’Algérie : harkis, moghaznis, Groupes Mobiles de Sécurité (GMS), Groupes d’autodéfense (GAD), unités territoriales et auxiliaires de la gendarmerie, à l’exclusion des appelés et des militaires sous contrat

            C’est en janvier 1955 que, pour les besoins de guerre d’Algérie, virent le jour les premières unités musulmanes, en l’occurrence 30 goums de 100 hommes : les Groupes mobiles de protection rurale (GMPR), qui deviendront ensuite Groupes Mobiles de Sécurité (GMS), comparables à nos Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS).

Le 5 septembre 1955, le gouverneur Jacques Soustelle créera les sections administratives spécialisées (SAS), chargées d’encadrer les zones rurales. Protégées par un maghzen de 25 à 50 moghaznis, 700 SAS seront créés et complétées par 30 sections urbaines (SAU). Elles contribueront à l’armement de 2000 villages en autodéfense. Les moghaznis seront 20 000, en 1962.

 Le 8 février 1956, les premières harkas destinées à participer aux combats, voient le jour. A partir de 1957, las de la tyrannie du FLN qui multiplie les sévices à l’encontre des populations autochtones du bled : enlèvements, rançons, égorgements, razzias sur les douars, sévices multiples et raffinés, les habitants vont se soulever et rejoindre en masse l’armée française. 114 GMS seront créés, soit 19000 hommes, ainsi que 700 sections administratives spécialisées et urbaines (SAS et SAU).

En décembre 1958, à l’initiative du général Challe, le nombre des harkis passera de 28000 à 60000. Ils formeront d’efficaces groupes de combat œuvrant au plus près des soldats d’élite, paras et légionnaires et commandos. Par ailleurs, 2000 douars représentant 55000 hommes armés, seront placés en autodéfense, soit un total de 223000 soldats autochtones qui combattront sous l’uniforme français avec une efficacité et une ardeur reconnues de tous…

S’étant engagés davantage pour la défense de leurs familles que pour la solde, les supplétifs étaient opposés à la conception totalitaire du parti unique du Front de Libération Nationale (FLN). Ils faisaient confiance à l’armée pour faire évoluer l’Algérie dans un sens démocratique et égalitaire et, surtout, pour faire obstacle à la terreur du FLN qui s’imposait, notamment de nuit, dans les villages. Le rappel du général Challe en mars 1960 ne permit pas de mener à bien son projet de Fédération des Unités Territoriales et des autodéfenses, qui aurait constitué un parti français opposé au FLN.

Fin 1958, la guerre est pratiquement terminée sur le terrain. Le FLN, exsangue, ne se maintient plus que par ses attentats sournois et barbares. R. MADAOUI, alors officier de l’Armée de Libération Nationale (ALN), rejoindra, comme sous-lieutenant, une unité régulière de l’armée française dans l’Ouarsenis puis, plus tard, les rangs de l’OAS. Il écrira : « L’espoir est si grand que la Wilaya IV (la plus puissante et la sienne) pavoise aux couleurs de la France, que les rebelles cessent les attentats et déposent leurs armes devant les mairies ». Ainsi, les fellaghas, eux-mêmes, sûrs de leur impuissance, brandissent des drapeaux français dans leurs repaires…

L’ex officier de l’ALN, Ali BOUZIANE, qui rejoindra les harkis du fameux « Commando Georges », unité crée par le Colonel BIGEARD, écrira sur ce point : « La population, qui était notre raison de combattre et notre soutien, nous abandonne. J’ai confiance en De Gaulle, et mes frères dans le maquis aussi. Nous avons été trompés, et l’Algérie heureuse, nous la ferons avec lui ».

De Gaulle, désormais installé à l’Elysée, reçoit le Bachaga BOUALAM qui lui dit : « Mon général, donnez-moi 500000 harkis, et vous pouvez renvoyer tous les appelés chez eux ; je vous garde l’Algérie à la France. » De Gaulle ne répondra mot et, contre toute attente, se prononcera pour l’intégration, solution utopique que ni les Musulmans, ni les Européens, ni les militaires, ne croient.

Fin 1958, la victoire est donc acquise et reconnue de tous ; la paix désormais possible… mais elle ne se fera pas par la seule volonté d’un homme, miné par la rancune que lui inspire le peuple d’Algérie (Tous des Pétainistes! (sic)) et le pays retombera dans ses incertitudes et ses interrogations…

En janvier 1959, De Gaulle, élu Président de la République, gracie, à la surprise générale, 150 terroristes condamnés à mort pour crimes de sang et en libère 7000 autres. Ces mesures (ressenties comme une marque de faiblesse par la population autochtone et les unités supplétives) jettent le trouble parmi elles, ce qui fit dire au chef d’une harka du 20ème BCP :  « Le général De Gaulle n’a rien compris aux fellouzes ».

En Septembre 1959, après le célèbre discours de De Gaulle sur l’autodétermination, le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA) déclarera : « Ce discours est notre 1ère victoire politique ».

Le 10 juin 1960, le colonel de l’ALN, SI SALAH, chef de la wilaya IV (Algérois),  décide de faire un putsch contre le GPRA et, reçu avec ses adjoints, les commandants Si Mohamed et Lakhdar à l’Elysée par De Gaulle, ils lui annoncent la reddition dans un premier temps des trois quart des combattants de l’ALN. Mais De Gaulle, ne voulant déjà plus entendre parler de l’Algérie française, leur opposera une fin de non recevoir et ses services, par la voix d’Edmond Michelet, informeront le Ministre des Affaires extérieures du GPRA, Krim Belkacem de cette proposition de reddition. Commencera alors une purge sanglante « à la Amirouche » au sein de leurs partisans qui ne connaîtront aucune clémence de la part des « frères » installés en Tunisie. Le secret de cette entrevue avec le Maître de l’Elysée devant être rigoureusement gardé, tout sera mis en œuvre pour éliminer définitivement les derniers témoins et Si Salah et Si Mohamed seront tués par les troupes françaises dans des conditions plus que curieuses…

Ainsi, cette affaire qui se présentait comme une immense occasion pour apporter une paix française à la guerre d’Algérie, se terminera dans le sang et demeurera la grande énigme de ce conflit.

Après l’échec du putsch d’avril 1961, les harkis, soucieux, désemparés et amers, répèteront inlassablement à leurs chefs : « Il fallait déclarer la mobilisation générale en Algérie, faire une levée en masse de harkis, renvoyer tous les appelés chez eux, et on avait le monde entier avec nous. »

Mai 1961, nouvelle décision désastreuse du général président qui atterrera les Musulmans fidèles à la France : La trêve unilatérale accompagnée de la libération de 6000 fellaghas. Dès lors, l’ALN exsangue, forte de ces renforts successifs, va se reconstituer et reprendre de plus belle ses actions meurtrières sans réelle opposition des troupes françaises privées, par ailleurs, d’une partie de leurs unités d’élite dissoutes au lendemain de l’échec du putsch. A partir de ce moment, les supplétifs comprendront que, pour eux, c’est la fin… et les premières désertions verront le jour.

En janvier 1961, le général Crépin, successeur de Challe, avait promis que les harkis, considérés comme vainqueurs, auraient la première place dans l’Algérie future, et qu’ils resteraient groupés et armés pendant un an après le cessez-le-feu. Mais, dès l’été 1961, le gouvernement décida d’amorcer la réduction des effectifs des harkas et des autodéfenses et de « civiliser » les SAS, alors que Challe leur avait confié la responsabilité opérationnelle des Quartiers de Pacification. 

Les promesses de Challe (emprisonné) et de Crépin ne seront pas tenues et les négociateurs français d’Evian se préoccuperont très peu de l’avenir des musulmans fidèles à la France… Cependant, avec une inconscience révoltante, les déclarations officielles continuaient de pleuvoir. Dans une homélie fracassante, le général Gambiez s’était écrié à l’adresse des harkis : «Vous avez mené le bon combat. Soyez sans crainte, la France ne vous abandonnera pas ! » Et dans une déclaration aux cadres, Pierre Messmer, le ministre des armées, affirmait avec solennité : « Pour rassurer ceux qui combattent et se sont engagés à nos côtés, nous devons leur répéter la volonté de la France de n’abandonner aucun de ses enfants. »… Cela s’adressait aux Musulmans servant sous l’uniforme français.

            Pourtant le dégagement militaire avait commencé depuis le mois de juin 1961 par le rapatriement de deux premières divisions et l’évacuation de 1000 postes de protection de la population du bled. Mais afin de rassurer les consciences, on continuait d’assurer avec une apparente conviction qu’en aucun cas la population civile n’aurait à souffrir de ces mesures ou à voir sa sécurité diminuer…

            Quel leurre ! Pauvres Musulmans ! Vous avez accepté de faire partie des groupes d’autodéfenses, encouragés en cela par le sous-préfet ou le commandant de secteur : Vous serez mutilés puis égorgés ! Vous vous êtes engagés dans les GMS ;  vous êtes devenus harkis ou moghaznis, c’est-à-dire soldats de la France : Vous serez tués à la hache ou écorchés vifs! Vous étiez des fellaghas repentant, ralliés à la France, et le colonel Bigeard –bientôt général !- vous avait désignés pour le fameux commando Georges : Vous aurez les yeux crevés, les mains coupées, vous serez traînés dans les rues sous les huées d’une foule déchaînée et vous périrez après d’horribles tortures !

            Ce fut un des grands mensonges de ce drame algérien qui en avait vu tant, mais d’autant plus odieux qu’il couvrait l’abandon et la mort d’innombrables Musulmans livrés à la vengeance du FLN.

            Ces hommes étaient pourtant encore des Français, couverts et en principe protégés par les lois et par l’Etat français qui leur demandait  depuis des années de lui faire confiance. La conscience la plus élémentaire eut semblé devoir au moins amener le Pouvoir à informer le pays des mesures décidées et de toutes ses conséquences. Et ce fut une bien piètre et honteuse satisfaction que de se dire qu’en lui dissimulant, on avait épargné sa responsabilité…

            Mais qui aurait pu penser, en Métropole, que depuis sept ans des soldats Musulmans pourchassaient sans répit les fellaghas, que depuis sept ans ils mouraient pour la France et l’Algérie française… et que depuis des mois on cherchait à faire oublier –comme jadis en Indochine- leur existence ? Pendant que le silence les recouvrait, les projecteurs étaient braqués sur les dirigeants du FLN, assassins en puissance qui se pavanaient désormais dans les salons français et qu’il fallait à tout prix transformer pour l’opinion en hommes d’Etat, déjà partenaires et bientôt alliés.

            Mais comment cacher qu’en nombre croissant, ces Musulmans fidèles rejoignaient les combattants de la cause française ?

Si les sphères dirigeantes ne savaient plus comment cacher cette nouvelle situation, le GPRA n’ignorait pas qu’il ne pourrait leur imposer son autorité que si auparavant, l’armée française les eût désarmés. Certains de ses membres reconnaissaient, qu’ils seraient, d’une manière sûre, trois millions à suivre activement et spontanément un mouvement que l’évolution de la situation provoquerait en faveur de la France. Ces hommes, ces Français, ces compatriotes, n’étaient pas un mythe. Ils étaient une réalité vivante.

Du coup, l’Elysée prit peur. Il fallait à tout prix désarmer ces hommes trop zélés qui s’imaginaient encore pouvoir rester français… Le 4 Mai 1962, lors du Conseil des Ministres, De Gaulle déclara : « Les harkis, ce magma dont il faut se débarrasser sans attendre  (sic, Alain Peyrefitte)».  Et ce fut, alors, l’ignoble campagne de désarmement, la conclusion du pacte tacite conclu entre le Pouvoir et le FLN…

            Après avoir évacué les postes militaires du bled et les avoir remis, intacts, aux ennemis d’hier, la troupe reçut l’ordre de désarmer les autodéfenses. Pour ces pauvres gens qui avaient eu confiance en la parole de la France et en ses officiers, la restitution des armes signifiait la mort à plus ou moins brève échéance. Sans doute, que les militaires avaient reçu des ordres stricts. Sans doute, ils se devaient d’obéir à ces ordres. Mais le serment de jadis de conserver l’Algérie à la France et de protéger cette population n’avait-il pas été prononcé ?

Le vieil honneur qui vous lie à une parole est-il une chaîne dont il est loisible de couper les anneaux ? La vie est bien longue à celui que trouble le remords…

            A tous ces hommes désormais voués à la vindicte du FLN, il fallait ajouter ceux qui s’étaient engagés politiquement sans pour autant revêtir l’uniforme. Qui publiera jamais le nombre de maires, délégués spéciaux, conseiller municipaux, élus de tous ordres et fonctionnaires qui avaient déjà payé et qui paieraient encore de leur gorge tranchée, leur loyalisme ?

            Ceux qui s’étaient engagés volontairement du côté de la France connaissaient que trop l’article peu répandu de la charte issue du congrès de la Soummam qui les vouait avec leurs familles à la liquidation physique, pour trahison. Et les milliers d’assassinés depuis 1954 étaient la triste preuve que les Melouza (où le FLN massacra plus de 300 personnes en une seule nuit) n’étaient pas le produit de l’imagination…

            Dès lors, désarmés, livrés sans défense à la vindicte du vainqueur, le génocide des harkis commençait… Dans le bled où le drapeau vert et blanc remplaçait désormais le tricolore, les Musulmans qui avaient toujours été fidèles à la France s’accrochaient désespérément aux camions militaires français et, à bout de force, tombaient en pleurant dans la poussière de la route. Ce sont des images que seuls ceux qui ont une conscience ne pourront de si tôt oublier…

            Désormais, maîtres du bled (et bientôt du pays), forts de leur immunité et de leur impunité, les fellaghas se ruaient à la curée… En dépit des informations alarmantes qui lui parvenaient quotidiennement, le gouvernement français demeura inerte. Pire ! Il participa indirectement à ce génocide en livrant, lui-même, ces pauvres gens à la hache et au couteau des égorgeurs après que Louis Joxe (père de l’ex Ministre de l’Intérieur socialiste, Pierre Joxe), rédigea par deux fois leur condamnation à mort.

 

« Télégramme n° 125/IGAA – 16 mai 1962 / Ultra Secret / Stric. Confidentiel.

            Ministre Etat Louis Joxe demande à Haut Commissaire rappeler que toutes initiatives individuelles tendant à installation métropole Français Musulmans sont strictement interdites. En aviser urgence tous chefs S.A.S. et commandants d’unités. »

                                                                                              Signé : Louis Joxe 

 

Directive de Monsieur Louis Joxe, Ministre d’Etat :

 

            « Je vous renvoie, au fur et à mesure, à la documentation que je reçois au sujet des supplétifs. Vous voudrez bien faire rechercher, tant dans l’armée que dans l’administration, les promoteurs et les complices de ces entreprises de rapatriement, et faire prendre les sanctions appropriées.

            Les supplétifs débarqués en métropole, en dehors du plan général, seront renvoyés en Algérie, où ils devront rejoindre, avant qu’il ne soit statué sur leur destination définitive, le personnel déjà regroupé suivant les directives des 7 et 11 avril ».

 Et conscient du caractère odieux de cette décision, l’honorable ministre avait ajouté :

« Je n’ignore pas que ce renvoi peut-être interprété par les propagandistes de la sédition, comme un refus d’assurer l’avenir de ceux qui nous sont demeurés fidèles. Il conviendra donc d’éviter de donner la moindre publicité à cette mesure. »

                                                                                  15 Juillet 1962

                                                                                  Signé : Louis Joxe

 

            Dans le même temps, le colonel Buis, ancien commandant du Secteur de Bougie, devenu général, écrivain et stratège prisé des médias, donnait depuis Rocher Noir des instructions aux termes desquelles il fallait limiter au maximum le départ des harkis pour la France. Conjuguée avec celles de Joxe, ces directives condamnèrent systématiquement ces pauvres gens. Dès lors leur avenir était tout tracé. Le gouvernement de Ben Bella allait s’en charger d’une manière expéditive…

            A Iri-Llabi, des hommes furent enterrés jusqu’aux épaules, et sur ces têtes posées au ras du sol, une meute de mégères fut invitée à jeter des pierres. Certaines victimes, le crâne fracassé du premier coup, cessèrent vite de souffrir. Mais d’autres mirent des jours à mourir dans de terribles plaintes allant jusqu’à effrayer les troupeaux de chacals qui rôdaient flairant le sang.

- Dans les Aurès, on coupa les mains et on creva les yeux des harkis et des tirailleurs abandonnés par les soldats français.

-  A Tiaret, on les attacha à des poteaux plantés sur les places publiques et on les fit écorcher lentement à coups de canif.

- A Orléansville, on jeta, vivants, ceux qui n’avaient pas pu fuir avec leur chef, le Bachaga Boualam, dans des cuvettes et des chaudrons d’eau bouillante.

- A Nemours, la harka de la demi-brigade de fusiliers marins fut exterminée dans des conditions effroyables. Tous furent émasculés puis ébouillantés.

- A Penthième (département de Bône), harkis et moghzanis furent décapités et leurs têtes exposées à l’entrée d’une cité. La consigne du FLN était de barbouiller de merde la tête de ces malheureux, consigne suivie par les enfants et surtout par les femmes.

- A Edgar-Quinet, village situé au pied de l’Aurès, les harkis du Commandant Guizien qui s’étaient ralliés au Putsch d’avril 1961, furent exterminés avec leurs familles dans des conditions effroyables.

            Partout on fusilla après avoir torturé, on mura dans des bâtisses de pierres, on enterra vivants, on brûla sur des bûchers, on flagella, on égorgea, on roua de coups des victimes enfermées dans des sacs, membres liés.

Dans le Nord-Constantinois, des femmes tuèrent même des captifs à coups de dents !…

Et dans toute l’Algérie ces mêmes scènes d’horreurs se renouvelèrent, ce qui fit dire au Commandant Pierre Granier : « On ne fusilla pas les moghzanis, on ne les pendit pas non plus. Simplement, des dizaines de fellagha les traînèrent par les pieds, par les mains, les frappant à coups de bâtons et de pierres. Ils moururent quarante-huit heures après dans d’indescriptibles souffrances… »

            Ni Jules Roy qui avait stigmatisé l’action des parachutistes français lors de la « bataille d’Alger », ni Mauriac, ni Sartre, ni Monseigneur Duval, ni les communistes, ni l’Eglise, ni les gaullistes, ni les soldats du contingent qui avaient hurlé leur haine de l’Algérie, ni les officiers français qui avaient livré ces martyrs à la vindicte publique, ni les associations prétendument humanitaires, ni Hervé Bourges grand ordonnateur de « l’année de l’Algérie en France », conseiller et ami de Ben Bella, ne s’émurent le moins du monde. Aucune de ces hautes consciences qui font résonner le monde de leurs sermons et tiennent toujours prêtes des pétitions couvertes de signatures, ne vit dans ces massacres la moindre atteinte à la dignité des hommes et à leur liberté.

Et l’horreur de la situation devint telle que le Lieutenant de Vaisseau Cucherat rejoignit les rangs de l’OAS et résuma dans un cri d’indignation à l’adresse des officiers Français toute cette tragédie :

« Il n’y a pas en ce monde d’expiation qui puisse ressusciter les harkis ébouillantés, effacer les mutilations des suppliciés… réparer le suicide des pères désespérés, ou guérir les vieillards conduits à la folie par votre traîtrise et votre lâcheté. Il n’y a pas de drogue qui puisse endormir en vous cette honte et ce remords qui vous empêcheront de plus regarder jamais dans les yeux, à supposer qu’ils vivent encore, le chef de votre ancienne harka, ou le maire de votre regroupement, et tous ceux qui avaient cru en votre parole, s’étaient engagés derrière vous et à qui vous avez menti… »

                                                                                                                                                                                                                                           José CASTANO e-mail : joseph.castano0508@orange.fr

Merci José ...

17.09.2009

Où va la Russie ?

Moscou, à la recherche d’une identité post-soviétique

 

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‘’La Russie aura un niveau d’armement tel que personne n’aura 

 

 l’idée de menacer notre pays ou nos alliés.’’[i]

 

D. Medvedev

Président de la Fédération de Russie

10/09/2009

 

La fin de la Guerre froide a précipité la chute du communisme soviétique, tombé en 1991, dans les oubliettes libérales de l’histoire. Dans le même temps, cette chute finale a été le point de départ d’une renaissance de la Russie post-communiste, après une phase de transition ‘’libérale’’, particulièrement délicate - sous l’impulsion de B. Eltsine - qui l’a affaiblie et aggravé, in fine, un trouble identitaire.

 

Aujourd’hui, la Russie de D. Medvedev a quasiment achevé sa reconstruction économique et politico-psychologique. Mais sa réémergence comme puissance internationale majeure n’est pas toujours acceptée, notamment par le leadership américain, qui a pris le contrôle de la destinée du monde depuis la lutte implacable contre la menace communiste - perçue comme ‘’l’axe du mal’’ - et, en cela, imposé son unilatéralisme dans la gouvernance mondiale. La lutte Est/Ouest aurait, en quelque sorte, légitimé l’hégémonie internationale de Washington, comme leader incontesté et messianique du monde libre. Par la suite, sous l’impulsion de l’idéologie néo-conservatrice expansionniste de G.W. Bush, elle a entrepris de réhabiliter le ‘’facteur force’’ comme régulateur géopolitique, en réarmant le bras de la justice internationale et en relançant, par ce biais, la course aux armements[ii].

 

Face à cette résurgence de l’impérialisme politico-militaire américain et se sentant menacée, Moscou a été contrainte de recentrer son système de défense sur l’arme nucléaire – pour se protéger d’une Otan de plus en plus agressive à sa proche périphérie comme l’a montré, en 1999, le scénario yougoslave avec l’attaque et la déstabilisation d’un Etat souverain. En violant allègrement la résolution 1224 du conseil de sécurité de l’ONU sur l’intégrité territoriale de la Serbie, l’Otan - sous la bienveillance de Washington - montre alors qu’elle est au dessus des lois internationales et que sa capacité d’intervention s’est élargie à l’ancien espace communiste. Et son élargissement programmé est susceptible d’accroitre les tensions avec la Russie, comme le reconnait D. Medvedev : ‘’L'OTAN devrait éviter d'aggraver les relations avec ses voisins. Avant d'admettre de nouveaux membres, il faut étudier les éventuelles conséquences d'une telle décision (…)’’[iii] Mais, le plus troublant est de voir, au cœur de l’espace post-soviétique, le maintien d’une forme de conflictualité latente américano-russe issue de la Guerre froide, dans la mesure où la Russie post-communiste reste l’adversaire stratégique privilégié de l’hyper-puissance américaine – et inversement.

 

Dans son essence, la lutte américano-russe pour le leadership politique en Eurasie post-soviétique n’a pas cessé avec l’arrivée d’Obama à la présidence américaine. Cela est implicitement confirmé par Herman Pirchner, président du Conseil américain de politique étrangère, qui reconnait l’existence de tensions, liées au maintien de barrières idéologiques et de pressions américaines sur la politique russe dans les ex-républiques soviétiques. Le 9/09/2009, il admet notamment que ‘’les disputes sur les destinées de l'espace post-soviétique entravent la coopération sur plusieurs questions d'intérêt commun’’[iv]. Car désormais, Washington doit assumer ses nouvelles responsabilités issues de son avancée en zone post-soviétique permise, à l’origine, par le recul russe. Et cette configuration explique la radicalisation d’une lutte d’influence centrée sur le contrôle d’un espace stratégique.

 

Ainsi, la Russie moderne cherche à retrouver sa place dans le système des relations internationales contre une certaine forme de méfiance, voire d’hostilité de la part du bloc libéral occidental, qui continue à voir en elle l’héritière de la puissance communiste. Et sa montée en puissance fait d’autant plus peur que de facto, elle remet en question l’influence de la puissance américaine en Eurasie post-soviétique – principalement en zones caucasienne et centre-asiatique, où de gros intérêts politiques, militaires et énergétiques sont en jeu. Autrement dit, son retour remet en cause les fondements même du nouvel ordre international libéral, dirigé par Washington et au-delà, menace de multilatéraliser ce dernier. Un enjeu sous-jacent au retour russe est donc le nouveau statut de Moscou sur la scène internationale qui, dans ses grandes lignes, sera fonction de sa capacité à reprendre en main l’espace post-soviétique – autrement dit, à recouvrer une certaine légitimité dans son ancienne zone de domination impériale, que la stratégie américaine visait, jusque là, à éroder.

 

De ce point de vue, il serait opportun de s’interroger sur la capacité de Moscou à se définir une nouvelle identité post-soviétique, intégrant les principales évolutions géopolitiques issues de la faillite du communisme. Et, en définitive, de se poser une question centrale et redondante : où va la Russie ?

 



[i] ‘’Défense : la Russie doit être suffisamment armée’’, D. Medvedev, 10/09/2009, www.fr.rian.ru.

[ii] Selon le rapport du Congrès américain, Washington aurait exporté, en 2008, pour 37,8 milliards de dollars d’armes contre seulement 3,5 milliards à la Russie. Autrement dit, elle vendrait 10 fois plus d’armes dans le monde que la Russie, renforçant ainsi sa première place internationale. Et surtout, sous la pression du lobby militaro-industriel américain, elle remporte une victoire spectaculaire dans la course aux armements initiée, depuis la Guerre froide, contre la Russie. Réf. : ‘’Washington affirme avoir vendu dix fois plus d’armes que la Russie’’, Revue de la presse russe du 8 septembre, Gazeta.Ru/Izvestia/Komsomolskaïa pravda, 8/09/2009, www.fr.rian.ru.

[iii] ‘’Elargissement de l'OTAN: le président russe conseille d'étudier les éventuelles conséquences’’, D. Medvedev, 2/04/2009, www.fr.rian.ru.

[iv] ‘’Russie-USA : la lutte antiterroriste entravée par les divergences en ex-URSS’’, H. Pirchner, 09/09/2009, www.fr.rian.ru.

 

LIRE LA SUITE : Idée.nationale.russe.doc

15.09.2009

Pour la naissance d’une OAS européenne et occidentale

oas_logo-3df23.jpgS’APPROCHE LE 50ème anniversaire du 24 janvier 1960. Journée qui fut à l’origine de la semaine des Barricades d’Alger.

 

Cet événement FUT SANS AUCUN DOUTE, LA MEILLEURE OCCASION DE SAUVER L’ALGERIE FRANCAISE.

 

Cette étude n° 19, constitue donc LE PREMIER CHAPITRE D’UNE SERIE D’ETUDES CONSACREES A CET EVENEMENT.

 

Nous y étudions l’événement DECLENCHANT, c’est-à-dire :

 

LE DISCOURS DU 16 SEPTEMBRE 1959

PRONONCE PAR LE GENERAL DE GAULLE

 

Le discours du 16 septembre 1959, prononcé par le chef de l’Etat Charles De Gaulle, je l’interprète aujourd’hui encore comme une expression de dégoût.

 

Un dégoût suscité, suggéré, et projeté vers l’auditoire de ce discours.

 

Il prétend, à tout prix, générer dans l’esprit de nos concitoyens métropolitains, un refus de l’Algérie. Et plus que tout, un rejet de tous les Français d’Algérie quelles que fussent leurs religions respectives.

 

Après avoir évoqué les avantages de SA nouvelle république, la Vème, il précise d’emblée :

 

« pourtant, devant la France, un problème difficile et sanglant reste posé : celui de l’Algérie ».

 

Dès l’abord du sujet, il veut provoquer un réflexe de refus chez nos compatriotes, à l’égard :

 

« de ceux-ci ou bien ceux-là, qu’obnubilent en sens opposé, leurs intérêts, leurs passions et leurs chimères ».

 

Malgré l’excellente précision stylistique illustrée dans ces mots « de ceux-ci ou bien de ceux-là », on perçoit facilement que lorsqu’il parle « d’intérêts, de passions et de chimères », il fait allusion tout préférentiellement à ce qui motive d’après lui les partisans de l’Algérie française.

 

Quant il ajoute, un peu plus loin dans ce discours,

 

« là, végètent des populations ».

 

il ne prend pas de gant, il ne prétend qu’à une seule chose : provoquer en France, parmi ceux qui ne connaissent pas l’Algérie, une réaction d’hostilité. Il veut faire naître une réaction de mépris à l’égard de l’œuvre française en Algérie. Il insulte la France en utilisant le verbe « végéter » avec une délectation pleine de dédain pour ces populations dont il avait dit seize mois plus tôt, qu’elles étaient constituées « de Français à part entière ».

 

Il précise dans le même paragraphe, qu’il s’agit, avant tout, d’une population

 

« doublant tous les 35 ans, sur une terre en grande partie inculte ».

 

Il induit, dans ce détail prévisionnel, une réaction de méfiance et surtout de crainte à l’égard des populations d’Algérie qui

 

« sont, pour les trois quarts, plongées dans une misère qui est comme leur nature ».

 

Il prétend ainsi donner de l’Algérie, une identité d’inaccessibilité au rayonnement et plus banalement aux compétences de la France. « leur nature (celle des Algériens), c’est la misère. Que voulez-vous que l’on en fasse chez nous ? ».

 

Voilà le réflexe de rejet raciste qu’il veut induire chez nos compatriotes.

 

Alors, que va-t-on faire « de ce peuple dont la nature est d’être miséreux ? »

 

On va lui demander,

 

« au nom de la France et de la République, en vertu des pouvoirs octroyés par la Constitution, »

 

de se déterminer. Car dans la constitution de 1958, tout est prévu pour décider de l’avenir français ou non de tel ou tel fragment de la Nation.

 

L’auto-détermination devient ainsi le seul moyen par lequel va s’exprimer le choix des Algériens.

 

Quand ?

 

« Au plus tard quatre années après le retour effectif à la paix ».

 

Oui, mais c’est quoi la paix ?

 

« C’est une situation telle, qu’embuscades et attentats n’auront pas coûté la vie à 200 personnes en un an. »

 

Donc, jusqu’à 200 cadavres par an, c’est la paix.

 

A partir de 201 cadavres par an, c’est la guerre.

 

C’est une formulation mathématique dont la puérilité fut soulignée en public. Par qui ? Par moi-même au Procès des Barricades devant le Haut Tribunal Militaire qui nous jugeait.

 

Quelles sont les options ouvertes par l’auto-détermination ?

 

« 3 solutions concevables feront l’objet de la consultation. »

 

          PREMIERE OPTION : LA SÉCESSION

 

« Je suis, pour ma part, convaincu qu’un tel aboutissement serait invraisemblable et désastreux. »

 

          « La sécession entraînerait une misère épouvantable, un chaos politique, un égorgement généralisé, »

 

et stupidité parmi les stupidités dans le propos du chef de l’Etat, c’est

 

« la dictature belliqueuse des communistes »

 

qui s’imposerait. Ce qui revient à donner naissance, toujours d’après Charles De Gaulle,

 

« à un extraordinaire malheur. »

 

Quand on est informé, comme je crois l’avoir rappelé dans « L’islamisme dans la guerre d’Algérie », du rôle accessoire pour ne pas dire négligeable du PC dans la guerre d’Algérie, on est surpris du manque de savoir apparent affichépar le général De Gaulle, quant à l’identité réelle de la guerre d’Algérie.

 

Pas un seul instant il n’évoque la motivation arabo-islamiste de la guerre d’Algérie. Mais le sait-il vraiment ?

 

 

          DEUXIEME OPTION : LA FRANCISATION

 

Il la présente, cette option, comme s’il voulait développer d’emblée une crainte chez les Français de la métropole. Une attitude de refus, voire même une réaction de panique. Examinons comment il présente cette francisation :

 

« … les Algériens pouvant accéder à toutes les fonctions publiques… résidant ou travaillant où bon leur semble …. devenant partie intégrante du peuple français qui s’étendrait dès lors EFFECTIVEMENT DE DUNKERQUE A TAMANRASSET. »

 

C’est tout juste s’il ne précise pas : « voilà ce que vous subirez en cas de francisation de l’Algérie. »

 

TROISIEME OPTION : UNE ALGERIE EN UNION ETROITE AVEC LA France

 

          Une Algérie dont le régime intérieur serait, d’après De Gaulle, de type fédéral, de manière à protéger chaque communauté religieuse à l’égard de l’autre.

 

Il semble se souvenir, tout à coup, qu’en Algérie trois grands courants religieux cohabitent.

 

La religion musulmane

La religion chrétienne

La religion juive

 

Par ordre d’importance démographique.

 

Par ordre d’ancienneté historique, il aurait pu être plus précis,

 

La religion juive

La religion chrétienne

La religion musulmane

 

Mais était-il vraiment informé de la signification religieuse universelle de la guerre d’Algérie ? De la volonté arabo-islamiste de soumettre à sa loi toutes les autres expressions de la foi en Dieu en Algérie … et ailleurs ?

 

Il a trouvé ! La solution c’était facile. Il fallait y penser !

 

UNE SOLUTION FEDERALE.

 

C’est-à-dire quoi ?

 

-         que la collectivité juive serait gérée par un organisme gouvernemental juif,

-         que la collectivité chrétienne serait gérée par un organisme gouvernemental chrétien,

-         que la collectivité musulmane serait gérée par un organisme gouvernemental musulman, lui-même morcelé en fractions, compte tenu des différentes formulations du culte musulman en Algérie.

 

Ces trois « organismes gouvernementaux » fonctionneraient sous l’autorité d’un gouvernement national, un gouvernement fédéral qui harmoniserait la vie à l’intérieur de cette Algérie nouvelle.

 

Ce n’est même pas de l’utopie. C’est un propos qui est frappé du sceau de l’analphabétisme politique le plus total. Un propos adressé à un peuple français que lui-même traite implicitement, dans ce discours, comme un peuple analphabète à ce moment-là. Car ce peuple est totalement désinformé de la réalité algérienne.

 

 

ET LES REBELLES ?

 

Il s’adresse à eux. En réalité, ce qu’il leur dit revient à déclarer ceci :

 

« L’insurrection ne se justifie plus, puisque je vous livre l’Algérie sur un plateau. »

 

Les rebelles donc ?

 

« leur libre retour » est envisagé.

 

Il est offert par l’Etat français.

 

Charles De Gaulle évoque néanmoins l’hypothèse suivante :

 

Si ceux qui veulent l’indépendance sont

 

« résolus à établir par la force et par la terreur leur dictature totalitaire… »

 

Qu’ils sachent

 

« qu’il n’y a aucune chance que la France se prête à un pareil arbitraire ».

 

OUI …. MAIS ….

 

QUE S’EST-IL DONC PASSE A EVIAN EN MARS 1962 ?

 

Avons-nous été l’objet d’un délire hallucinatoire ?

 

Non ! De Gaulle s’est bien soumis aux exigences de l’ennemi. Il a obligé la France à plier genoux devant l’arbitraire du FLN. Nous précisons, devant l’arbitraire du FLN de l’Extérieur. Il y a même applaudi.

 

Comme il s’était engagé à le faire devant Ferhat Abbas en 1956 par l’intermédiaire de l’agent de liaison gaullo-FLN de l’extérieur, « le pèlerin de Montreux », Abderrahmane Farès.

 

 

QUELLES FURENT LES REACTIONS PROVOQUEES PAR CE DISCOURS A ALGER TOUT PARTICULIEREMENT ?

 

Je me souviens d’avoir écouté ce discours chez mon camarade de jeunesse, condisciple du Lycée Bugeaud depuis la 5ème, et frère d’armes de notre combat, Georges Beauvais, place Wuillermoz à Bab el Oued.

 

Nous en avons ressenti les effets comme ceux d’un coup de poignard. Et j’avoue aujourd’hui encore, mon ingénuité de l’époque.

 

En effet, j’étais persuadé, le 16 septembre 1959 au soir, que tous les Français d’Algérie, les musulmans partisans de l’Algérie française, le monde « Algérie Française » de métropole, l’armée française allaient réagir par une opposition violente et clairement exprimée contre cette trahison. Contre ce discours capitulard.

 

J’ai téléphoné à Joseph Ortiz pour convoquer dès le lendemain matin, une réunion du Bureau du FNF.

 

Il s’agit du Front National Français, mouvement créé par Joseph Ortiz, au printemps 1959 : c’était un mouvement d’inspiration nationale exclusive qui se proposait de défendre la France, l’Europe et l’Occident, par la conservation de l’Algérie à l’intérieur de l’entité nationale française. J’exerçai très rapidement des fonctions très importantes au sein de ce mouvement en m’occupant tout particulièrement de son organisation intérieure et de ses commandos de choc.

 

Cette réunion se tint chez Jacques Laquière, au Boulevard Carnot : y étaient présents, parmi d’autres, Susini et Sanne.

 

Je me souviens de notre surprise plus qu’amère devant le commentaire aberrant et surtout inattendu de mon vieil ami Jean Brune, dans le journal de Schiaffino « La Dépêche quotidienne ».

 

Pour Jean Brune, ce discours du 16 septembre 1959, c’était un bon discours puisque De Gaulle nous laissait le temps de vaincre la rébellion…. Et pour choisir, bien évidemment, la bonne option une fois la victoire acquise.

 

Jean-Marie Sanne, qui faisait partie du cabinet militaire de Massu, s’est éclipsé de notre réunion pendant quelques minutes pour aller à la rencontre de son patron, Massu donc, commandant du Corps d’Armée d’Alger, et lui demander son avis sur ce discours qui nous avait fortement ébranlés.

 

La réponse de Massu, en substance :

 

« c’est un très bon discours, il ne nous reste plus qu’à vaincre le FLN ».

 

Ce fut la stupeur lorsqu’il revint nous informer de la soumission de Massu au discours gaulliste.

 

Ortiz prend alors la décision de demander audience au Général Challe, commandant en chef en Algérie. Stupeur !

 

« C’est un excellent discours… le Général nous laisse le temps de vaincre le FLN. »

 

Pauvre Challe....

 

Ayant regroupé ses plus belles unités sur l’ordre de son ministre Guillaumat, dans une formation militaire d’élite, « les Unités de Réserve Générale », Challe obtint de belles victoires, des victoires spectaculaires, sur les bandes rebelles.

 

Il était convaincu qu’il était en train de gagner la guerre d’Algérie grâce à ces nouvelles opérations pleines de prestige qui ont fait naître un véritable état d’euphorie chez nos militaires. Le général en chef ne savait pas, et surtout ne se doutait pas, que ce rôle lui avait été imposé par De Gaulle, en accord avec Ferhat Abbas.

 

Si De Gaulle voulait obtenir le cessez-le-feu en Algérie, il lui fallait, dans un premier temps, libérer le GPRA créé en septembre 1958, de la menace que représentaient les maquis de l’intérieur.

 

Ceux-ci reprochaient avec haine à ceux de l’extérieur, d’être des « révolutionnaires de palace ».

 

Ils s’apprêtaient à leur réserver, dès leur retour en Algérie, une célébration plus que « rougeoyante ».

 

Cette complicité opérationnelle et tactique entre De Gaulle et le GPRA sera à l’origine de l’affaire SI SALAH, qui aura pour objectif réel de débarrasser Ferhat Abbas et le GPRA de la menace de mort que représentait la puissante Wilaya IV.

 

Une Wilaya presque totalement détruite en 1960, certes. Mais politiquement et militairement en potentiel de renaissance vigoureuse, le jour où l’armée française interromprait ses opérations sur son territoire.

 

J’ai cru devoir insister, avec force, dans mes deux derniers ouvrages [1] sur cette vérité indéniable : lors des opérations prestigieuses mises en œuvre « sur les crêtes », de « Jumelles » à « Pierres Précieuses et Ariège » on a fait tuer des soldats français, en réalité, pour le compte ou plutôt pour le service du GPRA et de l’ALN de l’Extérieur.

 

C’était ça, le drapeau blanc que devait brandir De Gaulle, sur l’exigence formulée publiquement et clairement par Ferhat Abbas, si le chef de l’Etat français voulait obtenir par dessus tout, quel qu’en fût le prix :

 

le cessez-le-feu en Algérie

 

Et il l’obtint.

 

C’est d’ailleurs dans la rancune haineuse vouée désormais contre les extérieurs par les maquisards de l’intérieur qu’il faut situer l’origine réelle du drame d’Oran, du 5 juillet 1962 dont nos frères et sœurs d’Oran furent les scandaleuses victimes.

 

 

Et tout cela, De Gaulle l’a-t-il obtenu en violation de la Constitution ? En violation de ce sacro-saint principe qui précise que « la République est une et indivisible ? »

 

QUE NON !

 

 

Tout était prévu dans la Constitution, en particulier par l’article 53 pour que l’abandon fût possible, sous la condition, précisée dans le texte, d’être approuvée par une consultation du peuple français. Par un référendum.

 

Il a fallu être singulièrement aveugle, inepte et je fais un énorme effort pour rester poli dans mon propos, pour avoir osé faire campagne en Algérie, pour le OUI à ce référendum maudit du 28 septembre 1958. Faire campagne pour le OUI au nom de l’Algérie française. OUI à De Gaulle, « c’était » osait-on nous dire, « OUI à l’Algérie française ».

 

Aujourd’hui l’Algérie française c’est une terre perdue. Un territoire abandonné. Déserté par une armée qui accepta la défaite, qui accepta que l’héroïsme de nos soldats tués en Algérie fût un héroïsme galvaudé, offert en quelque sorte dans une corbeille de mariage entre le gaullisme capitulard et le FLN.

 

L’Algérie d’aujourd’hui c’est une terre qui n’est plus la mienne. Une terre qui est devenue le fondement moral, psychologique, ésotérique, métaphysique d’une nouvelle conquête de la France espérée par nos ennemis.

 

Une conquête de la France par ceux qui séjournent en vainqueurs « où bon leur semble » sur le territoire de la République et qui prétendent être à l’origine dans des délais moyens, d’une modification radicale de l’identité de la France, puis de l’Europe puis de l’Occident.

 

Cette valeur ésotérique ou métaphysique de la nouvelle conquête qui nous menace, c’est l’indépendance offerte par De Gaulle qui l’a symbolisée pour l’avenir et pour l’éternité. La victoire d’une insurrection arabo-islamiste sur une grande nation d’Occident. Une victoire obtenue hier non pas grâce à la force d’une puissante armée ennemie, une menace actuelle représentée non pas par une force politico-militaire cohérente et organisée, non pas par une force arabo-islamiste parfaitement hiérarchisée mais par une perversion des comportements politiques qui, pour des raisons économiques, tentent de soumettre la France à la Charria.

 

C’est en tout cela que s’exprime aujourd’hui le résultat appréciable de la politique involutive gaulliste.

 

« Vous aurez l’Algérie de Tamanrasset à Dunkerque » avait déclaré Ben M’Hidi en 1957.

 

Il nous faut en conséquence redouter quelque chose de dramatique pour demain : c’est la naissance dans les décennies à venir, d’une OAS européenne et occidentale qui oserait lever l’étendard de la révolte contre la perte d’espérance et pour la survie de l’Occident.

 

L’Occident que nous avons essayé de défendre en Algérie française. L’Occident, c’est-à-dire, l’espace géopolitique à l’intérieur duquel les chrétiens peuvent vivre et s’exprimer sans crainte du malheur… mais avec l’espérance de Gloire.

 

Nice, le 15 septembre 2009

Jean-Claude PEREZ

13.09.2009

EYN BRERA, PAS LE CHOIX !

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"Il est douloureux mais il ne ploie pas" fut la réponse de Menahem Begin au secrétaire d'Etat américain qui s'enquérait de la situation de son genou. Et effectivement M. Begin (zal) pouvait ressentir des douleurs mais il maintenait qu'un Juif "ne se prosterne que devant l'Eternel". Et lorsque à Camp David le président américain Carter est venu lui demander de discuter du statut de Jérusalem, M. Begin a donné l'ordre à sa suite de préparer les valises pour un départ immédiat. C'est le genou de Carter qui a plié !

 

 

Les pressions américaines peuvent être douloureuses mais l'Etat Juif ne doit pas s'y plier. Toute concession actuelle entraînera  d'autres concessions fatales.

Le fait que M. Natanyahou, après avoir brillamment expliqué les droits du peuple juif sur toute sa terre ancestrale, ait accepté l'idée néfaste d'un état arabe supplémentaire sur la terre juive est devenu un nouveau point de départ des pressions "obamiennes". Oubliées les conditions posées à la création de cet état car c'est un général américain qui entraîne la future armée "palestinienne" sous couvert de "police anti-terroriste"!

Ce ne sont pas des ovations que le premier ministre israélien a recueilli mais l'exigence insensée d'un arrêt de la construction en Judée-Samarie et même à Jérusalem. A peine ce gel inique et scandaleux est-il rentré dans les faits que l'équipe Obama exige la signature du Traité de non prolifération nucléaire, ce qu'aucune administration américaine ne s'était jamais autorisée à exiger. Et Hussein Obama se fait photographier en parlant au téléphone avec Natanyahou, les pieds sur son bureau et en montrant ses semelles. Se serait-il permis une telle attitude avec un autre premier ministre d'un quelconque état dans le monde? Une prosternation devant le Roi d'Arabie et les semelles pour Israël !

Pendant ce temps l'Iran discute avec le nouveau locataire le la Maison Blanche qui exclut le droit d'Israël d'attaquer ses installations nucléaires.

Le rassemblement des terroristes du Fatah à nos portes à Bethlehem, a prouvé de la manière la plus évidente que les "modérés" arabes veulent notre destruction contrairement aux "extrémistes" qui souhaitent notre "extermination". Il ne reste plus qu'à négocier la manière dont nous devrions commettre  notre suicide national pour complaire aux Mitchell, Kouchner, Brown et autres nouveaux vikings suédois. Natanyahou dans sa position ne devrait pas négocier avec Mitchell, un anti-israélien notoire,  mais lui envoyer son propre représentant, par exemple le secrétaire général du Conseil des localités de Judée-Samarie.  

Il fut un temps où l'arme essentielle de notre pays était le manque de choix. "Eyn Bréra" disions nous et nous réussissions les exploits les plus héroïques et les plus complexes. Aujourd'hui le manque d'esprit patriotique et l'anesthésie défaitiste opérée par la gauche israélienne nous amène à déclarer qu'il n'y a pas le choix et donc à nous croiser les bras.

C'est ainsi que nous restons impotents devant la menace arabe intérieure et devant les agissements de la cinquième colonne "juive". Huckabee, l'un des  anciens et brillants candidats républicains à la présidence US, a raison de déclarer que les dizaines de millions d'évangélistes américains soutiennent Israël et ses droits avec plus d'ardeur que "certains dans la communauté juive américaine et dans l'opinion publique israélienne". Parlons clairement et agissons avec raison juive pour regagner le respect de nous-mêmes, pour que nous puissions être compris, respectés et même soutenus.

Notre légitime indignation accompagne l'inacceptable article suédois nous ramenant aux heures les plus noires de l'antisémitisme européen. Nous avons raison d'exiger une réaction du gouvernement scandinave. Mais quid chez nous?

Qu'avons-nous fait de ces irresponsables israéliens qui ont fourni au monde entier un rapport sur des soldats israéliens qui auraient tiré sur des arabes comme toujours et par définition "civils, innocents, enfants et désarmés"? Où est la vertueuse indignation juive? Que faisons nous de ces "militants de la Paix" respectables qui ont fourni aux arabes des caméras pour filmer les actions des soldats de Tsahal? Quelles mesures avons-nous prises contre ces individus qui parcourent les réimplantations juives en Judée et en Samarie pour traquer la moindre trace de plâtre ou une nouvelle terrasse? Pourquoi tolérons nous le financement pléthorique de ces associations par des fonds étrangers officiels et hostiles?

Le ministre Yaalon a tort de parler seulement de virus avec lequel un individu affaibli et malade peut néanmoins continuer à vivre. Cette minorité masochiste qui ne représente en rien la volonté nationale finit par agir non comme un virus mais comme un cancer qui étend ses métastases jusque dans les bureaux gouvernementaux et  les universités après avoir rongé toutes les cellules saines des médias. Pourquoi serions nous le seul pays au monde où en temps de guerre, on ne punit pas l'intelligence avec l'ennemi, l'espionnage et le fait d'être un agent de l'étranger ?!

Mettons bon ordre chez nous et ne permettons pas que notre démocratie devienne une arme dévoyée par les ennemis de l'Etat juif. Nul ne force ces Juifs à rester en Israël et commençons par appeler sans complexe les choses par leur nom: Ce sont des traîtres.

Une fois isolées les cellules cancéreuses,  le peuple se ressaisira et saura que le choix est entre la fin de notre état juif ou la victoire sur tous les ennemis.

Il n'y a donc plus le choix.  Nous sommes condamnés à réussir, à accomplir notre destin et à vaincre.

Eyn Bréra !

 

Jacques KUPFER

Président du Bloc National des Juifs Francophones 

09.09.2009

Un français devient un des "patrons" de l'OTAN

abrial.jpgLe général Stéphane Abrial, prend aujourd'hui la tête d'un des commandements «suprêmes» de l'Otan. Un poste stratégique pour la FRANCE ?

Le général Abrial incarne le retour de la France au sein de l'Otan. C'est la première fois dans l'histoire de l'Otan que l'un de ses commandements suprêmes est confié à un non Américain, l'ancien chef d'état-major de l'Armée de l'Air, succède au général américain James N.Mattis. La passation de pouvoir aura lieu sur la base navale américaine de Norfolk ( en Virginie, est des États-Unis), la plus grande au monde, à bord de l'un des onze porte-avions géants de l'US Navy, l'USS Dwight D.Eisenhower. Après la cérémonie, le Français se retrouvera à la tête du Commandement allié Transformation, véritable «tête chercheuse» de l'Alliance atlantique, en charge, notamment, de la réflexion sur les défis, besoins et missions futurs de l'Otan.

Stéphane Abrial, qui a fêté lundi ses 55 ans, se réjouit de cette nomination, qui couronne une carrière marquée par sa forte dimension internationale. Après l'École de l'air, ce natif de Condom, dans le Gers, a franchi pour la première fois l'Atlantique en 1974 pour rejoindre l'US Air Force Academy. Deux ans plus tard, de retour en France, il devient pilote de chasse. Déplacé dans différentes parties de l'Europe, le Français prend vite du galon et accomplit plusieurs missions d'importance.

En 1996, il rejoint Bruxelles et découvre les coulisses de l'Otan. La France n'en fait plus partie, mais il se voit cependant confier la «rénovation» des structures militaires intégrées, avec succès. «Elle a été agréée par les dix-neuf États membres en 1999». À la tête de l'Armée de l'Air française, de juillet 2006 à août 2009, le général est finalement nommé à son nouveau poste en juillet dernier, pour une durée de trois ans. Une fois en place, Stéphane Abrial devrait en toute logique se faire l'écho des ambitions réformistes de la France. Paris ne s'en cache pas: «Nous voulons une Alliance plus réactive et dotée de structures plus légères», a-t-on déjà appris. L'avenir dira si cette nouvelle voix saura se faire entendre. Cependant le général vient de déclarer que sa mission était clairement le service de l'ensemble des états membres et non pas une quelconque influence occulte de la France. 

07.09.2009

Algérie française ou Révolution islamiste ?

ALGERIE FRANCAISE.jpg-         Jean-Claude PEREZ, vous soutenez avec insistance, que le début réel de la guerre d’Algérie ne se situe pas au 1er novembre 1954, lors de « La Toussaint Rouge », mais bien avant. Pourquoi ?

 

-         Vous déclarez être responsable d’un enseignement sur la guerre d’Algérie. Comment justifiez-vous une telle prétention ?

 

-         Avez-vous le sentiment d’être un vaincu ?

 

-         Le 8 mai 1945, représente, d’après vous, la date du début militaire de la guerre d’Algérie. Pouvez-vous être plus précis ?

 

-         Pour vous, l’abandon de l’Algérie française se situe à l’origine de la REVOLUTION MONDIALE ISLAMISTE ACTUELLE. Celle-ci s’attaque non seulement à l’Europe mais aussi à la totalité de l’Occident. En deux mots, pourriez-vous enrichir ce point de vue ?

 

 

Mon commentaire : encore une déferlante d’interrogations ! Et par dessus le marché, on me demande de répondre en deux mots !

 

 

PREMIERE QUESTION : Le début réel de la guerre d’Algérie.

 

La Toussaint Rouge ne s’identifie évidemment pas au début historique de la guerre d’Algérie.

 

Depuis 1920, la IIIème République ne s’est jamais opposée, en effet, à la mise en place du dispositif opérationnel qui sera expérimenté plus tard, comme moyen de guerre contre la France.

 

I – Tout remonte au 4 février 1919. 11 semaines à peine après l’armistice du 11 novembre 1918, le Journal Officiel publie les décrets d’application d’une loi. Cette dernière se propose de réactiver le Senatus-Consulte de Napoléon III, promulgué le 14 juillet 1865.

 

Ce Senatus-Consulte établissait la possibilité d’une accession des musulmans d’Algérie à la citoyenneté française, sous la condition de renoncer à leur statut personnel. C’est-à-dire de se soumettre au Code Napoléon, comme tous les autres citoyens français. C’était bien sûr ce qu’il fallait obtenir : la citoyenneté accompagnée de la sécularisation des musulmans d’Algérie dans le vécu quotidien de leur foi.

 

Mais on a choisi intentionnellement, pour l’entrée en vigueur de cette loi du 4 février 1919, un moment dramatiquement inopportun.

 

En effet, 11 semaines à peine après l’armistice, dès la fin de la première grande boucherie européenne, qui pouvait être préoccupé en France et en Algérie, du statut des musulmans ?

 

La manœuvre, en réalité, était secrètement motivée par la volonté de provoquer la naissance d’un dispositif de riposte.

 

Celui-ci allait s’identifier à l’appareil de guerre capable d’exercer sa pugnacité contre la France en Algérie…., le moment venu.

 LIRE LA SUITE : n° 17 article.doc

05.09.2009

Robert Dun

J’ai rencontré Robert Dun ( Maurice Martin ) il y a longtemps, à plusieurs reprises, en compagnie de mon ami, disparu lui aussi, Daniel Rude. C’est peu dire que nous avions des divergences. Mais, comme Daniel, c’était un homme libre et un ami … Il savait la difficulté de l’originalité dans la réflexion. En ces temps de dictature sourde, de pensée unique c’est-à-dire de lâcheté assumée, respirons l’odeur des forêts.

Jean-Marc

 

1877797518.jpgBernard-Henry Lévy a un tel souci de l’adéquation des mots qu’on ne saurait me reprocher de la prendre à la lettre. Il nous dit : « la première expérience de l’homme hébreu est celle d’une séparation radicale, d’une étrangeté absolue, de l’absence du Ciel sur la terre et de la terre au Ciel: de l’inexistence radicale de celui qu’il appelle son Seigneur ». Le divin est donc radicalement absent de ce que les uns appellent la création et les autre le monde concret. Or le début de la Bible s’intitule la Genèse et celle-ci nous explique avec force précisions comment Dieu créa le monde, la terre, les eaux, les animaux et l’homme. Ce qui signifie étymologiquement que Dieu est radicalement présent dans le monde, puisqu’il en est la racine.
Le dilemme fondamental entre les religions du désert et les religions naturelles est exactement là: les premières considèrent un divin extérieur, créateur ou non du monde concret, les secondes un divin « immergé dans la matière » pour citer Teilhard de Chardin. Pour les secondes, la révélation se situe dans les lois de la matière et de la vie: dans la physique et la biologie.
Le point culminant de l’opposition entre le divin et le concret a été atteint par le catharisme dont la vision peut se résumer en trois propositions; « l’esprit est de Dieu; la matière est du diable; le péché suprême est la procréation ». Le catharisme admet une puissance spirituelle anti-divine et remet par là en cause le monothéisme. Implicitement B.H Lévy en fait autant: si le divin est radicalement absent de la création, si donc il n’est pas le créateur, la création contenant des êtres animés et conscients, qui est l’entité créatrice? Les sciences montrant indubitablement un double mouvement de tropisme et d’entropie et le Dieu de B.H Lévy étant radicalement absent, qu’elle est la force motrice? Quel est l’auteur du plan?
La conclusion s’impose: une idée du divin absent du monde est une absurdité qui ne résiste pas à deux minutes d’examen.
Je mène ce début de discussion avec répugnance. J’ai horreur des jongleries verbales et mon premier sentiment sur le divin a été exprimé par Goethe: « Qui peut nommer l’innommable ? Qui peut dire : je crois en lui? Qui peut dire: je ne crois pas en lui? » Oh! Ne vous pressez pas de triompher! Il n’y a là aucune concession à votre étranger absolu. Le centre et le rayon sont tout aussi abstraits que le plus abstrait des dieux du désert; ils n’en déterminent pas moins un cercle et une sphère, ne sont donc pas « radicalement inexistants » mais au contraire « immergés dans la matière » comme principes créateurs.
Grâce à vous, B-H Lévy, nous pourrons effectuer des pas décisifs dans la prise de conscience européennes car vous exposez avec une clarté inégalée tout ce que les monothéismes ont d’irrecevable pour notre esprit et notre sensibilité. Cela me permettra de passer sur les injures fanatiques et agressives que vous déversez contre la personnalité européenne authentique.
Votre dégoût ne m’a pas contaminé et je ne vos toujours pas ce que les plus antiques polythéismes peuvent contenir « d’obscurantisme lâche », ce que l’esprit des bois peut avoir de hideux; non seulement je ne me sens pas « soumis à l’horreur de la nature » mais j’ai le mauvais goût de trouver cette nature débordante de joies diverses; j’aime les paysages, la forêt, la mer, la lumière, la nuit et la lune, les animaux libres; je pousse le mauvais goût jusqu’à trouver paradisiaque la compagnie d’une femme dans mon lit. Et ce qui est pire: partout je perçois des âmes et des esprits.
Par contre, le déteste le béton et le bitume, la veulerie et la chienlit dont ils sont le terreau favori, les contorsions et les hurlements de désespérés qui constituent la « musique » et la « danse » modernes qui n’aboutissent qu’à des ivresses et à des transes sans communion, quine sont donc que des caricatures du dyonysisme, je déteste la fumisterie de l’art prétendu non figuratif mais quine figure que trop bien ce dont il sort: le vide intérieur de ses créateurs, la complète absence de message. Vous voulez de l’art vraiment abstrait: c’est bien simple, il vous suffit de ne rien faire.
Vous et moi, B-H Lévy, nous sommes les deux pôles d’un irréductible conflit: vous êtes le pôle du nihilisme monothéiste, je suis le pôle de l’amour païen.
Je ne me laisserai pas engluer dans une réfutation ligne par ligne de votre pénible et fanatique ouvrage. Votre érudition ne m’impressionne pas car d’un bout à l’autre elle transpire le nihilisme. Peut-être y a-t-il dans votre démarche la recherche inconsciente et désespérée de certitudes vitales. Alors dégagez-vous de l’intellect qui désertifie tout.1139234918.gif
Je me contenterai de réfuter vos assertions les plus émergentes. Mais surtout je m’attacherai à restituer clairement la gnose « païenne ». Les féroces persécutions des religions du désert ont fait oublier l’essentiel du patrimoine européen et accrédité l’idée qu’il n’y avait de possible que l’athéisme ou l’une des trois religions intolérantes: Judaïsme, Christianisme, Islam. L’esprit européen est si bien oublié que ceux qui cherchent une issue hors du carcan se tournent vers les doctrines orientales. Et ils tombent de préférence dans les filets de celles qui ont en commun avec les religions qu’ils croient fuir le refus de la vie, de la « roue du samsara ». on ne secoue pas d’épaules près deux millénaires de dictature spirituelle sémitique.

 

Robert Dun

Achmed le terroriste mort ... Mieux vaut en rire.

02.09.2009

AFGHANISTAN : Le combat terrestre ( revue HÉRACLÈS )

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«Le combat terrestre» par GCA Antoine LECERF Commandant les Forces Terrestres

Comme le démontrent les opérations en Kapisa, nos soldats de l’armée de Terre sont de vrais professionnels. Ils sont bons, voire très bons. Ils sont au coeur de l’action de la communauté internationale. Mais bénéficient-ils de tout l’intérêt qu’il serait légitime de leur porter ? Derrière notre engagement quotidien en Afghanistan, il y a un certain nombre de questions qu’il est très important de se poser. Existe-t-il une meilleure enceinte qu’Héraclès pour le faire ?

Le combat terrestre est-il en train de changer de nature ou s’agit-il seulement de conduire de nécessaires adaptations réactives (préparation opérationnelle/doctrine/structures/équipements) requises par les spécificités d’un théâtre, mais également par notre «désapprentissage» consciencieux de la guerre depuis l’Algérie ? Quelle guerre sommes-nous en train de mener ou de subir en Afghanistan ? Est-elle si spécifique qu’elle ne puisse rentrer dans nos concepts de stabilisation ? Que recouvre concrètement aujourd’hui la notion de combat aéroterrestre? La préparation opérationnelle de nos unités et de nos états-majors restera-t-elle un « prêt-à-porter » qui ne pourrait être reproduit ailleurs ? Et plus largement enfin, l’armée de Terre, qui supporte pour l’essentiel la charge des opérations et s’honore à remplir son contrat opérationnel coûte que coûte, au prix parfois de lourds sacrifices, bénéficie t-elle effectivement d’un investissement à la hauteur du poids relatif de ses engagements ? Je n’aime ni les ayatollahs ni les muets et ne cherche pas non plus de vaines polémiques ! Je crois en revanche à la nécessité de forger nos convictions à travers un débat pour lequel je voudrais proposer un certain nombre de pistes.

LIRE LA SUITE > http://www.cdef.terre.defense.gouv.fr/publications/heracl...

25.08.2009

Mémoires d'une jeune fille dérangée

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vendredi 14 août 2009

Aujourd’hui, j’écris tout en ignorant pourquoi. Le superbe Hank, le sulfureux Fromageplus, le fédérateur François Desouche, tous ont déjà exprimé plus brillamment que moi ce que nous ressentons, nous, les vrais marginaux de la France République d’aujourd’hui. Que puis-je faire de plus? Peut-être vider mon sac une bonne fois pour toutes, en sachant pertinemment que cela n’ira pas mieux ensuite.

Dès l’enfance, je sentais que ma génération serait celle du schisme entre la France d’avant et la « France d’après ». Que tout se jouerait sur nous, qui avons entre 20 et 30 ans le 14 août 2009. Enfant je sentais déjà les miasmes dans l’air, je sentais déjà la trahison des miens quand mon frère se faisait battre dans la cour du collège de zep par des enfants qui n’avaient pas des prénoms à consonance française sans qu’aucun adulte responsable ne décide de sanctions. Je ne comprenais pas pourquoi à la cantine il y avait des repas sans porc, je ne comprenais pas pourquoi les instituteurs excusaient les voitures de nos parents qui brûlaient, je ne comprenais pas. J’étais douée à l’école car seuls les livres me semblaient dignes d’attention.

Il y a que ma mère ne supportait le niveau affligeant de ma classe et voulait que je sorte du lot. Ce fut chose faite, la maison était mon Eden et l’école mon pénitencier. Toute seule dans la cour de récré, j’entendais déjà les « sales françaises » qui m’étaient adressés quand ça faisait sourire les adultes, ces instits’ laïcards qui adoraient le voile si exotique de la maman de Rachid. J’entendais les rires et les insultes quand j’étais la seule de la classe a n’avoir fait pas de fautes à la dictée. J’ai sauté une classe, me demandant pourquoi, tout était linéaire, à mourir d’ennui, pauvre, aussi stimulant qu’une vhs de docu’ animalier, aussi vibrant, instructif et inattendu qu’une déclaration d’énarque.

Aussi curieux que cela puisse paraître, c’est mon amour du français qui m’a permis de mesurer la déchéance vers laquelle nous glissions le cœur plein d’allégresse. Ayant été nourrie avec les meilleurs livres de la littérature nationale, je m’étais habituée à un français impeccable, tout comme celui de mes parents qui ne sont après tout que des « beaufs », vous savez, ces derniers dinosaures, qui avaient des fins de mois difficiles mais qui payaient leur citroën saxo à crédit sans pleurnicher chez l’assistante sociale. Ces beaufs qui élevaient bien leurs enfants, sans recourir à l’aide d’un fonctionnaire pour leur enseigner la plus primaire des politesses. Ces beaufs racistes et xénophobes qui ont fait la France mais qui n’ont droit qu’à la rééducation et au mépris des classes dirigeantes. Ces beaufs qui m’ont servi de parents, m’ont parlé un français superbe toute mon enfance. Mon père avait une écriture de vicomte et ma mère m’apprenait des mots tels que « enguirlander », « geindre », « oindre » alors que je n’affichais pas un âge à deux chiffres. Aujourd’hui dans les films primés à Cannes, on voit un trentenaire expliquer à Samira et Boubaka que « John mange des cheese burgers succulents » et que « ouais, succulent ça veut dire grave bon tsais ». Voilà ce par quoi j’ai compris que nous marchions et que bientôt nous ferions la brasse dans la mélasse intellectuelle dans laquelle nous enfermions ma génération. Le langage texto ce n’est pas « pour gagner du temps », non, c’est juste que nous avons formé une génération qui dans le meilleur des cas regardera la définition d’un mot sur google, au pire se moquera éperdument de pouvoir s’enrichir un peu. Une génération pour qui le mot « encyclopédie » est obsolète et pour qui seul compte la facilité. Une génération qui n’aura jamais l’opportunité d’acquérir le réflexe de consulter en dictionnaire en cas de doute, comme mon beauf de père me l’a appris. A travers le français, à travers son assassinat, nous avions prémédité la mort de la paix en France. Quelqu’un qui n’a pas appris la langue d’un pays ne peut l’aimer. Il peut encore mieux éviter d’essayer de s’en faire la violence puisque des autochtones qualifiés lui expliquaient que le français c’est ringard, que ça doit « bouger », que les accents y’a pas à les mettre, ça fait chier tout le monde, bref la France ça fait chier.

L’apothéose de cette flagornerie a été atteinte lorsque dans l’émission de Ruquier (la première version, celle où Zemmour était remplacé par l’impolitiquement correct Miller), toutes les nuques de l’émission se sont courbées devant « Kiffe Kiffe Demain » de Faïza Guène. Quiconque a lu ce livre comprendra sans problème que ma désillusion bien entamée ait définitivement atteint son apogée à la lecture de ce détritus imprimé. Nous étions en plein boom de la chanteuse Diam’s, de Rohff et de 113, les animateurs et journalistes souriaient à la caméra en lâchant irrégulièrement des petits mots de verlans, Jean-Baptiste écoutait du rap (alors) en cachette de ses parents. So young, so urban, so cute. Les grandes marques dessinaient pour les enfants de dentistes des frusques directement inspirées du « street wear », Stéphane Bern recevait dans 20h10 pétantes un créateur de « Muslim Wear » (comment être musulman, fashion et passer à la télé), bref, au début des années 2000, je n’avais pas 15 ans mais je comprenais que les temps à venir ne seraient pas les plus tendres.

Au fur et à mesure que j’écris, je me rappelle d’une fille qui était avec moi à l’école primaire (qui n’a jamais aussi bien porté son nom par ailleurs). Elle s’appelait Juliette. Elle était blonde, blanche, vêtue comme une bobo en devenir et m’avait dit « je veux être noire ».
Il est très drôle de constater que ce que les réacs d’aujourd’hui comme Zem’ ou Finkie constatent avait déjà commencé dans les années 90 et bien avant je suppose. Je suis une enfant déçue, je suis une femme frustrée, je suis le fruit d’une génération sacrifiée.

Bien entendu, si quelqu’un de la génération de mes parents lit ceci, il ne comprendra pas. Ces derniers ont grandi dans les années 1970 : un monde sans chômage, où l’arabe du coin était ridé et avait un accent sympathique, un monde où les politiques avaient encore du pouvoir. Ils ont voté Mitterrand en 1981 et ont pleuré devant leur télévision comme l’étudiant en esc a pleuré devant l’élection d’Obama. Ils ont assisté à la naissance du mouvement gay, des féministes, des écologistes, des immigrationnistes, des pacifistes, de la légalisation de l’avortement, de sos racisme, ils ont assisté en même temps à la nôtre en pensant que tout ceci serait pour notre bien. Quiconque aujourd’hui leur prouverait le contraire serait un gosse pourri gâté qui fait un caprice. Eux bien entendu, pensent que le « malaise social » en France vient d’un manque de « communication », que demain tout ira mieux dans un pays avec une forte « mixité culturelle » et que le meilleur est à venir. J’appelle ça un régime soviétique. Quiconque sort du discours calibré est mis au trou à coups de procès de la halde, de ligues contre l’intolérance, comité contre le racisme et l’amour entre les peuples. Si vous avez vu l’Aveu, vous verrez à quel point le thème de la « paix » est abordé. Tout comme l’Inquisiteur torturait au nom de l’amour du Miséricordieux Jésus-Christ, notre liberté est prise en otage au nom du Vivre Ensemble. La France est laïque. Elle n’a pas de religion. Son Dieu est la Tolérance, engendré par la Vierge Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. A part ça tout va bien. Notre internet est filtré, les sites un chouia râleurs sont surveillés quand les commentaires appelant au djihad sous les vidéos de Dieudonné sont au vu de tous, surtout des plus abêtis et donc des plus dangereux (mais souvenons-nous que c’est notre propre école qui les rendu aussi flasques du cervelet). Les livres ne se vendent plus, la fnac regorge de bouquins écrits par des nègres (tiens, on peut encore l’utiliser ce mot ?) racontant le destin hors du commun d’une miss France lancée dans un combat contre la sclérose en plaques, d’une petite fille de 10 ans mariée de force au nom de l’islam, le dictionnaire du parler banlieue et de dvd’s de Bienvenue chez les Ch’tis. La France d’aujourd’hui : le people, l’islam honteux « mais attention il ne faut pas stigmatiser » et le français de souche qui boit de la soupe mais qui trouve qu’elle a un bon goût de terroir.

Aujourd’hui j’ai mal. J’ai mal pour mon pays. J’ai mal pour sa langue. J’ai mal de ne supporter plus personne car plus je constate l’étendue des dégâts plus je suis confrontée à « l’inaction des gens de bien ». J’ai mal de ne plus tolérer aucune intervention sur quelque média que ce soit car tout ceci n’est qu’une immense méthode Coué. « Tu remarques que ce sont toujours les mêmes qui foutent la merde ? Il ne faut pas stigmatiser. Tout le monde s’aime en France. Tout va bien, tout va bien, tout va bien ». Au pays de Voltaire, Pangloss est devenu Roi. Je suis malade, voyez-vous. Je suis malade des gens que je rencontre qui à 20 ans à peine ont un discours calibré comme s’ils sortaient d’un stage des Jeunesses Communistes. J’ai mal de haïr un artiste quand je l’entends parler des sans papiers et des Indigènes de la République. J’ai mal de ne pas être représentée dans les médias, j’ai mal que des places soient réservées dans les Grandes Ecoles à ceux qui étaient à la même que moi et qui n’ont jamais goûté à l’effort. J’ai mal d’être le mouton qu’on tond et qu’on insulte de « facho » car mes arguments font peur. J’ai mal de n’avoir aucun véritable ami car toute ma vie « sociale » n’est qu’une mascarade à l’université entre étrangers bourgeois naïfs et français bobo. Ces irresponsables dont le seul combat est le retrait de la loi Lru et qui pensent que mes parents sont riches car mon élocution est bonne et mes vêtements propres. Je ne supporte plus mes « amis » bouffis de clichés en pensant détenir la vérité, alors que leur maison est dans un patelin de 300 âmes. J’ai mal de me dire de n’avoir véritablement aucun ami. J’ai mal d’être le stéréotype de la personne qu’il ne faut pas être en 2009. Je suis marginalisée dans mon pays, que tant de gens que j'apprécie sont ravis de quitter pour la Corée, la Chine, le Japon et autres contrées des Antipodes.

J’ai mal pour ma mère qui a vu son pays changer en 30 ans, mal pour mes futurs enfants, mal pour mon frère qui a passé ses années collège la boule au ventre, mal de me dire que l’expatriation sera peut-être la seule solution. J’ai mal de ne pouvoir que la fermer quand j’entends mes camarades de faculté vanter les mérites de la discrimination positive. J’ai mal quand les bourgeois achètent du quinoa pour aider l’agriculteur bolivien et détournent les yeux du sdf en bas de chez eux. J’ai mal pour mes parents qui sont magnifiques de dignité et qui ne recevront jamais aucune aide du contribuable. J’ai mal car leurs valeurs ne sont pas récompensées mais piétinées. J’ai mal car c’est à travers celle-ci qu’ils m’ont façonné, « élevé » comme une femme honnête et droite dans ses bottes.

J’ai mal car je suis quelqu’un de bien qui ne se retrouve pas dans le pays qui est le sien.
Je suis Marie-Thérèse Bouchard, et je suis une jeune fille dérangée.

http://marietheresebouchard.blogspot.com/

19.08.2009

Une vingtaine de morts et 150 blessés à Rafah : un émirat islamique avorté ?

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Les forces du ministère de l’Intérieur du gouvernement d’Ismaïl Haniyeh à Gaza, et les Brigades Ezzeddine Al-Qassam, bras armé du Hamas, ont attaqué samedi 15 août la mosquée « Ibn Taymiyya » à Rafah, ont massacré 24 membres du groupe radical « Jund Ansar Allah » et en ont blessé plus de 150.

Cette affaire est une suite logique de la politique du Hamas et ne sera sans doute pas la dernière. Car, il faut se souvenir que le mouvement Hamas, créé lors de la première Intifada palestinienne par les Frères musulmans, a, depuis sa naissance, endoctriné la population palestinienne et en formé des milliers de kamikazes prêts à se battre au nom de l’islam et pour libérer Jérusalem (Al-Quds). Après avoir conquis le pouvoir à la faveur du coup d’Etat contre l’Autorité palestinienne, le Hamas a imposé la loi islamique et fondé une « police des mœurs » chargée de faire respecter la Charia, allant même jusqu’à l’interdiction de la mixité et de l’exposition dans les vitrines des vêtements pour femme…

Le Hamas avait réussi à supplanter le Fatah grâce à sa ligne dure prônée face à la politique de Yasser Arafat. Avec l’appui de la Syrie, le Hamas avait fait de son opposition aux Accords d’Oslo sa raison d’être. Mais actuellement, sous les pressions directes et indirectes d’Israël, des pays arabes (Egypte, Jordanie et Arabie Saoudite notamment) et de la communauté internationale, le Hamas fait semblant de tendre la main aux Occidentaux, à la recherche d’une reconnaissance et d’une légitimation. Il se met à développer une politique « médiane », interdisant toute violation de la trêve conclue avec Israël au lendemain de l’opération « Plomb durci » de décembre 2008 et janvier 2009. De ce fait, il perd sa légitimité aux yeux des plus radicaux. Les déçus de la trêve et de la solution négociée s’opposent à toute reconnaissance d’Israël et à l’établissement d’un Etat palestinien dans les frontières de juin 1967, préférant poursuivre le Jihad conformément à l’enseignement prodigué par le Hamas.

Comme ce dernier avait doublé Yasser Arafat, il se retrouve aujourd’hui face à la même situation et menacé de se faire déborder par les plus radicaux qu’il avait lui-même formés. Ceux-ci se coalisent désormais dans des groupuscules radicaux, comme « Jund Ansar Allah » ou « Jaïch Al Islam » qui avait contribué à l’enlèvement de Guilad Shalit en juin 2006. Cette prolifération de groupes extrémistes se fait cependant sous l’œil du gouvernement Haniyeh, comme nous l’avons démontré le 19 juin dernier.

En définitive, « Jund Ansar Allah » n’aurait pu exister sans l’aval du Hamas. Le groupe vient d’ailleurs de rejeter les accusations formulées par le gouvernement démis de Haniyeh, démentant tout lien avec Al-Qaïda, tout comme il s’est défendu de toute implication dans le terrorisme à Gaza. Rappelons que le 8 juin 2009, ce même groupe avait mené une attaque contre un poste israélien, et tenté d’enlever des militaires juifs, avant de diffuser sur internet une vidéo d’une demi-heure montrant son unité de cavalerie à l’entrainement. Comment a-t-il pu filmer une dizaine de chevaux en toute quiétude sans la moindre réaction du Hamas ? La question mérite d’être posée.

Il est ainsi certain que « Jund Ansar Allah » est un groupuscule issu du Hamas. Car parmi les morts de la mosquée Ibn Taymiyya de Rafah, attaquée par le Hamas et les brigades Al-Qassam, figurent non seulement l’émir du groupe Abdellatif Moussa (Abou An-Nour Al-Maqdesi) et son adjoint syrien (Abou Abdallah Al-Souri), mais aussi et surtout le neveu de Moussa Abou Marzouk, le numéro deux du Bureau politique du Hamas, basé à Damas (selon le quotidien « Al-Quds Al Arabi » du 17 août 2009).

Il apparait ainsi que le Hamas, à travers son opération contre la mosquée de Rafah, cherche à redorer son image de « mouvement politique », et à se placer dans l’alignement du combat international contre Al-Qaïda, dans l’espoir de récolter une reconnaissance politique face à Mahmoud Abbas et au Fatah, qui vient de clôturer son congrès, de renouveler et de rajeunir ses instances.

Une autre hypothèse inquiète les observateurs : la Syrie négocie sa réhabilitation dans le concert des nations. Pour ce faire, le régime tente de monnayer son intervention auprès de l’Iran pour obtenir la libération de la française Clotilde Reiss, et promet – depuis des mois – d’œuvrer auprès du Hamas pour obtenir celle du franco-israélien Guilad Shalit. Mais la facture que Damas doit payer est lourde, comprenant non seulement la rupture de son alliance avec Téhéran, mais surtout le démantèlement du Hamas et du Hezbollah. Ce qui laisse penser que le syrien Abou Abdallah Al Souri, numéro deux de Jund Ansar Allah tué à Rafah, puisse avoir été un agent de Damas introduit à Gaza par les services syriens et chargé d’affaiblir le Hamas, en vue de le démembrer. Cette hypothèse est toutefois à prendre avec prudence.

Chawki Freïha ©« MediArabe.info »

09.08.2009

Israël : Enfin vers l’Indépendance ?

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Il semble qu’on ne peut, sans crouler sous les sarcasmes des « experts » , dissocier l’existence d’Israël de la bienveillance, du soutien, de « l’indéfectible amitié » américaine. On voudrait nous faire croire à une histoire d’amour idyllique. C’est oublier un peu vite la crise de Suez et la menace nucléaire (excusez du peu ! ), l’attaque monétaire contre la livre sterling et l’envoie de forces navales et aériennes pour interférer dans le dispositif franco-israélo-britannique de la part du conglomérat américano-soviétique

C’est oublier, aussi, l’attitude de l’ami américain durant la « guerre des six jours » et la riposte israélienne : le 8 juin 1967 des jets israéliens attaquent le navire-espion américain USS Liberty : 34 morts, 171 blessés.
Pour la classe politique israélienne, se souvenant des pressions américaines de 1956 , c’est le moyen de rappeler à Washington que l’État hébreux n’entend certes pas se contenter de jouer les Républiques bananières pour son compte, mais au contraire, de récupérer sa liberté d’action pleine et entière. Pour les Américains, empêtrés dans cette sombre histoire de navire-espion, ayant fort imprudemment prêté à Israël six RF-4C (version de reconnaissance du McDonnell Phantom II), appartenant à la 26ème escadre de reconnaissance tactique basée à Ramstein (Allemagne) et opérant sous cocardes israéliennes mais avec des pilotes américains (!), il importait de mettre fin, le plus rapidement et le plus discrètement possible, à une désastreuse erreur dans une guerre « non maîtrisée ». Washington ruminera son humiliation, bien décidée à rappeler qui était le maître à son encombrant protégé israélien.
L’attente durerait six ans… 1973 : la NSA indiqua à son frère israélien qu’aucune perturbation ne troublerait ce beau jour de kippour. Pas sympa…. Mais pas fini.
Jonathan Jay Pollard travaillait en 1985 en tant qu’officier de renseignement au Naval Anti-Terrorist Alert Center de Washington.
Les États-Unis lui reprocheront en particulier d’avoir livré à Israël le manuel des codes d’accès et de cryptage des écoutes de la NSA dans le monde, manuel qui fut ensuite livré par Shamir aux soviétiques .Pas sympa du tout.

Mais on s’arrangeait … Avoir un porte-avion, pendant la guerre froide, face aux alliés des russes était très utile et confortable pour Washington. Cela fournissait une armée supplétive, permettant, de fait, de ne pas engager directement des troupes US sur le terrain. Les conflits par procuration sont les meilleures des guerres pour les empires.

Puis la fin de la « guerre froide », le rapprochement avec les pays arabes, l’installation, véritable occupation, des « Marines » à l’intérieur des pays musulmans, la « neutralisation » de l’Irak, rendit caduque, plus que la victoire d’Obama, la pseudo alliance indéfectible. Les rapports diplomatiques solidaires ont laissé place aux épreuves de force et aux diktats.

Si les américains ont profité sans vergogne d’Israël, il est tout aussi évident que l’État israélien n’a jamais totalement souhaité une politique indépendante. En avait-il les moyens ? Il en avait en tout cas l’idéologie. Le Sionisme, héritier de l’humanisme religieux, a voulu concilier Spiritualité et Nation comme le prônait Yeshayahou Leibovitch.

Son organisation sociale première s’inspirait plus des fermes collectives enracinées que des théories capitalistes vagabondes. Israël état socialiste non-aligné ? Le défi aurait pu être relevé et les crises économiques majeures se succédant, n’insultons pas l’avenir. Impossible n’est pas historique.

L’existence d’un état est conditionné par la nature de ses alliances. Quelles alliances pour quelle politique ?