05.04.2012

Hag Herout

Jacques Kupfer , groupe stern, irgoun,israël,Jabotinsky,juif,sion,hag heroutA travers le monde, dans les steppes glacées et les déserts brulants, dans les mégapoles ou les villages, les familles juives s’assoiront autour de la table pascale et se remémoreront notre sortie d’Egypte. Une histoire unique et miraculeuse du premier combat contre la tyrannie, contre l’esclavage et pour la liberté. La première victoire de ce petit peuple révolutionnaire dans l’âme, capable de détruire les fausses idoles, mettre à terre une armée puissante et s’en remettre au divin pour assurer sa pérennité et son modèle d’existence. Révolutionnaire au point de se soumettre au tonnerre du Sinaï, d’accepter les dix commandements que nos ancêtres ont reçu en assemblée générale extraordinaire et voté à l’unanimité. Révolutionnaire au point d’avoir réussi à transmettre ces 10 points au monde civilisé qui ne les a pas toujours assimilés pleinement.

En fait, aux enfants d’Israël qui se sont préparés au départ et qui ont salué avec liesse la sortie d’Egypte, se sont joints ceux que les Egyptiens ne voulaient pas conserver parmi eux. Tous ceux qui s’étaient assimilés, se sentaient égyptiens et se comportaient selon les règles de vie et les normes égyptiennes, furent poussés par les égyptiens à se joindre à l’exode. Peut être que ces derniers les avaient recherchés jusqu’à la quatrième génération pour être certains de se débarrasser de tous les Hébreux. A ceux là se sont joints les autochtones qui vivaient avec eux et les familles égyptiennes reliées à ces émigrants. Ce sont en fait ces personnes qui se sont jointes aux enfants d’Israël restés fideles à leurs ancêtres et à leurs noms de famille, qui ont causé les pires ennuis à Moise et que l’Eternel lui désigna sous le vocable « Ton peuple ».

Le Erev rav

C’était le « erev rav », le « Chalom Ahchav » et le Betselem de l’époque. Les ancêtres des ONG qui se plaignaient d’avoir quitté la terre d’esclavage, qui hésitaient devant la traversée de la Mer et se départageaient entre ceux qui voulaient se rendre, ceux qui pleuraient et ceux qui priaient au lieu d’agir. Une image que nous connaissons bien dans notre spectre politique quotidien. On nous décrit ceux qui refusaient par crainte ou par piété dévoyée de prendre possession de la Terre promise par l’Eternel, ceux qui voyaient les miracles et ne les reconnaissaient pas, ceux pour qui le miracle devenait une routine indigne d’intérêt !

Les 4 fils…

Cette année, autour de la table dressée pour le Seder, le pere devra répondre aux questions réelles des quatre fils car les questions posées aujourd’hui sont encore celles de notre sortie d’Egypte.

Il devra raconter à l’enfant pourquoi il a décidé de revenir sur la Terre d’Israël, y construire son foyer et permettre à ses enfants de mener une vie juive. Pourquoi les enfants doivent revêtir l’habit de leur liberté retrouvée, l’uniforme de Tsahal et pourquoi il ne faut pas abandonner nos prérogatives sionistes aux mains des descendants actuels du « erev rav » fussent-ils ministres ou commentateurs !

A un autre fils le père devra expliquer pourquoi la Route du Retour est si longue, pourquoi on ouvre le journal d’abord à la page du « Moyen orient », pourquoi on regarde les sites consacrés aux nouvelles d’Israël et pourquoi les informations véhiculées par les medias officiels sont fausses. Il lui racontera la construction de l’Etat Juif et la fierté à perpétuer une histoire multi millénaire et une fidélité qu’aucun Empire du mal n’a réussi à briser. Ce père lui fera revivre les heures glorieuses des combattants de l’Irgoun et du groupe Stern, les héroïques combats pour l’indépendance juive et la reprise pour l’éternité de Jérusalem et des terres à l’ouest du Jourdain libérées de l’ennemi arabe. Il lui racontera les erreurs commises par ceux qui n’ont pas voulu suivre Josué aux portes de la Terre Promise et ceux qui n’ont pas voulu suivre les enseignements de Herzl, Jabotinsky et Rav Kook plus tard. Il lui expliquera que le voyage et l’errance se termineront avec le retour à Sion.

Un autre fils viendra critiquer l’Etat Juif, se déclarer membre de Jcall ou Jstreet, arborer un keffieh et proclamer qu’il a changé de nom et ne se sent Juif que pour avoir le droit de condamner l’épopée sioniste. C’est à celui la qu’il faut « agacer les dents ». Il faudra lui rappeler que l’Empire Romain et les Grecs, Byzance et l’Empire ottoman, les porteurs de svastika et ceux qui arboraient la faucille et le marteau, les Inquisiteurs d’antan et ceux qui se réclament de l’Islam ont disparu ou disparaitront mais le peuple Juif continuera sa destinée. Il faudra lui dire "qu’à chaque  génération viennent ceux qui veulent nous détruire mais que l’Eternel nous sauve de leurs mains ". Il faudra lui dire que notre histoire continuera malgré tout et malgré lui et sans lui.

Quant au fils qui ne « sait pas poser de questions », il est celui qui connaît la réponse et ne ressent pas le besoin de vivre avec des points d’interrogation. Il porte Israël, sa Terre et la Thora dans son cœur de manière innée et n’a pas besoin de nouveaux philosophes pour lui expliquer qui il est. Il sait qu’il est fils d’Israël, il sait où est sa Terre, il sait dire « chema Israël » et il connait sa Voie Royale. Cet enfant aime entendre chanter la gloire d’Israël et son pere lui racontera la sortie des Juifs de l’enfer soviétiques, la longue marche des Juifs d’Ethiopie et les ailes de l’Aigle qui ont ramené les Juifs du Yémen, les barques qui ont franchi la Méditerranée à partir du Maroc. Il lui racontera l’épopée des immigrants «illégaux » qui embrassaient le sol de la Mère patrie en débarquant sur nos côtes.

Sortir d’Egypte et sortie l’Egypte…

Ce que nous devrons surtout veiller en ce soir du Seder et tout le reste de l’année sera de bien comprendre que sortir physiquement d’Egypte, de l’Exil est une chose plus aisée que sortir l’Egypte de notre for intérieur zet en éliminer les séquelles mentales.

Souhaitons que cette année soit également complété le grand nettoyage de la Maison d’Israël, que tout le h’amets soit retiré et que notre pays retrouve la pleine aptitude à décider de son avenir, à affirmer sa souveraineté, à finaliser la libération des terres de Judée et de Samarie. Puisse l’esprit de galouth quitter nos instances et disparaitre de la Knesseth.

A tous les enfants d’Israël, aux pionniers de Judée et Samarie, aux soldats assurant notre sauvegarde sur Terre, Mer et Air, aux combattants de l’ombre dans les terres hostiles où nous devrons frapper, aux membres de notre Nation revenus en Erets Israël et à ceux qui en prennent le chemin, «  H’ag Herout sameah ».

Puisse l’Eternel sortir d’Egypte ceux de nos enfants qui y sont encore, puisse-t-il sortir l’Egypte de nous-mêmes et accorder à vous tous des fêtes de Pesah’ cachères et heureuses.

L’an prochain dans Jérusalem totalement libérée, totalement réunifiée et totalement reconstruite.

 

Jacques Kupfer

 

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23.11.2011

Vers les guerres du pain et de l’eau ?

"Quand les temps seront venus, – Aucune famille – N’aura plus d’enfants pieds-nus,
Traînant la guenille. – Tout le monde aura du pain, – Vive la Commune, – Enfants"
( Eugène Chatelain )

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Qui ne se rappelle aujourd’hui encore le slogan qui voyageait de New-York à Berlin et de Londres à Rome pendant la crise de 1929 : « le pain et la liberté ! » ? Ces mots avaient été les mêmes en 1905 et 1917 en Russie, en 1956 lors du soulèvement de Poznan en Pologne et en 1953 et 1989 en Allemagne de l’Est avec les conséquences que l’on connait …

Or aujourd’hui encore plus qu’hier, le problème des émeutes de la faim , cette manifestation des besoins physiologiques de survie élémentaire (manger, boire, dormir, respirer), est à la base de bien des enjeux planétaires.

La sécurité alimentaire est le point de rencontre de trois vecteurs mondiaux instables :

• La géophysique (les changements environnementaux à grande échelle, dont l’urbanisation et les changements climatiques).

• La géoéconomie (le déplacement du centre de gravité économique vers l’Asie et l’émergence du capitalisme chinois prenant la forme, par exemple, d’investissements de fonds souverains visant des terres agricoles).

• La géopolitique (les rapports nouveaux et incertains entre l’Orient, l’Occident ).

Ces trois facteurs influent sur la sécurité alimentaire.

À titre d’exemple, les vagues de chaleur qu’a connues la Russie en 2010 ont contribué à la sécheresse et donc aux incendies qui ont détruit les récoltes. Or, pour sa propre stabilité, la Russie doit veiller à conserver des réserves intérieures de blé à un coût abordable. Elle a donc décidé d’interdire les exportations de blé, qui est devenu un bien stratégique nécessaire à la sécurité intérieure plutôt qu’une denrée échangée sur le marché libre. Le retrait du blé russe du marché a favorisé la spéculation et exacerbé le prix déjà exorbitant des aliments à l’échelle mondiale.

L’un des plus gros importateurs de blé de la Russie est l’Égypte.

Le gouvernement égyptien devant, lui aussi, fournir des denrées à un prix abordable dans l’intérêt de la sécurité intérieure, subventionnait fortement le pain depuis longtemps. Privée du blé russe et devant la hausse des prix sur le marché, l’Égypte n’a pu faire autrement que d’augmenter le prix du pain. Ainsi, le coût du blé sur le marché mondial ayant augmenté de 80 % dans l’année, le prix du pain en Égypte augmenta de 30 % dans la même période. Cette hausse suscita le mécontentement populaire et contribua aux bouleversements politiques en Égypte et au « Printemps arabe » dans le reste du monde arabe. Mais le soulèvement de ses habitants affaiblit la position de l’Égypte face à ses voisins, ce qui ouvrit la porte aux autres États du réseau hydrographique du Nil, dont le Soudan, pour exiger un accès accru à cette eau, si vitale aussi.

Le Soudan n’a-t-il pas déjà conclu un partenariat avec la Chine pour la construction de barrages qui risquent de faire éclater des conflits, ce qui pourrait avoir un effet considérable sur la stabilité dans la région et au delà ?

Dans un monde où l’interdépendance s’accroît sans cesse, l’approvisionnement alimentaire à prix abordable devient rapidement l’un des secteurs les plus critiques de conflits éventuels.

L’occident, lui, se croit à l’abri de troubles liés au prix des aliments. Pourtant, dans les pays riches, le recours aux banques alimentaires augmente et la nourriture devient un enjeu politique.

La sécurité alimentaire est une manifestation omniprésente et tangible du célèbre « effet papillon ».

Déjà, et ce sans même qu’il y ait eu d’attaque délibérée contre le système alimentaire mondial, la sécurité du système et la sécurité fournie par le système sont chancelantes. Il suffit d’évoquer la possibilité d’une attaque contre un maillon critique de la chaîne d’approvisionnement alimentaire pour que l’utilité de stratégies alimentaires nationales devienne évidente.

Une stratégie globale « de défense » tiendrait compte, non seulement, des trois « vecteurs » mais elle prendrait, aussi, en considération les politiques, l’économie et les ressources naturelles d’aujourd’hui, mais encore leurs projections dans l’avenir.

Certains États ont une longueur d’avance dans l’élaboration d’une stratégie de sécurité alimentaire. Il en va ainsi de la politique de l’enfant unique en vigueur en Chine. Cela a eu pour effet de réduire la demande de nourriture et d’autres ressources. Parallèlement, le gouvernement chinois tente de s’assurer un approvisionnement fiable sur les marchés, cherche à faciliter l’achat de terres agricoles à l’étranger, à investir ses fonds souverains et à établir des relations avec des États qui, comme le Zimbabwe, sont isolés politiquement, mais riches en ressources naturelles. Les épigones de Pékin savent bien que, pour se sentir en sécurité, ils doivent fournir à la majorité de la population de la nourriture à un prix abordable.

En Chine comme en Russie, les denrées alimentaires sont ainsi considérées comme des biens stratégiques plutôt que des produits de base. Les pays industrialisés exportateurs de produits alimentaires ont encore tendance à considérer la nourriture comme une denrée « ordinaire ».

Par ailleurs, les investissements considérables faits par les pays du Golfe, entre autres, dans les terres agricoles à l’étranger pourraient, par exemple, renforcer l’incertitude quant au prix du blé et, par ricochet, toucher les producteurs des pays riches de l’hémisphère nord.

Alors que de plus en plus de pays entreprennent des évaluations stratégiques de la propriété, de la vulnérabilité et de l’accessibilité du système alimentaire mondial et élaborent des stratégies alimentaires nationales (en janvier 2010, la Russie a mis en œuvre sa doctrine de sécurité alimentaire), les retardataires, que nous sommes, pourraient être acculés à des choix de plus en plus limités nous menant à des chocs et à des situations de crise.

Juan Alberto Grados pour noetics.ch

De l’infiltration

« Le renseignement n’a jamais fait partie du club des héros,
mais de l’industrie des cosmétiques, de l’industrie des masques,
succursale elle-même de l’industrie du mensonge. »
( Victor Volkov )


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Des travaux considérables et de grande valeur sont consacrés à la sécurité informatique. C’est à prix d’or que l’on rétribue les « chasseurs de virus ». En effet comment mépriser l’influence catastrophique d’un « logiciel malveillant conçu pour se propager à d’autres ordinateurs en s’insérant » ?

Pourtant, en se focalisant, en grande partie, sur l’aspect uniquement technologique de « l’infiltration », on en oublierait presque l’aspect humain, pourtant si déterminant, dans la destruction des structures d’état ou d’entreprise.

S’insérer pour manipuler et détruire telle est l’épineuse finalité de l’infiltration. Son succès exige du temps, une organisation vraiment minutieuse, des informateurs et un grand art de la psychologie. Il faut, au préalable, avoir une connaissance parfaite de la mentalité, des habitudes, des normes, des valeurs, de la langue du groupe de ceux qui dirigent les partis, les entreprises ou les gouvernements à investir. Il faut accumuler les petits détails sur les travers des individus visés, leurs points forts et leurs points faibles, leurs comportements intimes tout ce qui fait leur spécificité, leur unicité, leur « égo ». Mais, en parallèle, il faut aussi décortiquer les interactions dans le groupe, ses discordes, ses polémiques, ses mythes référents, ses espérances et ses inquiétudes, ses certitudes et ses doutes. Il faut développer des compétences conceptuelles, psychologiques mais aussi psychiques pour ne pas dire empathiques. Cela évidemment avec une totale maîtrise de soi, de ses émotions, bref avec un cynisme parfaitement assumé.

Ce cadre d’action nécessite une admission dans « le groupe » d’une manière « naturelle », propre à ne jamais générer le moindre soupçon. Cela implique donc, au préalable, une connaissance des normes d’acceptation ainsi que des critères formels et informels d’évaluation. Pour s’introduire dans un groupe très professionnel, il faut donc s’astreindre à capitaliser de hautes connaissances techniques, non seulement pour se fondre dans l’élite, mais surtout pour, au plus vite, devenir le référent le plus efficace : l’expert.

Enfin, l’infiltré doit impérativement ne pas avoir été « repéré » auparavant. Il a donc suivi, antérieurement, dans tous les cas, une filière normale de sélection et de recrutement sous sa véritable identité. Son « officier traitant », civil ou militaire, a minutieusement étudié les éléments que le futur infiltré a donné sur son passé, ses relations, ses activités. Il a été testé, interrogé à plusieurs reprises, ses réponses devant être claires, concises et recouper toutes les informations contenues dans son dossier. On exige de lui, quelque que soit le type de mission et d’environnement, une grande culture générale, théorique et des compétences reconnues permettant dans ses actions futures d’anticiper, d’établir des scénarios et des hypothèses. En aucun cas sa conduite ne lui est présentée comme relevant de l’espionnage. Il ne se ressent pas comme un agent mais, selon la jolie formule inventée par Markus Wolf, un éclaireur, une sentinelle. Par la suite, après avoir satisfait à diverses épreuves ( pièges multiples, filatures individuelles, contrôle de son courrier, de ses communications, etc … ), il est mis dans le circuit à envahir « intégré et intègre » ce qui rend si difficile son identification.

Une fois la greffe prise ( et nul ne peut lésiner sur le temps à prendre ), le sujet « comme un poisson dans l’eau dixit Mao » entame le processus d’observation et de participation indispensable pour la connaissance intime du groupe. Il lui faut insister sur l’importance des relations individuelles directes, des conversations informelles. Il en ressort toujours, pour lui, une masse d’informations plus intéressantes, dans un premier temps, que les documents dits « top secret », pourtant réputés représenter les cibles principales. C’est seulement ensuite que le vrai travail de sabotage, de subversion, de noyautage, de manipulation de dissolution et de désinformation commence.

L’infiltré peut alors définitivement réaliser l’intuition de Paul Valéry : « Comme un chronomètre placé dans un champ magnétique change d’allure sans que l’observateur qui ne voit que lui s’en puisse aviser, ainsi des troubles et des modifications peuvent être infligés à la conscience la plus consciente par des interventions impossibles à déceler. »

Voline, pour noetics.ch

 

09.11.2011

Sociétés nébuleuses et linguistique

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Mark Rayton pour noetics.ch

Interpréter des informations, c’est d’abord et avant tout savoir lire, porter son regard sur un texte puis sur des mots et s’en abreuver, se couler dans une matière linguistique et s’y fondre.

Il est indispensable avant même de saisir le fonctionnement de s’attacher au sens des définitions lexicales concernant les Sociétés Privées de Logistique, les Sociétés Privées de Gardiennage, les Sociétés Militaires Privées et les Sociétés de Sécurité Privée.

Les Sociétés Privées de Logistique assurent des missions « périphériques » avec une importance vitale pour l’efficacité des forces armées. Une fois la guerre commencée, elles poursuivent leurs missions à l’arrière du front, après avoir signé, comme récompense, des contrats dans le cadre des projets de reconstruction. Ainsi, par exemple, avant le début des opérations américaines en Irak en avril 2003, plusieurs entreprises privées sont déjà présentes au Qatar afin de préparer l’arrivée des premières troupes. Elles ont transporté du matériel militaire, des fournitures diverses et, sur place, installé les camps provisoires mis à disposition de l’armée américaine par les autorités qataries.

Les Sociétés Privées de Gardiennage quant à elles, ne fournissent pas de services militaires. La plus importante est la danoise G4S Falck-Securicor  . Elles assurent des missions à finalités civiles, comme le transfert de fonds, le contrôle de visiteurs dans les bâtiments officiels, ou la télésurveillance ainsi que la sécurisation des lieux de résidence des employés de différents sites.

Avant 2001, il est aisé de différencier les Sociétés de sécurité privées des Sociétés militaire privées.

Les Sociétés de sécurité privées sont spécialisées dans l’analyse des risques, l’établissement de plans de réformes des armées, de plans de lutte contre le terrorisme, de doctrines militaire.

Les Sociétés militaire privées fournissent des services plus « opérationnels » comme la protection physique de personnalités ou de convois, la sécurisation de sites civils ou militaires, ou l’entraînement de policiers et de militaires au combat de situations extrêmes. Blackwater (Elle a adopté le nom de Xe le 13 février 2009) a été sans conteste la meilleure société dans ce domaine, utilisant son propre matériel de pointe, de la flotte d’hélicoptères au matériel d’armement.

Cependant, au début des années 2000 et encore plus à la suite du 11 septembre 2001, les Sociétés de sécurité privées s’attaquent au marché des Sociétés militaire privées et vice-versa. Il est alors difficile de distinguer les deux catégories d’un point de vue uniquement fonctionnel. Plus encore, le terme de Société militaire privée s’étend au domaine de la logistique et du gardiennage, si bien qu’il devient le terme unique le plus couramment employé. Les leaders mondiaux du secteur militaro-industriel ont procédé au rachat de sociétés militaires privées dans une vague de fusions-acquisitions, ou ont, au moins, pris part à l’actionnariat de celles-ci . Ces entreprises maîtrisent ainsi la quasi-totalité de la chaîne de services aux armées, de la conception à la mise en pratique sur le terrain. Nombre d’entre elles sont cotées en bourse.

Les Sociétés Militaires Privées ont des stratégies marketing proches des grandes firmes multinationales. Dès lors, leurs méthodes de recrutement sont comparables à toute société. Elles effectuent un appel d’offres au sein de relations soigneusement établies, voire parfois au sein d’associations d’anciens militaires. Les annonces de recrutement sont diffusées dans des revues spécialisées consacrées aux chroniques d’opérations militaires, aux descriptions d’unités spéciales ou aux méthodes de combats modernes, ou via des bourses d’emploi créées sur Internet. En général cependant, l’embauche fait intervenir des réseaux de relations. Les procédures de recrutement peuvent donc être très légères, car informelles. Il est courant que les parties se mettent d’accord par téléphone ou par e-mail.

Les Sociétés Militaires Privées recrutent d’anciens militaires, bien formés et bien entraînés, particulièrement des membres des forces spéciales, John Geddes en est un exemple : ancien des forces spéciales britanniques, il était parmi les premiers Occidentaux à se rendre en Irak pour travailler comme contractor. Pour mieux comprendre les profils type de Sociétés Militaires Privées , l’étude d’une société américaine, MPRI et d’une société française Secopex est éclairante. Fondée en 1988 par huit généraux, la société Military Professionnal Rand Inc. est située à Alexandria, en Virginie. Elle se présente comme « la plus grande entreprise d’expertise militaire du monde ». En novembre 2000, elle crée l’Alexandria Group, chargé du secteur « formation-entraînement », dirigé par Joseph Wolfinger, l’ancien directeur de la formation du FBI. La société a à sa tête le général Carl E. Vuono, ancien chef d’état major de l’armée américaine, qui a joué un rôle important dans la planification de la guerre du Golfe. Son premier client est le Département de défense américain qui lui demande d’élaborer des cours pour ses colonels. En juin 2000, MPRI est rachetée par L3 Communication qui fusionne elle-même avec Titan Inc. La société new-yorkaise est spécialisée dans l’électronique et les communications militaires. La Military Professionnal Rand Inc. est l’illustration parfaite du phénomène de fusions-acquisitions, rachats et rapprochements qui s’opèrent dans la nébuleuse des Sociétés Militaires Privées. L3-Titan dispose alors d’une branche armée, allant de l’assistance au soutien aux forces armées, en passant par des opérations humanitaires. Secopex est l’unique société française qui se définit elle-même comme une société militaire privée « de type anglo-saxon ». Rappelant que ce ne sont pas des activités mercenaires, Pierre Marziali, président directeur général de la société, tué à Benghazi dans la nuit du 12 au 13 mai 2011 expliquait qu’ils « assurent des missions de formation et de conseil militaire, ainsi que des opérations en milieu hostile à l’étranger ». Les clients sont des États souverains ou des entreprises pétrolières ou gazières, entre autres, pour des contrats de droit français. La société comptabilise environ 1 500 à 2 000 employés, anciens militaires pour la plupart, exerçant des métiers de pilote d’hélicoptère à nageur de combat . Active depuis 2003, elle revendique immédiatement le statut de Société d’appui stratégique et opérationnel. Comme tout autre entreprise, elle propose des stages de formation, nécessitant quelques pré-requis, qu’il est possible de financer par les aides du Pôle Emploi ou de l’ANPE. Le stage proposant la formation de contractor est accessible aux personnes issues du Ministère de Défense ou de l’Intérieur, qui ont exercé le métier d’Agent de Protection Rapprochée (formation aussi proposée), ont suivi une formation initiale dans la protection et sont titulaires d’une licence de tir de plus d’un an.

Comme toute société compétitive, les Sociétés Militaires Privées évoquent leur « transparence », et tentent d’offrir un visage apte à séduire leurs actionnaires et à rassurer leurs clients. Elles disposent de leurs propres services de marketing et de relations publiques, participent à des conférences, et se regroupent parfois en associations professionnelles.

Mark Rayton pour noetics.ch

04.11.2011

Sécurité : identifier l’ennemi

 

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« De leurs ennemis les sages apprennent bien des choses. » (Aristophane)

 

Un ennemi invisible est pire qu’un ennemi visible. Le plus difficile pour assurer une sécurité maximale de haute valeur est l’identification dans toutes sortes d’environnement des structures techniques des réseaux auxquels le professionnel se trouve confronté. Agir au moment de l’action néfaste est déjà un signe de faiblesse voire d’échec. Cela signifie l’aveu pour les acteurs de la sécurité de n’avoir pas su frapper avant le déclenchement des hostilités. Or, il est toujours tentant et rassurant de croire qu’il est impossible de dégager un logiciel unique « d’appréhension ». C’est la légitimation parfaite de la préférence d’une intervention spectaculaire musclée, justifiant les émoluments demandés. Cependant, il est préférable d’opter pour une neutralisation discrète dans tout types de situation. Le responsable de la sécurité doit toujours avoir l’initiative. Seule une identification précise de l’architecture et des hiérarchies des réseaux peut permettre l’annihilation de ceux-ci avant le début de leurs actes. Ainsi, même si nous devons évidemment « ajuster » notre traitement de données à chaque type de situation, les rôles qu’on retrouve dans tous les réseaux sont au nombre de sept. Un même individu peut en jouer plus d’un. Nous devons repérer :

 

1) Les organisateurs qui forment le noyau assurant la direction du réseau.

 

Ce sont eux qui déterminent l’échelle et l’ampleur des activités ainsi que l’orientation et

 

l’impulsion nécessaires à la mise en œuvre de ces activités.

 

2) Les isolateurs qui sont des individus ou des groupes qui se chargent d’isoler le noyau du réseau des menaces posées par l’infiltration ou les compromis auquel il est exposé. Ces acteurs transmettent les directives et les orientations venant du noyau en direction de la périphérie. Ils s’assurent aussi que les flux de communication venant de la périphérie ne contribuent en rien à compromettre le noyau.

 

3) Les communicateurs , sont les individus qui s’assurent que les flux de communication transitent efficacement d’un acteur à l’autre à travers l’ensemble du réseau. À la différence des isolateurs, ils doivent recueillir du « feedback » à propos des directives qu’ils transmettent aux autres acteurs du réseau. Il peut y avoir des conflits entre ceux qui jouent des rôles d’isolateurs et ceux qui jouent des rôles de communicateurs, les mêmes individus peuvent jouer les deux rôles à la fois de façon à éviter ces conflits.

 

4) Les gardiens qui se chargent de la sécurité du réseau et prennent les mesures requises pour minimiser sa vulnérabilité à des infiltrations ou à des attaques venant de l’extérieur. Leur rôle consiste aussi à veiller sur le recrutement qui se fait dans le réseau et à s’assurer de la loyauté des recrues au moyen d’un mélange de serments rituels et de coercition latente exercé sur les nouveaux membres et leur famille. Les gardiens cherchent à empêcher qu’il y ait défection de la part des acteurs du réseau et à minimiser les dommages quand des défections se produisent.

 

5) Les prolongateurs dont le rôle est d’étendre le réseau grâce au recrutement de nouveaux membres, mais aussi de négocier des collaborations avec d’autres réseaux et d’encourager des collaborations venant du monde des affaires, du gouvernement ou de la justice. Les tactiques utilisées à cette fin sont variées. Elles vont du recrutement volontaire au moyen de pots-de-vin ou de corruption, jusqu’au recrutement involontaire au moyen de la coercition, appuyé à l’occasion par des incitations et des récompenses.

 

6) Les surveillants voués à l’efficacité du réseau et dont les responsabilités consistent à fournir des renseignements aux organisateurs sur les faiblesses et les problèmes existants dans le réseau, de façon à ce que les organisateurs puissent y remédier. Les surveillants font en sorte que le réseau soit capable de s’ajuster à des circonstances nouvelles et maintienne un haut degré de flexibilité, ce qui est nécessaire pour déjouer la loi.

 

7) Les « agents doubles » qui font partie d’un réseau criminel, mais qui continuent de travailler dans des organisations de nature licite, qu’elles soient gouvernementales, financières ou commerciales. À ce titre, ces personnes fournissent de l’information précieuse et contribuent à la protection du réseau.

 

Ainsi, les isolateurs, les gardiens, les surveillants et les agents doubles contribuent à protéger les réseaux contre ceux qui cherchent à les neutraliser . Nous ajouterons quelques considérations sur les mesures d’auto-protection utilisées par ces réseaux.

 

Ces mesures d’auto-protection concernent principalement le noyau du réseau.

 

L’infiltration de la périphérie est possible, mais celle du noyau est beaucoup plus difficile non seulement parce qu’il est mieux protégé mais aussi parce que les membres de ce noyau sont unis par des liens forts et un degré élevé de confiance mutuelle et de loyauté.

 

De plus, l’infiltration ou la mise en accusation de certaines parties de la périphérie ne pose pas des problèmes trop sérieux au réseau, dans la mesure où ces parties de la périphérie peuvent être coupées du réseau ou encore remplacées par le recrutement de nouveaux membres. Le fait que l’information de nature stratégique soit compartimentée dans la périphérie contribue également à limiter les dommages.

 

Nous devons ajouter que dans les réseaux criminels fondés sur des bases  ethniques les mécanismes défensifs sont tout particulièrement efficaces. Dans ces réseaux la confiance mutuelle et la loyauté sont encore plus grandes dans le noyau et le renouvellement des parties atteintes dans la périphérie est plus facile étant donné les liens forts existant dans les milieux ethniques et le peu de visibilité de ce qui s’y passe.

 

Depuis des années et sans attendre le choc du 11 septembre l’histoire constate qu’une haute technicité ne saurait remplacer l’infiltration, le noyautage et la réduction des réseaux grâce à la parfaite connaissance des processus de mécanique qui les animent.

 

Focalisée sur un type précis de comportement humain, cette connaissance n’a d’autre choix que d’accepter l’interdisciplinarité, dans le but d’étude du phénomène criminel « à anticiper », au sens large : crimes, délits, mais également témoignages, méthodologie de recherche, étude pénale, épidémiologie et sémiologie… Tous les aspects du crime, de la personne criminelle (sa psychologie, ses droits, les causes de son comportement) aux explications plus profondes sur « les groupes » permettent cette indispensable identification de l’ennemi sans laquelle la notion même de « sécurité » se trouverait gravement remise en cause.

 

Simon Licha, pour noetics.ch

02.11.2011

Du MILIPOL à l’Expertise internationale ( noetics.ch )

 

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Bon boulot ! Compte -rendu du salon MILIPOL 2011

Pendant 4 jours, du 18 au 21 octobre, s'est tenu à Paris le salon international MILIPOL, spécialisé dans la sécurité intérieure des États. C'est un lieu d'informations et de mise en relations, réservé aux professionnels de la sécurité , industriels, utilisateurs, acheteurs de toutes nationalités. MILIPOL a évolué. Il est passé de la promotion des techniques et matériels de sécurité aux domaines de la sécurité des collectivités, publiques et privées, à ceux des industries et des entreprises puis à la protection des populations. En cela il nous amène à constater que le commerce de la sécurité s'adapte aux formes nouvelles de menaces auxquelles les sociétés modernes se doivent de répondre. En effet nous sommes passés d'une conception sécuritaire, de type policière classique, à une réflexion plus pointue sur des perspectives plus incertaines et mouvantes, liées aux crises économiques et écologiques structurelles, qui de Crash boursier en écroulement du système économique et bancaire mondial, en passant parles catastrophes naturelles liées au risque nucléaire, amène la nécessite d'entrevoir et d'anticiper des réponses originales appropriées.

Le groupement d'intérêt économique MILIPOL est une association d'entreprises ( Cofrexport, Protecop, Visiom et … Thales ) dont le président est le président directeur général de CIVIPOL.

CIVIPOL ( ayant pour actionnaire principal l'état français à 49% ) est la société de conseil et de service du ministère français de l'intérieur. Créée en 2001, elle propose donc des prestations de service dans les domaines d'expertise, d'audit, de conseil, d'assistance technique, et de formation, en particulier en matière de sécurité intérieure et de protection civile. Elle assure ces missions , surtout au niveau international où elle exporte « le savoir-faire français » et son ingénierie en matière de police et de sécurité civile, mais aussi de gouvernance territoriale et d’administration. CIVIPOL intervient par ailleurs comme opérateur de gestion et d'administration.

CIVIPOL, malgré son éthique de discrétion ( pour ne pas dire du secret ) fut exposéé publiquement en jouant un rôle particulier en 2004, lors des tractations concernent un gigantesque contrat de 7 milliards d'euros entre des industriels français, dont l'inévitable Thales, et le royaume d'Arabie saoudite. Le projet, baptisé Miksa (Ministry Interior Kingdom Saudi Arabia) , visait à surveiller les frontières terrestres et maritimes du royaume wahhabite en fournissant, non seulement, des hélicoptères et des avions, des véhicules terrestres et des radios, des liaisons satellites et des routes, des aéroports, des salles de commandement et des casernes mais surtout, point sensible, 225 radars capables de détecter toute intrusion par terre, mer ou air sur les 5.000 km de frontières de l´Arabie Saoudite, notamment avec l´Irak et le Yémen.
La France représentée par Thales, désigné dès le départ par Charles Pasqua, le fut aussi par une société anonyme …. CIVIPOL présidée par le préfet hors cadre Alain Rondepierre, ayant fort bien résister à la cohabitation Chirac-Jospin. Mais, dès la reprise en main de ce dossier par Nicolas Sarkozy alors ministre, trois hommes vont en fait le traiter directement : Claude Guéant, son directeur de cabinet, Brice Hortefeux … et un certain Ziad Takieddine. La mission d'intermédiaire de Takieddine avait été interrompue brutalement par l'Élysée en 1996, non sans qu'une équipe du service action de la DGSE ait dû être mise à contribution, à Genève, pour le convaincre de ne pas insister.

Hormis CIVIPOL, représentant le centre politique décisionnel et le géant Thales de la Défense, la Sécurité, l’Aérospatial et le Transport ;Cofrexport est plus particulièrement chargé du travail technique « d e grandes oreilles » comparable à la NSA ( écouter, intercepter, voir et surveiller, enregistrer les données cryptées, détecter, positionner et poursuivre les intrus ) ; Protecop est un fabriquant -fournisseur ( conçoit, fabrique et développe depuis 1982 des produits issus de leurs ateliers ou importés des meilleurs spécialistes mondiaux. « Les équipements que nous proposons répondent à l'attente des utilisateurs les plus exigeants, la réputation de nos matériels et équipements s'est forgée en Irlande du Nord, au Kosovo, en Afghanistan, au Liban,en Irak et en Afrique du Sud, partout où les professionnels du maintien de la paix et de la sécurité publique sont engagés. » ). Visiom est le leader des solutions technologiques globales répondant aux besoins des transports aériens, maritimes et terrestres ainsi que des sites publics et privés.
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Contrôle des personnes : Sas à ondes millimétriques, Détection de masses métalliques, Détection de traces, Biométrie, Vidéo-surveillance
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Contrôle des bagages à main : RX automatiques, RX non-automatiques, Détection de traces, Contrôle des liquides
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Contrôle des bagages de soute : RX automatiques EDS, Standards 1, 2 et 3, Module autonome
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Contrôle de fret, cargo et véhicules : RX non-automatiques fixes, RX non-automatiques mobiles, Détection de présence humaine
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Service : Ingénierie / Étude, Formation, Maintenance, Location

En observant la structure complète de MILIPOL , nous pouvons définitivement en déduire que les budgets de l’armée stagnant, pour ne pas dire diminuant. L’industrie de la défense a alors du trouver d’autres sources de financement par la mise en œuvre du Continuum sécurité défense, c'est-à-dire, des équipements pouvant servir à la fois aux civils et aux militaires.

Christian Mons, le PDG de la marque Panhard présente, par exemple, des modèles de PVP (« petit véhicule protégé ») en beige-kaki pour la version armée et en bleue pour la version gendarmerie : « Dans certains cas, les gendarmes sont confrontés à des situations comparables à celles de l'armée, donc ce PVP leur permet d’être protégé au même titre que s'ils employaient des véhicules militaires stricto sensu », explique-t-il …C'est à une véritable révolution de la sécurité que nous sommes conviés. Demain elle touchera tous les secteurs de l'organisation des états.

Comme le dit Nicolas Tenzer dans son rapport :L’expertise internationale au cœur  de la diplomatie et de la coopération du XXIe siècle « Une réflexion stratégique et prospective doit être engagée dans les ministères « sectoriels » (Défense, Intérieur, Agriculture, Développement durable, Énergie et Équipement, Affaires sociales, Santé, Enseignement supérieur et Recherche, Éducation nationale) qui ont une mission d’expertise. Cette réflexion opérationnelle devrait notamment dégager les dimensions suivantes : objectifs visés, zones et pays prioritaires, priorités par sous-secteurs, organisations internationales cibles, identification des relais d’influence (ONG, media, personnalités étrangères, think tanks, etc.), réseau de personnes mobilisables (fonctionnaires, experts dans les organisations internationales, y compris fonctionnaires internationaux , et assistants techniques, centres de recherche dans les nations et centres à l’étranger, secteur privé, ONG, etc.), informations pertinentes attendues, partenaires publics et privés sur lesquels nous pouvons nous appuyer, têtes de réseau et référents sectoriels possibles du côté de l’administration et de l’opérateur de référence, etc. Cette cartographie générale et la constitution de réseaux en temps réel seront la base du développement d’une politique d’expertise de sécurité internationale orientée par des objectifs clairs et cohérents »

Pour s'en convaincre il suffit de rappeler que le prochain MILIPOL aura lieu au Qatar du 26 au 28 novembre 2012. Il se tient les années impaires à Paris et les années paires au Qatar.

Depuis la guerre du Golfe, la coopération militaire fanco-qatarienne est au beau fixe. La France est l’un des principaux alliés de l’Émirat avec lequel elle a signé en 1994 un accord de défense. La relation militaire entre les deux pays est essentiellement commerciale et industrielle. Le Qatar a en effet passé pour plus de 80 millions d’euros de commandes au cours de la dernière décennie. Ainsi, 80% de l’équipement militaire du Qatar est de fabrication française. La France s’implique désormais aussi dans un projet de système complet de défense aérienne.
La coopération bilatérale passe aussi par des opérations d’entrainement commun. Les manœuvres Gulf Falcon qui ont lieu tous les deux ans entre les forces militaires française et qatariennes permettent au Qatar de maîtriser l’utilisation de matériels comparables à ceux de l’OTAN. C'est principalement plus de 300 militaires français, principalement issus des Forces françaises stationnées à Djibouti (
Blindés ERC 90 et infanterie, détachement de commandos marines, Mirage 2000-5 Mk2 ) qui viennent travailler conjointement avec les forces qatariennes ...

Simon Licha pour noetics.ch

Sécurité privée, guerre économique et principe de réalité

 

 

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Quel est le cinéphile qui ne connait le film de Sydney PollackLes Trois Jours du Condor ? Joseph Turner agent d'une unité spéciale de la CIA est une sorte d'encyclopédie vivante. Son emploi consiste à lire toute la littérature d’espionnage mondiale, livres, thèses, afin d’y découvrir d’hypothétiques messages codés qui impliqueraient de possibles menaces extérieures à l’encontre des États-Unis . Il effectue donc une veille permanente de tous les écrits édités à travers le monde et grâce à ses excellentes connaissances, il élabore des scénarios utiles à l'Agence, trouve des fuites dans ses méthodes et éventuellement de nouvelles sources de renseignements.

Or, un jour, après être allé faire des courses pour la pause déjeuner, Turner retrouve tous ses collègues assassinés. S'engage alors une course contre la montre pour savoir qui a commis ces meurtres et comment leur échapper. Mais il comprend très vite que c'est un groupe secret, agents de la CIA, « Shadow cabinet », véritable état dans l'état, qui est à l'origine du drame. Sans le vouloir vraiment son unité avait commencé à démasquer la véritable source du pouvoir.

Même logique pour Ali Kazancigil qui écrit dans son dernier ouvrage La gouvernance pour ou contre le politique « Loin de soumettre la gouvernance à la raison politique, la démocratie et l'état souverain se sont laissés pénétrer par sa logique marchande et gestionnaire. Nous assistons à la domination de la rationalité instrumentale du marché et de la défaite de la raison politique. » Tout le monde en effet peut constater que la gouvernance « est une modalité technocratique et privatisée de l'action publique ».

Dans les deux cas, comme citoyen, chacun peut s'en féliciter ou s'en offusquer : décrypter ce jeu tentaculaire c'est déjà commencer à saisir la complexité et comprendre l'abandon des anciens droits et devoirs régaliens des états, mais comme acteur « économique » de la sécurité, ne devons-nous pas tenir compte de cette évidente réalité ?

Les directions des entreprises internationales se doivent donc désormais, non seulement d'adapter leurs politiques de développement au contexte local mais aussi leur « risk management » à tout type de situation. Il ne s'agit plus seulement de « sécuriser » au maximum leurs activités donc leurs profits, lorsque l'entreprise est implantée dans un pays sensible ou continuellement en crise, mais aussi de développer des structures de défense à l'intérieur même des nations mères. Les services de sécurité privés ne sont pas des amicales de mercenaires mais bien des pompiers qui palliant au déficit des structures d'états affaiblies agissent, en coopération avec elles, en temps et en heures pour éteindre les incendies conformément aux besoins légitimes des acteurs économiques majeurs, de leurs employés et de leurs usagers dans une authentique « guerre économique ».

Bien que la formule de « guerre économique » suscite toujours incompréhension et contresens, elle n’en recouvre pas moins une réalité. En effet, depuis vingt ans, la globalisation des marchés et l’émergence d’une compétition mondiale, sans règles stables, se traduisent par une concurrence sans retenue entre les pôles financiers et industriels.

Ali Laïdi définit la guerre économique comme « la stratégie économique agressive d’une entreprise ou d’un État pour atteindre un objectif : conquérir ou protéger un marché ». Elle apparaît ainsi comme un instrument belliqueux au service de la puissance des États et peut revêtir plusieurs formes : le benchmarking offensif, la contrefaçon, le débauchage concurrentiel, la guerre de l’information, le social learning, etc. La sémantique du concept de « guerre économique » est sujette à polémique. Nombreux sont les spécialistes qui rejettent l’emploi du vocable martial, car la « guerre économique » ne repose pas sur le recours à la force armée. Ils préfèrent évoquer l’hyperconcurrence ou l’hypercompétition à laquelle se livrent les entreprises et les États. D’autres encore nient purement et simplement le durcissement des relations. Ainsi, Patrick Viveret, philosophe et magistrat, estime que la guerre économique est un prétexte pour faire accepter aux citoyens la disparition des avantages sociaux au nom d’une société toujours plus libérale. Quoiqu'il en soit, il est impossible de ne pas reconnaître que les rapports commerciaux entre les acteurs économiques se sont nettement radicalisés depuis la chute du Mur de Berlin.

La globalisation du marché, n’a pas pacifié le monde des affaires, mais pousse de plus en plus les états comme les entreprises à durcir leur politique de compétitivité. Dans cet affrontement, ce qui reste de l’État est à la fois juge et partie. Juge lorsqu’il encadre de manière minimale le fonctionnement des marchés et partie lorsqu’il utilise toute sa force pour soutenir ses champions économiques. Si le principe de la libre concurrence empêche les États de mettre en place une certaine politique industrielle, ces derniers s’efforcent de contourner cette interdiction et utilisent leur administration, et particulièrement « leurs services de renseignement », pour soutenir leurs fleurons industriels. Le rôle de l’État dans la compétition économique est d’autant plus important à l’heure où la crise financière frappe l’économie mondiale. Tous, même les ultralibéraux, se tournent vers lui pour sauver « le système ». Des États-Unis à la Russie en passant par la Grande-Bretagne, les fonctionnaires des différents pays se transforment en véritables « guerriers du business ». Et comme dans le même temps les états effectuent des coupes brutales dans les budgets de sécurité, ils se tournent naturellement vers le traitement privé de celui-ci ou ne laissent aucun autre choix aux entreprises pour se protéger.

Dans ce cadre,  « l ’intelligence » économique privée est rapidement apparue comme l’outil indispensable à la pérennité, au dynamisme et au développement économique durable des entreprises. La permanence et l'importance de « la veille » des « services privés » à l'intérieur des entreprises font désormais partie de ce principe de réalité définitivement admis. Dans la modernité du troisième millénaire, les milieux économiques doivent porter à la fonction publique le plus grand intérêt et réciproquement, afin de recueillir le maximum de renseignements vitaux pour la survie et l’expansion de ceux-ci ... Les phénomènes de « spy drain » (concept de transfert d'agents des service de renseignements publics vers les services de renseignements privés), privatisation et « outsourcing » sont amenés à se développer de façon exponentielle. Tout le problème réside alors dans l'encadrement par des professionnels pouvant harmonieusement négocier ces transferts dans l’efficacité, la rapidité et la mise à niveau concernant les exigences et les perspectives des entreprises.

Simon Licha pour noetics.ch

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19.08.2011

Jacob Cohen versus MOSSAD par Jean-Marc DESANTI

 

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Le soleil est brûlant ce jour à Paris et c’est rare en cet été 2011. Je suis à la sortie de la station de métro Saint-Paul, à côté d’un manège à chevaux de bois. J’ai rendez-vous avec l’universitaire et écrivain Jacob Cohen pour l’interviewer sur son dernier ouvrage : Le printemps des Sayanim (retrouvez ce livre :kontrekulture.com.) Nous ne nous connaissons pas. Soudain, j’entends prononcer mon prénom avec cet accent qui m’est si familier, rappelant à chacun les couleurs et les parfums du nord de l’Afrique.

Instinctivement, nous nous sourions et notre poignée de main est moins un signe de politesse que la marque consciente d’une fraternité programmée.

Et pourtant. Tout nous sépare, son antisionisme qui provoque en réaction un flots d’insultes dont la cocasse qualification d’antisémite et mon sionisme militant qui me pousse, parfois, à porter l’uniforme de Tsahal me gratifiant de ce fait du qualificatif de nazi. Ce « Reductio ad Hitlerum » nous met, paradoxalement, immédiatement en confiance et le tutoiement s’impose en quelques secondes comme une évidence contre la sottise humaine et son goût prononcé pour remplacer l’échange d’idées par la calomnie, l’invective ou l’offense.

Alors, nous allons déambuler, d’une terrasse à l’autre, dans le quartier du Marais, nous menant, durant huit heures de la rue Caron à la place des Vosges en sachant déjà que nous ne trancherons pas le nœud gordien Judéo-Israélo-Palestinien.

Nous aurons, au moins, « surmonté » ( en hébreu Itgaber, « il triomphera de soi », en référence à notre grand maître commun Yeshayahou Leibowitz ) , la dialectique des deux haines, celle des deux mépris dont Edgar Morin écrit :« C’est le mépris du dominant israélien sur l’arabe colonisé, mais aussi le nouveau mépris antijuif nourri de tous les ingrédients de l’antisémitisme européen classique auquel s’ajoute celui d’une partie de la jeunesse d’origine maghrébine ».

Nous quittant à regret, peut-être avons-nous partagé la lumière aveuglante et désespérante, enfouie pudiquement dans nos cœurs, qui nous fait percevoir l’absurdité de cette situation provoquée par le traumatisme de la chute de l’humanisme à la sortie de la seconde guerre mondiale.

Alors chemineront encore longtemps dans nos têtes ces paroles chantées par Robert Charlebois :

« Dans la grand’ chaîne de la vie

Pour qu’il y ait un meilleur temps

Il faut toujours quelques perdants

De la sagesse ici-bas c’est le prix

Quand les hommes vivront d’amour

Il n’y aura plus de misère

Les soldats seront troubadours

Mais nous, nous serons morts mon frère. »

Jean-Marc DESANTI : Peux-tu nous rappeler l’argument central de ton ouvrage ?

Jacob COHEN : Le Printemps des sayanim tente de donner une idée de la pénétration de ces « informateurs » juifs français – il en existe dans tous les pays où réside une communauté juive – qui, par « patriotisme », collaborent avec le Mossad, et lui apportent leur aide, principalement dans 2 domaines. Celui de la propagande ou de la désinformation. Ou dans le cadre des opérations d’espionnage. Mon livre se concentre sur le premier aspect. Il met en scène – c’est un roman et non un essai – des personnages connus et que l’on identifie facilement – ou moins connus comme certains francs-maçons juifs et sionistes qui ont créé une loge « judéo-sioniste » au sein du Grand Orient et qui organise par exemple chaque année des voyages encadrés en Israël – que je suppose être des sayanim, vu leur implication revendiquée en faveur de la politique d’Israël.

Par exemple l’organisation d’un match de football entre jeunes israéliens et palestiniens, opération typique de propagande pour faire croire à une paix qui avancerait pendant que la colonisation continue. Les sayanim dans les médias lui donneront une publicité exagérée. Comme ils ont réussi à faire imposer un certain vocabulaire, à RFI par exemple : Dire Jérusalem à la place de Tel Aviv ; implantations au lieu de colonies ; barrière de sécurité et non mur de séparation. Les sayanim pénètrent tous les secteurs de la société. Aucun ne leur échappe. Exemple de collaboration en matière d’espionnage. Lorsque l’Irak a envoyé des scientifiques en France pour se perfectionner en matière nucléaire, le Mossad a trouvé un sayan à Saclay qui leur a fourni leur dossier complet.

Ne penses-tu pas que la multiplicité des « services » chargés du renseignement au sein d’un même gouvernement (le Mossad, le Shin Beth, l’Aman, le Malmab, le Lakma, le Nativ,) chargés du renseignement intra et extra-territorial, provoquent des gaspillages budgétaires et surtout des pertes d’informations ou de recoupements ?

Les pays qui lient leur destin à une politique de puissance, et la taille n’a rien à voir, référence à Israël, développent une multitude de « services » pour couvrir tous les champs possibles d’investigation, recouper les informations, créer de la stimulation. L’Amérique actuelle en est l’exemple parfait, qui ignorerait jusqu’à leur nombre et leurs attributions. Ce qui introduit une compétition entre eux, et qui peut avoir des effets néfastes. Mais il serait illusoire d’exiger d’eux une collaboration totale et sans arrière-pensées. L’esprit de corps finit souvent par primer sur les considérations nationales.

Il y a probablement autant d’avantages, sinon plus, à garder les structures actuelles en Israël qu’à vouloir les fondre en 2 ou 3 organismes. Il y a une plus grande efficacité à privilégier l’ « humain », au détriment de la technologie, et cette efficacité est inversement proportionnelle à la taille de la structure. L’élément budgétaire ne serait pas déterminant, à cause du nombre d’agents relativement faible, des priorités nationales, et des aides américaines. Il se trouve aussi que les chefs des « services », qui dépendent directement du premier ministre, se réunissent régulièrement avec lui, ou sont invités à certaines séances du cabinet. On peut donc estimer qu’ils ne se marchent pas trop sur les pieds.

Il semble indispensable de conserver une certaine séparation des « services », dans une démocratie tout au moins, et dans cette optique qui contrôle vraiment les Sayanim ?

D’après les témoignages les plus crédibles, en particulier Victor Ostrovsky et Gordon Thomas – ce dernier a recueilli les confidences de tous les anciens chefs du Mossad, en particulier celui de Meir Amit, patron du Mossad au début des années 60 et qui lui avait révélé explicitement l’intérêt de créer et de développer le corps des sayanim – c’est le service secret israélien chargé des opérations à l’extérieur qui en a la responsabilité. Ce qui est d’ailleurs logique, puisque les sayanim sont par définition des juifs qui résident hors d’Israël. Il semble aussi que les autres « services » s’occupent soit des affaires intérieures, ou des affaires relevant des Territoires palestiniens, ou des affaires militaires.

Il se peut aussi qu’un service autre que le Mossad cherche à recruter à l’étranger un agent pour une mission spécifique et qu’il s’agisse d’un juif. Mais cela n’équivaudra jamais à l’importance, par le nombre et la qualité, aux sayanim. Rappelons que ces derniers se comptent par dizaines de milliers dans le monde. 3000 dans la seule ville de Londres, selon Ostrovsky. Et ce corps relève exclusivement du Mossad. Qui ne rend compte qu’au premier ministre ou à la commission de la Défense de la Knesset.

Un agent est efficace dans l’incognito. C’est sa maîtrise d’un domaine ou ses contacts qui représentent un intérêt pour le traitant. Un vrai officier de renseignement est indécelable, il semble mener une vie de routine, ennuyeuse et normale. Comment alors pouvoir affirmer telle action, tel chiffre ou telle réalité concernant les Sayanim ?

Évidemment, seul le responsable du Mossad dans un pays connaît le chiffre exact des sayanim. Donc les chiffres qui sont avancés, même par les connaisseurs les plus avertis, ne peuvent être que des estimations. Mais celles-ci n’en donnent pas moins une image de la réalité. On peut se tromper sur quelques centaines pour un pays, mais cela ne change rien quant au fond. Certains témoignages rapportent des faits établis, comme l’action du sayan à Saclay. Pour être efficaces, les sayanim doivent être nombreux pour couvrir tous les secteurs possibles et imaginables, ou mener une action ponctuelle d’envergure. Lorsque Mordechaï Vanunu – celui qui a révélé les secrets nucléaires de Dimona à un journal britannique – a été mis en sécurité dans un hôtel londonien, le Mossad a mobilisé tous sessayanim de Londres, qui ont quadrillé la ville, et appelé hôtel par hôtel, avec une description sommaire et un lien familial fallacieux, et il a fini par retrouver sa trace. Comme pour toutes les histoires secrètes, l’action des sayanim ne sort que par bribes. Ce qui n’enlève rien à leur réalité.

D’après toi, être un Sayan lorsqu’on est français d’origine, est-ce tromper sa patrie ?

Dans un sens, oui. Considérons le problème autrement, car quand il s’agit d’Israël, les repères changent, comme si ce pays devait bénéficier d’un traitement à part. Imaginons une grande communauté d’Allemands vivant en France ou aux Etats-Unis, en tant que citoyens de ces pays, et que des milliers d’entre eux renseigneraient les services secrets allemands, dans tous les domaines, ou entreprendraient des actions en faveur de leur lointain pays d’origine, comment jugerait-on cela ? Un autre élément qu’on passe sous silence parce qu’Israël aujourd’hui est l’allié de la France, et qu’être sayan paraît inoffensif. Imaginons qu’on soit en guerre. Israël demandera aux sayanim français d’être leur cinquième colonne, et un grand nombre d’entre eux le feront, parce qu’on a développé chez eux un second patriotisme, plus fort que le premier.

Reprenons le cas du sayan à Saclay. Cela aurait pu, ou cela avait pu, nuire aux intérêts de la France en tant que pays ayant signé par contrat la livraison d’une centrale nucléaire et la formation de scientifiques, en assurant en principe leur protection. La France aurait quelque part failli, car le Mossad a réussi, grâce à son sayan, à localiser et à assassiner à Paris, un scientifique irakien de haut rang.

Le statut de sayan n’est pas si anodin.

N’y a-t-il pas un risque en lisant ton livre de confondre fonction et réalité, en effet le renseignement est d’abord un travail de bureau. Plus de 75% des postes sont sédentaires dans pratiquement tous les états (par exemple les « services britanniques qui comptent environ 3000 personnes, avouent moins de 500 personnes sur le terrain.) Ne faudrait-il pas un nombre très élevé de « Katsa » pour traiter le nombre considérable d’agents potentiels que tu avances ?

Les sayanim ne sont pas des agents secrets qui doivent être « traités » au jour le jour par des responsables du Mossad. On sort là du fonctionnement habituel du service secret. Si cela avait été le cas, il aurait fallu des dizaines, sinon des centaines, de « katsas » pour les traiter.

Les sayanim mènent leur vie habituelle, travail, famille, loisirs. Ils peuvent ne pas être sollicités pendant des mois. L’important est qu’ils soient répertoriés et prêts à agir en cas de nécessité. Un sayan agent immobilier peut ne pas agir pendant un an. Mais il entrera en action le jour où le Mossad lui demandera de mettre à sa disposition une planque. De même pour un sayan garagiste ou un sayan haut fonctionnaire. De même, un « katsa » peut avoir un relais personnel – par exemple un homme important dans les médias – qui relaiera un mot d’ordre décidé par le Mossad, dans sa guerre de désinformation. Par exemple : faire le maximum de buzz autour de Gilad Shalit. Opération remarquable. Qui ignore aujourd’hui le nom de ce soldat, transformé en « otage », alors qu’il servait une armée d’occupation ? Grâce à des relais dans les médias et au sein de la classe politique (gouvernement, partis, parlement…), Israël passe pour un pays qui souffre de la détention d’un « otage » alors qu’il détient 11 000 prisonniers, dont 95% sont politiques, donc de vrais otages de leur politique d’occupation.

Une bonne organisation – on peut faire confiance au Mossad pour cela – et une capacité de réaction rapide, permettent à quelques « katsas » d’encadrer des milliers de sayanim et de les faire agir ensemble et dans le « bon sens ».

Les « services » israéliens sont une administration comme une autre. Il y a des comptables, des secrétaires, des documentalistes, des logisticiens, des personnes en charge de la gestion du personnel, des spécialistes de l’informatique, des télécommunications, des traducteurs, etc… et bien sûr, des spécialistes du renseignement… Ce qui demande déjà des sommes considérables. Même en tenant compte des « fonds secrets » et autres « fondations privées », où trouver l’argent simplement pour la logistique entretenant la pérennité du « système Sayanim » ?

Les sayanim sont des volontaires. Ils ne coûtent pas un centime au Mossad. Et non seulement c’est une main-d’œuvre gratuite, mais en plus elle contribue financièrement, de manière générale à l’État d’Israël, car c’est la plus engagée idéologiquement, en achetant régulièrement les bons du trésor israéliens, en finançant divers organismes sionistes (le KKL pour l’achat des terres, la WIZO pour le développement du système scolaire en Israël et dans les colonies, etc.) en participant à des soirées de soutien (pour Gilad Shalit, pour le corps des garde-frontières, pour les centres de bien-être aux soldats israéliens, etc.) en s’engageant dans un équivalent du service civil (dans lequel des volontaires juifs de tous âges vont travailler bénévolement dans les bases militaires en payant leur voyage et les frais de dossier) en finançant le Maguen David Adom, les parcs, les forêts, les universités (le nom des donateurs est inscrit dans une salle de cours, sur une ambulance, sur un banc public).

Bref, les sayanim peuvent être considérés comme l’aristocratie engagée des militants juifs de la diaspora. Si on compte les 500 000 membres du Bnaï Brit (une espèce de franc-maçonnerie juive internationale) et ceux des organisations juives et sionistes nationales (comme le CRIF ou l’Union des patrons juifs de France, très actifs et ultra-sionistes, etc.) on peut arriver au chiffre approximatif de 1 million. Le Mossad n’a besoin que de quelques dizaines de milliers. Des agents pareils, qui se bousculent pour offrir leur aide, qu’on ne paie pas, mais qui ajoutent leurs propres contributions, quel service secret n’en rêverait pas ?

Crois-tu que le Metsada (Komeniute), s’il trouvait tes écrits dangereux ou contenant de véritables informations ou révélations te laisserait tranquille ? L’Apam – Avtahat Paylut Modienit – (la protection du renseignement) est-elle si défectueuse ?

Tout d’abord je n’ai pas la prétention de faire des révélations fracassantes. Il est vrai que l’existence même des sayanim était pratiquement inconnue en France avant la parution de mon livre. Ce qui me paraît gratifiant, c’est que le terme est de plus en plus utilisé dans les forums et dans les commentaires politiques, dans un sens proche de la réalité.

Les livres et les blogs parus en anglais contiennent plus d’informations, de révélations et de témoignages. On peut d’ailleurs se demander quelles forces avaient quasiment réduit au silence le terme même de sayanim et ce qu’il recouvrait.

N’étant pas en mesure d’apporter des révélations inédites, j’ai plutôt privilégié l’atmosphère de collaboration entre le Mossad et ses agents très spéciaux. Comment le Mossad fait vibrer la fibre « patriotique ». L’enrôlement de francs-maçons juifs et sionistes pour la défense d’Israël. La description (tout à fait personnelle mais que j’estime proche de la réalité) des liens quasi incestueux entre SOS Racisme et l’UEJF (Union des étudiants juifs de France) et la soumission de la première aux organisations et à l’idéologie sionistes.

Mais comme nous vivons dans une démocratie formelle et que les Israéliens font de cet idéal leur pierre angulaire, ils ne peuvent quand même pas abattre tous les opposants, surtout étrangers. Mais ils ont d’autres méthodes de persécution. Interdiction d’entrée en Israël pour des opposants (Chomsky, Finkelstein), procès en sorcellerie pour « antisémitisme » visant même des juifs irréprochables sur les droits de l’homme, comme Edgar Morin en France.

Nul doute que les « services » m’ont repéré, mais il se contentent pour le moment de campagnes d’insultes sur les sites sionistes (dont la plus cocasse, celle d’antisémitisme), des tentatives de faire interdire certains de mes liens sur Facebook. Avant de faire intervenir les nervis du Betar ou de la LDJ ?

On peut risquer une autre hypothèse : ton livre n’est-il pas en réalité un superbe objet de désinformation qui d’une part servirait le mythe d’un « Mossad » hyper puissant et d’autre part te mettrait à l’abri de tout soupçon de servir « l’Institut » (Ha mossad le modiyn ve le Tafkidim Mayuhadim) ? Tu serez l’équivalent des fameux grands espions insoupçonnables : Blake, Philby, McLean et Burgess.

C’est la question qui tue. La question-piège par excellence. L’obsession de l’espionnite poussée à son paroxysme. La hantise de la manipulation à plusieurs niveaux.

C’est une question à laquelle aucune réponse n’est satisfaisante. De quelle manière devrais-je exprimer une dénégation pour qu’elle soit crédible ? Et si cela était vrai, me vois-tu en train de répondre par l’affirmative et de te dévoiler la supercherie ?

Cependant, la question mérite d’être posée. Au moins l’interrogation. Dans un milieu où les manipulations sont de mise, il est bon de rester sur ses gardes.

Mais soyons sérieux. Si mon livre montre une des facettes qui donne au Mossad une puissance que les autres services secrets n’ont pas, avec le « bras long qui peut agir partout », il met à jour son mode de fonctionnement particulier, révèle la place et le rôle de ces agents spéciaux, au point de donner des idées à leurs adversaires. Les révélations dans ce domaine sont à double-tranchant. Après tout, les chefs du Mossad ont admis l’existence des sayanim devant Gordon Thomas. Mais je ne crois pas que le Mossad, comme les organisations sionistes, aient vu d’un bon œil le dévoilement de leurs activités en France.

Par ailleurs, même s’il est flatteur de me voir comparé à des espions illustres, je dois humblement avouer que ma vie est grandement transparente, peu digne d’intérêt en matière d’espionnage. En d’autres termes, on ne m’a jamais soupçonné de quoi que ce soit, et je n’ai aucune réputation à sauvegarder. Il serait absurde de monter une opération aussi bidon pour me disculper aux yeux d’autrui.

Enfin, ma carrière d’écrivain et de blogueur engagés n’a commencé que depuis peu. À mon âge, je suis perdu pour une nouvelle carrière.

Mais je me rends compte que tout ce que je viens de dire peut être utilisé contre moi, et me faire passer pour ce que tu soupçonnes.

Au final ne confonds-tu pas les Misgarots (groupes juifs d’autodéfense en diaspora) et les Sayanim ?

Pas du tout. Les membres des « Misgarots » peuvent être des sayanim. La réciproque est loin d’être vraie.

Il faut se rappeler que les sayanim sont des citoyens intégrés dans toutes les couches de la société, pour pouvoir mener les actions décidées par le Mossad. Ce qui inclut aussi des gens respectables et d’un certain âge, qu’on voit mal appartenir à des groupes d’autodéfense.

J’ai connu ce genre de groupes au Maroc. Dès les années 50, le Mossad avait réussi à s’implanter dans la plupart des communautés juives. Une de leurs actions consistait à recruter des adolescents dans les mouvements de jeunesse sionistes, à l’image de ceux qui existent en Israël (Dror, Bn é Aquiva, Hashomer Hatzaïr…) dans le but de répandre leur idéologie et de les faire partir en Israël ainsi que leurs familles. J’en avais fait partie pendant 3 / 4 ans. Ayant eu quelques responsabilités dans le mouvement à Meknès, j’ai été amené à rencontrer des Israéliens à Casablanca, entrés sous une fausse identité belge, et agissant dans la clandestinité.

Mais il y avait en parallèle des juifs marocains, qui avaient plus de 20 ans, et qui étaient organisés en groupe d’autodéfense, certainement sous la direction d’agents du Mossad. À l’époque, cela nous paraissait extraordinaire – j’avais 16 / 17 ans – que des coreligionnaires du Mellah (ghetto juif) puissent s’organiser de façon quasi militaire et tenir un discours guerrier. Avec le recul, je me suis rendu compte que la communauté juive ne courait aucun danger, et que toute cette mise en scène n’avait pour but que de faire croire aux juifs marocains qu’ils étaient menacés et que leur salut se trouvait en Israël. Je dois reconnaître que cette politique a fait partir des dizaines de milliers de juifs en Israël, de façon irréfléchie. Ils ont regretté par la suite, mais c’était trop tard.

Alors que les sayanim agissent le plus souvent dans des sociétés totalement pacifiées, pour aider le Mossad, non pas dans une vision d’autodéfense, mais pour pratiquer la désinformation ou aider concrètement les espions israéliens.

24.06.2011

IRAN – USA : la grande parodie par Desanti Jean-Marc

«  Le pouvoir n'existe plus que comme parodie  »

(Jean Baudrillard )

 

Il n'existe pas entre états stables de tensions irréductibles car il n'y a pas entre gouvernements de relations établies «  une fois pour toutes  ». Les adversaires d'hier deviennent les amis d'aujourd'hui et les alliés de demain, parce que la nature même de tout pouvoir est de survivre en développant une politique prioritairement conforme à ses intérêts, c'est à dire, en termes moins élégants, de tout faire pour durer.

Les USA et l'Iran ont , officiellement, connu une amitié réciproque jusqu'à la chute du Shah, puis en apparence, depuis vingt ans, de violentes tensions qui semblaient se cumuler durant le conflitIran-Irak. En réalité l'administration américaine de Reagan misa très concrètement sur Téhéran en organisant des livraisons massives d'armes par l'intermédiaire d'Israël. Ce qu'on nomma « l'Irangate » apparaissait comme incompréhensible aux yeux de beaucoup de « spécialistes », l'explication était pourtant simple : Face au « matérialisme » soviétique l'islamisme était favorisé. En vendant des armes aux iraniens les États-Unis faisaient d'une pierre deux coups.

D'une part ils se servaient des profits engrangés pour soutenir « les contras » qui combattaient lesSandinistes soutenus par l'URSS au Nicaragua et d'autre part nourrissaient la lutte armée contre l'Irak, faisant plus de 500 000 morts, qui avait le soutien de Paris et de Moscou.

Puis, les évènements continuèrent à resserrer les liens très discrets mais très étroits entre Washington et Téhéran. En 1998, 70 000 hommes des forces terrestres et aériennes iraniennes, appartenant aux pasdaran (gardiens de la révolution) et aux bassidji (milices islamiques) se massèrent à une cinquantaine de kilomètres de la frontière afghane en menaçant d'intervenir pour écraser les talibans. C'est à cette époque que La Vevak ( services secrets iraniens ) établit des contacts avec le commandant Massoud. C'est à cette époque aussi que la Vevak et la CIA s'entendirent sur le plan de soutien et de secours aux forces de Massoud. Téhéran était, d'ailleurs, déjà engagé dans le conflit, ses avions ravitaillant en vivres et en armes depuis des moisl'Hazarajat, une région du centre de l'Afghanistan, tenue par les milices chiites hazaras, alliées de Massoud et que les talibans n'avaient pas encore conquises.

Aussi lorsque le premier décembre 2001 l'US Air Force commença les bombardements sur Tora Bora, elle put bénéficier de l'ouverture de l'espace aérien iranien pendant deux mois.

Mieux encore, en 2003, l'armée américaine est partie du Koweit vers Bagdad, via le désert deNassiriyah, les brigades de l'organisation Badr avec leurs 15000 hommes ( réfugiés et transfuges chiites irakiens ayant combattu avec les iraniens pendant la guerre irano-irakienne ) étaient déjà entrées depuis la côte d'Al Imara et de Sa'd Algharbi pour protéger les arrières de l'armée américaine. C'est à ce moment-là aussi que les iraniens proposèrent aux Etats-Unis le fameux accord 6+6 , les six pays frontaliers de l'Irak, plus les USA et les pays du Conseil de sécurité, plus l'Égypte... Ce qui fut appliqué, dans les faits, malgré les dénégations embarrassées des diplomates US.

Pour le Pentagone, les iraniens sont des gens censés avec lesquels on peut faire « de bonnes affaires », la réciproque est vraie.

Depuis une dizaine d'années, il n'est pas de mois où l'on n'annonce une attaque américano-israélienne ou israélienne ou américaine contre l'Iran. Les experts les plus avisés nous exposent avec précision le déroulement des opérations futures, escomptant bien qu'avec le temps , ils auront forcément un jour raison …

Mais il n'en est rien et pour cause.

Les américains ont pu, grâce au puissant allié chiite, pacifier l'Irak, c'est à dire morceler le pays en le laissant sous forte influence iranienne.

Les iraniens, toujours inquiets et en opposition face au monde arabe sunnite, ont réussi par Gi interposés à détruire Bagdad l'orgueilleuse et même, par ricochet, à s'introduire et à remporter de grandes victoires en imposant le Hezbollah dans le jeu compliqué entre le Liban, la Syrie et Israël.

Le reste, recette médiatique rabâchée de l'intox et de la peur, n'est qu'un rideau de fumée , des gesticulations à usage interne.

Le USA PATRIOT Act n'est-il pas indispensable au capitalisme d'état américain pour expliquer ses atteintes aux droits fondamentaux face à l'apocalypse d'un nucléaire iranien ?

De même la répression de toute opposition par les bassidji ne trouve-t-elle pas sa parfaite justification dans les manœuvres supposées destructrices du « grand Satan » ?

 

Mais observons, de plus près, les dernières trouvailles des deux présumés protagonistes.

On parle de plus en plus du PJAK, groupe révolutionnaires armé kurde créé en 2004, d'inspiration marxiste et féministe ( la moitié des combattants sont des femmes ).

Ce groupe perpétrerait des attentats à la frontière de l'Irak et de l'Iran.

Le 4 Février 2009, Barrack Obama décréta le PJAK , comme groupe international terroriste. Cet acte gouvernemental américain n'est-il pas un soutien direct au gouvernement iranien ?

 

Quel genre de conception est-ce ? Pourquoi le président américain prend-t-il cette décision et choisit-il de ne pas soutenir la démocratie et les droits des groupes minoritaires en Iran comme les Kurdes, les Azéris, les Assyriens, les Juifs ou les Arabes ? 

Le gouvernement américain sait pourtant bien que les droits des Kurdes n'ont pas été reconnus pendant un siècle. Comment se fait-il alors que le président Obama s'oppose aux droits fondamentaux tels que le respect de toute culture et le libre apprentissage de sa langue maternelle ?

Ce volontarisme politique soutient-il le gouvernement iranien pour lui permettre de continuer son « alliance » avec le Pentagone, et le gouvernements turc afin que la Turquie puisse rester membre de l'OTAN ? 

 

Le régime iranien craint-il les militants du PJAK parce qu'ils sont pour la démocratie ?

Il semble, curieusement, que l'administration Obama ne supporte pas la lutte pour la démocratie en Iran.

De même, elle montre une patience peu commune et une prudence inhabituelle dans ses commentaires, concernant les évènements sanglants en Syrie. Le peuple kurde qui a vécu en Syrie des milliers d'années, avant même l'arrivée des Arabes au Moyen-Orient, n'a pas obtenu la citoyenneté syrienne, et est le premier à payer le prix du sang aujourd'hui.

Est-ce donc la raison pour laquelle on laisse la répression durer et se renforcer encore ?

 

« Nous avons des rapports de nos frères à l'intérieur de l'appareil de sécurité iranien qui démontrent que des généraux turcs sont venus en Iran pour préparer l'écrasement du PJAK et faire porter, à l'organisation,la responsabilité d'actes terroristes réalisés par des provocateurs », a déclaré Amir Karimi, membre du Comité de coordination du PJAK. 

« Ce plan de terreur fait partie de leur tentative pour obtenir de l'Union européenne de rallier les États-Unis afin de répertorier le PJAK comme un groupe terroriste ».

Pendant ce temps, en Europe, le régime iranien a envoyé quelques tueurs à gages en l'Allemagne pour abattre le secrétaire général du PJAK, Rahman Haji Ahmadi

« La police allemande a appelé la semaine dernière Ahmadi pour l'avertir que trois tueurs iraniens, utilisant des passeports turcs, avaient emménagé dans un appartement près de l'endroit où il vit  », a déclaré le porte-parole du PJAK . « Ils lui ont demandé d'être prudent, mais ne lui ont offert aucune protection  ».

Comment comprendre de telles circonvolutions ?

Il nous suffit de regarder une carte du «  grand Moyen -Orient », projet US machiavélique déjà largement engagé.

Ainsi, si on y voit un Kurdistan « libre » avec pour capitale Kirkouk, où les kurdes représentaient les trois quarts de la population en 1897, avant d'être massacrés dès 1980 par le régime arabe d'Hussein, avec l'aide et la complicité des turcs et des iraniens, on observe aussi que l'Iran débarrassé au nord – ouest des kurdes, récupérerait, au sud-ouest, une vaste zone appelée «  états arabes chiites  », entourant le Koweït et ayant une frontière commune avec les «  territoires intérieurs saoudiens indépendants  », une partie de l'Arabie saoudite démembrée.

 Il est à craindre qu'une fois de plus, ayant toujours besoin de barbouzes pour leurs opérations très spéciales, la NSA, avec l'aide du MIT turc ( Millî İstihbarat Teşkilatı ) et de la Vevak n'ait encore créé, un nouveau Al Qaida ou une nouvelle UCK, manipulables à souhait, qu'elle agite , qui parfois lui échappe, mais qui donne l'impression, l'illusion fausse qu'il se passe « quelque chose » , que demain peut-être les rapports de force basculeront.

Mais tout est sous contrôle. Le logiciel suit sa progression. Tous les paramètres ont été rentrés, les hypothèses élaborées sont testées et corrigées en temps réel.

N'oublions pas, Oncle Sam ne sort de son grand chapeau que le meilleur scénario possible à ses yeux.

Pour les petits James Bond obéissants comme Oswald, Diem, Bakhtiar, Moro, Kabila ou Ben Laden , leurs destinées, nous le savons, est de finir truffés de plomb car les états ne s'opposent jamais. Il peut y avoir, seulement, des changements d'équipes, des rotations de mafias ( pour ceux qui transgressent les règles du Monopoly mondial ). On sort les « caves » de la salle de jeu pour ne garder que les « affranchis ».

Les états sont, ne l'oublions pas, le « game », le casino, la banque.

Le lieu où se décident les règles à suivre impérativement, les pauses, les clients qui gagnent un peu, les mensonges, les stratégies et les trahisons, bref ce qui fait que la banque ne perd jamais.

 

Jean-Marc DESANTI

 

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Les leçons du 18 juin par Desanti Jean-Marc

« Avant de dire qu’il y a de la grandeur dans un peuple, il faut attendre qu’il ait subi l’épreuve de l’adversité. Pour les nations comme pour les individus le véritable héroïsme consiste dans le sacrifice de soi. » ( Pascal Paoli )

Juin, mois si particulier, avec son avant goût de vacances, qui adoucit de ses parfums nostalgiques les plus affreux des reîtres.

Au sacre du 7 juin 1654 de Louis XIV à Reims répond la formation du gouvernement Blum du 4 juin 1936, et comme un caprice de l’Histoire, le décret de Prairial du 10 juin 1794, marquant le début de la grande Terreur, semble donner la clé des raisons pour lesquelles le Front Populaire ne sut s’imposer comme tournant révolutionnaire radical.

Juin des années sombres illuminé par les explosions de couleurs des bombes, des projectiles et des obus du débarquement allié du six, où 177 fusiliers marins du commando Kieffer se sont illustrés, combattant, aux coude-à-coude avec les anglo-américains, dans des sanglants Corps à corps contre les troupes allemandes d’occupation. Juste et suite logique d’un grand moment, le 18 juin 1940, l’appel de Londres du général de Gaulle.

Pourtant dans cette dernière séquence mémorielle bien française, passent souvent à la trappe, au moins deux jours de juin : le 14, entrée des allemands à Paris et le 17 juin 1940, demande de l’armistice par le maréchal Pétain.

Remarquons qu’on abuse, par trop, du terme « historique », concernant bien de ces évènements.

Le 18 juin historique ? Certes, surtout pour raconter une histoire conforme, comme il se doit, à l’honorabilité et l’héroïsme du camp des vainqueurs.

Mais pour bien mesurer, non pas le caractère historique, mais les causes et les conséquences des faits, essayons d’imaginer un échange des discours. C’est la grande permutation, Pétain appelle à la résistance. Nous sentons immédiatement l’impossibilité et le ridicule de la situation parce que le 17 juin la capitale est réduite, les soldats en déroute, les généraux en fuite. Il eût été grandiose d’ appeler chaque homme et chaque femme à se faire tuer sur place, plutôt que de reculer, à édifier partout des barricades, à brûler les villes et les villages pour ne pas ravitailler l’ennemi et faire de chacun un partisan saboteur.

Mais qui dans l’Histoire demanda un tel sacrifice ? Pas même Napoléon mais Adolf Hitler, nous le constatons.

Le 17 juin fut ce lâche soulagement d’un peuple de Quarante millions de pétainistes . Pétain, comme tous les « grands hommes » ne fut rien.

Ni de Gaulle qui ne manqua pas de souligner qu’à Londres à cette époque, lui le maurrassien hautain était entouré « de juifs, de Canaques, de pauvres types, les marins de l’île de Sein et de francs-maçons ».

C’était approprié à la période et à la loi de l’Histoire universelle : une minorité qui résiste et une majorité qui veut survivre, quitte à vivoter, au mieux en se retirant dans un exil intérieur, au pire en collaborant. Et qui serions-nous pour les en blâmer ?,

En Pologne aussi, une majorité de juifs, respectueux des « lois », obéissait aux ordres des SS et s’opposait à une minorité de « terroristes » sionistes. Il en sera ainsi jusque dans l’insurrection du ghetto de Varsovie. Sur 71 000 personnes restantes après les déportations massives ( au départ plus de 450 000 juifs ), selon Marek Edelman, seul commandant rescapé, il n’y eut que 220 combattants filles et garçons fors l’honneur : « My nie chcemy ratować życia. Żaden z nas żywy z tego nie wyjdzie. My chcemy ratować ludzką godność » (« Nous ne voulons pas sauver notre vie. Personne ne sortira vivant d’ici. Nous voulons sauver la dignité humaine »).

Minorité contre majorité. Concept abstrait contre instinct de survie. Fors l’honneur ! Dans le Pacifique, le 17 juin 1944 les américains s’emparent de l’île de Saïpan. Bloqués par la mer et refusant le déshonneur d’une occupation 8000 civils se jettent du haut des falaises. Tout le monde n’est pas japonais …

On trouva en France, pour réconcilier le peuple du désastre, ce merveilleux fabliau de l’épée et du bouclier : de Gaulle et Pétain. Cela évita de conter une réalité moins épique.

Le pauvre général, bien conscient des choses humaines, eut par la suite des jugements pour le moins cruels sur le peuple français. Il alla même jusqu’à tolérer la stupéfiante campagne traitant les chefs de l’OAS de nazis pour camoufler le fait que si nous étions passés du Piou Piou au Poilu en 1916, fin 1962, la plupart des appelés était devenu des bidasses.

Nazis les chefs de l’OAS ? Bidault, président du CNR après la mort de Jean Moulin ? Chateau-Jobert, commandant de SAS parachutistes des FFL ? Degueldre résistant communiste FTP à 17 ans ? Godard , commandant du groupe de bataillons du plateau des Glières ? Jouhaud, chef d’Etat-Major des FFI pour la région de Bordeaux ? Soustelle patron du BCRA de la France libre ?

On voit jusqu’où peut mener cette simple évidence : Quitter le troupeau c’est devenir minoritaire et le minoritaire est toujours un paria, ce n’est en rien une question idéologique mais un trait de caractère.

Aujourd’hui encore des histrions décernent des labels de « gaullisme ». Le général botté de quarante , mille fois oui, mais le retraité de 1958, venant au secours du système pour finir par déclarer en 1969 : « La France est une grande chose mais les français ? La France , en vérité, est un espace surnaturel. Elle est très grande ou très petite, c’est selon, mais parler des français c’est toujours, plus ou moins un abus de langage … ».

Sage vérité qui nous renvoie à cette confidence faite à François Mauriac en mai 1968 : « La machine à laver,la télévision, la deux-chevaux sont devenues les signes visibles d’un paradis qui se manifeste durant les trois semaines des congés payés. Non certes, les français ne sont pas devenus un peuple sans Histoire, mais un peuple sans histoires et qui n’a d’autres soucis en tête que de n’en plus avoir jamais. »

A-t-il fallu tout ce temps à l’homme du 18 juin pour prendre conscience de la précarité de ces rêves de France , de cette « certaine idée » ?

On peut, au contraire, croire que la désillusion sur les français accompagna chez lui une conscience claire et désespérée de la condition humaine.

On peut se demander alors pourquoi, progressivement, son choix se porta du côté si conformiste de la majorité.

L’OAS ou les contestataires de mai 68, en apparence si irréversiblement dissemblables, exprimaient, cependant, l’irruption de la révolte contre le sens de l’Histoire, présenté comme inéluctable. Un sursaut de vie iconoclaste dans l’ordre parfaitement agencé de la fourmilière.

On apprend, aujourd’hui, que régulièrement la gendarmerie déloge, sans ménagement, les « indignés » de la Bastille. Nos néo-gaullistes au pouvoir devraient méditer cette adresse de Maurice Clavel, le libérateur de Chartres à la tête des FFI, au général le 10 juillet 1968 : « Mon général, chacun a voulu « être » à l’heure même où notre société de voitures et de réfrigérateurs, que vous flétrissez tant, allait finir de l’annihiler. Et si je vous disais que ce mal salutaire fut si violent et minoritaire parce que ces révolutionnaires « ressucitants » s’accordent avec la nature spirituelle de notre patrie, ne concevriez-vous pas quelque regret ou remords de votre médication par voie de police ou de passé ? »

En 2011, il apparaît, comme le note Bernard Conte « que ce sont les élites au pouvoir qui ont bâti l’asservissement par la dette. La sortie de l’esclavage et de sa logique de tiers-mondisation impliquera forcément le changement des élites qui ne se fera certainement pas sans violence. »

Alors lorsque nous voyons une certaine jeunesse rejeter l’immonde maxime capitaliste « tout est à vendre, ce n’est qu’une question de prix » et préférer la phrase de Nietzsche : « tout ce qui a un prix n’a que peu de valeur. »; ne devons-nous pas nous demander : « ne sont-ils pas des gaullistes minoritaires de 1940 ? »

Je refuse le Bon Pasteur, déguisé en mondialiste, parce que je ne suis pas un mouton. Tel pourrait être leur crédo et notre crédo, à nous tous, résistants modernes condamnés aux catacombes. « Malin » signifie « apte à faire le mal », mais a pris le sens « d’intelligent ». « Benêt » signifie « bienfaisant » mais a pris le sens « d’idiot ». Le divorce entre nos valeurs théoriques et nos valeurs réelles est évident.

La Libération est encore à l’ordre du jour.

Il serait inconfortable de se compter, nous serons toujours trop peu car comme disait Céline Rien n’est gratuit en ce bas monde.. Tout s’expie, le bien comme le mal, se paient tôt ou tard. Le bien c’est beaucoup plus cher … forcément ».

Les risques existent, ils sont considérables mais hormis les coups, il y a un monde à gagner.

 

« Quoi qu’il arrive, la force intérieure de la résistance des Français ne doit pas faiblir »

 

Jean-Marc DESANTI

 

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12.06.2011

De Gaza à Tel Aviv nos frères de misère par JEAN-MARC DESANTI

« La terre n’appartient qu’aux hommes.

 L’oisif ira loger ailleurs.

C’est de nos chairs qu’ils se repaissent !

Si les corbeaux si les vautours

Un de ces matins disparaissent....

La terre tournera toujours.

S’ils s’obstinent, ces cannibales,

A faire de nous des héros,

Ils sauront bientôt que nos balles

Sont pour nos propres généraux. »

 

Eugène Pottier

 

« Un navire armé et financé par des apports français (dont le comité d’entreprise de la SNCF de la région PACA), se prépare à quitter le port de Marseille le 18 juin 2011 avec à son bord de nombreux Français », pour forcer « le blocus de Gaza ».

Dans cette affaire à venir, sommes-nous condamnés au réflexe conditionnel du chien de Pavlov ?

A ne réagir qu’avec notre cerveau primitif de reptilien ?

A l’évidence tous les éléments de putréfaction intellectuelle sont réunis. Nous devrons choisir, nous serons sommés de le faire.

Pour ou contre, et surtout aucune subtilité, aucun doute, aucune hésitation, aucune tentative d’élaboration d’une réponse complexe.

Somme toute, c’est à un repos bovin que l’on nous convie.

Vous êtes juifs ou philosémites ? alors hardi ! harponnons le bateau et si, en plus, il pouvait couler, malencontreusement, avec tous les occupants ... Vous êtes antisionistes ou antisémites ? Pourvu que les israéliens harponnent l’embarcation et s’il pouvait couler … en plus.

Donc, sur au moins une chose, tout le monde sera d’accord : du sang et des larmes.

Moi aussi je veux bien que les dieux ( où est-ce que t’as vu « un » bon dieu ? ) frappent de leur foudre des humains mais d’abord les responsables de la catastrophe annoncée et universellement espérée.

Qui sont-ils ?

Hé bien que je périsse en me faisant beaucoup d’ennemis mortels, que les chasseurs de primes de tous les bords se préparent, que les fanatiques, en hordes d’assassins aiguisent leurs couteaux, trient leurs cartouches et huilent leurs chargeurs.

Si vous voulez provoquer une bonne érection intellectuelle, dites à un juif qu’il est le plus intelligent, à un musulman qu’il est le plus fort , à un chrétien, puisqu’il pense être les deux à la fois, qu’il est le plus con et à un banquier que c’est lui le génie parce qu’il finance leurs malheurs à tous.

Il y a les abrutis manipulés, les traîtres à leurs valeurs et les manipulateurs arrogants et cyniques : les abrutis d’imams, de rabbins, de ratichons bigots et dévots qui aiment leur prochain en cénacle bien verrouillé, un amour de l’humanité réservé à une quelconque tribu, pourcentage consternant au regard de notre univers , les traîtres chantres de la laïcité le jour et partisans politiciens dans l’ombre, on les comptera par centaines, les « nationalistes » qui confondent la nécessité des frontières pour protéger les populations et leur histoire et le repli haineux et nombriliste, et au dessus de tous ces cavaliers de l’apocalypse, les parrains de la finance trop heureux d’acheter le maintien des illusions pour mieux achever de sacrifier les réalités. L’association de ces coquins ne se dénoue pas, elle se tranche !

Allons-nous sombrer dans la haine et l’indépassable sottise ?

Quelle sidérante idée de faire partir de France un bateau sur-médiatisé pour une zone de conflit où se concentrent toutes les frictions lucifériennes des religions abrahamiques.

S’il existe des volontaires pour combattre auprès du Hamas, qu’ils prennent donc l’arsenal du costume militaire et de la cagoule, là-bas.

Qu’ils y aillent, je n’ai aucune objection sur le principe comme d’ailleurs à ce que les partisans d’Israël revêtent l’uniforme de Tsahal ( j’aurais, en ce domaine, mauvaise grâce à renier mes actions ) quoique j’accepte le débat sur l’opportunité de telles conduites.

Mais internationaliser ces tensions meurtrières signifie-t-il vouloir en découdre sur le sol européen ?

Cela veut-il dire qu’il soit envisageable qu’il y ait un vainqueur ici ? Là-bas ?

Il y aura un gagnant par KO et par coup d’État, comme l’exprime Michel Drac : « On aligne l’Occident sur la Chine, et l’oligarchie occidentale se met en situation de verrouiller les peuples qu’elle domine comme le Parti Communiste Chinois verrouille l’immense Chine. On y vient doucement. Le coup d’État néolibéral du capital monopolistique global, c’est ça. »


C’est abject et génial, générer des tensions horizontales qui peuvent, en grande partie, neutraliser les tensions verticales.


Et les braves volontaires des deux côtés s’imaginent-ils défendre l’indépendance de leur camp ?

Que n’écoutent-ils pas Christine Lagarde, future patronne du FMI, qui fut à Chicago la présidente du premier cabinet d’avocats d’affaires américain, le cabinet Baker et Mackenzie, venter, sur OummaTV la nécessité de la finance islamique, dans l’engrenage, pour la sécurisation du capitalisme mondial !« fonds d’investissements absolument nécessaires et respectueux des prescription de la charia » !

C’est ainsi, diviser les populations, rendre inconciliable l’union des individualités contre le Léviathan, en provoquant la compétition des génocides entre les peuples.

La Terre est-elle une propriété privée ? Existe-t-il une seule terre sacrée ? Une ville sacrée, une religion ou une nation sacrée ?

J’avais cru comprendre que seule notre planète, aux yeux des divinités invoquées, était sacrée. J’avais cru comprendre que nous étions tous frères en Dieu. J’avais cru saisir que pour l’Éternel, la destinée de ses enfants était commune.

J’ai dû rater un révisionnisme théologique. Les barbus monothéistes vont, comme le Joueur de flûte d’ Hamelin, nous conduire hypnotisés vers l’abattoir, en grand troupeau.

Nous serons bénis, chacun dans sa langue et dans son rite, par des bipèdes qui se prennent pour des démiurges et suffisamment stupides ou cupides pour ne pas gueuler à la face du monde les vérités qui dérangent les monarques profanes.

Alors, comme nous avons des enfants, de la famille, des frères, des sœurs et des camarades d’un côté, nous allons continuer notre périple sauvage que nous menons depuis des millénaires : une masse de reptiles hideux, venant des quatre coins du monde, croisée avec une cohorte d’agneaux destinés au sacrifice rituel.

En ces temps héroïques, que l’on nous promet, beaucoup d’innocents vont périr, victimes de la « bonne discipline », de la passivité des « masses » devant l’absurdité.

Alors moi, je veux bien finir au TPI, non pour un Srebrenica ou pour un Auschwitz de plus mais pour avoir pendu aux réverbères de nos cités tous les banquiers attelés au culte du veau d’or.

 

« Ne supprime jamais une parole de vérité de ma bouche, car je mets mon attente en tes jugements »

Psaumes 119,43

 

Jean-Marc DESANTI

 

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05.06.2011

Ni de droite, ni de gauche : « Democracia real ya » par Jean-Marc DESANTI

 

 

« Peuple, toi que l'on craint, que l'on flatte et que l'on méprise; toi souverain reconnu, qu'on traite toujours en esclave, souviens-toi que partout où la justice ne règne pas, c'est que le peuple a changé de chaînes et non de destinées ! »

Robespierre, dernier discours 8 Thermidor AN II

 

Surtout en parler le moins possible.

Tel semble être le mot d'ordre de la classe politico-médiatique concernant le mouvement des Indignés.

Après la Grèce, où de très violentes manifestations rythment, désormais, la cavalcade du gouvernement vers l'abime, le Portugal, c'est au tour de l'Espagne de voir pousser des campements sauvages de citoyens. Le mois de Mai est ensoleillé, il fait chaud et les « indignados » sont plutôt jeunes. Cela rassure les experts des polices européennes qui expliquent que pour l'instant nous naviguons entre Woodstock et Mai 68. Pas de quoi , en effet , affoler les parvenus qui scrutent avec délice la venue de l'enfant Sarkozy. Notre monarchie se porte à merveille, un héritier nous est promis. Carlitta l'italienne s'apprête à mettre au monde un nouveau roi de Rome au royaume de Napoléon le petit, dirait Hugo, dans l'enfer de Néron disent les  "Jovenes sin futuro", les jeunes sans avenir . Tout va bien. On croit en l'essoufflement du petit peuple.

Sauf que.

Sauf que, la police, à la Puerta del Sol, a très violemment dispersé les 15000 puis 25000 personnes qui selon El Païs déployaient leurs slogans «  Somos ciudadanos y tenemos derecho indignamos », « indignamos y organisados ! ».

Sauf qu'on veut étouffer la parole qui se libère : « Nous sommes la jeunesse de l'Europe de demain ? Oui avec 35% de chômeurs et la précarité comme horizon ».

Mais voilà qu'à Athènes 15000 grecs se retrouvent devant le siège du parlement aux cris de « Espagne, nous sommes réveillés! Quelle heure est-il ? L'heure qu'ils s'en aillent ! » , «  Voleurs ! Dehors la junte du FMI  ! »

A Paris, Toulouse, Bordeaux, Marseille, Grenoble des comités de liaison s'organisent. Venus de Tunisie et d'Espagne des jeunes gens font remonter la révolte du printemps des peuples vers le Nord. Ils expliquent que la lutte continue au Maghreb, que rien n'a changé, que les manipulateurs des agences mondialistes répriment dans le silence des médias, en toute impunité cette fois-ci.

Alors on déploie des banderoles jusqu'à Rennes où 300 personnes hurlent devant la mairie: « Ils prennent l'argent ? Prenons la rue ! »

Alors le pouvoir use de jeux de masques. Le faux bipartisme des « socialistes » et des « libéraux » cache le vrai pouvoir des banques et du marché, véritables dictateurs de lois iniques de paupérisation : Germinal de Zola triomphe encore au vingt et unième siècle.

On comprend l'élan romantique de ces « Misérables » pour faire tomber l'Ancien Régime. Donc s'attaquer aux grands bourgeois du G8 de Deauville puis prise d'assaut de Bruxelles, de la city de Londres, de Wall Street et enfin de Washington ?

Brider de court les fous, qui se prétendant les successeurs légitimes des grands hommes, veulent entraîner la civilisation dans l'abîme de la ruine et de la barbarie ?

N'est-il pas là le piège ? Montrer l'ampleur d'une tache impossible ? Expliquer que frapper à la tête est insurmontable parce que tout est hors de portée ? Winston Churchill répondrait : « Agissez comme s'il était impossible d'échouer ! ». Car la vraie question est celle-ci : « Que veut-on ? ».

Les traditions ont largement évolué compte tenu d’une déconsidération pour les valeurs culturelles locales. La culture est de moins en moins transmise aux nouvelles générations, préférant les biens de consommation modernes. Nous sommes pourtant, encore et toujours, dans une logique de développement « matérialiste », et de préférence hédoniste,sans changer le modèle économique actuel qui passe par une croissance économique (que d’aucuns considèrent comme infinie) liée à une consommation de biens de plus en plus forte. Nous ne pourrons cependant plus ignorer très longtemps la notion de décroissance soutenable, de dématérialisation ou, plus simplement, de moindre consommation.

Fait-on une grande révolution pour plus ou moins d'écrans plats, pour plus ou moins de « portables », pour plus ou moins de bruits, pour plus ou moins de silence ? Savons-nous qu’il faut 0,9 kWh pour produire une canette en aluminium, soit l’énergie nécessaire pour faire fonctionner une lampe économique de 15W pendant 60 heures ? Que les émissions de gaz à effet de serre dues à la production d’un kg de bœuf équivalent à celles d’un parcours de 70 km en voiture ? Que fabriquer une voiture d’une tonne produit 5500 kg de CO2 ?

Voulons-nous vraiment être libre, manger à notre faim et investir notre énergie dans l'éducation qui ne rapporte rien ? L'agriculture française et européenne peut alors réaliser ce programme. Mais convenons alors que nous ne serons pas bien « riches » et que notre République deviendra une sorte de socialisme autogestionnaire où l'industrie du luxe n'aura pas sa place.

Nous serons une nation de paysans-soldats, isolée, en but au risque « d'interventions étrangères », aux sabotages, aux déstabilisations, aux contre-révolutions financées par des agents à la solde des ploutocrates.

Le veut-on ?

En ont-ils pleinement conscience les braves indignados ?

Sommes-nous prêts à faire le coup de feu derrière les barricades dans un premier temps puis à organiser des milices populaires dans les villes, les campagnes et les montagnes ?

Sommes-nous prêts à déployer notre armée en maquis opérationnels sur tout le territoire ?

Sommes-nous prêts à construire des abris et des tunnels pour, si besoin est, nous enterrer et ainsi permettre une défense farouche contre les mondialistes ?

Notre jeunesse est-elle prête à cheminer, en armes, sur les routes et les sentiers , nuit et jour, par tous les temps et en toutes saisons ?

Sommes-nous prêts au scoutisme d'état ? Tout un peuple, jeunes et vieux qui campe sur sa terre, par rotation.

Sommes-nous prêts à accueillir les révolutionnaires du monde entier dans des camps de formation et de devenir les maudits résistants à l'ordre mondial ?

Sommes-nous prêts à être plus Suisse que les suisses et plus viets que les vietnamiens ?

Si la réponse est oui, alors c'est possible car personne ne veut mourir pour Georges Tron ou Nicolas Sarkozy. Il ne faudra alors pas plus de trois semaines pour que les marionnettes nous rejouent la fuite à Varennes …

Mais si c'est non, il est à craindre que les cyniques comme Poutine, qui soutiennent Christine Lagarde et abandonnent la Libye aux prédateurs, puissent contempler avec un méchant rictus de jeunes leaders singer Cohn-Bendit en attendant de vieillir en Bernard Tapie.

Un peuple prêt à supporter toutes les humiliations et à perdre tous ses droits pourvu qu'il n'est pas à prendre les armes et à risquer sa vie, se trouve à son dernier soupir.

 

Une authentique révolution ne laisse pas en héritage une nostalgique mode vestimentaire ou des posters « made in USA » pour des bipèdes en mal d'acné. Elle laisse des têtes comme Maximilien Robespierre. Pour l'instant on loue le pacifisme et l'esprit de responsabilité des indignados de tous les pays. On voit le résultat des  « révolutions arabes ». Les mercenaires de l'empire encore plus puissants. 

Ce n'est pas avec des fleurs que l'on va se payer l'OTAN, le FMI, l'UE, l'OMC et la NSA.

Oh que non ! Car il s'agit bien de ça !

No pasaran !

La libertad o la muerte ! La libertad y la muerte !


Jean-Marc DESANTI

 

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28.05.2011

Marie Neige Sardin : Une femme française debout !

Marie en procès ! L'impensable ! L'inconcevable !

Lorsque mes lointains ancêtres, de parfaits métèques, fuyant les pogroms, l'injustice et la misère arrivèrent sur le sol de France, ils furent subjugués par la beauté des lieux mais surtout à jamais bouleversés par la devise au fronton des mairies : Liberté , Egalité Fraternité.

Alors ils ne choisirent pas « l'intégration » mais « l'assimilation » pour cette patrie si tendre et si exceptionnellement accueillante.

Ils aimèrent tant ce pays que beaucoup d'entre eux choisirent le métier des armes et que tous servirent le drapeau tricolore dans toutes les guerres menées ou subies par la France. Depuis il est de tradition chez nous de marcher, sac au dos, le fusil à la bretelle, sur la terre de notre pays et d'apprendre à vagabonder les nuits froides de janvier. Là, où sur les champs désertés, sur les branches mutilées qui jalonnent les chemins, il y a encore de la neige … Marie.

Marie Neige Sardin , Libraire dans le « neuf trois » a été insultée, agressée, cambriolée, violée par des barbares incapables de la moindre sensibilité, au risque de ne jamais trouver chez eux une parcelle d'humanité.

 ».Alors, comme disait Brel à qui on reprochait d'avoir écrit des textes durs, mais plein de vérité comme les singes ou les flamandes : « »Quand on a mal , on gueule ! 

Son corps et son âme en lambeaux, Marie a eu mal, très mal. La « Justice » l'accuse de cette souffrance, de dire, avec des mots, sur son blog http://le-bourget.over-blog.com/ ce qu'elle ne peut exprimer par la parole tellement la douleur est vive et la rend vulnérable.

Malgré tout cette femme menacée, parce que française et laïque refuse de céder. Elle croit en la littérature, en l'art et la culture, ces outils pour combattre l'ignorance. Elle reste dans son quartier, dans sa petite boutique, cette utopie, cette incertitude de rêves montés mais chaque jour brisés. Elle dérange par la transmission de toutes les cultures dans un univers hostile et sur un territoire où la France n'est plus la France.

Elle ne vit pas en zone libre comme les magistrats des beaux quartiers qui la persécutent. Elle vit en zone occupée.

En refusant de mettre au pas et de repousser hors des frontières les coupables qui piétinent les lois de notre république et les lois séculaires de la bienséance et de la civilité , la justice « française » se conduit comme une instance de bon plaisir et non comme une institution garante de l'article 2 de la DDH : « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression » .

Après Jeanne d'Arc mais aussi les parachutistes Jeanne Bohec, Marie-Laure Cloarec, Eugénie Djendi, Suzanne Mertzizen du BCRA de la France Libre ou Raymonde Tillon des FTP, c'est encore une femme qui nous montre, à nous français et européens, comment et jusqu'où on doit lutter pour défendre chaque parcelle de nos patries.

Aujourd'hui, Marie Neige Sardin devient étrangère dans son propre pays. C'est un bien grand honneur que d'être traitée ainsi par des « juges ».

Elle peut, et nous avec elle, légitimement rétorquer comme Marcel Langer le 23 juillet 1943 au réquisitoire impitoyable de l'avocat général Lespinasse : « Je suis français d'abord, c'est vous l'étranger ! ».

 

Un poète, victime d'un procès inique, dénoncé aujourd'hui, avec courage par l'avocat général Philippe Bilger dans un grand livre écrivit quelques jours avant son exécution son célèbre " Jugement des juges"

Il y disait notamment :

Oui, tous, les soldats, les bandits, on leur fera bonne mesure,

Ne craignez pas, hommes de bien, ils seront jugés eux aussi.

 

Mais c’est à eux, pour commencer, qu’il convient de parler ici,

 Car la parole est tout d’abord à ceux qui courent l’aventure,

Et non à ceux qui pour juger se sont satisfaits d’être assis,

De poser sur leur calme front leur toque noire ou leur képi,

Et de payer d’un peu de sang leur carrière et leur nourriture.

 

Dans les dernières guerres, on avait l'habitude de dire : «  Les planqués sont à l'arrière et les hommes au front. ».

Considérant les aventures extérieures menées par notre état à la sauce mondialiste et la situation de populations terrorisées sur le territoire national, nous pouvons affirmer que les généraux planqués sont au front et qu'il faut rapatrier les soldats à l'arrière, au pays, là où se mène la lutte pour notre indépendance, notre souveraineté et notre identité.

C'est en yiddish, langue que parlaient les résistants du ghetto de Varsovie, symbole de lutte pour tous les ghettos de ce monde que nous devons dire à Marie : «  Ich han dich lib ».

Marie est un « mensch » et chaque survivant des « Lohamei Haghetaot » savent à quel point ce compliment est rare à partager de la bouche d'un combattant.

 

Jean-Marc DESANTI

 

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23.05.2011

Le Liban clé de l'abandon de SION par les USA ?

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Comment Obama et ses conseillers « juifs américains » osent-ils leur funeste projet de destruction d’Israël en imposant un état palestinien dans les frontières de 1967 avec Jérusalem comme capitale « négociée » ?

Durant la Guerre Froide, Israël était devenu une tête de pont des USA au Proche-Orient. Devant préserver cette région des éventuelles avancées du communisme, l’État a reçu une aide financière et militaro-économique considérable. « Sentinelle de l’Occident » face à un monde arabo-musulman pouvant basculer du côté de l’URSS, il a vécu quasiment sous perfusion constante des États-Unis. La sécurité d’Israël et sa fonction de gardien de l’ordre régional justifiaient, avec le contrôle des ressources pétrolières, la présence constante américaine dans cette région. 

Débarrassée de son rival soviétique au début des années 90, l’unique super-puissance avait les mains libres pour redessiner la carte du Proche-Orient selon ses intérêts. Cela débuta par la Première Guerre du Golfe en 1991 avec l’aval des autorités internationales, puis l'intervention en Afghanistan  et en 2003, l'invasion de l’Irak sous le prétexte de restaurer la « démocratie ». Aujourd’hui la menace est dirigée vers la Syrie, par l’intermédiaire des « révolutions arabes » …. Mais plus contre l’Iran dont les USA ont sollicité l‘aide précieuse en Irak pour une alliance avec les chiites contre les « sunnites irakiens » .

La dernière opération contre le Liban en 2006 a été commanditée par les États-Unis pour accélérer l’instauration de son projet de « Nouveau Proche-Orient ». Bush avait demandé à Israël d’ouvrir un front contre le Hezbollah, prélude à un soi-disant bombardement US contre les installations nucléaires de l’Iran. Cette opération s’inscrivait dans la guerre de 10 ans annoncée par Bush au lendemain du 11 septembre 2001 et qui vise à la mise en place du Grand Proche-Orient: Plan états-unien de division de la région en entités maintenues artificiellement en conflit les unes avec les autres sur des bases ethniques, religieuses ou économiques, mais toutes dépendantes des États-Unis par leur soumission aux diktats de l’OMC et du FMI. Israël a hérité alors du rôle de gendarme chargé de la répression de toutes les résistances nationales. Pour cela, Israël a obtenu de fixer lui-même ses frontières. Une première phase fut le redéploiement en Cisjordanie après l’évacuation de Gaza, puis la construction du mur. L’invasion du Liban visait à contrôler la zone du fleuve Litani convoitée depuis longtemps pour les ressources hydrauliques qu’il représente et sa position stratégique. 

L’attaque contre le Hezbollah a offert à Israël l’occasion de prouver son utilité à son puissant protecteur. En apportant une contribution majeure à la guerre contre « le Terrorisme », il voulait montrer sa puissance et son efficacité. Cependant le Hezbollah avait connu deux évolutions majeures. 

En premier lieu, il a été équipé de matériels très modernes, par la Syrie et l’Iran. Il dispose en particulier des missiles à longue portée, capables de frapper les grandes villes israéliennes. 

Il a ensuite intégré le gouvernement libanais. Les élections de juin 2005 lui ont donné 11% de suffrages et 14 députés, au sein d’une coalition chiite qui en obtient 35 (sur 128) . Cela lui permit d’obtenir un ministère, celui de l’énergie, auquel il faut ajouter officieusement ceux des affaires étrangères et du travail, confiés à des proches du mouvement. Cette implication dans la vie politique libanaise, l’appel au dialogue, le renoncement, au moins officiellement, à l’idée de république islamique, la volonté de se financer de manière autonome apparaissaient à beaucoup d’analystes comme des signes d’une réelle volonté de se démarquer du tuteur iranien. Pour d’autres, au contraire, le renforcement de son arsenal et la présence de nombreux conseillers iraniens en son sein prouvent que le Hezbollah reste l’émanation de l’Iran. Cette conjonction d’une puissance militaire autonome au Liban, de l’influence de l’Iran et de l’infiltration dans les rouages de l’État, rendaient et rendent le Hezbollah particulièrement dangereux. 

Le Hezbollah est dirigé par un Conseil consultatif exécutif de 7 membres, présidé par Nasrallah. Ce conseil est secondé par un très grand nombre d’organes, dont la Convention Générale qui fait fonction de Parlement. Cette Convention est elle-même dirigée par un Conseil exécutif de 12 membres. 

Le Hezbollah est organisé en trois branches interdépendantes qui lui permettent d’agir presque simultanément dans toutes les facettes des conflits modernes. Il est à la fois une milice, un parti politique et une organisation socio-économique. Il comprend une branche militaire, détaillée plus loin, une branche de propagande et du recrutement et une très importante branche sociale (baptisée «Organe de la Sainte Reconstruction»). Premier employeur du Liban, l’organisation gère directement des écoles, des hôpitaux, des orphelinats et une chaîne de télévision (Al-Manar) 

Le financement du mouvement provient de sources très variées. La Syrie et surtout l’Iran sont les principaux donateurs avec peut-être plusieurs centaines de millions de dollars par an. Mais le Hezbollah peut bénéficier aussi de dons privés, directs ou indirects par le biais d’organisations non gouvernementales. Il dispose de sociétés privées qui lui fournissent des fonds et servent de relais avec l’étranger. Grâce à sa représentation parlementaire, le Hezbollah parvient aussi à faire financer certains projets par de l’argent public. 

La branche paramilitaire du mouvement est divisée entre un appareil de sécurité et un appareil de combat. Le premier comprend un service de protection des dirigeants du parti (le cheikh Nasrallah vit chaque jour dans un villa différente), un service de «sécurité centrale» (le service de renseignement) et un service de «sécurité opérationnelle» pour les actions clandestines. 

Alors que Tsahal est une armée qui s’est créé et développée pour faire face à des armées arabes conventionnelles, la «Résistance islamique», l’appareil de combat, s’est construite dans l’opposition à Tsahal .Elle comprend deux composantes. 

La première est une force purement défensive à base d’infanterie. Celle-ci est forte avant tout de ses deux à quatre mille soldats permanents, souvent vétérans de la guerre civile ou de la lutte contre la présence israélienne. Ces hommes, aidés par plusieurs dizaines de conseillers iraniens, disposent d’armements et d’équipements individuels de grande qualité (gilets pare-balles, casques, appareils de vision nocturne, masques à gaz, équipements miniaturisés de radio et de téléphonie). Complétée éventuellement par une dizaine de milliers de «réservistes», cette infanterie est organisée de manière rigoureuse, du trinôme au bataillon de 250 hommes. Elle est parfaitement incrustée dans le terrain et la population et donc largement invisible à la multitude de capteurs dont dispose Tsahal. Grâce à un équipement léger, une parfaite organisation du terrain et l’utilisation cynique de la population, l’armée du Hezbollah atteint un haut niveau de furtivité, prouvant ainsi que cette notion de furtivité n’est pas forcément synonyme de haute technologie. 

Deux lignes de défense («Nasser» et «Badr») ont été édifiées sur les lignes de crête parallèles à la frontière. Pour faire échec à la suprématie aérienne israélienne, ces lignes s’appuient sur une multitude de villages fortifiés et un réseau souterrain de bunkers, de caches d’armes, de poste de commandement, etc.…reliés par des tunnels. 

A partir de ce réseau de type «Viet-Cong», qui descend parfois à plusieurs dizaines de mètres de profondeur, les sections d’infanterie (15-20 hommes) pratiquent un combat très décentralisé fondé sur des attaques à très courte portée à l’arme légère ou au lance-roquettes, suivis de disparitions soudaines .Les miliciens chiites sont aussi passés maîtres dans l’emploi des mines et engins explosifs. 

La particularité du Hezbollah, par rapport aux Tchétchènes ou aux rebelles irakiens par exemple, est que ce combat défensif «en essaim»  est appuyé par une puissante «artillerie portable» à base de missiles antichars. L’arsenal est impressionnant, allant des vénérables AT-3 Sagger 2 jusqu’aux très modernes AT-13 Metis-M, AT-14 Kornet-E en passant par les AT-4, AT-5 ou même des versions iraniennes des Dragon et TOW américains. Le Kornet-E est le plus redoutable de tous puisqu’il peut percer jusqu’à 1200 mm de blindage réactif grâce à une charge tandem de grande puissance et ce jusqu’à 5000 m. Le Hezbollah dispose aussi de nombreux RPG-29, capables de lancer une charge tandem de 4-5 kg à 450 m . 

Cette organisation, soutenue par une profonde motivation, permet de défendre des positions avec une grande efficacité mais elle est forcément statique. Le Hezbollah ne peut prétendre effectuer de grands mouvements offensifs, ni se replier, sans être soumis à des feux massifs. Cette donnée est pleinement acceptée et l’infanterie du Hezbollah n’a pour seule mission que de freiner les troupes israéliennes (en lui infligeant des pertes) et couvrir ainsi la deuxième composante, offensive cette fois, constituée par les lance-roquettes et les missiles à longue portée. 

Le Hezbollah dispose d’un stock de 14 à 16 000 roquettes ou missiles. 

Ces projectiles sont insuffisamment précis pour frapper autre chose que des localités ou de larges infrastructures. 

La très grande majorité de ces projectiles sont des roquettes de 122 mm (10 000 exemplaires) à 240 mm (Fajr-3), dont la portée ne dépasse pas 45 km, ce qui suffit à frapper Haïfa. Les charges explosives vont de 6 à 45 kg. Ces engins sont mis en œuvre par salve depuis des camions (le lanceur du Fajr-3 peut en lancer 14) ou individuellement depuis n’importe quel point, y compris depuis l’intérieur de bâtiments civils. La procédure de tir est extrêmement rapide et permet de changer facilement de positions. 

Les pièces maîtresses sont cependant les roquettes frappant au-delà de 45 km et, surtout, les missiles d’origine iranienne de type Zelzal qui peuvent projeter plusieurs centaines de kilos d’explosifs sur Tel-Aviv .La dernière version du Zelzal est même capable de toucher n’importe quel point au nord du désert du Néguev, c’est-à-dire dans tout l’Israël «utile». La mise en œuvre des ces missiles est cependant assez longue et laisse une forte signature thermique. 

Au moment où débuta la dernière « guerre», le Hezbollah disposait également d’une batterie de missiles sol-mer C-802 Noor, version iranienne du missile chinois Silkworm. Ce missile, guidé par radar, peut envoyer à vitesse subsonique (mach 0,9) une charge de 165 kg à plus de 120 km. 

Le Hezbollah possède aussi une petite flotte d’une dizaine de drones de type Mirsad-1 ou Ababil-3 Swallow. 

Deux d’entre eux ont même survolé le nord de la Galilée, en mars 2004 et en avril 2005, sans que Tsahal puissent les intercepter. De leurs bases au Sud Liban, les miliciens chiites ont pu voir en détail le dispositif adverse. 

Le Hezbollah dispose enfin de quelques armements antiaériens, SA-7 et SA-14 MANPADS (manportable surface-to-air missile system), mais aussi des SA-16 et des SA-18 (version améliorée du SA-14, portant à 3500 m d’altitude sur 5 km de rayon). Mais il n’y a là rien qui puisse vraiment menacer la suprématie aérienne israélienne. 

Le renseignement israélien estime que les armements les plus sophistiqués, missiles balistiques, drones, missiles sol-mer ou sol-air sont mis en œuvre, à partir d’un poste de commandement enterré, par des Iraniens du corps des Gardiens de la révolution islamique. Un centre de renseignement commun à l’Iran, la Syrie et le Hezbollah existe aussi à Damas, à l’ambassade d’Iran. Le Hezbollah a mis en place aussi un réseau de communications, combinant le très ancien, comme d’archaïques téléphones de campagnes enfouis dans le sol, et le très moderne, capable de résister aux intrusions et au brouillage. 

L’ampleur de cette organisation mise en place depuis 2000 a échappé en partie au haut commandement israélien : défaut de renseignement ou d’assimilation des donnée? Avant de lancer leur dernière offensive, Tsahal avait cependant une bonne image des capacités du Hezbollah en termes de roquettes et missiles, la menace principale. On a en revanche nettement sous-estimé la capacité de résistance de l’infanterie du Hezbollah. 

Ce « match nul » a déçu les américains qui s’étaient pourtant investis dans les préparatifs de l’invasion. Les conséquences ont été fulgurantes : Top départ donné aux fausses révolutions arabes. Accélération du contrôle total du Moyen-Orient. Extension du système capitaliste et sacrifice à très court terme de l’État d’Israël, désormais sans grande utilité dans un ordre nouveau « où tout le monde est démocratisé », en réalité « balkanisé». Les dirigeants israéliens n’ont rien vu venir trop occupés à ne jamais trop mécontenter leur puissant allié manipulateur. On peut parier, sans aucun risque, que le droit international capitaliste les mènera, pour toute récompense, devant un quelconque TPI. On leur réserve, à Washington, le sort des colonels grecs, des dictateurs argentins, ou des putschistes chiliens. leurs survies, aujourd’hui, dépend plus que jamais, malheureusement, de cette « alliance » , ou plus exactement de cette soumission. 

En réalité le projet de l’administration américaine est calqué sur la destinée tragique de l’Afrique du Sud. 

Il est grand temps que la politique israélienne se décide en Israël. Il est certain que seul le retour au sionisme historique, basé sur le volontariat des combattants et la lutte pour l'indépendance, pourra encore sauver des vies juives. Nous en sommes là. 

Il serait criminel de ne pas le dire haut et fort. C’est l’heure des volontaires de toutes origines dans des brigades internationales, déployées sur le territoire actuel d’Eretz, pour défendre les valeurs de « liberté » autres que celles maudites du fric et du profit. 

Qui peut avoir confiance dans les USA ? 

Les manipulations répugnantes de la CIA avec les islamiques bosniaques, les services pakistanais, et les terroristes du Hamas et du Hezbollah devraient ouvrir définitivement les yeux des américanolâtres qui transforment régulièrement les jeunes israéliens en victimes, mercenaires de l’Oncle Sam . 

Israël, c’est Massada et Massada c’est la lutte contre l’Empire 

 

Jean-Marc DESANTI 

 

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                      http://www.armees.com/info/articles/divers/le-liban-cle-d...

                      http://www.politique-actu.com/debat/liban-abandon-sion-je...

                      http://www.legaulois.info/2011/05/le-liban-cle-de-labando...

                      http://www.terrepromise.net/?p=8510

                      http://mplbelgique.wordpress.com/2011/05/23/le-liban-cle-...

                      http://www.jerusalemplus.tv/index.php?option=com_content&...

 

    EN GREC     http://infognomonpolitics.blogspot.com/2011/05/blog-post_...

20.05.2011

LIQUIDER OSLO !

 

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Un contrat, un traité ou un pacte ne restent valables qu'à condition d'être respectés par les parties signataires. A défaut de ce son application stricte, le traité devient selon une expression célèbre, "caduque". Le texte signé par la partie arabe lors des accords d'Oslo n'a trouvé aucune application de leur part. Nos Chamberlain et Daladier ont ouvert les portes d'Israël aux terroristes d'Arafat, leur ont fourni des armes et des balles retrouvées dans les victimes juives "de la paix", leur ont permis d'obtenir des montants considérables, leur ont abandonné des parties d'Erets Israël et donné à ces assassins une légitimité internationale qui aboutira à leur reconnaissance automatique à l'Assemblée générale de l'ONU en septembre prochain.

Le pacte de réunification entre le Fatah et le Hamas réduit à néant les innombrables tentatives de la gauche israélienne et des medias pour faire apparaître les uns comme modérés et "partenaires pour les négociations" et les autres comme extrémistes. Contrairement à toute logique et à tout intérêt juif et israélien, ces mêmes individus ne tenteront pas de démontrer qu'il n'y a plus et qu'il n'y a en fait jamais eu de partenaire. Ils s'efforceront de faire croire que le Hamas ira en s'adoucissant, prendra une allure respectable et que Hanye apprendra à nouer une cravate pour être reçu par les grands de ce monde. Nul doute qu'un Juppé sera parmi les premiers à serrer dans ses bras les criminels blanchis.

Un "tsunami"

Il est également évident que la presse et ces milieux de gauche tentent de nommer "tsunami" un nonévénement onusien comme la reconnaissance d'indépendance de la Palestine. Ils essaient de créer une véritable panique dans l'opinion israélienne. En fait, entre un bureau de représentation et une ambassade, les différences ne sont que des nuances dont Israël n'a pas à s'inquiéter. Ce qui doit nous inquiéter c'est l'existence même de cette entité terroriste à nos frontières et dans notre sein qui mine notre légitimité et forme un socle ennemi sur notre terre. Demain, les arabes qui possèdent par erreur politique dramatique, la nationalité israélienne pourront bloquer nos routes et tenter de paralyser le pays. Si les ordres que recevront nos soldats seront ceux donnés à notre armée sur le Golan face à l'invasion syrienne récente, les conséquences seront gravissimes. Il est évident pour toute personne censée et responsable que des actions immédiates sont indispensables.

Les conséquences.

La première conséquence est de décider que ceux qui estiment que la renaissance de l'Etat Juif sur une partie (trop faible) de la terre juive,serait une "Naqba", une catastrophe, doivent automatiquement perdre leur citoyenneté israélienne. Il est ridicule d'imaginer que ces manifestants à Jaffa- Tel-Aviv, à Ramleh et Acco, en Galilée et dans le Néguev puissent continuer à recevoir des avantages sociaux, des "discriminations positives" dans le travail ou à l'Université, voter à la Knesseth et considérer que notre drapeau doit disparaître. Ne pas prendre cette mesure immédiate et évidente signifie aux yeux du monde que nous accordons une certaine compréhension et pour la gauche une compréhension certaine aux revendications arabes. Il ne peut y avoir aucune justification à permettre à des citoyens de manifester pour la disparition de leur pays. Pour ne pas être taxé de racisme, ajoutons que notre nationalité doit être supprimée de la même manière aux Juifs qui manifestent leur soutien à l'ennemi pour pousser à la destruction de l'Etat d'Israël.

La deuxième conséquence doit être de déclarer nul et non avenu l'accord d'Oslo. Ce maléfique accord est mort dans les faits, mort-né du côté arabe, et doit être annulé.

Cette annulation doit être publiquement annoncée par le Premier Ministre et la conséquence heureuse d'une telle déclaration sera également de se débarrasser du ministre de la défense! Un tel discours devant le Congrès américain serait accueilli avec respect si ce n'est par acclamation si un Premier ministre israélien déclarait fermement et fièrement la légitimité millénaire juive sur sa terre et sur sa capitale.

Lorsque M. Itzhak Shamir exerçait les fonctions de Premier Ministre, les difficultés diplomatiques avec les Etats Unis d'Amérique ne manquaient pas. M. Shamir avait pour principe de défendre les seuls intérêts israéliens et veiller jalousement à la souveraineté israélienne. Allié des USA certes mais pas une colonie ou une république bananière dont les actes seraient dictés par des puissances étrangères. Lors d'une rencontre avec les responsables des élus du Congrès tant démocrates que républicains, ces derniers lui déclarèrent qu'il était unanimement apprécié malgré les divergences pour une raison: "Vous êtes ferme". Un exemple à méditer et à suivre. Nous ne serons pas aimés, nous serons condamnés mais au moins et enfin, nous serons respectés.

La troisième mesure immédiate à prendre est d'étendre la souveraineté juive sur la Judée Samarie. Cette extension de souveraineté ne doit pas être la conséquence des déclarations, actions, attentats et provocations arabes. Elle doit être l'expression de notre droit et aurait dû intervenir dès la libération de la partie occidentale d'Erets Israël. Il est possible d'expliquer à nos amis, et de les mobiliser sur le fait qu'Erets Israël appartient au seul et unique peuple d'Israël. Les membres des minorités habitant sur notre sol et acceptant de respecter notre drapeau, notre hymne et notre caractère juif de l'Etat seront des résidents étrangers protégés par nos lois. Les autres devront avoir toutes facilités pour aller peupler les régions vides dont ils sont originaires hors de nos frontières.

Un véritable chef…

Prendre ces décisions serait le fait d'un véritable chef en Israël, d'un dirigeant courageux qui déciderait d'écrire et non de subir l'Histoire. Ce serait le fait d'un grand d'Israël capable de tenir tête au monde hostile en vertu de nos droits imprescriptibles, de la promesse divine et de la foi en notre pérennité.

Ces mesures sont indispensables et il vaut mieux les décider, les planifier et les promulguer de notre pleine volonté sioniste plutôt que de devoir les appliquer à la suite du prochain conflit qui se prépare à nos frontières. Ce mandat que l'Histoire et les électeurs juifs ont confié à M. Natanyahou, sera-t-il à la hauteur pour l'assumer?

Les jours qui viennent nous le diront!

Zeev Jabotinsky avertissait les juifs d'Europe à la veille de la seconde guerre mondiale; "Liquidez la Golah, ou la Golah vous liquidera". Pour reprendre cette prophétie et assurer notre avenir national:

"Liquidez Oslo !".

Jacques KUPFER

17.05.2011

Commémorer hier ou combattre demain ?

Nous vivons une époque épique. Mesurons-nous la chance que nous avons de partager des moments historiques tels que les commémoration de quatre années de Nicolas Sarkozy ou la célébration des trente ans du 10 mai 1981 ?

Et encore nous l'échappons belle ! Imaginons que Charles de Gaulle soit mort une année plus tard … Quoique.

Se trouveraient alors réunis en une messe laïque et baroque le gaullisme qui sauva l'honneur de la France en 1940 pour le perdre en 1962 à Alger; le mitterrandisme qui porta toutes les espérances des travailleurs en 1981 pour les trahir, de politique de rigueur en cohabitation, pendant 14 ans et le sarkozysme qui fait de notre pays un protectorat américain après s'être fait élire dans les costumes de Barrès, Jaurès et Clémenceau.

Le peuple de France après avoir été amputé de ses meilleurs fils durant les deux guerres mondiales, la campagne d'Indochine et les « évènements » d'Algérie n'a cessé depuis de se donner une série de grandes gueules à la tête de ce qui restait de nation. Mais une grande gueule, même gesticulante et tonitruante sur un corps invalide, c'est pitoyable et grotesque comme un pantin désarticulé.

Louis XVIII, gras dès sa jeunesse, attaqué par la goutte, obèse au point de pouvoir à peine se déplacer, faisant allusion à son successeur le comte d'Artois fringant mais « de cervelle point », dit un jour à ses conseillers : «  Vous vous plaignez d'un roi sans jambes, vous verrez ce que c'est qu'un roi sans tête ».

Heureux mortels que nous sommes, nous avons les deux.

Singulièrement, depuis la V° république comme disait l'ermite de Colombey : « ce qui est à redouter, ce n'est pas le vide politique, c'est plutôt le trop-plein. » En effet, nous n'avons pas manquer et ne manquons pas de prétendants pour « porter le chapeau ».

Président de la république française : Valorisant peut-être ? Le sommet de la réussite à la Guizot : « Enrichissez-vous ! » ? Un lieu de bon plaisir ? Le triomphe d'une pathologie de l'orgueil ?

Mais pour nous citoyens, être dirigés par des névropathes à la solde de l'étranger ou par des vieillards en naufrage, nous fait passer de l'anorexie à la phase terminale. Ne nous y trompons pas : les gesticulations de tel ou tel n'empêchent en rien les barbares de piller et terroriser Marseille, ni les postures politiciennes hypocrites d'arrêter la destruction programmée, dans une lâche résignation, de l'identité française.

De Gaulle, Mitterrand ou Sarkozy ou plutôt Croquignol , Filochard et Ribouldingue ont ramassé les lambeaux que, très démocratiquement, le peuple français leur a abandonnés. N'en déplaisent aux tenants paranoïaques du « complot » , c'est bien en étant élus que nos présidents président.

C'est une galéjade de croire qu'il en sera autrement demain. Si, par exemple, DSK, l'expert en … Porsche, gagne la présidentielle , ce sera si une majorité de français le veulent , si et seulement si.

Manquent-ils d'informations ces compatriotes ? Sont-ils idiots ? Veules ?

Certainement pas, c'est en toute conscience qu'il font et feront leur choix, malgré toutes les conséquences catastrophiques prévisibles sur leur vie quotidienne. Bien sûr, les politologues assermentés, les sociologues médiatisés, les spécialistes autoproclamés, les psychologues de Secret story trouveront toutes les explications convenues et rassurantes incluant la nécessaire et inévitable évolution des temps, la sainte prise de conscience de l'utilité sans faille de la mondialisation, le respect des droits de l'homme, la victoire de la diversité.

Mais le peuple des catacombes, le plus éclairé, car vivant dans la nuit de l'abandon et de la pauvreté, y verra des réalités plus dérangeantes : la paresse, le conformisme et la peur.

La paresse de se reconstruire une identité contre les médias, nouveaux professeurs Diafoirus d'un totalitarisme où comme écrivait corneille :  « Les visages souvent sont de doux imposteurs, et où de beaux semblants cachent des âmes basses ! ».

Le conformisme avec comme idéal premier de naître avec les pompes funèbres payées d'avance et se fondre dans la masse des zombis, surtout sans se faire remarquer, pour suivre sa petite route avec sa petite auto jusqu'à sa petite maison préférant la chaleur bourgeoise du foyer à l'air pur des glaciers.

La peur de combattre dans nos rues les armes à la main pour conserver, oui conserver contre les assauts des vandales, les valeurs ancestrales de nos lignées.

Au fond ces commémorations, sans vergogne, des hontes d'hier, préparant celles de demain, sont une façon déguisée pour casser les rotules à l'animal et mépriser la loi naturelle.

Aucune bête au monde ne se laisserait manipuler, tourmenter ou martyriser, depuis des décennies comme notre peuple a pu l'accepter.

Les coups de griffes auraient jailli, les crocs auraient déchiqueté.

Aucune bête sauf le chien, ce loup brisé, apprivoisé, domestiqué comme esclave.

 

Sándor Petőfi, poète et âme de la révolution hongroise de 1848 qui trouva la mort au combat écrivit deux textes un pour les chiens l'autre pour les loups.

Les chiens : « Sous le ciel bas et nuageux, la tempête fait rage. Sans arrêt tombent pluie et neige

Filles jumelles de l’hiver. Que nous importe, il fait si doux dans notre coin de cuisine, notre bon maître qui nous aime a permis que nous y restions. Aucun souci de nourriture quand finit le repas du maître, il reste toujours à sa table des reliefs qu’il nous abandonne … Le fouet il faut le reconnaître claque parfois sur nos échines. Cela fait mal, évidemment, mais plaie de chien se cicatrise. Une fois tombée sa colère, le maitre à nouveau nous appelle et nous venons lécher, ravis,la semelle de ses souliers. »

Les loups : « Sous le ciel bas et nuageux, la tempête fait rage. Sans arrêt tombent pluie et neige

Filles jumelles de l’hiver. Ici règne la désolation et un désert nous environne. Il n’y a même pas un petit buisson qui nous protège. Au dehors il y a le froid et la famine en dedans. Double ennemi, double tourment qui nous harcèle sans répit. Mais encore un ennemi, le chasseur et son fusil. Voyez la neige rougie par notre sang qui s'enfuit. Nous avons froid, nous avons faim et le flanc transpercé de balles. Voilà notre sort horrible, mais vivons et mourrons libres. »

 

A chacun librement de choisir quel sorte d'animal français nous voulons être.

Alors, au lieu, la larme à l'œil , de commémorer, de gémir, de regretter ou d'encenser, nous redeviendrons ce peuple fauve, renversant les idoles de mauvais plâtre.

Nous crierons de nouveau l'adresse du Commandant Changarnier à ses hommes le 24 novembre 1836 : «  Soldats, ils sont six mille, vous êtes trois cents. La partie est donc égale. Regardez-les en face et tirez juste. »

Peu importe notre couleur de peau, notre religion, notre origine sociale et notre cosmogonie, nous repartirons ensemble à la conquête de l'Histoire.

 

Jean-Marc DESANTI 

 

Lire aussi sur -----> http://www.armees.com/info/actualites/commemorer-hier-ou-...

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DSK Piégé ou Le chien abattu par ses maîtres

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DSK inculpé d'agression sexuelle.

Bon, actons le fait. L'étalon qui courait les juments sans avoir la carrure d'un aigle avait les défauts de Napoléon sans avoir les qualités de Bonaparte. DSK aime les voitures de luxe, les villas de luxe, les montres de luxe et la luxure. C'est la loi du milieu. Les dorures, les femmes faciles, le droit de cuissage, les salaires indécents, les gardes du corps et les voyages en avion, tout ça ne sont que des avantages, en nature, consentis comme les premiers logements de fonction attribués au instituteurs de la troisième république, ces hussards noirs qui, eux, payèrent leur dû au peuple français en agonisant par milliers, durant la Grande Guerre, dans les tranchées.

 

Au pire, les faits avérés, DSK risque vingt-cinq- ans de prison et au mieux l'exil à Abu Dhabi , où il s'épuisera obèse dépressif, entre deux danseuses du ventre et finira par claper d'un infarctus pour s'être trop gavé de rahat loukoum, à moins qu'il ne reste de lui qu'un gros tas de graisse arrogant jouant aux cartes à heures fixes et qui finira dominé par une femme lassée, qui, ne l'aimant plus, le gardera près d'elle, comme une sorte de chien en habit.

On pourrait s'amuser, indéfiniment, à composer des épitaphes du genre : « Ci- git l'homme sans qualités, une bonne fée s'était penchée sur son berceau mais malheureusement pour lui, c'était la bonne fée Lation ». Ce sera fait, n'en doutons point et c'est la rançon de la gloire bien moins douloureuse, tout de même, que de revenir « gueule cassée » du « chemin des dames » comme les 300 000 mutilés de 14-18.

Mais je crains que l'affaire ne soit plus sérieuse. Voilà un puissant de la terre, couvert d'éloges par l'éminence de Wall Street , encensé de Broadway à South Street et qui en à peine trois heures se trouve, intercepté dans un avion, ramené, enfermé et abandonné dans un commissariat de Harlem spécialisé dans les affaires de viol.

Le personnage ne m'inspire ni confiance, ni sympathie et si l'on ne peut totalement exclure une culpabilité, on peut tout de même se poser la question d'une manipulation.

Replaçons l'événement dans le contexte mondial économique catastrophique que nous vivons et qui ne cesse de nous apporter des nouvelles alarmantes. Le « spécialiste » Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI, se trouve d'une part, contraint d'essayer de juguler la crise grecque, après avoir longtemps loué l'évolution de la situation à Athènes et d'autre part se prépare à devenir Président de la République française à un moment où, à tout moment, on risque un crise sociale majeure d'une violence inouïe.

Posons-nous cette incontournable question : Si nous étions les représentants du complexe militaro-industriel US, risquerions-nous de porter au pouvoir un homme dont personne ne doute, pas même les électeurs « socialistes » des attachements indéfectibles à nos intérêts ?

La réponse est non. La politique ultra-réactionnaire ne peut se permettre d'investir un homme déjà largement détesté par une partie du corps social. Pour imposer « des sacrifices » aux peuples, on sort plutôt un Obama de son chapeau, un type sympa, cool, qui fait peuple mais qui rassure les actionnaires et les spéculateurs .

Qu'ont donc les socialistes à l'étal ?

Deux ou trois vaniteux jouant les Guevara en costume de ville? Une poupée automate ? Une fille à papa ?

On avait trouvé Mitterrand, contre Giscard, pour faire baisser la pression. Là, on a sous la main un ex rondouillard radical-socialiste, un gars qui ne fait pas New-York-Paris en première classe mais qui part de la Corrèze, avec son air bonhomme, un bâton de pèlerin à la main. Un voyage qui s'apparente au périple de Saint Jacques de Compostelle … François Hollande. Comme il a déjà perdu la rondeur d'Allende, on peut douter de sa volonté d'en découdre, comme le rêve Naomi Klein, avec les héritiers de Milton Friedman et de l'école de Chicago ... Et, si ça tourne vraiment très mal, on jouera la carte du fascisme avec les classes moyennes paupérisées et apeurées par l'immigration destructive que nous avons provoquée. Il nous restera Marine Le Pen.

Ce que redoute vraiment le capitalisme transnational, c'est la révolution qui ne consiste pas, rappelons-le, à remettre à « une nouvelle classe » les leviers de commande de l'ancienne machine d'état mais bien de briser cette ancienne machine et gouverner à l'aide d'une « neuve ».

Jamais de prise de risque pour ces gens là … Ils lui ont dit à Dominique, mais à être trop sûr de soi et de sa toute puissance on en oublie l'adage :«  Qui t'a fait roi  ? »

Nos « amis » de Manhattan ne sont pas lâches, ils sont fous.

Ils veulent des gestionnaires lisses et proprets, dans chaque pays, surtout pas de loups prédateurs, de risque-tout, de visionnaires. C'est la politique du risque zéro.

Que nous reste-t-il alors, comme espace de liberté, à nous le peuple ?

Le peuple, oui le peuple qui pue et qui crève à la guerre ou au boulot. Et bien il désespère le peuple et il ne comprend plus rien à cette complexité qui, le crucifie. A force de manipulations machiavéliques on le poussera alors vers la sauvagerie. Borges disait :« Les dictatures fomentent l'oppression, la servilité et la cruauté ; mais le plus abominable est qu'elles fomentent l'idiotie. » Comprennent-ils cela nos dictateurs en rolex ou alors plus certainement vont-ils jusqu'à penser :« Que le pouvoir soit à nous ou qu'ils crèvent tous. » ?

 

Jean-Marc DESANTI

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QUATRE EXPLICATIONS A L’ÉCHEC DU PUTSCH DU 22 AVRIL 1961

 

 

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Première explication

UNE MÉCONNAISSANCE TOTALE DE L’IDENTITÉ RÉELLE DE LA GUERRE D’ALGÉRIE de la part des putschistes.

Deuxième explication

Un manque de lucidité, dans l’exploitation militaire des premiers succès du putsch.

Troisième explication

Une profonde DÉCONSIDÉRATION, consciente ou inconsciente des putschistes, dans leur majorité, à l’égard du peuple pied-noir. « Le peuple oublié ».

Quatrième explication

Le comportement trop courtois, « TROP CIVILISÉ » pour ne pas dire NAÏF des officiers putschistes. Ceux-ci n’ont pas voulu enregistrer qu’ils se dressaient en réalité contre l’ennemi de l’Occident : Charles De Gaulle.

PREMIÈRE EXPLICATION

 

MÉCONNAISSANCE DE L’IDENTITÉ RÉELLE

DE LA GUERRE QU’ILS MENAIENT DEPUIS 1954

 

EN THÉORIE, ceux qui ont déclenché ce putsch étaient convaincus d’être des spécialistes de la guerre révolutionnaire.

Les colonels Broizat, Lacheroy et d’autres, nous ont enrichis culturellement par de brillantes conférences.

Pour ces officiers, la guerre révolutionnaire, c’était leur domaine. C’était leur affaire. Personne n’aurait osé leur proposer CONSEILS ET INFORMATIONS. C’eût été indécent !

 

ILS SAVAIENT TOUT !

 

Or, il apparaît d’une évidence éclatante aujourd’hui qu’ils ignoraient TOUT DE L’IDENTITÉ RÉELLE DE LA GUERRE D’ALGÉRIE.

 

Première méconnaissance de la part des putschistes

 

Ils ont ignoré qu’en Algérie, ils conduisaient une guerre qui était déclenchée contre la France. Une guerre nationale.

C’EST OFFICIEL DEPUIS LA LOI DU 18 OCTOBRE 1999.

Loi votée, tardivement certes, par une assemblée nationale socialiste. Jospin était premier ministre. En vertu de cette loi, LA NATION FRANÇAISE ÉTAIT DONC EN GUERRE…

 

CONTRE QUI ?

 

La réponse est dépourvue d’ambiguïté :

  • contre un ennemi de la France,

  • contre un agresseur de la France, LE FLN.

 

Ceux des Français qui, en conséquence, ont regardé ce conflit sans voler au secours de la France, sont des déserteurs dans la meilleure hypothèse pour eux. Quant à ceux qui se sont rangés dans le camp du FLN, comme les gaullistes au premier chef, ce sont des traîtres à la patrie française.

Cette méconnaissance n° 1 est donc celle-ci :

ils n’ont pas identifié la guerre d’Algérie à une guerre nationale faite contre la France. Par un ennemi de la France.

 

Deuxième méconnaissance de la part des putschistes

 

S’agissait-il d’une guerre qui opposait :

Le riche au pauvre

L’oppresseur à l’opprimé ?

S’agissait-il d’une guerre d’inspiration socialiste, marxiste- léniniste ou maoïste ?

Il est trop facile aujourd’hui de répondre par la NÉGATIVE.

Car il est d’une évidence irréfutable que cette guerre n’était pas d’inspiration socialiste, soviétique, communiste ou maoïste.

 

Troisième méconnaissance de la part des putschistes

 

Elle était donc « QUOI » cette guerre ?

 

Cette guerre déclenchée contre la France le 1er novembre 1954, connaît 2 IDENTITÉS :

 

  1. UNE IDENTITÉ STRATÉGIQUE : c’est-à-dire une identité conceptuelle ;

  2. UNE IDENTITÉ TACTIQUE :c’est-à-dire une identité opérationnelle.

A/ L’IDENTITÉ STRATÉGIQUE, CONCEPTUELLE, DE LA GUERRE D’ALGÉRIE

 

Elle s’inscrit dans la thèse fondamentale du capitalisme financier moderne, qui a prévu, planifié et mis en œuvre ce que les capitalistes modernes ont appelé :

le DÉLESTAGE ÉCONOMIQUE DU DÉBOUCHÉ COLONIAL.

 

Définition du capitalisme financier :

« Un processus de concentration au niveau des grandes banques de tous les moyens qui permettent de contrôler la production ». (d’après Jacques Marseille)

 

Le capitalisme financier a voulu démontrer scientifiquement que l’augmentation de la valeur ajoutée des investissements exigeait avant tout : que l’on se débarrassât des peuples

« en tant qu’ils représentaient une charge »

Pour augmenter la valeur ajoutée produite par les investissements, on va offrir l’indépendance à ces peuplesen ne poursuivant qu’un seul but :

qu’ils ne soient plus à la charge de ceux, pour qui la valeur ajoutée des investissements constitue le critère exclusif à partir duquel ils déterminent leurs orientations politiques.

Les ressources énergétiques, minières, agricoles d’une terre, OUI !

Les sociétés locales, c’est-à-dire les hommes et les femmes de ces pays à promouvoir et à développer, NON !

Les peuples, ou plutôt « les populations »n’auront qu’à trouver seuls le moyen d’évoluer, au sein de leur indépendance.

 

La motivation stratégique fondamentale

du délestage économique du débouché algérien,

ce fut donc LA VALEUR AJOUTÉE DES INVESTISSEMENTS. L’ARGENT QUE FABRIQUE L’ARGENT.

B/ L’IDENTITÉ TACTIQUE

DE LA GUERRE D’ALGÉRIE

 

IL N’EN EXISTE QU’UNE

 

Elle fut élaborée en Algérie A TITRE PRÉVISIONNEL, le 5 et le 7 mai 1931.

 

Il s’agit de l’arabo-islamisme fondamentaliste à qui la IIIè République va offrir les moyens de s’exprimer

OFFICIELLEMENT

à travers L’ASSOCIATION DES OULÉMAS (5 et 7 mai 1931).

 

Ben Baddis, son premier président, déclare :

  • ma religion c’est l’islam,

  • ma langue c’est l’arabe,

  • ma patrie, c’est l’Algérie.

Attention à ce triptyque ! C’est le deuxième temps « ma langue c’est l’arabe » qui est le plus important et le plus significatif.

Ben Baddis est un Berbère, d’une famille très connue dans le Constantinois. C’est un fin lettré qui a complété sa formation dans les lieux saints de l’islam.

Quant il affirme, en tant que Berbère, « ma langue c’est l’arabe », il résume et illustre en même temps toute l’histoire de

la fausse conquête de l’Algérie par des envahisseurs arabes. Envahisseurs qui n’ont jamais existé.

Je précise :

il illustrela fausse soumission, par la force, des Berbères d’Algérie à une prestigieuse cavalerie arabe qui déferlait d’est en ouest, au cri de « Allah Akbar ! », « Dieu est le plus grand ».

CETTE INVASION, C’EST UNE LÉGENDE !

 

Il est temps de dire et de redire que le mythe de cette invasion a la vie dure… car aujourd’hui encore ce mythe est nécessaire à la promotion historique de l’arabo-islamisme fondamentaliste. Nécessaire aussi à ceux qui sont disposés à capituler devant la nouvelle imprégnation arabo-islamiste.

En réalité c’est par le moyen de la langue arabe littérale que s’est effectuée la pseudo-conquête de l’Algérie. Comme d’ailleurs, la pseudo-conquête de l’Ibérie, c’est-à-dire de l’Espagne, qui n’a jamais connu d’invasion arabe.

 

La langue arabe littérale était pratiquée par une minorité très restreinte en Arabie et au Proche-Orient.

En particulier sur les terres où fut transmis tout d’abord le message du Prophète de la Mecque et de Médine. Le Prophète lui-même ne connaissait pas cette langue et s’exprimait par l’intermédiaire du dialecte que l’on pratiquait sur les territoires où il évoluait à cette époque-là. C’est le troisième calife qui a remanié le Coran et qui a imposé que la langue arabe devînt la langue d’expression exclusive, universelle et perpétuelle du Qoran.

La langue arabe est devenue ainsi le moyen stratégique de propagation et d’enseignement universel du Qoran.

Elle a offert aux ennemis les plus déterminés de l’Eglise apostolique et romaine, encore naissante, moyenâgeuse, attaquée de toutes parts par des déviationnismes multiples, le moyen de s’unir. De faire « bloc » contre le christianisme.

Avant tout, par le moyen de la Schahada, c’est-à-dire la prière fondamentale de l’islam.

« Il n’y a de dieu que Dieu

et Mohamed est l’envoyé de Dieu »

 

La Schahada est devenue le ciment qui va consolider l’union des ennemis de Rome. Elle va exprimer avec une force et un impact redoutables, la thèse ennemie du dogme chrétien de la Sainte Trinité. Elle va devenir l’expression dogmatique de la thèse unitaire de la foi en Dieu à laquelle vont se rallier, en tout premier lieu, ceux parmi les Berbères qui sont les ennemis par excellence du christianisme romain : nous désignons ainsi ceux des Berbères de Numidie et d’Ibérie ralliés à l’arianisme, la thèse unitaire majeure, qui refuse au Christ sa nature divine.

L’Islam naissant et migrant va « apporter » ou plutôt va « exprimer » en quelque sorte, une confirmation divine à la conviction des ariens qui deviendront tout naturellement musulmans.

L’arianisme de Numidie ou de Berbérie, fut véhiculé militairement par des migrants « goths ». Parmi ceux-ci, les Vandales tout particulièrement. L’histoire de Fulgence, un saint du catholicisme romain, conforte cette affirmation.

Il est né vers 451 en Tunisie, et fut disciple de Saint-Augustin. Il subit les invasions vandales de Hunéric puis de Thrasamund. C’était des ariens fanatiques qui persécutaient l’église naissante. Ils persécutaient d’ailleurs tous les non-ariens, c’est-à-dire que le plus souvent ils les éliminaient purement et simplement. Dans la meilleure éventualité, ils déportaient tous les clercs et laïcs et confisquaient leurs biens.

Ils obligèrent les Berbères de Numidie à la conversion à l’arianisme par « l’Edit de représailles du 25 février 484 ».

Fulgence fut évêque en 507 dans l’est de la Berbérie. Il s’employa à sauver les restes de Saint-Augustin que les persécuteurs ariens voulaient disperser aux quatre vents.

Il réussit à transporter momentanément en Sardaigne la dépouille de Saint-Augustin où elle fut mise à l’abri.

 

En Espagne, un peu plus tard, le 8 mai 589, se tient le concile de Tolède.

Le roi Récarède, arien, se convertit solennellement au catholicisme, sous l’influence de sa belle-sœur, la veuve Ingonde. Celle-ci était l’épouse de son frère Herménegilde, prince héritier du royaume ibérique. Elle réussit à convertir son époux au catholicisme. Le roi Léovigild n’accepte pas la conversion de son fils au catholicisme et le fait tuer.

La veuve Ingonde, sa « bru », ne désarme pas. Arrière petite-fille de Clovis, elle obtiendra la conversion de son beau-frère le roi Récarède, qui, lors du concile de Tolède le 8 mai 589 déclare :

« Il n’y aura aucune partie du monde, ni aucun peuple barbare où ne parvienne la lumière du Christ… »

Mais, précise Jean Descola dans son livre « Les Grandes Heures de l’Espagne », la doctrine d’Arius, l’arianisme, va néanmoins s’exprimer encore. Elle va évoluer en Espagne vers le Syncrétisme musulman.

J’ignore si Jean Descola s’est rendu compte de l’importance fondamentale de cette affirmation. A savoir que l’arianisme va évoluer vers un Syncrétisme musulman. Car en 589, l’islam n’est pas encore propagé.

 

C’est pourtant dans ce propos de Jean Descola qu’est illustrée l’explication de la diffusion rapide, pour ne pas dire explosive, du message de Muhamad.

Car, historiquement, tout s’est passé « comme si l’arianisme n’attendait que ça ».

Il nous faut ajouter, ce que l’on s’entête à refuser de dire aujourd’hui encore :

« là où l’islam apparaît, l’arianisme disparaît ».

 

 

Par son ralliement au message du Prophète, cette thèse unitaire et arienne de la foi en Dieu, va s’exprimer dorénavant d’une manière monolytique et uniforme, par son adhésion à la Schahada, la prière fondamentale des musulmans, formulée partout, en langue arabe littérale.

La langue arabe est devenue ainsi le vecteur opérationnel de l’arabisme.

Comme l’écrit le professeur J. Berque, que je cite en substance :

« La langue arabe a mis l’islam en site de véracité ».

Lorsque Ben Baddis déclare en 1931 :

« Ma langue c’est l’arabe » lui, qui est un Berbère, rappelle ceci : ce sont bien les Berbères qui, par leur adhésion à la Schahada exprimée en langue arabe littérale, ont conquis leurs propres territoires d’Afrique du Nordpour le compte de la religion musulmane. Les territoires du « Couchant », le Maghreb, ainsi que les territoires berbères d’Ibérie, à travers les colonnes d’Hercule1, comme l’écrit Jean Descola. Ils ont conquis ces territoires sur le christianisme romain du moyen-âge et ils s’attacheront, eux-aussi, à combattre deux ennemis :

  • le christianisme romain,

  • et le judaïsme.

 

« Ma langue c’est l’arabe », dans le triptyque de Ben Baddis, confère ainsi une redoutable dynamique révolutionnaire au propos qui précède dans sa déclaration :

« ma religion c’est l’islam »,

et surtout, au propos qui suit dans ce même triptyque :

« ma patrie c’est l’Algérie ».

 

Il révèle publiquement et solennellement au mois de mai 1931 l’identité véritable et définitive du combat qu’il veut déclencher contre la France. Il veut lui conférer une redoutable vigueur, grâce à la langue arabe.

 

 

Ibrahim Bachir, le successeur de Ben Baddis, président en fonction de l’association des Oulémas en 1954, membre du CRUA, déclare tout logiquement, à partir du Caire le 1er novembre 1954 :

« Le combat est engagé pour le triomphe de l’arabisme et de l’islam ».

 

L’arabisme d’abord, l’islam ensuite.

 

 

Larbi ben M’Hidi, un chef FLN, déclare en 1957, un peu avant sa mort :

« Vous voulez la France de Dunkerque à Tamanrasset, je vous prédis, moi, que vous aurez l’Algérie de Tamanrasset à Dunkerque ».

 

MAIS…. SEULEMENT… SEULEMENT QUOI ?

 

AUSSI BIEN LA STRATÉGIE CAPITALISTE DU DÉLESTAGE ÉCONOMIQUE DU DÉBOUCHÉ ALGÉRIEN,

QUE LA TACTIQUE RACISTE ET RELIGIEUSE DES ARABO-ISLAMISTES,

MISES EN ŒUVRE, L’UNE ET L’AUTRE, PENDANT LA GUERRE D’ALGÉRIE, DEVAIENT ETRE IMPÉRATIVEMENT CAMOUFLÉES, OU PLUTÔT OCCULTÉES PENDANT LE DÉROULEMENT DU CONFLIT ALGÉRIEN.

 

Car il ne s’agissait pas de thèses de combat historiquement présentables, devant l’opinion publique internationale.

 

IL A DONC FALLU RECOURIR A UNE IDENTITÉ TACTIQUE DE CAMOUFLAGE. UNE FAUSSE IDENTITÉ.

 

 

C/ L’IDENTITÉ DE « CAMOUFLAGE »

 

C’est elle qui, en apparence, va occuper le terrain. Parfois même violemment.

 

Car il était d’une importance opérationnelle primordiale pour les révolutionnaires anti-occidentaux du capitalisme financier d’inscrire cette guerre dans le cadre général

 

DES GUERRES DITES « DE LIBÉRATION ».

 

On va utiliser à cet effet le parti communiste algérien, le parti communiste français, toutes les organisations de gauche, de France et d’Europe.

 

Mais, sur le terrain ces partis de gauche furent actionnés en Algérie par une oligarchie financière qui s’exprima par l’intermédiaire de ceux qu’on appelait « les libéraux d’Algérie » :

Blachette et Jacques Chevallier, complices permanents et opérationnels du FLN dès le 1er novembre 1954,

Chaulet et toute une intelligentsia commerciale d’Alger qui intervinrent cependant comme des agents conscients du capitalisme financier.

Ils firent usage dans ces entreprises de la villa Pouillon, site opérationnel privilégié de Jacques Chevallier, pour y déposer une partie des armes volées par l’aspirant Maillot en 1956. Ces armes furent véhiculées par leurs soins vers la Grande Kabylie et permirent, entre autres tueries, le massacre de 18 soldats français, au mois de mai 1956, à l’est de Palestro.

 

Cette oligarchie financière d’Algérie réussira à parachever la mort de l’Algérie française, en imposant le cessez-le-feu de l’OAS algéroise obtenu en catimini sur décision de Jacques Chevallier et de ceux qui s’étaient ralliés à sa personne depuis octobre 1961, par ambition personnelle.

 

DEUXIÉME EXPLICATION

 

MANQUE DE LUCIDITÉ,

MANQUE D’INTELLIGENCE

DANS L’EXPLOITATION DES PREMIERS SUCCÈS

DE LA PART DES PUTSCHISTES

 

 

Pour vous faire comprendre cette deuxième explication, permettez-moi de vous rappeler les circonstances dans lesquelles je fus incorporé au putsch.

Dès ma sortie de prison de la Santé en novembre 1960, je rappelle que j’avais été incarcéré à l’occasion du Procès des Barricades, je participai à Paris à la préparation de cet événement : un putsch militaire en Algérie. Nous sûmes plus tard que Challe avait pris la décision d’en prendre la tête et que le colonel Argoud était le « penseur » de l’opération.

J’étais absolument convaincu d’une chose : le succès de ce putsch allait dépendre AUSSI ET AVANT TOUT d’une action parisienne visant à mobiliser, si possible, les énergies favorables à l’Algérie française, dans une action de soutien au putsch d’Alger.

 

J’eus de fréquents entretiens avec les colonels Godard et Broizat, le chef d’escadron Cazati, le capitaine Sergent, parfois en compagnie de responsables parisiens très actifs et très efficaces :

  • Philippe Lauzier,

  • Pierre Descaves,

  • Jacques Dupont,

  • Serge Jourdes, qui, lui-même, était en relation constante avec Pierre Sergent et le colonel Gardes.

Ce qui me paraissait d’une importance essentielle était d’empêcher que De Gaulle pût s’adresser au pays.

Différentes opérations avaient été envisagées, dans cette perspective, sur des sites d’émissions de TV, éventuellement sur la personne du général, de manière à enrichir la rébellion d’Alger d’une résonnance métropolitaine.

 

 

 

Mais je fus arrêté au début du mois d’avril 1961 et enfermé dans un camp de concentration à Tefeschoun, sur les Hauts d’Alger.

C’est Roger Piegts, le frère de Claude, fusillé 13 mois plus tard avec Dovecar, qui vint me chercher à Tefeschoun le matin du putsch, sur décision de Godard.

Il me conduisit vers le Corps d’Armée d’Alger. Nous sommes passés par Guyotville, Saint-Eugène et Bab-El-Oued. Ce qui m’a frappé immédiatement, ce fut l’apathie du peuple algérois qui se comportait comme si rien n’était en train de se jouer. Aucun enthousiasme n’était perceptible. Alger était dans le coma.

A la caserne Pélissier, je fus reçu, à l’entrée même du bâtiment, par un prestigieux adjudant-chef du 1er REP. Il s’agissait de Patri, héros de toutes les guerres et campagnes. Il m’accueillit avec sympathie et me conduisit immédiatement dans le bureau de Godard.

Celui-ci, dans le cadre du putsch, avait été chargé de commander le corps d’armée d’Alger.

Il m’accueillit avec amitié et je fus surpris, littéralement ahuri, de son commentaire :

« Je ne pensais pas que ce serait si facile ! »

Il fut étonné, choqué même de ma réaction. Car c’est avec violence que je lui ai rétorqué :

« et les civils, qu’en fais-tu ? »

Il me répondit en m’opposant un regard vide de toute expression et par un silence étonnamment résigné. Je poursuivis avec violence :

« Il faut mobiliser de toute urgence et partout en Algérie, les compagnies UT. C’était convenu et même planifié avec Gardes à Paris.

Serge Jourdes et le colonel Gardes ont tout particulièrement préparé cet aspect du putsch que tu es en train de négliger aujourd’hui. Il faut, par radio, mobiliser toutes les UT d’Alger, d’Oran, de Constantine, partout où c’est possible.

A Alger il faut intégrer les UT aux légionnaires, aux parachutistes, aux hommes du commandant Robin et du colonel de la Chapelle.

A ceux du 1er REP.

Chaque section doit devenir un gros bataillon.

Il faut réaliser un amalgame.

22.000 UT à Alger, c’est énorme ! S’ils sont bien encadrés. A l’échelon de l’Algérie, cela fait 100.000 hommes !

Il faut utiliser les fanfares de quartier pour faire sortir les musulmans de la Casbah, de la cité Mahiedine…

Ils défileront eux aussi en chantant la Marseillaise. Tu n’auras pas à les forcer.

Ils vont brandir le drapeau tricolore. En criant « Vive la France » et « Algérie française » !

C’est l’enthousiasme populaire algérien qui doit être le support essentiel de ce coup de force.

L’enthousiasme est contagieux. Il suffit d’un rien pour le déclencher dans toute l’Algérie ».

Et dans ma naïveté, je déclare à Godard :

« Je suis disposé à m’engager à fond dans cette opération ».

Godard lève alors les bras au ciel en me disant :

« Je ne te le conseille pas. Challe ne veut rien savoir des civils et Denoix de Saint-Marc non plus, lui surtout ».

J’étais fou de rage.

Je ne vais pas m’attarder sur tout ce qui s’est déroulé durant ces trois jours, mais je tiens, comme je l’ai fait lors d’une étude 50/422, à vous exposer en synthèse, le déroulement qui, d’après moi, aurait dû être celui du putsch.

 

A ALGER,

il fallait lancer, dès les premières heures, la mobilisation générale des 22.000 UT avec ordre de se présenter dans leurs quartiers respectifs.

Attendre qu’une unité combattante d’active vienne les prendre en charge dans les heures qui suivent.

Réaliser les amalgames nécessaires en quelques heures. AUTORITAIREMENT.

Il fallait mobiliser tous les policiers pieds-noirs d’Algérie et leur intimer l’ordre de se soumettre exclusivement aux décisions des putschistes et en particulier de leur ancien et récent patron à l’échelon de l’Algérie, le colonel Godard.

Argoud, tout récent chef d’Etat-Major du corps d’armée d’Alger, disposait encore de tous les contacts locaux pour convaincre ceux qui, en 1959 étaient sous son contrôle.

Il aurait dû jouer, à Alger, auprès de Challe un rôle de coordinateur. Je n’ose pas dire de contrôleur. Disposer des moyens de neutraliser Challe, éventuellement, en toute discrétion, pendant quelques heures si nécessaire.

Godard aurait été chargé de mettre en place un quadrillage policier efficace dans toute l’Algérie. Et intimer l’ordre à tous les services de police de lui obéir dorénavant, je le souligne une fois de plus.

Gardes aurait dû être investi de la mission de coordonner la mobilisation des UT dans toute l’Algérie. « Vous êtes aux ordres du général Challe pour sauver l’Algérie française », aurait dû être sa déclaration aux UT.

Broizat et Lacheroy, auraient dû se charger des relations avec toutes les unités parachutistes d’Algérie. Ils avaient un grand rôle à jouer dans l’amalgame entre les unités d’active et les UT.

Il fallait prendre le contrôle du port d’Alger, d’une manière très efficace. Ainsi que de l’aéroport. Neutraliser les gendarmeries en les encerclant avec des unités amalgamées. Les gendarmes auraient fini par se soumettre au putsch ou plutôt à y adhérer. Surtout si ce putsch s’exprimait avec l’appui de l’enthousiasme populaire.

 

A ORAN,

Il fallait opérer avec l’intention de déclencher une mobilisation en masse de tout le peuple français d’Oranie. C’était en réalité plus facile en Oranie que dans l’Algérois.

Mais ce n’était pas Argoud qu’il fallait expédier là-bas.

C’était Jouhaud avec les deux régiments des colonels Masselot et Leconte.

Certes Argoud avait noué préalablement des contacts en Oranie auprès d’officiers qui avaient donné leur parole d’honneur de s’engager. Qui se sont révélés bien tièdes, dans un premier temps, puis renégats et minables dans un deuxième temps.

Jouhaud, dès la première heure, aurait manifesté son enthousiasme oranien et appelé à lui toutes les UT d’Oranie ainsi que toutes les forces patriotiques d’Oranie. Le peuple d’Oranie, par sa pugnacité naturelle, aurait exercé une influence salvatrice sur le comportement des officiers d’Oran, de Bel-Abbès et d’ailleurs.

Jouhaud, un enfant du pays, était aimé sur ces terres. Je suis certain qu’il aurait été porté par l’enthousiasme populaire car il n’aurait pas manqué d’exprimer aux Oraniens sa volonté de voir leur province s’inscrire en pointe parmi les forces vives de la nation française. Pour sauver l’Algérie française.

 

Les deux prestigieux régiments, le 14ème et le 18ème RPIMA qui avaient accompagné Argoud à Oran, auraient été transformés en deux grosses divisions par le jeu de l’amalgame. Les « tièdes »qui ont boudé Argoud, n’auraient pas osé bouder et se dégonfler devant l’enthousiasme populaire et la pression des cadres subalternes, officiers, sous-officiers et hommes de troupes.

Il existait un potentiel en Oranie que l’on a trop longtemps négligé. C’est ce que, personnellement, j’avais manifesté à Saint-Eugène, à Oran, en 1959, lorsque j’avais déclaré que l’Algérie française ne pouvait pas se passer du peuple d’Oranie. J’avais affirmé ma conviction que le peuple d’Oranie par sa combativité naturelle avait un rôle capital à tenir dans le sauvetage de l’Algérie française.

 

Tout ce que je viens d’exposer c’est évidemment de la théorie. On ne manquera pas de me l’objecter. Il n’en reste pas moins vrai que ce putsch a été conduit d’une manière inconsciente. Par des gens, des officiers qui ont souffert d’une carence de clairvoyance opérationnelle.

 

 

DANS LE CONSTANTINOIS,

il était tout à fait logique d’espérer un écho très positif d’autant plus que le général Gouraud, commandant le Corps d’Armée de Constantine, a fini par adhérer au putsch. Il l’a fait tardivement certes. Mais l’enthousiasme d’Alger et d’Oran aurait déclenché une adhésion de tout le Constantinois à l’opération de sauvetage. Il existait dans ce corps d’armée, des unités de tirailleurs algériens, bien commandés, qui n’auraient pas hésité à s’intégrer à l’opération.

Sans parler de plus de 100.000 hommes, effectif de harkis et d’auto-défenses qui, dans toute l’Algérie, auraient adhérer à l’initiative de sauvetage déclenchée le 22 avril 1961.

 

 

TROISIÈME EXPLICATION

 

LA DÉCONSIDÉRATION DES PUTSCHISTES

DANS LEUR ENSEMBLE

A L’ÉGARD DU PEUPLE PIED-NOIR

 

 

Une obsession a dominé le comportement des putschistes : l’obsession du 24 janvier 1960.

Quelques années plus tard, en effet, Challe a déclaré à Serges Jourdes en substance :

« Je voulais éviter à tout prix un nouveau 24 janvier ».

C’est un propos poussé jusqu’’à l’absurde. Challe savait très bien qu’il avait tout raté le 24 janvier 1960. Par manque de lucidité et de courage. Cette semaine des barricades fut avant toute chose, en effet, une occasion, excellemment privilégiée de sauver l’Algérie française.

Les futurs officiers putschistes exerçaient, à cette date, de prestigieux commandements. Ils occupaient des postes clefs dans la hiérarchie militaire et administrative de l’Algérie française.

Tout était entre les mains de Challe.

Il n’avait qu’un geste à faire. Qu’une décision à prendre pour renvoyer De Gaulle à Colombey, dans la meilleure hypothèse pour celui-ci.

Il a même disposé à un moment donné, d’un chef de gouvernement provisoire et disponible en la personne de Michel Debré, premier ministre de De Gaulle. Premier ministre qui n’était pas à un reniement près. Lorsque Debré est venu à Alger exercer sa propagande auprès des colonels crédules de la 10ème DP en particulier, ceux-ci n’avaient qu’à le contrôler pour qu’il lançât un appel au sauvetage de l’Algérie française. Ils disposaient des moyens de le « persuader ».

C’était l’occasion offerte par le ciel à Challe pour sauver cette terre qu’il semblait tant aimer.

 

 

Ni pour quelques-uns de mes amis, ni pour moi-même, cette guerre d’Algérie n’avait été une réelle surprise. En effet, le fiasco d’Indochine, les gâchis marocains et tunisiens rendaient historiquement nécessaire une rébellion algérienne.

J’entends l’adjectif « nécessaire » dans son sens philosophique. C’est-à-dire que le contraire eut été absurde et impensable.

De surcroît, nous étions conscients d’une chose : les opérations déclenchées par l’anti-occident, aussi bien en Indochine qu’au Maghreb, n’auraient de conséquences tactiques, exploitables par nos ennemis et profitables pour eux à l’échelon planétaire, qu’après la main mise sur le territoire algérien.

L’Algérie, c’était « un gros morceau » nécessaire, en effet, à la victoire de nos ennemis. A la victoire de l’anti-Occident.

Pour les plus avertis d’entre nous, j’ose dire que cette rébellion était secrètement espérée : car elle devait être l’occasion de donner enfin un coup d’arrêt à la nouvelle invasion idéologique et religieuse dont étaient inéluctablement menacées la France, l’Europe et l’Occident, grâce à une victoire dont nous ne doutions pas.

D’où venait cette foi en une victoire, alors que tous les combats précédents s’étaient soldés par des défaites ?

Ma réponse va vous surprendre. Notre foi s’appuyait sur la réalité suivante : l’existence en Algérie d’une masse populaire française. Qu’il s’agisse de la fraction européenne, légalement et charnellement francisée (Espagnols, Italiens, Maltais et même dans une proportion très réduite, Allemands ou Vikings) ou de la fraction française européanisée. Nous voulons dire fraction de souche entièrement métropolitaine certes, mais à qui ce brassage méditerranéen avait conféré une dimension de pensée plus européenne qu’hexagonale.

Plus encore, au sein de cette masse française, vivait un prolétariat français. Les partisans de l’indépendance, qu’ils fussent gaullistes ou socialo-communistes, désigneront plus tard ce prolétariat par le terme dédaigneux, riche de mépris discriminatoire de « petits blancs ».

Ce paramètre « masse française » était un élément nouveau dans la dialectique historique du moment : c’était un facteur humain qui nous paraissait infiniment plus important que les facteurs économiques, politiques et militaires. Dans notre candeur, nous pensions que la solidarité nationale n’était pas un terme vide de sens. Nous étions convaincus que la liberté et la survie d’un million de concitoyens au moins allaient devenir une préoccupation dominante et angoissante pour la majorité du peuple français. Celle qui vivait sur le sol de la mère patrie, à laquelle nous rêvions, nous les Pieds-Noirs d’Algérie, avec amour et tendresse. Nous ignorions tout de cette prévention que pouvaient nourrir les métropolitains dans une large proportion à l’égard de leurs concitoyens d’outre-mer. Prévention alimentée par un sentiment sous-jacent qui ressemblait en réalité à de la jalousie. Ou plutôt à un complexe d’infériorité ressenti contre ceux qui affirmaient leur ambition de représenter la mère patrie au-delà des mers. De vouloir la défendre au loin, au-delà de la Méditerranée. Prévention alimentée plus tard de la bonne morale décolonisatrice : « Vous n’aviez rien à faire là-bas. Vous êtes allés voler les terres de ces pauvres gens ».

Nous étions ainsi décrits dans leur langage, comme des voleurs, des exploiteurs, des négriers.

« Qu’ils partent ou qu’ils crèvent, ces Pieds-Noirs, mais qu’on n’en parle plus ! »

Dans notre candeur, nous, les « lointains » ignorants de cet état d’esprit, pensions jouir d’un élan de solidarité de leur part, identique à celui qui avait animé nos anciens à l’égard de la mère patrie, en d’autres circonstances tragiques.

Dans ces nouvelles circonstances de la guerre d’Algérie, officialisée comme telle par la loi du 18 octobre 1999 ne l’oublions jamais, comment ignorer cette masse de Français, ce peuple français, pris de plein fouet par le conflit ! Peuple français qui allait conférer à la guerre d’Algérie, sa signification réelle et sa dimension véritable : celle d’un conflit de civilisation, d’un conflit supranational que l’histoire imposait à la France de résoudre par une victoire. Pour éviter de subir les effets d’une défaite. Devant l’arabo-islamisme fondamentaliste.

Il n’existait aucune solution intermédiaire. La France devait gagner cette guerre pour sa propre défense, pour la défense et la survie de l’Europe, pour la défense du « cœur du monde »3.

 

 

Ce n’est pas en 1961, je le souligne pour la millième fois, mais en 1955 qu’aurait dû naître l’OAS. C’est en 1955 que la masse des Européens d’Algérie aurait dû comprendre que le destin de la France en Algérie reposait avant tout sur sa volonté de prendre part au combat. Ils représentaient une force à la seule condition de s’unir. Mais j’ignorais à cette époque, comme je le constate à chaque instant aujourd’hui, qu’unir des Pieds-Noirs, c’est de l’utopie ! De nos jours encore, la collectivité des Français d’Algérie est gangrénée par un esprit de division pourrisseur et assassin. Un esprit qui nous a tués en Algérie. Qui risque de nous ridiculiser aujourd’hui, dans l’expression de notre « mémoire ».

 

Il fallait dévaloriser les Pieds-Noirs aux yeux de nos compatriotes métropolitains. Au lieu de solliciter leur enthousiasme, de stimuler leur envie de paraître d’abord et d’en découdre ensuite, on les a laissés croupir intentionnellement dans de piètres consignes de garnison.

Une décision désastreuse, logique, attendue, allait tomber comme un fruit mûr :

démobilisation officielle des disponibles d’Algérie, mobilisation des disponibles de métropole pour les remplacer.

On ne manqua pas de présenter cette nouvelle initiative comme une mesure absolument nécessaire au sauvetage de l’Algérie française. Le gouvernement de la IVe République, le justifia de la manière suivante :

  • d’une part, la vie économique de l’Algérie ne serait pas paralysée puisque la majorité des Pieds-Noirs allait continuer de travailler ;

  • d’autre part, la mobilisation des disponibles métropolitains démontrait aux Français d’Algérie que le peuple de France s’engageait dans le combat,

  • le combat pour conserver l’Algérie à la France. Pour protéger en même temps « la fraction vivante de la nation française » c’est-à-dire le peuple français d’Algérie, contre le massacre qui le menaçait.

Grâce à ces deux motivations alléguées par le pouvoir, les Français d’Algérie ont vécu cette décision anormale et sournoise, avec une désinvolture difficile à comprendre aujourd’hui encore.

Ils ont accepté que seuls les disponibles métropolitains aillent au combat pendant qu’eux-mêmes se rendaient tout normalement chaque jour à leur travail, à la plage et aux différents spectacles. Parfois même en vacances ou en cures thermales, sur le territoire métropolitain.

Le gouvernement de la IVe République avait élaboré et structuré, en cette occasion, une action psychologique très efficace qui eut l’effet néfaste, secrètement recherché : creuser entre les deux collectivités françaises de métropole et d’Algérie, un fossé que rien n’a jamais pu combler par la suite.

D’une manière officielle ce plan confinait les hommes valides d’Algérie dans le rôle subalterne de ceux qui travaillaient et de ceux qui priaient. Laissant à d’autres, la noble mission de combattre. Etant exclus des opérations militaires, on nous privait de l’estime de nombreuses familles de France. Au sein desquelles il manquait un fils ou un frère qui crapahutait peut-être quelque part, du côté de l’Akfadou et donnait la chasse à Amirouche et à ses bandes.

Voilà le traquenard dans lequel sont tombés ceux qui cependant nous disaient, à nous qui menions, les armes à la main, un combat clandestin pour la France depuis 1955 :

« De quoi vous mêlez-vous ? Laissez donc faire l’armée et la police ! »

Ils n’ont pas détecté le piège que l’on nous tendait. Piège qui s’exprimait de la manière suivante :

« Les Pieds-Noirs à la niche ! Cette affaire d’Algérie, ce n’est pas votre affaire. »

 

Pour les conjurés permanents contre l’Algérie française, tout particulièrement actifs dans les hautes sphères du capitalisme financier, il fallait activer le pourrissement de la situation. Il importait de conférer à cette guerre les aspects d’une guerre coloniale. Il fallait la convertir en une nouvelle guerre de conquête. Une guerre injuste, que plus tard on se permettra d’appeler guerre de libération pour les Algériens de confession musulmane.

Dans le déroulement de cette mascarade, on ne laissera pas passer l’occasion de faire tuer quelques milliers de soldats français, quelques milliers de Pieds-Noirs, quelques centaines de milliers de musulmans. De laisser lyncher sans réagir des dizaines de milliers de Harkis. De tolérer l’enlèvement de plusieurs centaines de nos concitoyens dont on ne sait rien, aujourd’hui encore, du sort qui leur fut réservé.

Qu’importaient la liberté et la vie d’un million de Français d’Algérie !

 

Ce travail de sape mis en œuvre à partir de la notion perverse de « Pieds-Noirs planqués » de « Pieds-Noirs qui gagnent de l’argent » pendant que les soldats du contingent risquaient de se faire casser la gueule dans le djebel, fut à l’origine d’un remarquable succès remporté par l’anti-France. Hier comme aujourd’hui d’ailleurs.

On a refusé de mettre la province française du sud de la Méditerranée, en situation de guerre totale. On n’a pas voulu transmettre au peuple français d’Algérie et à la majorité des musulmans français partisans de la France, l’enthousiasme militaire qu’il faut savoir élaborer, en temps de guerre, pour qu’une troupe et un peuple soient pugnaces et efficaces.

Cette déconsidération à l’égard du peuple pied-noir s’est confirmée avec un morne éclat le 22 avril 1961. Lors du malheureux putsch.

Une belle occasion cependant de sauver la France Sud-Méditerranéenne. C’est-à-dire avant tout une gigantesque et merveilleuse tête de pont enfoncée jusqu’au cœur de l’Afrique. Une tête de pont qui plongeait jusqu’aux confins de la Mauritanie, du Mali et du Niger. Une tête de pont qui aurait changé le destin de l’Afrique, de la France et du monde.

Mais, l’Union Minière du Congo, les grandes sociétés d’investissements du capitalisme financier ont négligé les peuples au bénéfice exclusif de la valeur ajoutée des investissements.

Les richesses de ces territoires, minières et agricoles, oui.

Mais les peuples, les populations,« gardez-les pour vous !»

 

 

 

QUATRIÈME EXPLICATION

 

LE COMPORTEMENT TROP COURTOIS,

TROP CIVILISÉ POUR NE PAS DIRE TROP NAÏF

DES PUTSCHISTES

 

 

Le comportement des putschistes va finalement les aveugler. Cette obsession de ne pas recourir à l’enthousiasme populaire de l’Algérie française explique, en effet, qu’ils n’ont pas vu.

« Ils n’ont pas vu…. Quoi ? »

Ils n’ont pas vu que De Gaulle, quant à lui, ne l’avait pas négligé… cet enthousiasme populaire. L’enthousiasme populaire de l’anti-France. Il le suscita, il le provoqua et il le nourrit de main de maître, en Algérie, au début du mois de décembre 1960.

 

Cet événement de décembre 1960, il faut le définir comme L’ANTI 13 MAI 1958. Grâce à des hommes liges, comme François Coulet par exemple, le chef de l’Etat appela les musulmans à manifester dans la rue, sous la protection des forces de l’ordre françaises, pour crier en même temps :

« Yahia De Gaulle !

Yahia FLN ! »

C’est-à-dire « Vive De Gaulle et Vive le FLN »

Par ces journées de décembre, De Gaulle prétendait démontrer à l’opinion publique que le peuple musulman d’Algérie s’était soumis au FLN et qu’il réclamait l’intervention de Charles De Gaulle pour accéder à l'indépendance. En cette occasion, celui-ci s’est révélé sans aucune ambiguïté, comme un agent de l’anti-France, comme un agent de l’agresseur de la France, puisque les évènements d’Algérie ont été officiellement identifiés à une guerre par la Ve République.

Il inaugura son parcours en Algérie, à partir de l’Oranie, d’Aïn Temouchent, dans des conditions qui nous couvrent, aujourd’hui encore, nous les partisans de l’Algérie française, d’un ridicule qui devrait nous faire honte : en effet, toutes les conditions étaient réunies pour qu’il pût être abattu. Or, rien ne fut tenté dans cette ville d’Oranie.

Lorsque des années plus tard je posai la question suivante à Toulouse, mon grand ami et frère d’armes le regretté Yvan Santini :

« pourquoi n’as-tu pas fait tuer De Gaulle à Aïn Temouchent ? »

il me répondit avec une sincérité désarmante :

« j’aurais pu le faire, mais je n’avais pas d’ordre ! ».

J’ai commenté ce propos avec lui. Nous éprouvâmes la conviction que nous avions laissé passer ce jour-là, peut-être, le sauvetage de l’Algérie française.

Je suis persuadé que De Gaulle était conscient du risque qu’il prenait en venant en Algérie. Mais il tenait à exprimer par-dessus tout son mépris des Pieds-Noirs et de l’armée, en agissant comme s’il avait voulu dire :

« Je viens en Algérie, parce que vous êtes trop couards et trop mal organisés pour tenter quelque chose contre moi. »

 

Que devaient faire les putschistes dès le 22 avril 1961 ?

De la même manière que De Gaulle, en décembre 1960, avait organisé « l’anti 13 mai 1958 », il fallait déclencher dans un enthousiasme français « l’anti-décembre 1960 » en Algérie.

J’ai insisté sur cette possibilité dans le cadre de la troisième explication. Le peuple d’Alger, le peuple d’Oran et derrière eux le peuple du Constantinois, auraient suivi l’armée engagée dans ce combat ultime pour sauver l’Algérie française, défendre la France et l’Occident. L’anti-décembre 1960, c’est-à-dire le putsch du 22 avril, devait s’identifier à l’opération salvatrice de l’Algérie française qu’il fallait exhiber devant la France et le monde entier.

Les putschistes n’avaient aucune raison de ménager le chef de l’Etat. Car ils auraient dû se souvenir des pusillanimités successives et historiques de Charles De Gaulle.

 

Pendant la campagne de France, on a trop écrit sur le comportement du colonel De Gaulle, pour attacher de l’importance à des commentaires serviles qui prétendent en faire un pseudo-héros d’un pseudo-combat de Montcornet.

Certains militaires ont souligné son comportement « anormal » devant Abbeville.

Néanmoins, De Gaulle était connu dans certains milieux de chasseurs de têtes, comme un auteur ayant publié des écrits qui le situaient à l’avant-garde, prétendait-on, des nouvelles techniques et des nouveaux équipements militaires. Dans un livre fort riche en informations, « Les Mémoires d’un président » l’auteur que l’on peut identifier sans effort à Paul Reynaud lui-même, n’hésite pas à dire de De Gaulle qu’il était « écrivaillon par goût, militaire par erreur ». Celui-cifut néanmoins choisi par ces chasseurs de têtes.

Choisi en particulier par qui ?

Par la maîtresse du président du Conseil, la comtesse de Portes, dont on écrit qu’elle faisait partie du Mouvement Synarchique International. Elle l’a fait nommer général de brigade, à titre temporaire et sous-secrétaire d’Etat à la guerre, dans le gouvernement de Paul Reynaud. Cette nomination providentielle a permis surtout à De Gaulle de se soustraire à l’autorité du général Weygand.

 

Dans une étude précédente, j’avais évoqué les circonstances du départ à Londres du général De Gaulle en juin 1940.

De Gaulle, sous-secrétaire d’Etat à la guerre, avait reçu la mission de Paul Reynaud de le précéder à Londres. Paul Reynaud prétendait y continuer la lutte, en accord d’ailleurs avec Winston Churchill. C’était donc en tant qu’officier de liaison que De Gaulle s’est rendu, sur ordre, à Londres et non pas pour y organiser la résistance.

Dans ce livre, « Les Mémoires d’un président », l’auteur souligne les peurs manifestées par De Gaulle. Celui-ci, à l’instant de l’embarquement exhiba ses craintes et sa panique, qui lui firent refuser ce départ. D’après l’auteur, il fut happé contre son gré et introduit de force dans la carlingue de l’avion par le général Spears et le lieutenant de Courcelles.

C’est donc contre sa volonté que De Gaulle s’est rendu à Londres. Son génie fut, une fois sur place, de ne pas avoir raté l’occasion d’exploiter pour son profit personnel et exclusif, l’accident de la route dont furent victimes Paul Reynaud et sa maîtresse. De Gaulle se révéla ingrat à l’égard de la comtesse dont il ne voulut plus entendre parler. Ingrat ? Pourquoi ? Parce que c’est à la comtesse de Portes qu’il devait sa nomination au grade de général de brigade à titre temporaire et de sous-secrétaire d’Etat à la guerre. Mais De Gaulle, tout le monde le sait, est un mauvais débiteur.

 

En 1946, De Gaulle abandonne le pouvoir, purement et simplement, devant la pression des communistes. Je me souviens du discours lamentable qu’il prononça pour expliquer sa désertion devant l’ennemi communiste. Les Gaullistes, « vont se sentir orphelins », écrit Alain Peyrefitte.

A Alger, nous, les élèves du lycée Bugeaud, du moins ceux qui en 1946 avaient le courage d’affirmer qu’ils étaient anti-communistes, décidâmes de manifester dans la rue pour provoquer un retour au pouvoir du général De Gaulle.

Nous refusions que le pouvoir fût abandonné aux suppôts de Staline en 1946. Nous espérions que le général allait se reprendre et vaincre sa couardise de l’époque.

Je me souviens d’avoir défilé dans les rues d’Alger au cri de « Vive De Gaulle » et « De Gaulle au pouvoir » en 1946, je le rappelle.

Un spectateur de la rue, très bourgeoisement vêtu, nous regardait défiler avec ahurissement. Cet homme, manifestement distingué et cultivé, s’est exprimé devant notre enthousiame grotesque et ridicule par une apostrophe qui se voulait agressive :

« Ah nous sommes jolis ! »

Cette phrase ne mérite pas d’être retenue si vous vous refusez de la prononcer avec l’accent pied-noir.

En pensant à ce respectable compatriote, il m’arrive de considérer que tous les ennuis, avatars, problèmes et drames que j’ai personnellement vécus plus tard, illustrent un châtiment du ciel que je méritais pour avoir crier « Vive De Gaulle » une fois dans ma vie. C’était en 1946.

 

La nomination de De Gaulle au grade de général de brigade à titre temporaire, mérite que l’on s’y attarde un peu. Il s’agit de faire toucher du doigt que la comtesse de Portes, maîtresse de Paul Reynaud, la « salope » telle qu’on l’appelait dans l’entourage de De Gaulle, jouissait d’un pouvoir suffisant pour obtenir cette nomination.

En effet, à cette époque, la nomination des généraux s’effectuait en conseil des ministres. Le général Galiffet explique dans son livre « Le Sabreur de la Commune » comment il avait suggéré à Waldeck Rousseau de mettre en place ce processus de nomination des généraux. C’était au moment de l’agitation boulangiste au cours d’un entretien que les deux hommes ont tenu à la brasserie Lipp à Paris.

 

En 1960, lors des Barricades d’Alger, De Gaulle, on veut le cacher aujourd’hui encore, manifeste une fois de plus sa pusillanimité.

Il envoie Debré à Alger, de toute urgence, pour calmer les ardeurs patriotiques des officiers parachutistes. Debré, premier ministre du général, va être confronté à Argoud et à tous les officiers de la 10ème DP. Il va leur affirmer, sur sa parole d’honneur, que De Gaulle allait choisir la solution la plus française.

Quelques jours plus tard, De Gaulle déclare en substance aux patriotes d’Alger, civils et militaires : « comment pouvez-vous douter que De Gaulle ne choisira pas la solution la plus française pour l’avenir de l’Algérie !». Ce propos suffit à décérébrer tous les officiers. Ceux-ci représentaient pourtant un énorme potentiel d’action s’ils avaient été clairvoyants durant cette semaine. Si De Gaulle s’est livré à cette affirmation, c’est parce qu’il avait eu la trouille. Car lui savait très bien qu’il avait tout à redouter durant cette Semaine des Barricades.

 

En 1968 De Gaulle, devant les manifestations et l’agitation révolutionnaire qui secoue la mère patrie va prendre la fuite. « Massu, au secours ! ». Voilà qui résume l’attitude de l’homme de Colombey. On a trop écrit sur ce chapitre pour que j’insiste sur cet épisode grisâtre, un de plus, de notre histoire.

 

En 1969, le référendum imposé aux Français par De Gaulle, dit « NON !». De Gaulle ne l’accepte pas. Il quitte le pouvoir, manifestant ainsi, officiellement, son manque de considération pour le suffrage universel. Il retourne dans sa maison. Il y attend en réalité, que puisse s’accomplir une seconde parousie. Car dans son comportement paranoïaque, il ne doute pas que la masse des Français allait le rappeler au pouvoir une fois de plus… lui le « sauveur perpétuel de la France ». Cette fois, il attendra en vain.

 

 

De Gaulle s’est révélé comme un homme-outil de grand luxe, pour le capitalisme financier.

Il fut l’exécuteur historique du « délestage économique du débouché algérien ». L’auteur du livre « Les mémoires d’un président » écrit en substance : « il serait temps que l’on écrive l’histoire de la conjonction De Gaulle-Rothschild ». Ajoutons qu’il serait temps de s’intéresser au rôle néfaste de la secte pompidolienne…. Qui d’ailleurs, organisa la défaite de De Gaulle en 1969. Parce que celui-ci ne lui était plus utile.

 

En 1940, détecté comme un homme de main de grande valeur, De Gaulle fut « entrepris » par la comtesse de Portes.

Cette femme avait l’habitude d’évaluer la réceptivité de ses interlocuteurs masculins aux réactions de leur appendice sous-pubien. Et l’auteur de ce livre suggère qu’elle aurait bien voulu exercer ses charmes, non pas auprès du général de brigade à titre temporaire De Gaulle, mais auprès du maréchal Pétain qui détenait le pouvoir en 1940.

 

Je ne puis résister à l’envie de revenir sur la personnalité de ce grand officier français. Pétain, colonel ancien à Arras, eut à recevoir un jour le colonel Grandmaison, professeur à l’école de guerre. Celui-ci était venu enrichir le savoir des officiers du régiment commandé par Pétain, des techniques modernes d’offensive, à mettre en pratique dorénavant. Les vagues d’assauts de fantassins, à la baillonnette, étaient décrites comme le moyen le plus efficace pour enlever une position détenue par l’ennemi. Pétain, convaincu que sa retraite était proche, ne s’est pas départi de son habituel franc-parler. S’adressant aux officiers du régiment, auditeurs de la conférence du colonel Grandmaison, il leur déclara sans état d’âme, en substance :

« Ce que vient de vous exposer le colonel Grandmaison est tout le contraire de ce qu’il faut faire. Avant d’attaquer une position ennemie, il faut l’écraser sous la puissance du feu ».

Pétain était sur le point de prendre sa retraite et c’est le général Franchet D’Esperey, né en 1856 à Mostaganem, qui, quelques mois avant la déclaration de guerre de 1914 alerta le Conseil des ministres pour que l’on nommât Pétain au grade de général de brigade.

 

De Gaulle fut donc appelé en 1940 par Paul Reynaud qui en avait fait son officier de liaison auprès de Churchill.

Les Britanniques durant la désastreuse campagne de France, étaient conscients d’une nécessité absolue. Il fallait à tout prix arrêter l’armée allemande, le plus loin possible des Pyrénées. Car ce qui était vital pour eux c’était de soustraire le général Franco, en Espagne, à l’influence de ses faucons. Ceux-ci, éprouvant encore l’enthousiasme de la victoire franquiste de 1939, ne voulaient pas laisser passer l’occasion d’utiliser l’armée allemande victorieuse pour reprendre Gibraltar aux Britanniques. Pour réintégrer ce port militaire à l’Espagne.

Samuel Hoare, spécialiste de l’aviation, fut nommé en 1940 à Madrid comme ambassadeur d’Angleterre par Winston Churchill dans un but bien précis. Tout faire pour que l’Espagne restât neutre. Car Gibraltar c’était « les Thermopyles » de l’empire britannique. C’était la clef de la Méditerranée. Si l’Espagne s’engageait dans la guerre, au côté de l’Axe, l’Allemagne était en mesure de verrouiller la Méditerranée à l’ouest, grâce à la prise de Gibraltar. Les conditions d’une victoire allemande étaient peut-être réunies. Par quelque moyen que ce fût, il fallait à tout prix arrêter l’armée allemande le plus loin possible des Pyrénées.

Ce fut l’objectif opérationnel attribué au maréchal Pétain. Quand il était encore ambassadeur de France en Espagne. L’armistice obtenu par celui-ci au mois de juin 1940 avait comme but stratégique d’arrêter les panzers du général Guderian le plus loin possible des Pyrénées.

Ce jour de l’armistice, Hitler a perdu la guerre et il ne le savait pas.

Les deux vainqueurs réels d’Adolphe Hitler furent historiquement :

 

    • le général Franco, parce qu’il a su résister à la pression de ses « Faucons », ultra-nationalistes espagnols qui voulaient saisir la balle au bond pour enlever Gibraltar aux Britanniques. Et parce que plus tard, à Hendaye, Franco refusa à Hitler le passage de ses troupes pour enlever Gibraltar. Ce jour-là le chancelier du Reich a dû regretter d’avoir accepté l’armistice sollicité par Pétain.

 

    • Le maréchal Pétain, par sa décision de demander un armistice, protégea les ultra-nationalistes espagnols contre une contagion d’enthousiasme. Ce jour de l’armistice illustre militairement et historiquement le jour de la défaite stratégique d’Adolphe Hitler.

 

J’ai suggéré, en m’appuyant, sur les écrits des « Mémoires d’un président », que la comtesse de Portes avait tenté une approche auprès du chef de l’Etat français, Philippe Pétain. Mais celui-ci lui refusa sa porte, comme le souligne le « Président ».

Horreur ! Qu’ai-je osé suggérer ?

Mon copain Raymond a piqué une crise de colère, que je ne comprends pas.

Ou bien il a lu trop rapidement ce que j’ai écrit, ou bien il n’a pas tout compris.

Je n’ai jamais dit que Pétain voulait « se faire » la comtesse. Je n’ai même pas dit que cette comtesse avait décidé de séduire le maréchal. J’ai rappelé ce que le « Président » suggère lui-même : la séduction sexuelle était l’argument majeur, pour ne pas dire exclusif, dont savait se servir la Du Barry de la 3ème République.

Raymond rappelle le grand âge du maréchal qui, d’après lui, devait le tenir à l’abri des tentations de la chair. C’est certain. Mais personne ne peut nier que le maréchal Pétain exerçait un charme indiscutable sur la gent féminine.

Que Raymond se rassure. Je n’ai jamais prêté au maréchal Pétain des intentions de courir encore le guilledou. Néanmoins je trouve regrettable que Raymond éprouve la nécessité de mettre en doute le charme que peuvent exercer certains hommes de 83 ans !

 

Il n’existait aucune raison historique majeure, pour les putschistes du 22 avril en Algérie, de ménager De Gaulle. L’homme qui a pris « beaucoup trop de libertés » avec la France, « qu’il a traitée comme sa chose ».

 

Il aurait fallu, surtout, ne pas rater la dernière occasion.

 

La dernière occasion ce fut l’occasion du 26 AVRIL 1961

 

Une occasion que le destin s’est entêté à offrir encore une fois aux militaires pour sauver l’Algérie française. J’en ai eu connaissance personnellement en 1963, par Patri. Ce brillant combattant du 1er REP, héros de multiples combats.

Le putsch se traînait lamentablement vers son agonie. La mort dans l’âme, les hommes de troupe, les sous-officiers et l’immense majorité des officiers se disposaient à obéir au général Challes, et à se soumettre, une fois de plus, à De Gaulle.

Un grain de sable a failli remettre tout en question. Une section du REP, commandée par un sergent chef, occupait encore le PC d’Alger Sahel.

Ce PC se situait très près de la cathédrale d’Alger. Lorsque vous vous situiez devant la cathédrale, en lui tournant le dos, vous aviez en face de vous l’archevêché, et au-delà, la Place du Gouvernement et la mer.

Sur votre droite, vous aviez la rue de Chartres et la rue de Lyre. Sur votre gauche la rue Bruce où se dressait la plus importante caserne de pompiers d’Alger. Le PC d’Alger Sahel se situait très près de cette caserne de pompiers.

Les ordres du sergent-chef étaient précis :

tirer sans avertissement au bazooka sur tout véhicule de la gendarmerie qui emprunterait la rue de la Lyre pour se rendre en direction du centre d’Alger.

Or, le soir du 26 avril, aucun contre-ordre n’était parvenu au sergent-chef qui commandait la section.

Et voilà qu’en début de soirée des véhicules de la gendarmerie empruntent la rue de la Lyre pour rejoindre la place du Forum.

S’y déroulait une dernière manifestation. Des milliers d’hommes, des civils algérois, étaient rassemblés en armes. Des légionnaires du REC étaient présents, eux aussi, avec leurs véhicules. La tension était extrême.

Les unités parachutistes et les commandos de chasse du commandant Robin en particulier, s’apprêtaient à quitter Alger, la mort dans l’âme. Les véhicules qui transportaient ces milliers de soldats hors d’Alger, n’hésitaient pas à faire retentir leur klaxon au fameux « ti-ti-ti-ta-ta » « al-gé-rie fran-çaise » et ils avaient tous déclaré :

« nous partons, mais au premier coup de feu nous revenons et cette fois on ne rigolera pas ».

Le sergent-chef commandant la section du REP qui occupait Alger-Sahel, s’apprête donc à tirer sur les véhicules de la gendarmerie, comme il en avait reçu l’ordre. Et voilà qu’à la seconde où il va déclencher le tir, dans un esprit de discipline outrancière, il décide d’informer le PC du régiment, le PC du 1er REP, qu’il va ouvrir le feu.

« Rouge4 va ouvrir le feu ».

Panique au PC du 1er REP. Le contre ordre est immédiatement donné à ce vaillant sergent-chef de s’abstenir de toute ouverture du feu.

 

Que se serait-il passé si le tir avait été déclenché ?

Tout pouvait repartir dans un esprit offensif. Car cette fois, les civils d’Alger étaient prêts à s’engager en armes, et par millier. Les commandos qui se trouvaient encore au Cap Matifou et à Maison Carrée, ainsi que les hommes du REP et du REC seraient repartis dans un esprit différent à l’assaut du pouvoir gaulliste. Ils auraient été rejoints par le 14ème et le 18ème RPIMA qui étaient en train de revenir d’Oran, abandonnés provisoirement par le peuple oranien qui n’avait pas participé au putsch.

Tout était possible.

Mais les putschistes ont tenu bon. Ils ont sauvé le gaullisme par leur refus d’engager une action qui fût véritablement révolutionnaire.

Il s’agissait pourtant, aussi, de la défense d’un peuple français, menacé de génocide, le peuple pied-noir. Dont le massacre avait été envisagé avec désinvolture par la majorité du peuple de métropole.

L’histoire jugera.

 

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Jean-Claude PEREZ

Nice

Le 17 mai 2011

1 Colonnes d’Hercule : Détroit de Gibraltar

2 Etude 50/42 : A PROPOS DU CINQUANTENAIRE « LE PUTSCH DES GENERAUX 22-26 AVRIL 1961 ».

3 Cœur du monde : référence à un livre d’Harold Mac Kinder

4 Rouge : nom de code de son unité

05.05.2011

ben Laden ou l'autodafé d'un roman hérétique

 

« Le roman est une méditation sur l'existence vue au travers de personnages imaginaires. »

Milan Kundera

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Il y a les apparences et ce à quoi nous invite notre condition d'homme, la traversée des apparences,long voyage initiatique , the voyage out.

L'opération « Géronimo » a donc été un grand succès. Opération, nous dit-on, menée par des phoques ( les seal de l'US Navy ) mais plus vraisemblablement par le JSOA , le service des opérations conjointes, comprenant les bérets verts de l'US army, le groupe d'action psychologique ( PSYOPS ), trois bataillons de rangers et diverses unités « fantômes » de l'US Air Force. Bref, les les Forces spéciales se sont entraînées quelque part entre San Diego, en Californie, Norfolk en Virginie et Fort Bragg en Caroline du Nord, le tout planifié par les logiciels de la NSA à Fort Meade dans le Maryland.

Le scénario, cependant, laisse un peu à désirer : A quelques mois du dixième anniversaire du 11 septembre, l'ingénieur milliardaire saoudien Oussama ben Laden, qui venait de fêter ses 54 ans, vivant depuis 5 ou 6 ans dans sa retraite de luxe au Pakistan, à cent kilomètres d'Islamabad, près d'une académie militaire, est malheureusement tué en se protégeant avec sa nouvelle jeune épouse. Miracle de la science, son identité est attestée par des tests ADN en quelques minutes et on balance son corps dans la mer à plus de mille kilomètres du lieu de l'attaque. De plus, le directeur de la CIA indique que les Etats-Unis n'ont pas informé le Pakistan de l'opération car ce pays "aurait pu alerter" le chef d'Al-Qaïda de l'imminence du raid.

Nous pourrions nous contenter de ces explications et des rebondissements spectaculaires à prévoir ne serait-ce que pour ne pas gâcher la joie bien compréhensible, quoique parfois puérile, de certains new yorkais. Cependant ce tintamarre médiatique peut aussi nous pousser à remettre en ordre les séquences d'une histoire que l'on cherche à nous simplifier jusqu'à la nausée.

 

Alain Marsaud, président de la fédération UMP de la Haute-Vienne, Ancien magistrat, notamment ancien chef du Service central de lutte antiterroriste au Parquet de Paris, a déclaré le 2 mai sur la chaine LCP :«  les américains racontent n'importe quoi et vous journalistes vous reprenez ces informations ».

Et si nous essayions de sortir de ce « n'importe quoi » ?

S'il n'est pas envisageable de minimiser dans l'épopée ben Laden, sa participation à la lutte, dans la fin du vingtième siècle, avec les USA contre « le communisme mondial », on ne saurait s'en contenter pour accéder à une compréhension contemporaine des mécanismes mis en place par la « nébuleuse » Al Qaida et qui , aujourd'hui encore, présentent un intérêt indéniable pour mieux saisir les coulisses de la marche du monde.

Durant la guerre froide, les USA ont développé partout dans le monde une « contre idéologie » s'opposant au  « communisme athée ».

C'était logique. Le capitalisme américain ne pouvait présenter une doctrine humaniste enthousiasmante seulement basée sur « la théorie de l'accumulation ». C'était idéologiquement pauvre, historiquement catastrophique et philosophiquement désespérant. Aussi, il investit le champ religieux. Tout d'abord avec GLADIO et CONDOR, il accorda diverses « aides » aux structures chrétiennes de droite jouant sur leurs positions politico-sociales communes.

On le vit en France, en Italie, en Grèce, au Portugal, en Espagne et en Amérique du Sud évidemment.

Concernant le « monde arabo-musulman », il se contenta longtemps du double verrou : l'Iran du Shah et Israël. Mais il ne trouvait pas d'allié fiable dans le monde sunnite. Or en 1979 il se trouva confronté à un double séisme : la victoire de la révolution islamique à Téhéran et la prise de Kaboul par les soviétiques.

Sa réaction fut autant surprenante qu'admirable, nous devons bien l'admettre, stratégiquement et tactiquement parlant. Là où beaucoup d'autres auraient considéré qu'il fallait négocier ou faire une pause dans la guerre, il y vit la meilleure occasion d'abattre l'empire soviétique.

Le capitalisme et son complexe militaro-industriel , les USA n'avaient pas à chercher, pour une fois, des mercenaires ou à engager des troupes au sol pour atteindre leurs objectifs, car vinrent à eux les partisans du Djihad, non seulement les combattants mais aussi les capitaux.

Au milieu des années 80, le mariage de convenance entre les USA et le fondamentalisme sunnite se mua en un pacs à trois : direction américaine, argent saoudien et gestion pakistanaise. Le Pentagone injectait de fortes sommes dans la guerre mais cela ne suffisait jamais. Alors il entérina, par l'intermédiaire de la CIA, un accord politique avec Oussama ben Laden, acceptant ainsi une totale « privatisation » du financement de la guerre soviéto-afghane gérée par les islamistes des services secrets pakistanais de l'Inter-Services Intelligence ( l' ISI ).

Le Pakistan voyait tout l'avantage d'entrer dans cette alliance pour aider les tribus sœurs d'Afghanistan.

Mais aussi, mais surtout, grâce aux généreux donateurs et volontaires islamistes, la miraculeuse possibilité de contrôler et de disposer, en toute quiétude, des immenses bénéfices financiers générés par le commerce de la production d’opium tiré du pavot, le trafic de la résine d’opium brute et des dérivés narcotiques plus forts, comme la morphine, la codéine et l’héroïne, devenus des facteurs clé de l’économie de guerre , le tout blanchi par les banques et les œuvres charitables, sous la haute main de ben Laden.

L'ISI détourna ainsi une partie des ressources destinées à la guerre antisoviétique au profit du conflit séculaire opposant Inde et Pakistan au Cachemire et de la haine religieuse des islamistes contre l'hindouisme majoritaire en Inde.

Plus encore, l'ISI se servit et se sert encore du Cachemire comme base arrière du terrorisme pour déstabiliser la société indienne.

A Langley, au QG de la CIA, on se félicitait de cette réussite sur tous les plans, surtout qu'on ne faisait pas confiance au géant indien si indifférent et « non aligné » mais dangereusement proche des soviétiques. On invita même le fidèle allié israélien à apporter une contribution substantielle à l'armée islamique afghane. Le prix à payer fut lourd. Les nombreux combattants palestiniens anticommunistes, antisoviétiques donc anti-fatah devinrent plus tard les fondateurs du Hamas. C'est au Pakistan que ben Laden rencontra puis finança Abdallah Azzam l'inspirateur du Hamas, qui considérait l'OLP comme des laïques vendus au Satan soviétique. C'est aussi au Pakistan que ben Laden fit la connaissance, à la mosquée Binoori de Karachi, d'un jeune religieux blessé grièvement au combat dans les montagnes afghanes, qui deviendra le chef des Talibans : le mollah Omar et dont il épousera la fille.

Bien que ben Laden fit un cours séjour dans une unité militaire islamiste où il fut blessé dans la vallée du Laghmân, il était essentiellement le grand organisateur de l'intendance, un technicien de grande qualité pour les montages financiers et un fédérateur des mouvements islamistes mondiaux. On pourrait revenir sur ses actions en Algérie, Égypte, Tunisie, aux Philippines avec son ami Abu Sayyaf ou au Yemen dont sa famille était originaire. Contrairement à l'idée légèrement méprisante qu'il ne fut qu'un simple symbole pour des musulmans intégristes, il fut, avant tout, le créateur d'une véritable internationale, comparable au Komintern, avec ses groupes dissidents, ses actions « ponctuelles », ses luttes de pouvoir.

C'est précisément dans ce développement d'une organisation puissante, autonome et très structurée qu'il faut chercher le point de rupture apparent avec les USA.

Vu depuis Langley, le « programme » suivait les principes classiques et rassurants de la CIA. Les forces spéciales américaines et « alliés » forment les formateurs. Dans ses écoles et ses camps l'ISI entraîne la masse des simples moudjahidin et les convoie au combat, ben Laden se chargeant du trafic, de la distribution des armes ainsi que du convoyage et des émoluments des agents ( recruteurs ou provocateurs ), la CIA supervisant l'ensemble.

En réalité la Centrale s'aperçut qu'après une bonne dose de corruption, beaucoup d' armes remises à l'ISI se retrouvaient aux mains de groupes internationaux de fanatiques musulmans formés à la guérilla et au terrorisme urbain.

Ben Laden et l'ISI s'étaient progressivement émancipés de la tutelle US pour poursuivre ses propres buts de guerre.

D'ailleurs une fois l'URSS forcée à retirer ses troupes, il apparut que ben Laden et l'ISI voulait assoir leur pouvoir sur l'Afghanistan. Bien qu'une extension de pouvoirs sunnites prêts à en découdre avec un Iran chiite ne déplaisait pas, à priori, à Washington, il semble que les premiers sérieux craquements se firent entendre.

Le nouvel ennemi était devenu la Chine mais paradoxalement l'ISI et ben Laden semblaient ne plus prendre en compte le caractère  « communiste-athée » du grand Dragon. Et pourquoi donc ?

Parce que la Chine, en conflit de puissance régionale avec l'Inde avait rapidement entamé une guerre révolutionnaire larvée, qui ne cesse de s' étendre, en soutenant des groupes maoïstes dans les provinces indiennes de Jharkand, Chhattisgarh ainsi que dans le Bengale occidental.

Les américains de leur côté, en lutte pour l'hégémonie sur la planète avec Pékin, s'étaient rapprochés de l'Inde et surtout avaient engagé toutes leurs forces pour l'asphyxie du géant chinois, par le contrôle total des ressources de gaz et d'hydrocarbures. Un nouveau siècle commençait, celui des guerres du pétrole et du pillage néo-colonial.

Il y eut le 11 septembre et les USA désignèrent ben Laden et la conspiration mondiale islamiste. On sait aujourd'hui où cela nous conduisit. Des alliances s'écroulèrent, les amis d'hier devinrent des ennemis, on abandonna les dictateurs.

Et si ce dernier point était la clé de la compréhension de la fin du chapitre Oussama ? Si les « révolutions arabes » , l'appel à la « démocratie » , au modèle universel et indépassable de l'économie libérale capitaliste anglo-saxonne marquaient le début d'une autre forme de combat ?

Si pour gérer et marginaliser la Chine, il était préférable, et finalement suffisant, de parler de « liberté », de « démocratie » et surtout de « bien-être » ?

Au fond, Al Qaida ne promettait-il pas que seul le véritable bonheur se trouvait dans l'Au-delà ? Le combat, la guerre, la mort et l'héroïsme, c'est par trop antique et hypothétique pour une jeunesse fut-elle « arabe » à qui on a fini par faire préférer plutôt « le vin d'ici … que l'Au-delà » ….

D'un point de vue Marketing, nous dirions que ben Laden était mal positionné sur le marché géopolitique, trop en décalage avec les aspirations de sa « cible » jeune. Il fallait donc en finir avec ce produit d'un autre siècle, d'un autre millénaire. Oussama plus vendeur, trop coûteux pour de lourds investissements qui ne rapportaient plus. On a retiré le produit de la vente. De toute façon, il était en rupture de stock depuis plusieurs années. Et puis les publicitaires commençaient à manquer d'idées. Il faut savoir terminer une grève, une guerre ou une propagande.

Il y aura encore des attentats car les frustrations et les injustices demeurent mais on pourra désormais aisément les qualifier de résidus d'un autre age. Et le temps passera. On s'apercevra, un jour, c'est certain mais trop tard, que ben Laden était un roman car le roman est l'art de créer un homme. On écriera alors, peut-être, une vraie biographie car la biographie est l'art de ressusciter.

Mais si ce jour arrive, si l'on ose affronter l'impensable, l'inénarrable, l'inimaginable alors nous nous ferons peur. Car selon le mot d'Aragon ce personnage pour toujours insaisissable « est la clef des chambres interdites de notre maison ».

Jean-Marc DESANTI

29.04.2011

Gaullistes et Islamistes

« Les algériens crient : « Vive de Gaulle ! » comme le font d'instinct tous les français quand ils sont plongés dans l'angoisse ou emportés par l'espérance.

Les français d'Algérie donnent la meilleure preuve qu'ils ne veulent pas, ne veulent à aucun prix , se séparer de la Métropole. Car on ne crie pas :«Vive de Gaulle ! » quand on n'est pas avec la nation »

Charles de Gaulle, le 19 mai 1958

 

« C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Qu’on ne se raconte pas d’histoire ! Les musulmans, vous êtes allés les voir ? Vous les avez regardés avec leurs turbans et leurs djellabas ? Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français. Ceux qui prônent l’intégration ont une cervelle de colibri, même s’ils sont très savants. Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d’un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans ? »

Charles de Gaulle, le 5 mars 1959

 

 

On peut saisir dans la confrontation de ces deux textes, non pas toute la duplicité du général, mais plus exactement toute la difficulté dans la gestion des contradictions qu'amène une conscience aiguë des réalités.

Au-delà du cadre historique particulier, nous avons là un éclairage particulier sur la tendance lourde et longue de l'influence pétainiste dans la politique extérieure française.

Ce qui amène le général à refuser la confrontation militaire avec l' Islam, c'est sa perte absolue de confiance dans le génie français. Le général, à l'image de son ex maître, confiera que le soldat français n'est plus le même parce que le français est différent. Il ne veut plus se battre.

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