31.03.2008
Le Kosovo – frontière entre le christianisme et l'islam
Comme cela avait été annoncé depuis plusieurs semaines, le Kosovo a proclamé son indépendance dimanche 17 février. Brandissant à la fois le drapeau américain et le drapeau de Georges Kastrioti (dit Scanderbeg), aigle noir bicéphale sur fond rouge, ancien emblème byzantin, qui est le drapeau national de l'Albanie, les Albanais du Kosovo se sont déclarés maîtres de la partie la plus importante, spirituellement et culturellement, de l'Etat serbe. Les deux drapeaux parlent d'eux-mêmes : ce sont les Etats-Unis qui ont offert le Kosovo en cadeau aux Albanais ; les Albanais du Kosovo n'ont pas de drapeau à eux, leur drapeau, emprunté à l'Albanie, suggérant l'idée d'une diaspora, en même temps que celle de la Grande Albanie.
La date choisie est, elle aussi, significative, d'un point de vue tant pratique que symbolique. Le Conseil de sécurité de l'ONU ne se réunissant normalement pas le dimanche, on s'attendait à ce que la réaction de la Russie fût retardée. Déclarer l'indépendance du Kosovo le dimanche, Jour du Seigneur, Jour de la Résurrection, c'est marquer la victoire de l'islam sur le christianisme. C'est bien ce dont il s'agit. Le Kosovo, cœur de la Vieille Serbie, est devenu un Etat musulman. Les Serbes sont en train de perdre leur « région-testament », les lieux où le peuple serbe, par sa lutte contre les Ottomans, a témoigné de sa foi en Christ : profession de foi ou martyre (le mot grec « martyre » signifie justement témoignage) sur laquelle la nation serbe est bâtie. L'Eglise d'Orient perd l'un de ses centres spirituels les plus importants. Et l'Europa entière se voit retrancher d'une contrée qui était le symbole de son identité chrétienne.
« Le sort du Kosovo est pareil à celui de l'Asie mineure, jadis pleine d'églises chrétiennes – tout n'est plus maintenant que ruines et cendres ; il est pareil aussi à celui de Constantinople, qui est maintenant une métropole musulmane, et pareil au sort de la Palestine, où florissaient jadis les communautés chrétiennes », dit le Père Sava du monastère de Decani [1] .
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Hymne russe
17:29 Publié dans Fondements | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hymne russe, poutine, armée rouge
30.03.2008
Jünger était-il antinazi ?
Des «Journaux de guerre» d'Ernst Jünger, il ressort que le capitaine de la Wehrmacht, tout en occupant Paris, détesta Hitler, condamna l'antisémitisme et fut, selon le mot de Hannah Arendt, «un antinazi actif»
Débarrassons-nous d'abord des clichés et des préjugés habituels: Ernst Jünger portait l'uniforme allemand pendant les deux guerres mondiales du XXe siècle, il a occupé Paris, n'a pas déserté, n'a été ni inquiété, ni pendu, ni fusillé, il est donc forcément criminel, et sa mort tranquille, à 103 ans, couvert d'estime et d'honneurs, est un scandale incompréhensible.
Oui, mais voilà, on ouvre ces deux volumes de ses «Journaux», impeccablement présentés et annotés par Julien Hervier, et l'étonnement grandit: ce sont de grands livres.
«Orages d'acier»? Le meilleur récit de guerre, selon Gide, est un précis de bruit et de fureur mécanique, annonciateur des catastrophes futures soulevées par la dictature de la technique. Un autre écrivain en a été bouleversé, et c'est Borges. Pas d'idéologie, dans ces «Orages», la description pure, force de l'écriture du jeune Jünger, plongé, à 19 ans, dans cet enfer. C'est un petit soldat aux quatorze blessures, un héros national modeste qui, par la suite, aurait pu faire carrière dans le nouveau régime totalitaire. Pourtant, il refuse tout: il ne sera ni député ni académicien, et ses livres suivants, «le Cœur aventureux» et surtout «Sur les falaises de marbre», seront considérés, à juste titre, comme très suspects par la Gestapo. Goebbels voulait frapper, mais Hitler lui-même aurait dit: «On ne touche pas à Jünger.» Ce dernier, et c'est un des aspects les plus étonnants de son existence romanesque, passe son temps à brûler des notes, des lettres, des documents, après des perquisitions chez lui. En réalité, il méprise le nouveau régime et sa clique, sa posture est résolument aristocratique, il identifie aussitôt le côté démoniaque des bourreaux plébéiens et de son chef, de plus en plus fou, qu'il surnomme «Kniebolo» dans son Journal. «Ils sont répugnants. J'ai déjà supprimé le mot "allemand" de tous mes ouvrages pour ne pas avoir à le partager avec eux.»
Il faut ici écouter Hannah Arendt, en 1950: «Le "Journal de guerre" d'Ernst Jünger apporte sans doute le témoignage le plus probant et le plus honnête de l'extrême difficulté que rencontre un individu pour conserver son intégrité et ses critères de vérité et de moralité dans un monde où vérité et moralité n'ont plus aucune expression visible. Malgré l'influence indéniable des écrits antérieurs de Jünger sur certains membres de l'intelligentsia nazie, lui-même fut du début jusqu'à la fin un antinazi actif et sa conduite prouve que la notion d'honneur, quelque peu désuète mais jadis familière aux officiers prussiens, suffisait amplement à la résistance individuelle.»
Comment conserver son intégrité sous la Terreur? Question d'honneur, question de goût. On a reproché à Jünger son dandysme et son esthétisme, sans comprendre son aventure métaphysique intérieure. Dès 1927, alors qu'on lui propose d'être député national-socialiste au Reichstag, il déclare qu'il lui semble préférable d'écrire un seul bon vers plutôt que de représenter 60.000 crétins. Sa stratégie défensive personnelle: la botanique, l'entomologie, la lecture intensive, les rêves. Ses descriptions de fleurs ou d'insectes sont détaillées et voluptueuses, il passe beaucoup de temps dans le parc de Bagatelle ou au jardin d'Acclimatation. C'est par ailleurs un rêveur passionné, familier de l'invention fantastique, proche en cela du grand Novalis. «Nous rêvons le monde, et il nous faut rêver plus intensément lorsque cela devient nécessaire.»
Que lit-il, en 1942, dans sa chambre de l'hôtel Raphaël, à Paris? La Bible, et encore la Bible, et toujours la Bible (il se convertira discrètement, à la fin de sa vie, au catholicisme). On le voit marcher dans Paris, il voit Paris comme un enchantement permanent, il achète des livres rares, et tout à coup, le 25 juillet 1942: «L'après-midi au quartier Latin, où j'ai admiré une édition de Saint-Simon en vingt-deux tomes, monument de passion pour l'histoire. Cette œuvre est l'un des points de cristallisation de la modernité.» Après tout, on doit aussi à Jünger, dans l'ombre, que Paris n'ait pas été incendié et détruit selon les ordres finaux de Hitler. Le rêve, la profondeur vivante et inlassable du monde: on sait que, par la suite, Jünger a beaucoup expérimenté les drogues, et pas les plus banales, mescaline et psylocibine (comme Michaux).
En même temps, il a sur place une charmante maîtresse, Sophie Ravoux, médecin, qu'il appelle tantôt «la Doctoresse», tantôt «Charmille». Les tortures, les exécutions de masse? C'est immédiatement le dégoût (il refuse d'y assister sur le front russe, au Caucase). «L'infamie est célébrée comme une messe, parce qu'elle recèle en son tréfonds le mystère du pouvoir de la populace.» L'infamie c'est, par exemple, l'apparition des étoiles jaunes sur la poitrine des juifs à Paris, que Jünger salue au garde-à-vous («J'ai toujours salué l'étoile») tout en notant aussitôt qu'il a honte de porter son uniforme. C'est lui toujours qui met en sécurité pour l'avenir des lettres d'otages fusillés, lecture qui l'a «fortifié», dit-il, puisqu'on y vérifie que «l'amour est le plus profond de tous les liens».
Et puis, bien entendu, il y a les portraits, tous incisifs et révélateurs. Morand, Jouhandeau, Léautaud, Céline (qu'il déteste), Picasso (qui lui propose de signer immédiatement la paix pour que les hommes puissent faire la fête le soir même). «Gaston Gallimard donne une impression d'énergie éclairée, aussi intelligente que pratique - celle-là même qui doit caractériser le bon éditeur. Il doit y avoir aussi en lui quelque chose du jardinier.» Quant à «Kniebolo» (Hitler), «son passage à Satan est de plus en plus manifeste».
Comment se comporter dans ces conditions? «Il faut agir en cachant complètement son jeu. Il importe avant tout d'éviter toute apparence d'humanité.» Phrase terrible. Le fils de Jünger, 17 ans, a été imprudent: il est arrêté, difficilement libéré par son père portant toutes ses décorations, mais aussitôt envoyé sur le front, en Italie, où il se fait tuer dans les carrières de marbre de Carrare. Les falaises de marbre... Jünger note sèchement que son livre se prolonge dans les événements mêmes. C'est une lutte ouverte entre le démoniaque et l'art. Les portraits des démons (Himmler, Goebbels) sont aussi décapants. «Le retour de l'absolutisme, toutefois sans aristocratie - je veux dire sans distance intérieure -, rend possibles des catastrophes dont l'ampleur échappe encore à notre imagination.» Cette nostalgie date de novembre 1941. Qui dira qu'elle n'est plus actuelle? Mais aussi: «La vie divine est un présent éternel. Et il n'y a de vie que là où le divin est présent.»
Jünger, après la guerre, voyagera beaucoup sur la planète. Il sera constamment attaqué par la presse plus ou moins communiste, visité par Gracq et Borges, et deviendra même un symbole du rapprochement franco-allemand. On va le voir en pèlerinage, Mitterrand et Kohl forcent la note, le pape le bénit en 1990. Il aura donc assisté à la chute du mur de Berlin et à la dissolution d'un siècle de sang et de larmes. La «distance intérieure» aura tenu bon. En 1995, il a 100 ans, et il meurt trois ans après, ou plutôt, comme il le pensait, il franchit la ligne. Goebbels, pendant la guerre, avait demandé au général Speidel de faire supprimer par Jünger une citation qu'il faisait d'un psaume («Dieu est bon pour Israël, pour les hommes au cœur pur»). Réponse de Speidel: «Je ne commande pas à l'esprit de mes officiers.»
Ph. Sollers
«Journaux de guerre», par Ernst Jünger, tome 1: 1914-1918, 944 p., tome 2: 1939-1948, 1 452 p., édition établie par Julien Hervier, avec Pascal Mercier et François Poncet, Gallimard, la Pléiade, 100 euros le coffret des deux volumes.
Ernst Jünger (1895-1998) s'engagea à 17 ans dans la Légion étrangère française avant de participer, dans l'armée allemande, à la Première Guerre mondiale. Il fut ensuite officier de la Wehrmacht, en poste à Paris, pendant la Seconde Guerre. On lui doit notamment «Orages d'acier» (1920), «Feu et sang» (1926), «Sur les falaises de marbre» (1939) et «Approches, drogues et ivresse» (1970).
Source : « le Nouvel Observateur » du 6 mars 2008.
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29.03.2008
Le film de Geert Wilders, "Fitna" en français
Dans un journal marocain, Aujourd'hui le Maroc, un article fustige le député. Commençant sa diatribe en expliquant que le Coran est un trésor de l'humanité, qu'il appartient à tout le monde et que chacun peut le lire et le commenter, il condamne la comparaison à Mein Kampf et évoque les tensions que cela ne saurait que raviver entre le monde occidental et le monde musulman, après les caricatures et le discours de Ratisbonne. Parlant du Coran il ajoute : "il peut être lu, analysé et interprété par tous. Ce travail doit être fait avec humilité, et non avec cette arrogance ou cette supériorité affichée par ceux qui voudraient apprendre aux musulmans comment être de bons musulmans…", dénonçant une analyse dépourvu de contexte historique et une lecture politique. L'auteur explique que dans son interprétation du Coran, Geert Wilders donne finalement raison aux extrémistes "En réduisant comme il le fait le Coran à un message de haine, il fait peut-être sans s'en rendre compte, la même chose que les extrémistes qu'il entend dénoncer."
Puis parlant "des obscurantistes à l'affût de la moindre occasion pour semer la terreur" il décrit "les peuples vivants dans les pays dits musulmans (qui) croupissent sous le poids des dictatures qui se maintiennent par la corruption, la misère, l'endoctrinement, le musellement de la liberté d'expression (...) par la désinformation qui travestie la liberté d'expression dans le monde occidental pour en faire une supposée velléité de nuire et/ou d'agresser le musulman et sa conscience (...) il évoque encore "les régimes politiques musulmans et (...) l'internationale intégriste islamiste dont la volonté de prolonger ses tentacules sectaires et obscurantistes aux quatre coins de la planète prend appuis sur la violence aveugle, l'assassinat par égorgement, les viols collectifs sur des filles de 08 à 88 ans, des massacres collectifs...etc. livrés au préalable aux citoyens épris de justice et de liberté dans ces mêmes contrées (on lira avec attention la suite qui traite du sort qui est fait aux chrétiens en terre d'islam).
Le site "Point de bascule " a traduit l'intervention du député au parlement. "Le Coran est avant tout un livre de guerre - un appel à massacrer les non-musulmans (2:191, 3:141, 4:91, 5:3), à les faire rôtir (4:56, 69:30-69:32), et à provoquer des effusions de sang parmi eux (47:4). Les Juifs sont comparés à des singes et des porcs (2:65, 5:60, 7:166) tandis que les personnes qui croient en Jésus-Christ comme le Fils de Dieu doivent, selon le Coran, être combattues (9:30)." (...) il est encore possible pour les musulmans de voir le Coran, qu'ils considèrent comme valable pour tous les temps, comme un permis de tuer. (...) le Coran est un livre qui incite à la violence. Je rappelle à l'Assemblée que la distribution de ces textes est illicite (en suite le texte de loi)." Il cite Erdogan, "Il n'y a pas d'islam modéré ou immodéré. L'islam est l'islam et c'est tout. (...) "faisons en sorte que la troisième invasion islamique, (...) sera également arrêtée en dépit de son caractère insidieux et nonobstant le fait que, contrairement aux 8e et 17e siècles, elle n'a pas besoin d'une armée islamique parce que les dhimmis apeurés en Occident." Continuant il évoque l'attitude des politiciens néerlandais, dont les déclarations sur la charia seraient tendancieuses. Il ne fait pas que dénoncer : il cite en même temps des sourates du Coran, en appui de ce qu'il avance... A vous de Juger ...
17:37 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.03.2008
Nouvelle vidéo d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique : un appel au Jihad et des images d’une rare violence
Un site islamiste lié à Al-Qaïda vient de mettre en ligne une vidéo d’un peu moins de 13 minutes, datant de mars 2008, dans laquelle "Qaïdat Al Jihad Fil Maghreb Al-Islami" (QJMI), ex-GSPC, fait la promotion du martyre en s’appuyant sur les enseignements d’Oussama Ben Laden dispensés à ses proches en Afghanistan.
Intitulée « Les amoureux des Vierges du Paradis » promises aux martyrs, la vidéo montre des images insoutenables des scènes de préparation idéologique et psychologique des jeunes kamikazes qui précèdent le passage à l’acte. Des maquisards adolescents, candidats au suicide, sont « fêtés » par leurs compagnons, qui les « envient » puisqu’ils s’apprêtent à « rejoindre le Prophète au paradis », et à jouir éternellement des 72 « hourias » (vierges) et des délices promises. Selon la littérature d’Al-Qaïda, diffusée par Ben Laden sur cette vidéo, « le martyre est ce qu’il y a de plus noble qu’un musulman peut espérer dans sa vie de bon fidèle, qui doit défendre le Prophète et l’islam, et qui doit œuvrer pour gagner le paradis... ».
L’enregistrement montre un véritable « atelier en plein air », avec ordinateur portable et le matériel nécessaire à la confection des voitures piégées. Les maquisards y préparent une grande citerne qui sera bourrée d’explosifs, et chargée à bord d’une fourgonnette. Le document montre ensuite un jeune kamikaze, à peine âgé de 15 ans, qui apprend à conduire le véhicule. Puis la vidéo montre l’attaque, exécutée contre la caserne des garde-côtes de Dellys, en septembre 2007, après une reconnaissance aérienne par « Google Earth ». L’attaque avait fait une trentaine de morts, et plusieurs dizaines de blessés. Al-Qaïda affirme avoir fait plus de 90 morts et blessés graves. L’explosion est en effet d’une violence inégalée. Elle a dégagé un véritable champignon, soufflant une partie de la caserne. Le tout était filmé par deux caméras placées en face de la caserne en toute quiétude. Le montage intègre, tout le long des 13 minutes, des chansons hostiles au régime (le tyran), aux généraux et militaires (les chiens du tyran) aux Occidentaux (les impies et les croisés) et aux Juifs (les descendants des porcs et des singes)...
La diffusion de ce document, près de six mois après les faits, semble dû aux difficultés techniques auxquelles la QJMI est confrontée en Algérie. Néanmoins, elle prouve que le réseau possède des connaissances techniques et une expertise implacable, tant au niveau balistique (confection des explosifs) qu’au niveau de la communication. La vidéo est un appel sans détour au Jihad, lancé par Al-Qaïda aux jeunes Algériens. L’organisation terroriste promet de poursuivre la lutte jusqu’à la victoire de l’islam, et la défaite du tyran et des impies.
C’est sans doute cet appel qui a fait réagir les Etats-Unis, ce 27 mars. Le Département d’Etat vient d’attirer l’attention des ressortissants américains sur le danger terroriste en Algérie, et de leur demander d’éviter cette destination.
"Pour voir la vidéo, mise en ligne le 26 mars 2008, cliquez ici"
MediArabe.info
22:27 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, algérie islamiste, qaïdat al jihad fil maghreb al-islami, kamikazes
Le monde nouveau
« Nous vivions jusqu’ici dans un univers solide dont les générations avaient déposé l’une après l’autre les stratifications. Tout était clair : le père était le père, la loi était la loi, l’étranger était l’étranger. On avait le droit de dire que la loi était dure, mais elle était la loi. Aujourd’hui ces bases certaines de la vie politique sont frappées d’anathème. Car ces vérités constituent le programme d’un parti raciste condamné au tribunal de l’humanité. En échange, l’étranger nous recommande un univers selon ses rêves. Il n’y a plus de frontières, il n’y a plus de cités. D’un bout à l’autre du continent, les lois sont les mêmes, et aussi les passeports, et aussi les juges, et aussi les monnaies. Une seule police et un seul cerveau : le sénateur du Milwaukee inspecte et décide. Moyennant quoi, le commerce est libre, enfin le commerce est libre. Nous plantons des carottes qui par hasard ne se vendent jamais bien et nous achetons des machines à biner qui se trouvent toujours coûter très cher.
Et nous sommes libres de protester, libres, infiniment libres, d’écrire, de voter, de parler en public, pourvu que nous ne prenions jamais des mesures qui puissent changer tout cela. Nous sommes libres de nous agiter et de nous battre dans un univers d’ouate. On ne sait pas très bien où finit notre liberté, où finit notre nationalité, on ne sait pas très bien où finit ce qui est permis. C’est un univers élastique. On ne sait plus où l’on pose ses pieds, on ne sait même plus si l’on a des pieds, on se trouve tout léger, comme si l’on avait perdu son corps.
Mais pour ceux qui consentent à cette simple ablation que d’infinies récompenses, quelle multitude de pourboires ! Cet univers qu’on fait briller à nos yeux est pareil à quelque palais d’Atlantide. Il y a partout des verroteries, des colonnes de faux marbre, des inscriptions, des fruits magiques. En entrant dans ce palais vous abdiquez votre pouvoir, en échange vous avez le droit de toucher les pommes d’or et de lire les inscriptions. Vous n’êtes plus rien, vous ne sentez plus le poids de votre corps, vous avez cessé d’être un homme : vous êtes un fidèle de la religion de l’Humanité. Au fond du sanctuaire est assis un dieu nègre. Vous avez tous les droits sauf de dire du mal du dieu. »
Maurice Bardèche
07:39 Publié dans Fondements | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : europe, politique, bardèche, identité
Le Pentagone prend racine au Kosovo
Par Tamara Zamiatina, pour RIA Novosti
Les avertissements faits par nombre d'experts avant l'indépendance du Kosovo commencent à se réaliser: tous les attributs d'une grande base militaire de l'OTAN et des Etats-Unis apparaissent en catimini sur le territoire enlevé à la Serbie. La décision du président George W. Bush de commencer à livrer des armes au Kosovo est l'un des derniers indices en date de ce processus. Moscou a insisté sur la convocation d'une réunion extraordinaire du Conseil Russie-OTAN, qui se tiendra vendredi 28 mars à Bruxelles. D'ailleurs, il est douteux qu'il soit possible de persuader ce conseil d'intervenir, car il s'est toujours révélé peu utile. A propos, le président Bush a pris cette décision deux jours après la visite à Moscou de la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice et du secrétaire américain à la Défense Robert Gates, qui ont appelé à renforcer la coopération, à étendre les consultations et, en général, à assurer la transparence.
La précipitation avec laquelle le Pentagone accorde sa protection à l'oisillon encore sans plumes qu'est le Kosovo ne peut témoigner que d'une chose: l'Occident n'est pas certain que la paix règnera dans les Balkans aussitôt après la séparation du Kosovo d'avec la Serbie. Cependant, c'est bien sur la rhétorique de la nécessité de mettre fin à la crise yougoslave que l'Occident s'est appuyé pour justifier son soutien aux séparatistes kosovars. De quelle paix peut-il s'agir dès lors qu'on arme une partie contre l'autre? On est tout simplement en train de verser de l'essence sur un brasier déjà très chaud...
Les Serbes l'ont déjà compris. Dans la ville de Kosovska Mitrovica (Nord du Kosovo), ils se sont mis à défendre avec l'acharnement des désespérés leur dernier refuge: le tribunal où siégeaient jadis les magistrats serbes et où siègent aujourd'hui des juges internationaux qui prévoient à terme de transmettre leurs fonctions à des juristes albanais. Du sang a été versé lors d'affrontements avec les forces de la KFOR. Les manifestations en soutien à la minorité serbe du Kosovo se succèdent à Belgrade.
La ville de Kosovska Mitrovica, coupée en deux par le fleuve Ibar en communautés albanaise et serbe, sera désormais et pour longtemps une pomme de discorde entre les parties opposées. Belgrade a déjà envoyé à l'ONU un message exigeant d'attribuer à la Serbie le Nord de la province, attenant à Kosovska Mitrovica, où résident de façon compacte environ 100.000 Serbes. Ces derniers ont besoin d'une protection physique élémentaire. Mais il est peu probable que cela touche les partisans de l'indépendance du Kosovo à l'ONU. Dans la première moitié des années 90, les pays occidentaux avaient fermé les yeux sur l'exil de 300.000 Serbes de Croatie. Peuvent-ils donc se soucier à présent de 100.000 Serbes? "Si 300.000 oiseaux avaient quitté tout à coup une région, le monde serait bouleversé. Mais l'humanité n'a pas remarqué la tragédie des Serbes", dit-on tristement à Belgrade.
L'intention des Etats-Unis de commencer à livrer des armes au Kosovo s'explique, entre autres, par la volonté de retenir au sein de la province Kosovska Mitrovica, ville serbe insoumise, mais importante d'un point de vue stratégique. Mais il y a également un objectif plus important: donner carte blanche aux Kosovars pour la répression des actions de protestation dans les enclaves serbes à l'échelle de toute la province, estime Elena Gouskova, directrice du Centre d'étude de la crise balkanique contemporaine de l'Institut d'études slaves de l'Académie russe des sciences.
Les livraisons d'armes aux Kosovars sont une sorte de légalisation des futures actions des Albanais ayant pour but d'évincer la minorité serbe de la province. Autrement dit, les pays occidentaux assurent aux Kosovars la possibilité d'achever un processus déjà entamé: nettoyer la province de la population non-albanaise, mais à condition qu'ils le fassent eux-mêmes, pour éviter de compromettre les soldats de la paix de l'OTAN faisant partie de la KFOR et, à plus forte raison, l'Amérique.
Il semble également que la province du Kosovo soit appelée à devenir le premier Etat dans l'histoire se trouvant sous protectorat de l'OTAN. Les soldats de la paix de l'Alliance, au sein de la KFOR, maintiennent l'ordre dans la province depuis déjà neuf ans. Si l'on prend en considération l'admission prévue à l'organisation de l'Albanie, de la Macédoine et de la Croatie au cours du sommet de l'OTAN qui se tiendra du 2 au 4 avril à Bucarest, la province du Kosovo pourrait devenir le plus puissant appui de l'Alliance dans les Balkans. La base militaire américaine de Camp Bondsteel, la plus grande des Etats-Unis hors de leur territoire, y est déjà installée. Et le Pentagone a abordé la construction d'une deuxième base militaire au Kosovo, rappelle Elena Gouskova.
Leonid Ivachov, président de l'Académie des problèmes géopolitiques, se dit certain que la stabilité dans les Balkans, et même en Europe, n'est pas nécessaire à Washington, en tout cas en ce qui concerne l'administration actuelle. "Dans une situation de stabilité, les Etats-Unis ne peuvent pas influer sur les événements. Si le calme règne en Europe, l'Amérique n'aura rien à y faire. La stratégie politique des Etats-Unis consiste à diriger par le chaos", affirme le général Ivachov. Selon ses renseignements, l'Amérique prévoit de livrer au Kosovo des armes d'infanterie légères et des véhicules blindés sans matériel lourd. Mais, à l'étape suivante, des cadres albanais seront formés pour l'aviation et les unités de chars.
Que peut faire la Russie dans ces conditions? Hélas, pas grand chose. Elena Gouskova et Leonid Ivachov estiment qu'en plus de l'aide humanitaire aux habitants des enclaves serbes du Kosovo, déjà annoncée, le Kremlin pourrait poser la question de l'introduction d'un contingent de paix russe dans la région de Kosovska Mitrovica. Les experts russes discutent également de l'introduction de forces de paix russes dans le Sud de la Serbie, limitrophe du Kosovo. Mais il est peu probable que le président pro-européen Boris Tadic se risque à adresser une telle demande à la Russie.
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27.03.2008
Tibet - l'hisoire d'une tragédie
21:45 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : invasion, annexion, chine, china imperialiste, tibet, dalai lama
Les Indo Européens par Jean HAUDRY
21:03 Publié dans Fondements | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : haudry indo européens ariens, aryas, europe, dumezil, langue, race, terre
Le djihad irakien des jeunes du 19e
C'est souvent par un coup de téléphone anonyme ou au détour d'une connexion Internet qu'elles ont appris la nouvelle : la mort de leur enfant en Irak comme djihadiste. Pas de cercueil, pas d'effets personnels renvoyés pour ces familles. A peine quelques détails sur les circonstances du décès : un bombardement américain pour l'un, un accident obscur pour un autre, le "martyre" dans un attentat-suicide à la voiture piégée pour le troisième.
Depuis le 19 mars, au tribunal correctionnel de Paris, on ne juge pas les morts. Les familles de ces trois djihadistes tués au combat ne sont pas partie civile. Sous les boiseries sombres de la 14e chambre, jusqu'au 28 mars, bien loin de la chaleur du désert et de la fureur des détonations, on tente de faire le procès de la "filière irakienne du 19e arrondissement de Paris". Une organisation qui, entre 2003 et 2005, aurait incité une dizaine de jeunes gens, tous français, âgés de moins de 25 ans et domiciliés dans ce quartier, à partir combattre en Irak.
On juge le prédicateur musulman qui les aurait enrôlés, le faussaire qui leur aurait fourni de faux papiers. Mais surtout, pour comprendre, on écoute : le récit de ceux qui sont revenus, valides ou blessés, l'histoire de ceux qui voulaient partir mais ont échoué.
http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/03/26/le-djiha...
12:24 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, france, islamisme, djihad france



