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  • Jünger était-il antinazi ?

    877171876.jpgDes «Journaux de guerre» d'Ernst Jünger, il ressort que le capitaine de la Wehrmacht, tout en occupant Paris, détesta Hitler, condamna l'antisémitisme et fut, selon le mot de Hannah Arendt, «un antinazi actif»

    Débarrassons-nous d'abord des clichés et des préjugés habituels: Ernst Jünger portait l'uniforme allemand pendant les deux guerres mondiales du XXe siècle, il a occupé Paris, n'a pas déserté, n'a été ni inquiété, ni pendu, ni fusillé, il est donc forcément criminel, et sa mort tranquille, à 103 ans, couvert d'estime et d'honneurs, est un scandale incompréhensible.

    Oui, mais voilà, on ouvre ces deux volumes de ses «Journaux», impeccablement présentés et annotés par Julien Hervier, et l'étonnement grandit: ce sont de grands livres.

    «Orages d'acier»? Le meilleur récit de guerre, selon Gide, est un précis de bruit et de fureur mécanique, annonciateur des catastrophes futures soulevées par la dictature de la technique. Un autre écrivain en a été bouleversé, et c'est Borges. Pas d'idéologie, dans ces «Orages», la description pure, force de l'écriture du jeune Jünger, plongé, à 19 ans, dans cet enfer. C'est un petit soldat aux quatorze blessures, un héros national modeste qui, par la suite, aurait pu faire carrière dans le nouveau régime totalitaire. Pourtant, il refuse tout: il ne sera ni député ni académicien, et ses livres suivants, «le Cœur aventureux» et surtout «Sur les falaises de marbre», seront considérés, à juste titre, comme très suspects par la Gestapo. Goebbels voulait frapper, mais Hitler lui-même aurait dit: «On ne touche pas à Jünger.» Ce dernier, et c'est un des aspects les plus étonnants de son existence romanesque, passe son temps à brûler des notes, des lettres, des documents, après des perquisitions chez lui. En réalité, il méprise le nouveau régime et sa clique, sa posture est résolument aristocratique, il identifie aussitôt le côté démoniaque des bourreaux plébéiens et de son chef, de plus en plus fou, qu'il surnomme «Kniebolo» dans son Journal. «Ils sont répugnants. J'ai déjà supprimé le mot "allemand" de tous mes ouvrages pour ne pas avoir à le partager avec eux.»

    Il faut ici écouter Hannah Arendt, en 1950: «Le "Journal de guerre" d'Ernst Jünger apporte sans doute le témoignage le plus probant et le plus honnête de l'extrême difficulté que rencontre un individu pour conserver son intégrité et ses critères de vérité et de moralité dans un monde où vérité et moralité n'ont plus aucune expression visible. Malgré l'influence indéniable des écrits antérieurs de Jünger sur certains membres de l'intelligentsia nazie, lui-même fut du début jusqu'à la fin un antinazi actif et sa conduite prouve que la notion d'honneur, quelque peu désuète mais jadis familière aux officiers prussiens, suffisait amplement à la résistance individuelle.»

    Comment conserver son intégrité sous la Terreur? Question d'honneur, question de goût. On a reproché à Jünger son dandysme et son esthétisme, sans comprendre son aventure métaphysique intérieure. Dès 1927, alors qu'on lui propose d'être député national-socialiste au Reichstag, il déclare qu'il lui semble préférable d'écrire un seul bon vers plutôt que de représenter 60.000 crétins. Sa stratégie défensive personnelle: la botanique, l'entomologie, la lecture intensive, les rêves. Ses descriptions de fleurs ou d'insectes sont détaillées et voluptueuses, il passe beaucoup de temps dans le parc de Bagatelle ou au jardin d'Acclimatation. C'est par ailleurs un rêveur passionné, familier de l'invention fantastique, proche en cela du grand Novalis. «Nous rêvons le monde, et il nous faut rêver plus intensément lorsque cela devient nécessaire.»

    Que lit-il, en 1942, dans sa chambre de l'hôtel Raphaël, à Paris? La Bible, et encore la Bible, et toujours la Bible (il se convertira discrètement, à la fin de sa vie, au catholicisme). On le voit marcher dans Paris, il voit Paris comme un enchantement permanent, il achète des livres rares, et tout à coup, le 25 juillet 1942: «L'après-midi au quartier Latin, où j'ai admiré une édition de Saint-Simon en vingt-deux tomes, monument de passion pour l'histoire. Cette œuvre est l'un des points de cristallisation de la modernité.» Après tout, on doit aussi à Jünger, dans l'ombre, que Paris n'ait pas été incendié et détruit selon les ordres finaux de Hitler. Le rêve, la profondeur vivante et inlassable du monde: on sait que, par la suite, Jünger a beaucoup expérimenté les drogues, et pas les plus banales, mescaline et psylocibine (comme Michaux).

    En même temps, il a sur place une charmante maîtresse, Sophie Ravoux, médecin, qu'il appelle tantôt «la Doctoresse», tantôt «Charmille». Les tortures, les exécutions de masse? C'est immédiatement le dégoût (il refuse d'y assister sur le front russe, au Caucase). «L'infamie est célébrée comme une messe, parce qu'elle recèle en son tréfonds le mystère du pouvoir de la populace.» L'infamie c'est, par exemple, l'apparition des étoiles jaunes sur la poitrine des juifs à Paris, que Jünger salue au garde-à-vous («J'ai toujours salué l'étoile») tout en notant aussitôt qu'il a honte de porter son uniforme. C'est lui toujours qui met en sécurité pour l'avenir des lettres d'otages fusillés, lecture qui l'a «fortifié», dit-il, puisqu'on y vérifie que «l'amour est le plus profond de tous les liens».

    Et puis, bien entendu, il y a les portraits, tous incisifs et révélateurs. Morand, Jouhandeau, Léautaud, Céline (qu'il déteste), Picasso (qui lui propose de signer immédiatement la paix pour que les hommes puissent faire la fête le soir même). «Gaston Gallimard donne une impression d'énergie éclairée, aussi intelligente que pratique - celle-là même qui doit caractériser le bon éditeur. Il doit y avoir aussi en lui quelque chose du jardinier.» Quant à «Kniebolo» (Hitler), «son passage à Satan est de plus en plus manifeste».

    Comment se comporter dans ces conditions? «Il faut agir en cachant complètement son jeu. Il importe avant tout d'éviter toute apparence d'humanité.» Phrase terrible. Le fils de Jünger, 17 ans, a été imprudent: il est arrêté, difficilement libéré par son père portant toutes ses décorations, mais aussitôt envoyé sur le front, en Italie, où il se fait tuer dans les carrières de marbre de Carrare. Les falaises de marbre... Jünger note sèchement que son livre se prolonge dans les événements mêmes. C'est une lutte ouverte entre le démoniaque et l'art. Les portraits des démons (Himmler, Goebbels) sont aussi décapants. «Le retour de l'absolutisme, toutefois sans aristocratie - je veux dire sans distance intérieure -, rend possibles des catastrophes dont l'ampleur échappe encore à notre imagination.» Cette nostalgie date de novembre 1941. Qui dira qu'elle n'est plus actuelle? Mais aussi: «La vie divine est un présent éternel. Et il n'y a de vie que là où le divin est présent.»

    Jünger, après la guerre, voyagera beaucoup sur la planète. Il sera constamment attaqué par la presse plus ou moins communiste, visité par Gracq et Borges, et deviendra même un symbole du rapprochement franco-allemand. On va le voir en pèlerinage, Mitterrand et Kohl forcent la note, le pape le bénit en 1990. Il aura donc assisté à la chute du mur de Berlin et à la dissolution d'un siècle de sang et de larmes. La «distance intérieure» aura tenu bon. En 1995, il a 100 ans, et il meurt trois ans après, ou plutôt, comme il le pensait, il franchit la ligne. Goebbels, pendant la guerre, avait demandé au général Speidel de faire supprimer par Jünger une citation qu'il faisait d'un psaume («Dieu est bon pour Israël, pour les hommes au cœur pur»). Réponse de Speidel: «Je ne commande pas à l'esprit de mes officiers.»

    Ph. Sollers

    «Journaux de guerre», par Ernst Jünger, tome 1: 1914-1918, 944 p., tome 2: 1939-1948, 1 452 p., édition établie par Julien Hervier, avec Pascal Mercier et François Poncet, Gallimard, la Pléiade, 100 euros le coffret des deux volumes.

    Ernst Jünger (1895-1998) s'engagea à 17 ans dans la Légion étrangère française avant de participer, dans l'armée allemande, à la Première Guerre mondiale. Il fut ensuite officier de la Wehrmacht, en poste à Paris, pendant la Seconde Guerre. On lui doit notamment «Orages d'acier» (1920), «Feu et sang» (1926), «Sur les falaises de marbre» (1939) et «Approches, drogues et ivresse» (1970).

    Source : « le Nouvel Observateur » du 6 mars 2008.

  • Le film de Geert Wilders, "Fitna" en français

    Les réactions se multiplient concernant le film du député Geert Wilders, "Fitna ", y compris dans la presse des pays musulmans. La polémique est bien lancée, pour un film que pourtant personne n'a encore vu mais dont on devine, selon les rapports du réalisateur lui-même, ce qu'il en sera : une dénonciation en règle de tous les travers de l'islam d'aujourd'hui, avec ses longues séries de violences terroristes, ou encore judiciaires à travers l'application de la charia. Craignant des violences, le gouvernement a déjà tenté par deux fois d'en empêcher la diffusion et serait tenté de censurer. Les chaînes de télévision ont déjà refusé de le passer dans son intégralité et le réalisateur, qui aurait créé un site exprès pour cela, devrait le faire diffuser sur internet. Ainsi que ce fut le cas pour le discours de Ratisbonne, les réactions du monde "oriental" dégagent diverses tendances, plus ou moins représentatives de l'opinion générale. Le député est aussi intervenu au parlement pour faire interdire le Coran et stopper l'islamisation des Pays-Bas.
    Dans les rues de Jalalabad, ils ont été plus de deux mille à manifester, dans la région ouest de l'Afghanistan, contre les caricatures de Mahomet au Danemark ainsi que contre le film du député néerlandais. Ainsi que c'en est presque la coutume pour ce genre de défilé, au passage sont brûlés les drapeaux danois et néerlandais. "Mort au Danemark, mort au Pays-Bas" hurlent-ils, avant d'aller brûler l'effigie du président Georges Bush, entre deux slogans anti-Américains. Ces quelques 2000 personnes appellent aussi le gouvernement a expulser les soldats de ces deux pays, en tout 1500 néerlandais et 600 danois présents dans le cadre des forces de l'OTAN. "Nous voulons que le gouvernement rompe toutes relations avec leur gouvernement, ils ont insulté notre prophète et notre religion." explique l'un d'eux à un journaliste de l'AFP. Les talibans avaient déjà menacé d'intensifier des attaques envers les soldats néerlandais. Cette manifestation se fait dans le cadre d'une série dans les plus grandes villes du pays depuis le début de la semaine. Comme c'est souvent le cas dans une foule, on cherchera en vain un esprit plus critique.

    Dans un journal marocain, Aujourd'hui le Maroc, un article fustige le député. Commençant sa diatribe en expliquant que le Coran est un trésor de l'humanité, qu'il appartient à tout le monde et que chacun peut le lire et le commenter, il condamne la comparaison à Mein Kampf et évoque les tensions que cela ne saurait que raviver entre le monde occidental et le monde musulman, après les caricatures et le discours de Ratisbonne. Parlant du Coran il ajoute : "il peut être lu, analysé et interprété par tous. Ce travail doit être fait avec humilité, et non avec cette arrogance ou cette supériorité affichée par ceux qui voudraient apprendre aux musulmans comment être de bons musulmans…", dénonçant une analyse dépourvu de contexte historique et une lecture politique. L'auteur explique que dans son interprétation du Coran, Geert Wilders donne finalement raison aux extrémistes "En réduisant comme il le fait le Coran à un message de haine, il fait peut-être sans s'en rendre compte, la même chose que les extrémistes qu'il entend dénoncer."

    En revanche un article émanant d'Algérie, kabyles.net  se déclare solidaire avec Geert Wilders, non pas sur le fond, mais sur la forme et sans mâcher les mots. Il commence par : "Au nom de la Liberté, je vous soutiens." et continue en exprimant tous les désaccords qui peuvent exister entre les musulmans qui se veulent ouverts et les plus fanatiques d'entre eux. "je suis certains de ne pas partager avec vous votre idéologie ainsi que certaines de vos idées et de vos prises de positions, il n'en demeure pas moins que par rapport à la dernière controverse ayant trait à votre film sur le coran, je vous exprime ici mon soutien indéfectible au nom de la liberté d'expression et de la liberté tout court qui est la base et l'essence même de la notion de démocratie et de modernité." L'auteur explique que parmi les musulmans "nombreux sont ceux, comme moi, qui ne comprennent cette énième levée des boucliers contre la diffusion d'un produit culturel, intellectuel et politique par ceux-là même qui n'ont pas hésité à mettre le feu à la poudrière lors de l'affaire des caricatures du Jyllands-Posten au Danemark, de celle du journal Charlie Hebdo en France, d'égorger en pleine rue le réalisateur, Theo Van Gogh, en 2004 pour son film Submission, consacré à la place de la femme dans la religion musulmane, la députée libérale Ayaan Hirsi Ali scénariste du film, avait aussi été menacée ..."

    Puis parlant "des obscurantistes à l'affût de la moindre occasion pour semer la terreur" il décrit "les peuples vivants dans les pays dits musulmans (qui) croupissent sous le poids des dictatures qui se maintiennent par la corruption, la misère, l'endoctrinement, le musellement de la liberté d'expression (...) par la désinformation qui travestie la liberté d'expression dans le monde occidental pour en faire une supposée velléité de nuire et/ou d'agresser le musulman et sa conscience (...) il évoque encore "les régimes politiques musulmans et (...) l'internationale intégriste islamiste dont la volonté de prolonger ses tentacules sectaires et obscurantistes aux quatre coins de la planète prend appuis sur la violence aveugle, l'assassinat par égorgement, les viols collectifs sur des filles de 08 à 88 ans, des massacres collectifs...etc. livrés au préalable aux citoyens épris de justice et de liberté dans ces mêmes contrées (on lira avec attention la suite qui traite du sort qui est fait aux chrétiens en terre d'islam).

    Le site "Point de bascule " a traduit l'intervention du député au parlement. "Le Coran est avant tout un livre de guerre - un appel à massacrer les non-musulmans (2:191, 3:141, 4:91, 5:3), à les faire rôtir (4:56, 69:30-69:32), et à provoquer des effusions de sang parmi eux (47:4). Les Juifs sont comparés à des singes et des porcs (2:65, 5:60, 7:166) tandis que les personnes qui croient en Jésus-Christ comme le Fils de Dieu doivent, selon le Coran, être combattues (9:30)." (...) il est encore possible pour les musulmans de voir le Coran, qu'ils considèrent comme valable pour tous les temps, comme un permis de tuer. (...) le Coran est un livre qui incite à la violence. Je rappelle à l'Assemblée que la distribution de ces textes est illicite (en suite le texte de loi)." Il cite Erdogan, "Il n'y a pas d'islam modéré ou immodéré. L'islam est l'islam et c'est tout. (...) "faisons en sorte que la troisième invasion islamique, (...) sera également arrêtée en dépit de son caractère insidieux et nonobstant le fait que, contrairement aux 8e et 17e siècles, elle n'a pas besoin d'une armée islamique parce que les dhimmis apeurés en Occident." Continuant il évoque l'attitude des politiciens néerlandais, dont les déclarations sur la charia seraient tendancieuses. Il ne fait pas que dénoncer : il cite en même temps des sourates du Coran, en appui de ce qu'il avance... A vous de Juger ...


     
  • Nouvelle vidéo d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique : un appel au Jihad et des images d’une rare violence

    Un site islamiste lié à Al-Qaïda vient de mettre en ligne une vidéo d’un peu moins de 13 minutes, datant de mars 2008, dans laquelle "Qaïdat Al Jihad Fil Maghreb Al-Islami" (QJMI), ex-GSPC, fait la promotion du martyre en s’appuyant sur les enseignements d’Oussama Ben Laden dispensés à ses proches en Afghanistan.

    Intitulée « Les amoureux des Vierges du Paradis » promises aux martyrs, la vidéo montre des images insoutenables des scènes de préparation idéologique et psychologique des jeunes kamikazes qui précèdent le passage à l’acte. Des maquisards adolescents, candidats au suicide, sont « fêtés » par leurs compagnons, qui les « envient » puisqu’ils s’apprêtent à « rejoindre le Prophète au paradis », et à jouir éternellement des 72 « hourias » (vierges) et des délices promises. Selon la littérature d’Al-Qaïda, diffusée par Ben Laden sur cette vidéo, « le martyre est ce qu’il y a de plus noble qu’un musulman peut espérer dans sa vie de bon fidèle, qui doit défendre le Prophète et l’islam, et qui doit œuvrer pour gagner le paradis... ».

    L’enregistrement montre un véritable « atelier en plein air », avec ordinateur portable et le matériel nécessaire à la confection des voitures piégées. Les maquisards y préparent une grande citerne qui sera bourrée d’explosifs, et chargée à bord d’une fourgonnette. Le document montre ensuite un jeune kamikaze, à peine âgé de 15 ans, qui apprend à conduire le véhicule. Puis la vidéo montre l’attaque, exécutée contre la caserne des garde-côtes de Dellys, en septembre 2007, après une reconnaissance aérienne par « Google Earth ». L’attaque avait fait une trentaine de morts, et plusieurs dizaines de blessés. Al-Qaïda affirme avoir fait plus de 90 morts et blessés graves. L’explosion est en effet d’une violence inégalée. Elle a dégagé un véritable champignon, soufflant une partie de la caserne. Le tout était filmé par deux caméras placées en face de la caserne en toute quiétude. Le montage intègre, tout le long des 13 minutes, des chansons hostiles au régime (le tyran), aux généraux et militaires (les chiens du tyran) aux Occidentaux (les impies et les croisés) et aux Juifs (les descendants des porcs et des singes)...

    La diffusion de ce document, près de six mois après les faits, semble dû aux difficultés techniques auxquelles la QJMI est confrontée en Algérie. Néanmoins, elle prouve que le réseau possède des connaissances techniques et une expertise implacable, tant au niveau balistique (confection des explosifs) qu’au niveau de la communication. La vidéo est un appel sans détour au Jihad, lancé par Al-Qaïda aux jeunes Algériens. L’organisation terroriste promet de poursuivre la lutte jusqu’à la victoire de l’islam, et la défaite du tyran et des impies.

    C’est sans doute cet appel qui a fait réagir les Etats-Unis, ce 27 mars. Le Département d’Etat vient d’attirer l’attention des ressortissants américains sur le danger terroriste en Algérie, et de leur demander d’éviter cette destination.

    "Pour voir la vidéo, mise en ligne le 26 mars 2008, cliquez ici"

    MediArabe.info

  • Interview de Gabriele Adinolfi

    Un vent de fraicheur toujours apporté par une vision différente du monde moderne !

    Gabriele nous indique quels sont les dangers du monde actuel, les pièges à éviter, et sa vision pour reprendre le combat !
    Au cœur du réalisme …

    Partie 1 : http://www.dailymotion.com/robertofiorini/video/x4tpce_gabriele-adinolfi-rbn-15_news

    Partie 2 : http://www.dailymotion.com/robertofiorini/video/x4tp8y_gabriele-adinolfi-rbn-25_news

    Partie 3 : http://www.dailymotion.com/robertofiorini/video/x4tp5e_gabriele-adinolfi-rbn-35_news

    Partie 4 : http://www.dailymotion.com/robertofiorini/video/x4tp2i_gabriele-adinolfi-rbn-45_news

    Partie 5 : http://www.dailymotion.com/robertofiorini/video/x4tow0_gabriele-adinolfi-rbn-55_news

  • Kabylie : l’invasion islamiste en marche

    1750045209.jpgLe projet d’islamisation totale de la Kabylie - et de Tamazgha de manière générale - est loin d’être achevé !

    Aucun village de Kabylie ne doit échapper à ce plan de "mosquéisation"... L’islamisation forcée et/ou pernicieuse passe d’abord, et surtout, par là !
    C’est le sort que certains "délinquants" veulent réserver à ce paisible village de Basse Kabylie : At Mqeddem. Un village qui a vu environ deux tiers de ses enfants l’"abandonner". Disons qu’ils se sont exilés pour diverses raisons.
    Alors que tout se passait relativement bien dans ce village jusqu’à ce que, il y a trois ans, des personnes originaires du village mais qui l’ont quitté depuis très longtemps (ils se sont installés à Alger à Bgayet ou encore à Akbou) ont eu l’idée de construire une mosquée dans le village. Une mosquée surdimensionnée par rapport à un village qui ne compte pas plus de trois cent habitants. Au passage, notons que ce village dispose d’un endroit qui fait office de salle de prière. Le même endroit sert aux réunions du village ainsi qu’à certaines fêtes traditionnelles. L’endroit jonche le mausolée de l’ancêtre du village. Pour les quelques personnes qui fréquentent de façon irrégulière ce lieu de culte, l’espace est largement suffisant, un espace qui répond très largement à la demande locale en matière de pratique cultuelle. Alors que ces individus, coupés du village et insoucieux de ses intérêts élémentaires, tiennent à imposer une mosquée au village, d’autres villageois qui y habitent et qui y sont très liés, ne trouvent aucun intérêt à ce projet inutile. Les opposants à ce projet de construction de mosquée ont alors pu bloquer le projet qui n’a pas pu se concrétiser malgré toutes les tentatives d’intimidation exercées par un groupe d’individus qui agissent pour des intérêts occultes. Les mêmes individus ont aussi tenté de corrompre certains villageois pour leur faire changer d’avis.

  • Le gaullisme, ou l’art de faire d’un assassin, un héros

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    Inauguration de « l’Historial de la honte »

    « La victoire du père générateur du terrorisme islamique international »

    Le plaidoyer prononcé par Nicolas Sarkozy en faveur de DE GAULLE, ne fait que confirmer ce que certains d’entre nous ont toujours avancé. Nous avons à faire à un gaulliste qui, comme son mentor, ne nous a jamais aimés et continue dans la droite ligne de la dialectique employée par les gaullistes de tous poils.

    Alors je m’adresse à tous nos amis qui oeuvrent en toute indépendance et avec cette sincérité qui donne la faculté de savoir se mettre à la place de tous ceux qui ont enduré le cataclysme des horreurs de cet assassin d’Etat, pour que nous continuions à faire face et à nous battre pour dénoncer cette duplicité institutionnalisée !

    Quant aux autres, pensez que vous cautionnez des déclarations qui prouvent, sans ambiguïté, votre peu de poids et le mépris qu’elles révèlent pour nous tous : « Serions-nous capables de faire, le moment venu, ce que de Gaulle et ses compagnons ont su faire ? »

    Ce que votre idole et une poignée d’arrivistes ont su faire Monsieur Le Président ? :

    C’est  faire se battre les Français entre eux et faire couler leur sang,

    C’est s’auto-proclamer libérateurs de la France en oubliant les alliés, en profitant des sacrifices de la  résistance et de la glorieuse armée d’Afrique,

    C’est, dans les pires conditions et avec une duplicité hors normes, faire d’un abandon une victoire, alors que s’accomplissait une tragédie pour des populations de toutes appartenances.

    Et maintenant vous, comme dignes successeurs, que faîtes-vous ?

    C’est encore faire  perdurer le mensonge comme mode d’action politique,

    C’est cacher aux Français la gravité d’une situation qui met l’identité Nationale et Européenne en péril et, en « avant goût » :

    C’est, avec le KOSOVO, dramatique responsabilité, soutenir et reconnaître la création d’un état islamiste radical dans une province serbe, berceau chrétien historique de cette nation,

    C’est créer ainsi un précédent « qui vous  reviendra en pleine gueule (Poutine) » en se répercutant, dans le siècle présent, sur d’autres provinces européennes et surtout Françaises. En effet, une immigration hégémonique confortée par une démographie galopante fait  force de loi reconnue par un occident suicidaire en pleine décadence. Hélas celui-ci n’a pas retenu la leçon du génocide arménien ni celle des 200.000 chrétiens qui périssaient dans le blocus du Mont Liban en 1920, suivi de l’exécution de 23.000 d’entre eux par les kemalistes en 1923. Aujourd’hui ils quittent l’ex « LIBAN chrétien » par cohortes annuelles de 50.000 personnes. Pas plus qu’il ne retient aujourd’hui la terreur dont sont victimes ceux d’Irak, églises incendiées, décapitation d’un prêtre syriaque en 2007, assassinat d’une chrétienne et jet d’acide au visage d’autres parce qu’elles allaient têtes nues et tout récemment l’enlèvement et l’assassinat de l’archevêque de Mossoul.  Quant au  Darfour…. silence on tue !

    Nous assistons à un déchaînement de cette haine anti-chrétienne que l’Europe favorise aujourd’hui au KOSOVO. La victoire du terrorisme islamique accordée lâchement par

    DE GAULLE en 1962 en Algérie est le point de départ d’un incendie qui ne fait que s’étendre et on ne voit pas comment il pourrait être éteint. Le développement exponentiel en Europe de mosquées et de leurs imams, certains prêchant la djihad, est autant de flammèches dangereuses.  

    Alors ne vous faîtes aucun souci Monsieur le Président, avec vos homologues européens, vous êtes dans la droite ligne des « capacités » que vous louez chez vos prédécesseurs et avec, en prime, des œillères particulièrement efficaces !

    Alors, comme vous le déclarez « Si le gaullisme est une histoire qui a encore pour nous une signification, c’est parce qu’elle nous parle d’une idée de l’homme et de la politique qui a encore une valeur, et peut-être plus grande encore qu’elle n’en a jamais eu, tant la crise identitaire et morale que traverse aujourd’hui notre pays est profonde ! »

    Permettez-nous de vous répondre que :

    Si l’histoire, pour avoir une signification, doit être écrite en lettres de sang, le gaullisme restera éternellement marqué indélébilement.

    Si vous considérez que le gaullisme c’est une idée de l’homme, il s’agit d’une vision tout à fait fictive qui se rattache exclusivement à la valeur que voulait se donner un individu qui ne pensait qu’à sa gloriole personnelle, avec le mépris pour l’autre qui le caractérisait.

    Si le gaullisme c’est une idée de la politique, la démonstration est faite effectivement que la pourriture n’a pas de limite dans l’exercice de cette fonction tant le mensonge, les reniements et la trahison de la parole donnée sont des évidences encore plus grande.

    Alors si notre pays « traverse une crise identitaire et morale profonde », à qui la faute quand, au nom de l’anticolonialisme, on renie une indéniable œuvre civilisatrice, quand on reste sans broncher après l’assassinat des moines de Tiberine et quand on continue à se coucher quand on condamne un prêtre qui a osé donner une messe à Marnia en Algérie, sans autorisation ?

    Vous dites qu’ « être gaulliste, c’est être révolutionnaire.» Oui, mais voilà, ce n’est pas vous qui allez la faire ! Vous n’avez aucun souci à vous faire, vous l’aurez bientôt la révolution, vous y avez mis tous les ingrédients en place et vous en avez eu quelques échantillons ces derniers temps. Laxisme et fécondité musulmane aidant, les 50% sont déjà dépassés dans nombre de cités. Vous les avez déjà vos petits KOSOVOS !    

    Et si « l’historial Charles-de-Gaulle » propose une plongée au cœur de l’épopée gaullienne grâce à une muséographie qui s’appuie uniquement sur l’image et le son, nous devrions donc entendre toute la panoplie des déclarations du monstre qui sont un florilège de déclarations  xénophobes vis-à-vis des populations musulmanes d’alors, qui mènent aujourd’hui, pour moins que cela, leurs auteurs devant les tribunaux. Mais aussi, ses promesses sans ambiguïté de foi en l’Algérie Française sur fond des cris des suppliciés victimes de sa trahison.

    Nous sommes prêts à parier que « l’épopée gaullienne » ne laissera dans cet « historial » aucune place à ce qui restera dans l’histoire de France le plus grand déplacement de population, fuyant l’horreur d’un abandon programmé qui aurait dû déboucher sur un génocide généralisé, concocté avec l’ennemi, par celui qui ne mérite pas d’édification d’un tel monument, pas plus qu’Hitler, Staline, Pol Pot, et tous les autres dictateurs sanguinaires du siècle dernier !

    Mais pour nous l’espoir demeure, la justice et la vérité finiront par triompher et le mythe finira un jour par tomber dans les basses fosses. Alors ne nous élevons pas contre cette institution, elle servira un jour à démolir et à descendre la sinistre idole du piédestal où ses complices la place aujourd’hui !  

    Et alors nos enfants apprendront  « pourquoi le gaullisme n’est pas une leçon d’histoire parmi d’autres, pourquoi cette histoire nous concerne encore, pourquoi elle a pour nous une signification profonde qui n’est pas seulement historique mais qui est aussi morale…. » et nous rajoutons : Enfin le peuple Français, comme les Allemands, les Russes, les Cambodgiens…, apprendra et dénoncera celui qui représente la tâche la plus sanglante de l’histoire de France depuis la révolution et de « l’épuration » dont il était déjà le maître d’œuvre !

    De quel droit osez-vous faire abstraction des monstruosités avérées commises par ce criminel en l’honorant de manière aussi odieuse alors que sa place se situe aux côtés des plus sinistres dictateurs sanguinaires du siècle dernier ?

    C’est bien aussi de se pencher sur les enfants de la SHOAH, pauvres petits martyrs victimes d’un fou criminel, chef ennemi étranger, mais balayez devant votre porte et dénoncez les actes monstrueux de votre mentor infanticide Français, qui a engendré le supplice des enfants de harkis, de ceux d’EL HALIA, des petits fusillés du 26 mars et des massacrés, avec leurs parents, de la tragique journée du 5 juillet à ORAN. Ceux là ce n’est pas le nazisme qui les a crucifiés mais bien le gaullisme, c’est DE GAULLE que vous osez honorer, vous en faisant complices, dans cet « Historial de la honte » !

    Alain ALGUDO

    Président des comités de Défense des Français d’Algérie et des Agriculteurs rapatriés

    Porte parole de la Maison du Pied-noir de BEZIERS

  • Camarade Strasser

    40771117.jpgNé, il y a 111 ans, dans une famille bavaroise, Otto Strasser fut volontaire comme simple soldat en 1914 et finit la guerre avec le grade d’officier. En 1919, alors que son frère Gregor s’engageait dans l’action nationaliste et militait avec Adolf Hitler, Otto Strasser lui partit pour Berlin où, étudiant en sciences politiques, il adhéra au Parti Social Démocrate. Collaborateur de Vorwärts, le quotidien de celui-ci, et fondateur de l’Association Universitaire des Anciens Combattants Socialistes, il combattit à la tête d’une centurie rouge le putsch réactionnaire de Kapp. En avril 1920, il quitta le PSD sur sa gauche et participa aux travaux du Parti Social Démocrate Indépendant, une importante structure d’extrême-gauche. Dans le cadre de ce parti, il rencontra Zinoviev avec qui il se lia et qui sut le convaincre de la validité de l’expérience révolutionnaire bolchevique, en tant que telle et comme modèle d’action pour l’Allemagne, ainsi que du nécessaire rapprochement de l’Allemagne et de la Russie. Parallèlement, Strasser passa un doctorat, tout en étudiant la pensée de Spengler et de Moeller van den Bruck et en fréquentant les cercles jeunes-conservateurs et nationalistes.

    Gregor Strasser de son côté s’était installé dans l’Allemagne du Nord comme organisateur régional du NSDAP. Il y avait pris conscience de la difficulté d’y développer un mouvement essentiellement raciste et nationaliste dans les conditions économiques et sociales de cette partie de l’Allemagne, et du fait de l’importante implantation dans les masses du PSD et du Parti Communiste Allemand. Pour lui les 25 points du programme du NSDAP étaient inadaptés et il demanda à son frère de l’aider dans un travail d’élaboration d’une idéologie nationale socialiste, transformée et rénovée. Otto Strasser accepta avec enthousiasme. Les deux frères se répartirent alors les tâches en fonction de leurs talents : Otto devint l’idéologue et Gregor l’organisateur et le propagandiste.

    En septembre 1925, ils convoquèrent un congrès à Hagen en Westphalie afin d’acquérir une certaine autonomie vis-à-vis de la direction de Munich. Cela se concrétisa par la création de la Communauté de Travail des Gau Nord et Ouest-Allemands du NSDAP, dirigée par les Strasser, le futur chef de la SA Lutze et Goebbels qui était de loin le plus pro-bolchevique de ceux-ci. Cette communauté de travail se dota d’une revue théorique les Nationalsozialistische Briefe.

    Lors du congrès national du NSDAP de 1926, les Strasser présentèrent un programme alternatif à celui d’Adolf Hitler qui insistait sur la nationalisation des moyens de production, sur une réduction de la propriété privée et sur une alliance avec l’URSS. Hitler, gêné par ces opposant dans sa propre stratégie d’alliance avec les forces réactionnaires, entreprit alors de disloquer leur bloc dirigeant. Il réussit à la fin de 1926 à obtenir le ralliement de Goebbels, puis neutralisa Gregor Strasser en janvier 1928 en le nommant chef de l’organisation du NSDAP pour le Reich. Parallèlement tous les cadres supérieurs du NSDAP favorables à la gauche comme les Gauleiter de Silésie, de Poméranie et de Saxe furent exclus. Otto Strasser se retrouva donc seul avec une poignée de cadres à défendre son programme socialiste dans un Gau berlinois de surcroît dirigé par Goebbels.

    La crise économique de 1929, radicalisa les positions. Hitler donna comme axes stratégiques au NSDAP le respect de la légalité institutionnelle et du principe électif, la fin de la propagande anti-capitaliste, un rapprochement avec les conservateurs et l’église catholiques et une intensification de la lutte anti-marxiste et antisémite. Otto Strasser, lui, affirmait que la fondation du III° Reich passait nécessairement par une révolution nationale et antiraciste faite au côté des communistes. La rupture était inévitable, et le 4 juillet 1930, Strasser quitta le NSDAP pour fonder la Communauté Nationale-Socialiste Révolutionnaire et l’hebdomadaire Die Deutsche Revolution. Il fut rejoint par 6.000 membres du parti nazi - dont les Gauleiter de Brandebourg et de Dantzig , de la SA et de la Hitler Jugend.

    En mars 1931, une crise grave toucha la SA du nord de l’Allemagne et 10.000 de ses membres, suivant leur chef régional Stennes, rompirent avec le NSDAP. En mai, ils fusionnèrent avec les partisans de Strasser pour donner naissance à la Communauté de Combat Nationale-Socialiste d’Allemagne. Mais celle-ci se disloqua dès l’automne et connu une importante hémorragie de membres qui rejoignirent directement le Parti Communiste Allemand ... Strasser reconstitua alors la Communauté nationale-socialiste révolutionnaire et lança en parallèle un front : le Front Noir. Celui-ci regroupait hors les strasseriens, des membres du Mouvement Paysan, le corps franc Les Loups Garous, la Ligue Oberland et les cercles de lecteurs de la revue Die Tat. Au plan international, les strasseriens se lièrent en France et en Grande-Bretagne aux " non-conformistes des années 30 " (Ordre Nouveau et revue Plan de Philippe Lamour en France, mouvement New Britain en Grande-Bretagne), en Espagne à Lesdesma Ramos et à ses JONS et dans la plupart des pays européens, ils prirent contacts avec les mouvements indépendantistes .

    Dès la prise du pouvoir par Hitler, le Front Noir subit une violente répression et ses membres inaugurèrent les camps de concentration . Cependant de 1934 à 1938, celui-ci pu maintenir une activité clandestine qui alla de la distribution de tracts et de journaux à la mise en place d’une radio pirate et à une tentative d’assassinat contre Hitler. Strasser, qui avait émigré dès 1933 en Autriche puis en Tchécoslovaquie, fut victime de plusieurs tentatives d’enlèvements et d’assassinats de la part de la Gestapo. Il dut s’enfuir au Portugal, puis aux USA et enfin au Canada.

    Dans ce pays, lorsqu’éclata la seconde guerre mondiale il fut assigné à résidence dans une petite ville du Québec, et cette assignation dura jusqu’en 1954 malgré une intervention en sa faveur du Président du conseil français Robert Schumann. De plus, Strasser fut inscrit sur la liste noire des Alliés au même titre que Bormann ou Eichmann et déclaré déchu de sa nationalité ...

    Cependant, dès 1948, d’anciens membres du Front Noir créèrent en Allemagne la Ligue pour le renouveau de l’Allemagne, qui se transforma le 17 juin 1956 en Union Sociale Allemande. Dans cette partie de sa vie et jusqu'à son décès le 27 août 1974, Strasser insista beaucoup sur l’unification de la Nation Européenne et sur la construction d’un parti européen. A ce titre, il fut membre fondateur du Mouvement Populaire Européen et proche de Jean Thiriart sur lequel il eut une profonde influence.

    Au niveau idéologique, Strasser prônait le retour à la terre, la dislocation de la société industrielle, le démantèlement des usines et la réduction des populations urbaines, ce qui a fait comparer ses thèses à celles des Khmers rouges ou de la Révolution Culturelle Chinoise. Il proposait aussi une démocratie basiste et la nationalisation des moyens de production. Partisan d’une Europe aux cent drapeaux, il fut l’un des premiers à s’intéresser à la coordination des nationalismes ethniques dans lesquels il voyait un outil de la réorganisation de l’Europe.

    Albert J

  • DU NATIONAL-BOLCHEVISME

    1463737841.pngLe National- bolchevisme, au-delà de ses précurseurs au premier plan desquels se trouvent Georges Sorel, est né historiquement en Allemagne du choc de la défaite en 1918 et de la crise consécutive à la création de la Russie Bolchevique en 1917. Dés sa naissance le National bolchevisme allemand présenta deux tendances,d'une part une alliance entre intellectuels nationalistes et communistes, d'autre part un authentique mouvement National- Révolutionnaire, fusionnant l'idéologie léniniste avec un contenu nationaliste. Le National- bolchevisme est né d'une réaction à l'ordre international imposé par le Traité de Versailles, dont les véritables victimes furent principalement l'Allemagne et la Russie Soviétique, ainsi que l'Italie. Au delà des oppositions idéologiques, le poids de l'ordre de Versailles, dicté en grande partie par les États-Unis du Président Wilson va dicter une position commune aux nationalistes allemands et aux communistes russes. Avant d'être une construction théorique ou une construction politique révolutionnaire, le National- Bolchevisme sera surtout la rencontre des frustrations allemandes et russes face à l'ordre de Versailles. Devant le pillage et le démembrement de l'Allemagne et de la Russie par les vainqueurs de 1918, devant leurs exigences démesurées, de nombreux intellectuels allemands déclarèrent ouvertement que le régime Bolchevique récemment instauré en Russie était préférable à l'humiliation et à la ruine imposées à la patrie allemande.

    Le "Bolchevisme" national naît dans la fièvre, à la rencontre de deux peurs, mais dans des circonstances objectivement défavorables ... Solution héroïque, séduisante , il plonge ses racines dans une tradition authentiquement européenne,il déborde ainsi le cadre d'une simple combinaison de circonstances et c'est pourquoi la "tentation" survit et se manifeste dès que la situation extérieure ou intérieure offre la perspective d'une remise en cause radicale - mais nationale - d'un désordre causé par le déclin de l'Occident .

    Paul Eltzbacher professeur de Droit , sera le premier à théoriser cette position, en avril 1919 dans une proclamation à Berlin qui constitue la manifestation doctrinale cohérente du National- Bolchevisme.

    Les idées d’Eltzbacher trouvèrent une oreille attentive du côté soviétique, où Karl Radek, chargé par l'International communiste de la préparation de la révolution en Allemagne, prônera l'alliance entre nationalistes allemands et communistes russes.

    En novembre 1919, Radek devait déclarer : "Voilà pourquoi les nationalistes honnêtes comme Eltzbacher , révolté par la Paix de Versailles, ont prôné l'union avec la Russie soviétique, ce que l'ont appelle le Bolchevisme National"

    A cette première convergence intellectuelle devait rapidement répondre ce qui est l'essence même et véritable du Bolchevisme, la fusion entre Nationalisme et Communisme léniniste dans une formation politique commune.

    Celle-ci devait s'incarner dès 1919 dans le « courant de Hambourg » par les deux leaders de la révolution soviétique de 1918 dans cette ville, Heinrich Lauffenberg et Friedrich Wolffheim , qui développèrent des positions nationales communistes: affirmation de positions communistes radicales en alliance avec des tendances nationales marquées. En 1919 et 1920, Wolffheim et Lauffenberg animèrent, aussi bien en Allemagne qu'au sein de l'Internationale, un courant national bolchevique, qui faisait concurrence aux positions des Spartakistes qui venaient de constituer le "Parti Communiste Allemand" (K.P.D).

    Chassés en octobre 1919 de ce Parti, ils fondèrent immédiatement un Parti communiste dissident, le "K.A.P.D.", "Parti Communiste Ouvrier Allemand" . Au sein de ce parti, qui sera représenté jusqu'en 1922 dans le Kominterm, ils défendaient l'idée de créer une Armée Rouge allemande afin de reprendre la guerre contre les vainqueurs de Versailles.

    A partir du milieu des Années 20 et jusqu'à l'avènement du National- socialisme en 1933, le National Bolchevisme deviendra une partie importante du paysage intellectuel de la République de Weimar. De nombreux intellectuels adopteront ses positions .

    Au premier rang de ceux-ci il faut placer Ernst Niekisch qui deviendra le plus célèbre et le principal représentant du courant national bolchevique allemand. Issu du courant socialiste Allemand, Niekisch évoluera vers des positions nationales Bolcheviques en particulier à travers la revue qu'il animait "Widerstand" (résistance), qui aura une influence considérable notamment sur les mouvements de jeunesse allemands d'avant 1933. L’organisation était constituée par d'anciens sociaux-démocrates et syndicalistes, auxquels s'ajoutèrent de nombreux représentants du courant néo-nationaliste.

    Niekisch après 1933 sera l‘un des plus brillants intellectuels anti-nazis,ce qui conduira à l'interdiction de sa revue et à son internement dans un camp de concentration .

    Il participera avant sa mort à la naissance de la République Démocratique Allemande, dans laquelle il voyait l'exaltation des valeurs communistes et prussiennes qui furent toujours les siennes.

    L'année 1923 est réputée avoir connu une nouvelle grande vague de "national bolchevisme". L'origine de cette vague est la "Ligne Schlageter" au moyen de laquelle le Parti communiste allemand (KPD) tenta de "gagner les classes moyennes en voie de prolétarisation", en usant délibérément du thème patriotique. Au cours de cette campagne, on vit des leaders du KPD engager et même rechercher le débat avec des éléments qualifiés de "fascistes" . Les sociaux-démocrates et les partis "bourgeois" relancèrent alors la vieille accusation de collusion entre les deux extrêmes... le héraut de la nouvelle ligne était ... Radek" .

    Le National Bolchevisme allemand du début des Années 20 est indissociable de la figure du dirigeant de l'Internationale Communiste Karl Radek. Chargé par le Kominterm d'organiser et de coordonner la révolution bolchevique en Allemagne, il avait fini par comprendre tout le parti qu'il pouvait tirer du phénomène national bolchevique et il ne manqua jamais alors de favoriser celui-ci. Lorsqu'en 1923 les armées françaises et belges occupèrent la Ruhr, suite au non payement des réparations de guerre par une Allemagne exsangue, un mouvement de résistance important fut organisé par des Corps francs nationaux révolutionnaires.

    Le chef d'un de ceux-ci, Léo Schlageter fut capturé et exécuté par l'armée française. Il devait devenir le premier héros du National-Socialisme. A l'occasion de sa mort, Karl Radek lui rendit hommage dans un étonnant discours. Devant les représentants de l'Internationale Communiste réunis à Moscou, Karl Radek devait énoncer ce qui suit : "La majorité du peuple allemand est composée d'hommes qui travaillent et qui doivent lutter contre la bourgeoisie allemande. Si les milieux patriotiques d'Allemagne ne se décident pas à faire leur la cause de cette majorité de la nation et à constituer ainsi un front contre le capital de l'entente et le capital allemand, alors le chemin suivit par Schlageter serait le chemin du néant".Dans ce même discours prononcé à Moscou le 20 juin 1923, Radek parle aussi de lui en tant que "voyageur du néant", d'après le titre d'un roman à succès de l'époque

    Ce discours aura un retentissement énorme en Allemagne. Il sera d'ailleurs à l'origine de nombreuses convergences et débats entres intellectuels allemands d'extrême droite et dirigeants communiste, au premier plan desquels se situait Radek lui-même.

    Warren Lerner, biographe de Karl Radek, évoque de façon saisissante l'action de ce dernier : "En 1923, il tenta d'utiliser le parti nazi naissant pour détruire la République de Weimar et favoriser la révolution communiste. Radek fournit aux nazis leur premier héros, Schlageter, fusillé dans la Rurh par les français et fit un discours célèbre à sa mémoire, approuvé par Staline et Zinoviev. Radek exprimait la conviction, partagée par les chefs du Kominterm, que "l'écrasante majorité des masses nationalistes appartiennent non au camp des nationalistes, mais aux camp des ouvriers, que des centaines de Schlageter rejoindraient le camps de la révolution."

    LCN