18.11.2008

Vidéo de l’embuscade contre les Français en Kapisa

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La guerre en Afghanistan est asymétrique. Elle oppose des Occidentaux habitués au confort, à des combattants idéologisés qui cherchent le martyre, une sorte de visa leur ouvrant les portes du paradis.

L’issue de cette guerre semble déjà tracée. Surtout si en Occident, la majorité persiste à vouloir vivre dans son confort habituel, à passer l’hiver devant la télévision, chaudement en pantoufle, et à lézarder l’été à la plage tout en déplorant l’envoi de troupes combattre les terroristes et les obscurantistes en Afghanistan pour les empêcher de porter la guerre en Occident. Les guerres contemporaines ont prouvé que l’excès de confort dont jouissent les soldats des armées occidentales les conduit à la paresse. Les Américains et les Britanniques engagés en Irak sont surprotégés de la chaleur du désert, qu’ils ne peuvent presque plus combattre en dehors de leurs véhicules climatisés. Quand ils patrouillent à pieds, leurs combinaisons conçues spécialement pour lutter contre les conditions climatiques extrêmes les empêchent presque de bouger, et accentuent leur vulnérabilité.

En Afghanistan, les armées de l’OTAN, tout aussi protégées, font pourtant face à des combattants d’un autre âge, qui courent les vallées presque pieds nus, et font des ravages. Deux phénomènes expliquent essentiellement cet état de fait : leur endoctrinement qui fait du martyre un visa pour le paradis ; et l’image du combattant occidental présenté comme un lâche. Oussama Ben Laden l’avait affirmé en février 1998 en annonçant la création de « Qaïdat Al Jihad contre les Juifs et les Croisés » : « les forces onusiennes se sont enfuies du Liban en 1983 et américaines de Somalie en 1991 comme des lapins, après les premiers coups de feu », avait-il affirmé.

Face à cet endoctrinement et à la précarité de l’adversaire, le confort occidental s’avère d’une grande inefficacité, et la débâcle se dessine à l’horizon. Et comment peut-il en être autrement si, en Occident, des (ir)responsables critiquent régulièrement l’envoi des troupes en Afghanistan, estimant « inadmissible que les soldats soient ainsi exposés au risque ». Après l’embuscade du mois d’août 2008 et la mort de dix militaires français, certains socialistes ont demandé le retrait des troupes, déplorant que « les parachutistes aient été engagés au front, soumis au risque et affrontant la mort », mais sans préciser si leur rôle devait se limiter au défilé du 14 juillet et au nettoyage des plages souillées par les hydrocarbures !

Pour rappeler à ces responsables que la protection de la France et de l’Occident en général se joue en Afghanistan, nous mettons en ligne la vidéo diffusée ce 17 novembre par la télévision « Al Arabiya » : les Taliban y menacent de s’en prendre à la France et à Paris précisément si les troupes n’évacuaient pas l’Afghanistan.

La sécurité de l’Europe se joue en Afghanistan, comme en Irak ou au Liban - mais aussi en Syrie et en Iran accusés de soutenir et de manipuler le terrorisme et les Taliban - ainsi que dans la Corne de l’Afrique (Somalie) et en Afrique du Nord (Algérie). Car tout abandon du front sur ces terrains confirme aux islamistes l’idée préconçue faisant de l’Occident une « entité molle et faible » et atteste que les Occidentaux n’ont pas les moyens de se défendre. Ils préfèrent investir dans les pantoufles pour passer l’hiver au chaud et dans le confort le plus total, au lieu d’investir dans leur sécurité et de mettre le prix pour l’assurer. Mais, en refusant de livrer bataille sur le terrain de l’adversaire, le territoire européen deviendra la prochaine cible directe du terrorisme. Il sera alors facile aux Taliban de s’appuyer sur les réseaux d’Al-Qaïda en Occident pour fomenter les attentats.

Toute défaite occidentale signifie de facto une victoire des islamistes et une nouvelle vague de recrutement au sein des communautés immigrées. Les Européens ne doivent pas oublier qu’au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, le prénom Oussama avait été le plus attribué aux nouveau-nés en Europe comme dans le Maghreb. Bientôt ce sera sans doute Mollah Omar.

C’est dans cette optique que les Taliban accentuent leur guerre médiatique. Tous les jours, leurs sites multiplient les annonces triomphalistes. Le 15 novembre, ils ont annoncé avoir abattu dix soldats français et douze américains. Depuis, un site islamiste affirme que « huit Britanniques et quatre Canadiens ont péri le 15 novembre, huit autres Britanniques et douze Allemands ont été tués le 16 novembre (à Halamand et Kandouz), et que quatre Américains et quatre Britanniques ont été abattus le 17 novembre ».

Cette pression médiatique vise à déstabiliser les Occidentaux et à précipiter leur fuite. C’est du moins le sens du message délivré par la vidéo des Taliban, montrant pour la première fois des images de l’embuscade contre les Français, du 18 août, et le butin emporté par les islamistes. Ils invitent la France à « se retirer d’Afghanistan pour éviter les attaques sur son sol ». Pourtant, un retrait français (défaite) ne garantira jamais la sécurité de l’Hexagone. Bien au contraire.

Cliquez ici pour voir la vidéo telle qu’elle a été diffusée par « Al Arabiya »

Khaled Asmar  « MediArabe.info »

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