04.05.2009

Baptême du feu diplomatique pour Avigdor Lieberman en Europe

Le leader du parti ultranationaliste Yisraël Beïtenu, avec lequel le Premier ministre Benjamin Netanyahu a dû composer en mars pour réunir une majorité à la Knesset, a en effet inauguré ses fonctions par un coup d'éclat.

Israël, a-t-il déclaré le 1er avril, n'est pas lié par la promesse faite par l'ancien Premier ministre Ehud Olmert en novembre 2007 à la conférence de paix d'Annapolis d'oeuvrer à la création rapide d'un Etat palestinien.

Netanyahu lui-même a soigneusement évité avant les élections législatives du 10 février comme depuis la formation de son gouvernement de coalition de s'engager en faveur d'une solution dite "à deux Etats".

Or telle est la politique établie de l'Union européenne et des Etats-Unis, comme celle de l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas.

Dans l'entourage de Lieberman, on présente sa tournée comme un moyen pour le nouveau gouvernement israélien de gagner du temps en attendant de mettre au point une stratégie diplomatique.

"Il va établir des canaux de communication, discuter de l'orientation de nos relations, plutôt que de discuter d'une politique précise à ce stade", dit Yigal Palmor, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Ce premier déplacement de Lieberman à l'étranger vise aussi à peaufiner la stature internationale de cet immigré d'origine moldave qui fut videur de boîte de nuit avant de devenir chef de cabinet de Netanyahu et de fonder son propre parti, à la fin des années 1990.

AUCUNE STRATÉGIE COHÉRENTE?

Lieberman a provoqué l'ire des Arabes israéliens, qui constituent 20% de la population du pays, en mettant en cause leur loyauté. Il prône le détachement territorial des villes qu'ils habitent en Galilée en échange de l'annexion des colonies juives de Cisjordanie.

Les Européens attendent encore la première rencontre entre Netanyahu et le nouveau président américain Barack Obama, le 18 mai, pour savoir sur quel pied danser avec le gouvernement conduit par le chef du Likoud.

Mais la Commission européenne, qui subventionne largement l'administration d'Abbas, a d'ores et déjà marqué son désaccord avec les premières orientations du gouvernement de Netanyahu en gelant son projet de renforcement des relations bilatérales.

L'UE exige qu'Israël réaffirme son engagement en faveur d'un Etat palestinien en Cisjordanie et à Gaza, mais elle se heurte à une fin de non-recevoir de l'Etat juif, où ce militantisme risque d'amenuiser son influence.

En attendant la prise de contact entre Obama et Netanyahu, Lieberman a de son côté décidé de reporter la réunion politique annuelle commune entre Israël et l'UE, explique Palmor.

"Notre message pour le moment c'est que les stratégies cruciales sont encore en cours de définition", confie-t-il, tout en précisant que Lieberman cherchera à convaincre les Européens d'être plus fermes envers l'Iran.

En privé, des diplomates israéliens soulignent que Lieberman est plus circonspect, depuis qu'il a hérité du portefeuille des Affaires étrangères, qu'avant les élections qui ont permis à son parti d'arriver en troisième position devant les travaillistes.

Mais ils disent ne pas être sûrs que le nouveau ministre ait une vision stratégique cohérente. Ainsi prône-t-il l'intégration des Arabes israéliens dans le nouvel Etat palestinien tout en se déclarant contre la création de celui-ci.

"Sans surprise, il n'a aucune solution brillante à sortir de son chapeau", affirme un de ces diplomates...

Par LEXPRESS.fr avec Reuters : http://www.lexpress.fr/actualites/2/bapteme-du-feu-diplom...

Commentaires

"Mais ils disent ne pas être sûrs que le nouveau ministre ait une vision stratégique cohérente. Ainsi prône-t-il l'intégration des Arabes israéliens dans le nouvel Etat palestinien tout en se déclarant contre la création de celui-ci."

Dans le Monde Diplomatique de mai, voici les propos tenus par David Rotem proche de Lieberman : "nous acceptons le principe de la partition de 1947. mais les Palestiniens veulent un Etat "judenrein", les Israéliens un Etat juif à 100% et non un "Etat de tous ses citoyens". Il suffira qu'un accord international redessine les frontières dans cet esprit."

Don ce n'est pas Lieberman qui pousse Netanyahu à ne pas évoquer la solution des "deux Etats".

Ecrit par : august von k | 04.05.2009

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