21.05.2009
« The Seventh Euro-Asian Islamic Council »
Alors que les communiqués faisaient part de l’ouverture à Bruxelles, le mois prochain, d’un nouveau bureau de la Direction des affaires religieuses de la Turquie pour éduquer l’Europe sur l’Islam, conformément à une décision prise lors de la visite du pape Benoît XVI *, la Turquie a organisé du 12 au 15 mai le 7ème Conseil de l’Eurasie Islamique (l’EIC) à Istanbul. Cette manifestation, sous l’égide de la Présidence des Affaires religieuses de Turquie (le Diyanet), est arrivée au moment où Ankara déploie des efforts à diriger le monde islamique et à émousser le fossé culturel avec l’ouest. Elle a eu pour thème « Les sources, la production et les méthodes de renouvellement de la connaissance religieuse » et s’est concentrée sur l’enseignement de la théologie et de l’illumination religieuse. L’EIC est une institution qui a été créée au milieu des années 1990, sous l’inspiration de la politique étrangère d’Ankara. Elle comprend 37 organisations internationales musulmanes des états des régions d’Eurasie.
Le Premier Ministre turc Recep Tayyip Erdogan a accueilli les hôtes des différentes parties de la région eurasienne (80 chefs religieux de 42 pays dont 15 républiques autonomes de l’ex-URSS, des universitaires et des experts) en précisant que la civilisation a laissé un patrimoine remarquable dans ces contrées et d’importantes traces : « Nous avons une grande responsabilité qui nécessite de bien comprendre cette culture et cette civilisation sans précédent et de construire notre conception du futur sur cette civilisation »… « La culture islamique et les civilisations ont donné à ces terres l’amour, la connaissance, les compétences, la moralité, la dignité et le respect de l’être humain. Malheureusement, il est également un fait que cette conception ne peut pas être reflétée dans la pratique. Et nous ne pouvons pas nous expliquer comment un vrai croyant pourrait revendiquer la vie d’une autre personne, peu important la nature de ses intentions »… « A ce niveau, l’autocritique devient inévitable. Chez nous, c’est la conception d’aimer la créature en raison du créateur qui domine. Selon notre croyance, tuer un être vivant, revient à tuer toute l’humanité ». Erdogan a souligné que les événements terribles se produisant dans les pays musulmans servaient les intérêts de certains milieux qui mettent l’Islam et la terreur dans le même panier, que rien ne pouvait justifier les massacres en Afghanistan et en Irak et que le monde islamique avait des difficultés pour s’expliquer. « Il est un fait marquant de l’Islam et il est un des plus grands besoins de l’humanité que les gens vivent dans la paix, le respect et l’affection. L’islamophobie, pour laquelle sont accusés certains pays et groupes de personnes pour des raisons diverses, est l’un des plus grands obstacles à un avenir pacifique pour l’humanité »… « Toute politique fondée su ce crime contre l’humanité ou qui en porte l’empreinte, est mauvaise ou sera destructrice ». Il n’a pas manqué de rappeler la « crise des caricatures » et de préciser que si des limites à la liberté d’expression étaient plus raisonnables, cet événement ne se serait pas produit. Erdogan a appelé les scientifiques à l’action. « Nous ne pouvons pas définir la pauvreté, l’injustice, l’inégalité, la misère avec des expressions à la mode, dépourvues de profondeur. Ill est clair qu’il y a là une méprise. Ceux qui commencent chaque parole, chaque tâche avec des mots exprimant la miséricorde et le pardon, ne peuvent malheureusement pas s’échapper du sang et des larmes. Il y a certainement une anomalie, si on leur met une étiquette de terroriste, s’ils sont sous-développés, pauvres, s’ils sont évoqués avec un mauvais registre du point de vue des droits et de la justice. Nous devons nous pencher sur ce sujet. Si une civilisation inscrit à l’entrée de ses villes – La connaissance et la vertu sont supérieures aux armes et épées – , mais que ses entités viennent à l’ordre du jour avec la mort et des actes meurtriers, l’évidence d’une erreur que l’on ne peut pas expliquer émerge ». Erdogan s’est dit convaincu que les bases du projet de l’Alliance des Civilisations, mené conjointement par la Turquie et l’Espagne sous les auspices de l’ONU, contribueraient à accroître la compréhension entre les différentes religions et cultures.
Parmi les intervenants, Talgat Tadjouddine, chef de la Direction spirituelle des musulmans de Russie s’est distingué par son message de félicitations à la Turquie, le Président des services religieux officiels de l’Azerbaïdjan a accusé l’Arménie de génocide des Azéris et le Président de la communauté islamique du Kosovo a parlé en arabe. Quant à Ali Bardakoglu, président du Diyanet, il a critiqué les récents débats sur l’Islam en indiquant qu’ils se basaient sur les faits en négligeant la richesse de l’histoire de la pensée et de la connaissance au sein de l’Islam.
Le Conseil a décidé de traduire des livres écrits par des chercheurs en Eurasie en différentes langues, de sorte à en faire bénéficier le plus grand nombre. Il envisage de réfléchir comment éviter les erreurs commises à l’occasion des traductions du Coran. Il a également décidé d’harmoniser le calendrier des fêtes religieuses, l’utilisation de différents calendriers par les pays musulmans posant problème pour des commémorations concomitantes. Selon le Conseil de l’Eurasie Islamique, les mesures prises dans le domaine de l’éducation lors des dernières réunions sont prometteuses mais à encourager davantage.
Josette V.
Source : actes du congrès de l’EIC et communiqués de presse.
17:31 Ecrit par Ivan dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : turquie, islam, erdogan, musulmans, islamophobie, benoît xvi |
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