25.08.2009

Mémoires d'une jeune fille dérangée

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vendredi 14 août 2009

Aujourd’hui, j’écris tout en ignorant pourquoi. Le superbe Hank, le sulfureux Fromageplus, le fédérateur François Desouche, tous ont déjà exprimé plus brillamment que moi ce que nous ressentons, nous, les vrais marginaux de la France République d’aujourd’hui. Que puis-je faire de plus? Peut-être vider mon sac une bonne fois pour toutes, en sachant pertinemment que cela n’ira pas mieux ensuite.

Dès l’enfance, je sentais que ma génération serait celle du schisme entre la France d’avant et la « France d’après ». Que tout se jouerait sur nous, qui avons entre 20 et 30 ans le 14 août 2009. Enfant je sentais déjà les miasmes dans l’air, je sentais déjà la trahison des miens quand mon frère se faisait battre dans la cour du collège de zep par des enfants qui n’avaient pas des prénoms à consonance française sans qu’aucun adulte responsable ne décide de sanctions. Je ne comprenais pas pourquoi à la cantine il y avait des repas sans porc, je ne comprenais pas pourquoi les instituteurs excusaient les voitures de nos parents qui brûlaient, je ne comprenais pas. J’étais douée à l’école car seuls les livres me semblaient dignes d’attention.

Il y a que ma mère ne supportait le niveau affligeant de ma classe et voulait que je sorte du lot. Ce fut chose faite, la maison était mon Eden et l’école mon pénitencier. Toute seule dans la cour de récré, j’entendais déjà les « sales françaises » qui m’étaient adressés quand ça faisait sourire les adultes, ces instits’ laïcards qui adoraient le voile si exotique de la maman de Rachid. J’entendais les rires et les insultes quand j’étais la seule de la classe a n’avoir fait pas de fautes à la dictée. J’ai sauté une classe, me demandant pourquoi, tout était linéaire, à mourir d’ennui, pauvre, aussi stimulant qu’une vhs de docu’ animalier, aussi vibrant, instructif et inattendu qu’une déclaration d’énarque.

Aussi curieux que cela puisse paraître, c’est mon amour du français qui m’a permis de mesurer la déchéance vers laquelle nous glissions le cœur plein d’allégresse. Ayant été nourrie avec les meilleurs livres de la littérature nationale, je m’étais habituée à un français impeccable, tout comme celui de mes parents qui ne sont après tout que des « beaufs », vous savez, ces derniers dinosaures, qui avaient des fins de mois difficiles mais qui payaient leur citroën saxo à crédit sans pleurnicher chez l’assistante sociale. Ces beaufs qui élevaient bien leurs enfants, sans recourir à l’aide d’un fonctionnaire pour leur enseigner la plus primaire des politesses. Ces beaufs racistes et xénophobes qui ont fait la France mais qui n’ont droit qu’à la rééducation et au mépris des classes dirigeantes. Ces beaufs qui m’ont servi de parents, m’ont parlé un français superbe toute mon enfance. Mon père avait une écriture de vicomte et ma mère m’apprenait des mots tels que « enguirlander », « geindre », « oindre » alors que je n’affichais pas un âge à deux chiffres. Aujourd’hui dans les films primés à Cannes, on voit un trentenaire expliquer à Samira et Boubaka que « John mange des cheese burgers succulents » et que « ouais, succulent ça veut dire grave bon tsais ». Voilà ce par quoi j’ai compris que nous marchions et que bientôt nous ferions la brasse dans la mélasse intellectuelle dans laquelle nous enfermions ma génération. Le langage texto ce n’est pas « pour gagner du temps », non, c’est juste que nous avons formé une génération qui dans le meilleur des cas regardera la définition d’un mot sur google, au pire se moquera éperdument de pouvoir s’enrichir un peu. Une génération pour qui le mot « encyclopédie » est obsolète et pour qui seul compte la facilité. Une génération qui n’aura jamais l’opportunité d’acquérir le réflexe de consulter en dictionnaire en cas de doute, comme mon beauf de père me l’a appris. A travers le français, à travers son assassinat, nous avions prémédité la mort de la paix en France. Quelqu’un qui n’a pas appris la langue d’un pays ne peut l’aimer. Il peut encore mieux éviter d’essayer de s’en faire la violence puisque des autochtones qualifiés lui expliquaient que le français c’est ringard, que ça doit « bouger », que les accents y’a pas à les mettre, ça fait chier tout le monde, bref la France ça fait chier.

L’apothéose de cette flagornerie a été atteinte lorsque dans l’émission de Ruquier (la première version, celle où Zemmour était remplacé par l’impolitiquement correct Miller), toutes les nuques de l’émission se sont courbées devant « Kiffe Kiffe Demain » de Faïza Guène. Quiconque a lu ce livre comprendra sans problème que ma désillusion bien entamée ait définitivement atteint son apogée à la lecture de ce détritus imprimé. Nous étions en plein boom de la chanteuse Diam’s, de Rohff et de 113, les animateurs et journalistes souriaient à la caméra en lâchant irrégulièrement des petits mots de verlans, Jean-Baptiste écoutait du rap (alors) en cachette de ses parents. So young, so urban, so cute. Les grandes marques dessinaient pour les enfants de dentistes des frusques directement inspirées du « street wear », Stéphane Bern recevait dans 20h10 pétantes un créateur de « Muslim Wear » (comment être musulman, fashion et passer à la télé), bref, au début des années 2000, je n’avais pas 15 ans mais je comprenais que les temps à venir ne seraient pas les plus tendres.

Au fur et à mesure que j’écris, je me rappelle d’une fille qui était avec moi à l’école primaire (qui n’a jamais aussi bien porté son nom par ailleurs). Elle s’appelait Juliette. Elle était blonde, blanche, vêtue comme une bobo en devenir et m’avait dit « je veux être noire ».
Il est très drôle de constater que ce que les réacs d’aujourd’hui comme Zem’ ou Finkie constatent avait déjà commencé dans les années 90 et bien avant je suppose. Je suis une enfant déçue, je suis une femme frustrée, je suis le fruit d’une génération sacrifiée.

Bien entendu, si quelqu’un de la génération de mes parents lit ceci, il ne comprendra pas. Ces derniers ont grandi dans les années 1970 : un monde sans chômage, où l’arabe du coin était ridé et avait un accent sympathique, un monde où les politiques avaient encore du pouvoir. Ils ont voté Mitterrand en 1981 et ont pleuré devant leur télévision comme l’étudiant en esc a pleuré devant l’élection d’Obama. Ils ont assisté à la naissance du mouvement gay, des féministes, des écologistes, des immigrationnistes, des pacifistes, de la légalisation de l’avortement, de sos racisme, ils ont assisté en même temps à la nôtre en pensant que tout ceci serait pour notre bien. Quiconque aujourd’hui leur prouverait le contraire serait un gosse pourri gâté qui fait un caprice. Eux bien entendu, pensent que le « malaise social » en France vient d’un manque de « communication », que demain tout ira mieux dans un pays avec une forte « mixité culturelle » et que le meilleur est à venir. J’appelle ça un régime soviétique. Quiconque sort du discours calibré est mis au trou à coups de procès de la halde, de ligues contre l’intolérance, comité contre le racisme et l’amour entre les peuples. Si vous avez vu l’Aveu, vous verrez à quel point le thème de la « paix » est abordé. Tout comme l’Inquisiteur torturait au nom de l’amour du Miséricordieux Jésus-Christ, notre liberté est prise en otage au nom du Vivre Ensemble. La France est laïque. Elle n’a pas de religion. Son Dieu est la Tolérance, engendré par la Vierge Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. A part ça tout va bien. Notre internet est filtré, les sites un chouia râleurs sont surveillés quand les commentaires appelant au djihad sous les vidéos de Dieudonné sont au vu de tous, surtout des plus abêtis et donc des plus dangereux (mais souvenons-nous que c’est notre propre école qui les rendu aussi flasques du cervelet). Les livres ne se vendent plus, la fnac regorge de bouquins écrits par des nègres (tiens, on peut encore l’utiliser ce mot ?) racontant le destin hors du commun d’une miss France lancée dans un combat contre la sclérose en plaques, d’une petite fille de 10 ans mariée de force au nom de l’islam, le dictionnaire du parler banlieue et de dvd’s de Bienvenue chez les Ch’tis. La France d’aujourd’hui : le people, l’islam honteux « mais attention il ne faut pas stigmatiser » et le français de souche qui boit de la soupe mais qui trouve qu’elle a un bon goût de terroir.

Aujourd’hui j’ai mal. J’ai mal pour mon pays. J’ai mal pour sa langue. J’ai mal de ne supporter plus personne car plus je constate l’étendue des dégâts plus je suis confrontée à « l’inaction des gens de bien ». J’ai mal de ne plus tolérer aucune intervention sur quelque média que ce soit car tout ceci n’est qu’une immense méthode Coué. « Tu remarques que ce sont toujours les mêmes qui foutent la merde ? Il ne faut pas stigmatiser. Tout le monde s’aime en France. Tout va bien, tout va bien, tout va bien ». Au pays de Voltaire, Pangloss est devenu Roi. Je suis malade, voyez-vous. Je suis malade des gens que je rencontre qui à 20 ans à peine ont un discours calibré comme s’ils sortaient d’un stage des Jeunesses Communistes. J’ai mal de haïr un artiste quand je l’entends parler des sans papiers et des Indigènes de la République. J’ai mal de ne pas être représentée dans les médias, j’ai mal que des places soient réservées dans les Grandes Ecoles à ceux qui étaient à la même que moi et qui n’ont jamais goûté à l’effort. J’ai mal d’être le mouton qu’on tond et qu’on insulte de « facho » car mes arguments font peur. J’ai mal de n’avoir aucun véritable ami car toute ma vie « sociale » n’est qu’une mascarade à l’université entre étrangers bourgeois naïfs et français bobo. Ces irresponsables dont le seul combat est le retrait de la loi Lru et qui pensent que mes parents sont riches car mon élocution est bonne et mes vêtements propres. Je ne supporte plus mes « amis » bouffis de clichés en pensant détenir la vérité, alors que leur maison est dans un patelin de 300 âmes. J’ai mal de me dire de n’avoir véritablement aucun ami. J’ai mal d’être le stéréotype de la personne qu’il ne faut pas être en 2009. Je suis marginalisée dans mon pays, que tant de gens que j'apprécie sont ravis de quitter pour la Corée, la Chine, le Japon et autres contrées des Antipodes.

J’ai mal pour ma mère qui a vu son pays changer en 30 ans, mal pour mes futurs enfants, mal pour mon frère qui a passé ses années collège la boule au ventre, mal de me dire que l’expatriation sera peut-être la seule solution. J’ai mal de ne pouvoir que la fermer quand j’entends mes camarades de faculté vanter les mérites de la discrimination positive. J’ai mal quand les bourgeois achètent du quinoa pour aider l’agriculteur bolivien et détournent les yeux du sdf en bas de chez eux. J’ai mal pour mes parents qui sont magnifiques de dignité et qui ne recevront jamais aucune aide du contribuable. J’ai mal car leurs valeurs ne sont pas récompensées mais piétinées. J’ai mal car c’est à travers celle-ci qu’ils m’ont façonné, « élevé » comme une femme honnête et droite dans ses bottes.

J’ai mal car je suis quelqu’un de bien qui ne se retrouve pas dans le pays qui est le sien.
Je suis Marie-Thérèse Bouchard, et je suis une jeune fille dérangée.

http://marietheresebouchard.blogspot.com/

19.08.2009

Une vingtaine de morts et 150 blessés à Rafah : un émirat islamique avorté ?

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Les forces du ministère de l’Intérieur du gouvernement d’Ismaïl Haniyeh à Gaza, et les Brigades Ezzeddine Al-Qassam, bras armé du Hamas, ont attaqué samedi 15 août la mosquée « Ibn Taymiyya » à Rafah, ont massacré 24 membres du groupe radical « Jund Ansar Allah » et en ont blessé plus de 150.

Cette affaire est une suite logique de la politique du Hamas et ne sera sans doute pas la dernière. Car, il faut se souvenir que le mouvement Hamas, créé lors de la première Intifada palestinienne par les Frères musulmans, a, depuis sa naissance, endoctriné la population palestinienne et en formé des milliers de kamikazes prêts à se battre au nom de l’islam et pour libérer Jérusalem (Al-Quds). Après avoir conquis le pouvoir à la faveur du coup d’Etat contre l’Autorité palestinienne, le Hamas a imposé la loi islamique et fondé une « police des mœurs » chargée de faire respecter la Charia, allant même jusqu’à l’interdiction de la mixité et de l’exposition dans les vitrines des vêtements pour femme…

Le Hamas avait réussi à supplanter le Fatah grâce à sa ligne dure prônée face à la politique de Yasser Arafat. Avec l’appui de la Syrie, le Hamas avait fait de son opposition aux Accords d’Oslo sa raison d’être. Mais actuellement, sous les pressions directes et indirectes d’Israël, des pays arabes (Egypte, Jordanie et Arabie Saoudite notamment) et de la communauté internationale, le Hamas fait semblant de tendre la main aux Occidentaux, à la recherche d’une reconnaissance et d’une légitimation. Il se met à développer une politique « médiane », interdisant toute violation de la trêve conclue avec Israël au lendemain de l’opération « Plomb durci » de décembre 2008 et janvier 2009. De ce fait, il perd sa légitimité aux yeux des plus radicaux. Les déçus de la trêve et de la solution négociée s’opposent à toute reconnaissance d’Israël et à l’établissement d’un Etat palestinien dans les frontières de juin 1967, préférant poursuivre le Jihad conformément à l’enseignement prodigué par le Hamas.

Comme ce dernier avait doublé Yasser Arafat, il se retrouve aujourd’hui face à la même situation et menacé de se faire déborder par les plus radicaux qu’il avait lui-même formés. Ceux-ci se coalisent désormais dans des groupuscules radicaux, comme « Jund Ansar Allah » ou « Jaïch Al Islam » qui avait contribué à l’enlèvement de Guilad Shalit en juin 2006. Cette prolifération de groupes extrémistes se fait cependant sous l’œil du gouvernement Haniyeh, comme nous l’avons démontré le 19 juin dernier.

En définitive, « Jund Ansar Allah » n’aurait pu exister sans l’aval du Hamas. Le groupe vient d’ailleurs de rejeter les accusations formulées par le gouvernement démis de Haniyeh, démentant tout lien avec Al-Qaïda, tout comme il s’est défendu de toute implication dans le terrorisme à Gaza. Rappelons que le 8 juin 2009, ce même groupe avait mené une attaque contre un poste israélien, et tenté d’enlever des militaires juifs, avant de diffuser sur internet une vidéo d’une demi-heure montrant son unité de cavalerie à l’entrainement. Comment a-t-il pu filmer une dizaine de chevaux en toute quiétude sans la moindre réaction du Hamas ? La question mérite d’être posée.

Il est ainsi certain que « Jund Ansar Allah » est un groupuscule issu du Hamas. Car parmi les morts de la mosquée Ibn Taymiyya de Rafah, attaquée par le Hamas et les brigades Al-Qassam, figurent non seulement l’émir du groupe Abdellatif Moussa (Abou An-Nour Al-Maqdesi) et son adjoint syrien (Abou Abdallah Al-Souri), mais aussi et surtout le neveu de Moussa Abou Marzouk, le numéro deux du Bureau politique du Hamas, basé à Damas (selon le quotidien « Al-Quds Al Arabi » du 17 août 2009).

Il apparait ainsi que le Hamas, à travers son opération contre la mosquée de Rafah, cherche à redorer son image de « mouvement politique », et à se placer dans l’alignement du combat international contre Al-Qaïda, dans l’espoir de récolter une reconnaissance politique face à Mahmoud Abbas et au Fatah, qui vient de clôturer son congrès, de renouveler et de rajeunir ses instances.

Une autre hypothèse inquiète les observateurs : la Syrie négocie sa réhabilitation dans le concert des nations. Pour ce faire, le régime tente de monnayer son intervention auprès de l’Iran pour obtenir la libération de la française Clotilde Reiss, et promet – depuis des mois – d’œuvrer auprès du Hamas pour obtenir celle du franco-israélien Guilad Shalit. Mais la facture que Damas doit payer est lourde, comprenant non seulement la rupture de son alliance avec Téhéran, mais surtout le démantèlement du Hamas et du Hezbollah. Ce qui laisse penser que le syrien Abou Abdallah Al Souri, numéro deux de Jund Ansar Allah tué à Rafah, puisse avoir été un agent de Damas introduit à Gaza par les services syriens et chargé d’affaiblir le Hamas, en vue de le démembrer. Cette hypothèse est toutefois à prendre avec prudence.

Chawki Freïha ©« MediArabe.info »

09.08.2009

Israël : Enfin vers l’Indépendance ?

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Il semble qu’on ne peut, sans crouler sous les sarcasmes des « experts » , dissocier l’existence d’Israël de la bienveillance, du soutien, de « l’indéfectible amitié » américaine. On voudrait nous faire croire à une histoire d’amour idyllique. C’est oublier un peu vite la crise de Suez et la menace nucléaire (excusez du peu ! ), l’attaque monétaire contre la livre sterling et l’envoie de forces navales et aériennes pour interférer dans le dispositif franco-israélo-britannique de la part du conglomérat américano-soviétique

C’est oublier, aussi, l’attitude de l’ami américain durant la « guerre des six jours » et la riposte israélienne : le 8 juin 1967 des jets israéliens attaquent le navire-espion américain USS Liberty : 34 morts, 171 blessés.
Pour la classe politique israélienne, se souvenant des pressions américaines de 1956 , c’est le moyen de rappeler à Washington que l’État hébreux n’entend certes pas se contenter de jouer les Républiques bananières pour son compte, mais au contraire, de récupérer sa liberté d’action pleine et entière. Pour les Américains, empêtrés dans cette sombre histoire de navire-espion, ayant fort imprudemment prêté à Israël six RF-4C (version de reconnaissance du McDonnell Phantom II), appartenant à la 26ème escadre de reconnaissance tactique basée à Ramstein (Allemagne) et opérant sous cocardes israéliennes mais avec des pilotes américains (!), il importait de mettre fin, le plus rapidement et le plus discrètement possible, à une désastreuse erreur dans une guerre « non maîtrisée ». Washington ruminera son humiliation, bien décidée à rappeler qui était le maître à son encombrant protégé israélien.
L’attente durerait six ans… 1973 : la NSA indiqua à son frère israélien qu’aucune perturbation ne troublerait ce beau jour de kippour. Pas sympa…. Mais pas fini.
Jonathan Jay Pollard travaillait en 1985 en tant qu’officier de renseignement au Naval Anti-Terrorist Alert Center de Washington.
Les États-Unis lui reprocheront en particulier d’avoir livré à Israël le manuel des codes d’accès et de cryptage des écoutes de la NSA dans le monde, manuel qui fut ensuite livré par Shamir aux soviétiques .Pas sympa du tout.

Mais on s’arrangeait … Avoir un porte-avion, pendant la guerre froide, face aux alliés des russes était très utile et confortable pour Washington. Cela fournissait une armée supplétive, permettant, de fait, de ne pas engager directement des troupes US sur le terrain. Les conflits par procuration sont les meilleures des guerres pour les empires.

Puis la fin de la « guerre froide », le rapprochement avec les pays arabes, l’installation, véritable occupation, des « Marines » à l’intérieur des pays musulmans, la « neutralisation » de l’Irak, rendit caduque, plus que la victoire d’Obama, la pseudo alliance indéfectible. Les rapports diplomatiques solidaires ont laissé place aux épreuves de force et aux diktats.

Si les américains ont profité sans vergogne d’Israël, il est tout aussi évident que l’État israélien n’a jamais totalement souhaité une politique indépendante. En avait-il les moyens ? Il en avait en tout cas l’idéologie. Le Sionisme, héritier de l’humanisme religieux, a voulu concilier Spiritualité et Nation comme le prônait Yeshayahou Leibovitch.

Son organisation sociale première s’inspirait plus des fermes collectives enracinées que des théories capitalistes vagabondes. Israël état socialiste non-aligné ? Le défi aurait pu être relevé et les crises économiques majeures se succédant, n’insultons pas l’avenir. Impossible n’est pas historique.

L’existence d’un état est conditionné par la nature de ses alliances. Quelles alliances pour quelle politique ?

Si nous répondons Indépendance, cela devient : Quelle politique pour quelles alliances ?

Israël ne doit rien s’interdire, à priori. Un des premiers allié pourrait être le Liban débarrassé de l’influence néfaste du Hezbollah avec le retour aux affaires des Chrétiens à des postes de grande responsabilité ( souvenons-nous de L’armée du Liban libre du général Lahad, devenue ALS, regroupant non seulement des chrétiens maronites (majoritaires), mais aussi des musulmans).
Deuxièmement, la Jordanie et L’Égypte peuvent présenter des caractères de sûreté certains, si la question palestinienne se règle définitivement et rapidement : Un État palestinien laïque. Concernant la Syrie, il convient de jouer sur son caractère « laïque-socialiste -arabe ». Cela demanderait aux israéliens, surtout à leurs dirigeants, à se penser comme un État libre, un État indépendant, et disons-le tout net, comme un État pleinement laïque, pilier d’une Union du Proche-Orient, un Commonwealth démocratique, comparable à L’UE. Toutes les parties y ont intérêt. Il suffit, et chacun a conscience des travaux herculéens, de « décrocher » des impérialismes destructeurs d’identités opposés aux « Droits des peuples à disposer d’eux-mêmes ».

On verra alors peut-être Israël ressembler plus au Venezuela et Netanyahou plus à Morales. Loin d’être un cauchemar, sauf pour les pilleurs de peuples, cela réalisera le rêve des premiers sionistes qui, comme Meir Dizengoff ( « Nous ne posséderons jamais des canons » ) pensaient que leur cause triompherait par la seule force morale…

« Et les résidus islamistes ? » me direz-vous.

Ils apparaîtront pour ce qu’ils sont : les collaborateurs empressés des impérialistes dans le vaste jeu de divisions et de massacres des peuples qu’est leur pratique nauséabonde du Monopoly mondial.


Jean-Marc DESANTI

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http://armees.com/Israel-Enfin-vers-l-Independance.html

http://www.tolerance.ca/Article.aspx?ID=49747&L=fr

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