11.02.2009
L'UMP veut faire rembourser la circoncision
Voici, dans son intégralité, car on n’en croit pas ses yeux, le texte d’une question écrite de Madame le député Valérie Boyer au ministère de la Santé. [...] Valérie Boyer n’est pas un député lambda. Elle est secrétaire nationale de l’UMP chargée de la santé. Elle exprime donc la position officielle du parti de Nicolas Sarkozy. Or elle souhaite que la «circoncision rituelle» des enfants musulmans soit prise en charge par l’assurance maladie. Mais comme elle ne peut pas le demander ainsi, à cause de la «laïcité», elle demande que l’on propose, à la naissance d’un enfant mâle, un «contrat d'assurance circoncision» (sic), avec une «participation limitée» de l’assurance maladie. Etant très fortement sous-entendu que la «participation limitée» pourrait ensuite discrètement devenir un pur et simple financement, puisque ce serait rendre justice aux musulmans qui doivent faire circoncire leurs enfants et n’en ont souvent pas les moyens… Pour faire «laïque», Valérie Boyer propose que le «groupe de réflexion» qui s’attellerait à ce projet intègre les «associations d’usager». Les usagers de la circoncision… [...]
Valérie Boyer, et derrière elle l’UMP, ne prend pas en compte le fait qu’une telle mesure serait une introduction de la tradition musulmane dans le droit français, et serait évidemment, et à juste titre, considérée comme une avancée par ceux qui veulent voir établir la charia en France. Mais il est vrai que les maires UMP sont parmi ceux qui donnent des terrains et financent les grandes mosquées, terrains qui deviennent territoires de l’oumma…
08:55 Ecrit par Ivan dans Idiots utiles | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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06.09.2008
Propulsion médiatique de Besancenot: et si le capitalisme en crise avait besoin de la lutte des classes ?

De plateaux télé en studios radiophoniques, le sympathique postier de Neuilly-sur-Seine est devenu au fil des mois un acteur incontournable de « la société du spectacle », comme dirait Guy Debord. Tout naturellement, beaucoup, à gauche comme à droite, posent fielleusement la question suivante : pourquoi, sous Sarko 1er, les médias à sa botte se montrent-ils si complaisants avec ce révolutionnaire aux bonnes joues ?... et d’enchaîner sur la théorie du complot suivante : Nicolas Sarkozy propulserait Besancenot pour gêner la gauche institutionnelle comme Mitterrand avait contribué à favoriser Le Pen pour contrer la droite classique. On assisterait donc à une sorte de « chien de ma chienne » à vingt-cinq ans de distance entre la droite et la gauche.
Le Pen en épouvantail de Mitterrand face à la droite
Certes séduisante, cette thèse est un peu trop simple, voir simpliste, pour correspondre à la réalité. Revenons un instant sur les faits. Il est indéniable que Mitterrand et son conseiller Jean-Louis Bianco ont lancé l’opération par l’envoi d’un courrier au rédacteur en chef de « l’heure de vérité » sur la télévision d’état Antenne 2. En focalisant leur attention sur une élection partielle à Dreux, les médias ont mis Le Pen au centre du jeu politicien. Le RPR et l’UDF se retrouvèrent en porte-à-faux très rapidement. En effet, quarante ans après la Libération et vingt ans après la guerre d’Algérie et les tueries de l’OAS, ils ne pouvaient pas, ils ne devaient pas, sur le plan moral s’allier aux héritiers symboliques, mais parfois aux acteurs mêmes, de la Milice, de la gestapo française, de la division Charlemagne et des commandos delta. Toute possibilité de « front des droites » était inconcevable, au vu de l’histoire de France bien sûr, mais aussi de l’histoire des droites en France. Le Gaullisme avait fait par deux fois, au sens propre du terme, le « coup de feu » contre l’extrême-droite fascisante. A fortiori, les déclarations antisémites récurrentes du leader du FN en pleine période de « redécouverte » de la Shoa, rendaient toute alliance impossible, y compris pour l’image de la France dans le monde. Bref, en paralysant 15 à 18 % de l’électorat principalement de droite, Mitterrand empêchait un rassemblement majoritaire contre lui. Notons en aparté que nous souffrons encore à gauche de cette politique d’un cynique vulgaire car, en favorisant le FN, la gauche au pouvoir a construit dans les années 80, et pour longtemps, une droite idéologique, largement majoritaire à près de 60 % dans l’opinion !
Mais l’épouvantail « extrême gauche » est peu convaincant...
Revenons à aujourd’hui, s’agit-il avec la « starisation » de Besancenot d’un complot politique symétrique ? Difficile de le croire, car justement la symbolique politique est exactement inverse. L’extrême-gauche en France au 20eme siècle n’est pas associée à une quelconque « terreur rouge ». Au contraire, pendant la deuxième guerre mondiale et pendant la guerre d’Algérie, les communistes, par exemple, sont dans le camp de la défense, de la patrie et dans celui du combat démocratique. Enfin, la France n’a pas connu des « années de plomb » comme l’Italie avec le terrorisme des Brigades Rouges. Même un déjeuner entre Besancenot et Rouillant (ex « d’Action Directe ») ne peut constituer un épouvantail très efficace.
Par ailleurs, au contraire de la droite, les grandes heures de la « geste » de gauche sont justement liées à l’alliance entre gauche modérée et gauche radicale, comme en 1936, à la Libération, lors du Programme commun, ou en Mai 81 avec l’entrée des ministres communistes au gouvernement. Ainsi, une unité populaire est loin d’être moralement un handicap pour la gauche, bien au contraire.
Alors, si cette fausse symétrie n’est pas la véritable raison, pourquoi donc cette promotion médiatique permanente du « copain Olivier » ... ?
Hypothèse : et si les tenants du capital financier, en « starisant » l’extrême gauche, cherchaient en réalité un moyen de briser une spirale dépressive qui pourrait à terme leur être fatale ?
Petit retour sur le déroulement de la crise économique
Certes, le raisonnement peut paraître un peu paradoxal, mais qui semble correspondre à la situation de crise économique profonde que nous traversons. Sur la nature de cette crise, qui a éclaté l’été dernier, l’élément principal est la surabondance – dans des proportions monstrueuses ! – des liquidités monétaires disponibles. Dès la crise asiatique de 1997, mais avec une accélération exponentielle depuis 2004, la planète financière dégueule littéralement sous les liquidités (par liquidités, il faut comprendre : la masse monétaire immédiatement disponible permettant un achat d’actif quel qu’il soit, sans aucun délai).
Nous assistons donc à une inflation considérable de la masse monétaire globale, en particulier par la création monétaire liée à l’émission de crédit de toute nature (nous reviendrons prochainement dans Respublica sur ce dernier point). En choisissant de sauver le système bancaire et en refusant par là même une destruction de richesse qui aurait fait diminuer la masse monétaire (donc les comptes en banque de certains...), le système financier globalisé a engendré une inflation qui provoque une hausse des prix. Comme l’immobilier, les actions et les obligations sont provisoirement hors course, la spéculation se concentre au bout d’un moment sur les matières premières (...) et les « commodités » (...).
Nous sommes très exactement dans un schéma inverse à celui de 1929 : des liquidités en trop grande quantité se « fixent » sur les matières premières faisant monter leurs cours de manière artificielle, alors même que la croissance diminue !
Ainsi, ce « fixing » entre l’offre et la demande, c’est à dire la fixation des prix d’achat et de vente en temps réel, est pollué par cette déferlante monétaire extérieure au marché au jour le jour et concentrée sur les marchés à terme (c’est à dire sur les « options », synonyme de « paris sur l’avenir », que prennent les opérateurs du marché sur l’évolution futures des cours de la marchandise en question). Les conséquences sont faciles à comprendre : nous assistons à une hausse des prix sur un marché dont les flux physiques stagnent… une sorte de hausse des prix « dans le vide » !
Comme cette inflation n’est pas provoquée par une hausse du coût du travail, nous n’assistons pas à la course poursuite traditionnelle entre les prix et les salaires (ou entre les salaires et les prix). Les salaires stagnent, et le clash pourrait être très près de nous car les salariés consommateurs seront bientôt dans l’impossibilité de faire face à cette hausse des prix.
La planète finance a besoin coûte que coûte de consommateurs...
Comment faire pour sauver le système de cette énorme masse de liquidités ? Tout simplement en diluant cette masse monétaire dans l’ensemble de l’économie, c’est-à-dire en favorisant une hausse des salaires pour revenir au schéma classique de la crise inflationniste « à la papa », hausse des prix-hausse des salaires…
Mais comment faire ? Comme il n’est pas envisageable que les fonds d’investissement fassent d’exu mêmes des chèques aux travailleurs pauvres déjà surendettés pour qu’ils continuent encore et toujours à consommer en remplissant leur caddy chez Carrefour ou ailleurs, il faut trouver une autre solution. Certes, Sarkozy se veut le président du pouvoir d’achat mais ce n’est pas très crédible. Reste donc l’idée de ressusciter pour un temps l’extrême gauche afin de ranimer momentanément la lutte de classe et de provoquer un réveil social qui se traduira par une hausse des salaires, seul remède à la crise des liquidités. C’est très risqué car la planète finance joue avec le feu et gageons que cela puisse provoquer de sacrés révolutions, mais les grands financiers ont-ils d’autres choix ?
Mieux vaut sacrifier le petit patronat qui paiera la note... C’est d’ailleurs une constante historique : dans les années trente déjà, le « New Deal » sous Roosevelt a eu pour conséquence d’accélérer la concentration capitaliste, en liquidant les entreprises dont la productivité était faible. Aujourd’hui les entreprises du premier monde qui ne sont pas fortement robotisées ne survivront pas à une inflation des salaires. Mais pour faire ce saut vers une robotisation complète et compatible avec une économie en réseau, les entreprises en question devront faire appel à la sphère financière pour permettre ce lourd investissement initial, amortissable uniquement sur moyen ou long terme.
Mais problème ! Aujourd’hui, le peuple des employés du libéralisme est si faible, si peu organisé et si peu « conscientisé » qu’il est incapable de réagir. Il ne peut par lui-même obtenir un minimum d’échelle mobile des salaires. Or le temps presse et par un petit coup de pouce médiatique au facteur sympa, certains espèrent créer une tension sociale pouvant justifier, y compris aux yeux du patronat archaïque, une hausse des salaires permettant de sauver la consommation, et par suite la finance internationale.
Hypothèse tordue ? ! Pas tant que cela, car les intérêts du monde de la finance ne sont pas ceux du patronat archaïque. Par ailleurs, cette hypothèse s’inscrit dans la longue tradition de « l’école italienne » qui, de Gramsci à Négri, montre que le mode de production capitaliste est la résultante d’une tension dialectique entre capital et travail : l’un et l’autre sont liés même s’ils semblent s’opposer. Selon cette école, en période de crise – ce qui est d’actualité... – le capitalisme « pur » se transforme en « capitalisme de rapports de forces » car pour éviter un krach définitif, la planète finance est capable de mutations, quitte à sacrifier pour un temps les intérêts immédiats d’une partie patronat afin de préserver ses intérêts historiques.
N’oublions jamais la phrase de Keynes : « le capitalisme doit être sauvé contre lui-même ».
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09:48 Ecrit par Ivan dans Idiots utiles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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15.05.2008
Besancenot chez Drucker : la Sarkozie digère fort bien le trotsko-boboïsme
On est bien loin de l’époque où les révolutionnaires de la LCR avaient l’obligation d’avoir des pseudos, des fois que l’état bourgeois ne procède à un coup d’état, et qu’ils ne soient obligés de vivre dans la clandestinité. Ainsi, Julien Dray, c’était Titus, Gérard Filoche, c’était Matti, Alain Krivine, c’était Tinville. Olivier Besancenot est arrivé trop tard pour connaître cela, lui c’est le facteur de Neuilly, tout simplement.
On est bien loin de l’époque où Alain Krivine avait droit à une émission de télévision par an, s’il était bien sage.
On est bien loin de l’époque où la LCR ne pouvait se présenter aux élections présidentielles, faute d’avoir recueilli les 500 signatures de maires, comme cela leur arriva en 1981 ou en 1995. Cela lui donnait l’impression de gêner vraiment le pouvoir.
Aujourd’hui, c’est grâce au PS que le facteur a pu se présenter en 2002 et en 2007.
Depuis 2002, les dirigeants de la section française de la IVe internationale ont eu une inspiration de génie : remplacer l’indéboulonnable Krivine par le jeune facteur de Neuilly, militant talentueux, redoutable bateleur d’estrade, et nouveau chouchou des médias. Talentueux, Olivier Besancenot l’est pour dénoncer les injustices sociales, et mettre en avant les immenses profits des entreprises du Cac 40, avec un sens de la formule et de la répartie qui font un malheur sur les plateaux de télévision. Il sait également être présent quand une entreprise est occupée, et trouver les mots pour encourager les grévistes à continuer leur action. Sa jeunesse et sa fraîcheur séduisent.
Les républicains de gauche n’ont pas su trouver cela en magasin, ils doivent toujours se contenter de Jean-Pierre Chevènement qui, avec tout le respect dû à son engagement et à son oeuvre, commence un peu à dater, et qui s’est vendu pour un plat de lentilles à Ségolène.
Même chose pour Lutte ouvrière, qui vient de faire sa fête annuelle de Presles. C’est terrible, mais Arlette, aussi sympathique et authentique soit-elle, souffre de la comparaison : six candidatures aux présidentielles, c’était la dernière en 2007, et elle est toujours en première ligne.
Idem pour Jospin, et ses cheveux blancs de retraité de la politique, face à Ségolène, comme pour Chirac face à Sarkozy.
L’impression de vieillesse est impitoyable, pour un homme politique, en France, aujourd’hui.
Le facteur de Neuilly est donc, lui, tendance. Il est invité sur tous les plateaux de télévision. Il fait penser à cette réflexion d’un personnage du dessinateur Lauzier. Un patron cynique, après 68, disait à son futur gendre, gauchiste : « C’est très bien ce que vous faites, grâce à vous, nous progressons, nous gagnons de nouvelles immunisations, et nous renforçons le système ».
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18:54 Ecrit par Ivan dans Idiots utiles | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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