12.02.2009
Imperium : La philosophie de l’histoire et de la politique

« L’erreur de la géopolitique fut de penser que l’extérieur pouvait déterminer l’intérieur. Mais l’âme est toujours primordiale, et l’utilisation du matériel ou de la situation géographique est un simple reflet d’un type d’âme. Les recherches de cette science ont cependant une valeur permanente, et son affirmation de la thèse des grands espaces fut un développement historiquement essentiel. Le nom de Haushofer restera honoré dans la pensée occidentale. L’avenir de la géopolitique sera la réadaptation de toute la structure à l’orientation spirituelle fondamentale du monde. »
Francis Parker Yockey
L’auteur : Francis Parker Yockey, (18 septembre 1917 – 16 juin 1960), est un penseur nationaliste révolutionnaire d’origine américaine.
Après avoir été proche de Sir Oswald Mosley, il fonda, en 1949, le Front européen de libération, considéré par le FBI comme « un nouveau mouvement politique avec une orientation favorable à l’Est – recommandant le neutralisme et l’activité anti-américaine extrémiste ».
Au milieu des années 1950, Yockey travailla au Caire dans les services de propagande du gouvernement égyptien de Gamal Abdel Nasser.
A son retour aux USA, il fut emprisonné à la demande du FBI, et se suicida dans sa cellule avec une ampoule de cyanure.
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11.02.2009
IRAN l'heure du choix

Reza Pahlavi est le fils du dernier shah et de l'impératrice Farah Pahlavi. Depuis la révolution islamique, il vit entre les Etats-Unis et l'Europe. Michel Taubmann, auteur d'une biographie du président iranien Ahmadinejad, est rédacteur en chef de la revue Le Meilleur des mondes.
Il y a trente ans, son père, le shah d'Iran, était renversé par la révolution islamique. Piétinant les aspirations démocratiques portées par une partie des révolutionnaires, l'ayatollah Khomeyni instaurait une dictature théocratique et sanglante. Alors que l'entêtement des dirigeants islamistes de Téhéran à vouloir se doter de l'arme atomique risque de précipiter le monde dans une crise incertaine, Reza Pahlavi, héritier du trône, croit fermement pour son pays à un avenir différent: démocratique, laïque et intégré à la communauté internationale. Tirant sans complaisance les leçons du passé, il prône dans ces entretiens avec Michel Taubmann l'instauration d'une démocratie parlementaire, respectueuse des droits de l'homme, de l'égalité des sexes et de la séparation de la religion et de l'Etat. L'Iran, qui pourrait être l'égal de la Corée du Sud, se rapproche économiquement de la Corée du Nord. Incapable de satisfaire les besoins élémentaires de la population, le régime islamique a choisi la fuite en avant, la radicalisation, l'extrémisme et la provocation envers la communauté internationale. Il est encore temps d'éviter le pire! Dans ce livre, Reza Pahlavi lance un vibrant appel à la communauté internationale et surtout à l'Europe: Aidez les forces démocratiques - plus nombreuses qu'on ne le pense - à renverser le régime par une stratégie pacifique de désobéissance civile. C'est l'heure du choix! Véritable plaidoyer pour un Iran tourné vers l'avenir, ces entretiens tracent le portrait d'un homme d'État lucide, considéré par nombre d'observateurs comme la seule personnalité capable de fédérer les forces démocratiques et laïques iraniennes.
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31.01.2009
Dijon au coeur de la guerre

Y a-t-il une ville plus paisible que Dijon ? Une ville plus éloignée des conflits et des drames qui ensanglantent régulièrement la planète ?
Et pourtant la cité des Ducs de Bourgogne est au cœur de la nouvelle guerre déclarée par le fanatisme et le terrorisme aux démocraties libérales, dont l'attentat contre le World Trade Center restera le symbole : exilés de la Révolution iranienne, chefs de guerre afghans sur la piste de Ben Laden, trafiquants du Hezbollah libanais, soldats d'Auxonne en partance pour les vallées pashtounes, agents secrets de la lutte antiterroriste...
Depuis le 11 septembre, Dijon est bel et bien au cœur de la guerre moderne. Il ne faudrait pas que les Dijonnais soient les derniers à le savoir...
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17.12.2008
HENRY DE MONFREID, L'aventurier de la mer Rouge

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10.12.2008
FÊTES PAÏENNES DES QUATRE SAISONS

Solstices, Imbolc et fête des chandelles, fête de la Communauté, fête de l’Empire, Ostara, Beltaine et fête du Mai, Lugnasad, Fête de la moisson et du vin, Samain...
Le païen, c’est à dire l’homme enraciné, vit en fonction d’une conviction très simple : quand on a conscience d’être un élément, parmi tant d’autres, au sein de l’univers, on comprend que l’équilibre et la sérénité, dans sa vie quotidienne, sont le fruit d’un respect des lois naturelles. Autrement dit, chacune et chacun doit s’insérer dans le cycle vital de la nature, rythmé par le déroulement des saisons. Ce rythme saisonnier, éternel retour, est marqué par des fêtes ancestrales, traditionnelles, qui sont autant de rappels que, dans la vision païenne du monde, le sacré est sans cesse omniprésent dans la vie de tous les jours et doit donc être pris en compte, respecté et célébré.
Vous voulez savoir de quel très lointain passé surgissent les fêtes païennes des quatre saisons ? Quelles sont leur signification, leur histoire ?
Vous voulez savoir comment, aujourd’hui, perpétuer ces fêtes, en respectant leur sens profond tout en les adaptant à notre temps ?
Cet ouvrage, abondamment illustré, est destiné à unir la connaissance historique et les conseils pratiques, pour faire vivre concrètement, dans le cadre familial et communautaire, l’héritage des ancêtres.
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05.12.2008
Secrets initiatiques en Islam et rituels maçonniques / Druzes, Ismaéliens, Alaouites, confréries soufies
Le service de presse des Editions L’Harmattan est fier de présenter, à travers les colonnes de Mediarabe.info, le livre-document réalisé par Jean-Marc Aractingi et Christian Lochon, dont la lecture est indispensable à la compréhension de la situation complexe dans le monde musulman. Cet ouvrage nous fait découvrir l’ésotérisme musulman et l’analogie existante entre ses branches initiatiques Druzes, Ismaéliens, Alaouites, Confréries Soufies avec la franc-maçonnerie... Les auteurs cherchent aussi à replacer l’Islam dans la marche de l’humanité.
La situation dramatique, dans laquelle est plongée une grande partie du monde musulman pour des raisons d’instrumentalisation politique de la religion, est souvent analysée comme rendant impossible la mise en place de structures philosophiques, corporatives ou ésotériques qui exigent paix et discipline, reconnaissance de l’autre dans sa différence et fraternité, recherche spirituelle et cohésion sociale. Et pourtant ces structures se sont constituées dès les premiers temps de l’Islam. Cet ouvrage permettra, souhaitent les auteurs, de replacer l’Islam dans la marche de l’humanité et de l’humanisme. Comme en Occident, où les structures des anciennes corporations avec leur initiation progressive, la chevalerie, les cercles d’intellectuels comme ceux d’Oxford, auront préparé l’éclosion, au XVIIIe siècle, siècle des lumières, de la franc-maçonnerie opérative, le monde musulman aura offert, dans ses différentes composantes socioculturelles, géographiques et même religieuses, par le rôle des confréries, des corporations, de l’esprit chevaleresque (Futuwwa), les mêmes possibilités d’ouverture sur une appartenance à des structures philosophiques et humanistes.
Jean-Marc ARACTINGI est au 33e degré du Grand Orient Arabe et Grand Maître d’honneur. Il a appartenu à Paris à la Grande Loge de France. Ingénieur et diplomate de formation (INA-PG, Paris I- Sorbonne, CEDS-CID), ancien chargé de cours à l’ISAA (Ecole d’Application de l’AgroParisTech et de l’Ecole Polytechnique) et à l’Université de Paris-VIII, il est le Président de l’association franco-arabe des diplômés des grandes écoles françaises. Auteur de la « Politique à mes trousses » (L’Harmattan, Paris, 2006), il prépare actuellement un ouvrage sur la géopolitique de l’Arabie au temps du Prophète.
Christian LOCHON, ancien attaché culturel au Proche-Orient et en Afrique et ancien directeur des Etudes et de la Recherche du Centre des Hautes Etudes sur l’Afrique et l’Asie Modernes (CHEAM), est membre de l’Académie des Sciences d’Outre-Mer. Professeur à l’Institut de formation des Imams de la Grande Mosquée de Paris, il est l’auteur de « Islam, religion, philosophie, instrumentalisation politique » (Demos, Paris, 2007).
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Contact Presse
Sophie Garreau Forrest – Service de Presse et Promotion Éditions L’Harmattan - 7, rue de l’École Polytechnique 75005 Paris Tél. : 01 40 46 79 22 / Fax : 01 43 25 82 03 / sophie.garreau-forrest@harmattan.fr
Juliette Khoury
©« MediArabe.info »
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29.10.2008
"L'Europe frigide", d'Elie Barnavi : amis européens, arrêtez de pleurnicher !

Faut-il être israélien pour être - encore - européen ? Ce regard excentré est-il nécessaire pour défendre un projet que ses bénéficiaires eux-mêmes ne paraissent plus capables de porter ? C'est la démonstration paradoxale qu'administre Elie Barnavi, avec une chaleur, une énergie et une conviction que, sur ce sujet, l'on n'avait plus rencontrées depuis belle lurette.
Historien, ancien ambassadeur d'Israël à Paris, initiateur du Musée de l'Europe à Bruxelles, l'auteur n'est pas du genre à mâcher ses mots, tant le désolent ou l'agacent la neurasthénie et les "pleurnicheries" où s'abîme l'Union européenne. De quoi souffre-t-elle ? Le diagnostic est sévère : grave crise de confiance, d'identité même, fréquente à la cinquantaine ! Et les symptômes nombreux : au fond, l'Europe a peur de tout, peur de son histoire, de son succès et du vaste monde, peur de l'autre (surtout s'il tente par tous les moyens de débarquer du continent africain), peur, enfin, de la puissance et de ses responsabilités.
Les exemples abondent. Ainsi de cette querelle, invraisemblable aux yeux de Barnavi, sur les "racines chrétiennes" de l'Europe, qui a plombé les débats sur le préambule du traité constitutionnel, en 2004-2005. Car enfin, l'Europe a bien été chrétienne, pendant près de deux millénaires, et l'on se condamne à ne rien en comprendre "si l'on s'entête à gommer de son histoire un élément aussi essentiel de son identité". Refuser d'assumer cet héritage est donc "absurde et dommageable", même et surtout si c'est au nom d'une laïcité frileuse qui, voyant des intégristes partout, les renforce plus qu'elle ne les isole.
Hésitant à assumer son histoire, l'Europe fait de même avec sa civilisation, berceau du meilleur comme du pire, "Beethoven et Auschwitz, Beethoven à Auschwitz". Oubliant qu'ils ont fourni au monde quelques valeurs cardinales - liberté, rationalité, laïcité et solidarité -, les Européens s'empêtrent dans des nationalismes de clocher, sans mesurer ce qu'ils ont en commun et qui devrait leur permettre de jumeler une identité partagée et des identités nationales.
La question des frontières extérieures de l'Europe, d'autant plus indispensables que les vieilles lignes de partage intérieures ont été gommées, n'est pas moins significative de la crise d'identité européenne. Et Barnavi n'y va pas par quatre chemins : "Si l'histoire et la géographie sont les critères de l'européité, ni la Russie ni la Turquie n'ont vocation à intégrer l'Union européenne", sauf à renoncer définitivement à l'hypothèse même d'une Europe-puissance.
Quant à l'immigration, qui nourrit tous les populismes, il faudra bien que l'Europe apprenne à vivre avec et surmonte, pour cela, la "névrose de culpabilité" qu'elle entretient avec son passé colonial. Avec cet avertissement à la clé : "Ce que les démocraties ne feront pas pour l'intégration des immigrés, les fascistes le feront pour leur expulsion."
En bon médecin de famille, Elie Barnavi ne propose pas de remède miracle à ses malades et amis européens. Mais quelques vigoureuses et sages recommandations : acceptez le monde tel qu'il est, pour inventer un bon usage de la mondialisation ! leur lance-t-il. Ayez l'intelligence de vos diversités, pour mieux vous unifier ! Cessez de faire de l'Union "une créature courtelinesque" pour retrouver enfin le chemin de la politique, la vraie, et par là une "place sur les tréteaux du monde".
Et n'oubliez pas, conclut-il, que l'Europe est un "modèle" et un "espoir" pour tant de peuples et que vous ne pouvez prendre la responsabilité de les désespérer ! Le plaidoyer est revigorant et charpenté.
L'EUROPE FRIGIDE d'Elie Barnavi. André Versaille Editeur, 2008, 162 p., 12,90 €.
Gérard Courtois ( Le Monde )
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08.10.2008
"Europe-les-Bains"
Chers amis,
Un camarade du Gagarine Times m'a recommandé un ouvrage de Micha Maiatsky intitulé "Europe-les-Bains" et son court commentaire sur cet ouvrage n'est pas dénué d'intérêt: " à ce propos je vous conseille le livre de Micha Maiatsky: Europe-les-Bains (2007), ou l'Europe de l'avenir vue comme un musée-parc d'attraction, moment achevé de l'histoire universelle, dont la seule survivance se passerait dans les services, la gestion du monument historique qu'elle représente, en bref la société du spectacle définie il y a belle lurette par M. Guy Debord. "
Amitiés
GE Ja
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08.09.2008
НАТАЛИЯ НАРОЧНИЦКАЯ : Natalia Narotchnitskaïa
Que reste-t-il de notre victoire ? Russie-Occident : le malentendu
Fervente nationaliste, antimarxiste, orthodoxe et slavophile, elle professe des positions anti-atlantistes marquées, ayant par exemple soutenu la politique serbe pendant la guerre de Yougoslavie, ou plus récemment le pouvoir russe dans le conflit tchétchène. Membre du parti patriotique Rodina, elle a été élue à la Douma, siégeant dans le groupe de Russie juste et nommée vice-présidente de l'assemblée chargée des affaires internationales. Non réélue en 2008, elle s'est consacrée à la formation en France de l’Institut de la démocratie et de la coopération basé à Paris, dans le but de répondre aux accusations de pratiques dictatoriales contre le gouvernement de Vladimir Poutine, et contredire l'écriture américaine de l'histoire des relations Russie-Occident. Ayant travaillé à l'ONU entre 1982 et 1989, dénonce la réduction de l'opposition Occident/URSS à l'affrontement communisme/démocratie, qui a provoqué à ses yeux la substitution de la victoire de l'URSS lors de la Seconde Guerre mondiale par celle de l'Occident lors de la guerre froide. Elle appelle à la collaboration entre la Russie et l'Europe.

Quatrième de couverture
Fort d'une émotion palpable, Que reste-t-il de notre victoire ? est un cri de désespoir du peuple russe qui se croit dépossédé de sa propre histoire.
Porte-parole d'un courant de pensée peu connu en Occident, l'auteur analyse les rapports entre la conscience nationale russe et la philosophie libérale occidentale, à l'origine de nombreux malentendus historiques. Elle rappelle au lecteur le rôle de la Russie pendant la Seconde Guerre mondiale, qui fut pour les Russes la «Grande Guerre patriotique». Dans cet essai polémique, Natalia Narotchnitskaïa fustige l'attitude occidentale visant à minimiser la victoire de l'URSS et, par conséquent, à réduire l'opposition Occident-URSS à l'affrontement démocratie-communisme. L'auteur s'attache à montrer la permanence du passé et du devenir russes : elle nous incite à examiner et à comprendre la signification réelle de ce conflit et à rétablir une vérité historique trop souvent occultée.
Natalia Narotchnitskaïa nous suggère de quitter un instant nos certitudes historiques pour observer d'un autre oeil le théâtre des événements présents ou passés. Il nous faut revisiter l'histoire des relations russo-européennes, mais en entrant par une autre porte, affronter ce que nous ne voulons pas toujours voir. Afin, espère-t-elle, que nous comprenions sa colère et le sentiment d'injustice qui la révolte. Et avec elle bon nombre de ses compatriotes.
Une lecture nécessaire pour que puisse s'ouvrir un dialogue fécond dont dépend l'avenir des relations entre la Russie et l'Occident
17:24 Ecrit par Ivan dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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03.09.2008
Jean-Luc Pujo : L’éveilleur pyrénéen

J’ai connu Jean-Luc Pujo, il y a une quinzaine d’années. Nous faisions partie de ces humbles fonctionnaires qui de Cycles Préparatoires en Instituts continuent à se forger un savoir qu’ils pensent être destiné au service de la collectivité.
Jean-luc tranchait sur nous autres, misérables vieux potaches, par son sérieux, sa gravité, son paravent de solitude.
Là où nos camarades d’étude se disposaient déjà à mimer les tics, les gestes et le langage hermétiquement abscons des futurs hauts fonctionnaires qu’ils se rêvaient devenir, Jean-Luc arpentait les salles, les couloirs et les allées de sa démarche régulière, lourde et puissante que Simenon aurait qualifié d’allure d’honnête homme…Seul le clignotement incessant de ses paupières et la mobilité extrême des yeux laissaient deviner un esprit sans cesse en mouvement, un goût de l’observation et de la curiosité aussi scientifique que l’entomologiste Monsieur Fabre. Le bonhomme m’intriguait comme un bol d’air dans la fournaise d’un volcan.
Très vite, sa soif de connaissances, son obstination inébranlable dans l’effort captiva mon attention. Nous étions, en apparence, l’illustration parfaite des contraires : lorsque je risquais « un coup de génie et ça suffit ! », il marmonnait : « se remettre à l’ouvrage jusqu’à l’épuisement. ». Lorsque je noyais mes interlocuteurs sous un flot de provocations politiques provoquant maintes menaces d’exclusion du groupe et de rêves secrets que je finisse au bagne, il était le seul à dire avec son accent inimitable : « Laisse ces pitres, arrête de déconner. Viens on va parler sérieusement. ».
Et depuis, nous nous parlons, nous nous emportons, nous nous engueulons, nous nous insultons et nous nous faisons la gueule.
Bref, nous sommes amis, sans doute est-il pour moi l’un des plus précieux.
Aussi, à la parution de son livre les chemins de terre, je suis resté plusieurs jours, sans l’ouvrir, à regarder l’ouvrage posé sur mon bureau. Certes, il m’avait parlé de ce projet il y a quelques temps et l’idée m’avait enthousiasmé. Mais là, preuve indéniable, il avait osé … Enfin, il avait osé et il savait jusqu’où la devise des Parachutistes « Qui ose gagne » avait pu me conduire.
L’écriture du visionnaire comme l’engagement militaire peut aller jusqu’au sacrifice. Je craignais pour la vie de mon ami car j’étais certain de trouver au fil des pages le message de l’éveilleur, puisé au plus profond des racines de la terre, ce message dont les médiocres et les jocrisses qui nous gouvernent, refusent l’écoute et réservent à leurs porteurs un sort souvent peu enviable …
Avec précaution, j’ai ouvert la première page puis, sans interruption aucune, j’ai lu jusqu’à la conclusion : « … et je compris soudain le signe heureux des dieux …il était d’espérance …La France -un jour- pareil ! ».
J’ai vu se dérouler le film douloureux et tendre de la patrie charnelle. J’ai pu ressentir combien pour Jean-Luc, le terrien, « la forêt était son poumon », combien il avait besoin des orties et des ronces pour mêler Valmy à Jérusalem, Charlemagne à De Gaulle, le druide et la fleur de gui à Durandal …
J’ai mesuré l’émotion éprouvée en évoquant « le panthéisme patriotique » d’Hélène, l’institutrice de la boue, du froid et des saisons des contrées austères. J’ai dégusté la mémoire oubliée dans ces quelques lignes : « J’observais ce monde qui me devenait familier avec un intérêt presque anormal : insectes, animaux sauvages… Je guettais cette vie comme le prolongement de la mienne. Je pouvais rester perché sur un arbre -au sommet de la colline- dominant le village, durant des heures. ».
J’ai retrouvé l’héritage Heideggérien : « Les chemins de terre ont de bien singuliers destins. Certains s’égarent vite dans les bois ou les hautes futaies … Le promeneur distrait glissera vers la pente facile, pour s’étonner penaud d’avoir été perdu. ».
Jean-Luc nous rappelle que la nature n’est pas une chose posée seulement vouée à la contemplation. C’est dans la mesure où l’on aime la terre que l’on aime la Terre. Comme Maître Martin il couple « les chemins qui ne mènent nulle part » et « l’acheminement vers la parole » : « accepte de cheminer sur les sentiers passionnants de la pensée humaine ».
Il faut se perdre, s’isoler hors des sentiers battus, se couper des apparences, des mondes factices,des spiritualités enivrantes pour se retrouver penseur en quête d’une réalité toujours dissimulée. Il faut fouiller, fureter, aller voir derrière, redécouvrir le sens sacré du savoir au hasard « d’une carte de géologie ou d’Histoire de la France de Vidal ».
Je m’aperçois en écrivant que je vous parle d’une vertigineuse méditation poétique car si ce grand petit livre est une invitation à la philosophie politique, notamment à l’humanisme, l’ontologie ou l’aliénation, il nous transmet la fraîcheur de Pagnol et la profondeur d’ Hölderlin. C’est là sa force surprenante et, je le crois, la source de sa durée.
Il est des amis qui vous guident et vous inspirent comme il est des livres qui deviennent vos amis. Je fus triste longtemps ne n’avoir connu Jérusalem qu’après la mort du Maître Yeshayaou Leibowitz qui disait : « La valeur ce n’est pas ce qui est atteint mais ce que l’Homme fait pour l’atteindre ». C’est l’effort vers qui compte plus que le but. Suivez, dans l ‘effort les chemins de terre et vous approcherez ne serait-ce qu’un peu la prodigieuse idée métaphysique d’une possible vérité : « Il faut que tout change pour que rien ne change ! ».
Jean-marc DESANTI
10:07 Ecrit par Ivan dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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