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11 septembre

  • Zeitgeist

     

  • L'OSCAR DE LA COUARDISE

    32504vb.pngLe crime, c’est horrible, n’est-ce pas, même si, comme l’a fait remarquer Sacha Guitry : « Ça fait vivre tellement de gens ! »
    La théorie des complots, elle, est en général très politiquement incorrecte… et rapporte beaucoup de soucis !
    En ce jour anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, on compte désormais une victime collatérale de plus. Elle n’y a pas laissé sa vie, certes – le ridicule ne tue pas ! – mais il va être bien difficile à l’avenir pour Jean-Marie Bigard « de l’ouvrir » sans déclencher quelques bien humiliants quolibets.
    « Je pense qu’on nous ment sur énormément de choses » avait-il déclaré vendredi dernier lors d’une émission de Laurent Ruquier sur Europe 1 à propos des attentats imputés à Al-Qaida, ajoutant : « On est absolument certain que les deux avions [celui qui s’est écrasé sur le Pentagone et le vol 93, écrasé en Pennsylvanie] n’existent pas ! Il n’y a jamais eu d’avion. C’est un mensonge absolument énorme. »
    Pourquoi pas ! D’Emmanuel Ratier, directeur de la lettre d’information Faits & Documents, à Thierry Meyssan, auteur d’un véritable best-seller L’Effroyable Imposture, en passant par le documentaire Loose Change, très diffusé sur Internet – réalisé par des Canadiens qui prétendent démontrer point par point la désinformation faite par le gouvernement américain autour de ces attentats – la remise en cause de l’obligatoire version américaine, documents à l’appui, est des plus troublante…
    Déjà, en début d’année, la comédienne Marion Cotillard, Césarisée en juste récompense de son talent pour sa magistrale interprétation d’Édith Piaf, avait elle-même mise en doute la version officielle des attentats, au nom de « la théorie du complot »… propos émis, heureusement pour elle… l’année précédente !
    « Si ses propos avaient été connus avant la remise des prix, elle aurait probablement perdu l’Oscar (...), c’est une étrangère qui est perçue comme prononçant des propos anti-américains » avait alors commenté Tom O’Neil, l’éditorialiste de The Envelope, supplément du Los Angeles Times.
    À ce jour, la talentueuse Marion ne semble pas avoir été à Canossa, malgré la menace, dixit la presse américaine, que « l’effet de la révélation de ses opinions pourrait avoir sur l’avenir de ses films américains. » À l’évidence, Marion Cotillard en a « une paire » selon une expression si coutumière à monsieur Bigard, sans doute très envieux. Lui s’est empressé, à peine quatre jours après avoir joué les matamores sur les plateaux de télévision, de « demander pardon à tout le monde pour les propos tenus vendredi dernier pendant l’émission de Laurent Ruquier sur Europe 1.»
    « Je ne parlerai plus jamais des événements du 11-Septembre, écrit-il, je n’émettrai plus jamais de doutes. J’ai été traité de révisionniste, ce que je ne suis évidemment pas », conclut-il.
    Défier la plus grande puissance militaire du Monde pour battre si piteusement en retraite afin de sauver quelques billets de spectacle… beurk ! En tout cas, avec de tels ennemis, l’Oncle Sam peut continuer de guerroyer en toute tranquillité.
    Quoiqu’une telle rétractation si précipitée ne peut que renforcer, de fait, certaines légitimes suspicions…
    Vulgaire pour beaucoup, stupide pour certains, désormais lâche pour tout le monde, poor lonesome Bigard… dont il n’est pas certain non plus qu’il ait forcément sauvé sa carrière pour autant. Qui a fauté une fois… Et s’il obtient jamais un Oscar, lui, ce ne pourra désormais être que celui de la couardise.

    © Philippe Randa

  • Le Kosovo : passé et avenir de l’Europe

    1631115766.jpgL’événement qui a marqué le début du XXIe siècle, l’entrée dans un nouveau millénaire (entrée qui se charge toujours d’une signification beaucoup plus large que celle d’une simple addition mécanique des années), n’a pas – malgré sa brutalité, sa soudaineté et ses conséquences – été le 11 septembre 2001. Certes, ce terrible événement, qui frappait les Etats-Unis chez eux et anéantissait, en un instant[1], des symboles d’un pouvoir jusque-là censé presque invincible, tragédie humaine éveillant la compassion des étrangers et provoquant chez les Américains le rejaillissement d’un intense sentiment de solidarité humaine et nationale, cet événement a naturellement troublé beaucoup d’esprits et bouleversé l’idée qu’on avait pu se faire, assez naïvement, d’une époque de tranquillité, de sécurité, voire d’harmonie globale. Il a paru révélateur, il l’est sûrement, de la condition humaine hantée par l’insécurité et la vulnérabilité, par l’imprévisible tragique, d’une humanité toujours déchirée par des conflits irréconciliables, par des incompatibilités sous le rapport des mentalités, voire des civilisations, révélateur encore de la trame des forces politiques et militaires planétaires.

    L’événement qui signalait, en réalité, le commencement du XXIe siècle, événement encore plus révélateur, car mettant à nu non pas seulement des rapports de force mais des conflits d’ordre spirituel autrement graves, qu’un regard encore ébloui par la chute spectaculaire du communisme, espérant en un renouveau spirituel européen (prise de conscience, retour en arrière, réflexion nouvelle) comme suite à cette chute, n’avait pas encore décelés, cet événement a été la guerre de l’OTAN dans un coin d’Europe, coin obscur, tombé dans l’oubli – oubli d’autant plus intéressant et moins innocent que la mémoire en était constitutive non pas uniquement d’un seul peuple mais de la conscience de soi de l’Europe : le Kosovo[2]. C’est cette guerre qui a constitué l’événement le plus profond, le plus significatif, et le plus révélateur du temps, l’événement qui définissait à lui seul l’essence de l’époque post-communiste et dévoilait l’orientation mentale politique et la destinée historique des peuples à peine affranchis du communisme.

    Tandis que décembre 1989 marquait un renversement des choses, une rupture, une brèche, la présence (au moins potentielle) d’une liberté où l’homme peut choisir son chemin, la décennie qui a suivi, a, peu à peu, fait entrevoir la continuité fondamentale des deux périodes – continuité dans les idées, dans le fonctionnement des systèmes, similitude dans les intentions et les comportements politiques, ce qui n’est pas sans rappeler l’image, que nous donne le livre de l’Exode, des eaux de la mer qui “ se fendirent ” pour un moment, permettant le passage, et qui revinrent par la suite, quand “ le vent d’est ” cessa (Ex 14,21-28).

    Dix ans après la chute du communisme, la guerre de l’OTAN contre la Serbie : guerre opposant une force militaire gigantesque (la force de 19 Etats, pour la plupart des pays avancés, ayant joui d’un demi-siècle de paix et d’abondance matérielle, la force de la seule Superpuissance à l’heure actuelle) aux possibilités de défense naturellement minces d’un petit Etat, et, qui plus est, d’un pays en crise, pas encore guéri des blessures d’un passé récent odieux (le communisme) et d’un présent pas moins douloureux[3] ; guerre dépourvue d’appui légal (sans mandat des Nations unies) et constituant une violation évidente des principes tant modernes qu’anciens du droit international[4] ; guerre revêtant de surcroît une dimension spirituelle à part : commencée les 23-24 mars 1999, poursuivie pendant 78 jours, la guerre de l’OTAN contre la Serbie s’est déroulée pendant le Carême et la fête de la Résurrection du Seigneur. Le fait que les bombardements américains se sont prolongés pendant les Pâques n’est pas seulement significatif en lui-même, il l’est d’autant plus par comparaison au respect que les Américains ont tenu à manifester pour le sentiment religieux des musulmans d’Irak, interrompant les hostilités pendant le Ramadan[5].

    http://www.rastko.org.yu/rastko/delo/12234