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5 juillet 1962

  • Oran : 5 juillet 1962

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    Fronton, le 11 octobre 2008

    Monsieur Jean-Louis BOUSQUET

    Conseiller Régional

    Conseiller Municipal

    Mairie de BEZIERS

    34500 BEZIERS

    Lettre ouverte recommandée + A.R. N°1A 013 796 6987 4

    Copie à M. Raymond Couderc, Maire de Béziers

     

    Monsieur le Conseiller Régional,

    J’ai pris connaissance de votre article paru le 5 octobre 2008 dans la rubrique « C’est vous qui le dites » du quotidien MIDI LIBRE. Si « c’est vous qui le dites », cela qui signifie que cela n’engage que vous.

    Savez-vous, Monsieur le Conseiller Général, que vous risquez d’être condamné pour dénonciation calomnieuse, parce que vous êtes totalement ignorant de l’Histoire de l’Algérie française, tout comme de la fin de celle-ci ?

    En effet, vous affirmez, avec une légèreté bien coupable, que l’O.A.S. porte la responsabilité essentielle de drames « ayant organisé le 26 mars et le 5 juillet 1962 des manifestations et des provocations devant déclencher des réactions sanglantes ».

    Pour le 26 mars, je vous conseille, si vous êtes un homme courageux, de lire attentivement la brochure jointe à ce courrier qui démontre indéniablement le « Crime d’État » qui a eu lieu le 26 mars 1962, dans la rue d’Isly à Alger, crime que la plus Haute Autorité française a prémédité, organisé, et perpétré, en violation des accords d’Evian.

    Pour les massacres dont fut victime la population d’Oran, le 5 juillet 1962, je vous invite à lire, si le texte du premier recueil n’a pas encore ébranlé vos fausses convictions, le témoignage d’un prêtre métropolitain, le Révérend Père Michel de Laparre de Saint Sernin, métropolitain, prêtre qui ne peut être taxé de sympathie avec l’O.A.S.

    D’après vous, l’O.A.S. se serait livrée à des provocations à Oran, le 5 juillet 1962, alors que, dans cette ville, ce mouvement de Résistance française avait été définitivement anéanti et exterminé par la coalition des Autorités militaires en place et de la police parallèle gaulliste, ceci dès l’arrestation du Général Jouhaud en mars 1962 !

    Ubiquité ? Résurgence ? Non. Mauvaise foi, mensonge et falsification. Les auteurs des massacres et des monstruosités d’Oran qui ont fait, en deux jours, plus de 3.500 morts civils, hommes, femmes, vieillards et enfants, sont les « marsiens », ralliés de la dernière heure aux terroristes du F.L.N., barbares jusque là cantonnés au Maroc, qui ont déferlé sur la ville pour la livrer au carnage.

    Vous condamnez et accusez l’O.A.S. avec une aisance bien pharisaïque, évoquant ses « crimes », mais vous gardant bien de rappeler que la lutte de cette Organisation en Algérie n’a été que l’expression de la légitime défense d’un peuple menacé dans sa vie et dans ses foyers – y compris le quartier de Bab-el-Oued à Alger qui passait pourtant pour un bastion du communisme – et que les quelques centaines de victimes de l’O.A.S., dont certaines, sans doute, innocentes, comme dans toute guerre civile, ne peuvent, en rien, être comparées aux centaines de milliers de Français d’Algérie, toutes ethnies confondues, assassinés par le FLN installé par De Gaulle au pouvoir en Algérie !

    Je n’avance pas, comme vous, des propos et des chiffres en l’air. Mme Eliane Sallaberry, chancelière de l’Armée française, affectée à cette date au Bureau des Exactions, nous a affirmé, sous serment, que le nombre des victimes des massacres du 5 juillet 1962 à Oran était plus proche de 4.000 que de 3.000 !

    Alors, un tel pogrom, cela se respecte, Monsieur le Conseiller Régional… Si la Ligue des Droits de l’Homme ose soutenir vos propos, elle se déconsidère elle-même en trahissant l’objet même de sa mission, l’Homme.

    Car c’étaient des hommes, des femmes, et des enfants innocents, qui sont ainsi tombés sous le couteau de l’égorgeur et sous la hache du bourreau… Et il n’y a pas un, mais deux coupables à désigner, deux complices : une horde de criminels barbares, et le grand pays d’Europe qui a capitulé devant elle en lui abandonnant ses fils.

    Il est facile de vous en jeter la preuve en pleine face, car elle est de Charles De Gaulle lui-même : « à quelles hécatombes condamnerions-nous ce pays, si nous étions assez stupides et assez lâches pour l’abandonner !... ».

    Alors, rejeter sur l’O.A.S. – ce mouvement de Résistance française qui a duré 11 mois, et qui est reconnu partout en Europe comme un mouvement patriotique – le fleuve de sang qui a découlé de l’abandon le plus honteux de l’Histoire de France, lorsque l’Armée française, obéissant à des ordres criminels, a abattu des Français innocents dans la rue d’Isly à Alger, s’est replié sur elle-même à Oran, laissant s’accomplir un génocide sous ses yeux, et a, ensuite, regagné la métropole en laissant, derrière elle, des milliers d’hommes et de femmes livrés aux tortionnaires du FLN, ce n’est plus de l’inconscience, c’est de la diffamation !

    Ce sont des propos comme les vôtres, Monsieur le Conseiller Régional, qui favorisent la liquidation des derniers vestiges de la démocratie, et le renforcement d’un étatisme qui, dans d’autres pays, a été responsable de millions de morts.

    L’Homme compte-t-il si peu pour vous ?

    Vous comprendrez, Monsieur le Conseiller Régional, que, trop choquée par vos propos, je ne puisse vous saluer avant que vous les ayez retirés.

     

    Anne CAZAL

    Journaliste-écrivain

    Déléguée Générale du Comité VERITAS