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action directe

  • Gilles présent !

    « Tout ce qui est intéressant se passe dans l’ombre, décidément. On ne sait rien de la véritable histoire des hommes »
    Louis-Ferdinand Céline  « Voyage au bout de la nuit »
     
    Lundi nous avons accompagné Gilles pour son dernier voyage.

    Gilles est né voilà presque 52 ans en Seine-Maritime. Normand de cœur et de race, épris de liberté, il s’engage très jeune dans les rangs des Autonomes, groupes anarchistes radicaux des années 70. C’est l’époque des squats, mais aussi celle des confrontations brutales avec les flics, ces chiens de garde de l’Etat que Gilles détestait tant.

    Poussant plus loin son engagement, Gilles entre dans la nébuleuse d’Action Directe.Braquages de banque pour financer la lutte armée, destruction de biens étatiques sont alors le lot quotidien des militants d’AD. Et c’est justement une attaque à la grenade qui vaudra à Gilles de « goûter » pendant une dizaine d’années l’hospitalité des geôles républicaines. Dureté du régime des QHS, ballottage entre maisons d’arrêt et centrales (dont un long séjour à Claivaux qui le marquera), privations, violences, vexations, vide du temps qui s’écoule, Gilles cherche et trouve dans la littérature le ressort pour résister.

    La rencontre avec deux camarades nationalistes également détenus, lui fait découvrir les auteurs maudits (Brasillach, Drieu , Rebatet ... et surtout Céline dont il aimait tant les écrits).. Cette découverte littéraire est décisive. Au sortir de la prison, il s’engage dans le camp nationaliste et prend sa carte au FN en 1980.

    Depuis, il s’est toujours rendu disponible pour la Cause , présent partout, volontaire infatigable de l’Idée Sociale et Nationale. Roi du 20ème qu’il connaissait comme sa poche, il a été de toutes les campagnes sur les marchés, affrontant les gauches avec ferveur et détermination mais sans jamais une once de haine.

    Contrairement aux apparences, il ne concevait pas de rupture entre ses engagements de jeunesse et ceux des vingt dernières années. Il aimait à se reconnaître tout à la fois anarchiste et patriote, nationaliste et libertaire, résumant à lui seul cette Synthèse organique qui fonde le combat de nombre d’entre nous.

    Ami fidèle et sincère, militant exemplaire, humble et discret, il laisse un vide immense dans le cœur de ses camarades.

    Gilles présent !

    JesusFranco Zentropa
  • UNE DÉMOCRATIE DE SEMI-EXPRESSION

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    Chatouilleuse liberté d’expression ! Tout à chacun ne cesse de s’en gargariser, mais elle est une chose trop importante, sans doute, pour qu’on permette à n’importe qui d’en faire usage comme bon lui semble.
    Jean-Marc Rouillan, deux fois condamné à la réclusion perpétuelle et actuellement en semi-liberté après vingt ans de détention, en fait l’amère expérience.
    L’État est bon Prince, tout de même, mais point trop n’en faut : l’ancien membre d’Action Directe n’a en effet pas le droit – entre autres – « d’évoquer publiquement les faits pour lesquels il a été condamné. »
    Des faits qui remontent à un quart de siècle, que tout le monde –à l’époque et ensuite – a largement commentés. Seul l’intéressé n’en a pas, aujourd’hui, la possibilité. Ses déclarations pourraient-elles être des révélations, gênantes pour certains ? Si c’était le cas, on a peine à croire qu’il n’ait pas encore trouvé le moyen de les exposer sur la place publique.
    Non, si l’ancien leader d’Action directe risque de perdre l’aumône qui lui a été faite de cette généreuse « semi-liberté », ce n’est pas pour avoir évoqué son passé ou quelques zones restées dans l’ombres de celui-ci, mais pour avoir indiqué qu’il en aurait probablement le droit « s’il crachait sur tout ce (qu’ils) avaient fait » et que « par cette obligation de silence on empêche aussi (son) expérience de tirer son vrai bilan critique. » À la lâcheté de ne pas l’avoir, à l’époque, fait exécuter – lui et ses complices qui avaient sciemment versés le sang – la Justice française ajoute aujourd’hui l’ignominie d’exiger du militant politique qu’il est resté, qu’il devienne un renégat.
    Cela fleure bon les méthodes des régimes de Joseph Staline ou de Mao Tse-Tong qui acculaient leurs ennemis politiques à se couvrir eux-mêmes d’opprobre pour bénéficier d’une mort plus rapide, sans torture.
    Le jovial Petit Père des Peuples et le sympathique Grand Timonier entendaient ainsi imposer à leurs peuples leurs excitantes démocraties populaires.
    Nicolas Sarkozy, moins sanguinaire, reconnaissons-le, semble, lui, en tenir plus simplement pour une démocratie de semi-expression.
    Si Jean-Marc Rouillan était acculé à faire repentance, il bénéficierait à l’évidence de quelques conforts de vie, mais ce serait aussi une mise-à-mort. Celle du respect que l’on peut avoir pour quelqu’un qui a mis son existence au bout de ses convictions.
    Aussi imbibées de sang soient-elles.

    Philippe Randa