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afrique du sud

  • La faillite diplomatique de l’Afrique du Sud au Zimbabwe

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    Les échos retentissants de l’agonie du peuple zimbabwéen sous le poids de pandémies multiples, parviennent aujourd’hui au reste du monde non pas comme une simple calamité à laquelle le passé nous a trop habitués dans d’autres pays du continent et sous d’autres régimes, mais plus gravement comme la preuve d’une malédiction congénitale. Mais au-delà des faits, au-delà de la réalité dorénavant insoutenable et indéfendable par qui que ce soit, il importe de déceler en toute franchise, les enseignements qui s’imposent.
    Le premier enseignement est la trahison des élites qui ont jadis revendiqué le pouvoir au nom du peuple, et pour disaient-ils, construire leur propre destin en lieu et place des colonisateurs jugés véreux, condescendants, méchants et racistes. Ce n’est pas un étranger qui dirige le Zimbabwe depuis plus de deux décennies, c’est une équipe de cadres africains qui se réclament de l’héroïsme de la lutte de libération nationale. La catastrophe qui s’abat sur le pays n’est ni le fait de l’ancienne puissance coloniale, ni le fait des institutions financières internationales, et encore moins le fait d’un sort maléfique quelconque. Nous assistons en effet à une répétition cette fois à une échelle bien plus triste, des modèles d’oppression et de musèlement d’un peuple par une bande de voyous en qui il était tout de même autorisé de fonder des espoirs lors de la prise de pouvoir. Ici et ailleurs, c’est le fait des intellectuels de tout premier plan, nantis de parchemins des meilleures universités et écoles de formation de la planète. On construit ainsi un système de privilèges, de pouvoirs insolents et voraces, qui finit par ne plus jamais envisager une alternance quelconque.
    Le deuxième enseignement, c’est le rôle de l’Afrique du Sud, pays en qui l’on avait fondé également d’énormes espoirs en lui prédisant une dynamique d’entraînement diplomatique qui générerait des changements sur l’ensemble du continent. Avant même l’accession de la majorité noire au pouvoir à Pretoria, il n’y a pas un seul analyste des relations internationales qui ne prédisait une profonde recomposition géopolitique et idéologique du continent dans un sens positif. En somme, l’on croyait qu’une Anc formée dans la lutte de libération nationale et moulée dans une idéologie militante révolutionnaire, mettrait tout en œuvre pour tuer les régimes totalitaires sales et oppressifs. Le réveil auquel nous assistons est douloureux.
    Le Zimbabwe offre la première occasion véritable pour juger la diplomatie sud-africaine et son rôle sur le continent dans une perspective géopolitique et géostratégique globale. Les dirigeants sud-africains sont pleinement responsables du sort actuel du peuple du Zimbabwe. Si la bande de Thabo Mbéki ne s’était pas montrée complaisante à l’égard de Robert Mugabe, il est certain que ce dictateur de la pire espèce aurait quitté le pouvoir et rendu possible l’alternance.

    Mauvaise passe
    En effet, les conséquences de cette faillite sud-africaine vont au-delà de la seule sous région de l’Afrique australe. C’est tout l’équilibre stratégique au sein de la diplomatie continentale qui se trouve ébranlé. Première puissance économique du continent auréolé du charisme et du prestige de la personne de son principal parrain moral, Nelson Mandela, ce pays détenait jusqu’à une date très récente, les clés de toutes les négociations et de tous les arrangements politiques et diplomatiques en Afrique. Vis-à-vis du reste du monde, hors d’Afrique, sur la scène mondiale, Pretoria est souvent considéré comme le flambeau, le représentant mérité et respecté du continent. C’est l’Afrique du Sud seule, que les dirigeants des nations les plus puissantes du monde, ont invité à la conférence de Washington en novembre, pour réfléchir sur des réformes du système financier et économique. C’est l’Afrique du Sud qui siège dans le groupe des vingt.
    La mauvaise passe du Zimbabwe lui enlève tout crédit pour jouer à nouveau les premiers rôles, et laisse l’Union Africaine exposée à tous les dérapages, toutes les trahisons, et toutes les bêtises.
    Le troisième enseignement corrobore, pour mieux le revalider et l’actualiser, notre analyse quelques jours avant le choix de Jean Ping comme président de la commission de l’Union africaine. Devant le drame du peuple zimbabwéen livré au choléra, au Sida, à la tuberculose et toutes les pandémies de la misère chronique à cause des agissements d’un chef d’Etat criminel, les instances dirigeantes de l’Organisation sont restées muettes. Ce qui retient l’attention, c’est au contraire la continuité du soutien explicite dont bénéficie le tyran de la part de l’organisation. Nous avions fait l’analyse selon laquelle, non seulement il ne fallait pas élire l’ancien ministre gabonais des Affaires étrangères qui ne ferait vraisemblablement que la politique de son patron Bongo, mais aussi, qu’il ne fallait élire personne qui soit originaire d’un pays d’Afrique centrale, lesquels sont tous dirigés par des dictateurs peu panafricanistes et corrompus. La démonstration est faite aujourd’hui que sur toutes les questions, monsieur Jean Ping reprend mot pour mot les déclarations d’Omar Bongo.

    Solution d’attente
    A ce propos, un président de la commission de l’Union africaine sortant de l’Afrique de l’Est, se serait clairement et résolument opposé au pouvoir de Robert Mugabe et aurait enclenché ce faisant, une dynamique générale conduisant à son éviction. Or, l’Afrique du Sud a passé le temps à étouffer ses voisins de la Sadec, communauté des Etats de l’Afrique australe, et à prêcher une solution d’attente ou de compromis totalement improductive.
    Le quatrième enseignement, c’est la confirmation une fois de plus, de la dérive insensée de quelques Africains notoirement malhonnêtes et volontairement attardés, qui continuent d’user et d’abuser de l’histoire et des excuses racistes pour justifier la dictature, la corruption, le vol, l’oppression, et la fuite en avant. Dès les premières manifestations de contestation des pratiques du régime sanguinaire et dictatorial de Mugabe, il s’est trouvé des intellectuels africains pour assurer sa défense, au nom d’une haine éternelle contre l’Occident, au nom des crimes du colonialisme, au nom des rappels de l’esclavage. Le dictateur zimbabwéen ne se prive d’ailleurs jamais de ces slogans qui l’aident à conforter son pouvoir et ses scènes de folie. Cet extra terrestre n’a pas craint de déclarer que l’épidémie du choléra qui sévit dans son pays, est le fait de l’Occident.
    Et comme au lendemain du discours de Dakar, l’on entend encore quelques rares imbéciles clamer que l’Occident ne saurait exiger la démission d’un chef d’Etat africain souverain. Du sort du peuple zimbabwéen oppressé et privé d’alternance, les penseurs de ce nationalisme totalitaire n’en disent mot. Ce qui compte, c’est de se venger contre les blancs qui nous ont colonisés, de justifier l’injustifiable, de soutenir l’insoutenable, simplement parce qu’il est de bon ton, de contester tout ce qui viendrait du président français. Et le crime exact dudit président, c’est de dire que les Africains seraient mieux chez eux, qu’ils feraient mieux de mourir pour un visa d’entrer en France, qu’ils doivent construire leur destin sur le sol de leurs ancêtres.

    Elites capitalistes, cyniques…
    En réalité, la situation au Zimbabwe est révélateur d’un état d’esprit qui a trop longtemps sévit et qui ne peut plus prospérer. Il en va de même pour l’image de l’Afrique du Sud, qui demeure celle d’une nation de luttes, de révolution, et de militantisme pour la justice et toutes les grandes causes. C’est dorénavant du passé et il importe de tirer toutes les conséquences qui s’imposent. Les noirs qui tiennent le pouvoir à Pretoria, n’ont rien de commun avec le souffle des enfants tombés à Soweto en 1976. Nous sommes en présence d’une élite capitaliste, cynique, et dévoyée qui aborde l’Afrique et le monde dans une perspective marchande et avec une logique mercantile débarrassée de toutes les considérations humanistes et familiales.
    Ce n’est même plus tant la faillite d’une diplomatie, c’est l’explosion du mythe progressiste qui collait à une image construite dans notre subconscient. Le dictateur du Zimbabwe joue donc sur les influences d’une somme de contradictions interconnectées, au centre duquel se trouve l’Afrique du Sud. Il demeure que cet homme et ses amis de Pretoria, nous créent le plus grand tort...

    Par SHANDA TONME
    Le 11-12-2008

    http://www.lemessager.net/details_articles.php?code=133&code_art=25871

  • Afrique du Sud : de la légende aux tripotages ?

     

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    (Paris) - Nous en avions tous tant rêvé de cette Afrique du Sud, symbole d’une nation arc-en-ciel. Nous avions été si joyeusement émus ce 11 février 1990 lorsque nous vîmes Madiba, surnom donné à Nelson Mandela eu égard à sa tribu d’origine, le poing levé en compagnie de son épouse Winnie dont il était séparé depuis vingt-sept ans ! Nous n’étions pas nés ce 21 mars 1960 lorsque soixante-neuf personnes périrent, fauchées par les balles de la police blanche de l’apartheid à Sharpeville. Nous avions tellement espéré quand Madiba devint le premier président noir de la république d’Afrique du Sud et prêta serment le 10 mai 1994 à Pretoria… 

    Après cinq années de présidence, lui qui évita au pays de sombrer dans le sang, Nelson Mandela annonce en janvier 2005 que son fils aîné Makegatho vient de mourir du sida. Dans un pays qui comptait cinq millions de séropositifs, où les malades étaient traités en pestiférés, où cette infection était considérée comme le pire des châtiments inavouables, Madiba avait osé. Le dire et critiquer ouvertement son successeur Thabo Mbeki, qui niait publiquement le lien entre VIH et sida…

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    Jeudi 25 septembre, Thabo Mbeki, successeur de Nelson Mandela à la tête du pays, quittera ses fonctions de président de la république, renvoyé par son propre parti, le Congrès national africain (ANC), sous l’accusation d’avoir influencé la justice contre son rival Jacob Zuma. Kgalema Motlanthe devrait assurer l’intérim jusqu’aux élections générales du deuxième trimestre 2009.

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    La renaissance africaine, ce grand dessein que Thabo Mbeki désirait pour l’Afrique, s’est arrêtée aux portes de son propre parti. Lui, qui se voyait en meneur et guide, fédérant derrière l’Afrique du Sud les pays frères de tout le continent, a oublié les townships. Contrairement à ses compagnons de lutte, enfermés dans les geôles de l’apartheid, Thabo Mbeki vivait en exil, loin des cailloux du pénitencier de Robben Island. C’est peut-être durant ces années de séparation de la terre natale que s’immisça le poison de l’altération des dures réalités sud-africaines.

    Et demain ? Mandela, Mbeki et probablement Zuma. Ancien membre actif de la branche armée de l’ANC, Umkhonto We Sizwe, le fer de lance de la nation, Jacob Zuma, autodidacte qui a appris à lire et écrire à Robben Island, est inculpé de corruption, de fraude, de blanchiment d’argent… dans l’enquête impliquant le groupe d’armement Thales, ex-Thomson CSF. Le procès devrait s’ouvrir en décembre 2008, à quelques mois de l’élection présidentielle…

    http://africamix.blog.lemonde.fr/2008/09/23/afrique-du-sud-de-la-legende-aux-tripotages/