01.07.2009
Pour en finir avec l’IRAN

C’est une flopée d’articles et d’interrogations surtout qui déferlent sur les choix que la France pourrait ou devrait faire concernant l’Iran. Ahmadinejad ou Moussavi ? Conservateurs ou réformateurs ? Islam ou droits de l’Homme ? Mais bien loin d’une analyse critique sereine nous avons les pour et les contre. Et chaque camp d’excommunier l’autre au nom de la Vérité.
Il y a des vérités, des valeurs, mais une seule réalité. Il y a des opinions, des convictions mais au-dessus de tout, il y a l’intérêt de la Nation.
S’agit-il de trouver tel ou tel dirigeant sympathique, occidentalisé, ami ou ennemi des américains ou héritier de je ne sais quel Islam des lumières ? Nous reprochons assez aux dirigeants iraniens de détester « à priori » l’Occident pour ne pas construire « à priori » une réflexion et une action sur l’inclinaison favorable ou défavorable que nous pourrions avoir sur L’Orient.
La Perse, le « pays des Aryens », est une immense civilisation qui par les caprices et les mystères de la magie de l’histoire après la Conquête islamique (637-651) aboutit à la fin de l’empire Sassanide et au déclin de la religion zoroastrienne … On peut le regretter. C’est ainsi. L’Iran est la place forte du chiisme allant de Téhéran au Liban, en passant par l’Irak et la Syrie alaouite. Un monde mystérieux, inquiétant, hétérogène et, à nos yeux, compliqué. Allons-nous attendre que les barbus mutent en imberbes et que leurs soeurs émancipées se promènent en mini-jupes accolées au torse de jeunes éphèbes efféminés pour amorcer des projets et des actions communes dans des domaines aussi divers que la diplomatie, l’énergie, l’écologie ou la culture ? J’entends déjà :« Vous oubliez la Révolution Verte et la mort héroïque de Neda ! ».
Certainement pas ! Mais en Chine, au Tibet, en Russie, en Algérie,au Mexique, au Congo il y a des centaines de Neda. Un jour tous les comptes seront réglés. Il appartient aux peuples concernés de décider le jour et l’heure, à moins de considérer que l’invasion militaire étrangère est toujours la seule solution …
D’autre part, l’idée de soutenir l’interdiction du nucléaire militaire n’est pas une option politique d’une diplomatie libre mais une position de vassal qui s’aligne d’une manière systématique sur les options géostratégiques américano-israéliennes. Systématique rime avec fanatique. Or, quand on a la chance d’avoir des amis libres et intelligents, il faut les aimer librement et intelligemment.
Cependant la France si, elle veut compter, doit dire clairement et fermement le moment où pour elle la diplomatie ne pourra que céder le pas à la guerre. Il faut dire aux dirigeants quelles sont pour nous les limites politiques d’agression directes ou indirectes à ne pas dépasser et s’y tenir.
Vous avez le droit, vous iraniens, comme tous les peuples de disposer de l’arme nucléaire et de militer pour le désarmement, mais sachez la terrible responsabilité que cela entraîne vis-à-vis de l’humanité et en premier lieu pour votre propre peuple.
Personne ne souhaite vous attaquer , mais, si vous commencez la guerre contre nous ou contre nos alliés, sachez que votre civilisation millénaire se résumera à ce qu’est devenu le Japon traditionnel après août 1945.
Rappelons l’essentiel, nous ne cherchons pas à épouser les ayatollahs. Sur cette terre nous sommes voisins à perpétuité et sommes donc condamnés à vivre ainsi encore assez longtemps ensemble…si du moins nous voulons vivre…
Il ne s’agit pas de convaincre ou d’imposer à l’autre ce qui le révulse mais de trouver entre états ,un « no man’s land », un espace sans guerrier où pour chaque civilisation existera pour les gens de la rue, les gens simples et honnêtes, un lieu d’échange et de découverte , une possibilité de pratiquer le verbe « faire », pacifiquement.
Cette démarche n’écarte pas définitivement le conflit militaire, mais peut en réduire considérablement les risques .
Aujourd’hui, bien des intellectuels tigres de papier affirment que jamais , oh grand jamais, ils n’auraient été ou ne sont munichois, moi, … je dis strictement l’inverse. Je suis munichois , je veux négocier , négocier encore , négocier jusqu’au bout.
Seulement, si l’adversaire , par bêtise, par prétention ou par fanfaronnade, pensant avoir affaire à des faibles, devient l’ennemi, alors, il faut l’écraser, le réduire en cendres.
Sans pitié aucune.
Jean-Marc DESANTI
http://www.resiliencetv.fr/?p=4605
http://www.liguededefensejuive.net/spip.php?article1087
17:03 Ecrit par Ivan dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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22.06.2009
Iran: les Gardiens de la révolution menacent l'Occident

Les Gardiens de la révolution, corps d'élite de la République islamique, ont averti lundi qu'ils écraseraient toute nouvelle manifestation contre la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad au moment où des centaines de protestataires se rassemblaient à nouveau à Téhéran.
Parallèlement, l'Iran, qui connaît sa crise la plus grave depuis la fondation de la République islamique en 1979, est revenu à la charge contre ce qu'il considère comme les "ingérences" de l'Occident dans ses affaires internes.
Dans l'après-midi, un millier de manifestants se sont rassemblés place Haft-é Tir, dans le centre de Téhéran, mais la police se préparait à les charger. Ils faisaient fi d'une mise en garde des Gardiens de la révolution, l'armée idéologique du régime créée peu après la révolution de 1979 par l'ayatollah Khomeiny.
"Les Gardiens de la révolution, les bassidjis (milice islamique dépendant des Gardiens, ndlr) et les autres forces de l'ordre et de sécurité sont prêts à mener une action décisive et révolutionnaire pour (...) mettre un terme au complot et aux émeutes", selon un communiqué cité par l'agence Mehr.
C'est la première fois que les Pasdarans lancent un tel avertissement depuis le début des troubles qui ont suivi la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad le 12 juin.
La veille, le principal rival du président ultraconservateur, Mir Hossein Moussavi, avait enjoint ses partisans à poursuivre le mouvement, estimant que "protester contre le mensonge et la fraude" était leur "droit".
L'ancien Premier ministre, qui réclame l'annulation du scrutin, a engagé les manifestants à éviter toute provocation et la police et l'armée à ne pas agir "de manière irréparable".
Téhéran avait connu samedi un déchaînement de violence dans lequel au moins dix personnes ont été tuées et plus de 100 blessées, selon la télévision d'Etat, portant à au moins 17 le nombre de morts à Téhéran en une semaine.
Des participants aux manifestations ont évoqué une réaction disproportionnée des forces de sécurité avec l'usage de tirs à balles réelles tandis que la radio d'Etat a annoncé 457 arrestations.
La violence des affrontements a été illustrée par une vidéo vue par des centaines de milliers d'internautes, montrant le visage ensanglanté d'une jeune femme, Neda, présentée comme une manifestante tuée par balle. Depuis le 12 juin, de nombreuses voix se sont élevées à l'étranger pour dénoncer la validité du scrutin et les violences, poussant Téhéran à lancer une nouvelle charge contre cette "ingérence" de l'Occident".
"Les pays occidentaux se sont ingérés dans le processus électoral en exagérant les manifestations organisées contre les résultats du scrutin", a accusé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hassan Ghashghavi.
"La France est allée jusqu'à demander l'annulation des résultats de l'élection, s'est-il indigné. Quel droit ont-ils de faire de telles remarques inappropriées et irresponsables?".
Il a également lancé une nouvelle attaque contre la BBC, dont le correspondant a été sommé de quitter le pays, et La Voix de l'Amérique, accusant leurs directeurs d'être "officiellement les fils spirituels du (Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et du (ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor) Lieberman".
Quatre associations d'étudiants ont également appelé à une manifestation mardi devant l'ambassade de Téhéran pour dénoncer "l'ingérence" du gouvernement "pervers de Grande-Bretagne".
Abbas Ali Kadkhodaie, porte-parole du Conseil des Gardiens de la constitution, qui doit se prononcer d'ici mercredi sur les plaintes pour irrégularités déposées par les adversaires de M. Ahmadinejad, a reconnu qu'il y avait eu plus de votes que d'électeurs potentiels dans cinquante districts, sur les 366 du pays.
Il a cependant indiqué que compte-tenu du nombre de votes concernés, 3 millions sur plus de 38, "cela n'aura pas une influence importante sur les résultats de l'élection".
Enfin, les tensions politiques au sein du régime ont reçu une nouvelle illustration avec la confirmation de l'arrestation de cinq proches d'Akbar Hachémi Rafsandjani, dont sa fille. L'ex-président iranien a été accusé par M. Ahmadinejad de soutenir M. Moussavi.
Arrêtés samedi, ils ont été libérés quelques heures plus tard, selon l'agence Fars.
Et le président du Parlement, Ali Larijani, a déclaré qu'une "grande partie des gens" avaient "perçu le résultat de l'élection comme étant différent du résultat annoncé officiellement. Cette perception doit être respectée".
18:49 Ecrit par Ivan dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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11.02.2009
Le guide tombé de son piédestal

En instrumentalisant la figure prestigieuse du guide de la révolution, le président Mahmoud Ahmadinejad a réussi à ébranler l’édifice du régime islamique, estime Rooz, le quotidien des Iraniens en exil.
Depuis le premier jour de la République islamique, les théoriciens de la doctrine du “gouvernement des doctes” [velayat-e faqih, en persan] font du “guide de la révolution” [l’ayatollah Khomeyni, de 1979 à 1989, puis Ali Khamenei jusqu’à aujourd’hui] la colonne vertébrale du régime islamique. Selon l’image qu’ils ont imposée, le guide suprême n’appartient à aucun parti et ne défend pas d’idées particulières [même si le guide actuel incarne l’aile la plus conservatrice du régime]. C’est une figure paternelle, juste et libre, qui est censée s’imposer à la société tout entière. Dès qu’il voit le gouvernement dévier, il intervient pour arbitrer. Le guide suprême ne soutient pas un parti au détriment d’un autre. Il est au-dessus des batailles et donne son jugement en utilisant la sagesse, la justice et la raison.
Pendant les seize ans où Ali Akhbar Hachemi Rafsandjani et Mohammad Khatami ont successivement occupé le poste de président de la République, cette image a été préservée. Mais le président actuel, Mahmoud Ahmadinejad, a fait tomber le guide suprême, Ali Khamenei, de son piédestal. Il l’a impliqué dans toutes les polémiques. Ahmadinejad s’est servi du guide pour défendre l’un de ses ministres [Ali Kordan, ministre de l’Intérieur, qui avait menti sur son diplôme], pour gagner le soutien du Parlement, pour justifier les attaques contre des citoyens innocents qui se plaignent de l’inflation. A l’origine, le guide était un coup de poing dans la tête du gouvernement (selon les mots du leader de la révolution, l’ayatollah Ruhollah Khomeyni, qui faisait référence au dernier gouvernement du chah). Mais, aujourd’hui, on s’y réfère pour opprimer des étudiants nés de la République islamique, éduqués par elle, et dont les associations contiennent pourtant toutes le mot “islamique”.
Dans ces conditions, les véritables partisans du guide suprême devraient se poser cette question : un guide chahuté en permanence dans les discussions de rue, au Parlement, dans les maisons, dans les ministères, dans les bureaux de répression morale, dans la section 209 de la prison d’Evine [où sont enfermés les opposants politiques] peut-il vraiment rester le principal pilier de la République islamique ? La stature du guide ne devrait-elle pas être respectée par le président Mahmoud Ahmadinejad ? M. Khamenei peut-il encore se considérer aujourd’hui comme le “dirigeant du monde opprimé” et le remplaçant du douzième imam ? Est-ce qu’associer le nom du guide suprême à celui d’un leader du Hezbollah, d’un parti gouvernemental ajoute à la stature du leader de la République islamique ?
Nooshabeh Amiri
Rooz http://www.roozonline.com/
20:00 Ecrit par Ivan dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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