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alain de benoist

  • Entretien avec Alain de Benoist sur la politique de civilisation du Président ‎Sarkozy

    20071018-benoist.jpgComment expliquez-vous la politique de civilisation dont a ‎parlé, tout récemment, le Président français, Nicolas Sarkozy ? ‎
    C'est un peu difficile à dire, parce qu'on ne sait, véritablement, pas ‎ce que Nicolas Sarkozy a voulu dire, en parlant de la politique de ‎civilisation. Parler de politique de civilisation est, finalement, une ‎chose assez banale et n'importe qui peut être d'accord pour une ‎politique de civilisation. Mais, on ne sait pas de quelle civilisation, ‎ou de quelle politique il s'agit. Et il est, donc, difficile de réagir. ‎Nicolas Sarkozy a employé cette expression sans donner aucune ‎précision de ce qu'il entendait par là. Donc, parler de désaccord ou ‎d'unanimité me parait un peu bizarre, parce qu'on ne sait pas ce ‎qu'il a voulu dire. Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'il conçoit une ‎politique de civilisation, selon ses options personnelles, qui sont ‎bien connues. C'est une ouverture des relations plus étroites avec ‎les Etats-Unis d'Amérique et c'est une politique méditerranéenne ‎plutôt favorable à Israël. ‎
    S'il d'agit d'une telle ouverture quelle en sera la conséquence ? ‎
    La conséquence en sera que la France perdra son indépendance ‎nationale et qu'elle sera de moins en moins crédible dans le monde ‎arabo-musulman et qu'elle perdra toute sa spécificité et sa capacité ‎d'action pour devenir aux ordres des Etats-Unis. Je dois dire, ‎également, un mot à propos de la politique de civilisation, c'est on ‎peut, peut-être, l'approcher de la rhétorique du choc de ‎civilisations, qui a été théorisé par Samuel Hantignton, dans un ‎article et dans un libre qui ont fait le tour du monde. La théorie de ‎Hantington, c'est d'opposer les civilisations, d'affirmer que ‎l'Europe occidentale fait peut-être du même ensemble atlantique ‎que les Etats-Unis. Ce sont des théories qui ont été, ‎passionnellement, discutées, et très souvent, réfutées. ‎
    L'annonce d'une telle politique intervient alors que la ‎civilisation française existe depuis des siècles ? ‎
    Oui, mais, on peut en dire autant à propos de la civilisation ‎européenne qui a eu ses grandes œuvres et également, ses pages ‎noires. Encore une fois, n'importe qui peut prendre positon en ‎faveur d'une politique de civilisation et moi-même, je suis, tout à ‎fait, favorable à une politique de civilisation. Mais, ce n'est, ‎certainement, pas la même que celle de Nicolas Sarkozy. A mon ‎sens, une véritable politique de civilisation est de faire de l'Europe, ‎à la fois, une puissance autonome, qui puisse apporter quelque ‎chose au reste de la terre et entrer dans un dialogue constructif ‎avec les autres cultures et les autres civilisations. ‎
    Le Président Sarkozy dit vouloir faire de la France, qui va ‎prendre au deuxième semestre de l'an 20008, la présidence de ‎l'union européenne, l'âme de la renaissance du vieux ‎continent, comment l'expliquez-vous ? ‎
    Je pense que ce sont des phrases creuses qui sont utilisées pour ‎séduire l'opinion. Je n'attache pas, énormément, d'importance aux ‎mots lorsqu'ils ne sont pas suivis d'effets. Vous savez que Sarkozy ‎n'écrit pas ses discours. On l'avait vu, d'ailleurs, durant sa ‎campagne électorale, faire usage d'une rhétorique qui est destinée ‎à séduire un électorat, plutôt, situé à droite, mais ce sont des faits ‎qui comptent. ‎

    Rédaction française de l'IRIB