18.04.2009

MA VIE À CONTRE-CORAN

Algérienne d’origine, exilée en France avec sa famille pour échapper à la mort, elle vit au Québec depuis 1997. Djemila Benhabib vient de publier son premier essai Ma vie à contre-Coran. Une femme témoigne sur les islamistes dans lequel elle raconte la terreur qu’elle a vécu avec la montée de l’intégrisme religieux et met à nu les différentes stratégies des islamistes pour imposer leur dictature. L’auteure nous met aussi en garde contre notre trop grande tolérance vis-à-vis ceux qui cherchent patiemment à saper les bases de notre démocratie pour imposer leur vision fasciste et obscurantiste de l’islam.

Citoyenne du monde, féministe et laïque, Djemila Benhabib est tissée de la même étoffe que les Taslima Nasreen, Wafa Sultan, Chadortt Djavann et Ayaan Hirsi Ali. Ces femmes, toutes de culture musulmane, reprennent le flambeau des Lumières, et au nom de la défense des droits humains, osent avec une farouche détermination, s’attaquer à l’intégrisme islamique. Et cela, au péril de leur vie.

Nouvelles dissidentes de l’Histoire, elles mériteraient toutes de pouvoir jouir ici en Occident de la même sécurité, du même soutien, de la même admiration, du même respect et de la même attention médiatique auxquels les Sakharov et Soljenitsyne ont eu droit, à une époque pas si lointaine.

Ce livre de Benhabib, nous l’attendions depuis longtemps. Tous les « Tremblay » du Québec l’attendaient. Puisse-t-il ouvrir une brèche dans la pensée unique de nos bien-pensants qui étouffent invariablement toute critique de l’islamisme.

« J’ai écrit ce livre pour que les gens sachent ce qu’est l’islam politique, une idéologie de mort qu’on veut nous imposer. » 

En Algérie, vous avez risqué votre vie en refusant de porter le voile, alors qu’ici on le présente comme un choix personnel?
 « Le voile n’est pas qu’un simple vêtement,  il fait partie d’un « package »,  d’un système de valeurs qui est rétrograde, archaïque et barbare à l’égard des femmes parce que le voile, c’est aussi la répudiation, la polygamie, le mariage forcé et arrangé, l’excision, la non-mixité, les châtiments corporels comme la flagellation, la lapidation. Or on nous le présente comme indépendant de tout cela. Mais c’est faux. Le voile, c’est l’emblème de l’intégrisme. »

Il y a des gens qui pensent qu’il faut tolérer le voile parce qu’il fait partie de votre culture?
« Moi le voile, cela ne fait pas partie de ma culture, ni de la tradition. Ma grand-mère ne se voilait pas, enfin oui,  elle se voilait parce que ce sont des sociétés encore fortement patriarcales, mais elle ne portait pas le voile islamique tel que le font aujourd’hui les militantes islamistes. On a vu l’apparition de ce voile dans les années 80 avec Khomeini. C’est lui qui a imposé le port du voile islamique tel qu’on le voit aujourd’hui. Donc il n’est pas du tout ancré dans notre culture, bien au contraire, le voile islamique est venu chasser du décor visuel ce que nos femmes portaient comme un truc traditionnel. Il n’est donc pas une spécificité culturelle, mais bien un geste politique d’adhésion à l’islamisme politique. C’est tout. »

Et que répondre à Amir Khadir, affirmant que les femmes iraniennes ont porté le voile comme un étendard politique pour s’opposer au Shah?
« C’est bizarre,  parce que moi,  toutes les Iraniennes que j’ai rencontrées, sont des femmes qui ont dû s’exiler parce que leur vie était en danger et qu’elles ne cadraient pas avec le régime islamiste. Alors c’est bien étrange que M. Khadir n’en parle pas. Est-ce à dire qu’il n’est pas au courant de la situation? Je ne le pense pas.  Saviez-vous que la législation iranienne prescrit l’emprisonnement jusqu’à 12 mois, des amendes et la flagellation pour des infractions relatives au code vestimentaire?

Mais vous savez, en politique, il y a des choix à faire. Et si M. Khadir a choisi de parler des femmes voilées, c’est peut-être parce qu’il les soutient? Pourquoi ne parle-t-il pas des femmes opprimées, laïques et féministes? Il y en a beaucoup. Ne les a-t-il pas rencontrées? »

Devrait-on, comme le veut Françoise David, accepter le port du voile dans les institutions publiques pour empêcher l’exclusion sociale et économique de ces femmes musulmanes? « Écoutez, le Québec ce n’est pas un bazar. Le Québec est une société qui s’est donné démocratiquement des institutions laïque et égalitaire et, par conséquent, lorsqu’on pose des gestes, on doit constamment les inscrire dans ce cadre-là. On doit respecter les choix de la collectivité et le bien commun. Cela doit primer sur tous les autres choix que l’on fait. On a un contrat social à respecter. Et ceux qui disent qu’on peut accepter le port du voile dans les institutions publiques violent le consensus social. La laïcité, c’est notre ciment, et tant et aussi longtemps que les Québécois décideront de faire du Québec un État laïque, alors il va rester laïque, et tous les citoyens doivent respecter cette laïcité-là. »

Et la laïcité ouverte, cela signifie quoi pour vous?
« Moi, dès qu’on ajoute un adjectif à la laïcité, cela me dérange. Pour moi, il n’y a que la laïcité, et c’est un concept qui est très clair. C’est l’égalité entre les croyants, les agnostiques et les athées. Et l’État doit veiller à cela. Sur la place publique, on est égaux. C’est tout,  et je ne vois pas pourquoi on lui associe le terme de fermée ou d’ouverte. »

2017348595_2.jpgOn va dire de cela que c’est de l’intégrisme laïque, non?
« Écoutez, moi j’ai vécu les prémisses d’un État intégriste. Je n’en ai vécu que les prémisses et je peux vous dire que de vivre dans un tel état de peur permanente, c’est un cauchemar. Ma réflexion, elle se nourrit d’un vécu, et j’en suis arrivée à penser que nous ne pouvons vivre librement que sous un État laïque. Parce que j’ai déjà vécu sous des régimes oppressifs où il m’était interdit de dire que je n’étais pas croyante. Je ne pouvais pas le dire parce que je risquais ma vie. Cette violence-là, je l’ai vécue. »

Des femmes voilées se disent féministes à la « manière musulmane » et prétendent que nous n’avons pas à leur imposer « notre » féminisme qui n’est somme toute qu’une invention de l’Occident. Les féministes du Québec sont divisées sur cette question. D’après vous, peut-il y avoir plusieurs féminismes?
« Pour moi le féminisme, c’est s’insurger contre les injustices à l’égard des femmes, et vouloir les réparer. Et ici, je ne me pose pas la question de savoir si cette femme est afghane ou péruvienne. Je dis que lorsqu’il y a une injustice, il faut mettre fin à celle-ci.

Aujourd’hui, dans les pays musulmans et arabes, la plupart des femmes vivent dans l’injustice. Et cela, il faut le dire. Ce sont dans ces pays-là où, par exemple, les crimes d’honneur sont les plus élevés. Ce sont dans ces pays-là, où les femmes se font fouetter et lapider, dans ces pays-là, où elles se font répudier et maltraiter. Alors, on n’invente rien. On part de la réalité. Maintenant, qu’est-ce qu’on fait avec cette réalité? On se ferme les yeux, en disant que l’Afghanistan, cela ne nous regarde pas? Ce n’est pas la voie que j’ai choisie. Pour ma part, à chaque fois que je vois une injustice, je la dénonce parce que c’est mon devoir de citoyenne du monde de le faire. Mon combat, c’est un combat universel pour les droits humains. »

Que pensez-vous de l’attitude de la gauche et des féministes vis-à-vis l’intégrisme musulman?
« Je pense que Québec solidaire, en particulier, a des positions extrêmement dangereuses et inquiétantes par rapport à l’islamisme politique. Moi je suis très inquiète quand Mme David, qui est une des grandes féministes du Québec, cède devant les islamistes et prend position en faveur du port du voile. Mais Mme David lorsqu’elle a organisé la Marche mondiale des femmes, elle ne l’a pas organisée toute seule avec le Québec, mais avec toutes les femmes du monde. C’est dire que toutes les femmes du monde ont le droit à une vie décente. Et donc, on ne peut pas être féministe au Québec et ne pas l’être ailleurs dans le monde. C’est une contradiction. Et c’est en cela que la position de Mme David est problématique, parce qu’elle nous dit : quand l’intégrisme est catholique, je vais le dénoncer, mais quand il devient musulman, là on peut s’accommoder.

Non merci! On n’en veut pas de ces accommodements. C’en est assez de « folkloriser » les femmes musulmanes. L’argument culturel et identitaire relève du pur mépris. Pourquoi des traditions injustes, façonnées dans des sociétés patriarcales, que des hommes et des femmes ont combattues partout dans le monde, seraient-elles acceptables pour des musulmanes? Parce que ces accommodements-là, ce n’est pas Mme David qui va les subir, mais les femmes musulmanes. Et moi, je ne veux pas subir ce que j’ai fui. Si j’ai fui l’intégrisme musulman, ce n’est pas pour le retrouver ici au Québec. Ici, je veux vivre comme toutes les femmes du Québec. Je demande l’égalité, c’est tout. »

Dans votre livre, vous exposez les différentes stratégies utilisées par les islamistes, aussi bien en Orient qu’en Occident. Parlez-nous de celles utilisées ici même au Québec.
« D’une manière générale, ils profitent de toutes les défaillances de l’État. Lorsqu’un immigrant arrive dans un nouveau pays, il est confronté à des difficultés et si nous, en tant que société, n’y répondons pas, alors d’autres vont le faire. Et ce sont des groupes islamistes extrêmement bien organisés et financés par des États étrangers comme l’Iran ou l’Arabie Saoudite qui vont prendre en charge socialement et économiquement les nouveaux arrivants. Donc, ils les dépannent. »

Et cela se fait ici au Québec?
« Bien évidemment! Il y a des réseaux très bien structurés qui les aident à se trouver un logement ou un emploi, qui payent les loyers de certains immigrants, qui payent même parfois l’Université, qui donnent des cours d’informatique, de langues, des cours de n’importe quoi, qui organisent des conférences sur différents sujets comme, par exemple, les médias et l’islam. J’ai même déjà reçu une invitation de « Présence Musulmane » pour une conférence sur, tenez-vous bien, l’environnement et l’islam! N’importe quoi! Et il y a aussi la propagande dans certaines mosquées et écoles islamiques.

Ils ont un agenda politique qu’ils ne nous montrent pas parce qu’ils ont compris que cette stratégie n’était pas gagnante. Par contre, ce qui est gagnant, c’est de passer par la liberté religieuse, les demandes d’accommodements, parce que cela titille des valeurs qui sont fondamentales pour l’Occident. Donc, c’est sur le terrain de la liberté religieuse qu’ils mènent leur combat. Et c’est sur ce même terrain qu’ils crient au racisme et à l’islamophobie pour museler la liberté d’expression et faire taire les critiques. »

En Algérie, les islamistes ont liquidé l’élite intellectuelle mais ici, ils la courtisent…
« Vous savez les intégristes ne sont pas des idiots. Ils ont compris, par exemple, qu’en instrumentalisant les femmes, qu’en envoyant les femmes voilées aux médias, les plus pimpantes, les plus éduquées qui s’affichent comme des modèles d’intégration et présentent le voile comme un choix personnel, ils savent que cela déstabilise les gens.

Mais moi, cela ne me déstabilise pas du tout parce que ces femmes-là ne sont pas des femmes opprimées et soumises. Ce sont des militantes politiques et il faut les considérer comme telles, c’est-à-dire des adversaires politiques qu’il faut combattre. On n’a pas à faire du copinage ou du charme avec elles. Ce sont des militantes qui sont engagées dans une voie différente de la nôtre et il faut les combattre. C’est tout. »

Il y a des intellectuels musulmans qui souhaitent réformer l’islam, tels l’Algérien Malek Chebel qui nous a donné plusieurs propositions pour réformer l’islam ou encore la Canadienne d’origine pakistanaise Irshad Manji. Peut-on réformer l’islam, et pourrait-il enfin connaître son siècle des Lumières?
« Je le souhaite. De toute façon, en islam, il y a déjà des Voltaire. Il y a déjà des gens libres qui ont dénoncé un certain nombre de choses et qui ont remis en cause l’islam. Par contre, moi je ne veux pas m’inscrire dans la religion pour me libérer. Mon émancipation trouve sa place dans l’universel et la religion ne peut pas constituer l’universel. Donc pour moi, s’émanciper, c’est lutter à l’extérieur de la religion.

Je ne me situe pas dans un courant réformiste de l’islam. Il y a mille et une interprétations possibles de l’islam.  Et aujourd’hui la tendance la plus lourde qui est largement répandue dans le monde, c’est l’interprétation la plus rétrograde. Il aurait pu y avoir une interprétation moderne, mais malheureusement, elle n’est pas là. Donc moi, je ne vais pas attendre quatorze siècles encore pour réformer cette religion-là. Moi je veux vivre en femme libre, maintenant, et je veux m’inscrire dans mon temps. »

Avez-vous le sentiment d’avoir le Québec derrière vous?
« Vous savez, ce qui m’a motivée à écrire ce livre, ce sont les gens qui ont témoigné à la commission Bouchard-Taylor. Quand j’ai vu leur attachement à la laïcité et à l’égalité des sexes et les leçons que leur ont données les deux commissaires qui les ont finalement traités avec mépris et dédain, cela m’a propulsée dans l’écriture et j’avais envie de dire aux gens qu’ils sont sur la bonne voie et qu’ils ont raison de se tenir debout pour défendre la laïcité et l’égalité. Je n’invente rien, je n’ai fait qu’ajouter ma voix à celle des autres. »

Et pourtant, durant les travaux de la Commission, nombreux ont été les médias qui ont présenté les Québécois, ceux des régions en particulier, comme une bande d’attardés. Les conclusions de la commission les accusaient même d’étroitesse d’esprit et de crispation identitaire?  « Vous savez quand je suis arrivée au Québec, je voulais connaître le pays et je me suis donc baladée un peu partout. Je me suis même rendue en Abitibi en autobus en plein mois de février pour donner une conférence sur la situation des femmes musulmanes dans le cadre de la Marche mondiale des femmes, et j’ai découvert un Québec généreux et ouvert. Et la façon dont on a dépeint le Québec, notamment durant la commission Bouchard-Taylor, m’a déplu parce qu’elle ne correspondait absolument pas à ma réalité.

Les commissaires ont essayé de ridiculiser des gens,  de minimiser la portée de leur message en faisant taire des voix laïques et féministes. On les a dénigrés, Gérard Bouchard les a même catalogués parce qu’ils lisaient tel journal ou écoutaient telle télévision, et moi je trouve que c’est déplorable parce que les commissaires se devaient d’être à l’écoute de tout le monde. Ce que cela m’a prouvé, c’est qu’ils sont déconnectés du peuple, et je peux dire que le peuple est beaucoup plus en avance qu’eux, sur bien des questions, notamment celle de la laïcité et celle du droit des femmes. »

Et Hérouxville?
« Vous savez, ces gens-là ne font pas peur. Par contre, avec les islamistes, je risque ma peau, à chaque minute, pour chaque mot. »

Il vous reste des souvenirs douloureux?
« Oui… bien sûr. Ce professeur, dans la cinquantaine, qui venait à la maison et qui me saluait toujours en disant « Bonjour la Jeunesse ». Il raccompagnait sa fille au lycée, lorsqu’un jeune gars est apparu de nulle part, a pointé un fusil sur sa tempe, puis il a tiré. Sa tête a éclaté, on pouvait voir son cerveau là, sur le trottoir. C’était en plein jour, en plein soleil. À l’entrée du lycée. Le gars a ensuite pointé son arme sur la tempe de sa fille de dix-sept ans, et il lui a dit : « Ça, c’est pour pas que t’oublies ». Puis, il est parti. Ce gars-là, j’ai joué aux billes avec lui lorsque j’étais toute petite.
Sur la rue, des volets se sont refermés, et j’ai compris que la lâcheté est humaine, mais vous savez, le courage aussi, c’est humain. »

djemila-benhabib-vit-coran-L-1.jpgMA VIE À CONTRE-CORAN
Une femme témoigne sur les islamistes
Djemila Benhabib
Vlb éditeur  Montréal,  2009, 268 pages

L'aut' journal Format papier 
Avril 2009 - no.278

28.05.2008

2 ans de prison pour 6 jeunes convertis à Tiaret en Algérie

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Le procureur du tribunal correctionnel de Tiaret a requis hier, deux ans de prison ferme à l’encontre de six jeunes convertis algériens accusés d’exercice illégal d’un culte non-musulman. Le procureur a également requis une amende de 500.000 dinars à l’encontre de chacun des prévenus qui comparaissaient dans un nouveau procès de convertis chrétiens. Les six jeunes ont été interpellés par la police à la sortie d’une maison où, selon l’accusation, ils venaient de tenir une messe sans autorisation.
L’exercice d’un culte-musulman ou non-musulman - est soumis à une double autorisation des autorités: la première concernant le lieu d’exercice et la seconde, le prédicateur qui doit être agréé par le ministère des Affaires religieuses. C’est la deuxième affaire de ce genre qui se déroule à Tiaret en l’espace de quelques jours. Il y a une semaine, le procureur de la République a requis trois ans de prison ferme contre une Algérienne convertie au christianisme et jugée pour exercice illégal d’un culte non-musulman.
Selon le président de l’Eglise protestante d’Algérie (EPA), le pasteur, Habiba Kouider a été arrêtée début avril par des gendarmes sur la route reliant Tiaret-Oran, en possession d’une dizaine d’exemplaires de la Bible. Réagissant dimanche dernier, à partir de Tiaret où il a installé le nouveau wali, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Yazid Zerhouni, a indiqué que «plusieurs lieux de culte et de prière musulman, chrétien ou autre, qui n’avaient pas d’autorisation ont été fermés» en Algérie. «Ces lieux étaient situés à l’intérieur d’appartements ou de caves d’immeubles, n’étaient pas déclarés et ne répondaient pas aux normes de sécurité», a-t-il dit. «Nous avons fermé des "mossalate" (lieux de prière), ainsi que des lieux de culte chrétiens qui n’avaient pas d’autorisation, car les prêches y étaient donnés par des gens non-qualifiés ou ne remplissant pas les conditions» pour être des serviteurs du culte, a-t-il poursuivi, soulignant que «rien ne permettait de savoir si les prêches donnés étaient religieux ou autre.» «La loi de 2006 stipule qu’il faut un agrément pour l’ouverture d’un lieu de culte - y compris un lieu de culte musulman - et un autre agrément pour celui qui assure le prêche». Le procès de Habiba Kouider a soulevé un tollé médiatique international qui a fait réagir de hautes personnalités politiques.
La secrétaire d’Etat française aux Droits de l’Homme, Rama Yade, a qualifié de «triste» et «choquant» le procès en Algérie d’une femme convertie au christianisme, disant espérer un «geste de clémence» à son égard, dans un entretien dimanche à Radio J. «C’est triste, c’est choquant, d’abord parce que cela contrevient à la Déclaration universelle des droits de l’Homme», qui proclame dans son article 18 la liberté de pensée, de conscience et de religion, a déclaré Mme Yade. «Conformément à l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et conformément à la tradition d’hospitalité de l’Algérie, je crois que ce serait bien d’avoir un geste de clémence», a-t-elle ajouté. D’autre part, ce même procès a été qualifié de «légal» par un membre de l’association des Ouléma musulmans, Abdelhamid Abdous et de «honteux» par le président de la Ligue algérienne des droits de l’Homme, Hocine Zahouane.
Les autorités algériennes dénoncent, depuis quelques mois, une «campagne d’évangélisation» menée notamment par l’Eglise évangélique, qui a récusé l’accusation, affirmant ne se livrer à aucune activité prosélyte dans le pays. Selon le ministère algérien des Affaires religieuses, on compte quelque 11.000 chrétiens en Algérie, alors que selon Mustapha Karim, président de l’Eglise protestante, leur nombre s’élèverait à 60.000, dont une dizaine de milliers seulement sont des pratiquants.
L’Algérie compte 36 millions d’habitants selon les résultats préliminaires du dernier recensement de mai. Cette question de christianisation commence à faire de plus en plus de bruit en Algérie.

R.N ( L'Expression )

19.05.2008

L’Afrique du Nord est une cible de choix de la Révolution chiite iranienne

1805021679.jpgLa "victoire divine" du Hezbollah et le brassage médiatique qui l’a accompagnée et suivie, et les fonds iraniens investis dans l’exportation de la Révolution chiite, inquiètent les pays du Maghreb. Après l’établissement par les autorités marocaines de liens entre le groupe terroriste de Bellarij et le Hezbollah libanais, voici le FIS algérien qui soutient le parti de Dieu.

En effet, Selon le site « Aafaq.org », Ali Behajj, le N°2 du FIS dissous, a critiqué l’Arabie Saoudite avec une virulence inouïe, apportant un soutien sans faille au Hezbollah libanais qui, selon lui, « joue un rôle essentiel dans la défense de la nation islamique ». Benhajj, dont le fils Abdelkahhar a rejoint Qaïdat Al Jihad au Maghreb Islamique (QJMI), a dénoncé le régime saoudien qui, selon le chef charismatique du FIS (interdit de parole depuis sa sortie de prison), « trahit la nation et qui s’allie aux ennemis de l’islam et s’efforce de cacher sa trahison avec des aides apportées ici ou là. L’Arabie pense ainsi acheter les gens avec son argent... ».

L’intérêt de cette sortie de Benhajj, qui demeure très influent dans les milieux djihadistes algériens, est qu’il dément le quotidien « Ech Chorouk » qui affirmait, récemment, que « des dizaines d’Algériens étaient enrôlés au Liban pour combattre le Hezbollah ».

Outre cette prise de position particulièrement inquiétante, une mutation semble s’opérer en Algérie, où les conversions au chiisme sont de plus en plus nombreuses. Lors de la dernière fête chiite d’Al-Ashoura, la presse algérienne avait tiré la sonnette d’alarme quant au nombre de personnes qui se sont livrées à des scènes d’autoflagellation, pour commémorer la mort de Hassan et de Hussein.

L’autre preuve sur cette infiltration chiite au Maghreb est sans doute le lancement du premier journal chiite au Maroc, pourtant un pays purement sunnite. « Aafaq.org » nous a appris, le 18 mai, que « Rou’a Moassira » (vision contemporaine) a été tiré à 7.000 exemplaire pour son premier numéro, et le journal a été vendu en un temps record. La naissance de ce journal chiite, dont les sources de son financement restent inconnues, intervient au moment où plusieurs milliers de Marocains se seraient convertis. De sources dignes de foi estiment leur nombre à 7.000. D’ailleurs, les derniers sondages réalisés au Maroc sont révélateurs : 52% des personnes interrogées estiment que le Hezbollah est un parti de résistance exemplaire, alors que 32% le qualifient d’outil iranien.

Rappelons que les autorités de Rabat avaient accusé le groupe islamiste de Bellarij, démantelé en février dernier d’avoir des liens avec le Hezbollah et l’Iran, et avait tenté d’installer un camp d’entraînement dans la zone libanaise contrôlée par le parti iranien.

Chawki Freïha  ( MAI )

28.03.2008

Nouvelle vidéo d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique : un appel au Jihad et des images d’une rare violence

Un site islamiste lié à Al-Qaïda vient de mettre en ligne une vidéo d’un peu moins de 13 minutes, datant de mars 2008, dans laquelle "Qaïdat Al Jihad Fil Maghreb Al-Islami" (QJMI), ex-GSPC, fait la promotion du martyre en s’appuyant sur les enseignements d’Oussama Ben Laden dispensés à ses proches en Afghanistan.

Intitulée « Les amoureux des Vierges du Paradis » promises aux martyrs, la vidéo montre des images insoutenables des scènes de préparation idéologique et psychologique des jeunes kamikazes qui précèdent le passage à l’acte. Des maquisards adolescents, candidats au suicide, sont « fêtés » par leurs compagnons, qui les « envient » puisqu’ils s’apprêtent à « rejoindre le Prophète au paradis », et à jouir éternellement des 72 « hourias » (vierges) et des délices promises. Selon la littérature d’Al-Qaïda, diffusée par Ben Laden sur cette vidéo, « le martyre est ce qu’il y a de plus noble qu’un musulman peut espérer dans sa vie de bon fidèle, qui doit défendre le Prophète et l’islam, et qui doit œuvrer pour gagner le paradis... ».

L’enregistrement montre un véritable « atelier en plein air », avec ordinateur portable et le matériel nécessaire à la confection des voitures piégées. Les maquisards y préparent une grande citerne qui sera bourrée d’explosifs, et chargée à bord d’une fourgonnette. Le document montre ensuite un jeune kamikaze, à peine âgé de 15 ans, qui apprend à conduire le véhicule. Puis la vidéo montre l’attaque, exécutée contre la caserne des garde-côtes de Dellys, en septembre 2007, après une reconnaissance aérienne par « Google Earth ». L’attaque avait fait une trentaine de morts, et plusieurs dizaines de blessés. Al-Qaïda affirme avoir fait plus de 90 morts et blessés graves. L’explosion est en effet d’une violence inégalée. Elle a dégagé un véritable champignon, soufflant une partie de la caserne. Le tout était filmé par deux caméras placées en face de la caserne en toute quiétude. Le montage intègre, tout le long des 13 minutes, des chansons hostiles au régime (le tyran), aux généraux et militaires (les chiens du tyran) aux Occidentaux (les impies et les croisés) et aux Juifs (les descendants des porcs et des singes)...

La diffusion de ce document, près de six mois après les faits, semble dû aux difficultés techniques auxquelles la QJMI est confrontée en Algérie. Néanmoins, elle prouve que le réseau possède des connaissances techniques et une expertise implacable, tant au niveau balistique (confection des explosifs) qu’au niveau de la communication. La vidéo est un appel sans détour au Jihad, lancé par Al-Qaïda aux jeunes Algériens. L’organisation terroriste promet de poursuivre la lutte jusqu’à la victoire de l’islam, et la défaite du tyran et des impies.

C’est sans doute cet appel qui a fait réagir les Etats-Unis, ce 27 mars. Le Département d’Etat vient d’attirer l’attention des ressortissants américains sur le danger terroriste en Algérie, et de leur demander d’éviter cette destination.

"Pour voir la vidéo, mise en ligne le 26 mars 2008, cliquez ici"

MediArabe.info