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archéologie

  • Stonehenge et ses mystères

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    Ce n’est pas de l’archéologie à la Indiana Jones, mais tout de même : les recherches en cours autour du mythique site de Stonehenge, ont fait reculer l’horloge de 500 ans : plusieurs siècles avant l’érection des premières pierres, Stonehenge était déjà un cimetière.

    « C’était un cimetière qui a grossi pendant plusieurs siècles », résume Mike Parker-Pearson, de l’Université de Sheffield, en Angleterre, et ceci pourrait expliquer pourquoi ce site est progressivement devenu sacré, aux yeux des habitants de la région.

    Les plus anciennes traces de crémation humaine que son équipe a découvertes ont été datées de 3000 ans avant J.C., et les autres s’étalent sur cinq siècles; les archéologues croyaient jusqu’ici qu’il n’avait été un site d’enterrement qu’entre 2800 et 2700 av. J.C.. Les plus anciennes pierres ont été érigées entre 2500 et 2400 av. J.C..

    Étonnamment, ces traces de crémation ont été découvertes dans un... musée. Elles font partie de 52 sites excavés dans les années 1920. La majorité des restes avait été à nouveau enterrée, parce que jugée ayant peu de valeur. Trois sont restés au musée de Salisbury, où elles ont livré ces secrets.

    Parallèlement, l’équipe de Parker-Pearson a à son tour creusé quelques trous sur un site appelé les Murs de Durrington —un vaste cercle situé à un peu plus de 3 kilomètres au Nord de Stonehenge. En 2005, cette équipe y avait découvert les restes de plusieurs maisons; elles ont à présent découvert les restes d’autres habitations, le long d’une avenue reliant les Murs de Durrington à la rivière Avon. Les Murs de Durrington auraient donc en fait été un village, qu’il évalue à 300 familles, ce qui en aurait fait le plus gros d’Europe du Nord à cette époque.

    Sa présence à proximité de Stonehenge n’est certainement pas une coïncidence, mais s’agit-il de l’oeuf ou de la poule? Une élite locale se serait fait enterrer à cet endroit, en faisant ainsi un lieu de plus en plus vénéré, avant même que ne soient érigées les pierres? Ou bien est-ce l’élite locale qui a fait ériger les pierres pour honorer la mémoire de ses ancêtres? Dans tous les cas, affirme l’archéologue, « Stonehenge n’était pas érigé dans l’isolement » mais faisait partie de ce plus vaste complexe funéraire.

    Un complexe funéraire formé d'une paire : l’un se voulant éternel (la pierre), l’autre plus éphémère. Entre les deux, la rivière Avon, lieu symbolique de passage d’une vie à l’autre.

    Mais il y a une hypothèse alternative : Stonehenge aurait pu être un lieu de pélerinage. Un genre de Lourdes de son époque : un lieu auquel on attribuait des pouvoirs de guérison et où, fatalement, des gens venaient mourir. C’est l’hypothèse avancée par Tim Darvill, de l’Université Bournemouth, en Angleterre : l’érection des pierres marquerait, dans cette hypothèse, une période de transition entre l’époque où le lieu était un site de pélerinage populaire, et celui où une élite locale a formalisé cette croyance.

    Darvill et son collègue ont mené ce printemps une fouille à Stonehenge, la première qui ait été autorisée en 44 ans.

    De Stonehenge, on a tout dit : observatoire, temple dédié à la Lune, lieu d’atterrissage d’extra-terrestres... On a tout dit, mais jamais rien prouvé. Stonehenge est également loin d’être unique : de tels monuments faits de pierres levées sont éparpillés à travers les îles britanniques. Stonehenge ne s’en distingue que par ses pierres, en particulier les pierres bleues, transportées sur 400 km. Darvill et son collègue espèrent, par leur fouille, dater plus précisément l’arrivée de ces pierres bleues. Les résultats sont attendus ce mois-ci, tandis que les recherches de Parker-Pearson ont fait l’objet d’un documentaire de la série National Geographic.

    (Agence Science-Presse)