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ben laden

  • ben Laden ou l'autodafé d'un roman hérétique

     

    « Le roman est une méditation sur l'existence vue au travers de personnages imaginaires. »

    Milan Kundera

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    Il y a les apparences et ce à quoi nous invite notre condition d'homme, la traversée des apparences,long voyage initiatique , the voyage out.

    L'opération « Géronimo » a donc été un grand succès. Opération, nous dit-on, menée par des phoques ( les seal de l'US Navy ) mais plus vraisemblablement par le JSOA , le service des opérations conjointes, comprenant les bérets verts de l'US army, le groupe d'action psychologique ( PSYOPS ), trois bataillons de rangers et diverses unités « fantômes » de l'US Air Force. Bref, les les Forces spéciales se sont entraînées quelque part entre San Diego, en Californie, Norfolk en Virginie et Fort Bragg en Caroline du Nord, le tout planifié par les logiciels de la NSA à Fort Meade dans le Maryland.

    Le scénario, cependant, laisse un peu à désirer : A quelques mois du dixième anniversaire du 11 septembre, l'ingénieur milliardaire saoudien Oussama ben Laden, qui venait de fêter ses 54 ans, vivant depuis 5 ou 6 ans dans sa retraite de luxe au Pakistan, à cent kilomètres d'Islamabad, près d'une académie militaire, est malheureusement tué en se protégeant avec sa nouvelle jeune épouse. Miracle de la science, son identité est attestée par des tests ADN en quelques minutes et on balance son corps dans la mer à plus de mille kilomètres du lieu de l'attaque. De plus, le directeur de la CIA indique que les Etats-Unis n'ont pas informé le Pakistan de l'opération car ce pays "aurait pu alerter" le chef d'Al-Qaïda de l'imminence du raid.

    Nous pourrions nous contenter de ces explications et des rebondissements spectaculaires à prévoir ne serait-ce que pour ne pas gâcher la joie bien compréhensible, quoique parfois puérile, de certains new yorkais. Cependant ce tintamarre médiatique peut aussi nous pousser à remettre en ordre les séquences d'une histoire que l'on cherche à nous simplifier jusqu'à la nausée.

     

    Alain Marsaud, président de la fédération UMP de la Haute-Vienne, Ancien magistrat, notamment ancien chef du Service central de lutte antiterroriste au Parquet de Paris, a déclaré le 2 mai sur la chaine LCP :«  les américains racontent n'importe quoi et vous journalistes vous reprenez ces informations ».

    Et si nous essayions de sortir de ce « n'importe quoi » ?

    S'il n'est pas envisageable de minimiser dans l'épopée ben Laden, sa participation à la lutte, dans la fin du vingtième siècle, avec les USA contre « le communisme mondial », on ne saurait s'en contenter pour accéder à une compréhension contemporaine des mécanismes mis en place par la « nébuleuse » Al Qaida et qui , aujourd'hui encore, présentent un intérêt indéniable pour mieux saisir les coulisses de la marche du monde.

    Durant la guerre froide, les USA ont développé partout dans le monde une « contre idéologie » s'opposant au  « communisme athée ».

    C'était logique. Le capitalisme américain ne pouvait présenter une doctrine humaniste enthousiasmante seulement basée sur « la théorie de l'accumulation ». C'était idéologiquement pauvre, historiquement catastrophique et philosophiquement désespérant. Aussi, il investit le champ religieux. Tout d'abord avec GLADIO et CONDOR, il accorda diverses « aides » aux structures chrétiennes de droite jouant sur leurs positions politico-sociales communes.

    On le vit en France, en Italie, en Grèce, au Portugal, en Espagne et en Amérique du Sud évidemment.

    Concernant le « monde arabo-musulman », il se contenta longtemps du double verrou : l'Iran du Shah et Israël. Mais il ne trouvait pas d'allié fiable dans le monde sunnite. Or en 1979 il se trouva confronté à un double séisme : la victoire de la révolution islamique à Téhéran et la prise de Kaboul par les soviétiques.

    Sa réaction fut autant surprenante qu'admirable, nous devons bien l'admettre, stratégiquement et tactiquement parlant. Là où beaucoup d'autres auraient considéré qu'il fallait négocier ou faire une pause dans la guerre, il y vit la meilleure occasion d'abattre l'empire soviétique.

    Le capitalisme et son complexe militaro-industriel , les USA n'avaient pas à chercher, pour une fois, des mercenaires ou à engager des troupes au sol pour atteindre leurs objectifs, car vinrent à eux les partisans du Djihad, non seulement les combattants mais aussi les capitaux.

    Au milieu des années 80, le mariage de convenance entre les USA et le fondamentalisme sunnite se mua en un pacs à trois : direction américaine, argent saoudien et gestion pakistanaise. Le Pentagone injectait de fortes sommes dans la guerre mais cela ne suffisait jamais. Alors il entérina, par l'intermédiaire de la CIA, un accord politique avec Oussama ben Laden, acceptant ainsi une totale « privatisation » du financement de la guerre soviéto-afghane gérée par les islamistes des services secrets pakistanais de l'Inter-Services Intelligence ( l' ISI ).

    Le Pakistan voyait tout l'avantage d'entrer dans cette alliance pour aider les tribus sœurs d'Afghanistan.

    Mais aussi, mais surtout, grâce aux généreux donateurs et volontaires islamistes, la miraculeuse possibilité de contrôler et de disposer, en toute quiétude, des immenses bénéfices financiers générés par le commerce de la production d’opium tiré du pavot, le trafic de la résine d’opium brute et des dérivés narcotiques plus forts, comme la morphine, la codéine et l’héroïne, devenus des facteurs clé de l’économie de guerre , le tout blanchi par les banques et les œuvres charitables, sous la haute main de ben Laden.

    L'ISI détourna ainsi une partie des ressources destinées à la guerre antisoviétique au profit du conflit séculaire opposant Inde et Pakistan au Cachemire et de la haine religieuse des islamistes contre l'hindouisme majoritaire en Inde.

    Plus encore, l'ISI se servit et se sert encore du Cachemire comme base arrière du terrorisme pour déstabiliser la société indienne.

    A Langley, au QG de la CIA, on se félicitait de cette réussite sur tous les plans, surtout qu'on ne faisait pas confiance au géant indien si indifférent et « non aligné » mais dangereusement proche des soviétiques. On invita même le fidèle allié israélien à apporter une contribution substantielle à l'armée islamique afghane. Le prix à payer fut lourd. Les nombreux combattants palestiniens anticommunistes, antisoviétiques donc anti-fatah devinrent plus tard les fondateurs du Hamas. C'est au Pakistan que ben Laden rencontra puis finança Abdallah Azzam l'inspirateur du Hamas, qui considérait l'OLP comme des laïques vendus au Satan soviétique. C'est aussi au Pakistan que ben Laden fit la connaissance, à la mosquée Binoori de Karachi, d'un jeune religieux blessé grièvement au combat dans les montagnes afghanes, qui deviendra le chef des Talibans : le mollah Omar et dont il épousera la fille.

    Bien que ben Laden fit un cours séjour dans une unité militaire islamiste où il fut blessé dans la vallée du Laghmân, il était essentiellement le grand organisateur de l'intendance, un technicien de grande qualité pour les montages financiers et un fédérateur des mouvements islamistes mondiaux. On pourrait revenir sur ses actions en Algérie, Égypte, Tunisie, aux Philippines avec son ami Abu Sayyaf ou au Yemen dont sa famille était originaire. Contrairement à l'idée légèrement méprisante qu'il ne fut qu'un simple symbole pour des musulmans intégristes, il fut, avant tout, le créateur d'une véritable internationale, comparable au Komintern, avec ses groupes dissidents, ses actions « ponctuelles », ses luttes de pouvoir.

    C'est précisément dans ce développement d'une organisation puissante, autonome et très structurée qu'il faut chercher le point de rupture apparent avec les USA.

    Vu depuis Langley, le « programme » suivait les principes classiques et rassurants de la CIA. Les forces spéciales américaines et « alliés » forment les formateurs. Dans ses écoles et ses camps l'ISI entraîne la masse des simples moudjahidin et les convoie au combat, ben Laden se chargeant du trafic, de la distribution des armes ainsi que du convoyage et des émoluments des agents ( recruteurs ou provocateurs ), la CIA supervisant l'ensemble.

    En réalité la Centrale s'aperçut qu'après une bonne dose de corruption, beaucoup d' armes remises à l'ISI se retrouvaient aux mains de groupes internationaux de fanatiques musulmans formés à la guérilla et au terrorisme urbain.

    Ben Laden et l'ISI s'étaient progressivement émancipés de la tutelle US pour poursuivre ses propres buts de guerre.

    D'ailleurs une fois l'URSS forcée à retirer ses troupes, il apparut que ben Laden et l'ISI voulait assoir leur pouvoir sur l'Afghanistan. Bien qu'une extension de pouvoirs sunnites prêts à en découdre avec un Iran chiite ne déplaisait pas, à priori, à Washington, il semble que les premiers sérieux craquements se firent entendre.

    Le nouvel ennemi était devenu la Chine mais paradoxalement l'ISI et ben Laden semblaient ne plus prendre en compte le caractère  « communiste-athée » du grand Dragon. Et pourquoi donc ?

    Parce que la Chine, en conflit de puissance régionale avec l'Inde avait rapidement entamé une guerre révolutionnaire larvée, qui ne cesse de s' étendre, en soutenant des groupes maoïstes dans les provinces indiennes de Jharkand, Chhattisgarh ainsi que dans le Bengale occidental.

    Les américains de leur côté, en lutte pour l'hégémonie sur la planète avec Pékin, s'étaient rapprochés de l'Inde et surtout avaient engagé toutes leurs forces pour l'asphyxie du géant chinois, par le contrôle total des ressources de gaz et d'hydrocarbures. Un nouveau siècle commençait, celui des guerres du pétrole et du pillage néo-colonial.

    Il y eut le 11 septembre et les USA désignèrent ben Laden et la conspiration mondiale islamiste. On sait aujourd'hui où cela nous conduisit. Des alliances s'écroulèrent, les amis d'hier devinrent des ennemis, on abandonna les dictateurs.

    Et si ce dernier point était la clé de la compréhension de la fin du chapitre Oussama ? Si les « révolutions arabes » , l'appel à la « démocratie » , au modèle universel et indépassable de l'économie libérale capitaliste anglo-saxonne marquaient le début d'une autre forme de combat ?

    Si pour gérer et marginaliser la Chine, il était préférable, et finalement suffisant, de parler de « liberté », de « démocratie » et surtout de « bien-être » ?

    Au fond, Al Qaida ne promettait-il pas que seul le véritable bonheur se trouvait dans l'Au-delà ? Le combat, la guerre, la mort et l'héroïsme, c'est par trop antique et hypothétique pour une jeunesse fut-elle « arabe » à qui on a fini par faire préférer plutôt « le vin d'ici … que l'Au-delà » ….

    D'un point de vue Marketing, nous dirions que ben Laden était mal positionné sur le marché géopolitique, trop en décalage avec les aspirations de sa « cible » jeune. Il fallait donc en finir avec ce produit d'un autre siècle, d'un autre millénaire. Oussama plus vendeur, trop coûteux pour de lourds investissements qui ne rapportaient plus. On a retiré le produit de la vente. De toute façon, il était en rupture de stock depuis plusieurs années. Et puis les publicitaires commençaient à manquer d'idées. Il faut savoir terminer une grève, une guerre ou une propagande.

    Il y aura encore des attentats car les frustrations et les injustices demeurent mais on pourra désormais aisément les qualifier de résidus d'un autre age. Et le temps passera. On s'apercevra, un jour, c'est certain mais trop tard, que ben Laden était un roman car le roman est l'art de créer un homme. On écriera alors, peut-être, une vraie biographie car la biographie est l'art de ressusciter.

    Mais si ce jour arrive, si l'on ose affronter l'impensable, l'inénarrable, l'inimaginable alors nous nous ferons peur. Car selon le mot d'Aragon ce personnage pour toujours insaisissable « est la clef des chambres interdites de notre maison ».

    Jean-Marc DESANTI

  • Al-Qaïda frappe à nouveau en Algérie. 13 morts dont un Français

    Qaïdat Al Jihad Fil Maghreb Al Islami - QJMI - l’antenne maghrébine de l’organisation de Ben Laden, met en application les recommandations d’Oussama Ben Laden et d’Ayman Zawahiri, et frappe à nouveau les expatriés et les forces de l’ordre en Algérie. Dans tous ses enregistrements, la QJMI promet de "libérer le Maghreb islamique" des "impies, des étrangers et des agents de l’Occident et du pouvoir".

    Depuis l’allégeance du GSPC à Al-Qaïda, en septembre 2006, et sa transformation en Qaïdat Al Jihad Fil Maghreb Al Islami (QJMI), Oussama Ben Laden et Ayman Zawahiri n’ont manqué aucune occasion pour appeler les islamistes maghrébins, et particulièrement algériens, à « libérer la terre islamique d’Afrique du Nord des mécréants, condition indispensable pour libérer ensuite l’Andalousie », anciennement islamique. Pour Al-Qaïda, les impies et les mécréants en Afrique du Nord sont « les entreprises occidentales qui pillent les richesses des musulmans pour financer la guerre contre d’autres musulmans en Irak et en Afghanistan ». Il s’agit aussi « des pouvoirs, qui s’allient à cet Occident impie, et tous les agents du pouvoir » (les fonctionnaires, les agents de sécurité, l’armée... ».

    Vue sous le prisme d’Al-Qaïda, le double attentat qui a frappé Lakhdaria, dimanche 8 juin, est un succès. Car il a visé à la fois une entreprise française (Razel), tué un expatrié français (mécréant), et fauché 11 agents du pouvoir. Ce double attentat intervient trois jours après un autre double attentat contre la Garde républicaine à Bourdj El-Kiffan. Si la première opération a partiellement échoué, ne faisant que trois morts dont un kamikaze et une dizaine de blessés, celle de dimanche a été planifiée avec une grande minutie. Une première explosion a visé un « mécréant » selon la terminologie d’Al-Qaïda. Âgé de 57 ans, l’ingénieur de l’entreprise Razel a été grièvement touché, ainsi que son chauffeur. Ils ont succombé à leurs blessures peu après. A l’arrivée des secours et des forces de l’ordre, une deuxième bombe, actionnée à distance, a fait 11 morts. Il s’agit de huit militaires et de trois agents de la protection civile. Au total, le double attentat a fait 13 morts.

    Selon « Radio-Orient », les autorités ont immédiatement coupé le réseau de téléphonie mobile, pour empêcher les terroristes d’actionner d’autres éventuelles bombes placées autour du lieu du drame. La police scientifique a entamé son enquête. Mais certains se demandent à quoi servent les enquêtes du moment où les auteurs des attaques sont connus et ils ne cessent de les revendiquer et d’en annoncer d’autres à venir ? D’autres s’inquiètent surtout de la politique algérienne en matière de lutte contre la QJMI et s’interrogent sur le fondements des jugements prononcés à l’encontre des islamistes, jugements très marqués par de très lourdes peines quand les terroristes sont jugés par contumace, et des peines très réduites quand ils comparaissent. Ce double langage des autorités, qui annoncent une fermeté exemplaire contre le terrorisme, mais qui sont d’une extrême clémence avec les terroristes, ne fait qu’encourager les maquisards dans leur entreprise.

    MediArabe.info

  • Kriegspiel

    Je sais que l’émotion est mauvaise conseillère mais il se trouve que j’ai porté le béret rouge assez longtemps pour que certaines victimes du Drakkar évoquent chez moi plus que des noms : des visages connus ,des rires , l’indicible union des paras . J’en fais donc une affaire personnelle . J’essayerais, cependant, d’aller au-delà …
    Au-delà donc, de la condamnation légitime du Hezbollah, il convient de se demander pourquoi « les diplomates » tiennent tellement compte du poids du Hezbollah ?
    Le Hezbollah a évolué d'une posture de milice communautaire islamiste (chiite) dans les années 1980-90 vers un nationalisme pan libanais depuis 10 ans environ . En effet, la majorité actuelle issue de la mort de R. Hariri (Mouvement du 25 mars) et rassemblant les sunnites, certains druzes et les chrétiens des Forces Libanaises et ex-Phalanges est très conflictuelle dans ses relations avec l'Arabie Saoudite et le djihadisme sunnite tendance Al-Qaeda...
    555478351.jpgIl n'est pas certain que la présence résiduelle d'un groupe de palestiniens proches « d'Al Qaeda en Irak » dans le nord du Liban soit un phénomène indépendant de la politique intérieure libanaise. Depuis 2001-2002 (chute des Talibans), 2003 (chute de S.Hussein) et l'été 2006 (guerre Liban-Israël), l'Iran et le chiisme a le vent en poupe...
    En effet, l'Iran débarrassée de la puissance ses ennemis voisins et les pertes infligées à Israël (civiles et militaires) ont fait de H. Nasrallah la nouvelle icône de la rue "arabe" loin devant Ben Laden... En même temps, l'alliance nouée entre le Hezbollah et le Courant patriotique libre (CPL) du général Aoun est un signe fort de la nouvelle place du Hezbollah et de son évolution vers la "Libanité", conçue au-delà des rivalités communautaires dont le Pays du Cèdre a souffert depuis 1975. Cet accord, voulu par le général Aoun a pour but de réduire les tensions entre Chrétiens et Chiites libanais et de dépasser les clivages communautaires pour mettre en place un vrai Etat-nation sur le modèle européen . Le Hezbollah n'a pas trahi l'accord, puisque l'agression qu'il a commise contre Israël fut légitimée par le CPL (plus de 50% des Chrétiens libanais se reconnaissaient en lui) .
    Personne au Liban n'a oublié l'opposition d'Aoun à Israël entre 1982 et 1989 et la Guerre de Libération qu' il mena - il était alors Premier Ministre intérimaire - contre l'armée Syrienne entre 1989 et 1991. Si aujourd'hui il a fait la paix et noué un accord politique avec un parti jugé "prosyrien" alors que la Syrie fut son grand ennemi c'est parce qu'il pense qu'il faut cesser les querelles vieilles de vingt ans. Quant aux liens avec l'Iran que l'on attribue au Hezbollah, ils sont réels, mais de moins en moins politiques et surtout d'ordre religieux. Les fonds du Hezbollah viennent en grande partie de la riche diaspora libanaise chiite (Amérique latine et Afrique de l'ouest) et de moins en moins de l'Iran. Son évolution vers un nationalisme pan libanais pourrait être le garant d'une limitation de l'influence syrienne et iranienne à terme. De plus, le Hezbollah est le meilleur contrepoids au djihadisme sunnite (wahhabite ou Frères musulmans) tendance Al Qaeda.
    En Irak, l'Armée du Mahdi de Moqtada al Sader (résistance chiite) évolue comme le Hezbollah vers le nationalisme irakien non communautaire (opposition à AL Qaeda, et aux influences saoudiennes et même... iranienne). Il a tendu la main avec succès aux résistants sunnites (ex-baasistes et tribus locales). 1026224231.jpg
    Aujourd'hui , le chiisme est moins menaçant que le djihadisme sunnite, qui lui est internationaliste, cherche un conflit de civilisations et nie les réalités culturelles et nationales des pays où il agit (Égypte, Maghreb Soudan... ).
    Le chiisme est converti au nationalisme de par son histoire, le sunnisme radical dans sa version Al Qaeda est une organisation terroriste à l'échelle planétaire .
    Les monarchies sunnites conservatrices (Arabie Saoudite surtout) sont de facto alliés contre l'émergence iranienne et chiite au Moyen Orient, il est évident que la présence d'islamistes sunnites au nord Liban permettrait de contrebalancer l'influence du Hezbollah. De même qu'en Irak, les terroristes d'Al Qaeda tuant bien plus de civils chiites que de soldats US servent indirectement la cause des États de la région hostile à l'Iran...
    Le Hamas et le DJihad islamique palestiniens, les résistants sunnites irakiens et l'Alliance du Nord afghane ainsi que les Talibans depuis peu sont devenus des adversaires à la politique d'Al Qaeda, tout comme le Hezbollah et Al Sader en Irak. L'Iran et le chiisme rassemble au-delà du camp chiite, en accueillant des sunnites et des chrétiens, ainsi que des nationalistes arabes laïcs.

    Projet national contre projet internationaliste…A suivre. Mais pour Israël, pas question de baisser la garde… Les fronts se multiplient.

    Jean-Marc DESANTI