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  • Les civicos sonnent la charge contre Morales

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    En Bolivie, la sécession des riches, en réaction à l'élection de l'Amérindien Evo Morales à la présidence en 2006, a franchi un seuil périlleux à Santa Cruz avec une violente insurrection contre le gouvernement central mardi.

    «Les milices de droite appelées civicos ont attaqué, saccagé, pillé et brûlé les bureaux des ministères de la Réforme agraire et des Impôts, de la compagnie nationale de téléphone, et de la télévision d'État», a dit Richard Simard, chargé de programmes à Développement et Paix.

    Assiégé dans son hôtel de la ville où La Presse l'a joint hier, il a confié que ses partenaires boliviens, qui oeuvrent auprès des pauvres, lient ces événements à une «stratégie de rupture» pour faire reculer le gouvernement ou faire basculer le pays dans la guerre civile.

    Yvan Canelas, porte-parole du gouvernement, a accusé les préfets des cinq provinces riches opposés au président Morales, de «chercher la guerre civile» au moyen d'«un affrontement avec les militaires et la police».

    Pas d'état de siège

    Les ministres de l'Intérieur, Alfredo Rada, et de la Défense, Walker San Miguel, ont dénoncé le début d'un «coup d'État civil» de la part de ces préfets et exécuté par des groupes «fascistes».

    Mais conformément à la volonté du président Morales de régler les différends par le dialogue démocratique, les deux ministres ont écarté tout recours à l'état de siège et à l'armée dans le pays andin d'un million de kilomètres carrés.

    «Armés de bâtons et de barres de fer, les civicos ont aussi détruit et pillé une radio officielle et les locaux d'une grande ONG, le CEJIS, qui a fourni plusieurs ministres au gouvernement Morales», a dit Richard Simard.

    «Les milices cherchent l'affrontement à tout prix. Elles veulent des martyrs. Pour éviter cela, les forces de l'ordre, des policiers militaires, se sont retranchées dans leurs casernes, laissant libre cours aux pilleurs», a-t-il ajouté.

    Les violences ont éclaté dans la troisième semaine d'une campagne dans les provinces de Santa Cruz, Tarija, Beni, Pando et Chuquicaca pour l'autonomie, le transfert de l'impôt sur les hydrocarbures, et le rejet d'une nouvelle Constitution qu'elles jugent «étatiste et indigéniste».

    L'Église discréditée

    Des barrages ont été érigés dans toutes ces provinces. Les civicos tentent de bloquer les frontières avec le Brésil, l'Argentine et le Paraguay. Ils ont coupé hier en partie l'approvisionnement de gaz naturel vers l'Argentine et le Brésil. Trois blessés au moins sont signalés à Santa Cruz et Tarija, tous des policiers.

    Dans une lettre au président Morales, Branko Marinkovic, riche homme d'affaires et président duComité civique de Santa Cruz, a qualifié ce mouvement de «manifestation pacifique de citoyens».

    Arrivé plus tard à La Paz après avoir franchi un barrage sur la route de l'aéroport, Simard a dit à La Presse que «les partisans de Morales tentent d'encercler Santa Cruz», ajoutant qu' «un heurt entre les deux groupes peut vite dégénérer».

    «L'Église catholique a offert sa médiation, mais elle est avec les autonomistes, ce qui l'a discréditée aux yeux du gouvernement», a-t-il souligné. Invoquant la liberté du culte, Morales l'a accusée d'agir «comme sous l'Inquisition».

    Les 10 millions de Boliviens sont à 55% au moins amérindiens, avec 15% de Blancs et 30% de Métis. Ces deux groupes, qui ont dominé le pays conquis par l'Espagne en 1524, sont concentrés dans les cinq provinces rebelles, où ils font la vie dure aux autochtones.

    Ambassadeur non grata
    Le président Evo Morales a décrété hier persona non grata l'ambassadeur des États-Unis en Bolivie, Philip Goldberg, qu'il a accusé d'alimenter la division et le séparatisme en Bolivie. Un porte-parole du secrétariat d'État américain, Gordon Duguid, a qualifié d'«infondées» ces accusations.

    Avec AFP, AP, Reuters, BBC, VOA, Prensa Latina, IPS

    Jooneed Khan La Presse


    Après Morales, Chavez explulse l'ambassadeur des Etats-Unis

  • Evo Morales sous pression après un vote autonomiste en Bolivie

    A suivre avec inquiétude une des nombreuse conséquences des manipulations du "STRATEGIC INTELLIGENCE" de l'Oncle Sam !

    360514591.jpgSANTA CRUZ (AFP) — Le président bolivien Evo Morales se retrouve sous pression, au lendemain d'un vote massif en faveur de l'autonomie de la région de Santa Cruz, qui relance une profonde crise politique. Après le référendum de dimanche dans cette opulente province de l'est, la menace de consultations similaires pèse désormais dans les autres régions aux mains de l'opposition libérale qui contestent férocement depuis plusieurs mois la politique de M. Morales, un admirateur déclaré du leader cubain Fidel Castro. Conscientes du danger, les autorités persistent à relativiser la portée de ce référendum, jugé "illégal et anticonstitutionnel" par le chef de l'Etat qui a lancé un timide appel au "dialogue".

    "La réalité politique n'admet pas les artifices médiatiques. La réalité politique est froide, elle se fonde sur la réalité sociale", a déclaré Alfredo Rada, porte-parole du gouvernement. Poumon économique du pays, la région de Santa Cruz, dotée des principaux gisements de gaz, dénonce la nouvelle Constitution défendue par M. Morales, premier président amérindien de Bolivie, qui prône une plus grande redistribution en faveur des communautés défavorisées des Andes.

    "Le oui a explosé et Morales n'accepte pas sa défaite", tempête en "une" le quotidien de référence, El Deber, pourtant considéré comme l'un des journaux les plus mesurés. Près de 86% des électeurs de cette province de 2,5 millions d'habitants, le quart de la population totale, ont voté dimanche pour un statut d'autonomie, visant à lui donner le droit de gérer ses ressources et de créer sa propre force de police.

    "Ce n'est pas la fin du processus, c'est le début d'une lutte héroïque pour la démocratisation du pouvoir", s'est exclamé le gouverneur de Santa Cruz, Ruben Costas, pendant les festivités qui ont rassemblé plusieurs milliers de personnes toute la nuit. Président du comité "pro-Santa Cruz", une influente organisation patronale, Branko Marinkovich, un des plus importants propriétaires terriens du pays, a affirmé que le gouvernement avait "l'obligation légale et morale de respecter le vote". Après une journée électorale émaillée d'incidents qui ont fait une trentaine de blessés, le calme était total lundi dans les rues de la capitale régionale.

    "Que Morales arrête de nier la réalité, sinon il va se retrouver en grande difficulté", avertit Iker Escobar, un épicier âgé de 48 ans.

    La fronde fait déjà tâche d'huile dans trois autres régions prospères qui représentent avec Santa Cruz plus des deux tiers de la richesse nationale. Ernesto Suarez, le gouverneur de Beni (nord-est), l'une de ces provinces, a célébré "la réponse du peuple de Santa Cruz au centralisme", exhortant "le reste du pays à amplifier le mouvement", dans une déclaration citée lundi dans la presse.

    Selon le politologue bolivien Carlos Cordero, le résultat du référendum "réduit la marge de manoeuvre du gouvernement de M. Morales", qui n'a "pas d'autre choix que de négocier". "Autant il peut contester sa validité légale, autant il lui sera difficile de ne pas reconnaître la ferveur populaire qui s'est manifestée", a expliqué cet expert, professeur à l'Université San Andres de La Paz.

    En attendant le vote des autres régions, Santa Cruz n'a toutefois aucun moyen d'imposer son autonomie.

    Avant le référendum, l'armée bolivienne, fidèle au président, avait averti qu'elle ne permettrait pas l'application d'un statut constituant un "danger grave pour l'intégrité du pays". Le gouvernement avait également démontré son autorité et son pouvoir, en gelant brièvement les comptes de la province rebelle, en guise d'avertissement provisoire.