03.06.2009
Fermeture de la base Manas : recul américain sur l’échiquier eurasien ... Echec et mat pour Brzezinski ?

‘’La partie qui se joue dans le pourtour de la Russie n’est plus l’endiguement de la guerre froide,
mais le refoulement (‘roll back’)’’
Brzezinski (2000, p. 19)
‘’Le Grand échiquier’’
Spectaculaire défaite diplomatique pour Washington ! La fermeture de sa base (kirghize) de Manas en 2009 - après celle de sa base (ouzbek) de Karshi-Khanabad en 2005 - aura, à terme, un impact stratégique majeur, dans la mesure où elle implique une refonte de sa politique en zone post-soviétique, traditionnellement axée contre la Russie. En effet, depuis l’implosion de l’URSS le 25/12/1991, Washington a mis en œuvre une politique de reflux (‘’roll back’’) de la puissance russe, destinée à se substituer à son leadership impérial hérité du soviétisme. Or la perte de ce maillon stratégique vers l’Afghanistan obligera l’administration américaine à renouer un vrai dialogue avec Moscou, désormais incontournable dans la région. Et cet échec est d’autant plus flagrant qu’il raisonne comme un aveu d’impuissance pour Washington, incapable de ‘’persuader’’ aucune autre république de l’ex-URSS d’héberger – en substitution de Manas – une base américaine sur son territoire. Une raison majeure étant pour ces dernières d’éviter toute source de tension avec Moscou, de nouveau maitre de son pré-carré. La Russie est de retour.
Dans ses grandes lignes, la perte de Manas exprime un double symbole géopolitique, d’une part de l’échec de la stratégie d’influence américaine en Asie centrale et, d’autre part, du retour de l’Etat russe dans sa zone de domination historique. Car la principale réussite de V. Poutine a été de redonner une certaine légitimité à un Etat fort et centralisé, avide de reprendre le contrôle de son ‘’étranger proche’’ (la CEI) en vue de sécuriser ses espaces périphériques et in fine, rompre la stratégie d’encerclement mise en œuvre par Washington depuis la transition post-communiste. Ainsi, V. Poutine a réhabilité un Etat russe recentré sur une stratégie de puissance et de défense de ses intérêts nationaux, élargis à l’ancien espace soviétique. Et selon Z. Brzezinski (2008, p. 208), ce comportement attesterait du refus des russes d’accepter ‘’la nouvelle réalité de l’espace post-soviétique’’, autrement dit, l’ingérence américaine dans leur ancien espace politique – et au-delà, celle de l’Europe dans ce que cette dernière appelle désormais le ‘’voisinage partagé’’. Inutile provocation.
Tendanciellement, la stratégie américaine suit la ligne anti-russe de Brzezinski visant le contrôle de l’Eurasie, cœur stratégique (et énergétique) du monde et, dans ce but, à empêcher l’émergence de toute puissance majeure hostile, dont feraient potentiellement partie la Russie et la Chine. Dans cet axe, il s’agit selon Brzezinski, stratège et conseiller d’Obama, de définir ‘’une géostratégie d’ensemble à long terme concernant l’Eurasie’’ (Brzezinski, 2000, p. 249) en vue d’y stabiliser une forme de domination mondiale. En définitive, cela implique la manipulation des ‘’principaux acteurs géostratégiques présents sur l'échiquier eurasien’’ (Brzezinski, 2004) et en particulier, en Asie centrale – dans l’optique (notamment) d’implanter des bases à la périphérie russe.
Cette haine viscérale à l’égard des russes structure le discours de Brzezinski, percevant la Russie comme l’héritière de la guerre froide et sa stratégie extérieure comme un résidu du soviétisme. Dans son ouvrage, ‘’L’Amérique face au monde’’, Brzezinski (2008, p. 186) rappelle que durant les 4 derniers siècles, la ligne directrice de la Russie se résume par ‘’une expansion impériale à partir d’un centre bien défini pour créer un Etat multinational’’. Et surtout, il est persuadé que V. Poutine n’a pas ‘’admis l’impossibilité de recréer le vieux système impérial’’ (Brzezinski, 2008, p. 191), illustrant selon lui, ‘’la résistance de l’ordre soviétique’’ (Brzezinski, 2000, p. 141). Pour cette raison, Brzezinski prône le maintien d’une politique de contrôle de la puissance russe et d’érosion de son pouvoir en zones caucasienne et centre-asiatique. Reflexe de guerre froide.
Dans son essence, la perte de la base de Manas va obliger Washington a une attitude plus ‘’compréhensive’’ à l’égard de la Russie[i], au sens où elle a besoin de cette dernière comme relais logistique et politique de ses interventions en Asie centrale, considérée comme une priorité de la politique étrangère américaine. En retour, cette ‘’coopération’’ russe donne à Moscou un droit de regard – et un moyen de pression – sur la politique américaine en zone post-communiste. Dans ce schéma, sous prétexte de lutte anti-terroriste, le recentrage de l’effort américain sur l’Afghanistan – au détriment du bourbier irakien – vise à renforcer l’influence de Washington en Asie centrale : ‘’La fin de l’occupation (de l’Irak : jg) sera une opportunité pour la guerre contre Al Qaïda, mettant ainsi un terme à une aventure malheureuse qui (…) a détourné les États-Unis de l’Afghanistan, où la menace originelle d’Al Qaida persiste et augmente.’’[ii]
Un objectif clé de Brzezinski est de renforcer - au détriment de Moscou et de ses alliances eurasiennes, telles l’OCS et l’OTSC[iii] - le rôle régulateur de l’Otan en zone post-soviétique comme levier de l’avancée géopolitique américaine. Pour cette raison, il prône l’extension de l’Otan aux ex-républiques soviétiques, considérées comme les ‘’pivots géopolitiques’’ de sa stratégie du roll-back de la puissance russe – leur coopération ayant déjà été obtenue dans le cadre du ‘’Partenariat pour la paix’’ (PPP) et de manœuvres militaires provocantes aux portes de la Russie (dont les dernières en mai 2009, en Géorgie !)[iv]. Et surtout, selon Brzezinski (2004, p. 296), le champ d’action stratégique de l’Otan ‘’est appelé à s’élargir à l’espace eurasien’’. Cette extension de l’Otan - perçue par Moscou comme un vestige de la lutte anti-communiste, donc injustifiée - permettrait de poursuivre d’une part, le détachement des Etats post-soviétiques de l’emprise de la Russie et d’autre part, l’encerclement de cette dernière. En outre, cette volonté de détacher la zone post-soviétique de la domination russe est reprise par le Partenariat oriental mis en œuvre par l’Europe - levier de l’influence américaine - dans le voisinage partagé, depuis le 8 mai 2009. A terme, il s’agit de créer une forme de dépendance de la zone post-communiste à l’égard du leadership américain, dans le but de contrôler le cœur énergétique de la planète, à la fois par un contrôle politique des Etats clés (les ‘’pivots’’) et par un contournement de l’Etat russe – via des circuits alternatifs, comme l’attestent le projet Nabucco et la réalisation de l’oléoduc BTC (Bakou-Tbilissi-Ceyhan). L’accès à l’énergie, considéré par Brzezinski (2008, p. 212) comme ‘’une source majeure de puissance politique’’, sera renforcé par le projet Nabucco : ‘’Nous devrions persister dans cette voie. A un certain moment, pas si lointain, des oléoducs et gazoducs allant de l’Asie centrale à l’océan Indien en passant par l’Afghanistan et le Pakistan deviendront réalisables. Voilà de bonnes choses à faire ( ! : jg).’’ (p. 199).
Or, le renforcement de l’influence américaine en Eurasie post-soviétique – via l’élargissement de l’Otan, la création d’alliances politico-militaires (du type GUAM[v]), la mise en oeuvre de politiques libérales et l’implantation de douteuses ONG – implique, de manière dialectique, la compression de la puissance russe. Cette ‘’compression’’ est d’ailleurs la condition permissive de la progression des bases américaines en zone post-communiste. Dans ce contexte, la fermeture de Manas va freiner cette stratégie offensive de Washington, qui s’inscrit dans une perceptive de long terme mais devra s’appuyer, dans un premier temps - pour la gestion de la crise afghane - sur les infrastructures russes. Ainsi, l’orientation structurelle de la ligne Brzezinski ne serait pas remise en cause, mais seulement retardée dans l’optique de s’assurer du soutien russe dans un espace géopolitique explosif et exposé aux crises nationalistes. Brzezinski (2008, p. 199) l’a reconnu sans ambages et souligné la nécessité de contenir toute velléité russe, en poursuivant le rapprochement avec les ex-républiques soviétiques de l’Asie centrale : ‘’Ce qui est vraiment important est de créer un contexte géopolitique tel que le désir nostalgique (de la Russie : jg) de redevenir une grande puissance impériale aura moins de chances de se réaliser (…)’’. Ce qui implique selon Brzezinski (2008, p. 199) ‘’d’instaurer des liens économiques plus nombreux et plus directs avec les pays d’Asie centrale en tant qu’exportateurs d’énergie (….)’’. D’autant plus que ce dernier est persuadé que ‘’la domination coloniale russe sur l’Asie centrale est une chose du passé’ (Brzezinski, 2004, p. 98). Réalisme implacable.
Ainsi, après la double perte américaine des bases militaires de Manas et de Karshi-Khanabad, la mise en cause des révolutions libérales (Géorgie, Ukraine et Kirghizstan) planifiées par Washington et enfin, l’évolution récente de la question énergétique (au profit de Moscou), la Russie tend à renforcer les bases politiques de son leadership dans l’espace post-soviétique. Cette orientation est d’ailleurs appuyée par la volonté du président Medvedev de faire de l’OTSC une organisation concurrente de l’Otan, en vue de rééquilibrer les rapports de force dans la région. En définitive, cette configuration permettra à terme, à la Russie, de renforcer son statut d’Etat majeur du nouvel ordre international et en cela, de s’opposer à une Amérique hégémone, auto-proclamée ‘’clé de voûte de la stabilité internationale’’ (Brzezinski, 2004, p. 35). Et, plus inquiétant, celle-ci reste convaincue de sa ‘’destinée manifeste’’ confiée par l’histoire en Eurasie car, selon l’étrange aveu de Brzezinski (2008, p. 284): ‘’nous (les américains : jg) sommes exceptionnels (…)’’.
Au-delà d’un symbole géopolitique fort, Manas traduirait donc l’amorce d’un recul américain et, en ce sens, l’impasse de la stratégie post-communiste de Brzezinski sur le ‘’Grand échiquier’’ eurasien. Echec et mat.
Jean Geronimo
Docteur en Sciences économiques
Spécialiste de l’URSS et des questions russes
Mail : Jean.Geronimo@upmf-grenoble.fr
[1] La stratégie eurasienne de l’Amérique est décrite dans 3 ouvrages majeurs de Brzezinski. Voir donc Brzezinski Z. (2000) : ‘’Le grand échiquier – L'Amérique et le reste du monde’’, éd. Hachette (1° éd. : Bayard, 1997) ; ‘’Le Vrai Choix’’, éd. Odile Jacob (2004) ; ‘’L’Amérique face au monde’’, éd. Pearson (2008).
[1] Washington serait plus conciliante sur les questions de l’Iran, du bouclier anti-missiles, de la réduction des armements nucléaires, de la politique énergétique russe et de l’avenir du Caucase.
[1] ‘’Comment sortir intelligemment de cette folle guerre ?’’, Z. Brzezinski, Washington Post, 30/03/2008.
[1] On rappellera : OTSC (Organisation du Traité de sécurité collective) et OCS (Organisation de coopération de Shanghai).
[1] www.fr.rian.ru, ‘’Exercices de l’Otan en Géorgie : une ‘provocation ouverte’ ‘’, A. Azimov, ambassadeur russe à l’OSCE, 08/05/2009.
[1] GUAM (Géorgie, Ukraine, Azerbaïdjan, Moldavie).
12:11 Ecrit par Ivan dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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20.03.2009
Que veut OBAMA ?

La politique internationale américaine a ses constantes. Elle se caractérise depuis la création du pays par son caractère messianique. Le peuple américain est porteur du message divin originel dévoyé par la Vieille Europe abâtardie et corrompue, incapable de dépasser ses divisions pour atteindre l'unification de l'humanité.
Cependant dans son histoire, finalement courte au regard des autres civilisations, si tant est que l'on puisse parler de civilisation américaine (peut être serait-il plus judicieux de parler de composante américaine de la civilisation occidentale), la politique américaine a connu des variations, entre l'isolationnisme de sa création et l'interventionnisme des présidents démocrates Wilson et Roosevelt, entre le soft power par exemple d'un Carter et le hard power des Bush.
On peut donc s'interroger sur l'orientation de la nouvelle administration. Sera-t-elle en rupture avec celle de l'administration Bush? Quelles seront les rapports que souhaite entretenir Obama avec les BRIC ( et plus particulièrement la Chine et la Russie) et l'Europe? Quelles seront ses positions sur les questions israélo-palestinienne et iranienne?
Tout d'abord il apparaît évident que les États Unis, en la personne de son président, auront à coeur de préserver leurs intérêts et ne répondront en aucun cas aux attentes irrationnelles voire débilitantes des opinions publiques mondiales. La générosité en politique, intérieure ou extérieure ne peut être qu'un stratagème, un moyen au service d'une fin rationnelle, froide et implacable. Toute culture tendant vers la civilisation, tout état tendant vers l'empire, ce qui est le cas des États Unis, aspire à la domination. Cependant une politique trop ouvertement belliqueuse suscite des résistances et rend l'administration de l'Empire plus ardue.
L'administration Bush s'est mise dans une impasse. Alors que la Russie, pendant l'ère Eltsine et y compris au début du mandat Poutine, pouvait être considérée comme un allié, les casus belli se sont multipliés : Kosovo, Géorgie, Ukraine, ABM.
La politique quasi ouvertement impérialiste en Afghanistan et en Irak (Qui n'a jamais douté de la nature réelle des événements du 11 septembre ? ) a aliéné la sympathie des opinions publiques mondiales, plus particulièrement musulmanes mais a également suscité de vives critiques au sein même du pays. La crise irakienne a également été à l'origine de tensions avec Paris et Berlin.
Enfin la crise des subprimes a fragilisé la stabilité américaine rendant de plus en impossible le statu quo, l'effort de guerre devenant insoutenable.
Un changement s'imposait. Les élites américaines ne pouvaient pas ignorer cette évidence. Un changement sur le fond et dans la forme.
Pour la forme, qui de plus sympathique et rassurant qu'Obama ? Métis, poli, cultivé, le gendre idéal.
Pour le fond, l'administration Obama semble privilégier la diplomatie, par nature beaucoup moins coûteuse que la chose militaire.
D'autant plus que le retour de nombreux pontes de l'ancienne administration Clinton , à commencer par Hillary, mais également Holbrooke et Mitchell apparaît comme une gageure d'habileté, sans cependant négliger la fermeté (cf agression du sol européen en 99).
La manoeuvre d'ensemble semble être la suivante. Renouer des liens avec la Russie (cf rencontre Lavrov Clinton, déclarations de Medvedev) et de façon plus surprenante avec l'Iran (message d'Obama), avec comme corollaire une prise de distance avec Israël (et son nouveau gouvernement ultra sioniste).
L'intérêt de la manoeuvre est multiple. L'Irak étant partiellement stabilisé, l'effet majeur américain porte dorénavant sur l'Afghanistan et le Pakistan. Le soutien logistique des militaires américains n'est possible qu'avec l'accord et l'aide des Russes (cf Kirghizstan).
Des Russes plus américanophiles et la main tendue d'Obama pourraient également inciter les Iraniens à agir avec plus de raison. Ce qui pourrait résoudre la question nucléaire et calmer les ardeurs subversives des différentes milices et organisations soutenues par Téhéran, notamment en Irak.
Au final, l'axe Moscou Téhéran Caracas qui semblait poindre, faute de Grand Satan belliqueux, perdrait en vigueur.
Une autre conséquence serait la distanciation voire le lâchage d'Israël, les intérêts des deux entités devenant de plus en plus contradictoires. Washington préférera peut être acheter la stabilité en se dissociant de Tel Aviv qui jouant sa survie, sera prêt à tout, avec comme conséquence l'embrasement du Proche et Moyen Orient.
Pour conclure, une seule certitude : Obama jouera toutes ses cartes pour défendre les intérêts américains. Gardons toujours à l'esprit que le nouveau président américain ne s'est pas forgé tout seul. Une anecdote : un des principaux donateurs de la campagne du candidat démocrate n'est autre qu'AIG, l'assureur américain, dont les pertes causées par la détention d'actifs toxiques ont été compensées par l'argent du contribuable. Autre donateur : Georges Soros ...
August VonK
18:54 Ecrit par Ivan dans Débats | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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02.02.2009
A vendre : pays pauvres

Comment nourrir son peuple quand on a trop d'habitants et trop peu de terres cultivables ? Il suffit d'aller les chercher où elles sont. C'est ainsi que la Chine, la Corée du Sud ou les Etats du Golfe se sont lancés dans une véritable course à la terre. Ce ne sont pas seulement des récoltes qu'ils achètent mais des régions entières, dans des pays qui ont déjà du mal à alimenter leur propre population. Doan Bui raconte les premiers épisodes de ce qui sera une des grandes batailles du XXIe siècle : celle de la nourriture
Le Soudan, j'achète !», «Et moi, le Kazakhstan !» Imaginez un Monopoly où l'on n'achèterait plus des rues, mais des pays entiers. Evidemment, comme au Monopoly, les gagnants seraient ceux qui amasseraient le plus de terres, bref, les plus riches à la banque. Les perdants ? Eh bien, ce serait les fauchés, obligés de céder leur bout de terrain pour renflouer les caisses. Ce Monopoly serait un peu particulier. Il s'agirait non pas de construire des immeubles, mais d'installer des tracteurs et des machines agricoles pour produire du blé, du riz, du maïs. Bref, de la nourriture. Ce serait un jeu où les nantis, au lieu de piquer l'hôtel de la rue de la Paix au voisin ruiné, lui faucheraient ses récoltes futures. Amusant, non ? Sauf qu'il ne s'agit pas d'un jeu.
Depuis quelques mois, une gigantesque partie de Monopoly planétaire est en train de se jouer. Et les participants jouent vite. Et gros. D'un côté, des pays riches ou émergents comme la Chine, la Corée du Sud ou les pays du Golfe, qui tous s'inquiètent pour leur sécurité alimentaire. De l'autre, une cohorte de pays pauvres comme le Soudan, l'Ethiopie, l'Ouganda, l'Indonésie, Madagascar... Des pays aux caisses désespérément vides, mais à qui il reste une richesse : leurs terres, si vastes, si prometteuses. A vendre ou à louer.
La terre ! Pour elle, les pays se sont déchirés en guerres meurtrières. Pour elle, les conquistadors ont bravé les mers inconnues, décimé les populations locales afin d'y planter leur drapeau. «La ruée vers les terres n'est pas un fait nouveau. Mais c'est peut-être la première fois dans l'histoire que le phénomène est complètement mondialisé. Et que le rythme est si rapide», s'inquiète Paul Mathieu, expert de la gestion des terres à la FAO (Food Agriculture Organization). Les cris d'alarme de la FAO ont été éclipsés par le krach financier. Et pourtant la crise alimentaire risque d'empirer. Conséquence directe des émeutes de la faim du printemps, les pays importateurs nets de nourriture ont fait de la sécurité de leurs approvisionnements alimentaires leur objectif politique numéro un. Début novembre, la Corée du Sud vient de frapper un grand coup en raflant la moitié - vous avez bien lu : la moitié ! - des terres arables de Madagascar (voir encadré ci- dessus). Mais ce n'est qu'un début. On parle de millions d'hectares en Indonésie ou en Afrique. «On n'arrive même pas à avoir des chiffres exacts tellement cela change vite», se plaint Paul Mathieu. Même l'Ethiopie, où plane à nouveau le spectre des grandes famines, veut entrer dans la danse. Pas comme acheteur, mais comme vendeur...
LIRE LA SUITE : http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2303/articles/...
07:57 Ecrit par Ivan dans document choc | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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19.12.2008
"Inside Israel"
Photo d'Anna Sahar présentée à l'occasion de l'exposition "Inside Israel", qui tournera en Chine, montrant 180 œuvres de 60 artistes pour les 60 ans de l'Etat. Voir toute l'exposition
19:51 Ecrit par Ivan dans ARTS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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22.10.2008
La crise ? une guerre contre la Chine ...
12:37 Ecrit par Ivan dans Débats | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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19.06.2008
Notre nouveau maître est oriental, par Caroline Fourest
On a pris l'habitude de dénoncer la mondialisation comme une forme d'occidentalisation. Les opposants à l'universalisme vont plus loin en assimilant l'occidentalisation à une forme de colonisation culturelle. Cette rhétorique permet notamment aux régimes autoritaires d'associer des valeurs telles que les droits de l'homme, la démocratie ou la laïcité à l'Occident pour mieux les refuser au nom de l'anti-impérialisme. Cette stratégie discursive pouvait faire illusion tant que la première puissance économique était américaine. Qu'en sera-t-il demain, lorsque nous aurons enfin réalisé que la principale puissance à profiter de la mondialisation ne vient pas d'Occident, mais d'Extrême-Orient ?
Plusieurs conflits, notamment ceux qui déchirent l'Afrique, ne sont plus dictés par les intérêts économiques européens ou américains mais chinois. La sinistre "Françafrique" est en passe d'être largement détrônée par la "Chinafrique", du nom d'un livre de Serge Michel et Michel Beuret qui décrit bien cette nouvelle réalité (Grasset). Le commerce bilatéral entre ces deux régions a quintuplé entre 2000 et 2006. On estime à 500 000 le nombre de Chinois vivant en Afrique pour construire routes, hôtels et barrages. C'est ce qu'on appelle déjà l'"aspect positif" de la présence chinoise en Afrique. L'aspect négatif, c'est ce dévorant appétit d'énergie et de matières premières, qui la pousse à faire des affaires avec des dictateurs au détriment des peuples, de la démocratie, de l'environnement et du développement durable. Officiellement, bien sûr, il n'est pas question de domination. La Chine insiste au contraire pour apparaître comme une puissance du Sud et rappelle sa présence aux côtés des non- alignés lors de la conférence de Bandung. Lors des sommets sino-africains, elle revendique un "partenariat stratégique d'un type nouveau", caractérisé par "l'égalité et la confiance réciproque sur le plan politique" et "la coopération gagnant-gagnant sur le plan économique". Autrement dit, elle plaide sans complexe pour un affairisme différentialiste sur le mode : "Nos profits valent mieux que les droits de l'homme."
LIRE LA SUITE : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/06/19/notre-n...
19:48 Ecrit par Ivan dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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20.05.2008
"L'Afrique est ruinée ? La Chine est preneuse"

Le dernier acte de la mondialisation se joue loin des yeux occidentaux. Ses acteurs ? Des milliers de migrants chinois qui s'installent partout en Afrique pour construire, produire et commercer. Serge Michel et Michel Beuret, avec le photographe Paolo Woods, sont allés à leur rencontre. Nous publions des extraits du prologue de leur livre, qui paraît mardi 20 mai. La Chinafrique, Pékin à la conquête du continent noir, photographies de Paolo Woods. © Editions Grasset & Fasquelle, 2008.
"Ni hao, ni hao." Nous marchions depuis dix minutes dans cette rue de Brazzaville quand une joyeuse pelote de petits Congolais s'est arrêtée de courir après un ballon pour nous saluer. Les Blancs, en Afrique, ont l'habitude des "hello mista !", des "salut toubab !" ou des "Monsieur Monsieur !". Mais ces enfants, alignés et souriants au bord de la rue, ont enrichi le répertoire. Ils ont crié "ni hao, ni hao", bonjour en chinois, avant de reprendre leur jeu. Pour eux, tous les étrangers sont chinois.
Quelques centaines de mètres plus loin, une société chinoise était en train de construire le nouveau siège de la télévision nationale congolaise, un bâtiment de verre et de métal comme tombé du ciel dans ce quartier populaire. Et à l'entrée de la rue, cette même société érigeait une villa somptueuse pour un membre du gouvernement, sans doute en remerciement de l'attribution du chantier de la télévision. En ville, d'autres compagnies chinoises mettaient la dernière main au nouveau ministère des affaires étrangères et de la francophonie et bouchaient les trous d'obus dans les bâtiments touchés par la guerre civile.
A 2 250 km au nord-ouest de là, dans la banlieue de Lagos, au Nigeria, l'usine Newbisco passait pour une malédiction. Fondée par un Britannique avant l'indépendance de 1960, cette unité de production de biscuits secs a changé souvent de mains, aucun propriétaire n'étant capable de la tenir à flot dans un pays où les exportations pétrolières et la corruption étouffent toute autre activité économique. En 2000, son avant-dernier patron, un Indien, a revendu Newbisco en état de ruine à l'homme d'affaires chinois Y. T. Chu. Lorsque nous sommes entrés dans l'usine, un matin d'avril 2007, une odeur de farine et de sucre flottait dans l'air. Les tapis roulants charriaient chaque heure plus de trois tonnes de petits biscuits aussitôt emballés par des dizaines d'ouvrières. "Nous couvrons à peine 1 % des besoins du marché nigérian", a dit Y. T. Chu en souriant. Les reporters rentrent souvent d'Afrique avec des histoires dramatiques d'enfants affamés, de conflits ethniques et de violences incompréhensibles. Nous avons bien sûr été témoins de tout cela lors de nos reportages en Afrique ces dernières années, mais, cette fois, au moment de commencer la rédaction de ce livre, ce sont les images d'une Afrique nouvelle qui nous passent devant les yeux : les enfants de Brazzaville qui saluent en chinois, l'usine de biscuits de Lagos ou encore l'autoroute construite au Soudan, que nous avons empruntée à l'été 2007.
http://www.lemonde.fr:80/afrique/article/2008/05/19/l-afr...
12:33 Ecrit par Ivan dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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19.04.2008
VOILA LES MOINES QUI ONT CAUSE DES VIOLENCES A LHASSA
A diffuser largement ! ils sont encore pire que se que l'on pensait. Et pourtant on a de l'imagination !
Comment la Chine fait de la désinformation ...
Photo des militaires chinois s'apprêtant à revêtir des robes de bonzes....
Photo prise le 20 mars ( par l'Agence de communication de Grande Bretagne ).
Les moines de Lhassa ont dit qu'ils étaient enfermés et n'étaient pour rien dans les manif… Certains le savaient depuis le 20 grâce à cette photo.
La photo est passée par l'Italie et revient vers nous. Nous espérons qu'elle franchira toutes les frontières et sera vue dans le monde entier. Il faut faire vite, Yahoo filtre même nos messages en France !

19:08 Ecrit par Ivan dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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27.03.2008
Tibet - l'hisoire d'une tragédie
21:45 Ecrit par Ivan dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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20.03.2008
Tibet: les troubles suivent le scénario kosovar
MOSCOU - RIA Novosti. Des forces politiques influentes aux Etats-Unis ont intérêt à utiliser le scénario kosovar pour pousser la population du Tibet à lancer une lutte armée pour l'indépendance à la veille des J.O. de Pékin, estime Alexeï Maslov, sinologue et chef de chaire d'Histoire générale à l'Université de l'Amitié des peuples à Moscou.
"Des forces politiques influentes aux Etats-Unis (...) manipulent le mouvement indépendantiste des Tibétains pour empêcher le renforcement impétueux des positions géopolitiques de la Chine dans le monde", a estimé le chercheur dans un entretien accordé à RIA Novosti lundi.
Selon lui, de nombreux messages vidéo et audio parvenant de "Tibétains anonymes" depuis les lieux d'accrochages avec l'armée chinoise témoignent de la réalisation du "scénario kosovar".
"Les témoignages sur les violations des droits des Tibétains relayés par les médias occidentaux poursuivent le seul objectif d'exciter au maximum l'opinion mondiale et de parvenir à l'isolement international de la Chine à la veille des J.O. de Pékin", a indiqué l'expert.
La Chine fait l'objet de pressions de la part de médias internationaux et d'organisations de défenseurs des droits de l'homme pour accepter des négociations avec le soi-disant "gouvernement du Tibet exil" qui se trouve en Inde, a-t-il poursuivi.
"Le principal objectif des pressions internationales exercées sur Pékin consiste à obtenir de la Chine la reconnaissance de l'existence du problème d'un "territoire insurgé" qui exige une indépendance d'Etat envers la PRC", a indiqué le chercheur.
"A n'en pas douter, la reconnaissance par la Chine des droits du soi-disant "gouvernement tibétain en exile" à l'indépendance menacera l'intégrité territoriale de la République populaire et constituera un risque de répétition de la variante kosovare. La Chine ne l'admettra jamais", a ajouté le chercheur.
L'expert prédit que les Etats-Unis tenteront bientôt de faire voter par le congrès la décision de boycotter les Jeux olympiques de Pékin et de décréter des sanctions politiques contre la Chine comme un pays qui viole grossièrement les droits de l'homme. Il s'attend également à ce que les autorités officielles, pour combattre les tendances séparatistes dans le Tibet et les provinces chinoises voisines qui comptent d'importantes diasporas tibétaines, acceptent de faire des infusions financières massives dans le but d'élever le niveau de vie dans ces régions.
Selon les données officielles, les troubles qui ont éclaté dans le Tibet le 10 mars ont fait 13 morts civils. Les partisans du dalaï-lama évoquent 80 morts et 72 blessés.
07:58 Ecrit par Ivan dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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