28.03.2009

CIA, de Eichmann à Ben Laden

Engagé dans le parti nazi dès 1932, Adolf Eichmann à fait carrière chez les SS, obtenant le grade de colonel. Il servira au sein du Bureau des Affaires juives et fut en charge de la logistique de la « solution finale ». Capturé après la guerre, il s’évade miraculeusement des prisons américaines, se cache en Europe avant de s’évaporer en Argentine en 1950, avec un faux passeport allemand au nom de Ricardo Klement. Il sera enlevé par des agents du Mossad, les services secrets israéliens, en 1960, jugé l’année suivant et exécuté en 1962. Des sources du renseignement israélien indiquent clairement que la CIA connaissait la planque de Eichmann en Argentine depuis 1953, mais ils ne leur ont jamais communiqué ces informations. La CIA a en fait couvert un bon nombre de criminel nazi dès la fin de la deuxième guerre mondiale.

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Si Eichmann a pu « échapper » des geôles américaines, c’est qu’il collaborait pleinement avec l’agence, tout comme Hans Globke, également attaché au Bureau des Affaires juives, et qui, dès 1946, sera le point central entre le gouvernement de Bonn, la CIA et l’OTAN, avant de devenir le conseiller spécial à la sécurité nationale du chancelier Konrad Adenauer. Après l’arrestation d’Adolf Eichmann, la CIA a refusé de collaborer avec la justice israélienne, car cela aurait mis en péril tout leur réseau d’ex-nazi recruté au sein de l’organisation Ghelen, l’ancêtre des services secrets de l’Allemagne de l’ouest (du nom de Reinhard Gehlen, ancien chef du renseignement nazi sur le front de l’Est), créé directement par la centrale américaine.

Les menaces changent, mais les méthodes restent les mêmes. En 1953, l’opération AJAX aura pour but de destituer le Chah d’Iran et de mettre en place les fondamentalistes islamistes. À partir de cette date, la politique de la CIA au Moyen-orient n’aura pour but que de déstabiliser les régimes laïques et indépendants, au profit d’organisations islamistes.

Depuis que Washington est parvenu à obtenir du Roi Ibn Séoud, le 29 mai 1933, la stratégie ” islamo-pétrolière ” des USA a été la suivante : “Nous vous laissons régner et appliquer la loi islamique en Arabie Saoudite et vous coopérez économiquement avec nous“.

Afin de comprendre l’islamisme radical moderne, il est nécéssaire de prendre en compte le choc pétrolier des années septante et la hausse du cours du brut provoquée par les pays arabes producteurs de pétrole et par les sociétés pétrolières américaines. Ceci aura pour conséquence l’enrichissement considérable de l’Arabie Saoudite – dont les revenus annuels sont passés, de 4,35 à 36 milliards de dollars entre 1973 et 1978 – qui investira une grande partie de ses bénéfices dans la promotion de l’islam wahhabite. L’introduction de l’islamisme radical saoudien au sein des législations des États musulmans sera la condition sine qua non de l’aide au développement. La quasi-totalité des réseaux islamistes implantés dans le monde musulman seront ainsi financés par l’État saoudien et par le biais des institutions islamiques internationales qu’il contrôle : l’Organisation de la Conférence Islamique, la Ligue islamique mondiale, et surtout les banques saoudiennes, tels Fayçal Islamic Bank, Fayçal Islamic Bank, Dellah el-Baraka, etc. Lire la suite >>

08.02.2009

Rapport CIA : "Global Trends 2025 - a Transformed World"

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C'est déjà le livre de chevet de Barack Obama. Dans un rapport publié tous les quatre ans et intitulé "Global Trends 2025 - a Transformed World", le Conseil national du renseignement américain (National Intelligence Council, NIC) prend acte de la probable perte de puissance des Etats-Unis, qui ne pourront plus agir de manière unilatérale. De même, l'UE se transformera en géant incapable de transformer sa puissance économique en influence globale. Surtout, il redoute que "des armes nucléaires soient utilisées du fait de la prolifération de la technologie et de la possibilité de procéder à des frappes limitées".

Les experts s'inquiètent particulièrement de la situation au Moyen-Orient, où plusieurs pays envisagent d'acquérir des technologies pouvant permettre de produire l'arme atomique. Certains pays ainsi que des mouvements terroristes risquent de se hasarder à des frappes nucléaires à l'horizon de 2025, selon un rapport publié jeudi par les services de renseignement américains.

"Au cours des quinze à vingt ans qui viennent, plusieurs puissances régionales pourraient intensifier leurs efforts en ce sens et envisager activement de se procurer des armes nucléaires", s'alarme le rapport, qui compte 121 pages. L'équilibre de la terreur, qui prévalait dans le monde durant la guerre froide, ne se répèterait pas forcément dans ce contexte. Au contraire, l'arme nucléaire pourrait donner à ses détenteurs un sentiment de confiance qui risque de les amener à livrer des guerres classiques ou à commettre des actes de terrorisme.

"Le risque de vol ou de détournement de technologie, de matériaux et d'armes nucléaires risque d'augmenter, de même que le potentiel d'utilisation illégale de l'atome", selon le rapport. Le terrorisme sera toujours une menace en 2025, même si le réseau Al-Qaida pourrait avoir disparu du fait de ses faiblesses : objectifs stratégiques irréalisables, incapacité de susciter un soutien populaire, actes d'autodestruction, estiment les experts américains. La stratégie antiterroriste devra s'attacher à comprendre comment et pourquoi une autre organisation pourrait prendre le relais d'Al-Qaida, selon eux.

A propos des guerres où sont actuellement engagées les troupes américaines, le rapport prédit que le pouvoir en Irak comme en Afghanistan pourrait encore faire l'objet de luttes en 2025. A la surface du globe, "les écarts croissants dans les taux de natalité, entre les riches et les pauvres et l'impact inégal du changement climatique pourraient exacerber les tensions", prévoient les spécialistes du renseignement. La mafia pourrait s'emparer d'au moins un Etat d'Europe centrale, ajoutent-ils.

Le rapport comporte cependant quelques bonnes nouvelles. En 2025, le pétrole pourrait déjà être remplacé ou en passe de l'être, plusieurs places financières pourraient faire office d'amortisseurs de crise et la péninsule coréenne devrait être réunifiée sous une forme ou une autre.
ilioucha
Pour lire le rapport : Rapport CIA.pdf

04.02.2009

Selon la CIA : une alliance entre les radicaux sunnites et chiites, drigée par l’Iran, déstabilise le Proche-Orient تقرير للـ CIA يكشف عن الأبناء الشرعيين للولي الفقيه في العالم السني:

محمد حميدة من القاهرة: لم تكن الاتهامات المصرية للامين العام لحزب الله السيد حسن نصر الله بالعمالة لإيران شيئا جديدا أو غير معروف ، فالرجل قد أعلنها علنا في تصريحات سابقة مفتخرا ومتباهيا بأنه ابن للولي الفقيه . فقد ربط الإمام الخميني مشروع تصدير الثورة الإسلامية بموضوع ولاية الفقيه المطلقة ، وعمل النظام الإيراني على تأسيس تنظيمات وأحزاب عديدة في البلدان و الدول العربية والإسلامية على هذه القاعدة ، وقد اعترف السيد حسن نصر الله أثناء أحداث بيروت الدامية في 2008 بذلك صراحة حين قال " يتصورون أنهم يهينوننا عندما يقولون حزب ولاية الفقيه. افتخر ان أكون فردا في حزب ولاية الفقيه ".

لكن السؤال: هل نصر الله وحده الذي يتبع ولاية الفقيه في العالم العربي؟

تعرض تقرير استخباري لوكالة الـ "سى أي اية " الأميركية للإجابة على هذا السؤال كتبه "رويل مارك غريشت" ضابط مخابراتي سابق في الوكالة وزميل في مؤسسة الدفاع عن الديمقراطيات ، وتحت عنوان " المتشددون الشيعة والمتشددون السنة معا لزعزعة استقرار الشرق الأوسط " حاول غريشت شرح طبيعة العلاقة وسر التقارب الأصوليين الشيعة مع الأصوليين السنة وكيف نجحت إيران في الوصول الى الإخوان والقاعدة والجهاد وحماس وغيرها من التنظيمات السنية رغم التاريخ الحافل بالصراع والدموية ،

Lire la suite : http://65.17.227.80/Web/Politics/2009/2/406092.htm

Le site "Elaph.com" reprend, ce 3 février, un rapport de la CIA qui évoque "les enfants sunnites du Wali Al-Faguih" chiite, et affirme qu’une alliance régionale a été mise sur pieds par l’Iran, regroupant les radicalismes sunnites et chiites, pour déstabiliser le Proche-Orient et parvenir à réaliser l’empire perse. Exactement comme l’avait évoqué MediArabe.info en mars 2008.

Cette analyse justifie a posteriori les accusations égyptiennes portées contre Téhéran et surtout contre Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah libanais, qualifié par la presse égyptienne d’« agent iranien ». Effectivement, Nasrallah ne s’en cache pas et insiste, à chaque occasion, sur sa fierté d’être « un soldat dans l’armée de Wali Al-Faguih », littéralement « le vicaire de Dieu sur terre », l’ayatollah Ali Khamenaï.

Le rapport attribué à la CIA cite en effet tous « les enfants naturels, sunnites, de la Révolution chiite iranienne ». Il en va du Hamas, du Jihad islamique palestinien, mais aussi du Jihad islamique en Egypte qui fut dirigé par Ayman Al-Zawahiri, avant de fusionner dans Al-Qaïda. Grâce au Hamas palestinien, qui est l’une des émanations des Frères musulmans, l’Iran a réussi à s’allier à cette Confrérie, en dépit de son extrémisme sunnite. Ceci s’est fait grâce à deux principaux facteurs : la victoire du Hezbollah au Liban en 2006, et un changement de ton iranien enregistré ces dernières années. Téhéran a en effet accentué ses critiques et concentré sa mobilisation contre le « Grand Satan » et le « Petit Satan » (respectivement les Etats-Unis et Israël), en occultant les conflits secondaires opposant Sunnites et Chiites, notamment en Irak, et en valorisant la cause palestinienne, si chère aux Arabes et aux Sunnites.

La République islamique a également réussi à s’attirer les faveurs des Sunnites en soutenant Al-Qaïda et les Taliban en Afghanistan, et en accueillant des dizaines de cadres de l’organisation de Ben Laden en Iran, après la chute de l’Etat islamique en Afghanistan. Parallèlement, Téhéran a créé une chaîne de télévision arabophone, sous l’impulsion de Ali Larijani, le fils idéologique de Khamenaï. La télévision « Al-Alam » a ainsi apporté un soutien sans faille aux opérations suicides en Israël, recueillant du même coup l’adhésion des Sunnites arabes. Aujourd’hui, avec le lancement du satellite iranien « Omid » (Espoir), et l’apparition de missiles balistiques capables d’atteindre l’Europe et Israël (Safir-2, d’une portée de 4.000 km), les illuminés seront de plus en plus nombreux à se bousculer pour prêter allégeance aux Mollahs, afin de détruire Israël et châtier les Etats-Unis...

Ce faisant, l’Iran a fini par faire oublier son silence complice que lui reprochaient les Frères musulmans depuis les massacres commis par leur allié syrien, le chiite (alaouite) Hafez Al-Assad contre les Sunnites en Syrie, en 1982... Téhéran parvient, peu à peu, à exporter sa révolution non seulement en s’appuyant sur les minorités chiites qui résident dans les pays arabes (Bahreïn, Arabie, Koweït, Liban, Syrie), mais aussi en exploitant les Sunnites. « Une alliance regroupant les radicaux des deux côtés menace la stabilité de la région et permet à Téhéran d’atteindre l’objectif stratégique que les anciens régimes y ont échoué », à savoir étendre l’influence iranienne sur toute la région, conclut le rapport américain [Lire à ce sujet l’Empire perse].

Cette analyse, publiée le 3 février 2009, reprend exactement l’esprit de l’éditorial de MediArabe.info publié il y a déjà dix mois, plus précisément le 25 mars 2008. Pour relire notre analyse, intitulée « Entre le Hezbollah de Hassan Nasrallah et Al-Qaïda de Ben Laden et Al-Zawahiri : complémentarité ou concurrence ? », cliquez ici.

© Khaled Asmar « MediArabe.info »

01.12.2008

Interview d'un agent du Mossad (1)

DRZZ : Michael Ross, un grand merci d’avoir accepté d’accorder cet entretien au blog drzz. Votre parcours est des plus inhabituels. Au début des années 80, vous étiez chrétien, Canadien, et vous terminiez votre service militaire dans votre patrie d’origine. Comment avez-vous rejoint Israël ? 

ROSS : Lorsque j’avais 20 ans, j’ai voyagé en Europe et je souhaitais passer l'hiver sous un climat méditerranéen.J’ai appris que l’on pouvait se porter volontaire pour travailler dans un kibboutz, en Israël. En dehors de cela, le pays lui-même m’intéressait. A l’époque, l’histoire, les religions et la technologie me passionnaient, et Israël était largement médiatisé sur ces sujets. 

DRZZ : Vous vous êtes ensuite marié avec une Israélienne et converti au judaïsme. Puis obtention de la citoyenneté, et service militaire au Liban. Votre service terminé, un « officiel du gouvernement israélien » vous contacte... A votre avis, pourquoi votre dossier a-t-il retenu l’attention de la Melukha, les chasseurs de têtes du Mossad ?   

ROSS : C’est une très bonne question. On ne m’a jamais révélé les raisons de mon recrutement.

DRZZ : Et si vous deviez spéculer, en vous basant sur votre expérience… ? 

ROSS : Je pense que mon parcours plutôt particulier a intéressé les recruteurs. Mon service militaire aussi.

DRZZ : Dans l’armée canadienne ou dans Tsahal ? 

ROSS : Les deux, en réalité. Mais plutôt, je pense, mon incorporation dans les forces armées israéliennes. 


DRZZ : Pouvez-vous nous révéler quelle était votre fonction ?

ROSS : Oui, je servais dans le génie, au sein d’une unité combattante.


DRZZ : Etait-ce le niveau technique d’une telle affectation qui a séduit le Mossad ?

ROSS : Pas seulement. Le simple fait que j’aie porté l’uniforme a été vu comme un signe fort de patriotisme. Cela prouvait que j’étais bien intégré dans la société israélienne.  


DRZZ : Et ensuite, comment entre-t-on dans le monde particulier de l’Institut ?
 

ROSS : Comme on m’avait sélectionné pour être « combattant », soit agent sous couverture, mon entrée dans le Mossad a été ponctuée d’interrogatoires et de mois d’isolement. La nature-même de ma fonction faisait que toutes mes relations avec autrui étaient strictement contrôlées. Et quand je parle « d’autrui », je parle de mes collègues au quartier-général. Tout demeurait très surveillé, organisé et cloisonné. Durant cette période, je ne pouvais compter que sur moi-même, tout en restant sous le contrôle des personnes qui me formaient pour devenir opérationnel.    
DRZZ : Comment se déroulait le programme d’entraînement ?

ROSS : La formation du Mossad est sans doute la chose la plus difficile que j’aie faite dans ma vie.  Ce n’est pas tant un entraînement, ils vous placent dans une situation donnée et évaluent vos réactions. Ensuite, en se basant sur vos erreurs et vos réussites, ils dressent votre profil et l’exploitent. Bien sûr, vous apprenez des choses, mais le centre du programme, c’est toujours vous. Ils s’intéressent à votre mental, à votre système de pensée, et s’emploient à les modifier. C’est l’aspect psychologique qui prédomine.


DRZZ : Quel rôle jouiez-vous au sein des services de renseignement israéliens ? 
 

ROSS : Durant les sept premières années, j’ai servi comme « combattant », soit agent sans couverture diplomatique, l'élite du service.  Puis je suis devenu katsa, c’est-à-dire agent de renseignement. Il existe deux sortes de katsa : l’agent traitant, qui recrute des informateurs et cible l’HUMINT [renseignement d’origine humaine], et l’officier polyvalent. J’étais de la seconde catégorie. Ensuite, plus loin dans ma carrière, je suis devenu officier de liaison avec la CIA et le FBI, puis à nouveau katsa, mais dans un autre domaine, à savoir le contre-terrorisme.


DRZZ : Comment est-ce de travailler comme agent sous couverture dans notre monde contemporain ?    

ROSS : Lorsque vous vivez au secret pendant une longue période, cela affecte votre psyché. Les personnes qui travaillent dans notre business se déconnectent quelque peu de la réalité et en viennent à penser que leur vie de couverture est leur vraie vie. Pour éviter cette dérive, leurs supérieurs doivent régulièrement évaluer leur santé psychologique et veiller à ce qu’ils gardent des liens essentiels  avec le monde réel. Dans le même temps, ils doivent leur donner la liberté d’exploiter leur couverture au maximum.La couverture est tout ce que nous avons en mission. Pour des gens qui opèrent en milieu hostile, elle est leur seul moyen de défense. Comme arme, ils n'ont ni pistolet ni couteau, mais la faculté de convaincre autrui. Ils doivent faire croire à leurs cibles qu’ils ne représentent pas une menace, qu’ils sont à l'écoute et en aucune manière liés à un organe de renseignement.    


DRZZ : Et comment réagissaient vos proches ?

ROSS : Il existe plusieurs types de couverture. Il y a la couverture pour votre travail et celle pour vos parents et amis. La seconde peut être délicate : vous devez convaincre votre famille, lui expliquer vos absences. Dans mon cas, ma famille [parents] vivait en Amérique du Nord lorsque j’opérais au Moyen Orient, Europe ou Afrique. Aussi n’étais-je pas exposé au quotidien ; je n’avais pas besoin de me justifier constamment sur ce que je faisais et pourquoi. Ils savaient seulement que je travaillais à l’étranger. 

DRZZ : La chaîne de télévision israélienne Channel 2 a récemment confirmé que le Mossad avait éliminé Imad Mughniyeh, l’un des leaders du Hezbollah, en février 2008. Que pouvez-vous nous dire à son sujet ?

ROSS : Mughniyeh était le cerveau du terrorisme moderne. Il représentait un point de convergence entre différents groupes jihadistes. Et surtout Téhéran. A bien des égards, Mughniyeh était plus l’homme de l’Iran que celui du Hezbollah.


DRZZ : Vraiment ?

ROSS : Absolument. Mughniyeh incarnait le terrorisme d’Etat exercé par l’Iran. Les Gardiens de la Révolutions et le Ministère de la Sécurité Nationale [VEVAK, renseignement extérieur iranien] ont offert à Mughniyeh la plateforme qu’est le Hezbollah afin qu’il exporte la révolution islamique à l’étranger, et s’oppose à Israël aussi bien qu’à toutes les puissances occidentales de la région. Mughniyeh comptait parmi les cerveaux du terrorisme les plus influents de la planète.  Juste pour noter quelques-unes de ses fonctions : il était en charge des opérations à l’étranger, depuis les attentats à la bombe en Amérique du Sud. Il servait d’agent de liaison avec d’autres groupes terroristes, parmi lesquels Al-Qaeda, et a rencontré Ben Laden au Soudan au milieu des années 90. Sans compter qu’il s’occupait de l’aide logistique et militaire accordée aux groupes tels que le Hamas et le Jihad islamique. Mughniyeh était une figure de premier ordre au Moyen Orient, même si l’ampleur de son influence ne sera pas révélée de sitôt.


DRZZ : Certains disent qu’avant le 11 septembre, il était l’homme le plus recherché de la planète…
 

ROSS : Effectivement, et ce n’est pas une coïncidence. Une chose que nous avons découverte est que les capacités opérationnelles d’Al-Qaeda ont augmenté lorsque la nébuleuse est entrée en contact avec Mughniyeh. De même, huit des dix-neuf terroristes du 11 septembre ont pu transiter sans encombres par l’Iran avant les attentats contre le les Etats-Unis.


DRZZ : Suggérez-vous des liens plus étroits entre Al-Qaeda et le Hezbollah ?

ROSS : Voyez les attentats de Dar es-Salaam et Nairobi, sur lesquels j’ai enquêté comme agent de liaison du Mossad.  Nous avons tracé les appels effectués par Ben Laden par téléphone satellite. Environ dix à douze pour cent d’entre eux étaient adressés à des officiels en Iran. Il serait très naïf de penser que le Hezbollah n’a jamais eu de contacts avec Al-Qaeda. Les groupes terroristes doivent collaborer les uns avec les autres, c'est leur seul moyen de survie stratégique 


DRZZ : Vous avez mentionné les attentats contre les deux ambassades américaines en Afrique, durant l’année 1998. Vous travailliez dans cette région au sein de la division TEVEL…

ROSS :  TEVEL, oui. Cela veut dire « monde » en hébreu.


DRZZ : … comment avez-vous découvert Al-Qaeda ?

 

ROSS :  Le nom de l’organisation a commencé à se répandre suite aux attentats contre les tours Khobar, en Arabie Saoudite, au milieu des années 90. Nous avons appris que les vétérans de la guerre d’Afghanistan avaient formé une « confédération » terroriste, renforcée par la venue du Jihad islamique égyptien. Mais il a fallu les attentats en Afrique pour que le renseignement travaille sérieusement sur le sujet et accepte l’idée qu’il existait, désormais, une organisation transnationale aux capacités opérationnelles très élaborées. En réalité, c’est moins une structure qu’un « parapluie » qui couvre une variété très diverse de groupes terroristes. La venue du Jihad islamique égyptien au sein d’Al-Qaeda a marqué le début de l’ascension de la nébuleuse qui, initialement, était facile à tracer grâce à notre étroite coopération avec le renseignement égyptien.  


DRZZ : Est-ce à dire qu’Ayman Al-Zawahiri, le numéro deux d’Al-Qaeda, est plus important qu’Oussama Ben Laden ?

ROSS :   Oui. Ben Laden est une figure symbolique, mais le vrai cerveau de « la base » est son second égyptien. C’est sa venue, et celle de son Jihad islamique, qui a transformé Al-Qaeda en menace internationale. Zawahiri est célèbre pour ses harangues télévisées, mais celles-ci cachent sa vraie place au sein d'Al-Qaeda

DRZZ : Abordons le 11 septembre 2001. Comment avez-vous réagi à ces évènements ?

ROSS :  Je dois vous avouer que j’étais plutôt choqué. Je travaillais en Asie du Sud-est à cette période. Je surveillais une organisation terroriste. Pas liée à Al-Qaeda, mais terroriste quand même. Lorsque j’ai appris la nouvelle – j’étais devant la télévision lorsque le second avion a percuté le World Trade Center  – j’étais choqué. Je l’ai pris comme une défaite personnelle. Nous avons travaillé sans relâche pour traquer ces personnes pendant des années. C’était très démoralisant. Il faut comprendre que la raison de notre existence, en tant qu’agents du renseignement, est d’empêcher de tels actes. Je peux vous garantir que le Mossad n’avait aucune connaissance préalable de ce drame. Il existait, bien sûr, des fragments d’informations, mais personne ne les avait mis en perspective pour bâtir le début d’une évaluation. Le renseignement américain souffrait du même problème, ce qui l’a mené au désastre.


DRZZ : Justement. Comment jugez-vous vos collègues du FBI et de la CIA, vous qui les avez côtoyés comme agent de liaison en Afrique ?
 

ROSS :  Les agents de terrain et les NOC [Non-official cover operatives, agents sans couverture diplomatique], leur version de nos « combattants », ont fait leur travail. Mais, avant le 11 septembre, il y avait un vrai problème de bureaucratie et de chaîne de commandement aux Etats-Unis, un vrai manque de coopération et de coordination. La guerre entre les services a affecté leurs capacités de renseignement, du quartier-général jusqu’à l’agent de terrain.  Inutile de préciser que nous aussi, comme agence partenaire, avons subi les conséquences de cette lutte entre le FBI et la CIA. Le nom de Ken Williams vous dit-il quelque chose ?


DRZZ : Non.

ROSS :  J’ai travaillé avec lui et le connais plutôt bien. Il a ensuite été affecté au bureau du FBI à Phoenix. C’est l’agent qui a averti sa hiérarchie que plusieurs Arabes prenaient des cours de vols aux Etats-Unis quelque mois avant le 11 septembre. Il a ajouté que cette information devait être largement diffusée au sein de la communauté du renseignement américain. On a ignoré son mémorandum. C’était en juillet je crois, et les attentats ont eu lieu en septembre… C’est ce genre de faute professionnelle institutionnalisée qui a conduit à la tragédie du 11 septembre.  

DRZZ : Je m’interroge sur les directeurs du Mossad sous lesquels vous avez servi. Si j’excepte Admoni, vous avez connu trois caractères très différents : Shabtai Shavit, Danny Yatom et Ephraïm Halevy. Quelle est votre opinion à leur sujet ? Nous avons leurs avis, mais rarement – à vrai dire jamais – celui des hommes de terrain. 

ROSS : En effet. Ils voient le tableau dans son ensemble, à un niveau très élevé, quasi ministériel, alors que j’ai travaillé comment agent opérationnel. Ma perspective est sensiblement différente de la leur. L’une des choses que j’ai toujours admirées dans le Mossad est qu’il fonctionne comme une organisation apolitique. Il ne vit pas sous la loupe d’une commission ; il ne répond qu’au Premier Ministre, à la limite aux membres supérieurs de son cabinet. C’est essentiellement une relation entre le directeur général et le Premier Ministre. Le Mossad est une petite structure centralisée. Vous avez le directeur général et la pyramide au-dessous, mais une petite pyramide, rien à voir avec l’énorme bureaucratie insondable que vous retrouvez dans les autres agences de renseignement. Le système est très direct : si le directeur général prend une décision, celle-ci descend les échelons très rapidement. Il n’est pas rare que le Premier Ministre en exercice s’implique personnellement dans notre travail. Le Premier Ministre Rabin, par exemple, aimait sincèrement le Mossad et savait exploiter son potentiel. Il participait à des briefings de « combattants » et du personnel avant les opérations importantes. Rabin montrait un véritable intérêt pour les agents qui travaillaient en-dessous de lui.

1988-2001 : Agent des services de renseignement extérieurs de l'Etat d'Israël


LIRE LA SECONDE PARTIE

Le MOSSAD

Institut pour le renseignement et les affaires spéciales 

Ha Mossad le-Modiin ule-Tafkidim Meyuhadim ; המוסד למודיעין ולתפקידים מיוחדים

Selon le quotidien israélien Haaretz , qui se fonde sur des sources à l'intérieur de l'Institut, Michael Ross travaillait sous le nom de code "Rick".

1988-1995 : agent sous couverture ("Combattant") au sein de la division CAESAREA, responsable des officiers opérant sans couverture diplomatique.  Missions aux Etats-Unis et en Syrie, Azerbaïdjan, Iran et Afrique du Nord.

1996-1998 : agent de renseignement (Katsa) au sein de la division TEVEL, responsable des relations entre l'Institut et les agences de renseignement à l'étranger. A ce titre, il a travaillé comme officier de liaison du Mossad avec la CIA et le FBI. Michael Ross était également enquêteur lors des attentats d'Al-Qaeda contre les ambassades américaines de Nairobi (Kenya) et Dar es-Salaam (Tanzanie).


1998-2001 : agent de renseignement (Katsa) au sein de la division BITZUR, responsable de la sécurité et de l'immigration des communautés juives mondiales.  En 2000, il a été félicité par le directeur-adjoint du Mossad, Ilan Mizrahi, pour avoir organisé la fuite des Juifs du Zimbabwe menacés par le régime de Robert Mugabe.

Michael Ross est
un ancien soldat canadien, de confession chrétienne, qui a émigré en Israël au début des années 1980, s'est converti au judaïsme et a rejoint Tsahal, avant d'être repéré par des chasseurs de tête de la MELUKHA, le service de recrutement du Mossad.  

En 2007, Michael Ross a publié un best-seller retraçant son parcours sous le titre "The Volunteer". Ses mémoires, en anglais, ont été diffusées en Angleterre, Australie Canada, Etats-Unis, et traduites en hébreu pour être publiées en Israël. 
  

Grâce au blog drzz, il est aujourd'hui en contact avec des maisons d'édition en France.

Michael Ross est depuis apparu dans plusieurs journaux canadiens, dont le National Post et le Globe and Mail, et reste un correspondant régulier de la télévision canadienne CBC. 

Il donne régulièrement des conférences à l'Université de Vancouver sur le thème du contre-terrorisme.
http://leblogdrzz.over-blog.com/article-24864301.html

20.11.2008

Menace terroriste avant l’investiture d’Obama ?

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(Nouvelle Solidarité) – C’est en période d’effondrement économique que ressurgit la « menace terroriste ». Alors qu’en Europe semble réémerger une « stratégie de tension » animée par le terrorisme d’ultragauche, Barack Obama « reçoit de nombreux avis inquiétants, émanant de dirigeants des deux côtés de l’Atlantique, de se préparer à une agression terroriste prochaine », écrit le Times de Londres du 15 novembre.

Le Times cite les déclarations récentes du ministre de la Sécurité intérieure britannique, Lord West of Spithead, qui a mis en garde contre « la grande menace » d’Al-Qaida, expliquant qu’« à nouveau, il y a un grand complot qui se prépare, et nous suivons cela de près ». L’article cite aussi un responsable du contre-terrorisme avertissant que le niveau d’alerte terroriste est actuellement au même niveau qu’en juillet 2007 lorsque des bombes avaient explosé dans les transports londoniens. Pour un responsable de la sécurité britannique, Al-Qaida tentera un coup « spectaculaire » pendant la période de transition de l’administration américaine. Et le quotidien britannique écrit qu’« à cause du risque élevé de complot impliquant les vols transatlantiques, la Grande Bretagne et les Etats-Unis partagent tous leurs renseignements sur les activités terroristes soupçonnées ».

Le Times cite également le directeur de la CIA, Michael Hayden, qui lors d’un discours à Washington la semaine dernière, a expliqué qu’« aujourd’hui, les principales menaces terroristes dont mon agence est au courant, sont liées à la zone tribale [de la région frontalière pakistano-afghane, ndlr]. Que ce soit le commandement, le contrôle, l’entraînement, la direction, l’argent, les compétences, tout est lié aux FATA [Federally administered tribal areas, la région tribale pakistanaise, ndlr] (…) s’il y a une attaque majeure sur ce pays, elle portera l’empreinte d’Al Qaeda ».

L’article reprend également les propos d’un expert sur la sécurité au Center for strategic and international studies de Washington (CSIS), expliquant qu’Al Qaeda « pourrait attendre l’investiture d’Obama » avant de frapper, car « pour l’instant les effectifs de police redoublent sur les cibles potentiels, mais ça ne sera plus le cas trois mois après la passation de pouvoir ».

« Quelqu’un prépare une attaque », a dit Lyndon LaRouche en réaction à ces informations, « mais l’idée que ce soit spontané est folle. Ces choses là ne sont pas spontanées. C’est ridicule de penser que s’il y a une attaque ce sera spontané. Ce sera orchestré, et c’est ce que nous voyons ici à l’oeuvre.
« Il n’y a rien de plus approprié pour essayer de cacher l’effondrement financier, que de démobiliser l’opinion populaire en déclenchant une vague de terrorisme. Je dirais qu’en ce moment, l’Empire britannique, avec ses différents pions dans diverses régions du monde, se prépare à déclencher une vague de terrorisme international. Nous sommes dans le genre de période où l’Empire britannique le ferait. On peut donc dire que ces menaces sont réelles, mais reste à savoir d’où elles viennent ?
« Il y a actuellement beaucoup d’idiots dans le monde et si vous les contrôlez, comme le font de nombreux services de renseignement, vous pouvez les amener à perpétrer ces attaques. A mon avis, cette période est propice à ce qu’ils le fassent. »

Merci à Guillaume B

20.09.2008

Afghanistan : La CIA trafique, les soldats trinquent

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Après le 11 septembre 2001, Chirac et Jospin jugèrent qu’il était nécessaire d’intervenir aux cotés des USA en Afghanistan. Cette décision fut prise sous le coup de l’émotion provoquée par les attentats de New York et Washington. Une entrée en conflit peut se concevoir. Un transfert de troupes très loin du territoire national peut s’envisager mais il faut, non seulement, dans un état démocratique, avoir établi publiquement « les raisons » qui déterminent ces actions, mais aussi les rendre toujours plus transparentes pour les soumettre à la critique publique et garantir le droit d’investigation de chaque citoyen. Or, aujourd’hui en France, si un quidam quelconque s’inquiète de la cohérence ou de l’incohérence du déroulement des événements du 11/9, il devient immédiatement suspect de révisionnisme ou pire de négationnisme…

Il s’agit pourtant de la vie et de la mort de nos soldats mais aussi de la légalité d’un acte peu banal aux conséquences tragiques pour « les indigènes » : une guerre.

Concernant le 11/9 les grands esprits médiatiques de notre temps de BHL à PPDA en passant par Arditi ont établi une vérité religieuse, un dogme, un tabou : on ne cherche pas, on ne discute pas, on ne s’interroge pas sur « la vérité » assénée par l’État américain.

Les mêmes inconditionnels de l’État US s’étaient transformés en procureurs affirmant, durant la campagne d’attentats en Russie de 2003-2004 menée par les séparatistes tchétchènes, que c’étaient évidemment, sans contestation possible des agents du FSB qui en étaient les auteurs …Dans ce bas monde où l’enfer de Dante règne il ne faut s’étonner de rien mais leurs arguments étaient, pour le moins, péremptoires. Simplement, il s’agissait de la Russie et nous le savons, les russes sont des barbares. Pas l’État américain.

Racisme, superbe idiotie, haine maladive de l’éternelle Russie Orthodoxe.

Et pourtant ce sont ces mêmes russes qui les premiers ont mené une longue guerre qui a, plus sûrement, provoqué la fin de l’URSS que la chute du mur de Berlin.

Mais qui donc s’opposait aux russes en soutenant « les chefs de guerre » et leurs esclaves paysans cultivant le pavot, avec la bienveillance du Pakistan laissant des convois d’armes transiter par ses frontières sous la direction d’un certain Ben Laden ? L’État américain et leur si douce CIA.

Du passé croit-on ? Non.

Aujourd’hui, les USA et leur agence de « renseignement » sont toujours alliés aux « chefs de guerre » et leurs esclaves paysans cultivant le pavot avec la bienveillance du Pakistan laissant des convois d’armes et des produits chimiques «  made in Pakistan » (pour transformer la jolie fleur en cocaïne) transiter par ses frontières sous la direction d’un certain …

 

Michel Chossudovsky, professeur en économie politique à l'université d'Ottawa note : « L’héroïne est un commerce de plusieurs milliards de dollars supporté par des intérêts puissants, qui requiert un flux régulier et sécuritaire de la marchandise. Un des objectifs « cachés » de la guerre est justement de restaurer le trafic de la drogue, parrainé par la CIA, à ses niveaux historiques et d’exercer un contrôle direct sur les routes de la drogue.

En 2001, sous les Talibans, la production d’opiacés s’élevait à 185 tonnes, pour ensuite grimper à 3400 tonnes en 2002 sous le régime du président Hamid Karzai, marionnette des États-Unis.

Tout en soulignant la lutte patriotique de Karzai contre les Talibans, les médias omettent de mentionner qu’il a déjà collaboré avec ces derniers. Il a aussi déjà été à l’emploi d’une pétrolière des États-Unis, UNOCAL. En fait, depuis le milieu des années 1990, Hamid Karzai agissait comme consultant et lobbyiste pour UNOCAL dans ses négociations avec les Talibans.

Selon le journal saoudien Al-Watan, « Karzai . »était un agent en sous-main de la Central Intelligence Agency à partir des années 1980. Il collaborait avec la CIA en acheminant de l’aide américaine aux Talibans à partir de 1994, quand les Américains, secrètement et à travers les Pakistanais, supportaient les visées de pouvoir des Talibans

Il est pertinent de rappeler l’histoire du trafic de drogue dans le Croissant d’or, qui est intimement lié aux opérations clandestines de la CIA dans la région.

Avant la guerre soviético-afghane (1979-1989), la production d’opium en Afghanistan et au Pakistan était pratiquement inexistante. Selon Alfred McCoy, il n’y avait aucune production locale d’héroïne.

L’économie afghane de la drogue fut un projet minutieusement conçu par la CIA, avec l’assistance de la politique étrangère américaine.

Comme il a été révélé par les scandales Iran Contras et de la Banque de Commerce et de Crédit international (BCCI), les opérations clandestines de la CIA en support aux moudjahiddines avaient été financées à travers le blanchiment de l’argent de la drogue.

L’hebdomadaire Time révélait en 1991 que « parce que les États-Unis voulaient fournir aux rebelles moudjahiddines en Afghanistan des missiles Stinger et d’autres équipements militaires, ils avaient besoin de l’entière coopération du Pakistan» À partir du milieu des années 1980, la présence de la CIA à Islamabad était une des plus importantes dans le monde. Un officier du renseignement américain avait confié au Time que les États-Unis fermaient alors volontairement les yeux sur le trafic de l’héroïne en Afghanistan..

L’étude d’Alfred McCoy confirme qu’en l’espace de deux ans après le déclenchement des opérations clandestines de la CIA en Afghanistan, en 1979, « les régions frontalières entre le Pakistan et l’Afghanistan devinrent la première source mondiale d’héroïne, fournissant 60 % de la demande américaine. »

Selon McCoy, ce trafic de drogue était contrôlé en sous-main par la CIA. Au fur et à mesure que les moudjahiddines gagnaient du terrain en Afghanistan, ils ordonnaient aux paysans de planter de l’opium comme une taxe révolutionnaire. À cette époque, les autorités américaines refusèrent d’enquêter sur plusieurs cas de trafic de drogue par leurs alliés afghans. En 1995, l’ancien directeur des opérations de la CIA en Afghanistan, Charles Cogan, a admis que la CIA avait en effet sacrifié la guerre contre la drogue à la Guerre froide.

Le recyclage de l’argent de la drogue par la CIA était utilisé pour financer les insurrections post-Guerre froide en Asie centrale et dans les Balkans, y compris Al Quaeda.

Les revenus générés par le trafic de la drogue afghane commandité par la CIA sont considérables. Le commerce afghan des opiacés constitue une grande part des revenus annuels à l’échelle mondiale des narcotiques, estimés par les Nations unies à un montant de l’ordre de 400 ou 500 milliards. Au moment où ces chiffres de l’ONU furent rendus publics (1994), le commerce mondial estimé de la drogue était dans le même ordre de grosseur que celui du pétrole.

Selon des chiffres de 2003 publiés par The Independent, le trafic de la drogue constitue le troisième commerce le plus important en argent après le pétrole et la vente d’armes.

Il existe de puissants intérêts commerciaux et financiers derrière la drogue. De ce point de vue, le contrôle géopolitique et militaire des routes de la drogue est aussi stratégique que celui du pétrole et des oléoducs.

Cependant, ce qui distingue la drogue des commerces légaux est que les narcotiques constituent une source majeure de richesses non seulement pour le crime organisé, mais aussi pour l’appareil de renseignement américain, qui constitue de plus en plus un acteur puissant dans les sphères bancaires et de la finance.

En d’autres mots, les agences de renseignements et de puissants groupes d’affaires alliés au crime organisé se livrent une concurrence pour le contrôle stratégique des routes de l’héroïne. Les revenus de plusieurs dizaines de milliards de dollars provenant du commerce de la drogue sont déposés dans le système bancaire occidental.

Ce commerce peut seulement prospérer si les principaux acteurs impliqués dans la drogue ont des « amis politiques aux plus hauts niveaux ». Les entreprises légales et illégales sont de plus en plus imbriquées, la ligne de démarcation entre « gens d’affaires » et criminels est de plus en plus floue. En retour, les relations entre les criminels, les politiciens et des acteurs du milieu du renseignement ont teinté les structures de l’État et le rôle de ses institutions.

L’économie de la drogue en Afghanistan est « protégée ». Le commerce de l’héroïne faisait partie des plans de guerre. Ce que cette guerre aura accompli, c’est le rétablissement d’un narco-régime dirigé par un gouvernement fantoche soutenu par des États-Unis. ».

Les quelques courageux musulmans de la brigade des stupéfiants de Kaboul, Kandahar ou Jalalabad se font assassinés un à un et la drogue inonde la Russie et l’Occident via Islamabad.

Tout va bien, les trafiquants trafiquent et réinvestissent déjà l’argent sale dans des centres commerciaux mirifiques du nouveau Kaboul, des innocents hommes, femmes et enfants meurent, de jeunes soldats idéalistes bernés, américains ou européens reviennent dans des sacs poubelle…

Ben Laden? Il s’est rasé la barbe, porte une boucle d’oreille et vend des hamburgers sur les plages californiennes.

Il a pu sauter en parachute de l’avion qui ne s’est jamais écrasé sur le Pentagone.

Jean-Marc DESANTI

14.09.2008

Le président bolivien Morales appelle à "mourir pour la patrie"

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Le président bolivien Evo Morales a appelé samedi à défendre «le changement» ou à «mourir pour la patrie», face à la crise suscitée par les provinces tenues par l'opposition.
«Nous avons toujours crié la patrie ou la mort. Si nous ne pouvons pas vaincre, il faut mourir pour la patrie et pour le peuple bolivien», a clamé M. Morales, devant une foule de partisans, réunie dans la région de Cochabamba (centre).
Cet appel solennel intervient quelques heures après une tentative de conciliation, organisée dans la matinée à La Paz entre l'exécutif et un porte-parole des gouverneurs des régions rebelles qu'il devait consulter.
La Bolivie, pays le plus pauvre d'Amérique du Sud, est secoué depuis plusieurs jours par une vague de violence, déclenchée dans les régions riches qui s'opposent au programme socialiste de M. Morales, premier dirigeant d'origine indigène.
«Cette révolution démocratique et culturelle, il faut la terminer», a déclaré M. Morales, qui vise à redistribuer les richesses au profit des communautés défavorisées des Andes, la majorité de la population.
«Arriver au pouvoir n'a pas été facile (...) c'est grâce à nos efforts à tous et cette lutte ne peut avoir été menée en vain», a-t-il encore déclaré.
Par ailleurs, le gouvernement a revu à la hausse le bilan des affrontements entre ses partisans et ses adversaires survenus cette semaine dans un village de la région de Pando (nord) , faisant étét de 16 morts.

leparisien.fr

12.09.2008

Les civicos sonnent la charge contre Morales

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En Bolivie, la sécession des riches, en réaction à l'élection de l'Amérindien Evo Morales à la présidence en 2006, a franchi un seuil périlleux à Santa Cruz avec une violente insurrection contre le gouvernement central mardi.

«Les milices de droite appelées civicos ont attaqué, saccagé, pillé et brûlé les bureaux des ministères de la Réforme agraire et des Impôts, de la compagnie nationale de téléphone, et de la télévision d'État», a dit Richard Simard, chargé de programmes à Développement et Paix.

Assiégé dans son hôtel de la ville où La Presse l'a joint hier, il a confié que ses partenaires boliviens, qui oeuvrent auprès des pauvres, lient ces événements à une «stratégie de rupture» pour faire reculer le gouvernement ou faire basculer le pays dans la guerre civile.

Yvan Canelas, porte-parole du gouvernement, a accusé les préfets des cinq provinces riches opposés au président Morales, de «chercher la guerre civile» au moyen d'«un affrontement avec les militaires et la police».

Pas d'état de siège

Les ministres de l'Intérieur, Alfredo Rada, et de la Défense, Walker San Miguel, ont dénoncé le début d'un «coup d'État civil» de la part de ces préfets et exécuté par des groupes «fascistes».

Mais conformément à la volonté du président Morales de régler les différends par le dialogue démocratique, les deux ministres ont écarté tout recours à l'état de siège et à l'armée dans le pays andin d'un million de kilomètres carrés.

«Armés de bâtons et de barres de fer, les civicos ont aussi détruit et pillé une radio officielle et les locaux d'une grande ONG, le CEJIS, qui a fourni plusieurs ministres au gouvernement Morales», a dit Richard Simard.

«Les milices cherchent l'affrontement à tout prix. Elles veulent des martyrs. Pour éviter cela, les forces de l'ordre, des policiers militaires, se sont retranchées dans leurs casernes, laissant libre cours aux pilleurs», a-t-il ajouté.

Les violences ont éclaté dans la troisième semaine d'une campagne dans les provinces de Santa Cruz, Tarija, Beni, Pando et Chuquicaca pour l'autonomie, le transfert de l'impôt sur les hydrocarbures, et le rejet d'une nouvelle Constitution qu'elles jugent «étatiste et indigéniste».

L'Église discréditée

Des barrages ont été érigés dans toutes ces provinces. Les civicos tentent de bloquer les frontières avec le Brésil, l'Argentine et le Paraguay. Ils ont coupé hier en partie l'approvisionnement de gaz naturel vers l'Argentine et le Brésil. Trois blessés au moins sont signalés à Santa Cruz et Tarija, tous des policiers.

Dans une lettre au président Morales, Branko Marinkovic, riche homme d'affaires et président duComité civique de Santa Cruz, a qualifié ce mouvement de «manifestation pacifique de citoyens».

Arrivé plus tard à La Paz après avoir franchi un barrage sur la route de l'aéroport, Simard a dit à La Presse que «les partisans de Morales tentent d'encercler Santa Cruz», ajoutant qu' «un heurt entre les deux groupes peut vite dégénérer».

«L'Église catholique a offert sa médiation, mais elle est avec les autonomistes, ce qui l'a discréditée aux yeux du gouvernement», a-t-il souligné. Invoquant la liberté du culte, Morales l'a accusée d'agir «comme sous l'Inquisition».

Les 10 millions de Boliviens sont à 55% au moins amérindiens, avec 15% de Blancs et 30% de Métis. Ces deux groupes, qui ont dominé le pays conquis par l'Espagne en 1524, sont concentrés dans les cinq provinces rebelles, où ils font la vie dure aux autochtones.

Ambassadeur non grata
Le président Evo Morales a décrété hier persona non grata l'ambassadeur des États-Unis en Bolivie, Philip Goldberg, qu'il a accusé d'alimenter la division et le séparatisme en Bolivie. Un porte-parole du secrétariat d'État américain, Gordon Duguid, a qualifié d'«infondées» ces accusations.

Avec AFP, AP, Reuters, BBC, VOA, Prensa Latina, IPS

Jooneed Khan La Presse


Après Morales, Chavez explulse l'ambassadeur des Etats-Unis

11.09.2008

Закрытый показ. Премьера. Фильм Джульетто Кьезы "9/11. Расследование с нуля"

На этот раз темой программы "Закрытый показ" станет документальный фильм, созданный по материалам расследования известного итальянского журналиста, политолога и общественного деятеля Джульетто Кьезы "9/11. Расследование с нуля".

Фильм, подготовленный международной группой экспертов и документалистов под руководством депутата Европарламента Джульетто Кьезы, стал сенсацией 2007 года в Европе. Картина вызвала большой общественный резонанс во время показа в Европейском парламенте и на Римском кинофестивале.

В фильме "9/11. Расследование с нуля" немало вопросов, на которые уже 7 лет нет ответа. Например, куда пропали обломки самолета, врезавшегося в здание Пентагона, где записи многочисленных камер видеонаблюдения, расположенных вокруг Пентагона, как могло случиться, что построенные из стали башни Всемирного торгового центра сложились аккуратно на свое основание, не повредив соседние здания?

"Что произошло после 11 сентября? – говорит Джульетто Кьеза. – Началась война в Афганистане, потом была война в Ираке. На очереди Иран. Мир сегодня намного беспокойнее, чем тогда. Ситуация ухудшилась".

В программе участвуют реальные очевидцы трагедии 11 сентября 2001 год в Нью-Йорке.
А также эксперты, которые разделятся на сторонников и противников фильма

Thierry Meyssan, Giulietto Chiesa et Leonid Ivashov conteste la vesrion bushienne du 11 septempre sur la première chaîne russe

La première chaine de télévision russe diffusera le vendredi 12 septembre, en première partie de soirée, une émission exceptionnelle sur les attentats du 11 septembre 2001.

Après la diffusion du documentaire “Zéro”, mettant en cause la version bushienne du complot islamique mondial, Giulietto Chiesa (député europeen), Leonid Ivashov (ancien chef d’état-major des armées russes) et Thierry Meyssan (président du Reseau Voltaire) seront confrontés à un panel de 10 experts et à diverses personnalités.

Ceux qui comprennent le Russe pourront regarder l’émission à cette adresse (19h25 heure de Paris)

Source : 1tv.ru

26.07.2008

Pourquoi pas ?

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Opération Sarkozy : comment la CIA a placé un de ses agents à la présidence de la République française
par Thierry Meyssan

Nicolas Sarkozy doit être jugé à son action et non pas d’après sa personnalité. Mais lorsque son action surprend jusqu’à ses propres électeurs, il est légitime de se pencher en détail sur sa biographie et de s’interroger sur les alliances qui l’ont conduit au pouvoir. Thierry Meyssan a décidé d’écrire la vérité sur les origines du président de la République française. Toutes les informations contenues dans cet article sont vérifiables, à l’exception de deux imputations, signalées par l’auteur qui en assume seul la responsabilité.

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