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  • Sécurité privée, guerre économique et principe de réalité

     

     

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    Quel est le cinéphile qui ne connait le film de Sydney PollackLes Trois Jours du Condor ? Joseph Turner agent d'une unité spéciale de la CIA est une sorte d'encyclopédie vivante. Son emploi consiste à lire toute la littérature d’espionnage mondiale, livres, thèses, afin d’y découvrir d’hypothétiques messages codés qui impliqueraient de possibles menaces extérieures à l’encontre des États-Unis . Il effectue donc une veille permanente de tous les écrits édités à travers le monde et grâce à ses excellentes connaissances, il élabore des scénarios utiles à l'Agence, trouve des fuites dans ses méthodes et éventuellement de nouvelles sources de renseignements.

    Or, un jour, après être allé faire des courses pour la pause déjeuner, Turner retrouve tous ses collègues assassinés. S'engage alors une course contre la montre pour savoir qui a commis ces meurtres et comment leur échapper. Mais il comprend très vite que c'est un groupe secret, agents de la CIA, « Shadow cabinet », véritable état dans l'état, qui est à l'origine du drame. Sans le vouloir vraiment son unité avait commencé à démasquer la véritable source du pouvoir.

    Même logique pour Ali Kazancigil qui écrit dans son dernier ouvrage La gouvernance pour ou contre le politique « Loin de soumettre la gouvernance à la raison politique, la démocratie et l'état souverain se sont laissés pénétrer par sa logique marchande et gestionnaire. Nous assistons à la domination de la rationalité instrumentale du marché et de la défaite de la raison politique. » Tout le monde en effet peut constater que la gouvernance « est une modalité technocratique et privatisée de l'action publique ».

    Dans les deux cas, comme citoyen, chacun peut s'en féliciter ou s'en offusquer : décrypter ce jeu tentaculaire c'est déjà commencer à saisir la complexité et comprendre l'abandon des anciens droits et devoirs régaliens des états, mais comme acteur « économique » de la sécurité, ne devons-nous pas tenir compte de cette évidente réalité ?

    Les directions des entreprises internationales se doivent donc désormais, non seulement d'adapter leurs politiques de développement au contexte local mais aussi leur « risk management » à tout type de situation. Il ne s'agit plus seulement de « sécuriser » au maximum leurs activités donc leurs profits, lorsque l'entreprise est implantée dans un pays sensible ou continuellement en crise, mais aussi de développer des structures de défense à l'intérieur même des nations mères. Les services de sécurité privés ne sont pas des amicales de mercenaires mais bien des pompiers qui palliant au déficit des structures d'états affaiblies agissent, en coopération avec elles, en temps et en heures pour éteindre les incendies conformément aux besoins légitimes des acteurs économiques majeurs, de leurs employés et de leurs usagers dans une authentique « guerre économique ».

    Bien que la formule de « guerre économique » suscite toujours incompréhension et contresens, elle n’en recouvre pas moins une réalité. En effet, depuis vingt ans, la globalisation des marchés et l’émergence d’une compétition mondiale, sans règles stables, se traduisent par une concurrence sans retenue entre les pôles financiers et industriels.

    Ali Laïdi définit la guerre économique comme « la stratégie économique agressive d’une entreprise ou d’un État pour atteindre un objectif : conquérir ou protéger un marché ». Elle apparaît ainsi comme un instrument belliqueux au service de la puissance des États et peut revêtir plusieurs formes : le benchmarking offensif, la contrefaçon, le débauchage concurrentiel, la guerre de l’information, le social learning, etc. La sémantique du concept de « guerre économique » est sujette à polémique. Nombreux sont les spécialistes qui rejettent l’emploi du vocable martial, car la « guerre économique » ne repose pas sur le recours à la force armée. Ils préfèrent évoquer l’hyperconcurrence ou l’hypercompétition à laquelle se livrent les entreprises et les États. D’autres encore nient purement et simplement le durcissement des relations. Ainsi, Patrick Viveret, philosophe et magistrat, estime que la guerre économique est un prétexte pour faire accepter aux citoyens la disparition des avantages sociaux au nom d’une société toujours plus libérale. Quoiqu'il en soit, il est impossible de ne pas reconnaître que les rapports commerciaux entre les acteurs économiques se sont nettement radicalisés depuis la chute du Mur de Berlin.

    La globalisation du marché, n’a pas pacifié le monde des affaires, mais pousse de plus en plus les états comme les entreprises à durcir leur politique de compétitivité. Dans cet affrontement, ce qui reste de l’État est à la fois juge et partie. Juge lorsqu’il encadre de manière minimale le fonctionnement des marchés et partie lorsqu’il utilise toute sa force pour soutenir ses champions économiques. Si le principe de la libre concurrence empêche les États de mettre en place une certaine politique industrielle, ces derniers s’efforcent de contourner cette interdiction et utilisent leur administration, et particulièrement « leurs services de renseignement », pour soutenir leurs fleurons industriels. Le rôle de l’État dans la compétition économique est d’autant plus important à l’heure où la crise financière frappe l’économie mondiale. Tous, même les ultralibéraux, se tournent vers lui pour sauver « le système ». Des États-Unis à la Russie en passant par la Grande-Bretagne, les fonctionnaires des différents pays se transforment en véritables « guerriers du business ». Et comme dans le même temps les états effectuent des coupes brutales dans les budgets de sécurité, ils se tournent naturellement vers le traitement privé de celui-ci ou ne laissent aucun autre choix aux entreprises pour se protéger.

    Dans ce cadre,  « l ’intelligence » économique privée est rapidement apparue comme l’outil indispensable à la pérennité, au dynamisme et au développement économique durable des entreprises. La permanence et l'importance de « la veille » des « services privés » à l'intérieur des entreprises font désormais partie de ce principe de réalité définitivement admis. Dans la modernité du troisième millénaire, les milieux économiques doivent porter à la fonction publique le plus grand intérêt et réciproquement, afin de recueillir le maximum de renseignements vitaux pour la survie et l’expansion de ceux-ci ... Les phénomènes de « spy drain » (concept de transfert d'agents des service de renseignements publics vers les services de renseignements privés), privatisation et « outsourcing » sont amenés à se développer de façon exponentielle. Tout le problème réside alors dans l'encadrement par des professionnels pouvant harmonieusement négocier ces transferts dans l’efficacité, la rapidité et la mise à niveau concernant les exigences et les perspectives des entreprises.

    Jean-Marc DESANTI

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  • IRAN – USA : la grande parodie par Desanti Jean-Marc

    «  Le pouvoir n'existe plus que comme parodie  »

    (Jean Baudrillard )

     

    Il n'existe pas entre états stables de tensions irréductibles car il n'y a pas entre gouvernements de relations établies «  une fois pour toutes  ». Les adversaires d'hier deviennent les amis d'aujourd'hui et les alliés de demain, parce que la nature même de tout pouvoir est de survivre en développant une politique prioritairement conforme à ses intérêts, c'est à dire, en termes moins élégants, de tout faire pour durer.

    Les USA et l'Iran ont , officiellement, connu une amitié réciproque jusqu'à la chute du Shah, puis en apparence, depuis vingt ans, de violentes tensions qui semblaient se cumuler durant le conflitIran-Irak. En réalité l'administration américaine de Reagan misa très concrètement sur Téhéran en organisant des livraisons massives d'armes par l'intermédiaire d'Israël. Ce qu'on nomma « l'Irangate » apparaissait comme incompréhensible aux yeux de beaucoup de « spécialistes », l'explication était pourtant simple : Face au « matérialisme » soviétique l'islamisme était favorisé. En vendant des armes aux iraniens les États-Unis faisaient d'une pierre deux coups.

    D'une part ils se servaient des profits engrangés pour soutenir « les contras » qui combattaient lesSandinistes soutenus par l'URSS au Nicaragua et d'autre part nourrissaient la lutte armée contre l'Irak, faisant plus de 500 000 morts, qui avait le soutien de Paris et de Moscou.

    Puis, les évènements continuèrent à resserrer les liens très discrets mais très étroits entre Washington et Téhéran. En 1998, 70 000 hommes des forces terrestres et aériennes iraniennes, appartenant aux pasdaran (gardiens de la révolution) et aux bassidji (milices islamiques) se massèrent à une cinquantaine de kilomètres de la frontière afghane en menaçant d'intervenir pour écraser les talibans. C'est à cette époque que La Vevak ( services secrets iraniens ) établit des contacts avec le commandant Massoud. C'est à cette époque aussi que la Vevak et la CIA s'entendirent sur le plan de soutien et de secours aux forces de Massoud. Téhéran était, d'ailleurs, déjà engagé dans le conflit, ses avions ravitaillant en vivres et en armes depuis des moisl'Hazarajat, une région du centre de l'Afghanistan, tenue par les milices chiites hazaras, alliées de Massoud et que les talibans n'avaient pas encore conquises.

    Aussi lorsque le premier décembre 2001 l'US Air Force commença les bombardements sur Tora Bora, elle put bénéficier de l'ouverture de l'espace aérien iranien pendant deux mois.

    Mieux encore, en 2003, l'armée américaine est partie du Koweit vers Bagdad, via le désert deNassiriyah, les brigades de l'organisation Badr avec leurs 15000 hommes ( réfugiés et transfuges chiites irakiens ayant combattu avec les iraniens pendant la guerre irano-irakienne ) étaient déjà entrées depuis la côte d'Al Imara et de Sa'd Algharbi pour protéger les arrières de l'armée américaine. C'est à ce moment-là aussi que les iraniens proposèrent aux Etats-Unis le fameux accord 6+6 , les six pays frontaliers de l'Irak, plus les USA et les pays du Conseil de sécurité, plus l'Égypte... Ce qui fut appliqué, dans les faits, malgré les dénégations embarrassées des diplomates US.

    Pour le Pentagone, les iraniens sont des gens censés avec lesquels on peut faire « de bonnes affaires », la réciproque est vraie.

    Depuis une dizaine d'années, il n'est pas de mois où l'on n'annonce une attaque américano-israélienne ou israélienne ou américaine contre l'Iran. Les experts les plus avisés nous exposent avec précision le déroulement des opérations futures, escomptant bien qu'avec le temps , ils auront forcément un jour raison …

    Mais il n'en est rien et pour cause.

    Les américains ont pu, grâce au puissant allié chiite, pacifier l'Irak, c'est à dire morceler le pays en le laissant sous forte influence iranienne.

    Les iraniens, toujours inquiets et en opposition face au monde arabe sunnite, ont réussi par Gi interposés à détruire Bagdad l'orgueilleuse et même, par ricochet, à s'introduire et à remporter de grandes victoires en imposant le Hezbollah dans le jeu compliqué entre le Liban, la Syrie et Israël.

    Le reste, recette médiatique rabâchée de l'intox et de la peur, n'est qu'un rideau de fumée , des gesticulations à usage interne.

    Le USA PATRIOT Act n'est-il pas indispensable au capitalisme d'état américain pour expliquer ses atteintes aux droits fondamentaux face à l'apocalypse d'un nucléaire iranien ?

    De même la répression de toute opposition par les bassidji ne trouve-t-elle pas sa parfaite justification dans les manœuvres supposées destructrices du « grand Satan » ?

     

    Mais observons, de plus près, les dernières trouvailles des deux présumés protagonistes.

    On parle de plus en plus du PJAK, groupe révolutionnaires armé kurde créé en 2004, d'inspiration marxiste et féministe ( la moitié des combattants sont des femmes ).

    Ce groupe perpétrerait des attentats à la frontière de l'Irak et de l'Iran.

    Le 4 Février 2009, Barrack Obama décréta le PJAK , comme groupe international terroriste. Cet acte gouvernemental américain n'est-il pas un soutien direct au gouvernement iranien ?

     

    Quel genre de conception est-ce ? Pourquoi le président américain prend-t-il cette décision et choisit-il de ne pas soutenir la démocratie et les droits des groupes minoritaires en Iran comme les Kurdes, les Azéris, les Assyriens, les Juifs ou les Arabes ? 

    Le gouvernement américain sait pourtant bien que les droits des Kurdes n'ont pas été reconnus pendant un siècle. Comment se fait-il alors que le président Obama s'oppose aux droits fondamentaux tels que le respect de toute culture et le libre apprentissage de sa langue maternelle ?

    Ce volontarisme politique soutient-il le gouvernement iranien pour lui permettre de continuer son « alliance » avec le Pentagone, et le gouvernements turc afin que la Turquie puisse rester membre de l'OTAN ? 

     

    Le régime iranien craint-il les militants du PJAK parce qu'ils sont pour la démocratie ?

    Il semble, curieusement, que l'administration Obama ne supporte pas la lutte pour la démocratie en Iran.

    De même, elle montre une patience peu commune et une prudence inhabituelle dans ses commentaires, concernant les évènements sanglants en Syrie. Le peuple kurde qui a vécu en Syrie des milliers d'années, avant même l'arrivée des Arabes au Moyen-Orient, n'a pas obtenu la citoyenneté syrienne, et est le premier à payer le prix du sang aujourd'hui.

    Est-ce donc la raison pour laquelle on laisse la répression durer et se renforcer encore ?

     

    « Nous avons des rapports de nos frères à l'intérieur de l'appareil de sécurité iranien qui démontrent que des généraux turcs sont venus en Iran pour préparer l'écrasement du PJAK et faire porter, à l'organisation,la responsabilité d'actes terroristes réalisés par des provocateurs », a déclaré Amir Karimi, membre du Comité de coordination du PJAK. 

    « Ce plan de terreur fait partie de leur tentative pour obtenir de l'Union européenne de rallier les États-Unis afin de répertorier le PJAK comme un groupe terroriste ».

    Pendant ce temps, en Europe, le régime iranien a envoyé quelques tueurs à gages en l'Allemagne pour abattre le secrétaire général du PJAK, Rahman Haji Ahmadi

    « La police allemande a appelé la semaine dernière Ahmadi pour l'avertir que trois tueurs iraniens, utilisant des passeports turcs, avaient emménagé dans un appartement près de l'endroit où il vit  », a déclaré le porte-parole du PJAK . « Ils lui ont demandé d'être prudent, mais ne lui ont offert aucune protection  ».

    Comment comprendre de telles circonvolutions ?

    Il nous suffit de regarder une carte du «  grand Moyen -Orient », projet US machiavélique déjà largement engagé.

    Ainsi, si on y voit un Kurdistan « libre » avec pour capitale Kirkouk, où les kurdes représentaient les trois quarts de la population en 1897, avant d'être massacrés dès 1980 par le régime arabe d'Hussein, avec l'aide et la complicité des turcs et des iraniens, on observe aussi que l'Iran débarrassé au nord – ouest des kurdes, récupérerait, au sud-ouest, une vaste zone appelée «  états arabes chiites  », entourant le Koweït et ayant une frontière commune avec les «  territoires intérieurs saoudiens indépendants  », une partie de l'Arabie saoudite démembrée.

     Il est à craindre qu'une fois de plus, ayant toujours besoin de barbouzes pour leurs opérations très spéciales, la NSA, avec l'aide du MIT turc ( Millî İstihbarat Teşkilatı ) et de la Vevak n'ait encore créé, un nouveau Al Qaida ou une nouvelle UCK, manipulables à souhait, qu'elle agite , qui parfois lui échappe, mais qui donne l'impression, l'illusion fausse qu'il se passe « quelque chose » , que demain peut-être les rapports de force basculeront.

    Mais tout est sous contrôle. Le logiciel suit sa progression. Tous les paramètres ont été rentrés, les hypothèses élaborées sont testées et corrigées en temps réel.

    N'oublions pas, Oncle Sam ne sort de son grand chapeau que le meilleur scénario possible à ses yeux.

    Pour les petits James Bond obéissants comme Oswald, Diem, Bakhtiar, Moro, Kabila ou Ben Laden , leurs destinées, nous le savons, est de finir truffés de plomb car les états ne s'opposent jamais. Il peut y avoir, seulement, des changements d'équipes, des rotations de mafias ( pour ceux qui transgressent les règles du Monopoly mondial ). On sort les « caves » de la salle de jeu pour ne garder que les « affranchis ».

    Les états sont, ne l'oublions pas, le « game », le casino, la banque.

    Le lieu où se décident les règles à suivre impérativement, les pauses, les clients qui gagnent un peu, les mensonges, les stratégies et les trahisons, bref ce qui fait que la banque ne perd jamais.

     

    Jean-Marc DESANTI

     

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                                          http://www.legaulois.info/2011/06/iran-usa-la-grande-parodie-par-jean.html

     

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  • Ni de droite, ni de gauche : « Democracia real ya » par Jean-Marc DESANTI

      

     

    Ni de droite, ni de gauche : « Democracia real ya » par Jean-Marc DESANTI

    « Peuple, toi que l'on craint, que l'on flatte et que l'on méprise; toi souverain reconnu, qu'on traite toujours en esclave, souviens-toi que partout où la justice ne règne pas, c'est que le peuple a changé de chaînes et non de destinées ! » Robespierre dernier discours 8 Thermidor AN II

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    Surtout en parler le moins possible.

    Tel semble être le mot d'ordre de la classe politico-médiatique concernant le mouvement des Indignés.

    Après la Grèce, où de très violentes manifestations rythment, désormais, la cavalcade du gouvernement vers l'abime, le Portugal, c'est au tour de l'Espagne de voir pousser des campements sauvages de citoyens. Le mois de Mai est ensoleillé, il fait chaud et les « indignados » sont plutôt jeunes. Cela rassure les experts des polices européennes qui expliquent que pour l'instant nous naviguons entre Woodstock et Mai 68. Pas de quoi , en effet , affoler les parvenus qui scrutent avec délice la venue de l'enfant Sarkozy. Notre monarchie se porte à merveille, un héritier nous est promis. Carlitta l'italienne s'apprête à mettre au monde un nouveau roi de Rome au royaume de Napoléon le petit, dirait Hugo, dans l'enfer de Néron disent les  "Jovenes sin futuro", les jeunes sans avenir . Tout va bien. On croit en l'essoufflement du petit peuple.

    Sauf que.

    Sauf que, la police, à la Puerta del Sol, a très violemment dispersé les 15000 puis 25000 personnes qui selon El Païs déployaient leurs slogans «  Somos ciudadanos y tenemos derecho indignamos », « indignamos y organisados ! ».

    Sauf qu'on veut étouffer la parole qui se libère : « Nous sommes la jeunesse de l'Europe de demain ? Oui avec 35% de chômeurs et la précarité comme horizon ».

    Mais voilà qu'à Athènes 15000 grecs se retrouvent devant le siège du parlement aux cris de « Espagne, nous sommes réveillés! Quelle heure est-il ? L'heure qu'ils s'en aillent ! » , «  Voleurs ! Dehors la junte du FMI  ! »

    A Paris, Toulouse, Bordeaux, Marseille, Grenoble des comités de liaison s'organisent. Venus de Tunisie et d'Espagne des jeunes gens font remonter la révolte du printemps des peuples vers le Nord. Ils expliquent que la lutte continue au Maghreb, que rien n'a changé, que les manipulateurs des agences mondialistes répriment dans le silence des médias, en toute impunité cette fois-ci.

    Alors on déploie des banderoles jusqu'à Rennes où 300 personnes hurlent devant la mairie: « Ils prennent l'argent ? Prenons la rue ! »

    Alors le pouvoir use de jeux de masques. Le faux bipartisme des « socialistes » et des « libéraux » cache le vrai pouvoir des banques et du marché, véritables dictateurs de lois iniques de paupérisation : Germinal de Zola triomphe encore au vingt et unième siècle.

    On comprend l'élan romantique de ces « Misérables » pour faire tomber l'Ancien Régime. Donc s'attaquer aux grands bourgeois du G8 de Deauville puis prise d'assaut de Bruxelles, de la city de Londres, de Wall Street et enfin de Washington ?

    Brider de court les fous, qui se prétendant les successeurs légitimes des grands hommes, veulent entraîner la civilisation dans l'abîme de la ruine et de la barbarie ?

    N'est-il pas là le piège ? Montrer l'ampleur d'une tache impossible ? Expliquer que frapper à la tête est insurmontable parce que tout est hors de portée ? Winston Churchill répondrait : « Agissez comme s'il était impossible d'échouer ! ». Car la vraie question est celle-ci : « Que veut-on ? ».

    Les traditions ont largement évolué compte tenu d’une déconsidération pour les valeurs culturelles locales. La culture est de moins en moins transmise aux nouvelles générations, préférant les biens de consommation modernes. Nous sommes pourtant, encore et toujours, dans une logique de développement « matérialiste », et de préférence hédoniste,sans changer le modèle économique actuel qui passe par une croissance économique (que d’aucuns considèrent comme infinie) liée à une consommation de biens de plus en plus forte. Nous ne pourrons cependant plus ignorer très longtemps la notion de décroissance soutenable, de dématérialisation ou, plus simplement, de moindre consommation.

    Fait-on une grande révolution pour plus ou moins d'écrans plats, pour plus ou moins de « portables », pour plus ou moins de bruits, pour plus ou moins de silence ? Savons-nous qu’il faut 0,9 kWh pour produire une canette en aluminium, soit l’énergie nécessaire pour faire fonctionner une lampe économique de 15W pendant 60 heures ? Que les émissions de gaz à effet de serre dues à la production d’un kg de bœuf équivalent à celles d’un parcours de 70 km en voiture ? Que fabriquer une voiture d’une tonne produit 5500 kg de CO2 ?

    Voulons-nous vraiment être libre, manger à notre faim et investir notre énergie dans l'éducation qui ne rapporte rien ? L'agriculture française et européenne peut alors réaliser ce programme. Mais convenons alors que nous ne serons pas bien « riches » et que notre République deviendra une sorte de socialisme autogestionnaire où l'industrie du luxe n'aura pas sa place.

    Nous serons une nation de paysans-soldats, isolée, en but au risque « d'interventions étrangères », aux sabotages, aux déstabilisations, aux contre-révolutions financées par des agents à la solde des ploutocrates.

    Le veut-on ?

    En ont-ils pleinement conscience les braves indignados ?

    Sommes-nous prêts à faire le coup de feu derrière les barricades dans un premier temps puis à organiser des milices populaires dans les villes, les campagnes et les montagnes ?

    Sommes-nous prêts à déployer notre armée en maquis opérationnels sur tout le territoire ?

    Sommes-nous prêts à construire des abris et des tunnels pour, si besoin est, nous enterrer et ainsi permettre une défense farouche contre les mondialistes ?

    Notre jeunesse est-elle prête à cheminer, en armes, sur les routes et les sentiers , nuit et jour, par tous les temps et en toutes saisons ?

    Sommes-nous prêts au scoutisme d'état ? Tout un peuple, jeunes et vieux qui campe sur sa terre, par rotation.

    Sommes-nous prêts à accueillir les révolutionnaires du monde entier dans des camps de formation et de devenir les maudits résistants à l'ordre mondial ?

    Sommes-nous prêts à être plus Suisse que les suisses et plus viets que les vietnamiens ?

    Si la réponse est oui, alors c'est possible car personne ne veut mourir pour Georges Tron ou Nicolas Sarkozy. Il ne faudra alors pas plus de trois semaines pour que les marionnettes nous rejouent la fuite à Varennes …

    Mais si c'est non, il est à craindre que les cyniques comme Poutine, qui soutiennent Christine Lagarde et abandonnent la Libye aux prédateurs, puissent contempler avec un méchant rictus de jeunes leaders singer Cohn-Bendit en attendant de vieillir en Bernard Tapie.

    Un peuple prêt à supporter toutes les humiliations et à perdre tous ses droits pourvu qu'il n'est pas à prendre les armes et à risquer sa vie, se trouve à son dernier soupir.

    Une authentique révolution ne laisse pas en héritage une nostalgique mode vestimentaire ou des posters « made in USA » pour des bipèdes en mal d'acné. Elle laisse des têtes comme Maximilien Robespierre. Pour l'instant on loue le pacifisme et l'esprit de responsabilité des indignados de tous les pays. On voit le résultat des  « révolutions arabes ». Les mercenaires de l'empire encore plus puissants. 

    Ce n'est pas avec des fleurs que l'on va se payer l'OTAN, le FMI, l'UE, l'OMC et la NSA.

    Oh que non ! Car il s'agit bien de ça !

    No pasaran !

    La libertad o la muerte ! La libertad y la muerte !

    Jean-Marc DESANTI

  • ben Laden ou l'autodafé d'un roman hérétique

     

    « Le roman est une méditation sur l'existence vue au travers de personnages imaginaires. »

    Milan Kundera

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    Il y a les apparences et ce à quoi nous invite notre condition d'homme, la traversée des apparences,long voyage initiatique , the voyage out.

    L'opération « Géronimo » a donc été un grand succès. Opération, nous dit-on, menée par des phoques ( les seal de l'US Navy ) mais plus vraisemblablement par le JSOA , le service des opérations conjointes, comprenant les bérets verts de l'US army, le groupe d'action psychologique ( PSYOPS ), trois bataillons de rangers et diverses unités « fantômes » de l'US Air Force. Bref, les les Forces spéciales se sont entraînées quelque part entre San Diego, en Californie, Norfolk en Virginie et Fort Bragg en Caroline du Nord, le tout planifié par les logiciels de la NSA à Fort Meade dans le Maryland.

    Le scénario, cependant, laisse un peu à désirer : A quelques mois du dixième anniversaire du 11 septembre, l'ingénieur milliardaire saoudien Oussama ben Laden, qui venait de fêter ses 54 ans, vivant depuis 5 ou 6 ans dans sa retraite de luxe au Pakistan, à cent kilomètres d'Islamabad, près d'une académie militaire, est malheureusement tué en se protégeant avec sa nouvelle jeune épouse. Miracle de la science, son identité est attestée par des tests ADN en quelques minutes et on balance son corps dans la mer à plus de mille kilomètres du lieu de l'attaque. De plus, le directeur de la CIA indique que les Etats-Unis n'ont pas informé le Pakistan de l'opération car ce pays "aurait pu alerter" le chef d'Al-Qaïda de l'imminence du raid.

    Nous pourrions nous contenter de ces explications et des rebondissements spectaculaires à prévoir ne serait-ce que pour ne pas gâcher la joie bien compréhensible, quoique parfois puérile, de certains new yorkais. Cependant ce tintamarre médiatique peut aussi nous pousser à remettre en ordre les séquences d'une histoire que l'on cherche à nous simplifier jusqu'à la nausée.

     

    Alain Marsaud, président de la fédération UMP de la Haute-Vienne, Ancien magistrat, notamment ancien chef du Service central de lutte antiterroriste au Parquet de Paris, a déclaré le 2 mai sur la chaine LCP :«  les américains racontent n'importe quoi et vous journalistes vous reprenez ces informations ».

    Et si nous essayions de sortir de ce « n'importe quoi » ?

    S'il n'est pas envisageable de minimiser dans l'épopée ben Laden, sa participation à la lutte, dans la fin du vingtième siècle, avec les USA contre « le communisme mondial », on ne saurait s'en contenter pour accéder à une compréhension contemporaine des mécanismes mis en place par la « nébuleuse » Al Qaida et qui , aujourd'hui encore, présentent un intérêt indéniable pour mieux saisir les coulisses de la marche du monde.

    Durant la guerre froide, les USA ont développé partout dans le monde une « contre idéologie » s'opposant au  « communisme athée ».

    C'était logique. Le capitalisme américain ne pouvait présenter une doctrine humaniste enthousiasmante seulement basée sur « la théorie de l'accumulation ». C'était idéologiquement pauvre, historiquement catastrophique et philosophiquement désespérant. Aussi, il investit le champ religieux. Tout d'abord avec GLADIO et CONDOR, il accorda diverses « aides » aux structures chrétiennes de droite jouant sur leurs positions politico-sociales communes.

    On le vit en France, en Italie, en Grèce, au Portugal, en Espagne et en Amérique du Sud évidemment.

    Concernant le « monde arabo-musulman », il se contenta longtemps du double verrou : l'Iran du Shah et Israël. Mais il ne trouvait pas d'allié fiable dans le monde sunnite. Or en 1979 il se trouva confronté à un double séisme : la victoire de la révolution islamique à Téhéran et la prise de Kaboul par les soviétiques.

    Sa réaction fut autant surprenante qu'admirable, nous devons bien l'admettre, stratégiquement et tactiquement parlant. Là où beaucoup d'autres auraient considéré qu'il fallait négocier ou faire une pause dans la guerre, il y vit la meilleure occasion d'abattre l'empire soviétique.

    Le capitalisme et son complexe militaro-industriel , les USA n'avaient pas à chercher, pour une fois, des mercenaires ou à engager des troupes au sol pour atteindre leurs objectifs, car vinrent à eux les partisans du Djihad, non seulement les combattants mais aussi les capitaux.

    Au milieu des années 80, le mariage de convenance entre les USA et le fondamentalisme sunnite se mua en un pacs à trois : direction américaine, argent saoudien et gestion pakistanaise. Le Pentagone injectait de fortes sommes dans la guerre mais cela ne suffisait jamais. Alors il entérina, par l'intermédiaire de la CIA, un accord politique avec Oussama ben Laden, acceptant ainsi une totale « privatisation » du financement de la guerre soviéto-afghane gérée par les islamistes des services secrets pakistanais de l'Inter-Services Intelligence ( l' ISI ).

    Le Pakistan voyait tout l'avantage d'entrer dans cette alliance pour aider les tribus sœurs d'Afghanistan.

    Mais aussi, mais surtout, grâce aux généreux donateurs et volontaires islamistes, la miraculeuse possibilité de contrôler et de disposer, en toute quiétude, des immenses bénéfices financiers générés par le commerce de la production d’opium tiré du pavot, le trafic de la résine d’opium brute et des dérivés narcotiques plus forts, comme la morphine, la codéine et l’héroïne, devenus des facteurs clé de l’économie de guerre , le tout blanchi par les banques et les œuvres charitables, sous la haute main de ben Laden.

    L'ISI détourna ainsi une partie des ressources destinées à la guerre antisoviétique au profit du conflit séculaire opposant Inde et Pakistan au Cachemire et de la haine religieuse des islamistes contre l'hindouisme majoritaire en Inde.

    Plus encore, l'ISI se servit et se sert encore du Cachemire comme base arrière du terrorisme pour déstabiliser la société indienne.

    A Langley, au QG de la CIA, on se félicitait de cette réussite sur tous les plans, surtout qu'on ne faisait pas confiance au géant indien si indifférent et « non aligné » mais dangereusement proche des soviétiques. On invita même le fidèle allié israélien à apporter une contribution substantielle à l'armée islamique afghane. Le prix à payer fut lourd. Les nombreux combattants palestiniens anticommunistes, antisoviétiques donc anti-fatah devinrent plus tard les fondateurs du Hamas. C'est au Pakistan que ben Laden rencontra puis finança Abdallah Azzam l'inspirateur du Hamas, qui considérait l'OLP comme des laïques vendus au Satan soviétique. C'est aussi au Pakistan que ben Laden fit la connaissance, à la mosquée Binoori de Karachi, d'un jeune religieux blessé grièvement au combat dans les montagnes afghanes, qui deviendra le chef des Talibans : le mollah Omar et dont il épousera la fille.

    Bien que ben Laden fit un cours séjour dans une unité militaire islamiste où il fut blessé dans la vallée du Laghmân, il était essentiellement le grand organisateur de l'intendance, un technicien de grande qualité pour les montages financiers et un fédérateur des mouvements islamistes mondiaux. On pourrait revenir sur ses actions en Algérie, Égypte, Tunisie, aux Philippines avec son ami Abu Sayyaf ou au Yemen dont sa famille était originaire. Contrairement à l'idée légèrement méprisante qu'il ne fut qu'un simple symbole pour des musulmans intégristes, il fut, avant tout, le créateur d'une véritable internationale, comparable au Komintern, avec ses groupes dissidents, ses actions « ponctuelles », ses luttes de pouvoir.

    C'est précisément dans ce développement d'une organisation puissante, autonome et très structurée qu'il faut chercher le point de rupture apparent avec les USA.

    Vu depuis Langley, le « programme » suivait les principes classiques et rassurants de la CIA. Les forces spéciales américaines et « alliés » forment les formateurs. Dans ses écoles et ses camps l'ISI entraîne la masse des simples moudjahidin et les convoie au combat, ben Laden se chargeant du trafic, de la distribution des armes ainsi que du convoyage et des émoluments des agents ( recruteurs ou provocateurs ), la CIA supervisant l'ensemble.

    En réalité la Centrale s'aperçut qu'après une bonne dose de corruption, beaucoup d' armes remises à l'ISI se retrouvaient aux mains de groupes internationaux de fanatiques musulmans formés à la guérilla et au terrorisme urbain.

    Ben Laden et l'ISI s'étaient progressivement émancipés de la tutelle US pour poursuivre ses propres buts de guerre.

    D'ailleurs une fois l'URSS forcée à retirer ses troupes, il apparut que ben Laden et l'ISI voulait assoir leur pouvoir sur l'Afghanistan. Bien qu'une extension de pouvoirs sunnites prêts à en découdre avec un Iran chiite ne déplaisait pas, à priori, à Washington, il semble que les premiers sérieux craquements se firent entendre.

    Le nouvel ennemi était devenu la Chine mais paradoxalement l'ISI et ben Laden semblaient ne plus prendre en compte le caractère  « communiste-athée » du grand Dragon. Et pourquoi donc ?

    Parce que la Chine, en conflit de puissance régionale avec l'Inde avait rapidement entamé une guerre révolutionnaire larvée, qui ne cesse de s' étendre, en soutenant des groupes maoïstes dans les provinces indiennes de Jharkand, Chhattisgarh ainsi que dans le Bengale occidental.

    Les américains de leur côté, en lutte pour l'hégémonie sur la planète avec Pékin, s'étaient rapprochés de l'Inde et surtout avaient engagé toutes leurs forces pour l'asphyxie du géant chinois, par le contrôle total des ressources de gaz et d'hydrocarbures. Un nouveau siècle commençait, celui des guerres du pétrole et du pillage néo-colonial.

    Il y eut le 11 septembre et les USA désignèrent ben Laden et la conspiration mondiale islamiste. On sait aujourd'hui où cela nous conduisit. Des alliances s'écroulèrent, les amis d'hier devinrent des ennemis, on abandonna les dictateurs.

    Et si ce dernier point était la clé de la compréhension de la fin du chapitre Oussama ? Si les « révolutions arabes » , l'appel à la « démocratie » , au modèle universel et indépassable de l'économie libérale capitaliste anglo-saxonne marquaient le début d'une autre forme de combat ?

    Si pour gérer et marginaliser la Chine, il était préférable, et finalement suffisant, de parler de « liberté », de « démocratie » et surtout de « bien-être » ?

    Au fond, Al Qaida ne promettait-il pas que seul le véritable bonheur se trouvait dans l'Au-delà ? Le combat, la guerre, la mort et l'héroïsme, c'est par trop antique et hypothétique pour une jeunesse fut-elle « arabe » à qui on a fini par faire préférer plutôt « le vin d'ici … que l'Au-delà » ….

    D'un point de vue Marketing, nous dirions que ben Laden était mal positionné sur le marché géopolitique, trop en décalage avec les aspirations de sa « cible » jeune. Il fallait donc en finir avec ce produit d'un autre siècle, d'un autre millénaire. Oussama plus vendeur, trop coûteux pour de lourds investissements qui ne rapportaient plus. On a retiré le produit de la vente. De toute façon, il était en rupture de stock depuis plusieurs années. Et puis les publicitaires commençaient à manquer d'idées. Il faut savoir terminer une grève, une guerre ou une propagande.

    Il y aura encore des attentats car les frustrations et les injustices demeurent mais on pourra désormais aisément les qualifier de résidus d'un autre age. Et le temps passera. On s'apercevra, un jour, c'est certain mais trop tard, que ben Laden était un roman car le roman est l'art de créer un homme. On écriera alors, peut-être, une vraie biographie car la biographie est l'art de ressusciter.

    Mais si ce jour arrive, si l'on ose affronter l'impensable, l'inénarrable, l'inimaginable alors nous nous ferons peur. Car selon le mot d'Aragon ce personnage pour toujours insaisissable « est la clef des chambres interdites de notre maison ».

    Jean-Marc DESANTI

  • Orient : le capital à la manœuvre

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    « L’expansion généralisée qui mènerait de grands espaces à l’ordre global, des états mondiaux à l’État universel, ou, pour mieux dire à l’Empire Universel, est inséparable de la crainte que désormais la perfection ne se fige en formes définitives, aux dépens du libre arbitre » (Ernst Jünger)

     

    Printemps pour le capitalisme, hiver pour les peuples… Jasmin pour la finance, chrysanthèmes pour une jeunesse héroïque.

    Oui, au Caire, comme à Tunis ou Alger, en Jordanie comme au Yémen, de jeunes musulmans se battent et meurent pour la justice sociale, l’indépendance de la pensée philosophique et culturelle étouffée par l’instrumentalisation du religieux.

    Non, là-bas, on ne meurt pas pour plus d’Arabic McDonald’s, ou pour devenir le cinquante et unième ou cinquante deuxième état des USA.

    Et pourtant ce processus apparemment si « soudain » et « populaire », visiblement en décrochage par rapport à l’Occident, fait partie d’une étape parfaitement programmée (avec la collaboration de « l’Islam des marchands ») du logiciel américain « Grand Moyen-Orient » , terminal des réserves énergétiques eurasiennes.

    Le développement de la production capitaliste a nécessité et nécessite toujours une phase historique de transition du féodalisme au capitalisme.

    La constitution des monopoles internationaux est une des formes du rapprochement économique des différentes régions du globe, ce à quoi incite la division du travail entre les pays.

    Ce « rapprochement » que l’on nomme « mondialisation » se fait parce que les puissances impérialistes les plus évoluées exploitent les pays retardataires de tous les continents.

    Un tel « rapprochement » a pour seul objet l’union, de gré ou de force, de tous les pays sous le pouvoir d’un trust universel unique. Il existe des cartels ou des consortiums nationaux que l’on tolère provisoirement car ils ne sont rien d’autre en réalité, qu’un armistice dans la guerre industrielle. Le développement économique mondial va dans le sens d’un seul et unique trust mondial absorbant, sans exception, toutes les entreprises et les états . Cette association mondiale « ultra-impérialiste » des capitaux financiers nationaux ne peut s’opérer qu’avec des contradictions idéologiques, des conflits et des bouleversements économiques, sociaux, politiques et nationaux d’une violence inouïe et continue .

    L’impérialisme occidental, affaibli face au capitalisme Chinois en expansion spectaculaire, tente d’établir sa domination le plus rapidement possible.

    Seule la possession complète de toutes les sources de matières premières déjà découvertes mais aussi des sources possibles donne aux USA et à ses satellites une petite garantie de succès contre les hasards de la lutte avec son grand rival asiatique.

    D’où leur inévitable tendance à élargir leurs territoires économiques et leurs visées militaires et stratégiques de conquêtes territoriales.

    Leur expansion « coloniale » est d’autant plus forte qu’ils y cherchent une issue aux contradictions de classe qui, chez eux (USA, France, Angleterre,Irlande, Grèce, Islande, Italie, Espagne, pays baltes) vont en s’aggravant.

    Les impérialistes occidentaux veulent contrôler, au plus près, les pays arabes débarrassés de leurs tyrans, d’un autre âge, en leur proposant le libéralisme économique et politique. Ainsi, en échange des libertés formelles bourgeoises traditionnelles , les « arabes » pourront contribuer encore plus « librement » par la participation de leur force de travail et de leurs richesses au grand jeu de Monopoly géré par Oncle Sam, ne gardant comme dit le proverbe arabe « que l’oreille du chameau »

    Les USA ont pris dans les filets de la dépendance financière, militaire et politique, la totalité des pays du monde « occidental », mais devant la concurrence quasiment insurmontable de la Chine (le capital est chinois, la dette américaine), il leur faut au plus vite accroître leur production, leur productivité et leurs débouchés à la vente par le pillage mieux organisé des pays structurellement économiquement arriérés. Ce n’est pas par idéalisme, amour de la liberté pour les « arabes » qu’ils établissent à marche forcée un système libéral, mais bien par nécessité vitale. Ils ne peuvent survivre qu’en réagissant dans l’extrême urgence. Pour eux c’est une course contre la mort. Liberté économique et politique leur permettra, grâce à leur amis « musulmans » (Moncef Marzouki, Mohamed Ghanouchi, El Baradei) , formés chez eux ou chez leurs « alliés », contrôlés par leurs services, et convertis à l’économie de marché destructrice des nations, d’accélérer la modernisation et la rentabilité de leurs « pays-usines » en Méditerranée.

    Georges Corm écrit justement : « Cette politique impériale a été faite par le Pentagone et nullement par le lobby sioniste à qui on accorde une importance démesurée (frisant l’antisémitisme). Si nous regardons les déploiements de l’armée américaine et celui des alliés de l’OTAN dans le monde depuis l’effondrement du bloc soviétique, nous constatons qu’il s’est fait comme un grand S autour de la Russie, de la Chine et de l’Iran. Ce déploiement dispose d’une formidable base arrière constitué par le stationnement d’un dispositif militaire dans la péninsule Arabique et le golfe Arabo-Persique qui permet aussi un meilleur contrôle des flux pétroliers vitaux … »

    Le capitalisme a toujours vaincu le féodalisme insuffisamment productif au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Comme forme de domination politique et de totalitarisme, le concept de soft power ou puissance douce développé par Joseph Nye, satisfait pleinement les agents du Electronic Crimes Task Forces (ECTFs) chargés de déstabiliser et de remodeler par les moyens techniques les plus modernes les pays « à la traîne » du « système ».

    En effet dès le début du XX° siècle les « monopoles » s’enrichissaient grâce aux commandes de l’État et faisaient en sorte d’influencer conformément à leurs intérêts égoïstes la législation douanière, le crédit d’État,la fiscalité …

    Mais aujourd’hui nous sommes passés à un système où la reproduction élargie du capital se fait essentiellement sans l’intermédiaire ni la participation directe de l’État. Les États n’ont plus qu’une vocation de milices armées au service d’une économie parasite. Pour elle, tous les moyens sont bons pour écraser les « concurrents », y compris celui de dilapider les deniers publics. On comprend mieux alors qu’il est préférable pour l’économie mondialisée de récupérer à son avantage les immenses fortunes détournées par les derniers féodaux.

    L’impérialisme Américano–Occidental a besoin pour réaliser ses visées ambitieuses d’hégémonie mondiale et d’anéantissement des identités nationales de se faire « les alliés » de tous les pays , mais il ne faut pas oublier qu’il ne peut être « à la tête » qu’en assujettissant totalement les gouvernements de ces nouvelles zones d’influence. Depuis toujours il a comme adage la maxime de Nietzsche: « L’injustice ne se trouve jamais dans les droits inégaux, elle se trouve dans la prétention à des droits égaux. ».

    On ne peut alors s’étonner que, devant ce chaos géopolitique organisé, les hommes libres d’Europe ne puissent rapidement concevoir une réaction morale d’envergure pour refuser de continuer à servir une mécanique inhumaine et sans honneur.

    On ne peut que souhaiter que, devant le constat ubuesque du double soutien sans faille apporté par les USA à Israël et au wahhabisme saoudien, le peuple israélien balaye ses dirigeants corrompus et accède enfin à la liberté dans un État véritablement indépendant.

    La clé de la rupture de ce « nœud gordien » se trouve entre les mains des fils de Mélusine et de YHWH. Qui, mieux qu’eux, peuvent se révolter et vaincre devant le triomphe en marche de Thanatos si admirablement exprimé par Hervé Juvin dans le Renversement du monde ? : « l’idéologie mondialiste a engagé une guerre contre la diversité des sociétés humaines car elle est l’œuvre des maitres du marché qui rêvent de la fabrication en série d’individus, purs sujets de leur désirs, indéfiniment mobilisables par le couple revenu-dépense, indéfiniment mobilisés par la croissance infinie ».

    L’Europe n’est pas l’Occident.

    Seul « le retour du sacré » (l’Humanisme Judéo-Chrétien historiquement allié à l’Islam des lumières) peut écraser le Léviathan qui avance comme un somnambule, porteur maudit de forces destructrices.

    Jean-Marc Desanti

  • Rapport CIA : "Global Trends 2025 - a Transformed World"

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    C'est déjà le livre de chevet de Barack Obama. Dans un rapport publié tous les quatre ans et intitulé "Global Trends 2025 - a Transformed World", le Conseil national du renseignement américain (National Intelligence Council, NIC) prend acte de la probable perte de puissance des Etats-Unis, qui ne pourront plus agir de manière unilatérale. De même, l'UE se transformera en géant incapable de transformer sa puissance économique en influence globale. Surtout, il redoute que "des armes nucléaires soient utilisées du fait de la prolifération de la technologie et de la possibilité de procéder à des frappes limitées".

    Les experts s'inquiètent particulièrement de la situation au Moyen-Orient, où plusieurs pays envisagent d'acquérir des technologies pouvant permettre de produire l'arme atomique. Certains pays ainsi que des mouvements terroristes risquent de se hasarder à des frappes nucléaires à l'horizon de 2025, selon un rapport publié jeudi par les services de renseignement américains.

    "Au cours des quinze à vingt ans qui viennent, plusieurs puissances régionales pourraient intensifier leurs efforts en ce sens et envisager activement de se procurer des armes nucléaires", s'alarme le rapport, qui compte 121 pages. L'équilibre de la terreur, qui prévalait dans le monde durant la guerre froide, ne se répèterait pas forcément dans ce contexte. Au contraire, l'arme nucléaire pourrait donner à ses détenteurs un sentiment de confiance qui risque de les amener à livrer des guerres classiques ou à commettre des actes de terrorisme.

    "Le risque de vol ou de détournement de technologie, de matériaux et d'armes nucléaires risque d'augmenter, de même que le potentiel d'utilisation illégale de l'atome", selon le rapport. Le terrorisme sera toujours une menace en 2025, même si le réseau Al-Qaida pourrait avoir disparu du fait de ses faiblesses : objectifs stratégiques irréalisables, incapacité de susciter un soutien populaire, actes d'autodestruction, estiment les experts américains. La stratégie antiterroriste devra s'attacher à comprendre comment et pourquoi une autre organisation pourrait prendre le relais d'Al-Qaida, selon eux.

    A propos des guerres où sont actuellement engagées les troupes américaines, le rapport prédit que le pouvoir en Irak comme en Afghanistan pourrait encore faire l'objet de luttes en 2025. A la surface du globe, "les écarts croissants dans les taux de natalité, entre les riches et les pauvres et l'impact inégal du changement climatique pourraient exacerber les tensions", prévoient les spécialistes du renseignement. La mafia pourrait s'emparer d'au moins un Etat d'Europe centrale, ajoutent-ils.

    Le rapport comporte cependant quelques bonnes nouvelles. En 2025, le pétrole pourrait déjà être remplacé ou en passe de l'être, plusieurs places financières pourraient faire office d'amortisseurs de crise et la péninsule coréenne devrait être réunifiée sous une forme ou une autre.
    ilioucha
    Pour lire le rapport : Rapport CIA.pdf

  • Interview d'un agent du Mossad (1)

    DRZZ : Michael Ross, un grand merci d’avoir accepté d’accorder cet entretien au blog drzz. Votre parcours est des plus inhabituels. Au début des années 80, vous étiez chrétien, Canadien, et vous terminiez votre service militaire dans votre patrie d’origine. Comment avez-vous rejoint Israël ? 

    ROSS : Lorsque j’avais 20 ans, j’ai voyagé en Europe et je souhaitais passer l'hiver sous un climat méditerranéen.J’ai appris que l’on pouvait se porter volontaire pour travailler dans un kibboutz, en Israël. En dehors de cela, le pays lui-même m’intéressait. A l’époque, l’histoire, les religions et la technologie me passionnaient, et Israël était largement médiatisé sur ces sujets. 

    DRZZ : Vous vous êtes ensuite marié avec une Israélienne et converti au judaïsme. Puis obtention de la citoyenneté, et service militaire au Liban. Votre service terminé, un « officiel du gouvernement israélien » vous contacte... A votre avis, pourquoi votre dossier a-t-il retenu l’attention de la Melukha, les chasseurs de têtes du Mossad ?   

    ROSS : C’est une très bonne question. On ne m’a jamais révélé les raisons de mon recrutement.

    DRZZ : Et si vous deviez spéculer, en vous basant sur votre expérience… ? 

    ROSS : Je pense que mon parcours plutôt particulier a intéressé les recruteurs. Mon service militaire aussi.

    DRZZ : Dans l’armée canadienne ou dans Tsahal ? 

    ROSS : Les deux, en réalité. Mais plutôt, je pense, mon incorporation dans les forces armées israéliennes. 


    DRZZ : Pouvez-vous nous révéler quelle était votre fonction ?

    ROSS : Oui, je servais dans le génie, au sein d’une unité combattante.


    DRZZ : Etait-ce le niveau technique d’une telle affectation qui a séduit le Mossad ?

    ROSS : Pas seulement. Le simple fait que j’aie porté l’uniforme a été vu comme un signe fort de patriotisme. Cela prouvait que j’étais bien intégré dans la société israélienne.  


    DRZZ : Et ensuite, comment entre-t-on dans le monde particulier de l’Institut ?
     

    ROSS : Comme on m’avait sélectionné pour être « combattant », soit agent sous couverture, mon entrée dans le Mossad a été ponctuée d’interrogatoires et de mois d’isolement. La nature-même de ma fonction faisait que toutes mes relations avec autrui étaient strictement contrôlées. Et quand je parle « d’autrui », je parle de mes collègues au quartier-général. Tout demeurait très surveillé, organisé et cloisonné. Durant cette période, je ne pouvais compter que sur moi-même, tout en restant sous le contrôle des personnes qui me formaient pour devenir opérationnel.    
    DRZZ : Comment se déroulait le programme d’entraînement ?

    ROSS : La formation du Mossad est sans doute la chose la plus difficile que j’aie faite dans ma vie.  Ce n’est pas tant un entraînement, ils vous placent dans une situation donnée et évaluent vos réactions. Ensuite, en se basant sur vos erreurs et vos réussites, ils dressent votre profil et l’exploitent. Bien sûr, vous apprenez des choses, mais le centre du programme, c’est toujours vous. Ils s’intéressent à votre mental, à votre système de pensée, et s’emploient à les modifier. C’est l’aspect psychologique qui prédomine.


    DRZZ : Quel rôle jouiez-vous au sein des services de renseignement israéliens ? 
     

    ROSS : Durant les sept premières années, j’ai servi comme « combattant », soit agent sans couverture diplomatique, l'élite du service.  Puis je suis devenu katsa, c’est-à-dire agent de renseignement. Il existe deux sortes de katsa : l’agent traitant, qui recrute des informateurs et cible l’HUMINT [renseignement d’origine humaine], et l’officier polyvalent. J’étais de la seconde catégorie. Ensuite, plus loin dans ma carrière, je suis devenu officier de liaison avec la CIA et le FBI, puis à nouveau katsa, mais dans un autre domaine, à savoir le contre-terrorisme.


    DRZZ : Comment est-ce de travailler comme agent sous couverture dans notre monde contemporain ?    

    ROSS : Lorsque vous vivez au secret pendant une longue période, cela affecte votre psyché. Les personnes qui travaillent dans notre business se déconnectent quelque peu de la réalité et en viennent à penser que leur vie de couverture est leur vraie vie. Pour éviter cette dérive, leurs supérieurs doivent régulièrement évaluer leur santé psychologique et veiller à ce qu’ils gardent des liens essentiels  avec le monde réel. Dans le même temps, ils doivent leur donner la liberté d’exploiter leur couverture au maximum.La couverture est tout ce que nous avons en mission. Pour des gens qui opèrent en milieu hostile, elle est leur seul moyen de défense. Comme arme, ils n'ont ni pistolet ni couteau, mais la faculté de convaincre autrui. Ils doivent faire croire à leurs cibles qu’ils ne représentent pas une menace, qu’ils sont à l'écoute et en aucune manière liés à un organe de renseignement.    


    DRZZ : Et comment réagissaient vos proches ?

    ROSS : Il existe plusieurs types de couverture. Il y a la couverture pour votre travail et celle pour vos parents et amis. La seconde peut être délicate : vous devez convaincre votre famille, lui expliquer vos absences. Dans mon cas, ma famille [parents] vivait en Amérique du Nord lorsque j’opérais au Moyen Orient, Europe ou Afrique. Aussi n’étais-je pas exposé au quotidien ; je n’avais pas besoin de me justifier constamment sur ce que je faisais et pourquoi. Ils savaient seulement que je travaillais à l’étranger. 

    DRZZ : La chaîne de télévision israélienne Channel 2 a récemment confirmé que le Mossad avait éliminé Imad Mughniyeh, l’un des leaders du Hezbollah, en février 2008. Que pouvez-vous nous dire à son sujet ?

    ROSS : Mughniyeh était le cerveau du terrorisme moderne. Il représentait un point de convergence entre différents groupes jihadistes. Et surtout Téhéran. A bien des égards, Mughniyeh était plus l’homme de l’Iran que celui du Hezbollah.


    DRZZ : Vraiment ?

    ROSS : Absolument. Mughniyeh incarnait le terrorisme d’Etat exercé par l’Iran. Les Gardiens de la Révolutions et le Ministère de la Sécurité Nationale [VEVAK, renseignement extérieur iranien] ont offert à Mughniyeh la plateforme qu’est le Hezbollah afin qu’il exporte la révolution islamique à l’étranger, et s’oppose à Israël aussi bien qu’à toutes les puissances occidentales de la région. Mughniyeh comptait parmi les cerveaux du terrorisme les plus influents de la planète.  Juste pour noter quelques-unes de ses fonctions : il était en charge des opérations à l’étranger, depuis les attentats à la bombe en Amérique du Sud. Il servait d’agent de liaison avec d’autres groupes terroristes, parmi lesquels Al-Qaeda, et a rencontré Ben Laden au Soudan au milieu des années 90. Sans compter qu’il s’occupait de l’aide logistique et militaire accordée aux groupes tels que le Hamas et le Jihad islamique. Mughniyeh était une figure de premier ordre au Moyen Orient, même si l’ampleur de son influence ne sera pas révélée de sitôt.


    DRZZ : Certains disent qu’avant le 11 septembre, il était l’homme le plus recherché de la planète…
     

    ROSS : Effectivement, et ce n’est pas une coïncidence. Une chose que nous avons découverte est que les capacités opérationnelles d’Al-Qaeda ont augmenté lorsque la nébuleuse est entrée en contact avec Mughniyeh. De même, huit des dix-neuf terroristes du 11 septembre ont pu transiter sans encombres par l’Iran avant les attentats contre le les Etats-Unis.


    DRZZ : Suggérez-vous des liens plus étroits entre Al-Qaeda et le Hezbollah ?

    ROSS : Voyez les attentats de Dar es-Salaam et Nairobi, sur lesquels j’ai enquêté comme agent de liaison du Mossad.  Nous avons tracé les appels effectués par Ben Laden par téléphone satellite. Environ dix à douze pour cent d’entre eux étaient adressés à des officiels en Iran. Il serait très naïf de penser que le Hezbollah n’a jamais eu de contacts avec Al-Qaeda. Les groupes terroristes doivent collaborer les uns avec les autres, c'est leur seul moyen de survie stratégique 


    DRZZ : Vous avez mentionné les attentats contre les deux ambassades américaines en Afrique, durant l’année 1998. Vous travailliez dans cette région au sein de la division TEVEL…

    ROSS :  TEVEL, oui. Cela veut dire « monde » en hébreu.


    DRZZ : … comment avez-vous découvert Al-Qaeda ?

     

    ROSS :  Le nom de l’organisation a commencé à se répandre suite aux attentats contre les tours Khobar, en Arabie Saoudite, au milieu des années 90. Nous avons appris que les vétérans de la guerre d’Afghanistan avaient formé une « confédération » terroriste, renforcée par la venue du Jihad islamique égyptien. Mais il a fallu les attentats en Afrique pour que le renseignement travaille sérieusement sur le sujet et accepte l’idée qu’il existait, désormais, une organisation transnationale aux capacités opérationnelles très élaborées. En réalité, c’est moins une structure qu’un « parapluie » qui couvre une variété très diverse de groupes terroristes. La venue du Jihad islamique égyptien au sein d’Al-Qaeda a marqué le début de l’ascension de la nébuleuse qui, initialement, était facile à tracer grâce à notre étroite coopération avec le renseignement égyptien.  


    DRZZ : Est-ce à dire qu’Ayman Al-Zawahiri, le numéro deux d’Al-Qaeda, est plus important qu’Oussama Ben Laden ?

    ROSS :   Oui. Ben Laden est une figure symbolique, mais le vrai cerveau de « la base » est son second égyptien. C’est sa venue, et celle de son Jihad islamique, qui a transformé Al-Qaeda en menace internationale. Zawahiri est célèbre pour ses harangues télévisées, mais celles-ci cachent sa vraie place au sein d'Al-Qaeda

    DRZZ : Abordons le 11 septembre 2001. Comment avez-vous réagi à ces évènements ?

    ROSS :  Je dois vous avouer que j’étais plutôt choqué. Je travaillais en Asie du Sud-est à cette période. Je surveillais une organisation terroriste. Pas liée à Al-Qaeda, mais terroriste quand même. Lorsque j’ai appris la nouvelle – j’étais devant la télévision lorsque le second avion a percuté le World Trade Center  – j’étais choqué. Je l’ai pris comme une défaite personnelle. Nous avons travaillé sans relâche pour traquer ces personnes pendant des années. C’était très démoralisant. Il faut comprendre que la raison de notre existence, en tant qu’agents du renseignement, est d’empêcher de tels actes. Je peux vous garantir que le Mossad n’avait aucune connaissance préalable de ce drame. Il existait, bien sûr, des fragments d’informations, mais personne ne les avait mis en perspective pour bâtir le début d’une évaluation. Le renseignement américain souffrait du même problème, ce qui l’a mené au désastre.


    DRZZ : Justement. Comment jugez-vous vos collègues du FBI et de la CIA, vous qui les avez côtoyés comme agent de liaison en Afrique ?
     

    ROSS :  Les agents de terrain et les NOC [Non-official cover operatives, agents sans couverture diplomatique], leur version de nos « combattants », ont fait leur travail. Mais, avant le 11 septembre, il y avait un vrai problème de bureaucratie et de chaîne de commandement aux Etats-Unis, un vrai manque de coopération et de coordination. La guerre entre les services a affecté leurs capacités de renseignement, du quartier-général jusqu’à l’agent de terrain.  Inutile de préciser que nous aussi, comme agence partenaire, avons subi les conséquences de cette lutte entre le FBI et la CIA. Le nom de Ken Williams vous dit-il quelque chose ?


    DRZZ : Non.

    ROSS :  J’ai travaillé avec lui et le connais plutôt bien. Il a ensuite été affecté au bureau du FBI à Phoenix. C’est l’agent qui a averti sa hiérarchie que plusieurs Arabes prenaient des cours de vols aux Etats-Unis quelque mois avant le 11 septembre. Il a ajouté que cette information devait être largement diffusée au sein de la communauté du renseignement américain. On a ignoré son mémorandum. C’était en juillet je crois, et les attentats ont eu lieu en septembre… C’est ce genre de faute professionnelle institutionnalisée qui a conduit à la tragédie du 11 septembre.  

    DRZZ : Je m’interroge sur les directeurs du Mossad sous lesquels vous avez servi. Si j’excepte Admoni, vous avez connu trois caractères très différents : Shabtai Shavit, Danny Yatom et Ephraïm Halevy. Quelle est votre opinion à leur sujet ? Nous avons leurs avis, mais rarement – à vrai dire jamais – celui des hommes de terrain. 

    ROSS : En effet. Ils voient le tableau dans son ensemble, à un niveau très élevé, quasi ministériel, alors que j’ai travaillé comment agent opérationnel. Ma perspective est sensiblement différente de la leur. L’une des choses que j’ai toujours admirées dans le Mossad est qu’il fonctionne comme une organisation apolitique. Il ne vit pas sous la loupe d’une commission ; il ne répond qu’au Premier Ministre, à la limite aux membres supérieurs de son cabinet. C’est essentiellement une relation entre le directeur général et le Premier Ministre. Le Mossad est une petite structure centralisée. Vous avez le directeur général et la pyramide au-dessous, mais une petite pyramide, rien à voir avec l’énorme bureaucratie insondable que vous retrouvez dans les autres agences de renseignement. Le système est très direct : si le directeur général prend une décision, celle-ci descend les échelons très rapidement. Il n’est pas rare que le Premier Ministre en exercice s’implique personnellement dans notre travail. Le Premier Ministre Rabin, par exemple, aimait sincèrement le Mossad et savait exploiter son potentiel. Il participait à des briefings de « combattants » et du personnel avant les opérations importantes. Rabin montrait un véritable intérêt pour les agents qui travaillaient en-dessous de lui.

    1988-2001 : Agent des services de renseignement extérieurs de l'Etat d'Israël


    LIRE LA SECONDE PARTIE

    Le MOSSAD

    Institut pour le renseignement et les affaires spéciales 

    Ha Mossad le-Modiin ule-Tafkidim Meyuhadim ; המוסד למודיעין ולתפקידים מיוחדים

    Selon le quotidien israélien Haaretz , qui se fonde sur des sources à l'intérieur de l'Institut, Michael Ross travaillait sous le nom de code "Rick".

    1988-1995 : agent sous couverture ("Combattant") au sein de la division CAESAREA, responsable des officiers opérant sans couverture diplomatique.  Missions aux Etats-Unis et en Syrie, Azerbaïdjan, Iran et Afrique du Nord.

    1996-1998 : agent de renseignement (Katsa) au sein de la division TEVEL, responsable des relations entre l'Institut et les agences de renseignement à l'étranger. A ce titre, il a travaillé comme officier de liaison du Mossad avec la CIA et le FBI. Michael Ross était également enquêteur lors des attentats d'Al-Qaeda contre les ambassades américaines de Nairobi (Kenya) et Dar es-Salaam (Tanzanie).


    1998-2001 : agent de renseignement (Katsa) au sein de la division BITZUR, responsable de la sécurité et de l'immigration des communautés juives mondiales.  En 2000, il a été félicité par le directeur-adjoint du Mossad, Ilan Mizrahi, pour avoir organisé la fuite des Juifs du Zimbabwe menacés par le régime de Robert Mugabe.

    Michael Ross est
    un ancien soldat canadien, de confession chrétienne, qui a émigré en Israël au début des années 1980, s'est converti au judaïsme et a rejoint Tsahal, avant d'être repéré par des chasseurs de tête de la MELUKHA, le service de recrutement du Mossad.  

    En 2007, Michael Ross a publié un best-seller retraçant son parcours sous le titre "The Volunteer". Ses mémoires, en anglais, ont été diffusées en Angleterre, Australie Canada, Etats-Unis, et traduites en hébreu pour être publiées en Israël. 
      

    Grâce au blog drzz, il est aujourd'hui en contact avec des maisons d'édition en France.

    Michael Ross est depuis apparu dans plusieurs journaux canadiens, dont le National Post et le Globe and Mail, et reste un correspondant régulier de la télévision canadienne CBC. 

    Il donne régulièrement des conférences à l'Université de Vancouver sur le thème du contre-terrorisme.
    http://leblogdrzz.over-blog.com/article-24864301.html

  • Afghanistan : La CIA trafique, les soldats trinquent

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    Après le 11 septembre 2001, Chirac et Jospin jugèrent qu’il était nécessaire d’intervenir aux cotés des USA en Afghanistan. Cette décision fut prise sous le coup de l’émotion provoquée par les attentats de New York et Washington. Une entrée en conflit peut se concevoir. Un transfert de troupes très loin du territoire national peut s’envisager mais il faut, non seulement, dans un état démocratique, avoir établi publiquement « les raisons » qui déterminent ces actions, mais aussi les rendre toujours plus transparentes pour les soumettre à la critique publique et garantir le droit d’investigation de chaque citoyen. Or, aujourd’hui en France, si un quidam quelconque s’inquiète de la cohérence ou de l’incohérence du déroulement des événements du 11/9, il devient immédiatement suspect de révisionnisme ou pire de négationnisme…

    Il s’agit pourtant de la vie et de la mort de nos soldats mais aussi de la légalité d’un acte peu banal aux conséquences tragiques pour « les indigènes » : une guerre.

    Concernant le 11/9 les grands esprits médiatiques de notre temps de BHL à PPDA en passant par Arditi ont établi une vérité religieuse, un dogme, un tabou : on ne cherche pas, on ne discute pas, on ne s’interroge pas sur « la vérité » assénée par l’État américain.

    Les mêmes inconditionnels de l’État US s’étaient transformés en procureurs affirmant, durant la campagne d’attentats en Russie de 2003-2004 menée par les séparatistes tchétchènes, que c’étaient évidemment, sans contestation possible des agents du FSB qui en étaient les auteurs …Dans ce bas monde où l’enfer de Dante règne il ne faut s’étonner de rien mais leurs arguments étaient, pour le moins, péremptoires. Simplement, il s’agissait de la Russie et nous le savons, les russes sont des barbares. Pas l’État américain.

    Racisme, superbe idiotie, haine maladive de l’éternelle Russie Orthodoxe.

    Et pourtant ce sont ces mêmes russes qui les premiers ont mené une longue guerre qui a, plus sûrement, provoqué la fin de l’URSS que la chute du mur de Berlin.

    Mais qui donc s’opposait aux russes en soutenant « les chefs de guerre » et leurs esclaves paysans cultivant le pavot, avec la bienveillance du Pakistan laissant des convois d’armes transiter par ses frontières sous la direction d’un certain Ben Laden ? L’État américain et leur si douce CIA.

    Du passé croit-on ? Non.

    Aujourd’hui, les USA et leur agence de « renseignement » sont toujours alliés aux « chefs de guerre » et leurs esclaves paysans cultivant le pavot avec la bienveillance du Pakistan laissant des convois d’armes et des produits chimiques «  made in Pakistan » (pour transformer la jolie fleur en cocaïne) transiter par ses frontières sous la direction d’un certain …

     

    Michel Chossudovsky, professeur en économie politique à l'université d'Ottawa note : « L’héroïne est un commerce de plusieurs milliards de dollars supporté par des intérêts puissants, qui requiert un flux régulier et sécuritaire de la marchandise. Un des objectifs « cachés » de la guerre est justement de restaurer le trafic de la drogue, parrainé par la CIA, à ses niveaux historiques et d’exercer un contrôle direct sur les routes de la drogue.

    En 2001, sous les Talibans, la production d’opiacés s’élevait à 185 tonnes, pour ensuite grimper à 3400 tonnes en 2002 sous le régime du président Hamid Karzai, marionnette des États-Unis.

    Tout en soulignant la lutte patriotique de Karzai contre les Talibans, les médias omettent de mentionner qu’il a déjà collaboré avec ces derniers. Il a aussi déjà été à l’emploi d’une pétrolière des États-Unis, UNOCAL. En fait, depuis le milieu des années 1990, Hamid Karzai agissait comme consultant et lobbyiste pour UNOCAL dans ses négociations avec les Talibans.

    Selon le journal saoudien Al-Watan, « Karzai . »était un agent en sous-main de la Central Intelligence Agency à partir des années 1980. Il collaborait avec la CIA en acheminant de l’aide américaine aux Talibans à partir de 1994, quand les Américains, secrètement et à travers les Pakistanais, supportaient les visées de pouvoir des Talibans

    Il est pertinent de rappeler l’histoire du trafic de drogue dans le Croissant d’or, qui est intimement lié aux opérations clandestines de la CIA dans la région.

    Avant la guerre soviético-afghane (1979-1989), la production d’opium en Afghanistan et au Pakistan était pratiquement inexistante. Selon Alfred McCoy, il n’y avait aucune production locale d’héroïne.

    L’économie afghane de la drogue fut un projet minutieusement conçu par la CIA, avec l’assistance de la politique étrangère américaine.

    Comme il a été révélé par les scandales Iran Contras et de la Banque de Commerce et de Crédit international (BCCI), les opérations clandestines de la CIA en support aux moudjahiddines avaient été financées à travers le blanchiment de l’argent de la drogue.

    L’hebdomadaire Time révélait en 1991 que « parce que les États-Unis voulaient fournir aux rebelles moudjahiddines en Afghanistan des missiles Stinger et d’autres équipements militaires, ils avaient besoin de l’entière coopération du Pakistan» À partir du milieu des années 1980, la présence de la CIA à Islamabad était une des plus importantes dans le monde. Un officier du renseignement américain avait confié au Time que les États-Unis fermaient alors volontairement les yeux sur le trafic de l’héroïne en Afghanistan..

    L’étude d’Alfred McCoy confirme qu’en l’espace de deux ans après le déclenchement des opérations clandestines de la CIA en Afghanistan, en 1979, « les régions frontalières entre le Pakistan et l’Afghanistan devinrent la première source mondiale d’héroïne, fournissant 60 % de la demande américaine. »

    Selon McCoy, ce trafic de drogue était contrôlé en sous-main par la CIA. Au fur et à mesure que les moudjahiddines gagnaient du terrain en Afghanistan, ils ordonnaient aux paysans de planter de l’opium comme une taxe révolutionnaire. À cette époque, les autorités américaines refusèrent d’enquêter sur plusieurs cas de trafic de drogue par leurs alliés afghans. En 1995, l’ancien directeur des opérations de la CIA en Afghanistan, Charles Cogan, a admis que la CIA avait en effet sacrifié la guerre contre la drogue à la Guerre froide.

    Le recyclage de l’argent de la drogue par la CIA était utilisé pour financer les insurrections post-Guerre froide en Asie centrale et dans les Balkans, y compris Al Quaeda.

    Les revenus générés par le trafic de la drogue afghane commandité par la CIA sont considérables. Le commerce afghan des opiacés constitue une grande part des revenus annuels à l’échelle mondiale des narcotiques, estimés par les Nations unies à un montant de l’ordre de 400 ou 500 milliards. Au moment où ces chiffres de l’ONU furent rendus publics (1994), le commerce mondial estimé de la drogue était dans le même ordre de grosseur que celui du pétrole.

    Selon des chiffres de 2003 publiés par The Independent, le trafic de la drogue constitue le troisième commerce le plus important en argent après le pétrole et la vente d’armes.

    Il existe de puissants intérêts commerciaux et financiers derrière la drogue. De ce point de vue, le contrôle géopolitique et militaire des routes de la drogue est aussi stratégique que celui du pétrole et des oléoducs.

    Cependant, ce qui distingue la drogue des commerces légaux est que les narcotiques constituent une source majeure de richesses non seulement pour le crime organisé, mais aussi pour l’appareil de renseignement américain, qui constitue de plus en plus un acteur puissant dans les sphères bancaires et de la finance.

    En d’autres mots, les agences de renseignements et de puissants groupes d’affaires alliés au crime organisé se livrent une concurrence pour le contrôle stratégique des routes de l’héroïne. Les revenus de plusieurs dizaines de milliards de dollars provenant du commerce de la drogue sont déposés dans le système bancaire occidental.

    Ce commerce peut seulement prospérer si les principaux acteurs impliqués dans la drogue ont des « amis politiques aux plus hauts niveaux ». Les entreprises légales et illégales sont de plus en plus imbriquées, la ligne de démarcation entre « gens d’affaires » et criminels est de plus en plus floue. En retour, les relations entre les criminels, les politiciens et des acteurs du milieu du renseignement ont teinté les structures de l’État et le rôle de ses institutions.

    L’économie de la drogue en Afghanistan est « protégée ». Le commerce de l’héroïne faisait partie des plans de guerre. Ce que cette guerre aura accompli, c’est le rétablissement d’un narco-régime dirigé par un gouvernement fantoche soutenu par des États-Unis. ».

    Les quelques courageux musulmans de la brigade des stupéfiants de Kaboul, Kandahar ou Jalalabad se font assassinés un à un et la drogue inonde la Russie et l’Occident via Islamabad.

    Tout va bien, les trafiquants trafiquent et réinvestissent déjà l’argent sale dans des centres commerciaux mirifiques du nouveau Kaboul, des innocents hommes, femmes et enfants meurent, de jeunes soldats idéalistes bernés, américains ou européens reviennent dans des sacs poubelle…

    Ben Laden? Il s’est rasé la barbe, porte une boucle d’oreille et vend des hamburgers sur les plages californiennes.

    Il a pu sauter en parachute de l’avion qui ne s’est jamais écrasé sur le Pentagone.

    Jean-Marc DESANTI

  • Les civicos sonnent la charge contre Morales

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    En Bolivie, la sécession des riches, en réaction à l'élection de l'Amérindien Evo Morales à la présidence en 2006, a franchi un seuil périlleux à Santa Cruz avec une violente insurrection contre le gouvernement central mardi.

    «Les milices de droite appelées civicos ont attaqué, saccagé, pillé et brûlé les bureaux des ministères de la Réforme agraire et des Impôts, de la compagnie nationale de téléphone, et de la télévision d'État», a dit Richard Simard, chargé de programmes à Développement et Paix.

    Assiégé dans son hôtel de la ville où La Presse l'a joint hier, il a confié que ses partenaires boliviens, qui oeuvrent auprès des pauvres, lient ces événements à une «stratégie de rupture» pour faire reculer le gouvernement ou faire basculer le pays dans la guerre civile.

    Yvan Canelas, porte-parole du gouvernement, a accusé les préfets des cinq provinces riches opposés au président Morales, de «chercher la guerre civile» au moyen d'«un affrontement avec les militaires et la police».

    Pas d'état de siège

    Les ministres de l'Intérieur, Alfredo Rada, et de la Défense, Walker San Miguel, ont dénoncé le début d'un «coup d'État civil» de la part de ces préfets et exécuté par des groupes «fascistes».

    Mais conformément à la volonté du président Morales de régler les différends par le dialogue démocratique, les deux ministres ont écarté tout recours à l'état de siège et à l'armée dans le pays andin d'un million de kilomètres carrés.

    «Armés de bâtons et de barres de fer, les civicos ont aussi détruit et pillé une radio officielle et les locaux d'une grande ONG, le CEJIS, qui a fourni plusieurs ministres au gouvernement Morales», a dit Richard Simard.

    «Les milices cherchent l'affrontement à tout prix. Elles veulent des martyrs. Pour éviter cela, les forces de l'ordre, des policiers militaires, se sont retranchées dans leurs casernes, laissant libre cours aux pilleurs», a-t-il ajouté.

    Les violences ont éclaté dans la troisième semaine d'une campagne dans les provinces de Santa Cruz, Tarija, Beni, Pando et Chuquicaca pour l'autonomie, le transfert de l'impôt sur les hydrocarbures, et le rejet d'une nouvelle Constitution qu'elles jugent «étatiste et indigéniste».

    L'Église discréditée

    Des barrages ont été érigés dans toutes ces provinces. Les civicos tentent de bloquer les frontières avec le Brésil, l'Argentine et le Paraguay. Ils ont coupé hier en partie l'approvisionnement de gaz naturel vers l'Argentine et le Brésil. Trois blessés au moins sont signalés à Santa Cruz et Tarija, tous des policiers.

    Dans une lettre au président Morales, Branko Marinkovic, riche homme d'affaires et président duComité civique de Santa Cruz, a qualifié ce mouvement de «manifestation pacifique de citoyens».

    Arrivé plus tard à La Paz après avoir franchi un barrage sur la route de l'aéroport, Simard a dit à La Presse que «les partisans de Morales tentent d'encercler Santa Cruz», ajoutant qu' «un heurt entre les deux groupes peut vite dégénérer».

    «L'Église catholique a offert sa médiation, mais elle est avec les autonomistes, ce qui l'a discréditée aux yeux du gouvernement», a-t-il souligné. Invoquant la liberté du culte, Morales l'a accusée d'agir «comme sous l'Inquisition».

    Les 10 millions de Boliviens sont à 55% au moins amérindiens, avec 15% de Blancs et 30% de Métis. Ces deux groupes, qui ont dominé le pays conquis par l'Espagne en 1524, sont concentrés dans les cinq provinces rebelles, où ils font la vie dure aux autochtones.

    Ambassadeur non grata
    Le président Evo Morales a décrété hier persona non grata l'ambassadeur des États-Unis en Bolivie, Philip Goldberg, qu'il a accusé d'alimenter la division et le séparatisme en Bolivie. Un porte-parole du secrétariat d'État américain, Gordon Duguid, a qualifié d'«infondées» ces accusations.

    Avec AFP, AP, Reuters, BBC, VOA, Prensa Latina, IPS

    Jooneed Khan La Presse


    Après Morales, Chavez explulse l'ambassadeur des Etats-Unis

  • Закрытый показ. Премьера. Фильм Джульетто Кьезы "9/11. Расследование с нуля"

    На этот раз темой программы "Закрытый показ" станет документальный фильм, созданный по материалам расследования известного итальянского журналиста, политолога и общественного деятеля Джульетто Кьезы "9/11. Расследование с нуля".

    Фильм, подготовленный международной группой экспертов и документалистов под руководством депутата Европарламента Джульетто Кьезы, стал сенсацией 2007 года в Европе. Картина вызвала большой общественный резонанс во время показа в Европейском парламенте и на Римском кинофестивале.

    В фильме "9/11. Расследование с нуля" немало вопросов, на которые уже 7 лет нет ответа. Например, куда пропали обломки самолета, врезавшегося в здание Пентагона, где записи многочисленных камер видеонаблюдения, расположенных вокруг Пентагона, как могло случиться, что построенные из стали башни Всемирного торгового центра сложились аккуратно на свое основание, не повредив соседние здания?

    "Что произошло после 11 сентября? – говорит Джульетто Кьеза. – Началась война в Афганистане, потом была война в Ираке. На очереди Иран. Мир сегодня намного беспокойнее, чем тогда. Ситуация ухудшилась".

    В программе участвуют реальные очевидцы трагедии 11 сентября 2001 год в Нью-Йорке.
    А также эксперты, которые разделятся на сторонников и противников фильма

    Thierry Meyssan, Giulietto Chiesa et Leonid Ivashov conteste la vesrion bushienne du 11 septempre sur la première chaîne russe

    La première chaine de télévision russe diffusera le vendredi 12 septembre, en première partie de soirée, une émission exceptionnelle sur les attentats du 11 septembre 2001.

    Après la diffusion du documentaire “Zéro”, mettant en cause la version bushienne du complot islamique mondial, Giulietto Chiesa (député europeen), Leonid Ivashov (ancien chef d’état-major des armées russes) et Thierry Meyssan (président du Reseau Voltaire) seront confrontés à un panel de 10 experts et à diverses personnalités.

    Ceux qui comprennent le Russe pourront regarder l’émission à cette adresse (19h25 heure de Paris)

    Source : 1tv.ru

  • Pourquoi pas ?

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    Opération Sarkozy : comment la CIA a placé un de ses agents à la présidence de la République française
    par Thierry Meyssan

    Nicolas Sarkozy doit être jugé à son action et non pas d’après sa personnalité. Mais lorsque son action surprend jusqu’à ses propres électeurs, il est légitime de se pencher en détail sur sa biographie et de s’interroger sur les alliances qui l’ont conduit au pouvoir. Thierry Meyssan a décidé d’écrire la vérité sur les origines du président de la République française. Toutes les informations contenues dans cet article sont vérifiables, à l’exception de deux imputations, signalées par l’auteur qui en assume seul la responsabilité.