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  • SYRIE : Attentat meurtrier à Damas. Le bilan provisoire fait état de 17 morts

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    L’attentat le plus meurtrier depuis les années 1980 a frappé la Syrie, tôt ce matin. Une voiture bourrée de plus de 200 kilogrammes d’explosif a visé une permanence des forces de l’ordre, sur la route de l’aéroport international de Damas, au sud de la capitale.

    Selon les télévisions « Al Jazeera » et « Al Arabiya », le bilan de l’explosion est de 17 morts et de 14 blessés, mais ce bilan pourrait s’alourdir, certains blessés sont gravement atteints.

    Les autorités syriennes affirment que toutes les victimes sont des civils. L’agence SANA précise que la voiture a explosé sur une route qui mène également à la tombe de Sayyeda-Zeinab, un lieu de culte chiite très fréquenté par les pèlerins (très souvent Iraniens, Irakiens et Libanais.

    Il est permis de s’interroger sur l’identité des commanditaires de cet attentat, en attendant les résultats de l’enquête qui ne seront probablement jamais communiqués. En effet, Damas avait promis de rendre publiques les conclusions de l’enquête sur l’assassinat du responsable du Hezbollah Imad Maghnieh, tué en février dernier. Mais sept mois après les faits, aucune information n’a encore filtré sur cet assassinat. De même, l’exécution du conseiller du président Bachar Al-Assad, le général Mohammed Sleimane, tué à Tartous début août, reste un mystère, de même que la liquidation de deux responsables du Hamas, proches de Khaled Mechaal, morts dans des conditions suspectes.

    De ce fait, la Syrie serait le théâtre d’une guerre secrète qui voit s’affronter plusieurs pays et de nombreux services secrets. Ils utilisent avec le régime syrien les mêmes moyens qu’il a lui-même développés et utilisés à leur encontre, à savoir le terrorisme. Ainsi, l’Irak, Israël, l’Arabie saoudite, l’Egypte, les Etats-Unis, la Jordanie, le Liban... font partie des accusés, sans oublier les mouvements terroristes islamistes liés à Al-Qaïda. A ce lot s’ajoute l’Iran qui n’apprécie pas l’ouverture syrienne sur l’Occident et ses négociations avec Israël. Le Hezbollah peut aussi avoir un compte à régler avec Damas, soupçonné d’avoir sacrifié Imad Maghnieh sur l’autel de son rapprochement avec l’Occident.

    Il convient aussi de préciser que l’attentat survient à quelques semaines du lancement du Tribunal international pour juger les commanditaires de l’assassinat de Rafic Hariri. Plusieurs responsables syriens impliqués dans cet assassinat, directement ou indirectement, ont été liquidés, dont l’ancien ministre de l’Intérieur Ghazi Kanaan et son frère, Imad Maghnieh et Mohammed Sleimane. De ce fait, l’attentat de ce matin pourrait avoir visé d’autres responsables, comme Rustom Ghazalé par exemple (pour mémoire, lire nos informations du 27 mars 2007), dans l’objectif d’effacer définitivement leurs témoignages et de sauver le régime. L’identité des victimes permettrait de confirmer ou d’infirmer cette hypothèse.

    L’autre hypothèse qui retient l’attention des spécialistes est liée à l’appel lancé hier par le Hamas depuis Gaza, invitant les Palestiniens à multiplier les attentats à Jérusalem. La réponse israélienne serait ainsi venue directement aux commanditaires du Hamas, les Syriens.

    Une autre hypothèse ne devrait pas être écartée, à savoir celle liée à la prise d’otages en Egypte. Le Caire, qui soupçonne la Syrie de manipuler le terrorisme dans l’ensemble de la région, peut avoir riposté à l’enlèvement des touristes sur son territoire par un commando venu de « nulle part ».

    En tout état de cause, la seule chose est certaine, aujourd’hui, c’est que la Syrie commence à déguster les affres du terrorisme aveugle qu’elle a développé et exploité depuis des décennies au Liban, en Irak, en Israël, voire même en France et dans le Golfe.

    MediArabe.info