07.10.2009
Les Barricades d’Alger

Après le discours ( de De Gaulle ) du 16 septembre 1959, dont le cinquantenaire est passé… dans un silence plus que frileux, il a fallu s’organiser à Alger.
Nous pensions en Algérie et en Métropole que nombreux étaient ceux qui s’apprêtaient à se soulever contre ce discours. Ceux qui allaient opposer un refus efficace à l’abandon qui s’annonçait.
Mais nous qui étions animés de la volonté de nous opposer au largage de l’Algérie, avons eu à affronter un ennemi inattendu et d’une efficacité redoutable : l’apathie du peuple pied-noir pour une fraction non négligeable de son ensemble.
Il nous a fallu, aussi et surtout, composer avec l’apathie comateuse dans laquelle se complaisait notre armée.
Celle-ci avait remporté et continuait de remporter de brillantes victoires dont elle pensait qu’elles étaient définitives.
L’opération Jumelle, en particulier, offrait un bilan flatteur, illustrant un brillant succès technique. La wilaya 3 en Kabylie, en effet, était réduite à quelques bandes éparses. Les Katibas erraient, complètement déstructurées.
Il en allait de même un peu partout. Nos soldats effectuaient avec efficacité et enthousiasme, et surtout avec courage et héroïsme, une traque permanente contre l’ALN de l’intérieur.
Mais ces mêmes soldats, quand ils prenaient le risque de se faire tuer, ne connaissaient pas le pourquoi réel de ces magnifiques opérations. Des opérations menées sur les crêtes comme le soulignait Challe, le général en chef.
Ils ne savaient pas que ces opérations étaient conduites à la suite d’une conjuration montée par De Gaulle et Ferhat Abbas, dans le but de se débarrasser des maquis de l’intérieur.
S’en débarrasser pour le plus grand bénéfice du GPRA qui, rappelons-le, existait officiellement depuis le 18 septembre 1958. Sa naissance fut annoncée officiellement au Caire par Ferhat Abbas lui-même au cours d’une présentation à la presse internationale, en présence de deux émissaires clandestins du général De Gaulle : l’écrivain Amrouche et Abderrahmane Farès.
Qui aurait pu se permettre de faire avaler à nos brillantes unités, que le FLN était en train de gagner la guerre grâce à toutes SES batailles perdues !
Nous, les Français d’Algérie, étions étreints par l’angoisse de l’abandon et pensions avant toute chose, à notre destin, si l’armée française et la nation française acceptaient la défaite que De Gaulle voulait leur infliger. Le destin de ce peuple pied-noir, de ce peuple qui s’interrogeait sur des lendemains qui ne chantaient pas.
« Que vont devenir ma femme, mon travail, ma maison, mon jardin, mes enfants, mes vieux parents ? Que vont-ils devenir lorsque le FLN détiendra le pouvoir ? Faudra-t-il nous soumettre à la loi de ceux qui exigeront de nous faire payer notre présence, ici, en Algérie ?
Qui peut s’investir du pouvoir de soumettre plus d’un million de Français d’Algérie, plusieurs millions de Musulmans qui veulent être et plus encore, qui veulent devenir réellement Français, à une organisation révolutionnaire raciste et intégriste qui avait déclenché la Révolution algérienne pour le triomphe de l’arabisme et de l’islam (Ibrahim Bachir, le 1/11/1954) ? Qui était suffisamment dépravé dans son intellect pour prendre une décision qui contribuera à porter atteinte en l’aggravant, à l’instabilité pour ne pas dire à la fragilité géopolitique de l’Occident chrétien ? ».
Pour la majorité d’entre nous, la réflexion politique ne s’était encore, hélas, pas révélée nécessaire. Défendre l’Algérie, nos maisons, nos situations, la vie de nos proches, éviter une servitude infâmante pour nos femmes, nos mères, nos sœurs et nos filles, représentaient une raison suffisante et exhaustive de prendre les armes. Certes, l’armée, la police, la vigueur militaire de la France, s’exprimaient encore, pour défendre une partie du territoire national, pour défendre un peuple de France.
Mais il nous était imposé, à nous, Français d’Algérie, de nous inclure dans ce combat : dans la clandestinité, dans la violence. Car l’Algérie française méritait bien que l’on risquât pour elle, sa liberté et sa vie.
Oui, il existait un risque de mort pour ces quelques clandestins qui, dès 1955, ont souvent joué leur vie et leur liberté dans des opérations illégales auxquelles ils ont activement participé. Une poignée.
Pour l’honneur du peuple pied-noir. Tant pis pour ceux qui ont préféré nous regarder.
Mais, il nous a fallu élargir nos connaissances, découvrir des horizons. On ne prend pas « COMME ÇA » du jour au lendemain, le risque de tuer ou de faire tuer des hommes. Il nous a fallu donc comprendre d’abord. Et faire comprendre ensuite, la nécessité du combat en faveur de l’Algérie française. Un combat auquel devait s’intégrer au moins, l’élite du peuple pied-noir de Marnia à Tabarka.
Pour nous conférer le droit de le faire, il a fallu accéder à un savoir politique : par l’étude, puis par l’explication que nous avons tenté de donner à ceux qui voulaient comprendre et savoir pourquoi nous les invitions au combat.
Et c’est pour conduire au mieux possible cette volonté d’expliquer la dimension réelle, planétaire de la guerre d’Algérie, que personnellement, j’ai joué quotidiennement les Enjolras[1] dans les caves d’Alger et d’ailleurs, pour expliquer que le discours du 16 septembre 1959 ne laissait aucun doute quant à la volonté du général De Gaulle d’abandonner l’Algérie. Quel que fût le drame qui s’en suivrait pour ses concitoyens d’Algérie, de toutes confessions.
Nous avons dû affronter cependant, un ennemi puissant : le coma dans lequel était plongée notre armée française, unique espoir dans lequel se réfugiait la plus grande partie du peuple pied-noir, après le discours du 16 septembre 1959.
Un coma qui paraissait affecter aussi notre « élite socio-économique ».
Les oligarchies financières d’Algérie, en effet, se sont toutes comportées en complices de De Gaulle et de l’abandon. Elles étaient déjà complices, financièrement, et même opérationnellement, du FLN depuis des années.
Blachette, le mentor de Jacques Chevallier avec ses libres exploitations des champs d’Alpha, n’était qu’un exemple parmi d’autres. Il en existait qui rendaient compte par radio à Lotfi en Oranie, de leurs collectes de fonds parmi quelques gros propriétaires terriens et certains industriels européens. Comme ailleurs en Algérie.
Mais dans le cadre de Lotfi qui commandait la wilaya 5 en Oranie, les choses avaient connu une évolution bien particulière. Lotfi fut tué au cours d’une opération et son dispositif radio tomba intégralement entre les mains de nos services spéciaux. Le général Jacquin (colonel à l’époque) qui commandait le B.E.L. (bureau d’études et de liaisons) disposa, à la suite de cette opération, des codes radio de Lotfi. C’est ainsi qu’il fut le destinataire réel des messages transmis par les traîtres qui finançaient l’ALN. Ceux-ci en effet, étaient persuadés correspondre avec les responsables du FLN local. Nous fûmes informés, ainsi, du rôle néfaste joué par un fonctionnaire de la sous-préfecture de Paul Cazelles, de celui de tel jésuite de Pérrégaux, et du rôle de quelques autres.
Ces anomalies de comportement étaient évidemment retrouvées dans toute l’Algérie et c’est l’épisode Lotfi qui nous a permis d’avoir des renseignements très précis quant à l’identité de certains pourvoyeurs de fonds du FLN.
C’est dans cette ambiance, au milieu de ces trahisons, dont nous ne savions rien, qu’il nous a fallu réagir au discours du 16 septembre 1959.
Je me suis consacré, avec vigueur et constance, à fédérer des énergies, par l’intermédiaire de notre mouvement, le Front National Français. J’en assurais la responsabilité du service intérieur, plus particulièrement de ce que j’ai appelé « les unités de choc ».
Nous avons obtenu un concours inespéré, que nous pensions être de valeur inestimable pour notre implantation dans le département d’Alger, de la part du général Massu, commandant du Corps d’Armée d’Alger. Je rappelle que le colonel Argoud occupait les fonctions de chef d’état-major de ce même corps d’armée.
Aujourd’hui encore, à propos de l’appui octroyé par Massu, je suis partagé entre deux hypothèses.
Ce concours,
- l’a-t-il concédé dans l’espoir de voir De Gaulle plier devant l’enthousiasme patriotique des Français d’Algérie ?
- l’a-t-il concédé au contraire, dans le but de nous contrôler pour éventuellement nous neutraliser ?
Je pense qu’il a été assailli, à un moment donné, par un doute sérieux.
Sans me préoccuper outre mesure de ces interrogations, j’ai organisé au mieux possible, les unités intérieures du FNF en groupes de militants très actifs.
Massu, par l’intermédiaire du commandant Navarro du cabinet militaire de la préfecture d’Alger, m’a autorisé à faire du recrutement au sein des effectifs des UT (Unités Territoriales) ainsi qu’au sein du DPU (Dispositif de Protection Urbaine).
Ce dernier, avait été créé durant la bataille d’Alger, en 1957 et faisait appel à des volontaires.
Après ma sortie de la prison de Barberousse, le 1er avril 1957, je m’étais présenté au PC d’Alger-Sahel près de la cathédrale d’Alger, rue Bruce. Je prétendais bien sûr, solliciter un poste de responsabilité au sein du DPU algérois.
Je fus reçu par un officier particulièrement actif de la lutte anti FLN, le lieutenant Darcet. Celui-ci m’a déclaré être enchanté, au nom de son commandement, de la collaboration que je lui offrais. Il connaissait tous mes antécédents et c’est en frère d’armes qu’il m’a reçu ce jour là.
Oui…. Mais…. Silence radio. Je ne fus jamais autorisé à faire partie du DPU.
Une opposition supérieure s’était manifestée en silence, mais surtout avec ténacité.
Après le discours du 16 septembre 1959, Massu me donne donc l’autorisation d’incorporer mon dispositif au quadriage du DPU. En fait, implicitement, il m’autorisait à incorporer le DPU à mon propre effectif opérationnel.
Il ne l’a pas nié au procès des barricades, puisqu’à la question du Président du tribunal :
« Connaissez-vous personnellement les accusés ? »
Il répondit :
« Ils ont tous été sous mes ordres ».
Et à propos des groupes d’actions du FNF, il a précisé en substance :
« Oui, je savais qu’ils étaient commandés par le Docteur PEREZ »
Donc Massu ? Une équivoque ? Un tourment ? Un « Que vais-je faire » permanent et angoissé ? NON.
Malgré son indiscutable attachement à l’Algérie française, il restera en dernière option, fidèle au général De Gaulle, comme il l’avait exprimé, d’une manière définitive, avant le voyage du général De Gaulle à Alger en juin 1958.
Il l’avait exprimé auprès de ses anciens frères d’armes qui venaient, depuis Paris, solliciter son concours pour neutraliser l’homme de Colombey.
Un ancien officier parachutiste, qui en 1961-1962 s’approcha très près de l’OAS mais qui ne s’y intégra pas, Botella, m’a déclaré un jour à Argenteuil, c’était en 1974 :
« En mai 1958, nous étions avertis depuis longtemps au sein des services, de la détermination anti-Algérie française de De Gaulle. Certains services de police, spécialisés, avaient constitué des dossiers depuis 1956, établissant les contacts entre De Gaulle et l’organisation extérieure de la rébellion algérienne. Ces contacts se nouaient par l’intermédiaire de Me Boumendjiel du barreau de Paris, de l’ambassadeur de Tunisie à Paris, de Rosenberg un journaliste autrichien, et surtout par l’intermédiaire de Palewski, ambassadeur de France à Rome.
Il y avait largement de quoi inculper De Gaulle d’atteinte à la sûreté extérieure et intérieure de l’Etat.
Mais, un des patrons des polices spécialisées, était muselé par le pouvoir de la IVème République, et par des influences occultes menaçantes. En désespoir de cause, il manda à Alger deux officiers parachutistes, anciens compagnons d’armes de Massu et de Botella. Ils se sont présentés à Massu après le 13 mai 1958, avant le voyage algérois de De Gaulle pour lui demander de neutraliser l’homme du 18 juin. Car il venait à Alger, ont-ils affirmé, pour liquider l’Algérie française ».
Massu s’est dérobé devant cette mission officieuse, que lui confiaient ses anciens compagnons de la France libre.
Il est resté, comme il l’a dit lui-même « con et gaulliste »…. Mais parfois le doute est venu l’assaillir. Il aurait bien voulu voir De Gaulle s’orienter dans l’autre sens. Il aurait bien voulu lui communiquer, éventuellement, l’enthousiasme patriotique de l’Algérie française.
Mais hélas pour nous ! L’enthousiasme patriotique des Français d’Algérie, connut à cette époque là, à l’automne 1959, une expression lénifiante désastreuse, illustrée par un manque de mordant et de détermination, qui explique l’échec ultérieur du 24 janvier 1960.
Car, dans l’événement connu sous la rubrique « les Barricades d’Alger », il faut distinguer deux phases d’identité différente.
Première phase :
les journées des 23 et 24 janvier 1960 à Alger : c’était ça la véritable essence du 24 janvier 1960.
Deuxième phase :
la semaine des Barricades, à partir du lundi 25 janvier, 1 heure du matin, ne fut qu’une comédie. Mais une comédie qui aurait pu, néanmoins, avoir un dénouement fatal pour De Gaulle si nos chefs militaires ne s’étaient pas laissé manipuler par Delouvrier[2]. Encore une fois, nos brillants officiers patriotes n’ont pas osé. Encore une fois, l’amour sacré de la patrie n’était pas suffisamment ressenti pour que le général Challe prît la résolution de donner un coup de frein définitif à l’abandon.
« L’Algérie française », « la France », « l’Occident », illustraient des concepts immensément riches, trop riches peut-être de vérité politique pour que ces officiers d’élite acceptassent de donner le coup de balai qui s’imposait.
Des officiers à qui le pouvoir faisait croire qu’ils étaient en train de gagner la guerre.
Challe a tout raté le 25 janvier 1960 parce que les « autres », colonels et généraux, ont refusé de le pousser dans la décision salvatrice qu’il fallait prendre, ce fameux lundi 25 janvier. Il était encore temps.
Nous développâmes donc notre implantation au sein de la garde territoriale. Ce qui était inéluctable puisque la majorité de nos adhérents et militants étaient des territoriaux. Mais ce ne fut pas facile, en raison du comportement, disons timoré, de la majorité des officiers de réserve qui commandaient la territoriale.
Il y avait dans le grand Alger, 22.000 territoriaux disposant de 2.200 armes, les gardes s’effectuant tous les dix jours. L’ensemble de cette garde ne représentait pas une véritable unité de combat. Mais dans l’éventualité salutaire où se serait développé en son sein, un esprit identique au nôtre, le regroupement de ces territoriaux, en armes et en uniforme, soutenus par la masse du peuple d’Alger, en aurait fait une force d’appoint inestimable pour ceux qui jouaient leur vie et leur liberté pour que vive l’Algérie française.
J’étais un de ceux-là.
Le capitaine Ronda, secrétaire général de la Fédération des Unités Territoriales, de création toute récente, faisait partie du bureau directeur du FNF. Il avait l’accord de son président le commandant Sapin-Lignières, chef d’un bataillon U.T. dont le PC était installé dans la Casbah. Il fut l’un des rares officiers des U.T., avec le capitaine Jourdes et les officiers de la compagnie opérationnelle des U.T., à prendre position dès le 24 janvier.
Revenons au déroulement des évènements.
Au mois de janvier 1960, d’odieux attentats avaient été perpétrés par le FLN en Oranie et dans l’Algérois. Ces drames avaient poussé à l’extrême la tension psychologique de la population française d’Algérie, de toutes confessions.
C’est dans cette ambiance que survint l’affaire Massu. Je vous la rappelle de façon succincte.
Le général Massu avait reçu, à la demande du général Challe, un journaliste allemand du nom de Kempski, devant lequel il tint des propos imprudents qui furent publiés le 18 janvier 1960 dans un grand quotidien allemand.
Le colonel Argoud dans son livre « La Décadence, l’Imposture et la Tragédie » rejette la thèse du piège dans lequel serait tombé Massu. Selon lui, Massu était d’humeur fantasque. La rencontre avec Kempski, s’était déroulée un jour où Massu s’était réveillé anti-gaulliste. C’est une hypothèse. D’après Argoud, le général Massu aurait dit de lui-même, rappelons-le, qu’il était toujours « con et gaulliste ». Je ne ferai pas l’effort de savoir si chacun de ces adjectifs a une valeur en soi ou si l’un est obligatoirement complémentaire de l’autre. Nous voulons espérer, aujourd’hui encore, qu’il n’a pas volontairement tenu des propos anti-gaullistes au cours de cette interview, dans le but établi à l’avance, de provoquer son départ d’Alger.
De toute façon, l’occasion ne fut pas ratée par De Gaulle. Il mit à la tête du Corps d’armée un autre officier qui ne fera pas de manière pour être complice de la liquidation de l’Algérie.
Si Massu avait refusé d’obtempérer le 19 janvier, que se serait-il passé ? Il nous est impossible de répondre. Mais à l’appel de Massu, c’est un véritable raz-de-marée qui se serait déclenché en Algérie. Raz-de-marée dont Challe aurait pris la tête. Cela supposait évidemment que nos généraux fussent des généraux révolutionnaires, attachés à la thèse révolutionnaire de l’Algérie française et non pas soumis à l’homme qui piétinait ce même idéal.
Massu obéit. Il abandonna l’Algérie. Il favorisa ainsi, volontairement ou non, l’accélération donnée à la politique d’abandon.
Il était de la plus haute importance qu’une opération de sauvetage fût tentée dans les plus rapides délais, car il restait encore en Algérie une majorité d’officiers généraux et de commandants de secteurs[3], fidèles à l’idéal de l’intégration. Réunions, recrutement, partout où c’était possible, visites aux commandements des unités territoriales, contacts très fréquents avec le colonel Gardes, tout cela fut mon travail quotidien.
Ortiz restait en communication étroite avec le colonel Argoud, chef d’état major du Corps d’Armée d’Alger et le capitaine Filippi qui faisait partie de l’état major de Massu.
Une manifestation de masse fut décidée pour le dimanche 24 janvier. Le 22 au soir, une réunion importante se tint chez Ortiz[4]. Tout le bureau directeur du FNF était rassemblé.
Le capitaine Filippi nous fit part de deux coups de téléphone qu’Argoud aurait reçus de Paris de la part de son ancien chef.
Lors du second appel téléphonique, Massu aurait fait le commentaire suivant : « De Gaulle est complètement fou, je vous donne carte blanche ».
Je quittai la réunion pour préparer les effectifs du FNF qui étaient déjà chauffés à blanc. Je me souviens de maître Jean Trape[5], me disant lors de mon départ : « Tout repose sur vous, je vous en supplie, ne vous faîtes pas prendre avant ! ».
Que devait-il se passer en théorie ?
- un appel à la population pour une grande manifestation à la Grande Poste, en fin de matinée, ce fameux dimanche 24 janvier 1960 ;
- obtenir des 22.000 UT, qu’ils participent en formation militaire, en uniforme et avec leur armement, même réduit ;
- obtenir une extension de ce mouvement par contagion, à toutes les grandes villes d’Algérie ;
- obtenir des organisations métropolitaines un soutien à notre manifestation par tout ce qu’elles pouvaient mobiliser comme moyens.
Le 23 janvier, ce fut le jour de réunion de l’assemblée générale constitutive de la toute nouvelle Fédération des Unités Territoriales d’Algérie.
Le commandant Sapin-Lignières fut élu président et le capitaine Ronda, secrétaire général.
J’ai participé, depuis le fond de la salle de réunion, à la fin de cette assemblée générale. Et je fus scandalisé de l’attitude d’un chef de bataillon UT, d’Alger-centre, ancien combattant héroïque des campagnes d’Italie et de France, qui déclara à Sapin-Lignières et à Ronda, devant moi, son opposition à la participation des UT en corps constitués à la manifestation du lendemain matin. Ce brillant officier de réserve, compte tenu de son prestige fut suivi dans cette volonté de désertion, par les autres chefs de bataillon, à l’exception de Sapin-Lignières. Lui et les autres, portent une grave responsabilité dans le dénouement dramatique de la journée du 24 janvier 1960.
Ce 23 janvier, une grève se déclencha à Belcourt puis au Champ de Manœuvre. Elle s’étendit lentement à toute la ville mais d’une manière assez incomplète. C’était une initiative spontanée, indépendante de tout ordre donné et reçu.
Je me cachai pendant la soirée du 23 au 24.
Le 24 au matin, je rejoignis le siège de la Fédération des UT qui était situé dans l’immeuble de la Compagnie Algérienne, à l’angle de la rue Charles-Péguy et du boulevard Laferrière. C’est là que se situera, par la suite, ce que l’histoire appellera « le PC Ortiz ».
Ce 24 janvier au matin, je fus étreint par une impression désastreuse. La foule n’était pas là. Des groupes épars, arrivés sur place malgré les barrages de gendarmerie, se manifestaient en chahutant. Ils provenaient presque tous de ces valeureux quartiers d’Alger que sont : le Ruisseau, le Hamma, Belcourt et le Champ de Manœuvre. Mes adjoints du FNF, responsables de ces quartiers, Armand Maigues et son épouse Mimi, Arlandis, Merkel, Conte et d’autres, essayaient de maintenir un tonus révolutionnaire sur cette place de la Grande Poste.
Mais il manquait l’essentiel : la foule. Je refusai de rester en place, avec les membres du nouveau bureau directeur de notre mouvement. J’estimai indispensable de me rendre à Bab El Oued où, Place de l’Horloge, un gros rassemblement s’était constitué et m’attendait.
Tout était prêt pour un gros cortège. Plusieurs centaines de mes camarades du FNF étaient en tenue de la garde territoriale et portaient casque lourd.
Ils se trouvaient à la tête de plusieurs milliers d’hommes et de femmes. Bras-dessus, bras-dessous, à mon signal, nous nous engageâmes dans l’avenue de la Bouzaréah. A ce moment là survint un incident grotesque mais significatif. Le chef de bataillon des UT de Bab El Oued, accompagné de son chef d’Etat major, le capitaine D.B. me fit observer violemment qu’il exigeait le retrait des uniformes. Il hurla à l’illégalité. Je lui rétorquai avec un peu de hauteur :
« Ne vous inquiétez-pas, ce n’est pas vous qui prendrez 20 ans si cela tourne mal, ce sera moi ».
Il se retira piteusement de la manifestation. Il ne se rallia pas au mouvement, même en tenue civile. Et nous entreprîmes notre progression vers le centre ville. Pas un seul officier de ces deux bataillons UT, celui de B.E.O. et celui de la Kasbah, ne prît part à ce défilé.
Nous arrivâmes très rapidement avenue de la Marne. L’une des extrémités, marque la fin de Bab El Oued. L’autre extrémité débouche sur une place où se situent face à face, le lycée Bugeaud et la caserne Pélissier, siège du Corps d’armée d’Alger.
Cette avenue était occupée d’un bout à l’autre, par plusieurs rangées de parachutistes du 3ème R.P.I.M.A., du colonel Bonnigal, qui nous interdisaient le passage.
Ce fut une bagarre d’une demi-heure. Je dis bien il y eut lutte et combat. Si ces parachutistes avaient voulu nous interdire le passage, ils auraient dû nous mitrailler pour le faire. Ils n’ont pas osé. Si nous avions renoncé à ce stade, devant la résistance sévère qu’opposèrent les parachutistes à notre progression, la journée du 24 janvier se serait terminée à ce moment là. Il n’y aurait pas eu de Semaine des Barricades.
Car là-bas, à la Grande Poste, c’était toujours « Bonjour tristesse ». Alors que dans notre cortège, derrière moi, cheminaient des hommes et des femmes, par milliers, de B.E.O. mais aussi de Saint-Eugène, de Notre-Dame d’Afrique et ceux du quartier Nelson : ces derniers s’intégrant à l’effectif du bataillon UT du commandant Sapin-Lignières, qui lui était présent au PC Ortiz.
Après avoir disloqué par une poussée irrésistible les barrages du 3ème R.P.I.M.A, nous arrivâmes devant le Corps d’armée d’Alger. Les camions du régiment étaient disposés les uns contre les autres et constituaient une barrière redoutable, qui ne fut pas suffisante pour nous interdire d’aller plus loin. Il nous a fallu cependant déplacer les camions en les soulevant pour rejoindre l’avenue du 8 novembre. Le colonel Argoud, à la page 209 de son livre, écrit : « 11 heures, des fenêtres du Corps d’armée, nous assistons à l’arrivée des premières colonnes de manifestants. Bonnigal tient parole ».
Il a vraiment très mal vu ! Si Bonnigal a tenu parole, c’est parce qu’il n’a pas voulu nous tirer dessus ! Mais ses paras se sont battus et nous aussi. Plusieurs dizaines parmi les nôtres eurent les arcades sourcilières ouvertes et souffrirent de contusions costales. Malgré cette opposition, notre bélier de 200 casques lourds, avait réussi à enfoncer le dispositif du colonel Bonnigal. Et nous voilà enfin avenue du 8 novembre !
Arrivés devant le siège de la Fédération des Anciens Combattants d’Algérie, nous fûmes rejoints par Auguste Arnould[6] et beaucoup de notables de ces organisations.
Je me sentais moins seul en tête du cortège !
Pour rejoindre la Grande Poste par le bas du Plateau des Glières, ce fut une affaire beaucoup plus sérieuse. Plusieurs escadrons de gendarmerie mobile étaient disposés en profondeur tout le long de la rue Alfred Lelluch. Ce fut une bagarre épique. Les coups de crosse pleuvaient au cours d’une véritable mêlée. Mais ce ne fut qu’une bagarre. Pas de coup de feu. Pas de provocation malsaine. Nous en sortîmes vainqueurs puisque les gendarmes refluèrent et finirent par nous abandonner le passage.
Cette échauffourée, qui, physiquement avait marqué beaucoup d’entre nous et moi en particulier, appelle deux remarques.
- Nous étions encore à l’heure loyale du 24 janvier, puisqu’aucun coup de feu ne fut tiré.
- Ces deux obstacles, bien que franchis avec succès, avaient semé le doute parmi le peuple qui nous suivait. Mais la détermination du bélier des 200 casques lourds, ouvrit le passage et nous permit d’arriver sur la place de la Grande Poste.
J’ai résumé tout cela à l’essentiel. Car, malgré les coups reçus et donnés, ce qui fut dramatique pour nous, était représenté par la vacuité presque totale du lieu de rassemblement. C’était misérable. Quelques centaines de personnes. Où étaient nos 22.000 UT ? Où étaient Alger, El Biar, Birmandreïs, Hussein-Dey, Kouba, Birkadem, Maison-Carré ? Où était le peuple pied-noir ? On m’arracha littéralement du cortège. A qui je donnais la mission de se répandre sur la place, pour la remplir et l’animer au mieux possible. En boitant, je me rendis au PC Ortiz où se trouvaient réunis tous les membres du Bureau directeur de notre mouvement.
Je boitais, parce que j’avais les ongles des gros orteils sévèrement traumatisés par les coups de crosse des gendarmes, lors de la bagarre précédente.
Méningaud[7] se jeta littéralement sur moi en me disant : « On ne sait plus que crier pour faire arriver la foule. Vas-y, dis leur quelque chose ».
Les seuls mots que je pus prononcer avec ce qui me restait de vigueur furent ceux-ci :
« Allez chercher les pantouflards qui sont restés chez eux et conduisez-les ici. L’Algérie française a besoin de tout son peuple ! ».
A quoi était due cette première phase, ou plutôt cet échec illustré par la défection de la population algéroise ? Peut-être à la lassitude. Peut-être que mes compatriotes ne croyaient-ils plus en rien. Mais une réflexion me vient à l’esprit.
Dans les Nouvelles américaines Volkoff écrit qu’il existe une différence entre les Anglo-Saxons et les Français pour formuler une question. Là où les seconds demandent pourquoi, les premiers demandent comment ?
Et bien, les Pieds-Noirs demandaient :
« Pourquoi ? Comment ? Avec qui ? »
Pour eux, Ortiz, Sussini, Lagaillarde, le docteur Pérez n’étaient pas des gens de notoriété telle qu’un peuple descendît dans la rue à leur simple appel. Il leur fallait autre chose…
J’avais vu Lagaillarde à plusieurs reprises, en particulier la veille, le 23 janvier.
Il m’avait emmené à la Faculté où il commençait à se retrancher avec plusieurs de ses amis. Je lui avais fait connaître ce qui nous avait été promis, de la part du Corps d’armée d’Alger : les régiments parachutistes devaient en principe nous laisser passer et jouer un rôle tampon entre les manifestants et les gardes mobiles. Il m’avait fait part de son intention de ne pas participer aux cortèges et d’attendre, à l’intérieur de la Faculté, la suite des évènements.
Les notables d’Alger sont restés bien discrets durant cette première partie de la journée du 24 janvier. Les élus en particulier, et par-dessus tout, je le souligne pour la millième fois, les officiers UT du Grand Alger.
On les attendra ….on les verra plus tard, quand ils croiront l’affaire gagnée.
Après mon appel au micro du PC Ortiz, le stade municipal, les cinémas furent vidés de leurs spectateurs par nos militants. Petit à petit, la foule devint plus dense. Entre le boulevard Saint-Saens et la Grande Poste, il était difficile de circuler. Soudainement, le Plateau des Glières était devenu plus facile d’accès pour nos manifestants, comme si les barrages avaient été levés.
Il s’était en effet passé quelque chose.
Je ne l’ai appris que plus tard, au cours du procès des Barricades, lors de la déposition du commissaire central d’Alger, monsieur Troujat. Le PC d’Alger-Sahel avait transmis à toutes les forces de maintien de l’ordre, la consigne de ne plus s’opposer au passage des manifestants.
Pourquoi ?
Pour deux raisons.
I – Pour le général Crépin et le colonel Fonde[8], cette manifestation était un échec pour nous. Il fallait donc rendre ce fiasco encore plus éclatant en conférant tout son relief à la désaffection apparente du peuple d’Alger.
II – Ils avaient pris, entre temps, la décision de regrouper les forces de gendarmerie mobile pour tenter une opération de dispersion qu’ils préparaient à l’insu du général en chef, le général Challe.
Mais pendant ce temps, la population affluait enfin. Le rassemblement devenait progressivement réel, compact, impressionnant. La manifestation s’affirmait, enthousiaste, militante. Quelques élus se montrèrent enfin, couverts de leur écharpe. Le « Chant des Africains », la « Marseillaise » retentirent, entrecoupés des cris « Algérie française », « De Gaulle, trahison ! ».
Perclus de douleurs consécutives aux coups de crosse reçus pendant les bagarres du matin, j’éprouvai le besoin de me retirer quelques minutes dans un appartement « ami » où je pus me soigner. Aspirine, bandage des orteils traumatisés. Je savais que la nuit allait être longue et qu’il fallait s’y préparer. J’étais relativement rassuré sur le déroulement de la manifestation. En effet, la foule continuait d’arriver et jusqu’ici, personne n’avait perdu son sang froid. J’insiste sur ce dernier détail parce qu’il prouve l’absence de provocateurs parmi les hommes que j’avais conduits à la Grande Poste.
Rien ne laissait supposer l’évolution tragique de la manifestation. C’est le bruit de la fusillade qui me fit bondir dans la rue et rejoindre le PC Ortiz.
Un destin généreux, ou plutôt une chance inouïe, a joué en ma faveur ce 24 janvier 1960. Les coups de crosse généreusement distribués par les gendarmes du matin aux dépens de mon anatomie, m’ont sauvé du peloton d’exécution, plus tard, au moment du procès des Barricades. Grâce au témoignage de mon hôtesse, enregistré sur commission rogatoire émanant du juge d’instruction parisien, le Pouvoir s’est trouvé dans l’impossibilité de m’inculper dans l’affaire de la fusillade d’Alger.
Ce jour-là, mon ange gardien ne m’a pas fait faux-bond. Il aura l’occasion de se manifester encore à maintes reprises, lors d’épisodes ultérieurs et très compliqués de ma vie.
Jean-Claude PEREZ
Le 5 octobre 2009
[1] Enjolras : allusion à un personnage secondaire « des Misérables » de Victor Hugo : Enjolras était un révolutionnaire républicain, compagnon occasionnel de Gavroche, qui s’est fait tuer à Paris sur les barricades. Pardon de cette allusion romantique….
[2] Délégué du gouvernement français en Algérie
[3] Les généraux commandaient les zones et les corps d’armée. Les secteurs étaient sous les ordres de colonels.
[4] Ortiz : président et fondateur du FNF en 1959
[5] Jean Trape : avocat du Barreau d’Alger, membre du bureau directeur du FNF
[6] Auguste Arnould : président du comité d’entente des anciens combattants
[7] Méningaud : avocat, membre du FNF, rescapé des camps de concentration allemands. Ancien des Brigades internationales pendant la guerre civile espagnole.
[8] Nouveau commandant du Corps d’armée d’Alger, commandant du secteur d’Alger-Sahel
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24.09.2009
25 Septembre : Journée nationale d’hommage aux HARKIS
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Héros pour les uns, traîtres pour les autres, l’histoire des harkis est mal connue des Français. Dans le langage courant, on désigne aujourd’hui sous le nom de harkis toutes les catégories de supplétifs de la guerre d’Algérie : harkis, moghaznis, Groupes Mobiles de Sécurité (GMS), Groupes d’autodéfense (GAD), unités territoriales et auxiliaires de la gendarmerie, à l’exclusion des appelés et des militaires sous contrat
C’est en janvier 1955 que, pour les besoins de guerre d’Algérie, virent le jour les premières unités musulmanes, en l’occurrence 30 goums de 100 hommes : les Groupes mobiles de protection rurale (GMPR), qui deviendront ensuite Groupes Mobiles de Sécurité (GMS), comparables à nos Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS).
Le 5 septembre 1955, le gouverneur Jacques Soustelle créera les sections administratives spécialisées (SAS), chargées d’encadrer les zones rurales. Protégées par un maghzen de 25 à 50 moghaznis, 700 SAS seront créés et complétées par 30 sections urbaines (SAU). Elles contribueront à l’armement de 2000 villages en autodéfense. Les moghaznis seront 20 000, en 1962.
Le 8 février 1956, les premières harkas destinées à participer aux combats, voient le jour. A partir de 1957, las de la tyrannie du FLN qui multiplie les sévices à l’encontre des populations autochtones du bled : enlèvements, rançons, égorgements, razzias sur les douars, sévices multiples et raffinés, les habitants vont se soulever et rejoindre en masse l’armée française. 114 GMS seront créés, soit 19000 hommes, ainsi que 700 sections administratives spécialisées et urbaines (SAS et SAU).
En décembre 1958, à l’initiative du général Challe, le nombre des harkis passera de 28000 à 60000. Ils formeront d’efficaces groupes de combat œuvrant au plus près des soldats d’élite, paras et légionnaires et commandos. Par ailleurs, 2000 douars représentant 55000 hommes armés, seront placés en autodéfense, soit un total de 223000 soldats autochtones qui combattront sous l’uniforme français avec une efficacité et une ardeur reconnues de tous…
S’étant engagés davantage pour la défense de leurs familles que pour la solde, les supplétifs étaient opposés à la conception totalitaire du parti unique du Front de Libération Nationale (FLN). Ils faisaient confiance à l’armée pour faire évoluer l’Algérie dans un sens démocratique et égalitaire et, surtout, pour faire obstacle à la terreur du FLN qui s’imposait, notamment de nuit, dans les villages. Le rappel du général Challe en mars 1960 ne permit pas de mener à bien son projet de Fédération des Unités Territoriales et des autodéfenses, qui aurait constitué un parti français opposé au FLN.
Fin 1958, la guerre est pratiquement terminée sur le terrain. Le FLN, exsangue, ne se maintient plus que par ses attentats sournois et barbares. R. MADAOUI, alors officier de l’Armée de Libération Nationale (ALN), rejoindra, comme sous-lieutenant, une unité régulière de l’armée française dans l’Ouarsenis puis, plus tard, les rangs de l’OAS. Il écrira : « L’espoir est si grand que la Wilaya IV (la plus puissante et la sienne) pavoise aux couleurs de la France, que les rebelles cessent les attentats et déposent leurs armes devant les mairies ». Ainsi, les fellaghas, eux-mêmes, sûrs de leur impuissance, brandissent des drapeaux français dans leurs repaires…
L’ex officier de l’ALN, Ali BOUZIANE, qui rejoindra les harkis du fameux « Commando Georges », unité crée par le Colonel BIGEARD, écrira sur ce point : « La population, qui était notre raison de combattre et notre soutien, nous abandonne. J’ai confiance en De Gaulle, et mes frères dans le maquis aussi. Nous avons été trompés, et l’Algérie heureuse, nous la ferons avec lui ».
De Gaulle, désormais installé à l’Elysée, reçoit le Bachaga BOUALAM qui lui dit : « Mon général, donnez-moi 500000 harkis, et vous pouvez renvoyer tous les appelés chez eux ; je vous garde l’Algérie à la France. » De Gaulle ne répondra mot et, contre toute attente, se prononcera pour l’intégration, solution utopique que ni les Musulmans, ni les Européens, ni les militaires, ne croient.
Fin 1958, la victoire est donc acquise et reconnue de tous ; la paix désormais possible… mais elle ne se fera pas par la seule volonté d’un homme, miné par la rancune que lui inspire le peuple d’Algérie (Tous des Pétainistes! (sic)) et le pays retombera dans ses incertitudes et ses interrogations…
En janvier 1959, De Gaulle, élu Président de la République, gracie, à la surprise générale, 150 terroristes condamnés à mort pour crimes de sang et en libère 7000 autres. Ces mesures (ressenties comme une marque de faiblesse par la population autochtone et les unités supplétives) jettent le trouble parmi elles, ce qui fit dire au chef d’une harka du 20ème BCP : « Le général De Gaulle n’a rien compris aux fellouzes ».
En Septembre 1959, après le célèbre discours de De Gaulle sur l’autodétermination, le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA) déclarera : « Ce discours est notre 1ère victoire politique ».
Le 10 juin 1960, le colonel de l’ALN, SI SALAH, chef de la wilaya IV (Algérois), décide de faire un putsch contre le GPRA et, reçu avec ses adjoints, les commandants Si Mohamed et Lakhdar à l’Elysée par De Gaulle, ils lui annoncent la reddition dans un premier temps des trois quart des combattants de l’ALN. Mais De Gaulle, ne voulant déjà plus entendre parler de l’Algérie française, leur opposera une fin de non recevoir et ses services, par la voix d’Edmond Michelet, informeront le Ministre des Affaires extérieures du GPRA, Krim Belkacem de cette proposition de reddition. Commencera alors une purge sanglante « à la Amirouche » au sein de leurs partisans qui ne connaîtront aucune clémence de la part des « frères » installés en Tunisie. Le secret de cette entrevue avec le Maître de l’Elysée devant être rigoureusement gardé, tout sera mis en œuvre pour éliminer définitivement les derniers témoins et Si Salah et Si Mohamed seront tués par les troupes françaises dans des conditions plus que curieuses…
Ainsi, cette affaire qui se présentait comme une immense occasion pour apporter une paix française à la guerre d’Algérie, se terminera dans le sang et demeurera la grande énigme de ce conflit.
Après l’échec du putsch d’avril 1961, les harkis, soucieux, désemparés et amers, répèteront inlassablement à leurs chefs : « Il fallait déclarer la mobilisation générale en Algérie, faire une levée en masse de harkis, renvoyer tous les appelés chez eux, et on avait le monde entier avec nous. »
Mai 1961, nouvelle décision désastreuse du général président qui atterrera les Musulmans fidèles à la France : La trêve unilatérale accompagnée de la libération de 6000 fellaghas. Dès lors, l’ALN exsangue, forte de ces renforts successifs, va se reconstituer et reprendre de plus belle ses actions meurtrières sans réelle opposition des troupes françaises privées, par ailleurs, d’une partie de leurs unités d’élite dissoutes au lendemain de l’échec du putsch. A partir de ce moment, les supplétifs comprendront que, pour eux, c’est la fin… et les premières désertions verront le jour.
En janvier 1961, le général Crépin, successeur de Challe, avait promis que les harkis, considérés comme vainqueurs, auraient la première place dans l’Algérie future, et qu’ils resteraient groupés et armés pendant un an après le cessez-le-feu. Mais, dès l’été 1961, le gouvernement décida d’amorcer la réduction des effectifs des harkas et des autodéfenses et de « civiliser » les SAS, alors que Challe leur avait confié la responsabilité opérationnelle des Quartiers de Pacification.
Les promesses de Challe (emprisonné) et de Crépin ne seront pas tenues et les négociateurs français d’Evian se préoccuperont très peu de l’avenir des musulmans fidèles à la France… Cependant, avec une inconscience révoltante, les déclarations officielles continuaient de pleuvoir. Dans une homélie fracassante, le général Gambiez s’était écrié à l’adresse des harkis : «Vous avez mené le bon combat. Soyez sans crainte, la France ne vous abandonnera pas ! » Et dans une déclaration aux cadres, Pierre Messmer, le ministre des armées, affirmait avec solennité : « Pour rassurer ceux qui combattent et se sont engagés à nos côtés, nous devons leur répéter la volonté de la France de n’abandonner aucun de ses enfants. »… Cela s’adressait aux Musulmans servant sous l’uniforme français.
Pourtant le dégagement militaire avait commencé depuis le mois de juin 1961 par le rapatriement de deux premières divisions et l’évacuation de 1000 postes de protection de la population du bled. Mais afin de rassurer les consciences, on continuait d’assurer avec une apparente conviction qu’en aucun cas la population civile n’aurait à souffrir de ces mesures ou à voir sa sécurité diminuer…
Quel leurre ! Pauvres Musulmans ! Vous avez accepté de faire partie des groupes d’autodéfenses, encouragés en cela par le sous-préfet ou le commandant de secteur : Vous serez mutilés puis égorgés ! Vous vous êtes engagés dans les GMS ; vous êtes devenus harkis ou moghaznis, c’est-à-dire soldats de la France : Vous serez tués à la hache ou écorchés vifs! Vous étiez des fellaghas repentant, ralliés à la France, et le colonel Bigeard –bientôt général !- vous avait désignés pour le fameux commando Georges : Vous aurez les yeux crevés, les mains coupées, vous serez traînés dans les rues sous les huées d’une foule déchaînée et vous périrez après d’horribles tortures !
Ce fut un des grands mensonges de ce drame algérien qui en avait vu tant, mais d’autant plus odieux qu’il couvrait l’abandon et la mort d’innombrables Musulmans livrés à la vengeance du FLN.
Ces hommes étaient pourtant encore des Français, couverts et en principe protégés par les lois et par l’Etat français qui leur demandait depuis des années de lui faire confiance. La conscience la plus élémentaire eut semblé devoir au moins amener le Pouvoir à informer le pays des mesures décidées et de toutes ses conséquences. Et ce fut une bien piètre et honteuse satisfaction que de se dire qu’en lui dissimulant, on avait épargné sa responsabilité…
Mais qui aurait pu penser, en Métropole, que depuis sept ans des soldats Musulmans pourchassaient sans répit les fellaghas, que depuis sept ans ils mouraient pour la France et l’Algérie française… et que depuis des mois on cherchait à faire oublier –comme jadis en Indochine- leur existence ? Pendant que le silence les recouvrait, les projecteurs étaient braqués sur les dirigeants du FLN, assassins en puissance qui se pavanaient désormais dans les salons français et qu’il fallait à tout prix transformer pour l’opinion en hommes d’Etat, déjà partenaires et bientôt alliés.
Mais comment cacher qu’en nombre croissant, ces Musulmans fidèles rejoignaient les combattants de la cause française ?
Si les sphères dirigeantes ne savaient plus comment cacher cette nouvelle situation, le GPRA n’ignorait pas qu’il ne pourrait leur imposer son autorité que si auparavant, l’armée française les eût désarmés. Certains de ses membres reconnaissaient, qu’ils seraient, d’une manière sûre, trois millions à suivre activement et spontanément un mouvement que l’évolution de la situation provoquerait en faveur de la France. Ces hommes, ces Français, ces compatriotes, n’étaient pas un mythe. Ils étaient une réalité vivante.
Du coup, l’Elysée prit peur. Il fallait à tout prix désarmer ces hommes trop zélés qui s’imaginaient encore pouvoir rester français… Le 4 Mai 1962, lors du Conseil des Ministres, De Gaulle déclara : « Les harkis, ce magma dont il faut se débarrasser sans attendre (sic, Alain Peyrefitte)». Et ce fut, alors, l’ignoble campagne de désarmement, la conclusion du pacte tacite conclu entre le Pouvoir et le FLN…
Après avoir évacué les postes militaires du bled et les avoir remis, intacts, aux ennemis d’hier, la troupe reçut l’ordre de désarmer les autodéfenses. Pour ces pauvres gens qui avaient eu confiance en la parole de la France et en ses officiers, la restitution des armes signifiait la mort à plus ou moins brève échéance. Sans doute, que les militaires avaient reçu des ordres stricts. Sans doute, ils se devaient d’obéir à ces ordres. Mais le serment de jadis de conserver l’Algérie à la France et de protéger cette population n’avait-il pas été prononcé ?
Le vieil honneur qui vous lie à une parole est-il une chaîne dont il est loisible de couper les anneaux ? La vie est bien longue à celui que trouble le remords…
A tous ces hommes désormais voués à la vindicte du FLN, il fallait ajouter ceux qui s’étaient engagés politiquement sans pour autant revêtir l’uniforme. Qui publiera jamais le nombre de maires, délégués spéciaux, conseiller municipaux, élus de tous ordres et fonctionnaires qui avaient déjà payé et qui paieraient encore de leur gorge tranchée, leur loyalisme ?
Ceux qui s’étaient engagés volontairement du côté de la France connaissaient que trop l’article peu répandu de la charte issue du congrès de la Soummam qui les vouait avec leurs familles à la liquidation physique, pour trahison. Et les milliers d’assassinés depuis 1954 étaient la triste preuve que les Melouza (où le FLN massacra plus de 300 personnes en une seule nuit) n’étaient pas le produit de l’imagination…
Dès lors, désarmés, livrés sans défense à la vindicte du vainqueur, le génocide des harkis commençait… Dans le bled où le drapeau vert et blanc remplaçait désormais le tricolore, les Musulmans qui avaient toujours été fidèles à la France s’accrochaient désespérément aux camions militaires français et, à bout de force, tombaient en pleurant dans la poussière de la route. Ce sont des images que seuls ceux qui ont une conscience ne pourront de si tôt oublier…
Désormais, maîtres du bled (et bientôt du pays), forts de leur immunité et de leur impunité, les fellaghas se ruaient à la curée… En dépit des informations alarmantes qui lui parvenaient quotidiennement, le gouvernement français demeura inerte. Pire ! Il participa indirectement à ce génocide en livrant, lui-même, ces pauvres gens à la hache et au couteau des égorgeurs après que Louis Joxe (père de l’ex Ministre de l’Intérieur socialiste, Pierre Joxe), rédigea par deux fois leur condamnation à mort.
« Télégramme n° 125/IGAA – 16 mai 1962 / Ultra Secret / Stric. Confidentiel.
Ministre Etat Louis Joxe demande à Haut Commissaire rappeler que toutes initiatives individuelles tendant à installation métropole Français Musulmans sont strictement interdites. En aviser urgence tous chefs S.A.S. et commandants d’unités. »
Signé : Louis Joxe
Directive de Monsieur Louis Joxe, Ministre d’Etat :
« Je vous renvoie, au fur et à mesure, à la documentation que je reçois au sujet des supplétifs. Vous voudrez bien faire rechercher, tant dans l’armée que dans l’administration, les promoteurs et les complices de ces entreprises de rapatriement, et faire prendre les sanctions appropriées.
Les supplétifs débarqués en métropole, en dehors du plan général, seront renvoyés en Algérie, où ils devront rejoindre, avant qu’il ne soit statué sur leur destination définitive, le personnel déjà regroupé suivant les directives des 7 et 11 avril ».
Et conscient du caractère odieux de cette décision, l’honorable ministre avait ajouté :
« Je n’ignore pas que ce renvoi peut-être interprété par les propagandistes de la sédition, comme un refus d’assurer l’avenir de ceux qui nous sont demeurés fidèles. Il conviendra donc d’éviter de donner la moindre publicité à cette mesure. »
15 Juillet 1962
Signé : Louis Joxe
Dans le même temps, le colonel Buis, ancien commandant du Secteur de Bougie, devenu général, écrivain et stratège prisé des médias, donnait depuis Rocher Noir des instructions aux termes desquelles il fallait limiter au maximum le départ des harkis pour la France. Conjuguée avec celles de Joxe, ces directives condamnèrent systématiquement ces pauvres gens. Dès lors leur avenir était tout tracé. Le gouvernement de Ben Bella allait s’en charger d’une manière expéditive…
A Iri-Llabi, des hommes furent enterrés jusqu’aux épaules, et sur ces têtes posées au ras du sol, une meute de mégères fut invitée à jeter des pierres. Certaines victimes, le crâne fracassé du premier coup, cessèrent vite de souffrir. Mais d’autres mirent des jours à mourir dans de terribles plaintes allant jusqu’à effrayer les troupeaux de chacals qui rôdaient flairant le sang.
- Dans les Aurès, on coupa les mains et on creva les yeux des harkis et des tirailleurs abandonnés par les soldats français.
- A Tiaret, on les attacha à des poteaux plantés sur les places publiques et on les fit écorcher lentement à coups de canif.
- A Orléansville, on jeta, vivants, ceux qui n’avaient pas pu fuir avec leur chef, le Bachaga Boualam, dans des cuvettes et des chaudrons d’eau bouillante.
- A Nemours, la harka de la demi-brigade de fusiliers marins fut exterminée dans des conditions effroyables. Tous furent émasculés puis ébouillantés.
- A Penthième (département de Bône), harkis et moghzanis furent décapités et leurs têtes exposées à l’entrée d’une cité. La consigne du FLN était de barbouiller de merde la tête de ces malheureux, consigne suivie par les enfants et surtout par les femmes.
- A Edgar-Quinet, village situé au pied de l’Aurès, les harkis du Commandant Guizien qui s’étaient ralliés au Putsch d’avril 1961, furent exterminés avec leurs familles dans des conditions effroyables.
Partout on fusilla après avoir torturé, on mura dans des bâtisses de pierres, on enterra vivants, on brûla sur des bûchers, on flagella, on égorgea, on roua de coups des victimes enfermées dans des sacs, membres liés.
Dans le Nord-Constantinois, des femmes tuèrent même des captifs à coups de dents !…
Et dans toute l’Algérie ces mêmes scènes d’horreurs se renouvelèrent, ce qui fit dire au Commandant Pierre Granier : « On ne fusilla pas les moghzanis, on ne les pendit pas non plus. Simplement, des dizaines de fellagha les traînèrent par les pieds, par les mains, les frappant à coups de bâtons et de pierres. Ils moururent quarante-huit heures après dans d’indescriptibles souffrances… »
Ni Jules Roy qui avait stigmatisé l’action des parachutistes français lors de la « bataille d’Alger », ni Mauriac, ni Sartre, ni Monseigneur Duval, ni les communistes, ni l’Eglise, ni les gaullistes, ni les soldats du contingent qui avaient hurlé leur haine de l’Algérie, ni les officiers français qui avaient livré ces martyrs à la vindicte publique, ni les associations prétendument humanitaires, ni Hervé Bourges grand ordonnateur de « l’année de l’Algérie en France », conseiller et ami de Ben Bella, ne s’émurent le moins du monde. Aucune de ces hautes consciences qui font résonner le monde de leurs sermons et tiennent toujours prêtes des pétitions couvertes de signatures, ne vit dans ces massacres la moindre atteinte à la dignité des hommes et à leur liberté.
Et l’horreur de la situation devint telle que le Lieutenant de Vaisseau Cucherat rejoignit les rangs de l’OAS et résuma dans un cri d’indignation à l’adresse des officiers Français toute cette tragédie :
« Il n’y a pas en ce monde d’expiation qui puisse ressusciter les harkis ébouillantés, effacer les mutilations des suppliciés… réparer le suicide des pères désespérés, ou guérir les vieillards conduits à la folie par votre traîtrise et votre lâcheté. Il n’y a pas de drogue qui puisse endormir en vous cette honte et ce remords qui vous empêcheront de plus regarder jamais dans les yeux, à supposer qu’ils vivent encore, le chef de votre ancienne harka, ou le maire de votre regroupement, et tous ceux qui avaient cru en votre parole, s’étaient engagés derrière vous et à qui vous avez menti… »
José CASTANO e-mail : joseph.castano0508@orange.fr
Merci José ...
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10.07.2009
DE L’ALGERIE FRANCAISE… à LA FRANCE ALGERIENNE

« Vous avez voulu acheter la paix au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre » (Winston Churchill)
Le dimanche 1er juillet 1962, la France vota sur la question de savoir
si l’Algérie devait devenir un état indépendant.
En répondant « Oui » à cette question, chaque électeur annulait pour sa part l’existence de l’Algérie française et ce fut la somme de ces « Oui » qui réduisit à néant cette Algérie là dont l’existence avait commencé le 5 juillet 1830 lorsque les troupes du général de Bourmont, après avoir débarqué à Sidi-Ferruch, occupèrent la capitale des deys. Le gouvernement français, tel Ponce-Pilate se lavait les mains et tournait la page.
Pays sans nom, sans frontière, sans unité, c’est par la France et dans la France que l’Algérie avait acquis une personnalité, pour la première fois dans l’histoire. C’est par la France qu’elle devint, ce jour, indépendante. A cet instant, elle était devenue celle que Joachim de Bernis dépeignait au compte de Choiseul après qu’elle eût cédé le Canada à l’Angleterre par le traité de Paris en 1763 : « La plus méprisable des nations est aujourd’hui la nôtre, parce qu’elle n’a nulle espèce d’honneur et qu’elle ne songe qu’à l’argent et au repos. Nous sommes à la dernière période de la décadence ».
De Gaulle avait dit : « Il faut que la France, dans sa masse approuve ce qui vient d’être accompli en son nom » et son art fut de donner à une politique honteuse un caractère de victoire. Il rassura les consciences et trouva une explication pour sauver le prestige national. La France ayant gagné la guerre donnait aux « patriotes » algériens l’indépendance selon la Charte de l’Atlantique, les déclarations des Nations Unies, les droits de l’homme et la vocation généreuse de la France éternelle. La fuite devenait héroïque. La résistance à l’abandon se transformait en crime. Les bons citoyens respirèrent. Puisque « le plus illustre des Français » préconisait le repli sur l’Hexagone, on pouvait le suivre… et c’est ainsi que la France suivit son guide… elle approuva.
Le peuple français, souvent indifférent, parfois hostile, abusé de surcroît par son gouvernement, venait de livrer une province française à l’ennemi, après que l’armée française eût, en réalité, largement triomphé sur le terrain. Après avoir accueilli avec soulagement et satisfaction la signature des accords d’Evian, la Métropole se réjouissait de cette indépendance de l’Algérie. On y voyait « enfin » la fin d’une guerre impopulaire. Le boulet algérien serait détaché de son corps, les dépenses militaires allaient diminuer considérablement, la prospérité irait croissante et le bien être du peuple serait amélioré de façon radicale !… Le pactole allait pouvoir couler !…
Il n’y avait plus à cet instant que les ambitions à court terme d’un gouvernement veule, de chefs de partis aveuglés par de maigres illusions, de chefs militaires en quête de nouvelles promotions et d’usuriers aux aguets du bénéfice qu’ils entrevoyaient déjà avec cette masse de « richards » qui leur arrivait de l’autre côté de la Méditerranée … sans oublier que la France allait également être « nettoyée » de tous ces Nord-Africains qui, désormais, allaient pouvoir rejoindre un pays « bien à eux ». Quel leurre que tout cela !…
A cet instant ; qui pensait au propre destin de la France ? Qui voyait aussi loin ? Seul le présent comptait et ce présent reposait uniquement d’une part sur le mépris que nourrissaient les métropolitains vis à vis des Pieds-Noirs, d’autre part sur l’intérêt immédiat de leur propre personne, de leur parti politique ou de leurs ambitions. Ils s’imaginaient avoir fait une bonne affaire en mettant fin à une guerre « onéreuse », mais quel avantage illusoire que cela !…
Qui pensait à l’avenir de ses enfants ; de la Nation ? Car en guise de pactole, c’est à un chômage croissant que les Français allaient être réduits et ils allaient également être très vite confrontés à ce que l’on appela dès cette période « La Crise » qui allait inexorablement s’amplifier d’année en année avec l’augmentation sans cesse croissante des matières premières dont la France est si pauvre et si friande, la dépendance vis à vis d’autres nations moins puissantes qu’elle et un flot migratoire de Nord-Africains –principalement d’Algériens- qui allait déstabiliser complètement ses institutions.
En effet, durant l’épisode sanglant de la guerre d’Algérie, le leitmotiv constant des responsables du FLN était que la rébellion se justifiait par le besoin de plus de justice, de bonheur et de liberté pour la « malheureuse » population musulmane… cette même population enivrée durant huit ans de promesses fallacieuses qui dansait –comme lors de ce 5 juillet 1962, à Oran- autour des cadavres éventrés et désarticulés des Européens et qui, quelques semaines plus tard, dansait déjà une toute autre danse en tournant en rond devant un buffet vide… Cette même population, qui, n’obtenant rien des promesses invoquées tout au long de la guerre et réduite soudain à la famine, émigra avec une mine attristée et des yeux de douleurs, dans cette France qu’elle eût plaisir à humilier et dont elle persécuta avec délice ses enfants.
Dès lors, le destin de la « douce France » était tracé. Après l’Algérie, l’Islam conquérante abordait nos rivages rendant actuelles les menaces énoncées dans un tract du F.L.N. rédigé en Algérie en 1956 puis rediffusé en mars 1962, lors du « cessez-le-feu » :
« Oh ! France de malheur, tout est fini pour toi. Mais la France ne fait qu’agrandir son histoire, mais elle ne peut que diminuer instantanément ses forces. C’est une grande armée forte avec des armes automatiques et lourdes. Toutes ses armées sont celles des « soldats femmes » de la maigre France.
Plus vous grandissez les renforts, plus nous vous piétinons. Je fais appel à Guy Mollet qu’il faut trois cents hommes de France pour combattre un vrai fellagha âgé de 17 ans seulement.
Notre armée qui donne de puissants échecs aux armées de la blague de la faible petite France, écoutez population française, notre armée de la Libération nationale est composée de Marocains, Tunisiens et Algériens.
Rappelez-vous que, quand nous serons indépendants et dans un minimum de temps, nous combattrons les trois cents kilomètres que nos ancêtres ont envahis en France. Voici les limites, Poitiers, Saint-Etienne, Lyon, les environs des Alpes et les Pyrénées. Toutes ces terres et ces villes sont celles de nos ancêtres. Après la guerre d’Afrique du Nord, nous allons envahir les trois cents kilomètres qui nous appartiennent et les ports d e Toulon, Marseille, Bordeaux. Nous sommes les fils de Mohamed, fils de l’Islam.
Voici, l’amitié est finie entre la France et l’Afrique du Nord. Vous allez avoir le Diên Biên Phu, pas celui de notre amie l’Indochine, il est mille fois plus grand.
Adieu la France, c’est maintenant la dernière ordure du globe terrestre. L’Algérie est en lutte contre le colonialisme. Malheur à tous fils du diable.
Toi, Monsieur, tu es son moteur. Tu as facilité sa tâche. Tu es donc vomi par l’humanité, excommunié. Le peuple te condamne, parce que tu as agi contre ses intérêts.
Traître à l’humanité, tu es vomi par l’humanité, tu es un collaborateur. Notre devoir est de t’abattre ! Nous sommes fiers d’agir selon les consignes du Tribunal du Peuple qui est la volonté de Dieu.
Indigne à la nation, on t’exécute. Une nation pure est une nation forte. C’est elle qui élimine les traîtres ».
Cinquante trois ans après la diffusion de ce tract, la prophétie est en voie de se réaliser…
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09.03.2009
Pourquoi il faut s'opposer à une France atlantiste
Le président Sarkozy veut que la France réintègre le commandement intégré de l'OTAN, trente-trois ans après que le général de Gaulle s'est résolu à en sortir. Il l'avait annoncé à l'été 2007. Il s'apprêterait à le confirmer début avril. On nous donne comme explication : en 1966, c'était la guerre froide, tout a changé. Mais cela n'a pas de rapport. Ou alors c'est l'existence même de l'OTAN qui devrait être remise en cause.
De Gaulle avait pris cette décision après huit années de demandes infructueuses auprès des Américains pour que les alliés européens puissent se faire entendre au sein de l'Alliance, et pour ne pas cautionner la nouvelle et dangereuse stratégie nucléaire de "riposte graduée". Par la suite, tous ses successeurs, de droite comme de gauche, ont respecté cette décision stratégique devenue la pierre de touche de la politique étrangère et de défense de la France.
Cette position originale au sein de l'Alliance faisait l'objet d'un large consensus dans l'opinion française. Elle était depuis longtemps admise des Américains, d'autant qu'elle n'avait pas fait obstacle à l'adoption d'arrangements pratiques pour la coopération entre la France et l'OTAN et même à l'engagement de la France chaque fois qu'elle le décidait, comme on l'a vu sur divers théâtres.
Alors pourquoi cette rupture ? On nous dit qu'elle va permettre à la fois de débloquer la défense européenne et d'"européaniser l'Alliance", et que nous aurons plus d'influence. Peut-on croire que la concrétisation de la défense européenne se soit ainsi seulement heurtée à la méfiance de nos partenaires européens envers les arrière-pensées de la France, et qu'il suffirait de les rassurer ?
A aucun moment les Européens n'ont manifesté d'appétence pour une défense vraiment européenne. Ils ne veulent pas consacrer plus de crédits à la défense. Ils ne veulent pas faire double emploi avec l'OTAN.
Ils ne veulent pas assurer des responsabilités trop risquées. Ils se cantonnent, sous le label de "défense européenne", à des actions périphériques ou secondaires menées comme une sous-traitance. Soit un classique partage du fardeau. Ils ne veulent pas irriter le Pentagone (qui déjà, au moment du Kosovo, avait détesté l'obligation de consultations entre alliés).
Si la méfiance antifrançaise avait été autre chose qu'un prétexte, elle aurait été dissipée après le sommet de Saint-Malo il y a plus de dix ans, et un état major autonome pour concevoir et mettre en œuvre la PESD aurait déjà vu le jour... Gageons que notre changement n'y changera rien. Ces avancées de la défense européenne nous ont déjà été présentées en dix mois comme une condition préalable, puis comme une démarche parallèle et maintenant comme une conséquence espérée de notre réintégration. Demain comme un regret ? Ou comme un leurre ? La défense européenne avançant sur deux pieds - l'OTAN et l'UE - évoque le mythique dahu !
Mais on met également en avant l'européanisation de l'Alliance qui découlerait de l'obtention de postes importants pour des Français dans la hiérarchie de l'OTAN, comme Jacques Chirac l'avait tenté en 1995-1997 avant de constater son échec et que le gouvernement Jospin ne stoppe cette tentative. On parle pour la France de commandements de moyenne importance à Norfolk et à Lisbonne. Mais de toute façon est-ce que la nationalité des officiers qui reçoivent et transmettent les instructions du Pentagone a de l'importance, sans changement radical des modes de décision au sein de l'Alliance, ce que rien ne permet d'espérer, même aujourd'hui ?
Ce n'est pas parce que cette réintégration, conçue sous Georges Bush, prendrait effet sous le charismatique Obama, que les réalités transatlantiques disparaîtraient. L'administration américaine actuelle est plus aimable, mais a-t-elle une autre conception de l'Alliance ? Rien ne l'indique. Quant à l'influence accrue, on n'aurait aucun mal à citer un exemple d'influence qu'aurait exercée de l'intérieur un allié dans l'Alliance du fait de sa complète intégration. Notons enfin que même les plus ardents défenseurs de ce revirement n'osent mettre en avant les éventuels avantages industriels pour notre pays compte tenu des rapports de force évidents. Les militaires eux-mêmes seraient partagés en ce qui concerne les avantages et les inconvénients de l'opération.
L'européanisation, la création d'un pilier européen de l'Alliance, ce serait tout autre chose : la création d'un vrai "caucus européen" au sein de l'Alliance. C'est en son sein, avant de discuter avec les Américains, que nous devrions examiner s'il est raisonnable de continuer d'élargir l'Alliance (c'est un sujet très sérieux : l'engagement de l'article 5 est contraignant), comme de ne plus fixer aucune limite géographique à ses interventions. Est-il acceptable d'assister impuissants au développement d'une stratégie de bouclier peu cohérente ?
Tout cela est dangereux et, jusqu'ici, nous n'avons eu aucun poids dans les décisions. Si les Européens obtenaient, du fait du retour de la France, de pouvoir parler dans l'Alliance, et décider en partenariat avec Washington de l'Afghanistan, de la Géorgie, de l'Ukraine, du bouclier, du désarmement stratégique, de la Russie etc., alors oui, cela serait une alliance nouvelle, à deux piliers. Les autorités françaises ont-elles une aussi grande ambition ? Croient-elles vraiment qu'elles auront plus de poids pour une telle révolution après s'être réintégrées ? Les avantages sont donc incertains et problématiques. Les inconvénients politiques sont évidents : envoyer au monde un signal de réalignement de la France, qui sera politiquement interprété comme tel, avec le déclassement et les risques qui en résulteront. On nous dit : c'est symbolique puisque nous sommes déjà presque entièrement intégrés !
Eh bien oui, c'est symbolique, symbolique d'une volonté de normalisation qui, une fois la décision mise en œuvre, développerait par un effet d'engrenage tous ses effets. Il semble bien que la décision soit fondée sur des considérations idéologiques, atlantistes ou occidentalistes, comme on voudra : mettre fin à une "anomalie" au sein de la famille occidentale. On peut souhaiter autre chose pour la France. Il est encore temps d'en débattre.
Hubert Védrine
18:37 Ecrit par Ivan dans Débats | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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22.04.2008
L'ennemi intime
23:18 Ecrit par Ivan dans vidéos | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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18.03.2008
Le gaullisme, ou l’art de faire d’un assassin, un héros

Inauguration de « l’Historial de la honte »
« La victoire du père générateur du terrorisme islamique international »
Le plaidoyer prononcé par Nicolas Sarkozy en faveur de DE GAULLE, ne fait que confirmer ce que certains d’entre nous ont toujours avancé. Nous avons à faire à un gaulliste qui, comme son mentor, ne nous a jamais aimés et continue dans la droite ligne de la dialectique employée par les gaullistes de tous poils.
Alors je m’adresse à tous nos amis qui oeuvrent en toute indépendance et avec cette sincérité qui donne la faculté de savoir se mettre à la place de tous ceux qui ont enduré le cataclysme des horreurs de cet assassin d’Etat, pour que nous continuions à faire face et à nous battre pour dénoncer cette duplicité institutionnalisée !
Quant aux autres, pensez que vous cautionnez des déclarations qui prouvent, sans ambiguïté, votre peu de poids et le mépris qu’elles révèlent pour nous tous : « Serions-nous capables de faire, le moment venu, ce que de Gaulle et ses compagnons ont su faire ? »
Ce que votre idole et une poignée d’arrivistes ont su faire Monsieur Le Président ? :
C’est faire se battre les Français entre eux et faire couler leur sang,
C’est s’auto-proclamer libérateurs de la France en oubliant les alliés, en profitant des sacrifices de la résistance et de la glorieuse armée d’Afrique,
C’est, dans les pires conditions et avec une duplicité hors normes, faire d’un abandon une victoire, alors que s’accomplissait une tragédie pour des populations de toutes appartenances.
Et maintenant vous, comme dignes successeurs, que faîtes-vous ?
C’est encore faire perdurer le mensonge comme mode d’action politique,
C’est cacher aux Français la gravité d’une situation qui met l’identité Nationale et Européenne en péril et, en « avant goût » :
C’est, avec le KOSOVO, dramatique responsabilité, soutenir et reconnaître la création d’un état islamiste radical dans une province serbe, berceau chrétien historique de cette nation,
C’est créer ainsi un précédent « qui vous reviendra en pleine gueule (Poutine) » en se répercutant, dans le siècle présent, sur d’autres provinces européennes et surtout Françaises. En effet, une immigration hégémonique confortée par une démographie galopante fait force de loi reconnue par un occident suicidaire en pleine décadence. Hélas celui-ci n’a pas retenu la leçon du génocide arménien ni celle des 200.000 chrétiens qui périssaient dans le blocus du Mont Liban en 1920, suivi de l’exécution de 23.000 d’entre eux par les kemalistes en 1923. Aujourd’hui ils quittent l’ex « LIBAN chrétien » par cohortes annuelles de 50.000 personnes. Pas plus qu’il ne retient aujourd’hui la terreur dont sont victimes ceux d’Irak, églises incendiées, décapitation d’un prêtre syriaque en 2007, assassinat d’une chrétienne et jet d’acide au visage d’autres parce qu’elles allaient têtes nues et tout récemment l’enlèvement et l’assassinat de l’archevêque de Mossoul. Quant au Darfour…. silence on tue !
Nous assistons à un déchaînement de cette haine anti-chrétienne que l’Europe favorise aujourd’hui au KOSOVO. La victoire du terrorisme islamique accordée lâchement par
DE GAULLE en 1962 en Algérie est le point de départ d’un incendie qui ne fait que s’étendre et on ne voit pas comment il pourrait être éteint. Le développement exponentiel en Europe de mosquées et de leurs imams, certains prêchant la djihad, est autant de flammèches dangereuses.
Alors ne vous faîtes aucun souci Monsieur le Président, avec vos homologues européens, vous êtes dans la droite ligne des « capacités » que vous louez chez vos prédécesseurs et avec, en prime, des œillères particulièrement efficaces !
Alors, comme vous le déclarez « Si le gaullisme est une histoire qui a encore pour nous une signification, c’est parce qu’elle nous parle d’une idée de l’homme et de la politique qui a encore une valeur, et peut-être plus grande encore qu’elle n’en a jamais eu, tant la crise identitaire et morale que traverse aujourd’hui notre pays est profonde ! »
Permettez-nous de vous répondre que :
Si l’histoire, pour avoir une signification, doit être écrite en lettres de sang, le gaullisme restera éternellement marqué indélébilement.
Si vous considérez que le gaullisme c’est une idée de l’homme, il s’agit d’une vision tout à fait fictive qui se rattache exclusivement à la valeur que voulait se donner un individu qui ne pensait qu’à sa gloriole personnelle, avec le mépris pour l’autre qui le caractérisait.
Si le gaullisme c’est une idée de la politique, la démonstration est faite effectivement que la pourriture n’a pas de limite dans l’exercice de cette fonction tant le mensonge, les reniements et la trahison de la parole donnée sont des évidences encore plus grande.
Alors si notre pays « traverse une crise identitaire et morale profonde », à qui la faute quand, au nom de l’anticolonialisme, on renie une indéniable œuvre civilisatrice, quand on reste sans broncher après l’assassinat des moines de Tiberine et quand on continue à se coucher quand on condamne un prêtre qui a osé donner une messe à Marnia en Algérie, sans autorisation ?
Vous dites qu’ « être gaulliste, c’est être révolutionnaire.» Oui, mais voilà, ce n’est pas vous qui allez la faire ! Vous n’avez aucun souci à vous faire, vous l’aurez bientôt la révolution, vous y avez mis tous les ingrédients en place et vous en avez eu quelques échantillons ces derniers temps. Laxisme et fécondité musulmane aidant, les 50% sont déjà dépassés dans nombre de cités. Vous les avez déjà vos petits KOSOVOS !
Et si « l’historial Charles-de-Gaulle » propose une plongée au cœur de l’épopée gaullienne grâce à une muséographie qui s’appuie uniquement sur l’image et le son, nous devrions donc entendre toute la panoplie des déclarations du monstre qui sont un florilège de déclarations xénophobes vis-à-vis des populations musulmanes d’alors, qui mènent aujourd’hui, pour moins que cela, leurs auteurs devant les tribunaux. Mais aussi, ses promesses sans ambiguïté de foi en l’Algérie Française sur fond des cris des suppliciés victimes de sa trahison.
Nous sommes prêts à parier que « l’épopée gaullienne » ne laissera dans cet « historial » aucune place à ce qui restera dans l’histoire de France le plus grand déplacement de population, fuyant l’horreur d’un abandon programmé qui aurait dû déboucher sur un génocide généralisé, concocté avec l’ennemi, par celui qui ne mérite pas d’édification d’un tel monument, pas plus qu’Hitler, Staline, Pol Pot, et tous les autres dictateurs sanguinaires du siècle dernier !
Mais pour nous l’espoir demeure, la justice et la vérité finiront par triompher et le mythe finira un jour par tomber dans les basses fosses. Alors ne nous élevons pas contre cette institution, elle servira un jour à démolir et à descendre la sinistre idole du piédestal où ses complices la place aujourd’hui !
Et alors nos enfants apprendront « pourquoi le gaullisme n’est pas une leçon d’histoire parmi d’autres, pourquoi cette histoire nous concerne encore, pourquoi elle a pour nous une signification profonde qui n’est pas seulement historique mais qui est aussi morale…. » et nous rajoutons : Enfin le peuple Français, comme les Allemands, les Russes, les Cambodgiens…, apprendra et dénoncera celui qui représente la tâche la plus sanglante de l’histoire de France depuis la révolution et de « l’épuration » dont il était déjà le maître d’œuvre !
De quel droit osez-vous faire abstraction des monstruosités avérées commises par ce criminel en l’honorant de manière aussi odieuse alors que sa place se situe aux côtés des plus sinistres dictateurs sanguinaires du siècle dernier ?
C’est bien aussi de se pencher sur les enfants de la SHOAH, pauvres petits martyrs victimes d’un fou criminel, chef ennemi étranger, mais balayez devant votre porte et dénoncez les actes monstrueux de votre mentor infanticide Français, qui a engendré le supplice des enfants de harkis, de ceux d’EL HALIA, des petits fusillés du 26 mars et des massacrés, avec leurs parents, de la tragique journée du 5 juillet à ORAN. Ceux là ce n’est pas le nazisme qui les a crucifiés mais bien le gaullisme, c’est DE GAULLE que vous osez honorer, vous en faisant complices, dans cet « Historial de la honte » !
Alain ALGUDO
Président des comités de Défense des Français d’Algérie et des Agriculteurs rapatriés
Porte parole de la Maison du Pied-noir de BEZIERS
21:29 Ecrit par Ivan dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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