02.09.2009

AFGHANISTAN : Le combat terrestre ( revue HÉRACLÈS )

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«Le combat terrestre» par GCA Antoine LECERF Commandant les Forces Terrestres

Comme le démontrent les opérations en Kapisa, nos soldats de l’armée de Terre sont de vrais professionnels. Ils sont bons, voire très bons. Ils sont au coeur de l’action de la communauté internationale. Mais bénéficient-ils de tout l’intérêt qu’il serait légitime de leur porter ? Derrière notre engagement quotidien en Afghanistan, il y a un certain nombre de questions qu’il est très important de se poser. Existe-t-il une meilleure enceinte qu’Héraclès pour le faire ?

Le combat terrestre est-il en train de changer de nature ou s’agit-il seulement de conduire de nécessaires adaptations réactives (préparation opérationnelle/doctrine/structures/équipements) requises par les spécificités d’un théâtre, mais également par notre «désapprentissage» consciencieux de la guerre depuis l’Algérie ? Quelle guerre sommes-nous en train de mener ou de subir en Afghanistan ? Est-elle si spécifique qu’elle ne puisse rentrer dans nos concepts de stabilisation ? Que recouvre concrètement aujourd’hui la notion de combat aéroterrestre? La préparation opérationnelle de nos unités et de nos états-majors restera-t-elle un « prêt-à-porter » qui ne pourrait être reproduit ailleurs ? Et plus largement enfin, l’armée de Terre, qui supporte pour l’essentiel la charge des opérations et s’honore à remplir son contrat opérationnel coûte que coûte, au prix parfois de lourds sacrifices, bénéficie t-elle effectivement d’un investissement à la hauteur du poids relatif de ses engagements ? Je n’aime ni les ayatollahs ni les muets et ne cherche pas non plus de vaines polémiques ! Je crois en revanche à la nécessité de forger nos convictions à travers un débat pour lequel je voudrais proposer un certain nombre de pistes.

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19.06.2008

Livre blanc sur la défense : une espérance déçue

Un groupe d'officiers généraux et supérieurs des trois armées terre, air, mer , tenu à l'anonymat, commente le livre blanc sur la défense et la sécurité nationale présenté le 17 juin par le président de la République.

Les éléments de la nouvelle politique de défense qui viennent d'être rendus publics ont été, ce qui est bien normal, présentés par leurs auteurs d'une manière très encourageante. La réalité est quelque peu différente. Personne ne peut, ou ne souhaite, à l'intérieur des armées, mettre en cause les choix politiques du jour. D'abord, ils sont incontestables par nature. Ensuite, le souhait du président de la République, chef des armées, est de disposer d'un instrument militaire plus efficace pour un moindre coût ; de raisonner en termes d'efficacité et non d'équipements de prestige ; de faire preuve de réalisme quant aux menaces ; et enfin de ne se laisser arrêter par aucun a priori dogmatique. Ce souhait ne peut rencontrer que l'approbation de tous ceux qui ont fait le choix de la carrière des armes et qui ont souffert, ces dernières années, de l'immobilisme des institutions de défense. Et, dirions-nous, plus que l'approbation, le désir, avec volonté et discipline, de faire passer ce souhait dans la réalité.

La vérité oblige à dire, cependant, qu'au-delà des déclarations, la volonté présidentielle a été largement dénaturée par ceux, politiques, militaires ou personnalités qualifiées, qui avaient la charge de la mettre en œuvre. Voici pourquoi.

Dès avant l'élection présidentielle et comme le président de la République l'avait bien vu, le système militaire français était à bout de souffle.

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18.06.2008

Armée : Réforme ou Busherie ?

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Le président a donc présenté la nouvelle doctrine de défense de la France qui renforce le renseignement face au risque terroriste identifié comme la principale menace, et consacre son retour dans le commandement intégré de l’OTAN. Parallèlement, les effectifs des armées seront réduits considérablement et perdront 54 000 hommes par souci d’économies, autant de mesures inscrites dans le Livre blanc présenté par Sarkozy avant une loi de programmation militaire pour la période 2009-2014.
« Nous ne pouvons exclure la réapparition d’une menace majeure, de quelque nature qu’elle soit, qui mettrait en péril la survie même de la nation », a déclaré le président dans son discours à Paris devant 3 000 militaires. « Mais aujourd’hui, la menace immédiate est celle d’une attaque terroriste » qui pourrait utiliser « des moyens radiologiques, chimiques et biologiques » mais aussi « informatiques », a-t-il poursuivi.
Sur cette base, la France réoriente sa défense vers un renforcement des systèmes de renseignements et va réduire ses effectifs d’un sixième en six ou sept ans, sur les quelque 320 000 actuels. En contrepartie, Sarkozy a annoncé « un effort massif d’investissement sur le renseignement, notamment d’origine spatiale ». En outre, le chef de l’État aura désormais la haute main sur le renseignement : il présidera un Conseil national du renseignement, qui regroupera tous les services de renseignements, dont la coordination était jusqu’ici dévolue au Premier ministre. Un poste de coordonnateur national du renseignement auprès de lui est aussi créé. « Il y a une sorte de basculement de la sécurité extérieure vers la sécurité intérieure », analyse pour sa part Jean-Pierre Maulny, directeur adjoint de l’Institut des relations internationales et stratégiques ( Iris ). Il évoque une « homeland security à la française », comparable au regroupement des services de renseignements et de défense américains après les attentats du 11 septembre 2001.
Dans le même temps, Sarkozy a confirmé le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, tout en soulignant que la dissuasion nucléaire resterait « strictement nationale ». Washington et l’OTAN ont immédiatement « salué » cette annonce, 43 ans après le retrait fracassant du commandement militaire intégré décidé par le général de Gaulle par souci d’indépendance à l’égard des Américains. Ce retour constitue un dernier pas symbolique de la France alors que nous nous plaçons déjà parmi les principaux contributeurs au budget et aux opérations de l’Alliance.

Sarkozy a promis parallèlement une « relance » de l’Europe de la Défense pendant la présidence française de l’Union européenne au second semestre, et ce « quel que soit l’avenir du traité de Lisbonne » après le rejet du texte par les Irlandais. Il a par ailleurs affirmé vouloir « rénover » les accords de défense avec l’Afrique, assurant que cela ne voulait pas dire « abandonner » ce continent. Plus de 9 000 militaires français sont déployés en Afrique, soit un tiers des forces déployées hors de la métropole.
Il est indéniable que cette conception très américaine avec un concept nouveau, celui de la sécurité nationale débouche sur une concentration des pouvoirs « dans les mains d’un seul homme ».