15.05.2008

Besancenot chez Drucker : la Sarkozie digère fort bien le trotsko-boboïsme

1549783413.jpgOn est bien loin de l’époque où les révolutionnaires de la LCR avaient l’obligation d’avoir des pseudos, des fois que l’état bourgeois ne procède à un coup d’état, et qu’ils ne soient obligés de vivre dans la clandestinité. Ainsi, Julien Dray, c’était Titus, Gérard Filoche, c’était Matti, Alain Krivine, c’était Tinville. Olivier Besancenot est arrivé trop tard pour connaître cela, lui c’est le facteur de Neuilly, tout simplement.

On est bien loin de l’époque où Alain Krivine avait droit à une émission de télévision par an, s’il était bien sage.

On est bien loin de l’époque où la LCR ne pouvait se présenter aux élections présidentielles, faute d’avoir recueilli les 500 signatures de maires, comme cela leur arriva en 1981 ou en 1995. Cela lui donnait l’impression de gêner vraiment le pouvoir.

Aujourd’hui, c’est grâce au PS que le facteur a pu se présenter en 2002 et en 2007.

Depuis 2002, les dirigeants de la section française de la IVe internationale ont eu une inspiration de génie : remplacer l’indéboulonnable Krivine par le jeune facteur de Neuilly, militant talentueux, redoutable bateleur d’estrade, et nouveau chouchou des médias. Talentueux, Olivier Besancenot l’est pour dénoncer les injustices sociales, et mettre en avant les immenses profits des entreprises du Cac 40, avec un sens de la formule et de la répartie qui font un malheur sur les plateaux de télévision. Il sait également être présent quand une entreprise est occupée, et trouver les mots pour encourager les grévistes à continuer leur action. Sa jeunesse et sa fraîcheur séduisent.

Les républicains de gauche n’ont pas su trouver cela en magasin, ils doivent toujours se contenter de Jean-Pierre Chevènement qui, avec tout le respect dû à son engagement et à son oeuvre, commence un peu à dater, et qui s’est vendu pour un plat de lentilles à Ségolène.

Même chose pour Lutte ouvrière, qui vient de faire sa fête annuelle de Presles. C’est terrible, mais Arlette, aussi sympathique et authentique soit-elle, souffre de la comparaison : six candidatures aux présidentielles, c’était la dernière en 2007, et elle est toujours en première ligne.

Idem pour Jospin, et ses cheveux blancs de retraité de la politique, face à Ségolène, comme pour Chirac face à Sarkozy.

L’impression de vieillesse est impitoyable, pour un homme politique, en France, aujourd’hui.

Le facteur de Neuilly est donc, lui, tendance. Il est invité sur tous les plateaux de télévision. Il fait penser à cette réflexion d’un personnage du dessinateur Lauzier. Un patron cynique, après 68, disait à son futur gendre, gauchiste : « C’est très bien ce que vous faites, grâce à vous, nous progressons, nous gagnons de nouvelles immunisations, et nous renforçons le système ».

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