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  • Vous devrez enseigner l’esclavage et la colonisation ? Bon courage, Monsieur le professeur !

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    Puisque Nicolas Sarkozy, plein de compassion, voire de culpabilité, veut appliquer la loi Taubira et donner des gages à sa gauche (et surtout à l’extrême-gauche) en remettant à l’honneur l’enseignement de l’esclavage, il va falloir que les programmes d’accompagnement soient très clairs. En effet, l’esclavage n’est pas une mince affaire, et ce n’est pas, non plus, une affaire très claire ! Je plains sincèrement les enseignants qui, dans certains quartiers chauds, vont devoir s’y coller. Comment ? Vous ne comprenez pas ? Vous ne voyez pas pourquoi les enfants d’immigrés et d’ex-colonisés seraient hostiles à une histoire de l’esclavage ?

    C’est que, tout simplement, contrairement à ce qu’affirment les apôtres de la culpabilisation, les revanchards de la colonisation comme de l’esclavage, Indigènes de la République ou autres CRAN, l’esclavage n’a jamais été circonscrit au commerce triangulaire Europe-Afrique-Amériques. Certes, l’Europe a eu sa part de responsabilité et les riches hôtels particuliers de Nantes, Bordeaux, La Rochelle ou Liverpool témoignent à l’envi de l’enrichissement apporté par la traite négrière au XVIII° siècle ; il y bien eu trafic de chair humaine en Europe et on a raison de le rappeler, pour mieux faire comprendre à nos chères têtes, blondes ou brunes, que le respect de la vie, de l’être humain, n’a pas toujours été évident et que l’on doit toujours être vigilants..

    Néanmoins, il faudrait aussi dire que ce ne sont pas les Européens qui ont inventé l’esclavage tel qu’il se pratiquait aux XVII° et XVIII° siècle. Les Européens n’ont pas, sur ce sujet, suivi leurs modèles traditionnels, les sociétés grecque et latine ; en effet, si l’esclavage était non seulement normal mais indispensable pour faire fonctionner la société antique, il était le résultat des guerres perpétuelles qui se faisaient ; les vaincus, ou prisonniers de guerre, devenaient esclaves en échange de la vie sauve, à ceux-là s’ajoutaient leurs enfants ou ceux contraints de se vendre pour rembourser leurs dettes. Qu’ils soient blancs (cas le plus fréquent, et de loin) ou noirs, Européens ou Africains. Bien sûr, la piraterie existait, et des razzias le long des côtes apportaient régulièrement des lots d’esclaves à vendre, mais c’était ponctuel, jamais organisé par les Etats et les pirates étaient pourchassés et combattus comme les délinquants qu’ils étaient.

    Or, les Européens ne se sont pas le moins du monde inspirés de ce modèle antique, ils ont suivi le modèle africain, achetant ou échangeant des esclaves africains à d’autres Africains contre des tissus, de l’alcool ou des armes : en effet, si la première vente d’esclaves africains en Europe a lieu en 1444, au Portugal, le trafic d’esclaves a commencé bien avant, en Afrique, où de jeunes hommes, vigoureux, étaient chassés, kidnappés par des potentats locaux pour aller travailler dans les mines ou pour être vendus à d’autres souverains ; on ne parle jamais de cette traite interne à l’Afrique, qui a duré longtemps, ni de la traite arabe, qui dure du Moyen-âge au début du XX° siècle, et qui aurait réduit, selon l’historien Olivier Pétré-Grenouilleau, 17 millions de noirs en esclavage, (les musulmans n’ayant pas le droit d’avoir des esclaves musulmans , ils devaient en acheter en Europe ou en Afrique). La situation, résumée par le même Olivier Pétré-Grenouilleau dans son ouvrage, Les Traites négrières. Essai d’histoire globale est celle-ci :

    "Il faut d’abord dire que le caractère abominable de la traite n’est pas corrélé aux chiffres. Le fait que la traite orientale - en direction de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient - ait affecté plus de gens ne doit nullement conduire à minimiser celle de l’Europe et des Amériques. En revanche, je suis surpris que certains soient scandalisés que l’on ose parler des traites non occidentales. Toutes les victimes sont honorables et je ne vois pas pourquoi il faudrait en oublier certaines. La traite transatlantique est quantitativement la moins importante : 11 millions d’esclaves sont partis d’Afrique vers les Amériques ou les îles de l’Atlantique entre 1450 et 1869 et 9,6 millions y sont arrivés. Les traites que je préfère appeler « orientales » plutôt que musulmanes - parce que le Coran n’exprime aucun préjugé de race ou de couleur - ont concerné environ 17 millions d’Africains noirs entre 650 et 1920. Quant à la traite interafricaine, un historien américain, Patrick Manning, estime qu’elle représente l’équivalent de 50 % de tous les déportés hors d’Afrique noire, donc la moitié de 28 millions. C’est probablement plus. "

    Eh bien, le "Collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais" a osé porter plainte pour négation de crimes contre l’humanité en 2005 contre le même Olivier Pétré-Grenouilleau, qui avait dit dans un entretien au "Journal du Dimanche" du 12 juin 2005 que l’esclavage n’était pas un génocide car il n’y avait jamais eu volonté d’exterminer "la marchandise", source de revenus, de la part des négriers : "C’est aussi le problème de la loi Taubira qui considère la traite des Noirs par les Européens comme un "crime contre l’humanité", incluant de ce fait une comparaison avec la Shoah.. Les traites négrières ne sont pas des génocides. La traite n’avait pas pour but d’exterminer un peuple. L’esclave était un bien qui avait une valeur marchande qu’on voulait faire travailler le plus possible. Le génocide juif et la traite négrière sont des processus différents. Il n’y a pas d’échelle de Richter des souffrances."

    Effectivement la loi Taubira, votée par le gouvernement socialiste en mai 2001, est une loi partisane qui fait porter sur les seuls Européens la responsabilité du trafic humain, laissant délibérément les autres de côté :

    " Article 1er - La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part, perpétrés à partir du XV° siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindienne, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité. "

    Dans le même ordre d’idées, des intellectuels ont vivement critiqué Pétré-Grenouilleau, considérant qu’évoquer l’esclavage musulman revenait à minimiser la traite atlantique, voire à l’excuser. Comme s’il y avait plusieurs vérités, et que n’était bonne à dire que celle qui appuie sur la culpabilité des Blancs, des Européens, des colonisateurs… Comme si le monde était manichéen, avec d’affreux Occidentaux… et de gentils africains, noirs, arabes ou musulmans, exploités, incapables de réduire en esclavage, incapables d’envahir et de coloniser… (La conquête de l’Espagne par les armées islamiques fut sans doute une vue de l’esprit et il y a beau temps que l’on n’enseigne plus à l’école primaire que Charles Martel repoussa les arabes à Poitiers …)

    C’est à la même dérive que nous assistons avec l’affaire Gouguenheim, ce professeur coupable d’avoir écrit un livre de vulgarisation qui montre que la philosophie grecque a pu arriver en Europe par d’autres canaux que ceux des pays arabes… Crime de lèse-majesté. Crime de lèse islam. Crime de lèse-bobo. Crime de lèse gaucho. Sus sur le traître, de Libération à Télérama tous les bien-pensants s’acharnent sur ce malheureux qui devient même sous leur plume un partisan de l’extrême-droite ! Pas touche à ma colonisation. Pas touche à mon esclavage. Pas touche à mon islam. Louis Chaignon en a fait la triste expérience.

    Ce professeur d’histoire-géographie a été traîné en justice par le Mraap et lâché par sa hiérarchie pour avoir fait noter à ses élèves en 2003 des faits historiques – mais peu glorieux- concernant Mahomet. L’entretien (1) qu’il a donné à Primo Europe est particulièrement intéressant, notamment quand il analyse notre société : Je ne comprends pas très bien ce désir d’auto flagellation qui perdure et qui fait qu’on montre les Occidentaux sous un jour forcément négatif et les non-Occidentaux comme forcément des victimes. Alors que la réalité est tout autre. […] En 8 ans, il y a eu des changements (au sein de l’Education Nationale, N.D.L.R.). J’ai ressorti les fiches pédagogiques du CNDP d’il y a 8 ans. A cette époque, il était possible de critiquer l’islam sur la condition féminine, par exemple. Aujourd’hui, cela a été expurgé. Il n’y a plus aucune critique possible. Il faut gommer tout ce qui peut paraître négatif dans les sociétés extra-européennes.

    La mémoire sélective et partisane est partout, elle culmine d’ailleurs quand il s’agit de la guerre d’Algérie : malheur à celui qui dirait que le FLN a tué plus d’Algériens en France que la police de Papon, malheur à celui qui, tout en dénonçant les tortures pratiquées par l’armée française dénoncerait les tortures pratiquées, également, par le FLN, qui terrorisait la population pour l’obliger à être de son côté…

    Tant il va falloir du courage, ou des œillères, aux enseignants qui voudront faire des cours d’histoire qui respectent les faits, qui respectent l’histoire.

    Question subsidiaire : pourquoi Nicolas Sarkozy va-t-il au devant même des revendications des soi-disant opprimés ? Pourquoi, après avoir eu le courage de dire qu’il ne s’excuserait pas pour la colonisation, éprouve-t-il le besoin de donner des gages à la bien pensance et aux descendants de l’immigration ??? Pourquoi une ministre de son gouvernement défend-elle la légitimité d’une annulation de mariage pour non-virginité ??? Les descendants de colonisés et d’immigrés seraient-ils, tout simplement, la cible privilégiée pour les futures échéances électorales ?

    Christine Tasin

    http://christinetasin.over-blog.fr

    (1) http://www.occidentalis.com/article.php ?sid=697

    Mieux vaut en rire ...