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  • Le régime de la mer Egée : les violations et les infractions de la Turquie

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    Les Turcs ONT DEPASSE les limites de l’agressivité en mer Égée, le comble ayant été atteint avec le dernier épisode de la frégate parvenue au large du cap Sounion*.

    Cette action prouve clairement que les militaires sont aux commandes des sujets de politique de défense et de politique étrangère à un moment où les responsables militaires d’Ankara, doivent actuellement faire face à des accusations de préparation de coup d'Etat, au moment où viennent d’être arrêtés plusieurs officiers en activité et des officiers supérieurs à la retraite**. Le défi de Sounion n'est pas un hasard au vu des développements politiques internes à la Grèce, Ankara choisit de créer des problèmes et conduit à une aggravation de la situation chaque fois qu'elle constate une crise politique dans notre pays. Heureusement, cette fois, Athènes a fait face à la situation avec sang-froid, sans tomber dans le piège de l'aggravation de la tension.

    Les différends en mer Egée avec la Turquie ont commencé à un moment où la Grèce se révélait affaiblie au cours de la dernière année de dictature, en 1974, le comble ayant été l'invasion de Chypre. L'objectif de ces conflits est le partage de la mer Egée et de l'espace aérien dont le résultat serait le risque que les îles orientales de la mer Égée se trouvent captives de la zone turque.

    Comme en témoignent la persistance des violations et les manquements de la Turquie, les objectifs restent inchangés 35 ans plus tard et les discussions bilatérales n'ont pas porté leurs fruits au fil du temps. Le plus grave est que les espoirs investis dans la normalisation des relations gréco-turques dans la perspective européenne de la Turquie ont été démentis, ce qui oblige maintenant Athènes à revoir sa politique. Le problème est que le gouvernement turc note qu’en Europe, il existe une forte opposition à son adhésion à l'UE, ne permettant pas d'assurer une issue positive des négociations en cours, et que le gouvernement turc est retourné à une logique de superpuissance régionale. D’où son durcissement contre la Grèce.

     

    Notes / Josette V. :

    *Ces dernières semaines, la tension est quelque peu montée entre Grèce et Turquie, induite par les survols d’avions militaires turcs des îles grecques Agathonisi et Farmakonisi, par le problème d’un bateau de sauvetage grec empêché d’intervenir dans ses eaux par un bateau militaire turc… et dernier épisode, la frégate turque « Turget Reis » s’est approchée du cap Sounion, il y a 9 jours.

    **Référence à l’affaire « Ergekemon », procès de grande ampleur en Turquie dont on parle très peu en Europe, mettant en cause des personnes intégrées au sein de l’Etat et soutenues par de hauts responsables militaires et civils.

     

    Pour mieux comprendre les problèmes qui existent dans la mer Égée «To Vima dimanche» donne actuellement 13 réponses à 13 questions. Toutes les données sont issues de la publication des notes du département juridique du ministère des Affaires étrangères.

     

    1       Quelle est la question des «zones grises» dans la mer Égée ?

         La théorie insolite des «zones grises» est apparue chez les Turcs au milieu des années 90, et consiste à remettre en question la souveraineté grecque dans une série d'îles, îlots et rochers dans l'est de la mer Égée. Normalement, la souveraineté grecque s'étend à ces îles, qui sont mentionnées nommément dans les textes des traités suivant lesquels elles ont été cédées à la Grèce.

     

    2 Quels sont ces textes?


         Il s’agit du traité de Lausanne de 1923 et du traité de Paris de 1947. Le traité de Lausanne stipule la souveraineté grecque, d’une part, pour toutes les îles orientales de la mer Égée (en particulier Lemnos,  Samothrace,  Mytilène, Chios, Samos et Icare), à l'exception d’Imvros, de Tenedos et Lagouses qui restent sous souveraineté turque et, d’autre part, pour les îles du Dodécanèse, alors possession italienne. La Turquie a également renoncé au profit de l’Italie à tout droit et titre sur le Dodécanèse, «ainsi que les îlots dépendants» (qui sont nommées et listées). Après la Seconde Guerre mondiale, avec le traité de Paris de 1947, l'Italie a donné le Dodécanèse à la  Grèce, «en tant que communauté d’îles contigües». Ainsi, le statut de la souveraineté grecque dans la région portant à la fois sur les îles et sur les îlots est clair.

     

    3 Que dire de la frontière maritime dans la mer Egée orientale ?

     

    En janvier 1932, a été signé un accord italo-turc qui a délimité les eaux territoriales des deux pays entre la côte de l'Asie Mineure et l’ensemble du Dodécanèse. Il est significatif que même les célèbres Imia, qui étaient alors italiennes étaient  mentionnées par leur nom dans le protocole additionnel à l'accord. Comme prévu par le droit international, lorsque que le Dodécanèse est revenu à la Grèce, le système juridique, déjà en vigueur entre l'Italie et la Turquie, a été maintenu. Donc, la délimitation maritime est claire et, naturellement, Imia (comme Agathonisi, Farmakonisi et tous les autres îlots) appartiennent à la Grèce, comme autrefois à l’Italie.

     

    4 Cette définition ne couvre que le Dodécanèse. Quelles sont les règles applicables au nord du Dodécanèse ?

     
        Nous avons le statut prévu par le traité de Lausanne de 1923. En vertu du traité, toutes les îles à moins de trois milles de la côte d’Asie Mineure appartiennent à la Turquie. La frontière maritime est définie par la ligne médiane entre les côtes turques et grecques. Le problème est qu'il n'y a pas eu de délimitation des frontières maritimes, comme cela l’a été avec l'accord italo-turc du Dodécanèse de 1932. Ainsi, ce vide juridique fournit des aliments à Ankara pour soutenir la théorie inacceptable des «zones grises».

     

    5 Outre les «zones grises», la Turquie nie le droit de l'extension des eaux territoriales grecques et de l'étendue de l'espace aérien national grec. Pourquoi ?

     
       
    Les eaux territoriales grecques s’étendent à 6 milles de la rive naturelle du continent et des îles dans le cadre de la loi de 1936. Ce n'est que si la distance de la côte d'un autre pays (c'est-à-dire, de la Turquie) est inférieure à 6 milles qu’entre en vigueur la règle de la ligne médiane. Dans le cadre du nouveau droit de la mer, la Grèce a le droit d'étendre ses eaux territoriales jusqu’aux 12 milles. Et il convient de noter que la Turquie, qui n'a pas signé le nouveau droit de la mer, a déjà étendu à 12 milles ses eaux territoriales dans la mer Noire et la Méditerranée. En 1995, l'Assemblée nationale turque a adopté une résolution qui considère «casus belli» l’extension potentielle des eaux territoriales grecques à 12 milles marins, en violation de la Charte des Nations Unies qui interdit aux États-membres la menace ou l'emploi de la force dans les relations internationales. La Turquie craint que l'extension à 12 milles transformera la mer Égée en un lac grec sans eaux internationales pour la navigation libre.

     

    6 Qu’en est-il de l'espace aérien national?

     

        Par décret présidentiel de 1931, la Grèce a défini la portée de son espace aérien national aux 10 milles. Jusqu’en 1974, date à laquelle a commencé à être posées les revendications unilatérales turques sur la délimitation du plateau continental en mer Egée, Ankara n'a jamais protesté de l'étendue des 10 milles. Depuis, elle fait paraître continuellement les revendications non seulement à travers des violations de la limite entre les 10 et 6 milles mais aussi au-delà de la limite de 6 milles. Ankara appuie son  doute sur le fait que le droit international prévoit que l'étendue de l'espace doit être identifié à la largeur des eaux territoriales. Cela signifie que, si la Grèce le voulait, plutôt que de réduire son espace aérien national à 6 milles, elle pourrait étendre ses eaux territoriales à 10 milles ou trouver une solution moyenne aux alentours des 8 milles, dans les deux cas de figures. Cette question est discutée entre les deux pays, depuis plus de quarante ans, sans que soit trouvée une solution.

     

    7 Où se trouve aujourd’hui la question de la délimitation du plateau continental ?

        Nulle part, parce qu'il n'y a pas de progrès sur cette question, ce qui tourmente les relations gréco-turques depuis 1974 et a porté les deux pays au bord de la guerre. La Grèce estime que la délimitation du plateau continental est une différence juridique entre les deux pays et propose de renvoyer l'affaire à la Cour internationale de La Haye. Turquie, sachant que le droit international ne lui est pas favorable, puisqu’il prévoit que les îles ont droit au plateau continental, refuse cette procédure en faisant paraître d'une série d'autres problèmes, tels que la délimitation des frontières maritimes, la démilitarisation des îles et la réglementation de l'espace aérien. Mais ce qui est essentiellement visé est la  définition du plateau continental dans le milieu de la mer Égée (au milieu, donc, entre la côte de l'Asie Mineure et la côte de la Grèce) en coinçant ainsi les îles grecques orientales de la mer Égée .

     

    8 Quelle est la raison pour laquelle la Turquie demande la démilitarisation des îles orientales de la mer Égée ?


         Le régime militaire des îles grecques de la mer Égée est pas uniforme. Pour les îles de Limnos et de Samothrace, était en vigueur la Convention de Lausanne de 1923, remplacée par la Convention de Montreux de 1936, qui a supprimé le régime de démilitarisation de 1923. (Ici s’intègre aussi le cas de Aghi Strati, qui continue de protester contre la Turquie.) Pour les îles de Mytilène, Chios, Samos et Icare, est en vigueur le Traité de paix de Lausanne de 1923, où il n'est prévu nulle part un statut de démilitarisation. Le gouvernement grec s'engage seulement à ne pas établir des bases navales ou des édifices fortifiés. Pour le Dodécanèse, est en application la convention de paix de Paris de 1947 entre l'Italie et les Alliés (donc la Turquie n'est pas signataire), qui prévoit la démilitarisation. Dans le Dodécanèse sont installées des forces qui ont été déclarées, conformément à l'accord sur les forces conventionnelles en Europe (CFE). En dehors de cela, la Grèce n'a pas renoncé au droit à la défense, lorsque ses îles sont menacées. Ce droit est contesté par la Turquie.

     

    9 Que se passe-t-il avec le FIR ?

     

    Le FIR (Flight Information Region) est la région d'informations de vols, qui couvre l'ensemble de l'espace aérien grec (internationaux et nationaux) et où le contrôle opérationnel de la sécurité des vols des avions civils et militaires à travers la région est exercé par la Grèce sur la base du Règlement de l'Organisation de l'aviation internationale (OACI). La Turquie, qui, jusqu’en 1975, présentait des plans de vol en règle pour tous ses appareils, soumet maintenant les plans de vol de l'aviation civile, naturellement, seulement pour les avions de l’Etat traversant le territoire grec mais jamais pour les vols de ses avions militaires.

     

    10 Quelles sont les différences entre les violations et les infractions ?

     

    Les violations sont effectuées lorsque les forces aériennes turques entrent dans le seuil de 10 milles de l'espace aérien national. Les entrées à l’intérieur de la FIR grecque sans plan de vol sont des infractions. Et dans les deux cas, les avions de combat turcs sont contrôlés avec vigilance 24 heures sur 24, ce qui nécessite des dépenses de défense énormes.

     

    11 Mais il y a controverse autour de la question des recherches et des sauvetages en mer. Quelle est la différence ?



         La recherche et le sauvetage en cas d'accidents aériens sont régis par des règlements de l'OACI. La Grèce, conformément à la réglementation en vigueur depuis 1952 et ensuite ratifiée par l'Organisation maritime internationale (OMI) est chargée de fournir des services de recherche et de sauvetage dans la zone maritime coïncidant avec la FIR d'Athènes. Cela est contesté par la Turquie, qui a déposé sa propre demande à l'OMI pour une zone de responsabilité s'étendant au milieu de la mer Egée ; elle le revendique auprès de la Grèce dans les négociations bilatérales sur la délimitation des domaines de responsabilité. De cette façon, la Turquie veut piéger dans son propre territoire une grande partie des îles grecques, tout comme elle veut le faire avec le plateau continental. Cela a conduit les deux pays à de dangereux incidents aéronautiques***.

     

    12 La Turquie a-t-elle le droit de mener des exercices aéronautiques dans la mer Égée ?


       
    Bien sûr, elle a le droit, si elle soumet à temps la demande de gel des zones d'exercices qui comprennent les eaux internationales et l'espace aérien international. Les exercices sont effectués assez souvent et donnent toujours l’occasion à la Turquie de montrer ses revendications unilatérales par des violations et des infractions, comme ce fut le cas avec le récent exercice naval dans la mer Égée, où une frégate turque a violé nos eaux territoriales de manière provocante au large du Cap Sounion.

     

    13 Qu'est-il arrivé à la frégate turque ?


        La frégate était impliquée dans l’exercice naval turc dans le centre de la mer Égée et a soudainement changé de cap, elle a ensuite commencé à passer à travers le sud-ouest au large de Sounion près de Kavos Dora. Il convient de noter que, conformément au droit international, le passage inoffensif à travers les eaux territoriales d'un pays étranger d'un navire de guerre n'est pas interdit, à condition que le navire se déplaçât à une vitesse constante en ligne droite et avec ses armements désamorcés. Le navire turc, tout à coup près de Sounion dans les eaux territoriales grecques, a manoeuvré dans la direction opposée, c'est-à-dire qu’il a navigué opposé à la partie centrale mer Égée, zone des exercices turcs. Les règles de passage inoffensif ont été pour dire ainsi violées à travers une provocation manifeste.

     

    ***Collision entre 2 F-16 turc et grec le 23 mai 2006 / Bateau de sauvetage grec empêché d’intervention (il  y a 10 jours environ), par exemple…

     

     

    Yannis Kartalis | Dimanche 18 Janvier 2009

    Traduction : Lena, Georgios et Josette

  • Déclaration de Dora Bakoyannis

    athens_bakoyannis1.jpgEn Grèce, trêve de l'insurrection pour cause de fêtes, Saint-Basile et le nouvel an approchant . La grande grève des enseignants est attendue pour la semaine prochaine. Et les Grecs feront le décompte des manifestants avant toute poursuite du mouvement ...

    Hier 29 décembre 2008, il y eut en Grèce plusieurs manifestations de soutien aux Palestiniens,  et des cris pour la Ministre des Affaires étrangères Dora Bakoyannis, à cause de sa déclaration du 28 décembre après-midi. Ses propos sur la responsabilité du Hamas, sur sa non-distinction de "ceux qui souffrent"  ont choqué.
    Aujourd'hui, l'attention se porte sur Chypre et sur le bateau "Dignity" affrèté par Free Gaza Movement qui a été éperonné par la Marine israëlienne.

    Déclaration de Dora Bakoyannis (Traduction J V )Dora et Gaza.doc

  • Albanais d' Athènes

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    Pour changer des infos habituelles des émeutes grecques.

    Des migrants albanais sont organisés à Athènes et ont un local dans la quartier Exarchia à Athènes ; ils ont également un site.

    http://steki-am.blogspot.com/2008/12/blog-post.html

    Le lundi 15 décembre, ils ont distribué un tract que tu trouveras en pièce jointe Albanais d'athènes 3.doc, et que j'ai traduit cette semaine.
    Il a fait du bruit chez les loups noirs grecs, la remarque sur l'amour chrétien des tribunaux n' a pas plu aux nationalistes orthodoxes, et il est bien sûr apprécié par l'extême-gauche grecque. il circule dans les milieux gauchistes européens.

    Καλές διακοπές

    Josette V

  • LE TROISIEME CERCLE

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    Article de Mikis Theodorakis paru dans RESALTO n° 32 d'octobre 2008


    Il semblerait que, sous peu, le troisième cercle de la chute des valeurs qui, jusqu’à ce jour, définissaient tant bien que mal notre vie nationale soit lui aussi complété pour mener enfin notre pays sur la voie du protectorat qui s’ouvre largement devant nous, ce que chacun peut observer à l’œil nu.

    Les deux autres cercles concernaient la civilisation grecque et la constitution morale de notre peuple, autrement dit, nos valeurs culturelles et morales.

    Le troisième et dernier cercle dont notre pays vit les derniers spasmes avant la fin, c’est la politique qui est entraînée dans sa chute* par le monde politique lui-même et le faisceau de rapports et dépendances qu’il a lui-même constitué autour de lui.

    La question qui se pose de savoir dans quelle mesure cette voie catastrophique est due à des erreurs commises par notre peuple lui-même ou à des forces à l’intérieur et à l’extérieur de notre pays, qui, pour des raisons qui leur sont propres, ont aidé ou ont réussi à créer les conditions propices à ce que, en un espace de temps relativement court, nous encourrions le risque de tomber sous une forme de dépendance comparable à celle de l’Albanie, du Kosovo, de l’Arym (FYROM), de l’Ukraine, de la Géorgie, de l’Irak et d’autres pays analogues, devenus, ni plus ni moins, les marionnettes des jeux politiques américains.

    A cette question, seule une étude minutieuse et scientifiquement fondée pourrait apporter une réponse définitive.

    Pour l’heure cependant, et pour des raisons d’intérêt national, intérêt pour lequel il est du devoir de chacun d’exprimer son opinion quelle qu’elle soit, en assumant les responsabilités qui en découleraient, j’oserai affirmer pour ma part, que cette voie négative n’est pas due à des erreurs de notre peuple, mais à celles de ses représentants de tous bords. Elle est due aussi à l’ingérence active de tous ceux qui ont tout intérêt à soumettre la marche générale de notre pays à la stratégie qu’ils ont planifiée et qui sert leurs propres intérêts même à l’échelle internationale.

    Toutes les théories concernant la fin de l’histoire et l’ensemble des peuples corrompus qui devront être punis (l’Irak, lui, a déjà été puni en premier) sont connues, tout comme les données nouvelles qui découlent de la mondialisation etc., etc.

    Récemment cependant, des changements imprévus et très profonds se sont opérés sur le plan des relations et des équilibres internationaux avec la montée économique spectaculaire de la Chine et surtout le retour de la Russie dans un rôle de puissance économique et stratégique avec lequel il faut compter.

    Ces deux phénomènes ont conduit la superpuissance à une réévaluation (et dans une certaine mesure, à un repli) de sa stratégie offensive qui la mène à des initiatives et des tactiques propres à celles de la guerre froide qui, on le sait, avaient deux caractéristiques:

    En premier lieu, l’isolement de l’Union soviétique d’alors (aujourd’hui, la Russie).

    En second lieu, l’encerclement de cette dernière par des bases militaires aussi proches que possible de ses territoires, encerclement renouvelé aujourd’hui*.

    D’où l’installation de missiles en Pologne, Tchéquie et Slovaquie* et la transformation du Kosovo, de la Fyrom, de la Géorgie et autres républiques ex-soviétiques, en plus de l’Afghanistan et de l’Irak, en bases offensives.

    L’élément nouveau par rapport à la guerre froide est que la couverture idéologique manque au camp américain de l’OTAN pour prétexter d’un besoin de « défense » contre le communisme. Aujourd’hui, la Russie est déjà admise par l’occident comme un pays démocratique à l’économie de marché, faisant même partie intégrante du G8.

    En conséquence de quoi, le camp américain de l’OTAN n’est plus en mesure de dénoncer une puissance occidentale ou un chef de gouvernement occidental comme sympathisant pro-communiste comme elle l'a fait de par le passé, parce que justement cette couverture idéologique fait défaut.

    Par exemple, aurait-il été possible, hier encore, qu’un chef d’état comme C. Caramanlis ose dire « non » en face à tout dirigeant planétaire américain?

    Dans un tel cas, il aurait été qualifié de sympathisant (communiste*) et fort sûrement mené devant le peloton d’exécution aux côtés de Beloyannis*.

    Que se passe-t-il aujourd’hui sans la couverture* de l’anticommunisme, lorsque quelqu’un ignore ces deux commandements fondamentaux de la superpuissance, à savoi: l’isolement de la Russie et la transformation de la Grèce en passerelle offensive contre cette dernière?

    Comment la superpuissance oublierait-t-elle le « non » du peuple chypriote accompagné de la neutralité du gouvernement grec, ce qui a ramené ses objectifs militaires à une époque antérieure, étant donné que Chypre, dans l’éventualité d’une guerre avec l’Iran, aurait pu constituer le soutien déterminant- la base d’attaque essentielle pour une entreprise d’une telle envergure?

    Ces erreurs sont inexcusables aux yeux des faucons du Pentagone, qui, indépendamment des Clinton, Bush ou Obama tracent, sans états d’âme, la stratégie générale des E-U-A qui vise avec fermeté, à l’établissement d’un empire planétaire.

    Par rapport à d’autres pays occidentaux, le peuple grec a la particularité d’avoir subi dans sa chair les résultats de cette politique américaine sans scrupules qui, pour faire aboutir ses propres objectifs, n’hésite pas à marcher sur des cadavres.

    Tout comme les faucons du Pentagone ont transformé en cadavre la démocratie grecque et les libertés du peuple grec pendant les 7 ans de la junte militaire (1967-1974*), ils ont de la même manière, empli Chypre de cadavres humains en se servant de leur fidèle alliée et collaboratrice: la junte militaire turque.

    Il était donc normal, après ces deux immenses catastrophes nationales imposées aussi crûment et avec autant de dureté, que le peuple grec en soit venu, pratiquement dans son ensemble, à une attitude au moins réservée face à ses anciens alliés, réserve partagée même par les nationalistes qui furent leurs amis dans la mesure où les E-U-A ont dépensé des millions de dollars pour les sauver du communisme.

    Car eux-mêmes n’oublient pas que s’ils ont été sauvés des détestables communistes grecs c’est pour mieux être livrés, pieds et poings liés, à leur* amie, la junte militaire, tandis que Chypre était livrée aux amis et alliés des E-U-A: les généraux turcs.

    Tout cela, les Grecs ne l’oublient pas et ne risquent pas de jamais l’oublier, d’autant plus que les Américains complotent contre nous en se servant de l’un ou de l’autre alternativement, tout en mettant en avant sans la moindre honte les Droits de l’homme des hauteurs des grilles de Guantánamo, c'est-à-dire du haut du mépris le plus absolu non seulement des Droits de l’homme, mais de la chair humaine tout court, dans la mesure où il ne s’agit plus d’êtres humains qui y sont gardés, mais de chairs humaines qui y subissent, depuis bon nombre d’années, la douleur et l’humiliation.

    Les Américains nous punissent donc, tout simplement, parce que nous possédons une mémoire et une dignité nationale; par conséquent, pour mettre en place leurs objectifs, il faut que notre mémoire et notre dignité nationale, c'est-à-dire notre culture et notre morale, soient effacées.

    Ce qu’ils ont d’ailleurs réussi à faire en grande partie et dans une large mesure, grâce au soutien de leurs puissants amis grecs, agents, propagandistes, essentiellement des personnalités de la vie économique et des politicards ambitieux et insensés, pour que vienne ensuite le tour de la politique et des politiciens, puisque ces derniers ont échoué, dans leur majorité, à se « conformer » aux diktats et à imposer un système d’alignement total à la stratégie générale des E-U-A, un système en substance de type protectorat.

    C’est pour cette raison que se prépare à toute vitesse une mise en scène politique dont va émerger le nouveau système (lequel, au fait?) qui, accompagné de proclamations, condamnations et vœux pieux tonitruants comme d’habitude, va suivre la route tracée par Berisha, Grouefsky, Loutchenko, Tadic, Saakachvili et tant et tant d’autres chevaliers servants de la plus pitoyable espèce.

    Si vous voulez mon avis cependant, je crois que cette fois-ci, ils ne vont pas réussir.

    Le peuple grec a mûri à la suite de tant et tant d’épreuves, le niveau d’éducation s’est élevé et par ailleurs, un grand éventail de possibilités de production a été développé qui nous offre une autonomie importante. Enfin, notre place dans le monde s’est généralement améliorée, de sorte qu’amis comme ennemis prennent nos positions en considération.

    Bien sûr, dans le domaine de la culture et de l’éthique, il y a eu des ruptures. Je ne crois pas cependant qu’elles soient arrivées au point d’altérer le caractère de notre peuple qui, dans une large mesure, conserve son amour, sa foi et son attachement aux traditions culturelles et morales nationales.

    De même dans le domaine de la politique, la crise est superficielle. La grande majorité de notre monde politique reflète la morale et la culture de notre peuple, malgré une propagande enragée qui tente de faire croire qu’il est dans sa totalité coupé de notre peuple, de ses besoins, de ses valeurs. Ne nous laissons pas impressionner par les jeux que jouent en surface une grande partie de la presse et de la télévision qui sont devenues, à une échelle dangereuse, les porte-voix des puissances funestes qui veulent nous détruire.

    Aussi, une fois encore, je demande à la classe politique essentiellement, de porter quelque attention à l’analyse ci-dessus pour comprendre où se situe notre principal problème national, afin que tous mettent de côté leur différends qui, selon moi, sont de second ordre, et concentrent leur attention sur le danger national principal qui nous menace, à savoir la tentative d’asphyxie qui s’abat sur notre pays pour le transformer en protectorat. Pas un Grec digne de ce nom ne laisserait un tel événement se produire, j’en suis persuadé.

    Athènes le 22/09/2008

    Mikis Theodorakis


    PS : J’aurais attendu, de la part du gouvernement, qu’au moment où le prétendu négociateur M. Nimitz a osé poser sur la table des négociations le sujet de la soi-disant « nationalité et de la langue macédoniennes », celui-ci ordonnât à son représentant de quitter immédiatement les pourparlers et de se retirer en signe de protestation. Cependant, notre gouvernement s’est abstenu de le faire, ce qui me préoccupe au plus haut poin; j’espère que cette erreur ne se répétera pas.

    J’ai déjà souligné dès 1992, et ce au Conseil des ministres, que tous les problèmes proviennent du nom de « Macédoine* » en premier lieu, pour que s’ensuivent la nationalité, la langue et les minorités « macédoniennes » en Macédoine grecque, afin que le terrain soit prêt pour que la politique américaine commence à exercer des pressions violentes et des menaces concernant notre intégrité territoriale, au cas où nous ne nous conformerions pas totalement à ses volontés.

    Traduction: Catherine Teuler
  • Nouvelle nuit de violences urbaines en Grèce

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    La Grèce a connu lundi une nouvelle nuit de violences urbaines, trois jours après la mort d'un adolescent tué par la police.

    Les obsèques du jeune homme de 15 ans, abattu samedi soir dans un quartier d'Athènes, doivent avoir lieu ce mardi, avec le risque d'autres affrontements, à la veille d'une grève générale contre la politique économique du gouvernement conservateur.

    Depuis l'annonce du décès d'Alexandros Grigoropoulos, des milliers de manifestants sont descendus dans les rues de la capitale et de plusieurs autres villes du pays pour affronter les forces de l'ordre.

    Les heurts ont fait une cinquantaine de blessés et d'importants dégâts. Des magasins, des banques, des voitures ont été incendiées. Plus de 130 boutiques ont été détruites ou endommagées dans la seule capitale.

    Un sapin a été enflammé lundi soir sur la place Syntagma, devant le parlement, et les bureaux de plusieurs ministères ont été la cible d'émeutiers.

    Des incidents ont eu lieu dans une bonne dizaine d'autres villes, de Salonique aux îles de Crète et Corfou. Des Grecs expatriés ont également manifesté à Londres et Berlin.

    Rencontre au sommet de l'Etat

    Le gouvernement, qui conserve une très étroite majorité au parlement en dépit d'une popularité en berne, a condamné les incidents et lancé des appels au calme qui n'ont rien donné.

    "Nous ne tolèrerons pas ces événements. Nous ferons notre devoir", a déclaré le ministre de l'Intérieur Prokopis Pavlopoulos à l'issue d'une réunion du gouvernement.

    La police grecque a procédé à quelque 150 arrestations, dont certaines pour pillage.

    Le gouvernement a démenti des informations selon lesquelles il envisagerait de décréter un état d'urgence. Le Premier ministre Costas Caramanlis doit rencontrer le chef de l'Etat et les dirigeants des partis politiques dans la journée.

    Les émeutes surviennent dans un contexte déjà très difficile pour le gouvernement, confronté à des scandales en série et à la grogne sociale.

    Une grève générale de 24 heures est programmée mercredi pour dénoncer les projets de réforme des retraites ou de privatisation.

    Le Pasok, le Parti socialiste d'opposition qui devance les conservateurs dans les sondages, a prôné une dénonciation massive et pacifique de la politique de Caramanlis.

    Le décès du jeune manifestant a eu l'effet d'un catalyseur pour la jeunesse ancrée à gauche, qui dénonce l'accroissement du fossé entre riches et pauvres. Deux policiers ont été mis en examen, pour meurtre avec préméditation et pour complicité.

    Selon la police, un membre des forces de l'ordre a tiré trois fois quand son véhicule de patrouille a été attaqué par une trentaine de jeunes. Ce policier a évoqué des tirs de sommation, ce que nient des témoins.

    http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/nouvelle-nuit-de-violences-urbaines-en-grece_720330.html

  • SPARTE

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    « Assumez le fardeau de l’homme blanc, 

    Et récoltez sa vieille récompense :

    Le blâme de ceux qui valent moins que vous,

    La haine de ceux que vous préservez ».

    Joseph Rudyard Kipling

  • Fabrice Robert devant l'Eurocalypse

    Suite à la publication d’Eurocalypse, le collectif Solon avait offert un exemplaire à Fabrice Robert. Le président du Bloc Identitaire a lu notre bouquin. Et comme Alain Soral il y a quelques semaines, il a bien voulu en parler avec nous.

    Scriptoblog : Fabrice Robert, nous vous avons passé « Eurocalypse ». Il s’agit d’un roman de politique-fiction rédigé sur le site scriptoblog.com par un comité de cinq auteurs.

    Thème général : 2038, la France n’existe plus, l’Europe est devenue une sorte de nouvelle Union Soviétique « eurocorporative », c’est-à-dire à la fois néolibérale et étatiste – les multinationales se sont fédérées pour former un nouvel Etat. Le territoire est divisé en europrovinces, elles-mêmes divisées en intrazones, riches et fliquées, ambiance Fahrenheit 451, et extrazones, pauvres et violentes, ambiance Soleil Vert. A la suite d’une manipulation qui tourne mal, le système déraille, et c’est… l’eurocalypse ! Ambiance : un mélange « Camp des Saints », « Ravages », « Villa Vortex », en proportions instables.

    Vous nous avez fait l’honneur de jeter un coup d’œil à ce travail. Nous aimerions avoir votre opinion – pas tellement sur la forme, l’intrigue n’est qu’un prétexte, il y aurait plein de trucs à reprendre pour en faire un roman au sens classique du terme. C’est sur le fond que nous voudrions votre avis, sur les grandes thèses que nous avons retenues.

    Compte tenu des rapports de force et malgré le combat que nous allons évidemment livrer à vos côtés, les dissidents ne pourront pas empêcher le démantèlement des Etats-nations et la création d’un empire du capital mondialisé, organisé en trois pôles à la fois concurrents et alliés : Alliance Panaméricaine, Union Eurocorporative, Sinosphère. Telle est la thèse retenue dans Eurocalypse. Pensez-vous que ce monde soit notre avenir (hélas), et quel scénario géopolitique alternatif pourriez-vous imaginer ?

    Fabrice Robert : Je n’ai pas la prétention d’être un devin, ni - encore moins - un prophète. Je me garderai donc bien de prédire avec certitude quel sera l’avenir géopolitique de la planète. Je ne suis pas certain que le découpage que vous évoquez sera aussi simple et se limitera à ces trois empires. L’Alliance panaméricaine pourrait bien être contestée par un continent sud-américain fatigué, comme beaucoup, de subir la Pax Americana et il n’est pas impossible que le B olivarisme y revienne en force. En outre, que restera-t-il des Etats-Unis tels que nous les connaissons aujourd’hui, compte tenu de la montée en puissance des latinos ? Enfin, si la Chine poursuit sa conquête rampante d’un certain nombre de pays d’Asie, il n’est vraiment pas certain qu’elle n’ait pas, elle aussi à subir des contestations de ses vassaux.

    Quid de l’Inde ? Plutôt qu’une « partie à trois », il est aussi possible d’envisager un jeu bien plus ouvert donc bien plus instable…

    J’ai aussi le sentiment que l’on va, certes, vers un démantèlement des Etats-Nations mais avec, comme corollaire, une (re)constitution d’ethno-nations en partie détachées de leur base géographique. Dans un monde atomisé et sans repères, un afro-américain, un beur ou un euro-américain pourraient se raccrocher un peu plus à la culture, à l’histoire ainsi qu’à la terre de leurs ancêtres. Le processus est d’ailleurs déjà en marche de nos jours lorsqu’on voit que l’échec des politiques d’intégration aboutit à une communautarisation des sociétés modernes. Citons l’exemple de ces nord-africains qui vivent sur notre sol, profitent des avantages liés à la citoyenneté française et qui vont chercher leur femme au Bled.

    J’imagine qu’en cas de crise majeure (si tant est que cette notion ne soit pas un mythe incapacitant comme a pu l’être celle de « grand soir »), les populations vont se raccrocher à ce qui leur est proche, d’un point de vue géographique comme d’un point de vue ethno-culturel et religieux.

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  • MACEDOINE : POSITION DE MIKIS THEODORAKIS

     

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    Athènes, qui refuse de reconnaître le nom du pays voisin ( à savoir "Macédoine"), envisage de mettre son veto à l’adhésion de celui-ci à l’OTAN ... Cette intransigeance est également illustrée par une déclaration de l’artiste et héros national Mikis Theodorakis:

    Sans attendre de savoir qui sera le prochain président des États-Unis, leur colossale machine militaire est déjà en marche pour démolir ceux qu’ils considèrent comme leurs ennemis.
    Aujourd’hui, il n’y a qu’une seule cible. Ce sont les Balkans, avec pour principal allié la “Grande Albanie”, à commencer par le Kosovo et ses hommes de main de l’UCK. Bien entendu, il s’agit d’une provocation des États-Unis, ayant pour but d’analyser nos réactions et de préparer nos voisins pour le jour où nous nous opposerons à l’expansion de l’Albanie sur une grande ­partie des régions albanophones de Skopje, puis sur nos propres territoires. De l’autre côté, la Turquie prépare le terrain pour des manœuvres visant la Grèce, en mer Égée et à Chypre, mais aussi avec la minorité musulmane de Thrace, qui, suivant le modèle du Kosovo, pourrait demander son indépendance. Les dirigeants de Skopje semblent bien renseignés sur les projets américains – d’où leur arrogante intransigeance. Depuis leur indépendance en 1991, ils veulent porter le nom de “Macédoine”.
    Mais que feront-ils quand la seconde phase débutera, celle de la tactique albanophile ? Leur territoire sera-t-il alors divisé ? Parce que, à ce moment-là, il faudra que ces dirigeants reconnaissent – et les États-Unis avec eux – qu’ils peuvent peut-être s’autoproclamer “Macédoniens” mais que leur race est slave et que, par conséquent, ils sont classés comme les ennemis des États-Unis tout comme la Russie et la Serbie mais aussi la Bulgarie qui, elle non plus, ne doit pas se faire d’illusions.
    Il est à l’évidence impossible de convaincre les Américains, parce qu’ils ont peur et qu’ils détestent notre peuple. Sauf si nous décidons de nous agenouiller et de leur embrasser les pieds en promettant qu’à partir de maintenant nous serons de bons petits soldats et de simples pions dans leurs stratégies politiques.
    Mais, puisque la partie est perdue d’avance, gardons la tête haute. Nous sommes seuls contre tous. Essayons donc d’être sans reproche, fiers et pourquoi pas heureux, puisque nous aurons pris la grande décision d’être tous unis face à la trahison et à l’horreur. Tout comme la reconnaissance du Kosovo était honteuse, il est insupportable d’être humiliés et insultés sous la houlette des Américains. Les “Skopjiens” et nous-mêmes sommes allés jusqu’à implorer les Américains de servir de médiateurs, dégradant ainsi chaque jour un peu plus notre fierté et notre dignité humaine.
    Fermons donc nos frontières, rompons nos relations économiques et diplomatiques, et laissons-les s’appeler comme ils veulent ! Ils se ridiculiseront tous seuls. Nous souffrirons peut-être, mais l’important est de rester grecs. N’oublions pas que nous avons déjà enduré de douloureuses épreuves, mais que nous en sommes toujours sortis vainqueurs.

    Mikis Theodorakis