19.08.2009

Une vingtaine de morts et 150 blessés à Rafah : un émirat islamique avorté ?

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Les forces du ministère de l’Intérieur du gouvernement d’Ismaïl Haniyeh à Gaza, et les Brigades Ezzeddine Al-Qassam, bras armé du Hamas, ont attaqué samedi 15 août la mosquée « Ibn Taymiyya » à Rafah, ont massacré 24 membres du groupe radical « Jund Ansar Allah » et en ont blessé plus de 150.

Cette affaire est une suite logique de la politique du Hamas et ne sera sans doute pas la dernière. Car, il faut se souvenir que le mouvement Hamas, créé lors de la première Intifada palestinienne par les Frères musulmans, a, depuis sa naissance, endoctriné la population palestinienne et en formé des milliers de kamikazes prêts à se battre au nom de l’islam et pour libérer Jérusalem (Al-Quds). Après avoir conquis le pouvoir à la faveur du coup d’Etat contre l’Autorité palestinienne, le Hamas a imposé la loi islamique et fondé une « police des mœurs » chargée de faire respecter la Charia, allant même jusqu’à l’interdiction de la mixité et de l’exposition dans les vitrines des vêtements pour femme…

Le Hamas avait réussi à supplanter le Fatah grâce à sa ligne dure prônée face à la politique de Yasser Arafat. Avec l’appui de la Syrie, le Hamas avait fait de son opposition aux Accords d’Oslo sa raison d’être. Mais actuellement, sous les pressions directes et indirectes d’Israël, des pays arabes (Egypte, Jordanie et Arabie Saoudite notamment) et de la communauté internationale, le Hamas fait semblant de tendre la main aux Occidentaux, à la recherche d’une reconnaissance et d’une légitimation. Il se met à développer une politique « médiane », interdisant toute violation de la trêve conclue avec Israël au lendemain de l’opération « Plomb durci » de décembre 2008 et janvier 2009. De ce fait, il perd sa légitimité aux yeux des plus radicaux. Les déçus de la trêve et de la solution négociée s’opposent à toute reconnaissance d’Israël et à l’établissement d’un Etat palestinien dans les frontières de juin 1967, préférant poursuivre le Jihad conformément à l’enseignement prodigué par le Hamas.

Comme ce dernier avait doublé Yasser Arafat, il se retrouve aujourd’hui face à la même situation et menacé de se faire déborder par les plus radicaux qu’il avait lui-même formés. Ceux-ci se coalisent désormais dans des groupuscules radicaux, comme « Jund Ansar Allah » ou « Jaïch Al Islam » qui avait contribué à l’enlèvement de Guilad Shalit en juin 2006. Cette prolifération de groupes extrémistes se fait cependant sous l’œil du gouvernement Haniyeh, comme nous l’avons démontré le 19 juin dernier.

En définitive, « Jund Ansar Allah » n’aurait pu exister sans l’aval du Hamas. Le groupe vient d’ailleurs de rejeter les accusations formulées par le gouvernement démis de Haniyeh, démentant tout lien avec Al-Qaïda, tout comme il s’est défendu de toute implication dans le terrorisme à Gaza. Rappelons que le 8 juin 2009, ce même groupe avait mené une attaque contre un poste israélien, et tenté d’enlever des militaires juifs, avant de diffuser sur internet une vidéo d’une demi-heure montrant son unité de cavalerie à l’entrainement. Comment a-t-il pu filmer une dizaine de chevaux en toute quiétude sans la moindre réaction du Hamas ? La question mérite d’être posée.

Il est ainsi certain que « Jund Ansar Allah » est un groupuscule issu du Hamas. Car parmi les morts de la mosquée Ibn Taymiyya de Rafah, attaquée par le Hamas et les brigades Al-Qassam, figurent non seulement l’émir du groupe Abdellatif Moussa (Abou An-Nour Al-Maqdesi) et son adjoint syrien (Abou Abdallah Al-Souri), mais aussi et surtout le neveu de Moussa Abou Marzouk, le numéro deux du Bureau politique du Hamas, basé à Damas (selon le quotidien « Al-Quds Al Arabi » du 17 août 2009).

Il apparait ainsi que le Hamas, à travers son opération contre la mosquée de Rafah, cherche à redorer son image de « mouvement politique », et à se placer dans l’alignement du combat international contre Al-Qaïda, dans l’espoir de récolter une reconnaissance politique face à Mahmoud Abbas et au Fatah, qui vient de clôturer son congrès, de renouveler et de rajeunir ses instances.

Une autre hypothèse inquiète les observateurs : la Syrie négocie sa réhabilitation dans le concert des nations. Pour ce faire, le régime tente de monnayer son intervention auprès de l’Iran pour obtenir la libération de la française Clotilde Reiss, et promet – depuis des mois – d’œuvrer auprès du Hamas pour obtenir celle du franco-israélien Guilad Shalit. Mais la facture que Damas doit payer est lourde, comprenant non seulement la rupture de son alliance avec Téhéran, mais surtout le démantèlement du Hamas et du Hezbollah. Ce qui laisse penser que le syrien Abou Abdallah Al Souri, numéro deux de Jund Ansar Allah tué à Rafah, puisse avoir été un agent de Damas introduit à Gaza par les services syriens et chargé d’affaiblir le Hamas, en vue de le démembrer. Cette hypothèse est toutefois à prendre avec prudence.

Chawki Freïha ©« MediArabe.info »

14.05.2009

Une guerre qui vient

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Le président américain Barak Obama est en poste à la Maison Blanche depuis le 20 janvier dernier. Si l’on se fie à sa volonté affichée de négocier directement, l’on pourrait en déduire, si l’on était un tant soi peu optimiste, que le différent nucléaire avec l’Iran ira en s’atténuant et que le Proche-Orient se dirige, enfin, vers une période de calme. Malheureusement, si l’on analyse minutieusement les réactions à ce jour de la théocratie iranienne, on ne peut exclure que la détermination des démocrates us ne se brise sur son refus de renoncer à sa domination sur la communauté musulmane par la possession de la bombe nucléaire. Les américains feront ils alors du Georges W Bush en pilonnant les centrales iraniennes ? A ce jour, nul ne connaît suffisamment le courage du nouvel élu pour abonder dans tel ou tel sens.
 
En revanche, s’il est une évidence, c’est que l’état d’Israël ne s’autorisera nulle hypothèse de travail impliquant le cas d’un Iran nucléarisé. Benjamin Netanyahou aux manettes de l’état d’Israël, on ne peut douter que la Knesset ainsi que le peuple dans sa très grande majorité lui imposera une attaque ciblée du danger à l’image de ce qui se fit à Osirak en 1981. Ce qui déclenchera, en riposte, les missiles des Ayatollahs, mais aussi ceux de leurs affidés tels le Hamas, le Hezbollah ou encore la Syrie. Israël étant préparé au scénario de cette guerre prévisible, on ne peut douter de sa réaction militaire, forcément « disproportionnée », par voie de terre, air et mer.
 
Ce n’est donc pas a priori cette guerre-ci que le monde occidental doit redouter. Israël est à même d’y faire face, même si malheureusement des victimes seront à déplorer et les condamnations internationales usuelles et hypocrites de mise.
 
Il est une guerre, par contre, qui s’annonce beaucoup plus dangereuse pour l’occident si les autorités compétentes ne se décident à agir rapidement pour l’enrayer tant que faire se peut.
 
Lors de la dernière offensive israélienne dans la bande de Gaza, l’on a pu mesurer le degré de haine à l’encontre du peuple juif qui habite le cœur du monde musulman. Particulièrement les musulmans demeurant au sein de l’Europe qui ressentent le soutien de celle-ci à Israël comme injuste et toute victoire israélienne comme humiliante. Au-delà des habituels drapeaux israéliens brûlés et des sempiternels slogans antisémites tels « morts aux Juifs » (que nul parti politique européen n’a d’ailleurs à ce jour condamné) on a pu s’apercevoir que des membres de la communauté juive, ainsi que ses biens furent atteints cette fois-ci beaucoup plus fortement. Mais aussi que le soutien au Hamas fut plus prononcé en terre européenne qu’en terre musulmane, et que les partis politiques, conscients de cette force communautaire, ont courbé l’échine en faisant silence ou ont défilé, eux aussi, pour dénoncer les « crimes » des Juifs.
 
En conséquence, si l’on imagine que dans un futur proche, par sa réaction aux missiles reçus, Israël humilie à nouveau ce monde musulman malade de sa haine ancestrale, en éradiquant pour de bon le Hamas ainsi que le Hezbollah, en détruisant l’armée syrienne et ridiculisant le régime perse qui préconise interminablement la fin proche de « l’entité sioniste », il est à craindre sérieusement que le monde musulman européen s’enflammera gravement.
 
Si des dégâts ont été occasionnés lors des dernières manifestations, il est à prévoir que la prochaine fois l’humiliation ressentie sera telle que la violence n’atteigne un niveau encore jamais égalé en Europe. Voiture incendiée, magasin vandalisé, abribus brisé ne seront que les ‘’bons souvenirs’’ des manifestations de rues ‘’calmes’’ en France, en Espagne, en Angleterre ou encore en Allemagne.
 
Si les quelques vingt deux millions de musulmans européens, recensés par Leila Shahid, ne seront pas tous dans les rues pour manifester et réclamer vengeance contre ce pays qui ne ‘’respecte pas’’ les lois internationales, le noyau dur est suffisamment important pour prendre conscience du danger certain qu’il représente. Refuser d’envisager ce pire maintenant, et laisser agir ce noyau comme il lui plaît c’est probablement prendre pour l’avenir le risque d’une guerre ‘’fratricide’’, déclenchée cette fois-ci par les « souchiens »...
 

http://victor-perez.blogspot.com ©

21.04.2009

Télévision du Hamas : Si Allah veut, les Juifs seront exterminés jusqu´au dernier

Sermon du vendredi sur la télévision du Hamas : Si Allah le veut, les Juifs seront exterminés jusqu´au dernier

 

Ci-dessous des extraits d´un sermon du vendredi du Hamas, diffusé sur la télévision Al-Aqsa, le 3 avril 2009 :

Voir les extraits-vidéo sous-titrés en anglais surMEMRI TV : http://www.memritv.org/clip/en/2080.htm.

Voir la page web de MEMRI TV consacrée à la télévision Al-Aqsa : http://www.memritv.org/content/en/tv_channel_indiv.htm?id...

"Nous, musulmans, connaissons la nature des Juifs, parce que le Coran nous en a informés"

 

Prédicateur : "Qui c´est qui dirige aujourd´hui le monde contre l´islam et son peuple ? Qui c´est qui mène la campagne violente et sauvage contre l´islam et son peuple ? La réponse est claire comme le jour : c´est la nation des Juifs. Ce sont les Juifs qui mènent aujourd´hui la violente campagne contre les musulmans. (…)

 

Nous, musulmans, connaissons la nature des Juifs, parce que le Coran nous en a informés, et parce que la pure Sunna du Prophète Mahomet a consacré beaucoup de place pour informer les musulmans de la vérité sur les Juifs et leur animosité à l´égard de l´islam et de son Prophète. (…)"

 

"Dans le Protocole des Sages de Sion, les Juifs énoncent leur plan visant à assiéger le monde entier, par voie terrestre, aérienne et maritime, par l´idéologie, l´économie et les médias"

 

"Leur célèbre livre, dont les plus raisonnables d´entre eux nient l´existence, Le Protocole des Sages de Sion, comme on l´appelle, et que nous appelons le ´Protocole des Idiots de Sion´… Dans ce livre, les Juifs énoncent leur plan visant à assiéger le monde entier, par voie terrestre, aérienne et maritime, par l´idéologie, l´économie et les médias, comme on le voit aujourd´hui, mes frères en la nation du Prophète Mahomet. Les Juifs tissent aujourd´hui leurs toiles d´araignées afin d´encercler notre nation comme un bracelet enserre un poignet, afin de répandre la corruption partout dans le monde."

 

"Si Allah veut, le moment viendra où leur propriété sera détruite et leurs fils annihilés, jusqu´à ce que pas un seul Juif ne demeure sur la surface de la terre."

 

"Si Allah veut, le moment viendra où leur propriété sera détruite et leurs fils annihilés, jusqu´à ce que pas un seul Juif ne demeure sur la surface de la terre. (…)"

 

"Les chiots, comme les chiens, aboient et mordent, et tous deux sont impurs. Et cela est vrai des Juifs."

 

"Il était une fois un chien qui effrayait tout le voisinage avec ses aboiements. Ce chien engendra un chiot plus mauvais encore que son père. Les Juifs sont toujours les mêmes, mes frères. Les chiots, comme les chiens, aboient et mordent, et tous deux sont impurs. Et cela est vrai des Juifs."

Pour consulter l´intégralité des dépêches de MEMRI en français et les archives, libres d´accès, visiter le site

www.memri.org/french.

 

Veuillez adresser vos emails à memri@memrieurope.org.

01.04.2009

La Turquie et le mandat d’arrêt contre Al-Bashir

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La Turquie développe des liens de plus en plus étroits avec le monde islamique. Le gouvernement AKP s‘est clairement positionné pour les Palestiniens, et en particulier pour le Hamas. Et récemment, le Ministre turc des Affaires étrangères, Ali Babacan,  avant la visite d’Hillary Clinton à Ankara qui a lieu le 7 mars 2009, déclarait le mécontentement de son pays vis-à-vis du mandat d’arrêt lancé par le TPI contre Al-Bachir.

            La Turquie et le Soudan développent des relations étroites dans le cadre de la politique africaine d’autant plus troublantes que convergent leurs attitudes face aux génocides arménien et darfourien :

§         La Turquie vend des armes au Soudan.

§         La Turquie et le Soudan ont signé un mémorandum d’accord pour renforcer les relations militaires et pour discuter de coopération en matière de transfert de technologie militaire et de formation militaire.

§         Le Ministre turc du Commerce prévoit que le Soudan sera bientôt leur partenaire commercial le plus important en Afrique.

§         La première visite du Président soudanais après sa condamnation pour crimes de génocide par la CCI s’est faite en Turquie : le Président Gûl a accueilli le chef soudanais avec les honneurs rendus par une garde militaire.

§         Derrière le soutien politique d’Erdogan à Al-Bachir, seraient dissimulés des contrats d’exploitation de sources pétrolières.

§         Ankara est parvenue à ce que son candidat, Ekmelentin Ichsanoglou, soit élu secrétaire général de l’Organisation de la Conférence Islamique ; il a personnellement visité le président soudanais à Khartoun pour lui exprimer la solidarité du monde islamique.

§         Le Premier Ministre turc Erdogan a nié qu’il y ait eu un génocide au Darfour.

§         Le Président turc Gül a affirmé que des centaines de milliers de morts au Darfour ne sont « qu’une tragédie humanitaire ».

§         Des convergences sont facilement notables à travers les propos d’Erdogan et d’Al-Bachir :

Erdogan

Al-Bachir

« En fait, nos valeurs ne permettent pas à notre peuple de commettre un génocide. Cela nous est interdit et un génocide n’existe tout simplement pas ».

« Les villages ont été détruits, des gens ont été tués, mais violer ce n’est pas dans la culture soudanaise ou dans celle des gens du Darfour. Cela n’existe pas ».

« C’était l’époque où il y avait de la rébellion dans différentes parties de l’empire [ottoman]. Mais étant donné le contexte et les événements qui se déroulaient à ce moment-là, il y a eu des provocations de la part de certains pays étrangers et, ces années là, les Arméniens prirent part à la rébellion ».

« Il y a un problème de rébellion au Darfour et dans tout pays, c’est le devoir d(un gouvernement de combattre la rébellion. Quand il y a une guerre, les civils en subissent les conséquences et cela a été exagéré ». « Les gens qui ont réellement commis des crimes au Darfour reçoivent une aide de l’Europe et d’autres pays ».

« Ce qui s’est passé s’est appelé déportation. Parce que c’était une époque très difficile. C’était la guerre [1915] ».

« Ce sont les combats qui ont été la cause du déplacement géographique des populations qui s’est déroulé au Darfour. Les citoyens ont dû quitter les zones géographiques où avaient lieu les combats pour des zones de sécurité, cherchant la paix et la sécurité ».

 

Les commentateurs grecs, qui surveillent l’attitude de la Turquie dans le cadre de leurs défis lancés en mer Egée, en Thrace occidentale et à Chypre, s’interrogent sur les attitudes différentes (envers  les Palestiens, les Darfouriens et les Arméniens) qu’a le  gouvernement d’Erdogan face à la protection des Droits de l’Homme. Et même si, lors de son entretien avec son homologue turc, Hillary Clinton a évoqué la question de la réouverture de la Faculté de Théologie de Halki (les autorités turcs en ont interrompu le fonctionnement en 1971, violant clairement les droits religieux des citoyens turcs), ils s’interrogent sur l’empressement jeté sur la Grèce par le gouvernement américain et par la Cour européenne pour qu’ils fassent toujours plus d’efforts auprès des musulmans de Thrace. Récrire leur histoire, c’est une demande que les Grecs reçoivent de toute part. Mais cela ne leur fait pas oublier l’indifférence faite au sort des chrétiens et aux animistes du Darfour : il est fortement attendu que la Turquie adopte des politiques responsables dans le cadre des crimes contre l’humanité.

Josette V.

 

Rédigé et documenté après lecture d’un article de K.Vosporitis paru le 29/03/2009 dans « To Paron tou Kiriakis »

Article :

http://www.paron.gr/v3/new.php?id=39513&colid=&ca...

Sources, permettant de percevoir les convergences :

Entretiens avec Recep Tayyip Erdogan : Reuters du 22/01/08, National Press Club du  novembre 2007, Asharq Alawsat du 7 février 2007).

Entretiens AnnCurry-Omar Al-Bachir sur la chaîne d’infos MSNBC du 19 mars 2007.

Communiqués du Ministère des Affaires Etrangères de Turquie.

Communiqués du Ministre du commerce de la République turque.

Communiqués du Ministère des Affaires étrangères du Soudan.

Autres :

« Erdogan est menaçant » : http://tf1.lci.fr/infos/monde/europe/0,,3339650,00-turqui...

« Omar Al Bachir ignore avec superbe le mandat d’arrêt international lancé contre lui » :

http://www.lemonde.fr/afrique/portfolio/2009/03/25/omar-h...

27.03.2009

Qui Perd Gagne !

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Les événements de ces derniers jours, de ces dernières années, devrais-je écrire, ne laissent présager aucune accalmie dans notre guerre contre le terrorisme arabe et le rêve  de nos ennemis de la destruction d'Israël et des Juifs qui y habitent. Un engin explosif de plus de quarante kilos vient d'être désamorcé à Haiffa et n'a pu toucher les  visiteurs du grand centre commercial avec ses clous, ses billes et son souffle meurtriers. Des attentats déjoués au couteau, au cocktail Molotov, au lancer de rocs sont le quotidien de l'actualité israélienne. A ce point quotidiens, que nous ne nous arrêtons même plus pour se demander ce qui serait arrivé si la fusée Grad avait explosé dans une école d'Ashkelon un autre jour que le samedi, si un miracle n'avait pas techniquement empêché l'explosion d'une voiture piégée, si les assassins en herbe, si les sicaires arabes avaient réussi leurs forfaits.
Le miracle est quotidien tout comme l'apathie générale et l'anesthésie nationale perdurent  en dépit des avertissements que nous adresse l'actualité. La règle du jeu semble désormais établie selon le principe de "qui perd, gagne"!

Ainsi en va-t-il du hamas. Apres des années de bombardements de notre population civile dans le sud du pays, après avoir supporté pendant des années des centaines et des milliers de roquettes, fusées, obus et mines, après avoir accepté de voir notre dignité nationale, notre honneur et la vie de nos citoyens bafoués, Tsahal avait  enfin reçu le feu vert pour attaquer l'ennemi arabe à Gaza. Démarrée trop tard, terminée trop tôt, la campagne "Plomb durci" s'est soldée par une victoire de Tsahal. Les adeptes du Hamas se sont terrés dans leurs trous d'où l'armée juive les a délogés. Ils ont utilisé la population "civile", leurs femmes et enfants, leurs vieillards et invalides comme boucliers mais il l reste évident que pour le monde civilisé occidental, le "criminel de guerre" est celui qui tire pour défendre sa vie et non l'arabe qui se cache derrière un enfant, dans un hôpital ou dans une école. Le responsable restera toujours le Juif et il suffit de le savoir pour ne pas s'émouvoir des réactions onusiennes ou de celles du quai d'Orsay. Depuis le nouveau retrait de Tsahal, les Kassam continuent à pleuvoir et le Hamas pose ses conditions pour un cessez le feu ou pour relâcher Guilad Shalit. Le gouvernement de l'échec continue à discuter par égyptiens interposés, à livrer des milliers de tonnes de nourriture, médicaments et produits divers dans la bande de Gaza et à donner l'impression que le perdant de la guerre a gagné. L'imaginaire arabe se repaît des déclarations belliqueuses et triomphalistes des terroristes du Hamas et le monde entier, y compris nos medias, espère saluer le gouvernement d'union nationale, Fatah Hamas, en voie de constitution. Cela donnera l'alibi nécessaire pour l'Union européenne et le Département d'Etat de discuter avec les chefs du Hamas, les maîtres de Damas et les antisémites nazis de Téhéran.

En Israël, même, on applique ces règles du jeu. Le peuple d'Israël a voté et exprimé son soutien au camp national sans aucune équivoque possible. Pourtant, le premier ministre pressenti continue à négocier avec ceux que le peuple a rejeté dans l'opposition. L'homme qui porte lourdement une part essentielle de la responsabilité de la conclusion hâtive de la guerre et  de la non éradication totale du Hamas,   peut être demain maintenu à son poste de ministre de la défense. Nulle analyse honnête ne peut prétendre que c'est "ce que veut le peuple" ou que le scrutin électoral va dans ce sens.

Seuls nos medias s'en réjouiront. Leur rôle négatif dans l'affaire Shalit, la répétition incessante des déclarations selon lesquelles nous devons payer "un prix lourd", (il ne leur viendrait pas à l'idée que ce sont les arabes qui doivent payer et pâtir de cette prise d'otage et de ce traitement aussi long qu'inhumain), leur couverture des manifestations en Israël qui ont donné l'impression au Hamas que nous étions prêts à tout, leur rôle défaitiste dans le traitement de l'information, ne peut que prolonger cette règle stupide qui semble diriger notre comportement. Il est temps de décréter que qui perd paie et que "qui gagne, gagne".

Alors nous saurons comment traiter le Hamas et ses alliés de Ramallah, comment pousser à la constitution d'un gouvernement conforme aux souhaits des électeurs juifs et sionistes de ce pays, comment libérer notre soldat à quelques dizaines de mètres de nos positions.

Jabotinsky nous enseignait qu'un propriétaire doit savoir se comporter comme tel et défendre ses droits. Un vainqueur doit savoir assumer avec fierté sa victoire et ne pas s'excuser d'avoir gagné.

Jacques Kupfer

16.03.2009

DEUX PAS EN ARRIERE…

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L’équipe Olmert-Livni-Barak a réussi à partir de leurs bureaux à anéantir les résultats obtenus sur le terrain par Tsahal lors de l’opération "Plomb durci". Les Kassam et Grad continuent de pleuvoir sur le Néguev et seuls les miracles quotidiens préservent nos enfants dans les écoles d’Ashkelon atteintes par les missiles arabes. Le Hamas continue à prétendre avoir gagné la guerre. C’est à croire que l’opération militaire n’était pas destinée à éliminer les terroristes mais à rajouter quelques mandats législatifs à une équipe en faillite.

Il semblerait que la gauche israélienne a fini par faire sienne la proposition défaitiste qui considère qu’il n’y aurait pas de solution militaire. Le fait d’avoir déclenché l’attaque de Gaza trop tard et de l’avoir terminé trop tôt sans obtenir la fin du Hamas et la reddition sans condition des terroristes éventuellement encore en vie, affaiblit l’Etat hébreu. Notre faiblesse et nos propres compromissions laissent supposer aux puissances "amies" qu’il est indispensable de céder aux revendications arabes.

Une Extorsion de fonds

Si Madame Livni estime qu’il est indispensable de créer un deuxième état "palestinien" sur ce qui reste d’Erets Israël entre des mains juives, pourquoi s’étonner que Madame Clinton estime cette création "inévitable" ? Si l’exemple de la destruction du Gouch Katif n’a pas suffi à la gauche israélienne pour comprendre que, en cas de retrait de Judée-Samarie, ce sera à partir de là que seront lancés les missiles perfectionnés contre toutes les villes côtières et contre Jérusalem, pourquoi s’étonner des pressions européennes et américaines ?

Si la néfaste équipe gouvernementale a accepté d’envisager un retrait du Golan, pourquoi s’étonner que le président Obama désire renouer avec Damas sans considérer les dangers de prolifération nucléaire dont la Syrie est reconnue coupable ? Si la seule réaction aux agressions arabes est le bombardement de quelques tunnels vides sur les centaines en exercice, pourquoi s’étonner que les pays donateurs offrent au Hamas plus de quatre milliards de dollars pour "reconstruire" ce qu’Israël sera appelé dans un proche avenir à détruire à nouveau ?

Et quid des maisons détruites à Ashkelon et Sderot ? Et quid de Guilad Shalit ? Et quid des fusées quotidiennes qui pleuvent sur Israël ? Les 75 pays donateurs n’en ont cure car le principal est de répondre favorablement à l’extorsion de fonds organisée par Abbas et Hanyeh !

C’est le Sharm avec cheque !

Le responsable de cette situation hostile réside dans cette gauche israélienne qui cultive la haine de soi, les complexes et le sentiment de culpabilité. Et il semblerait que ce soit contagieux au point de contaminer la droite.

C’est notre presse et nos politiciens qui ont décrété que des futurs ministres israéliens représentent "l’extrême droite" alors qu’il s’agit de recentrage. Il est extraordinaire de voir que le parti Kadima qui prône le retrait et l’expulsion des juifs de Judée Samarie, la création d’un état terroriste à quelques kilomètres de Natanya, de Kvar Saba et de Herzlya soit qualifié par nos medias de "centriste" ! Dans ces conditions effectivement tout le bloc national devient d’extrême droite !

Le résultat de Munich : la Guerre

La politique de concessions et d’apaisement des arabes et de l’islam le plus meurtrier sont pratiqués par ces chefs d’Etat qui pensent régler leur propres problèmes en sacrifiant Israël. Tout comme les Chamberlain et Daladier ont cru acheter la paix et l’apaisement d’Hitler en dépeçant la Tchécoslovaquie. Ce n’est pas en créant au détriment de l’Etat juif une énième dictature arabe que M. Sarkozy réglera les problèmes de la Seine Saint Denis. Le résultat de Munich fut la seconde guerre mondiale car les Tchèques avaient été forcés d’accepter leur propre sacrifice.

Nous nous orientons sur ce même chemin. Il n’est que temps de parler d’une vois ferme et puissante pour expliquer au monde que nous sommes, une fois de plus aux avants postes de la lutte contre la barbarie et l’obscurantisme. Nous formons le barrage que l’union européenne et les USA d’Obama tentent de démanteler.

Il est indispensable de réveiller les consciences intelligentes en Occident car après nous, ce sera sur eux que déferlera (et que déferle déjà) l’Islam de la "guerre sainte".et que Israël n’a aucune intention de se suicider.

Nous attendons encore l’intervention d’un dirigeant juif qui alerte le monde, sorte le peuple juif de son anesthésie et mobilise nos amis dans un combat pour la pérennité de nos civilisations contre l’obscurantisme des ennemis de la liberté et de la démocratie.

Faisons un pas en avant. Avec confiance dans le destin d’Israël et dans notre Gardien, le courage finira par payer et s’il ne nous amènera pas plus l’amour des peuples qu’aujourd’hui, il amènera au moins le respect et l’admiration.

13.03.2009

«Israël n'est pas le peuple juif»

body9790iWmLUKmLExKanei.jpgJacques Attali, né en 1943, à Alger, est économiste et écrivain. Ancien conseiller de François Mitterrand puis président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, il dirige actuellement PlaNet Finance qui s’occupe du microcrédit

L'écrivain français vient de publier le «Dictionnaire amoureux du judaïsme». Rencontre.

Laszlo Molnar - le 10 mars 2009

Le Matin

Votre nouveau livre porte le titre de «Dictionnaire amoureux du judaïsme», pensez-vous que le conflit israélo-palestinien empêche actuellement d'être amoureux du peuple juif?

Ça n'a absolument aucun rapport. C'est étrange que vous posiez cette question. C'est un conflit territorial entre deux nations. Ça n'a aucun rapport avec le judaïsme qui existe depuis 3000 ans et qui continuera à exister quoi qu'il arrive à Israël.

Pourtant depuis l'invasion du Liban par Israël, les gens ont tendance à lier le peuple juif et Israël...


Mais les gens c'est qui ? C'est vous ? Le peuple juif a une histoire planétaire et millénaire qui n'a rien à voir avec l'Etat d'Israël.

Mais beaucoup d'Européens...


Vous êtes peut-être entouré de gens qui font la confusion. L'Etat moderne d'Israël n'a rien à voir avec l'identité juive.

Les gens font donc la différence...

Encore une fois, les gens je ne sais pas qui c'est. Mais je pense que oui, ils font la différence.

Vous croyez que les écoles ont enseigné cette différence ?


L'enseignement catholique n'a pas insisté sur la judaïté de Jésus. Je préciserais que certains chrétiens minoritaires et certains musulmans minoritaires n'aiment pas rappeler que leur religion a des racines juives. Ils préféreraient qu'il n'y ait personne avant eux. On peut les comprendre: il n'est pas aisé d'avoir quelqu'un avant soi. Pour ces personnes, la religion commence avec eux et pas avant eux. Dans ces religions, on reconnaît cependant la paternité du judaïsme.

L'intolérance actuelle n'est donc pas liée au conflit israélo-arabe?

L'antisémitisme précède l'existence de l'Etat d'Israël. La Shoah a eu lieu avant la création de l'Etat d'Israël.

Ces dernières années, on a considéré la France comme un pays antisémite...


C'est complètement faux. La France n'a jamais été un pays antisémite. C'était une tentative de certains Israéliens et de certains Américains. Je sais que même des personnes de la communauté juive de France l'ont dit, mais c'est absurde.

Dans quel but?

Quelques responsables israéliens auraient souhaité que les juifs français immigrent vers Israël. D'autres cherchaient à brouiller les relations franco-américaines. Mais c'était complètement absurde.

Destinez-vous votre livre à un large public, ou seulement aux intellectuels?

Il a été publié il y a un mois, et, selon les critiques, il devrait intéresser un large public. C'est ce que je souhaite. Je cherche avec ce livre à reparler des fondements du monothéisme que partagent le judaïsme, le catholicisme et l'islam.

«Dictionnaire amoureux du judaïsme», par Jacques Attali, aux éditions plon/fayard


© Jacques Attali et Le Matin, de Lausanne

 

Il est atterrant d'entendre un tel concentré de lieux communs, aussi simplistes et agressifs que controuvés, de la bouche de ce grand bourgeois juif, pour qui il n'est bon bec que de Paris et de la France, et non de Jérusalem et d'Israël. Habitué à parler et à s'écouter parler, Attali use d'un ton protecteur, non dénué de brutalité. Il interrompt son intervieweur avec une houtzpah toute israélienne, insolite chez cet israélophobe impénitent. Impossible de commenter chaque contrevérité, chaque insulte, émises d'un ton d'autant plus sûr de soi, que sa Seigneurie ne se gêne pas pour vous faire comprendre qu'à part lui, rares sont les génies capables de réaliser que "l'Etat moderne d'Israël n'a rien à voir avec l'identité juive". Qu'Attali n'en pince pas pour l'Etat juif, c'est visible, et c'est son droit; mais qu'il s'évertue à en dégoûter les autres, c'est de l'hubris et du mauvais goût. A défaut de le faire avec "quatre grains d'ellébore" [*], je lui conseille de se purger avec la magnifique définition de l'ex-rédacteur en chef du "Monde", Luc Rosenzweig, qui parle d'Israël comme d'«un problème qui tarabuste nos éditorialistes hexagonaux depuis toujours : celui de la complexité d’une religion-peuple où même les juifs athées sont persuadés de la nécessité et de la légitimité d’un Etat juif». Môssieu Attali ferait bien d'en prendre de la graine. (Menahem Macina).

 

[*] Cf. Jean de La Fontaine, Le lièvre et la tortue. [**] Voir, sur le site Causeur, "Shlomo de Paname"

10.02.2009

Vidéo : Hamas killing Fatah members in Gaza

Hamas why people are in love with these guys - Road90.flv

07.02.2009

Guerre froide au Moyen-Orient

1ère partie : la Guerre de Gaza

Introduction

La Guerre de Gaza de 2009 a été qualifiée par les médias de conflit militaire opposant Israël et le Hamas. Cette guerre toutefois, à l´instar de la guerre du Liban de 2006 et d´autres événements militaires et politiques intervenus pendant les trois dernières décennies au Moyen-Orient, ont un dénominateur commun : ils découlent tous du conflit qui oppose l´Iran révolutionnaire et le Royaume d´Arabie saoudite et les camps respectifs de  chacun. Là se trouve la clé d´une bonne compréhension du Moyen-Orient du 21ème siècle.

Ce conflit irano-saoudien, dont les différents volets géostratégique, religieux, ethnique et économique affectent le Moyen-Orient depuis trente ans, a débuté avec la Révolution islamique d´Iran, sous l´ayatollah Ruhollah Khomeiny. Depuis, il y a eu des périodes d´accalmie (notamment sous la présidence du président iranien Mohammed Khatami), mais ce conflit s´est enflammé avec l´arrivée au pouvoir du président Mahmoud Ahmadinejad. Il s´est dernièrement muté en véritable guerre froide, comme le reflète l´émergence de deux blocs distincts au Moyen-Orient : l´axe iranien (qui comprend l´Iran, la Syrie, le Qatar, le Hezbollah et le Hamas) et le camp égypto-saoudien, auquel s´identifie la plupart des autres pays arabes.

Ce chiisme et cette guerre froide ont un impact majeur au niveau national, régional et international, limitant considérablement la marge de manoeuvre diplomatique dans le règlement des conflits inter-palestinien, arabe-israélien et face au problème de la nucléarisation de l´Iran.

La Guerre de Gaza : chronologie des événements

La Guerre de Gaza a éclaté le 27 décembre 2008, après que le dirigeant du Hamas Khaled Mechaal eut refusé – apparemment sur les ordres du ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki (1) – de participer aux pourparlers pour un accord inter-palestinien négocié par l´intermédiaire du Caire. Au lieu de quoi, il a annoncé de Damas que la Tahdia (période de calme) avec Israël avait pris fin et ne serait pas renouvelée, tandis que ses hommes lançaient des dizaines de roquettes sur le sud d´Israël.

 

Dès le déclenchement des hostilités, la Syrie et le Qatar se sont efforcés de réunir un sommet d´urgence de la Ligue arabe pour venir en aide au Hamas. Cette initiative a été bloquée par l´Egypte et l´Arabie saoudite lors de la réunion au Caire du 31 décembre 2008 des ministres arabes des Affaires étrangères, où il a été décidé de limiter l´activité diplomatique aux efforts visant à faire cesser les hostilités. Selon des rapports, le président égyptien Hosni Moubarak aurait déclaré lors d´un entretien à huis clos avec les ministres européens des Affaires étrangères que "le Hamas ne doit pas sortir gagnant des affrontements". (2)

 

Le Qatar et la Syrie ont toutefois persévéré dans leur voie, avec le sommet d´urgence du 16 janvier 2009, auquel pouvaient assister tous ceux qui le souhaitaient. A ce stade, une campagne visant à faire pression sur les autres pays arabes fut lancée des deux côtés, l´Iran, la Syrie et le Qatar les invitant à participant au sommet, l´Arabie saoudite et l´Egypte à ne pas y assister.

 

Cette confrontation s´est terminée par la victoire du camp égypto-saoudien, vu que le sommet, tenu à Doha, a eu lieu en l´absence du quorum nécessaire. (3) A la consternation de certains pays arabes, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad était invité en tant qu´observateur. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan était aussi présent et y a manifesté son soutien total pour le Hamas. (4)

 

Pour consolider sa victoire politique, le camp égypto-saoudien a cherché le soutien international en convoquant tous les dirigeants européens à un week-end spécial à Charm el-Cheikh, le dimanche 18 janvier 2009. Les dirigeants européens ont tous participé au sommet, manifestant par là leur soutien au camp égypto-saoudien.

 

Le jour suivant (19 janvier), une conférence économique se tenait au Koweït et était partiellement consacrée à la Guerre de Gaza. Cette conférence, à laquelle ont assisté tous les dirigeants arabes, a révélé la prédominance du camp égypto-saoudien. Lors de la conférence, le Qatar a demandé l´approbation de la résolution de la conférence de Doha (selon laquelle l´Egypte abrogerait son Accord de paix avec Israël et l´Arabie saoudite reviendrait sur son Initiative de paix), demande rejetée par l´Arabie saoudite et l´Egypte. La conférence s´est achevée sans nouvelle résolution.

 

Le 18 janvier, le Hamas fut contraint d´accepter le cessez-le-feu déclaré unilatéralement par Israël le jour précédent, ainsi que la médiation égyptienne des pourparlers inter-palestiniens – deux demandes qui avaient été catégoriquement refusées avant la guerre.

 

On peut en conclure que contrairement à la Guerre du Liban de 2006 et aux affrontements consécutifs entre le Hezbollah et les Forces du 14 mars, qui ont conduit au contrôle du Liban par le Hezbollah et l´axe irano-syrien, (5) la Guerre de Gaza a favorisé la partie adverse : elle s´est terminée par la défaite du Hamas sur le terrain et la victoire politique du camp égypto-saoudien au niveau régional.

 

Notes:

 

(1) Al-Tayyeb Abdel Rahim, secrétaire général de la présidence de l´Autorité palestinienne, a affirmé que lors d´une visite à Damas, le ministre iranien des Affaires étrangères  Manouchehr Mottaki avait demandé aux dirigeants du Hamas de reprendre la résistance et d´empêcher l´Egypte de jouer un rôle dans le dialogue inter-palestinien. Al-Hayat Al-Jadida (Autorité palestinienne), 1er janvier 2009

 

(2) Haaretz (Israël), 6 janvier 2009

 

(3) Selon la charte de la Ligue arabe, toute réunion d´urgence doit réunir un quorum d´au moins 15 Etats membres. Ainsi, en soutenant l´initiative du sommet d´urgence ou en la rejetant, chaque pays arabe s´est positionné dans l´un des deux camps.

 

Ont assisté au sommet de Doha la Syrie, le Soudan, l´Algérie, le Liban (dont le président, selon le Hezbollah, a tout fait pour montrer qu´il y assistait sous la contrainte), l´archipel des Comores, la Mauritanie, l´Irak, Oman, la Libye, le Maroc et Djibouti. Le président de l´Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, qui coopère avec l´Egypte et l´Arabie saoudite, était absent. En revanche, des représentants de diverses factions palestiniennes, dont le Hamas, le Djihad islamique et le Front démocratique sont arrivés –  dans le jet privé de l´Emir du Qatar.

 

(4) Le ministre égyptien des Affaires étrangères Abu Al-Gheit a expliqué dans un entretien sur Orbit TV que l´Egypte avait contrecarré les efforts visant à réunir un sommet d´urgence parce que "l´action arabe ne peut dépendre du consentement de pays [non arabes] tels que l´archipel des Comores." Il a ajouté : "Où se trouvent les grands pays influents de la région, tels que l´Egypte et l´Arabie saoudite ?" Al-Masri Al-Yaum (Egypte), 29 janvier 2009.

 

(5) L´affrontement de 2008 entre le Hezbollah et les Forces du 14 mars s´est terminé par la victoire du Hezbollah, les exigences du mouvement ayant été exaucées : une majorité d´un tiers au cabinet, lui conférant le contrôle des décisions gouvernementales, et la nomination d´un président approuvé par le mouvement. En outre, le gouvernement du Premier ministre Fouad Siniora est revenu le 6 mai 2008 sur les décisions qui avaient déclenché l´affrontement entre Hezbollah et Forces du 14 mars, à savoir : le fait de déclarer illégal le réseau de communications privé du Hezbollah, accusé d´empiéter sur la souveraineté libanaise, et la poursuite de ceux l´ayant mis en place ; il et également revenu sur la décision de limoger le chef de la sécurité de l´aéroport de Beyrouth Wafiq Shuqair, affilié au Hezbollah. Al-Mustaqbal (Liban), le 15 mai 2008.

 

Lire la suite du rapport en anglais : http://memri.org/bin/latestnews.cgi?ID=IA49209.

 

Sommaire du rapport en anglais :

Introduction

The 2009 Gaza War: Timeline

The Iranian-Saudi/Shi´ite-Sunni Rivalry in the Wake of the 1979 Islamic Revolution

The Escalation of the Conflict During Ahmadinejad´s Presidency

Iran Extends Its Influence Into the Arab World

The Emergence of the Iran-Syria-Qatar-Hizbullah Axis

The 2009 Gaza War Deepens the Schism Between the Two Camps

After The War - The Schism Between the Two Camps is An Acknowledged Fact

The Saudi Camp: Iran Is Responsible for the Rift in the Arab World

"The Trojan Horse" - Qatar´s Role in Consolidating the Iranian Axis

Two Camps, Two Contrasting Approaches to the Arab-Israeli Conflict

  MEMRI Veuillez adresser vos emails à memri@memrieurope.org.

03.02.2009

En Turquie, la communauté juive craint une poussée d'antisémitisme

A bas Israël ! Nous ne voulons pas de vous dans la République turque." L'inscription en lettres rouges barre le mur d'un immeuble, près de la grande synagogue Neve Shalom d'Istanbul. Un immense drapeau palestinien a été déployé par les habitants au-dessus de la rue, bouclée et protégée par un car de police. Depuis trois semaines, les autorités turques ont renforcé la sécurité autour du rabbinat et des fondations appartenant à la communauté juive, qui compte environ 25 000 personnes, principalement regroupées à Istanbul.

Tous confient leur inquiétude à mots couverts et disent craindre une vague d'antisémitisme depuis les opérations israéliennes à Gaza, en janvier. Lettres de menaces et insultes antisémites ont fleuri. Le consulat d'Israël à Istanbul, assiégé par les manifestants, a reçu des milliers de courriels. La synagogue d'Izmir et celle de Kadiköy, à Istanbul, ont été barbouillées de graffitis. "Dans la communauté, beaucoup songent maintenant à quitter la Turquie", affirme Kerem, jeune patron stambouliote. Mon père, né dans les années 1940, dit que c'est la pire période qu'il ait vécue. L'antisémitisme n'est pas nouveau, mais il devient plus populaire à cause d'Erdogan."

Le premier ministre et chef du parti islamo-conservateur est accusé d'avoir attisé une colère déjà vive au sein de la société turque, majoritairement musulmane. "Les manifestations contre la politique israélienne ont rapidement pris un ton antisémite et le premier ministre a encouragé tout cela", acquiesce Sami Kohen, éditorialiste au quotidien Milliyet. En effet, M. Erdogan, dans ses discours dénonçant les "crimes de guerre israéliens", n'a pas pris la peine de faire la différence entre "juifs" et "Israéliens".

Le président de la communauté juive, Silvio Ovadia, a réclamé une réponse ferme des autorités contre les dérapages antisémites. Le cas d'une association locale à Osmangazi (ouest) interdisant ses locaux aux "juifs et Arméniens" a particulièrement ému la communauté. Des appels au boycottage contre "les entreprises juives" ont également été lancés par des associations de consommateurs.

Pour marquer leur soutien à la population palestinienne, les municipalités ont organisé des campagnes de dons et chaque député a mis la main à la poche. La plupart des juifs d'Istanbul refusent d'y voir plus qu'une poussée de fièvre passagère. "C'est difficile de subir cette hostilité, surtout pour les jeunes, soupire Ayse, employée d'une institution juive d'Istanbul. Mon fils a un enfant de 4 ans et il se pose des questions sur son avenir." De même, le 13 janvier, le ministère de l'éducation a fait observer une minute de silence pour les enfants palestiniens dans les écoles et beaucoup de parents ont craint des représailles.

M. Erdogan a maladroitement tenté de souligner que les juifs turcs vivaient en paix depuis la fin du XVe siècle : "Nos ancêtres ottomans vous ont sauvés quand vous êtes partis d'Espagne." "Le passeport turc nous a aussi sauvés pendant la seconde guerre mondiale, rétorque Ayse. Mais après cinq cents ans de présence, beaucoup ne supportent plus ni l'amalgame fait avec Israël ni d'être considérés, à chaque crise, comme des citoyens de second rang au motif qu'ils sont non-musulmans."

Un avis exprimé à son tour par la psychologue Leyla Navaro dans le quotidien libéral Radikal. "On me tient pour responsable de la guerre au Moyen-Orient parce qu'il est écrit "judaïsme" dans la case religion de ma carte d'identité, écrit-elle dans une tribune libre. Suis-je toujours redevable, matériellement et moralement, du fait que le sultan ait accueilli mes ancêtres ? Suis-je toujours considérée comme une invitée sur ces terres où je suis née et où j'ai grandi ? (...) Aujourd'hui, je suis triste, préoccupée. J'ai peur."

Guillaume Perrier ISTANBUL CORRESPONDANCE
Merci Jo

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