08.05.2008

Il y a 60 ans : Yom Haatsmaout

Le 8 mai de Leclerc

205773501.jpgLe 8 mai 1945 que nous commémorons aujourd’hui comme un jour de Paix, fut aussi un jour de joie et de fierté pour les authentiques héros de la résistance au Nazisme et pour les peuples de notre continent, victimes de l’atroce guerre civile qui marquera, brutalement, le début de la décadence de l’Europe et l’extension de la double barbarie américano-soviétique.

Un exemple du paradoxe de la victoire du 8 mai nous est donné par l’attitude de Leclerc.

Contre les lois de la guerre, contre les lois de l’honneur, le général Leclerc, qui dans quelques mois sera responsable de la lutte contre le stalinisme en Indochine fera fusiller ce jour douze volontaires français partis combattre le régime stalinien sur le front de l’est.

En effet, dans les premiers jours du mois de mai 1945, une douzaine de Waffen SS français se rendent à l'armée américaine. Fatigués ou blessés ils sont issus du régiment "Hersche".

Ils sont, avec d'autres prisonniers allemands, internés dans une caserne de Bad reichenall (ancienne caserne des chasseurs de montagne). Le 6 mai 1945, la 2ème DB de Leclerc occupe la ville. Ils sont placés sous surveillance et seront par la suite questionnés par Leclerc. Comme il leur reproche d'avoir revêtu l'uniforme allemand, les prisonniers rétorquent qu'il porte lui-même un uniforme américain. Le général Leclerc, devant cette « attitude insolente », décide de faire fusiller les douze français, sans aucun jugement !

L'exécution aura lieu, par trois groupes de quatre hommes le 8 mai 1945 (!). Les prisonniers sont conduits à Karlstein ou plus exactement au lieu-dit Kugbach ou Kugelbach, là ils apprendront qu'ils devront être exécutés dans le dos ce que les SS refusent.

C'est un lieutenant plutôt affolé et en désaccord avec l'ordre qui doit commander l'exécution. Les Waffen SS français s'écroulent par groupe de quatre l'un après l'autre sous les balles aux cris de "vive la France !".Les corps sont laissés sur place conformément aux ordres.

Trois jours après, ils seront finalement enterrés, le nom des fusillés sera porté sur des croix par des militaires américains . Le 6 décembre 1948, une enquête est ouverte suite à la demande des familles, sans aucune suite judiciaire. Le 2 juin 1949, les corps des SS seront transférés dans le cimetière communal de Sankt Zeno, à Bad reichenhall. La tombe commune se trouve dans le "gruppe 11, reihe 3, nr 81 et 82".

Le père Maxime Gaume, ancien missionnaire au Dahomey et aumônier dans la division Leclerc, est le seul témoin connu de l'exécution. Son témoignage a été communiqué aux familles des victimes identifiées.

«Après que la décision eut été prise à I'état-major de la division de fusiller les prisonniers sans jugement, le père Fouquet, aumônier divisionnaire, me donna I'ordre d'assister ceux-ci dans leurs derniers moments. Le jeune lieutenant qui reçut l'ordre de commander le peloton d'exécution n'appartenait d'ailleurs pas à mon unité et était complètement affolé d'avoir à exécuter un pareil ordre, se demandant même s'il n'allait pas refuser d'obéir. II résolut alors de faire au moins tout ce qui était en son pouvoir pour adoucir les derniers instants des victimes - et communia même avec eux avant l'exécution. Un seul refusa les secours de la religion; trois d'entre eux déclarèrent n'avoir aucun message à faire transmettre à leur famille. La fusillade se fit en trois fois: par groupe de quatre, de sorte que les derniers virent tomber leurs camarades sous leurs yeux. Tous refusèrent d'avoir les yeux bandés et tombèrent bravement aux cris de « Vive la France». »

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07.05.2008

7 mai 1954 : chute de Diên Biên Phu

04.05.2008

6e JOURNEE NORMANDE

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Cette journée est dédiée au patrimoine Normand et aura lieu sur le terrain de sport.

La journée se déroulera ainsi :

- 9h45 : Rendez-vous sur le stand de l'office de tourisme pour la randonnée pédestre entre Terre et Mer (9km).

- 10h00 : Ouverture de la Journée Normande
avec le marché du Terroir et de l'Artisanat ; bijoux vikings, peinture, bière et cidre normands, hypocras, terrines médiévales, confitures, sablés normands livres, magazines, drapeaux, vêtements régionalistes, sculpture, céramique, décoration, et bien d'autres choses à découvrir...
Les vikings de Blodig Brødre vous accueilleront toute la journée sur leur camp pour des démonstrations de combats, de vie quotidienne, d'artisanat et de jeux d'époque.

- 12h00 : possibilité de se restaurer sur place avec, au choix, un repas Normand ou un repas Médiéval qui ravira les gourmets et les gourmands.

- 15h00 : Conférence : « Introduction aux parlers locaux de Normandie » par Monsieur Stéphane Laîné, linguiste et enseignant à l'université de Caen.

En plus du Marché Normand et des conférences, nous vous proposons, lors de cette Journée Normande, une Ferme Pédagogique et des animations pour petits et grands.

Cette manifestation est entièrement gratuite et ouverte à tous.
Elle vous permettra de découvrir la Normandie sous un angle tout à fait nouveau.

Pour plus de renseignements,
n'hésitez pas à contacter notre association par mail : uniondespaysnormands@yahoo.no
ou à visiter notre blog :
http://journeenormande.hautetfort.com

03.05.2008

Charles Lindbergh

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Grand, blond et taciturne, il appartenait à la race des conquérants nordiques. Cinq siècles avant Christophe Colomb, ses ancêtres avaient colonisé l'Amérique sous la conduite de Leif l'Heureux. Le 21 mai 1927, Charles Lindbergh accomplissait la première traversée aérienne de l'Atlantique : 33 heures et 29 minutes de combat solitaire contre les forces conjuguées de la nature, de la fatigue et du découragement. Mort le 26 août 1974 à Hawaï, à l'âge de soixante-douze ans, Charles Lindbergh avait incarné alors les vertus des pionniers de l'Amérique, avec une espèce d'ingénuité qui faisait de lui véritablement une légende vivante. Comme l'écrivait Olivier Merlin dans Le Monde, il ressemblait à ces êtres solitaires des romans de science-fiction, " à la peau trop blonde, au regard trop candide pour être du sang de notre univers détraqué, comme s'il venaient de plus loin que notre firmament, d'on ne sait quel espace sidéral. "

Mais Charles Lindbergh ne venait pas de quelque lointaine planète. Il venait de plus profond de cette race qu'il savait menacée dans " cet univers détraqué ".

Héros de l'aviation civile américaine, nommé colonel par le président Coolidge, Charles Lindbergh fut en effet un observateur extraordinairement perspicace et terriblement angoissé. Son Journal du temps de guerre, publié aux éditions Albin Michel, a été l'objet d'un ostracisme significatif de la part des grands organes de presse. C'est que Lindbergh avait gardé un esprit critique peu conforme à la mentalité ambiante.

Le livre commence par une déclaration : " Vous me demandez quelles sont les conclusions que je tire de cette relecture de mes journaux, de ce regard en arrière sur la Seconde Guerre mondiale, avec un recul d'un quart de siècle. Au sens militaire du mot, nous avons gagné la guerre ; dans un sens plus large, il me semble que nous l'avons perdue, car notre civilisation occidentale est moins respectée et moins sûre qu'auparavant. Une grande partie de notre culture occidentale a été détruite. Nous avons gaspillé une hérédité génétique formée pendant des millénaires par des millions de vies. Entre-temps, les Soviets ont abaissé un rideau de fer entre nous et l'Europe orientale, et un gouvernement chinois ennemi nous menace en Asie... "

Patriote américain, Charles Lindbergh aimait l'Europe qui lui avait réservé un accueil fraternel. Au cours d'un voyage en Allemagne, il note dans son Journal : " Je voudrais mieux connaître ce pays. Les Allemands sont un grand peuple et je pense que leur bien-être est inséparable de celui de l'Europe. L'avenir de l'Europe dépend de la force de ce pays. Seule une guerre pourrait l'abattre et ce serait le désastre pour tous. Nous devons construire notre avenir sur la force, et non sur un équilibre de forces fondé sur la faiblesse. "

Charles Lindbergh est alors obsédé par l'imminence d'une guerre civile européenne et dénonce le bellicisme irresponsable de Roosevelt. En décembre 1938 il écrit : " Si nous devons réarmer, faisons-le dans Ie but d'augmenter notre propre force, tout comme un homme s'entraîne physiquement pour se maintenir en bonne santé. Mais réarmer spécifiquement contre l'Allemagne ou le Japon est une grave erreur, à moins que nous ne désirions pas éviter la guerre. Ce qui me tracasse, c'est que tous nos peuples nordiques se montrent les dents et s'arment les uns contre les autres. Si l'Angleterre et l'Allemagne s'affrontent dans une nouvelle guerre, la civilisation occidentale peut en périr. "

La société américaine ne lui inspire pas des commentaires plus optimistes. Charles Lindbergh est effrayé par la menace que le mixage racial fait peser sur elle. Il milite, au sein de l'association " America first ", pour la " non-intervention " des Américains dans la guerre qui déchire l'Europe et s'attire l'hostilité d'une fraction croissante de l'opinion publique, intoxiquée par la propagande rooseveltienne. Ses amis l'invitent même à se présenter aux élections présidentielles contre Roosevelt dont il dit : " 0n peut d'autant moins se fier à ses promesses, qu'il affirme aujourd'hui le contraire de ce qu'il dira demain. "

Il note le 30 avril 1941 : " Quelle malchance ! Me voici en train de m'opposer a la participation de mon pays à une guerre à laquelle je ne crois pas, alors que je préférerais de beaucoup me battre pour mon pays dans une guerre à laquelle je croirais. Il y a des guerres pour lesquelles il est valable de se battre. mais entrer dans celle-ci, c'est se lancer dans une aventure désastreuse pour notre pays, et peut-être pour toute notre civilisation. "

Après Pearl Harbour, Charles Lindbergh demande une affectation en première ligne, dans le Pacifique. Roosevelt la lui refuse. Par haine. Lindbergh réussira cependant à combattre grâce à l'amitié du général Mac Arthur.

Aventurier et moraliste, Charles Lindbergh possédait ce génie créateur que l'on trouvait peut-être chez certains hommes de la Renaissance. En 1930, il rencontrait à l'institut Rockefeller un autre être d'élite : Alexis Carrel. Entre les deux hommes devait naître une étonnante collaboration scientifique, et une amitié indéfectible. A ce moment, les recherches du savant sur la survie in vitro d'un coeur extrait et séparé d'un corps en vie, se trouvaient arrêtées par des difficultés d'ordre mécanique. Dans son livre sur Alexis Carrel ( Les Sept Couleurs ), le docteur Robert Soupault raconte : " Encore une fois la chance - une chance invraisemblable - allait le servir. Alors que ses recherches semblaient bloqués par des obstacles invincibles... voilà que surgissait ce génie - car c'en était un - apparu déjà trois ans plus tôt dans le ciel du Bourget comme un jeune dieu maître de la machine vainqueur de l'espace, et qu'il lui tombait du ciel pour résoudre l'insoluble. "

Cinq ans plus tard, l'aviateur mettait au point une " pompe artificielle ", la " Lindbergh pump ", ouvrait à la chirurgie cardiaque des possibilités insoupçonnables. Et en 1938, Carrel et Lindbergh écrivaient ensemble un ouvrage fondamental, La culture des organes.

Il était peu de figures aussi exaltantes que celle de Charles Lindbergh. Peu d'aussi graves enfin. Il était venu au salon aéronautique du Bourget applaudir au vol du Concorde. Mais il craignait que l'homme ne se déracinât de ses origines naturelles. Alors durant plusieurs années, il se consacra à l'étude des espèces vivantes et à leur protection.

Michel Marmin in Eléments n°7

 

01.05.2008

Résister et Agir pour la défense de nos identités

Étant allée défendre l’identité de la France française au cours des débats organisés dans le cadre du Festival du Film à Douarnenez, en Finistère (18-24 août 2007) sur le thème « colonies, portraits de colonisés… » et ayant confirmée l’indignation et les accusations que j’avais exprimées de vive voix au cours de ces journées dans une lettre ouverte « J’ACCUSE… », celle-ci a conduit le juge d’instruction Richard Foltzer du tribunal de Grande Instance de Quimper a me mettre en examen (18/04/2008) en raison de la plainte déposée pour diffamation par le journaliste Olivier Legrand Maison et les cinéastes René Vautier et Mehdi Lallaoui.

Les débats auxquels j’avais participé dans le cadre de ces journées avaient pourtant le caractère politique que souhaitaient les organisateurs, eux au nom d’une « démarche citoyenne » de dénonciation de l’œuvre civilisatrice de la France d’outre-mer et d’outre Méditerranée, et moi, au nom du refus de l’obligatoire repentance et ce dans le cadre démocratique de la liberté d’expression d’un pays civilisé.

Me Frédéric Pichon du barreau de Paris assurera ma défense mais je compte également sur le réseau des amitiés patriotes pour profiter de cette tribune afin de crier la vérité en disant pourquoi nous ne demandons pas pardon, fiers du rôle que nous impose notre "blanchitude".

Claudine Dupont-Tingaud

Présidente de Réagir

A propos du Festival du Cinéma à Douarnenez....

488432962.jpgJ'ACCUSE ses organisateurs, les cinéastes et conférenciers invités, de FALSIFICATION DE NOTRE HISTOIRE COLONIALE :

car les films de René Vautier et Medhi Lallaoui, notamment, sont des films de propagande gauchiste et de « kollaboration » anti-française.

Pour des intervenants, tel Olivier Le Cour Grandmaison ou Odile Taubler, la colonisation ne fut que « spoliation, humiliation et violence » envers les populations indigènes... Routes, écoles, hôpitaux réservés « aux blancs ».... Populations locales affamées, « condamnées au travail forcé »....Richesses locales exploitées au seul profit des colons...

Bref : le refus sans aucune concession de ce que même les historiens ou hommes politiques les plus critiques à l'égard de notre présence outre-mer, les plus favorables aux luttes pour les « indépendances » de nos anciennes colonies ou départements, n'ont jamais contesté... Tel Ferhat Abbas, président du « Gouvernement Provisoire de la République Algérienne » (GPRA) reconnaissant que « la France n 'a pas colonisé l'Algérie, elle l'a fondée ! » ou Aït Ahmed, chef historique du FLN, déplorant les conditions dans lesquelles les Européens avaient été contraints de quitter l'Algérie en 1962, et paraphrasant Talleyrand « .. Ce fut pire qu’un crime, une faute ! »

J'ACCUSE le cinéaste René Vautier de mensonge délibéré dans ses « films culte » « 20 ans dans les Aurès » et «Afrique 50 » où, lui-même en faisant l'aveu, des images prises hors contexte sont présentées comme prises sur le vif pour rendre plus «saignante sa caméra citoyenne » et plus convaincante son idéologie manipulatrice....

J'ACCUSE le professeur Olivier Le Cour Grandmaison de « négationnisme » - au sens primaire du terme - en niant l'œuvre positive de notre civilisation alors qu'il peut constater comme nous que des milliers de colonisés quittent chaque jour, au péril de leur vie, leur continent d'origine pour rejoindre le pays des colonisateurs.... et en refusant de se souvenir que dans un article récent, un responsable politique de Centre-Afrique lui rappelait que les Gaulois avaient, eux aussi, étaient colonisés... par les Romains, et que nous n'en demandions pas compte... aux Italiens !

J'ACCUSE le cinéaste Mehdi Lallaoui de vouloir, en nous imposant la « tyrannie de la repentance » instiller en nous la haine de notre Histoire commune, alors qu'il sait fort bien que la conquête de l'Algérie en 1830 a libéré les populations d'Afrique du Nord du joug des Barbaresques de l'Empire Ottoman !... Et que ce sont massacres, tortures, viols exercés contre la population algérienne, toutes religions confondues, par un FLN fanatisé et un De Gaulle impatient de l'abandonner, qui a condamnée l'Algérie, privée des hommes qui en faisaient la richesse, à vivre la misère qu'elle connaît aujourd'hui.

J'ACCUSE enfin les organisateurs de cette mascarade partisane financée par des fonds publics de ne m'avoir consenti qu'une brève contradiction aux thèses racistes anti-françaises, et de perpétrer ainsi, en n'ouvrant porte, micros et écrans qu'à une version hémiplégique de notre Histoire, un véritable génocide culturel au seul bénéfice des néo-colonialistes « humanitaires ».

 

Quand les soixante-huitards passent à l’autre bord…

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Ils couraient au pas de charge dans les rues de Berlin, de Paris et même de Vienne en scandant des slogans d’extrême gauche, prenaient d’assaut les auditoires des universités, se battaient sauvagement contre la police dans les rues. Et de fait, en l’année 1968, le monde semblait sorti de ses gonds. Et pas seulement parce que des étudiantes, en signe de protestation, exhibaient leurs seins nus au visage de professeurs médusés et désarçonnés ! Mais surtout parce que la classe politique dominante, dans la portion d’Europe qui n’était pas sous la férule communiste soviétique, a sérieusement redouté que les peuples n’accepteraient plus, à terme, la coopération militaire avec les Etats-Unis, grande puissance protectrice à l’époque de la Guerre Froide. Les rapports sur la manière, dont les troupes américaines menaient leur guerre en Indochine ex-française, et sur les crimes qu’elles y commettaient, servaient de prétexte à toute une jeunesse pour se réclamer non seulement de l’anticapitalisme, mais aussi de l’antiaméricanisme et de l’anti-impérialisme.

2056577030.jpgEn République Fédérale allemande, tout un éventail d’organisations, situées idéologiquement à la gauche de la gauche, émergeaient dans le paysage politique, en marge de l’établissement. Parmi elles, le SDS ou « Sozialistischer Deutscher Studentenbund », qui, entendait, sur le long terme, renverser l’établissement politique, bouleverser les certitudes et conventions de la société. Dans un premier temps, cette jeunesse s’était dressée contre « tout le moisi (« Muff ») de mille ans d’âge accumulé sous les robes (des professeurs d’université) ». Elle avait pris pour armes intellectuelles les livres de la « théorie critique » de l’École de Francfort. Aujourd’hui, ces révolutionnaires de la fin des années 60 sont sur le point de prendre leur retraite. L’APO annonçait une « longue marche » à travers les institutions et ses porte paroles de l’époque imaginaient que cette pérégrination combattante prendrait plus de temps : rapidement, les trublions ont réussi à occuper les postes qu’ils briguaient. Dans tous les domaines clefs des sociétés ouest-européennes, soit dans l’éducation, l’art, la culture, les médias, on les a accueillis avec bienveillance ; ce fut pour eux le succès assuré et ils ont donné le ton. Tous ceux qui n’ont pas franchi la limite fatale en s’engageant dans la clandestinité armée, le terrorisme de la « Rote Armee Faktion » de Baader, ont réussi en politique dans le cadre du parti des « Verts », ont reçu des titres de docteur et de docteur honoris causa, sont devenus ministres ou conseillers, avec, à la clé, des honoraires plantureux.

Quelques figures de proue de la révolte étudiante, comme Klaus Rainer Röhl, l’ex-mari de la terroriste ouest-allemande Ulrike Meinhof, à l’époque éditeur de l’organe central du mouvement extra-parlementaire, la revue « konkret », posent aujourd’hui un jugement très négatif sur le mouvement de 68. Leurs jugements sont en effet fort sévères et partiellement, dois-je dire, moi, qui n’ai pas un passé de gauche, injustifiés dans leur dureté. Certes, il est de bon ton de dire que, dans l’histoire allemande, il n’y a eu qu’une et une seule phase, où tout fut carrément mauvais et même atroce ; il n’en demeure pas moins que l’après-guerre avait généré une atmosphère terriblement viciée (« Mief »), où la société était satisfaite d’elle-même, où l’hypocrisie petite-bourgeoise étouffait tous les élans et où dominait une sous-culture sans relief faite de loisirs à deux sous et de variétés d’une épouvantable platitude ; tout cela a contribué à donner à la jeune génération un sentiment général d’asphyxie. Nous étions évidemment dans l’après-guerre, après 1945 qui avait sonné le glas de l’idéal national-socialiste de la « Communauté populaire » et il n’aurait pas été opportun de quitter, tant sur le plan politique que sur le plan social, le droit chemin du juste milieu, de la moyenne, de la médiocrité. Pour bien comprendre ce que je veux dire ici, rappelons-nous ce qu’a dit Günter Grass l’an passé, lui qui fut pendant plusieurs décennies le thuriféraire de la SPD, sur son engagement dans la Waffen SS qu’il avait auparavant si soigneusement occulté ; c’était, a-t-il déclaré, l’esprit « anti-bourgeois » de cette milice du parti national-socialiste qui l’avait fasciné.

Après le miracle économique de la RFA, il n’y avait plus de place dans la nouvelle société allemande pour une armée « anti-bourgeoise », quelle qu’en ait été l’idéologie. Certes, quand on voulait se détourner des choses purement matérielles, on avait le loisir de lire les existentialistes français, et c’était à peu près tout. Ces existentialistes, regroupés autour de Sartre, niaient la religion et développaient une anthropologie particulière, où l’homme n’était plus qu’un être isolé dans un monde insaisissable et dépourvu de sens. Des livres comme « L’homme révolté » ou « Le mythe de Sisyphe » d’Albert Camus étaient les références cardinales de cette époque, pour tous ceux qui pensaient échapper à la culture superficielle des années 50 et 60.

La plupart des faiseurs d’opinion actuels, qui tiennent à s’inscrire dans la tradition de 68, affirment, sans sourciller, que l’intelligence est à gauche, et à gauche uniquement, ce que prennent pour argent comptant tous les benêts qui n’ont jamais eu l’occasion de connaître des figures comme Martin Heidegger, Ernst Jünger, Helmut Schelsky, Carl Schmitt ou Arnold Gehlen, dont les idées ne sont certainement pas classables à gauche.

757312049.jpgIl est un dicton courant qui nous dit : celui qui, à vingt ans, n’est pas à gauche, n’a point de cœur, et celui qui l’est toujours à quarante ans n’a pas de cervelle. Parmi les anciens dirigeants du mouvement extra-parlementaire de 68, nombreuses sont toutefois les personnalités qui se sont éloignées de l’extrémisme de gauche.

Je viens de citer Klaus Rainer Röhl. Il fait bien évidemment partie de cette brochette d’esprits libres qui ont tourné le dos à leurs anciens engouements, parce qu’ils sont restés fidèles à l’idéal même de critique, un idéal qui ne peut tolérer les ritournelles, les figements. Röhl fait partie désormais de la petite phalange d’intellectuels qui critiquent avec acribie les mutations sociales de masse, que les idées de 68 ont impulsées. Bernd Rabehl, figure de proue du SDS étudiant, ainsi que de l’APO, en appelle, sans jamais ménager ses efforts, à l’esprit critique pour que l’on brise bientôt tous les liens par lesquels l’héritage intellectuel de 68 nous paralyse. Günter Maschke, jadis animateur pétulant de la « Subversive Aktion », est devenu, au fil du temps, journaliste en vue du principal quotidien allemand, la « Frankfurter Allgemeine Zeitung », avant d’abandonner cette position et de s’adonner pleinement à l’exégèse de l’œuvre immortelle de Carl Schmitt.

Cette liste de dissidents de la dissidence, devenue établissement, est bien sûr plus longue. Nous ne donnons ici que quelques exemples. Dépasser le marxisme, dont la logique est si fascinante, est un dur labeur intellectuel. Seuls les esprits vraiment forts peuvent avouer, aujourd’hui, qu’ils se sont trompés ou mépris dans leurs meilleures années, à l’époque de cette haute voltige intellectuelle dans nos universités.

La question se pose aujourd’hui : y a-t-il des passerelles voire des points de réelle convergence entre les idées du mouvement de 68 et le conservatisme (révolutionnaire ou non) ? La critique de la culture de masse abrutissante qui nous vient principalement des Etats-Unis, la critique de la folie consumériste et de la saturation qu’elle provoque, mais aussi la volonté de préserver l’environnement naturel de l’homme, sa « Heimat », sa patrie charnelle, sont autant de thématiques, d’idées et d’idéaux que l’on retrouve, sous d’autres appellations ou formules, dans l’héritage intellectuel du conservatisme ou des droites. Ni Maschke ni Rabehl ni Röhl ni les autres ni a fortiori un Horst Mahler ne sont devenus des intellectuels « bourgeois » aujourd’hui. Loin s’en faut ! Mais, si l’on réfléchit bien, au temps de leur jeunesse, un Ernst Jünger ou un Carl Schmitt seraient-ils allés siroter un p’tit kawa avec une Angela Merkel… ?

 

Dimitrij Grieb

Article paru dans l’hebdomadaire viennois « zur Zeit », trad. franç. : Robert Steuckers

30.04.2008

Le 4 mai 2008 marquera le trentième anniversaire de l’assassinat d’Henri Curiel

412766688.jpgMilitant de la cause de la libération des peuples dans le monde, assassiné à Paris par des tueurs professionnels que l’enquête policière et l’instruction judiciaire ont échoué à identifier.

Né le 13 septembre 1914 en Egypte. Le pays – une monarchie corrompue avec une population paysanne pressurée par des propriétaires fonciers – est militairement occupé par les troupes britanniques. En 1943, Henri Curiel crée une organisation communiste qui, en 1947, constituera avec les principales organisations de l’époque, le Mouvement démocratique de libération nationale MDLN. Le parti communiste soudanais en est également issu.
Dès le premier conflit israélo-arabe, Henri Curiel prend des positions qui le conduiront avec ses camarades en prison et, plus tard, à devenir l’un des pionniers du nécessaire dialogue entre Palestiniens et Israéliens. Il est expulsé par le roi Farouk en 1950 et perd sa nationalité égyptienne.

A Paris où il vit dans la clandestinité, il continue de militer en direction de l’Egypte et du Soudan avec un groupe d’exilés. En 1957, il s’engage dans le soutien en France au FLN, en collaboration avec le "réseau Jeanson" puis, après les arrestations de celui-ci, il en prendra la relève à la demande de la Fédération de France en créant ce qui sera connu sous le nom de "réseau Curiel". En octobre 1960, il est arrêté et détenu à la prison de Fresnes.

Libéré à la fin de la guerre, il reçoit le statut d’apatride. Il crée alors avec d’autres l’organisation qui s’appellera plus tard Solidarité et qui regroupera des militants d’horizons divers : communistes, prêtres ouvriers, des pasteurs, des syndicalistes et des personnalités de gauche d’horizons divers. Il s’agit de faire bénéficier les mouvements de libération nationale et les réseaux antifascistes (dans l’Espagne de Franco, le Portugal de Salazar et de Caetano, et dans la Grèce des colonels) de l’expérience acquise dans le soutien aux combattants algériens. Pendant quinze ans, dans le respect absolu des choix des organisations concernées, une aide efficace fut ainsi apportée à des mouvements aussi divers que l’ANC de Mandela et la résistance chilienne à Pinochet. Ce soutien était prodigué dans un esprit de solidarité internationale pour la libération des peuples opprimés.

A partir du début des années 70, Solidarité aide à la formation d’un groupe de Blancs afrikaans pour aider l’ANC sur place. Parallèlement il poursuit une action d’établissement de contacts entre Israéliens et Palestiniens dans le but de créer les conditions de la création d’un Etat palestinien dans les frontières d’avant la guerre de 1967..

En juin 1976, une campagne de diffamation de son action est lancée par le journaliste Georges Suffert dans Le Point. Deux ans plus tard, il est assassiné.

Cette action militante constante et désintéressée valut à Henri Curiel l’exil, la prison et la mort.

 

Les Amis D'Henri Curiel

Lire " Henri Curiel, citoyen du tiers-monde" par Gilles Perrault

http://www.monde-diplomatique.fr/1998/04/PERRAULT/10239

23.04.2008

Tchétchénie: le renseignement occidental soutenait les séparatistes

2026637135.jpgMOSCOU - RIA Novosti. Les services secrets occidentaux ont mis au point dans les années 1990 un plan visant à rendre effective l'indépendance de la Tchétchénie vis-à-vis de la Russie, affirme un documentaire intitulé "Plan Caucase" qui sera diffusé mardi soir sur la chaîne publique russe Pervi Kanal.

Selon un communiqué publié par la chaîne, la France imprimait des passeports d'Itchkérie (le nom donné à la république par les séparatistes), et des armements étaient acheminés vers la république à travers la Géorgie dans le cadre de cette opération.

Le citoyen turc d'origine tchétchène Aboubakar, connu depuis 40 ans sous le pseudonyme de Berkan Iachar, à la suite d'un contrat signé avec la CIA, raconte l'organisation dans les années 1990 d'une plateforme politique visant à obtenir la sécession de la république russe.

Selon lui, ce projet était financé par plusieurs Etats. Les passeports destinés à la République d'Itchkérie étaient imprimés par la France, la monnaie était fondue en Allemagne.

"Dans les années 1990, Aboubakar devient en quelque sorte l'éminence grise à travers laquelle on réalise les transactions financières plus ou moins juteuses destinées aux combattants du Caucase du Nord", affirment les réalisateurs du documentaire.

Selon eux, une des affaires les plus secrètes remonte au temps du leader séparatiste Djokhar Doudaïev dans les années 1990. M. Iachar participe alors à la mise au point d'un plan visant à acheminer illégalement des pierres précieuses à l'aéroport de Grozny.

"Le bénéfice dégagé servait à acheter des armes. Il ne s'agissait pas de sommes très importantes, entre 10 et 20 millions de dollars à chaque convoi", a confié Aboubakar, selon lequel cette filière n'a été découverte que plusieurs années plus tard.

"Ce ne sont que quelques exemples du soutien fourni par les services secrets étrangers à la sécession de la Tchétchénie", affirme le documentaire.

22.04.2008

L'ennemi intime