Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jean-luc pujo

  • Jean-Luc Pujo à Dijon (Bourgogne) samedi 8 novembre 2008

    spéc puj.jpg

    Invité par le Cercle Bourgogne-Résistance étudiante, Jluc Pujo a accepté de relever le défi lancé par cette organisation de réflexion.

     

     Après une présentation de l'auteur visant à expliciter sa démarche double - à la fois littéraire et politique - le débat enflammé a duré plus de trois heures autour de thèmes politiques passionnants : Pourquoi y a-t-il urgence pour une Révolution Républicaine en France ? Quel serait son contenu ? Thème développé à souhait par jluc Pujo , président des Clubs « Penser la France » et républicain de gauche. Les propos hyper-républicains de l'écrivain et militant ont eu l'heur de plaire aux étudiants s'accordant sur l'urgence d'un nouvel ordre social et politique.

    LIRE LA SUITE : http://delafrance.blogg.org/

  • Jean-Luc Pujo : L’éveilleur pyrénéen

    948138.jpg

    J’ai connu Jean-Luc Pujo, il y a une quinzaine d’années. Nous faisions partie de ces humbles fonctionnaires qui de Cycles Préparatoires en Instituts continuent à se forger un savoir qu’ils pensent être destiné au service de la collectivité.

    Jean-luc tranchait sur nous autres, misérables vieux potaches, par son sérieux, sa gravité, son paravent de solitude.

    Là où nos camarades d’étude se disposaient déjà à mimer les tics, les gestes et le langage hermétiquement abscons des futurs hauts fonctionnaires qu’ils se rêvaient devenir, Jean-Luc arpentait les salles, les couloirs et les allées de sa démarche régulière, lourde et puissante que Simenon aurait qualifié d’allure d’honnête homme…Seul le clignotement incessant de ses paupières et la mobilité extrême des yeux laissaient deviner un esprit sans cesse en mouvement, un goût de l’observation et de la curiosité aussi scientifique que l’entomologiste Monsieur Fabre. Le bonhomme m’intriguait comme un bol d’air dans la fournaise d’un volcan.

    Très vite, sa soif de connaissances, son obstination inébranlable dans l’effort captiva mon attention. Nous étions, en apparence, l’illustration parfaite des contraires : lorsque je risquais « un coup de génie et ça suffit ! », il marmonnait : « se remettre à l’ouvrage jusqu’à l’épuisement. ». Lorsque je noyais mes interlocuteurs sous un flot de provocations politiques provoquant maintes menaces d’exclusion du groupe et de rêves secrets que je finisse au bagne, il était le seul à dire avec son accent inimitable : « Laisse ces pitres, arrête de déconner. Viens on va parler sérieusement. ».

    Et depuis, nous nous parlons, nous nous emportons, nous nous engueulons, nous nous insultons et nous nous faisons la gueule.

    Bref, nous sommes amis, sans doute est-il pour moi l’un des plus précieux.

    Aussi, à la parution de son livre les chemins de terre, je suis resté plusieurs jours, sans l’ouvrir, à regarder l’ouvrage posé sur mon bureau. Certes, il m’avait parlé de ce projet il y a quelques temps et l’idée m’avait enthousiasmé. Mais là, preuve indéniable, il avait osé … Enfin, il avait osé et il savait jusqu’où la devise des Parachutistes «  Qui ose gagne » avait pu me conduire.

    L’écriture du visionnaire comme l’engagement militaire peut aller jusqu’au sacrifice. Je craignais pour la vie de mon ami car j’étais certain de trouver au fil des pages le message de l’éveilleur, puisé au plus profond des racines de la terre, ce message dont les médiocres et les jocrisses qui nous gouvernent, refusent l’écoute et réservent à leurs porteurs un sort souvent peu enviable …

    Avec précaution, j’ai ouvert la première page puis, sans interruption aucune, j’ai lu jusqu’à la conclusion : « … et je compris soudain le signe heureux des dieux …il était d’espérance …La France -un jour- pareil ! ».

    J’ai vu se dérouler le film douloureux et tendre de la patrie charnelle. J’ai pu ressentir combien pour Jean-Luc, le terrien, « la forêt était son poumon », combien il avait besoin des orties et des ronces pour mêler Valmy à Jérusalem, Charlemagne à De Gaulle, le druide et la fleur de gui à Durandal

    J’ai mesuré l’émotion éprouvée en évoquant « le panthéisme patriotique » d’Hélène, l’institutrice de la boue, du froid et des saisons des contrées austères. J’ai dégusté la mémoire oubliée dans ces quelques lignes : « J’observais ce monde qui me devenait familier avec un intérêt presque anormal : insectes, animaux sauvages… Je guettais cette vie comme le prolongement de la mienne. Je pouvais rester perché sur un arbre -au sommet de la colline- dominant le village, durant des heures. ».

    J’ai retrouvé l’héritage Heideggérien : « Les chemins de terre ont de bien singuliers destins. Certains s’égarent vite dans les bois ou les hautes futaies … Le promeneur distrait glissera vers la pente facile, pour s’étonner penaud d’avoir été perdu. ».

    Jean-Luc nous rappelle que la nature n’est pas une chose posée seulement vouée à la contemplation. C’est dans la mesure où l’on aime la terre que l’on aime la Terre. Comme Maître Martin il couple « les chemins qui ne mènent nulle part » et « l’acheminement vers la parole » : « accepte de cheminer sur les sentiers passionnants de la pensée humaine ».

    Il faut se perdre, s’isoler hors des sentiers battus, se couper des apparences, des mondes factices,des spiritualités enivrantes pour se retrouver penseur en quête d’une réalité toujours dissimulée. Il faut fouiller, fureter, aller voir derrière, redécouvrir le sens sacré du savoir au hasard « d’une carte de géologie ou d’Histoire de la France de Vidal ».

    Je m’aperçois en écrivant que je vous parle d’une vertigineuse méditation poétique car si ce grand petit livre est une invitation à la philosophie politique, notamment à l’humanisme, l’ontologie ou l’aliénation, il nous transmet la fraîcheur de Pagnol et la profondeur d Hölderlin. C’est là sa force surprenante et, je le crois, la source de sa durée.

    Il est des amis qui vous guident et vous inspirent comme il est des livres qui deviennent vos amis. Je fus triste longtemps ne n’avoir connu Jérusalem qu’après la mort du Maître Yeshayaou Leibowitz qui disait : « La valeur ce n’est pas ce qui est atteint mais ce que l’Homme fait pour l’atteindre ». C’est l’effort vers qui compte plus que le but. Suivez, dans l ‘effort les chemins de terre et vous approcherez ne serait-ce qu’un peu la prodigieuse idée métaphysique d’une possible vérité : « Il faut que tout change pour que rien ne change ! ».

    Jean-marc DESANTI

  • Pour que le vent se lève…

    967755979.jpgSombre la France. Sombre le corps, sombre l’esprit.

    Plusieurs fois dans l’histoire fut annoncée la chute. Et la vieille nation put néanmoins toujours - Par quel miracle ? Mille efforts conjugués ?- se relever. Pathétique dégringolade, magistrale glissade. L’inimaginable aujourd’hui. Trahison. Gouffre. La fin ?

    « Mille ans et plus… pas deux » souffle le prophète petit.

    La France étalée, à poil, désincarnée, comme catin vulgaire, au vent des opportunités. « Mais ce n’est plus la France! » Susurre le Monde entier en écho au silence de Nous pauvres français. Mille fois dans l’Histoire, la France fut trahie. La République comme la Monarchie.

    Et toujours, sur l’étranger s’appuya l’ennemi. Les Bourguignons, livrant Jeanne la bonne Lorraine à l’ennemi Anglois. La Fronde de Conde, Conti sur les Ibériques voisins. Le Marquis de Limon et son manifeste de Brunswick appuyé par l’Autriche… Les Versaillais pour mâter la Commune, s’alliant aux funestes Prussiens.

    Plus près de nous encore, « Toutes ces intrigues chez nous même de 1933 à 1939 en faveur de l’axe Rome Berlin pour lui livrer la domination de l’Europe en détruisant de nos propres mains tout l’édifice de nos alliances et de nos amitiés » (Marc Bloch). «La France n’a pas été simplement vaincue en cinq jours par la Wehrmacht invincible ; le haut patronat l’a sacrifiée à son plan de réforme de l’État copié sur les voisins fascistes (…) C’est bien la France des grands intérêts économiques et financiers qui dicta le choix de l’Allemagne ! »

    Militaires, politiciens, journalistes, hommes d’affaires surtout, la Banque de France, le Comité des Forges … sales trahisons de la France que « Le choix de la défaite »(Lacroix-Riz) !

    Qui ne voit qu’aujourd’hui le choix est identique ?

    Une politique magistrale d’alignement et de privilèges. De reniement et de corruption spirituelle ! Tout obéit à ce même et magistral projet : soumettre la France, en renier le dessein premier. L’entreprise de manipulation subtile ne doit pas nous échapper !

    Toutes les forces du CAC 40 ont pactisé. Toutes ont salué l’arrivée du vainqueur à l’Elysée.

    1958 ? Une tragédie grecque ! 2007 ? Une sale farce !

    De tous les milieux financiers, une seule - à l’écart — a dû être achetée : Bettencourt ? 260 millions de ristournes fiscales : « J’en suis ravie, je n’ai rien demandé » susurre la brave dame âgée.

    Voilà qu’on dépouille la France : A Bouygues, à TF1 ? La publicité télévisée ! A Lagardère et sa presse régionale ? France 3 à la découpe bientôt cédée ! Les vieux meubles encore bien côtés sont emportés ? Pas seulement.

    Il faut détruire la France. Le cirque n’a que trop duré ! Il faut la désacraliser.

    Le Fouquet’s faussement improvisé ; le Yacht de Bolloré pour être visité, de nuit, et être remercié… Mais par qui ? Un salaire faramineux pour mieux insulter ces ploucs et modestes français ! De fréquents allers-retours aux States pour ne rien improviser ! Et en guise de dessein magistral une peopolisation forcément outrancière: Cécilia, Carla…les bagues, les SMS.

    L’écriture est subtile : le Storytelling d’envergure. Il s’agit de capter les émotions et les

    désirs. Tout est écrit : « Il suffit de mettre l’accent sur une simple régularité, réelle ou artificielle, ou présenter au monde une image puzzle dont les solutions ont été choisies à l’avance » (Salmon). Nous voilà dans l’ère post-politique où « la performance consiste à faire prendre une émotion pour un engagement ». Voilà le triomphe annoncé de « l’Etat séducteur » (Régis Debray) ! Et tous ces bons serviteurs, ces hommes frustrés : Guaino, qui se l’a joue Malraux ! Gallo, à la vulgaire épée, dedans l’Académie promise, après son crime, immérité !

    Ah ! Les titres, l’or, la lumière… La comédie humaine. Proust et Balzac, unis, concurrencés.

    Et l’épouse première, étalée avec vulgarité, dans tous les tabloïds de l’Europe amusée !

    Comment s’en étonner ? Ce Neuilly de la vulgarité est à la bourgeoisie française ce que Courchevel est à la Mafia Russe ! On crache sur la France, comme on a craché un certain mois de Mai – 68, Cohn-Bendit – à l’Arc de Triomphe, sur la tombe de l’inconnu français ! Ô pauvre France !

    Et au sursaut encore vous croyez ?

    Les institutions — elles-mêmes — sont atteintes au plus haut degré ! Les plus hautes juridictions sont gangrenées comme la plus haute administration. La servilité ! Le silence acheté ! Le mensonge qui confond intelligence avec malignité ! Plus de lieu en somme où se conserve un peu de ce devoir, de cet esprit français !

    Et quelle opposition !

    La Gauche, servile, au Marché se soumet. A Versailles, la voilà qui se couche, rassemblée ! Trahison du bon peuple français. Combien d’efforts, de travail a-t-il fallu à ce parti donné gagnant à la présidentielle un an plus tôt (en avril 2006, 65% des français voulaient un président de gauche pour 2007) pour finir à 47% des voix. Hollande ? Honteuse forfaiture !

    Alors oui ! Plus que jamais, « la Gauche est un cadavre à la renverse et qui pue » (Sartre).

    Les syndicats français ? A la base ? Des militants ! Au sommet ? Tous achetés. Déjà, on les imagine du haut de l’escalier, aux marches du palais, la mine déconfite, attristés… « Il faut savoir cesser la grève » ! Des prébendes, on ne peut se passer !

    Et le facteur Trotskiste ? Doux rêve inespéré de l’Élysée ! Cinquante ans de pouvoir pour la droite assuré. Et dire que les français se laissent abuser ! Faut-il donc ignorer les lois de cette secte ? Quand le parti aura suffisamment grossi et qu’il faudra parler démocratie, on citera le bon père Trotski : « Ce sont nos dirigeants et nous n’en voulons pas d’autres » ! Fermez le ban. Circulez, y a rien à voir ! La chanson, on la connaît !

    Pas de Gauche ! Plus de Droite ?

    Même la Droite nationale a voté Washington ! Pauvre entreprise familiale Le Pen ! Tant il est vrai qu’un bretteur d’estrade n’a jamais fait un instituteur de la France. De cette droite là, rien à espérer. Qui ne le savait ? Alors ? Fin de la France ?

    Mais où est donc passé, le Feu Sacré Français ? Il n’est plus au Prytanée, pas plus à la Boulé ! Où est-il donc passé, ce bel esprit français ?

    A chaque trahison de la France , à chaque tempête, il vrai, un homme s’est levé ! Jeanne d’Arc, Louis XIV, Napoléon, de Gaulle … des erreurs ? Mais combien de grandeur !

    Qui aujourd’hui va donc nous fédérer ? Inventer une réalité ? Réapprendre la France ? Reconstruire un modèle français ? Faut-il donc se réduire à tout abandonner ? Nous sentons bien, pourtant, la France bat en nous ! En nous, brûle le Feu sacré ! Tant il est vrai que « le peuple seul est assez profond. Le peuple seul est assez terre » (Peguy)

    Il suffirait d’un signe pour réinventer une nouvelle espérance que la France pourrait porter. Car jamais la France n’a été plus grande qu’en portant de grands projets.

    Dans ce monde défait et guerrier qui nous est imposé, la France se grandirait à proposer une véritable alternative : un projet pour émanciper, retrouver plus de liberté !

    Les mots sont bien sûr galvaudés. Une « politique de civilisation » — la vraie — celle d’Edgard Morin et de Sami Naïr — permettrait de créer cet élan, de porter un vaste projet devant l’humanité.

    « Enrichie de l’expérience des échecs du communisme et des insuffisances de la socialdémocratie, nous pourrions travailler à civiliser la part barbare de notre civilisation. Il faudrait alors réformer les esprits, pour intégrer le non calculable, la souffrance, l’amour, le bonheur, le malheur alors que notre politique est mise à la remorque du calcul économique. »

    Il s’agirait de remplacer la quantité par la qualité (…) d’accompagner nos mutations techniques par des mutations sociales, car le développement capitalistique a entraîné le développement de la marchandisation généralisée, détruit le tissu de la convivialité et rétréci la part du service gratuit, du don, c'est-à-dire de l’amitié et de la fraternité. Il nous faudrait passer du mal être au bien vivre, reconstruire la confiance, développer la responsabilité. Les impératifs d’une politique de civilisation peuvent alors se décliner : « Solidariser contre l’atomisation et la compartimentation ; ressourcer contre l’anonymisation ; convivialiser contre la dégradation de la qualité de la vie ; moraliser contre l’irresponsabilité et l’égocentrisme. » (Edgard Morin)

    N’est-il pas là, le grand projet que la France s’honorerait de porter ?

    Voilà ce que serait un vrai ressourcement français, qui pourrait dès aujourd’hui se décliner en multiples mesures à concrétiser ! Voilà ce que serait ce projet porteur d’élan, de participation et d’espérance. Qui peut le refuser ?

    Mais que nous sommes bien loin d’un tel projet, aligné sur les forces de Washington, forces de destructions, de mort, de soumissions. Nous devons d’ores et déjà travailler à ce nouvel élan français. Dans chaque usine, chaque université, chaque quartier, chaque escalier, il est des femmes et des hommes de bonne volonté : deux ou trois suffisent pour lancer un si vaste projet. Partout réuni en assemblées, en collectifs rassemblés, il nous faut organiser la Nation en « Comité de libération », en comité de civilisation, réapprendre l’humain et décliner cette réalité comme centrale et supérieure Vérité. La République à réinventer ! Puis ensemble — tous ensembles — se fédérer …« Pour que le vent se lève » !

    Bientôt, la France connaîtra des soubresauts multiples.

    Quand la France est trompée, violée, salie, vilipendée, le temps de la révolte n’est plus trop éloignée tant il est vrai que la France n’est pas — par hasard — terre insoumise, terre de liberté.

    Et nous verrons alors bientôt — en des temps qui approchent — la place se vider et le pouvoir, s’enfuir — lâche, honteux — comme pour Louis XV, qu’on enterra de nuit afin qu’ainsi le peuple ne danse et ne fasse la fête ! C’est pour bientôt, heureux français ! Alors, vite ! Tenons-nous prêts !

     

    Jean-Luc Pujo, Président des clubs « Penser la France »

    Il publie un premier roman politique « Les chemins de terre » premier tome d’une trilogie française — Edition l’Harmattan, Juin 2008.