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  • "La Corse : Un juste destin universel" de Jean-Marc DESANTI

    Arrii.jpgMonsieur Maxime Cohen, président de la communauté juive de Corse,a entamé une procédure pour que l’île soit le premier territoire au monde à obtenir le statut de «Juste» concernant son rôle joué dans la protection des juifs au cours de la Seconde Guerre mondiale.
    L’enjeu n’est pas mince . Cela reviendrait à concevoir qu’il existât un peuple corse, une langue corse, un territoire corse, une nation corse qui ont permis de sauver, protéger, cacher des juifs.
    Oui, il serait effectivement « juste »  de rappeler  qu’en 1732, au couvent d'Orezza, une Consulta des patriotes proclama l'indépendance de l'île de Corse. Et que Paoli rédigea un projet de constitution dont le préambule décrétait, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité :
    " Les hommes naissent libres et égaux en droit ".
    Il serait « juste » de reconnaître, qu’après avoir donné au monde la première constitution, cet héritage juridique et moral ne cessa de couler dans les veines de chaque corse  d’une  manière naturelle et vitale comme le sang qui irrigue le corps.
    Oui, les corses ont sauvé massivement des juifs précisément parce que nos anciens ont choisi de faire vivre les qualités de chevalerie, de droit et de bonté. La protection des faibles est inspirée par l’ancestral christianisme insulaire ( « Le royaume élit pour sa protectrice l’immaculée conception de la Vierge Marie …Dio vi Salvi » ) qui a su se nourrir aux sources d’autres cultures. Les corses ont beaucoup voyagé, marins, guerriers ou lointains fonctionnaires dans les colonies françaises. Ils en ont rapporté l’expérience de l’altérité et la connaissance des savoirs indigènes .On aime à décrire notre population comme d’orgueil ombrageuse alors qu’elle pratique encore la pudeur qui sied aux peuples « qui ont la plus longue mémoire », ceux qui enracinés ou en diaspora ont cultivé et médité l’adage : « lorsque tous trahiront, nous resterons fidèles ».
    L’Omerta, si étrange et étrangère aux individualismes des « sans famille » est, en réalité, une mise à distance du conformisme et de l’autoritarisme d’État, une réflexion, une interrogation mais aussi une certitude que les solutions d’honneur viennent de la tradition séculaire de chaque peuple qui veut survivre. Les corses n’avaient rien à apprendre, à attendre, à emprunter des occupants de l’île. La vue de l’injustice, de l’imbécile cruauté frappant les innocents ont suffi. Nos compatriotes n’ont jamais voulu et ne veulent en rien parler de leur héroïsme. Bon sang ne saurait mentir…
    Le dossier suit son cours à Yad Vashem et nul ne doute que l’issue soit favorable avant deux ans. Alors, peut-être qu’en dehors de toute polémique politicienne, la Nation corse sera honorée à la face du monde et enfin perçue pour ce qu’elle est : un heureux compromis historique, géographique et éthique entre ombres et lumières. Pour René Goscinny, issu d’une famille d’origine polonaise de confession juive, Astérix le breton, représentait l’archétype du petit, résistant à l’Empire … Il existait un autre îlot : la corse. Relisons avec délice Astérix en Corse.
    Si le vingtième siècle fut « le siècle juif » - comme le décrit admirablement Yuri Slezkine dans son ouvrage - voyant l’opposition structurale des « apolliniens », paysans et guerriers et d’une minorité de « mercuriens », nomades « fonctionnels »; gageons que ce siècle à l’exemple de notre île soit le siècle des petites patries, des terres familiales, des valeurs de la Restonica et des lacs où l’autorité des pères, forgée à l’enclume de l’Humanisme et du courage, sert de boussole aux enfants égarés.
    Que les solidarités des villages et des montagnes s’imposent contre l’indifférence glacée des mégapoles sans âme.
    Cultivons les symboles de la résistance d’un peuple face à l’ouragan déchaîné et aveugle de la mondialisation et  ses crimes.
    Résister contre le « colonialisme français », c’est un peu court  i mio  fratéllu …Nous risquons de manquer d’air et de nous y étouffer.
    Nous devons, comme nos frères grecs, petit peuple mais grande nation, jouer dans la cour des grands. Nous sommes la Nation des « justes ». Mettons haut, bien haut la barre : Contre l’Empire !
    Nous avons, hier, dans notre Maquis combattu les fascismes et dressé une barrière infranchissable entre le bourreau et ses victimes. Aujourd’hui, au nom de l’héritage imprescriptible que nous devons à l’humanité pour demain, nous devons mener une lutte aussi titanesque.
    Elle nous conduit à nous lever, encore une fois, pour abattre les théocraties ou les dictatures fardées en démocrates mondialistes, qui écrasent les patries charnelles de l’Europe aux mille drapeaux et osent poser leurs pieds sanglants sur le sol sacré de notre terra corsa tant'amata .

    Jean-Marc DESANTI


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    PS : Seule une nouvelle révolution française et l’établissement d’une hyper république renforcera la double  identité de notre patrie corse car la corse ne porte pas en elle la haine de la France mais le dégoût de l’injustice. Pourquoi respecter un Ordre aux ordres de la tyrannie de l’argent roi ? Où sont et qui sont les modèles « de la grande nation française » ?
    L’Homme doit vivre libre, c’est le principe de base de la DDH, et par conséquent craindre plus que tout l'esclavage. Quel est le républicain « français » qui oublierait que la Corse est apparue , aux yeux des philosophes encyclopédistes, notamment Rousseau et Voltaire, comme le premier État démocratique de l'Europe des lumières ? Quel historien ignore qu’avant d’être victime de trahisons, Paoli rallié à la révolution française est accueilli par Lafayette et est reçu le 22 avril 1790 à l'Assemblée nationale puis, le 26, par le Club des Jacobins, alors présidé par Robespierre, qui l'admet à l'unanimité en son sein …
    Le sujet du débat n’est pas politique pour les corses ( Il ne s’agit pas de discuter de l’indépendance que la France octroierait  à l’île ) mais bien de conclure une dissertation philosophique … Où comme dirait mon ami Marc : « Pour que la corse donne enfin, son indépendance à la France. »
    Selon la phrase célèbre de Simonde de Sismondi : «  L'indépendance du gouvernement et les droits politiques font les peuples ; la langue et l'origine commune font les
    nations. »
    On ne décrète pas le génie du Jacobinisme. Avoir une origine commune dépasse une quelconque analyse littéraire où se disputeraient les valeurs concédées à la cosmologie ou l’épistémologie ! Le lieu de création de la fraternité franco-corse s’est dissout avec la souillure des valeurs de la République !
    Redressons l’impartialité de l’État et nous verrons alors les combattants du juste combat pour l’indépendance de la Corse entrer VOLONTAIREMENT dans l’armée des patriotes luttant pour l’indépendance de la France.
    On dit chez nous : « Una lingua si cheta, un populu si more. » ( Une langue qui se tait, c’est un peuple qui meurt.) et aussi « Aceddu in cabbia S'eddu un canta d'amori Canta di rabbia » ( L'oiseau en cage : s'il ne chante pas par amour, il chante de rage. ).
    C’est dans l’armée de Libération, contre l’Empire que se forgera le chant de Liberté, d’Égalité et de Fraternité. La nouvelle armée du Rhin partira d’Ajaccio, de Bastia et de Sartène …

    http://www.politique-actu.com/osons/corse-desanti/110468/

  • On en demande toujours plus aux juifs

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    «Doutez de tout et surtout de ce que je vais vous dire.»  Bouddha

    Février 1944 l’affiche rouge et le poème d’Aragon :
    Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
    Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
    L’affiche qui semblait une tache de sang
    Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
    Y cherchait un effet de peur sur les passants

    Nul ne semblait vous voir Français de préférence
    Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
    Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
    Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
    Et les mornes matins en étaient différents

    RAYMAN, BOCZOV ,GRZYWACZ, ELEK, WAJBROT, WITCHITZ, FINGERWEIG …

    A paris en 1944, l’armée du crime était une part de la dignité de la France.

    On en demande toujours plus aux juifs … et il le faut. Toujours et encore plus jusqu’à la limite de l’insoutenable car le Judaïsme polymorphe est une corde tendue entre l’aveugle et le voyant : L’Homme vivant, l’Homme debout, celui qui doute, celui qui ne fait d’aucune croyance un article de foi fanatique quel que soit le respect dont cette croyance est auréolée.

    Claude Lévy écrivait dans Information juive : «  Des historiens se disent abusivement « révisionnistes » alors qu’il apparaît beaucoup plus judicieux de les désigner du vocabulaire de « négationnistes » .».

    Vaine querelle de mots ?

    Voulons-nous ignorer l’importance vitale du sens ?

    J.Trier ( Structures sémantiques et conceptives du monde ) démontre que par leur sens donné, les mots constituent un ensemble structuré à l’intérieur duquel chacun est sous la dépendance des autres. Ils sont donc un champ linguistique recouvrant le champ conceptuel et exprimant une vision du monde dialectiquement cohérente.

    Par exemple si un historien se dit « révisionniste », il vise à préparer son interlocuteur à embrasser son opinion avec la déférence et le respect que la recherche historique a attaché à ce mot.

    Le théoricien du Révisionnisme est Édouard Bernstein qui formula à la fin du XIX° siècle la remise en cause des fondements théoriques du marxisme. Puis, après lui, Kautsky, Bauer, Browder…

    Puis très vite, les mots révisionniste et révisionnisme désignèrent tous ceux qui préconisent la révision d’une doctrine, d’une croyance, d’une vérité dogmatiquement fixée et érigée en tabou.

    Ainsi les partisans du capitaine Dreyfus, les historiens qui avant l’aveu d’Eltsine affirmaient que les massacres de Katyn étaient des crimes soviétiques, ceux qui veulent réviser les procès de Jeanne d’Arc, de Gilles de Rais, de Franco, de JFK …

    LIRE LA SUITE : http://jssnews.com/2009/11/03/on-en-demande-toujours-plus-aux-juifs/

                              http://www.tolerance.ca/Article.aspx?ID=63101&L=fr

                              http://www.liguededefensejuive.net/spip.php?article1286

  • La montée de l'islamisme radical en Europe est liée à l'abandon des Juifs et d'Israël

    RP_20060126_57_G.jpgEliézer Cherki analyse ici les tenants et les aboutissants de l'islam militant parti à la conquête de l'Europe. Ce faisant, il souligne la propre responsabilité de l'Occident, en particulier dans son rapport aux communautés juives locales et à l'Etat hébreu.
    Question: Assiste-t-on à une réelle montée de l'islam intégriste militant en Europe?
    Eliézer Cherki:
    C'est une réaction tangible presque partout en Europe occidentale avec des accents différents en fonction des pays; en France, en Angleterre, en Allemagne, aux Pays-Bas, au Danemark, en Italie et en Espagne. Ces différences reposent sur la diversité des origines des immigrants islamistes. En Allemagne, ils viennent de Turquie, et en France d'Afrique du Nord…Cela tient également aux différentes façons de réagir de la société, des classes dirigeantes ou des médias de ces pays face au phénomène d'expansion de l'islamisme. En Italie, on relève ainsi un pôle de résistance plus fort qu'en Espagne par exemple.

    Comment analysez-vous cette impressionnante expansion?
    Le phénomène est avant tout de nature démographique et dû au changement historique massif des 30 dernières années en Europe. Ce qui a changé, c'est cette présence massive de Musulmans en Europe occidentale. Alfred Sauvy, le grand démographe, disait que la démographie c'est comme la "petite aiguille d'une montre": on ne la voit pas bouger, mais c'est celle qui compte….Ce facteur démographique est la base sur laquelle va se développer l'islamisme, accentué par le net déclin des taux de natalité des européens.

    Quelle importance revêt cette dimension démographique aux yeux des islamistes?
    Il faut faire ici une parenthèse et aborder le domaine de la théologie. L'islam ne connait pas la notion de "galout" – l'exil en hébreu. Le peuple d'Israël peut se trouver en exil sur une terre qui n'est pas la sienne, mais cette notion n'existe pas dans l'islam, car les Musulmans ont une notion "territoriale" universelle du monde!
    A partir de là, la présence de Musulmans sur une terre non islamique ne peut s'expliquer, en terme de théologie islamiste, que dans une dimension de Djihad, c'est-à-dire de conquête….Lorsque les Musulmans sont minoritaires, le problème ne se pose pas: ils sont en situation "d'impossibilité de Djihad"; mais dès qu'ils parviennent à une réalité démographique tangible, le pays où ils se trouvent devient potentiellement une contrée islamique, et la tentation est grande chez les islamistes de transformer cette terre d'accueil en terre islamique!

    Cette vague islamiste peut-elle s'inscrire dans une perspective plus large?
    Elle est liée à l'expansion de l'islamisme radical dans le monde arabo-musulman car les évènements qui se déroulent en Europe n'en sont qu'un reflet. En fait, cette renaissance du Djihadisme est beaucoup moins nouvelle qu'elle n'y parait! Dans une perspective historique à long terme, l'arrêt de l'expansion militaire de l'islam fut une parenthèse assez courte. En effet, la dernière tentative de conquête de l'Occident par l'islam date de 1683 lors du siège de Vienne par les turcs ottomans, soit à peine plus de trois siècles.
    Cette expansion ottomane militaire fulgurante était considérée par l'Empire turc lui-même comme un Djihad. Par la suite, l'échec de la conquête de Vienne, la décadence de l'Empire ottoman puis la montée de l'Europe coloniale donnèrent le sentiment que l'islam allait être complètement marginalisé, puis dominé par l'Occident, et qu'il avait achevé son rôle militaire sur la scène de l'histoire. C'était une illusion!
    Aujourd'hui, on assiste à une nouvelle expansion. Le grand orientaliste anglais Bernard Lewis a relevé trois tentatives de conquête de l'Europe par les Musulmans: la première est la conquête arabe qui fut arrêtée à Poitiers en 732, la seconde est l'expansion ottomane qui échoua devant Vienne en 1683, et la troisième tout à fait contemporaine – a une dimension démographique et semble être la plus réussie des trois…

    Cette expansion de l'islam est-elle confortée par d'autres facteurs?
    Il faut citer les changements culturels qui affectent l'Occident lui-même. En effet, l'Europe est en train de perdre ses repères nationaux, culturels et religieux. Elle se trouve dans une situation d'extrême faiblesse idéologique face à un mouvement qui, lui, est extrêmement déterminé de ce point de vue!
    Par ailleurs, l'islamisme se considère comme le représentant de la "force morale" face à ces pays "en décadence". Se prétendant porteur de valeurs "divines", l'islamisme a lancé un combat contre l'Europe "immorale"… De plus, la crise culturelle européenne s'accompagne d'un profond sentiment de culpabilité consécutif à son passé colonial: la voilà aux prises avec l'énorme difficulté – voire l'impossibilité – d'identifier ces anciens peuples colonisés comme étant, non plus des victimes, mais les nouveaux oppresseurs potentiels…

    Existe-t-il des forces qui s'opposent à cette montée des islamistes en Europe?
    Il y a d'abord de nombreuses consciences individuelles, de toutes origines, qui tentent d'alerter l'opinion sur les dangers que les dérives islamistes font peser sur la société. Mais ces individus sont de plus en plus marginalisés par les pouvoirs publics, les milieux intellectuels et les médias.
    Certains Musulmans sont d'ailleurs parmi les plus lucides et les plus informés sur ces dangers, et ils mènent un combat très courageux… Mais ils sont trahis par ces pouvoirs qui préfèrent ultimement se concilier les bonnes grâces des milieux les plus radicaux!
    Par ailleurs, les courants islamistes ont identifié les communautés juives comme étant les "poches de résistance" les plus réfractaires: elles sont perçues comme l'obstacle principal à l'expansion de l'islamisme en Europe. Une situation liée bien sûr à leur rapport à l'Etat d'Israël, qui est le modèle de résistance politique et spirituelle faisant face à l'expansion islamique, mais tout autant à leur hostilité à la nature et aux positions intellectuelles et morales des Juifs, souvent eux-mêmes originaires des pays arabes. Or ces Juifs ne peuvent adopter la même attitude victimaire vis-à-vis des Musulmans car ils ont été eux-mêmes victimes de l'oppression des Musulmans en terre d'Islam… Aujourd'hui, le monde musulman est "judenrein", dégagé de toute présence juive sur tout son territoire: un phénomène qui n'est pas un hasard de l'Histoire, ni dû à la simple expansion des Juifs vers l'Occident. Il faut reconnaître que la présence occidentale, si décriée aujourd'hui, a libéré les Juifs de l'oppression de l'islam et les a sortis de leur situation de dhimmis, leur offrant l'égalité des droits et la dignité de citoyen. En tant que collectivité, les Juifs sont désormais non seulement débarrassés du complexe d'infériorité morale vis-à-vis des Musulmans, mais plus encore viscéralement attachés aux valeurs démocratiques et aux traditions culturelles des pays qui les ont accueillis, notamment la France. Enfin, les Juifs ont leurs propres repères religieux fortement ancrés dans une tradition plusieurs fois millénaire que ne peut contester l'islam.

    Pensez-vous que l'Europe abandonne Israël à son sort?
    En choisissant la soumission à l'islam et en jetant Israël en pâture aux islamistes extrémistes, l'Europe a volontairement refusé de se joindre à ses alliés naturels dans le monde que sont les communautés juives et l'Etat hébreu. Cette attitude est non seulement motivée par des intérêts politiques et économiques évidents, mais elle s'explique également par un antisémitisme toujours profondément ancré dans l'espace mental européen. Pour toutes ces raisons, l'Europe a une attitude suicidaire: elle a décidé de trahir les Juifs et Israël en espérant que les Musulmans accepteront de leur faire grâce… Typique de la dhimmitude, cette attitude a été magistralement analysée par l'historienne Bat Yéor dans son livre "Eurabia".
    Il existe une troisième dimension à prendre en compte: c'est un mélange de fascination, de séduction et de peur devant la barbarie – ce mélange impur qui demeure un vieux démon de l'Europe. Les Européens éprouvent une crainte grandissante face aux courants islamistes extrémistes, mais ils laissent se développer sur leur sol un antisémitisme violent – de cette violence qui a pour fonction d'intimider avant de se soumettre!
    Il est vrai que les pays occidentaux ont lancé de vastes opérations sécuritaires en signe de réaction, mais à terme, pour préserver leurs propres valeurs et leur liberté, ils devront changer leur regard sur eux-mêmes, sur Israël et sur les Juifs. Dans le cas contraire, nous aboutissons à une victoire de l'islamisme radical dont l'avenir seul nous dira la forme qu'elle prendra: soumission totale, civilisation "mixte", partition géographique, ou tout autre modèle encore…

  • La Judéophobie des Modernes. Des Lumières au Jihad mondial

    928589-1149914.jpg« Pour Taguieff, et c’est là l’originalité première de son livre, l’antisémitisme, tel qu’il fut mythologisé dans l’histoire officielle, est périmé, sinon complètement marginalisé. Les militants de l’islamisme radical – ennemis déclarés d’Israël – seraient, selon Taguieff, les nouveaux relais de la judéophobie. Cette passion serait doublement entretenue : par une interprétation fondamentaliste du Coran, d’une part, ainsi que par la complicité rhétorique avec le discours « progressiste » de l’intelligentsia de gauche, sensible à l’argumentaire « anti-raciste » et « anti-impérialiste » de la cause palestinienne ».

    Carl Bergeron, 28 ans, a soumis à Point de Bascule un compte-rendu du livre de Pierre-André Taguieff récemment sorti à Montréal, La Judéophobie des Modernes. Des Lumières au Jihad mondial. (Odile Jacob, 2008, 683 p.)

    Compte rendu signé Carl Bergeron :

    En France, Pierre-André Taguieff faisait paraître en août dernier, chez Odile Jacob, La Judéophobie des Modernes. Des Lumières au Jihad mondial. Cet ouvrage capital, qui fait suite à de nombreux travaux de l’auteur sur l’antisémitisme, n’est disponible que depuis le 9 décembre à Montréal. Se proposant de démystifier « la nouvelle judéophobie », Taguieff y dresse la généalogie de l’antisémitisme, en prenant soin toutefois de distinguer les différentes phases d’antisémitisme qui, depuis l’antijudaïsme chrétien, ont ponctué la longue histoire du peuple juif.

    Lire la suite : http://pointdebasculecanada.ca/spip.php?article752

    Le multiculturalisme, ou le cheval de Troie de l’islamisme

    par Pierre-André Taguieff (directeur de recherche au CNRS, Paris)

    Il faut s’interroger sur un paradoxe dont les conséquences géopolitiques peuvent être considérables : un pourcentage significatif des populations de culture musulmane installées dans les pays occidentaux et désireuses d’y rester se montre hostile à la civilisation occidentale et manifeste une certaine empathie à l’égard des milieux jihadistes. C’est dans les pays qui ont institutionnalisé le multiculturalisme, donc inscrit dans la loi le principe du respect inconditionnel des « identités culturelles », que l’opinion musulmane s’aligne le plus sur les positions islamistes. Les promoteurs de l’idée d’une « citoyenneté postnationale » ont par ailleurs fortement contribué à légitimer le multiculturalisme comme forme de « politique de la reconnaissance ». La version la plus radicale du multiculturalisme est illustrée par la politique néerlandaise de « pilarisation », présentée comme un moyen de garantir la tolérance à l’égard des religions, en accordant un système éducatif séparé, des services sociaux distincts, des médias et des syndicats différents aux catholiques, aux protestants et aux communautés sécularisées. Jusqu’au début des années 2000, les gouvernements néerlandais successifs ont fait leur la doctrine selon laquelle le meilleur moyen de favoriser l’intégration des populations issues de l’immigration était d’encourager les immigrés à « maintenir leur propre culture » (1). Ils ont facilité ce « maintien » des identités culturelles d’origine par tout un arsenal de politiques de redistribution visant les « minorités culturelles » reconnues (2). Même si la question de savoir si les musulmans constituent un « pilier » séparé est restée controversée, c’est un fait que les Pays-Bas se sont montrés plus volontaristes que d’autres pays pour accorder aux musulmans des écoles distinctes (3). Le choc provoqué par l’assassinat du leader politique Pim Fortuyn (6 mai 2002) (4), suivi par celui du cinéaste Théo Van Gogh (1er novembre 2004) (5), l’un et l’autre engagés dans un combat contre ce qu’ils pensaient être « l’islamisation » de leur pays, a fait prendre conscience aux Néerlandais des limites et surtout des effets pervers du multiculturalisme, terrain privilégié pour la propagande islamiste.

    La Grande-Bretagne, les Pays-Bas et le Canada sont parmi les pays occidentaux les plus touchés par une islamisation fondamentaliste intense. Le multiculturalisme modéré existant en Grande-Bretagne a été défini en 1966, non sans un certain angélisme, par Roy Jenkins, alors secrétaire du Home Office, comme « la diversité culturelle, couplée à l’égalité des chances, dans une atmosphère de tolérance mutuelle » (6). Après les attentats islamistes de Londres (juillet 2005), les Britanniques ont à leur tour pris conscience des dangers présentés par le multiculturalisme à l’époque du terrorisme jihadiste gobal. L’angélisme différentialiste ne devrait plus être à l’ordre du jour en Grande-Bretagne (7). Dans une étude d’une exceptionnelle lucidité, « Atmosphère suffocante dans le Londonistan », publiée en juin 2006, le politologue Ernst Hillebrand montre non seulement que le multiculturalisme britannique a totalement échoué, mais encore qu’il a favorisé l’emprise islamiste sur les musulmans vivant en Grande-Bretagne. Le constat est saisissant :

    « 40 % des musulmans vivant en Grande-Bretagne souhaitent l’application de la Chari’a dans certaines parties du pays. 32 % pensent que les musulmans devraient s’engager pour mettre fin à la civilisation occidentale, “décadente et amorale”. 20 % disent comprendre les motivations des responsables des attentats du métro de Londres le 7 juillet 2005. Dans le même temps, seuls 17 % des non-musulmans pensent que musulmans et non-musulmans peuvent vivrent ensemble pacifiquement de façon durable. Et un quart de l’électorat peut s’imaginer votant un jour pour un parti d’extrême droite ; bienvenue en Grande-Bretagne, dans une société qualifiée par le British Council de “riche d’une grande diversité, ouverte, multiculturelle”. Alors que les autorités persistent à diffuser des messages glorieux, les attentats de Londres ont crûment révélé une réalité qui n’avait pu échapper, auparavant déjà, à tout observateur attentif : le vaste échec du multiculturalisme britannique, du moins en ce qui concerne l’intégration des musulmans. » (8)

    Les défenseurs d’un multiculturalisme institutionnel, lorsqu’ils professent un relativisme culturel radical, sont le plus souvent des ennemis déclarés de l’Occident, dénoncé comme incarnation d’un judéo-christianisme qui, par son intolérance et son « impérialisme », serait une machine à détruire les « cultures ». Comme l’a justement remarqué Élie Barnavi, « le multiculturalisme est un leurre », qui continue cependant de séduire nombre d’intellectuels et d’homme politiques en Europe. Le multiculturalisme se fonde implicitement sur un essentialisme culturel qui mine les fondements de tout ordre politique : « On ne bâtit pas une société digne de ce nom, ce qui implique une langue dans laquelle on puisse se comprendre, un minimum de culture commune, une mesure de mémoire partagée, en enfermant les gens dans leur propre langue, leur propre culture et leur propre mémoire » (9). Le multiculturalisme institutionnel, c’est-à-dire le multicommunautarisme, revient à transformer le droit à la différence en un devoir d’appartenance ordonné à une identité d’origine supposée et imposée (10). Ses défenseurs ont contribué à jeter la confusion dans les milieux antiracistes en définissant le racisme par le rejet du multiculturalisme. Dès lors, toute critique du projet multicommunautariste est soupçonnée d’exprimer une vision raciste, alors même que le multiculturalisme, quelles que soient les bonnes intentions de ses partisans, ressemble fort à ce monstre que serait un « multiracisme ». Les illusions pseudo-antiracistes suscitées par cette absolutisation de la différence culturelle et ce culte de la diversité culturelle en dissimulent mal les effets pervers : la fragmentation conflictuelle de l’espace public, l’ethno-racialisation des rapports sociaux, l’individualisation négative, la généralisation normative des ségrégations, l’accroissement de la défiance entre les groupes séparés et, pour finir, la destruction de la vie civique, mettant en danger le régime démocratique.

    Cette pathologie sociale peut être analysée sur la base du modèle d’intelligibilité construit par Robert Putnam dans les années 1990 et mis à l’épreuve au cours des années 2000, selon lequel le « capital social », soit « les réseaux qui relient entre eux les membres d’une société et les normes de réciprocité et de confiance qui en découlent » (11), tend à décliner lorsque s’accroît la diversité ethnique et culturelle. Putnam a étudié ce qu’il appelle la « diversité ethnique » aux États-Unis en référence aux quatre groupes retenus par le recensement nord-américain : les Hispaniques, les Blancs non-hispaniques, les Noirs non-hispaniques et les Asiatiques. Ces catégories dites « ethniques » ou « raciales » sont en fait tout autant culturelles. Dans un article retentissant publié en juin 2007 (12), le sociologue et politiste en arrive à formuler un certain nombre de conclusions inattendues de la part d’un « progressiste », et qu’on peut réduire à quatre thèses : 1° Plus la diversité ethnique grandit, plus la confiance entre les individus s’affaiblit ; 2° dans les communautés les plus diversifiées, les individus ont moins confiance en leurs voisins ; 3° dans ces mêmes communautés, non seulement la confiance inter-ethnique est plus faible qu’ailleurs, mais la confiance intra-ethnique l’est aussi ; 4° la diversité ethnique conduit à l’anomie et à l’isolement social. Il va de soi que de telles conclusions, établies à partir d’une enquête conduite d’une manière exemplairement scientifique sur un échantillon d’environ 30 000 individus, ne peuvent qu’affoler les adeptes du « politiquement correct » en matière d’immigration (célébrée comme une « richesse ») et les partisans du multiculturalisme (présentée comme la voie unique vers le nouvel avenir radieux). À la fin de son article, l’universitaire réputé « progressiste » qu’est Putnam définit sa position « politique » par un double rejet : « Il serait dommage qu’un progressisme politiquement correct nie la réalité du défi que constitue la diversité pour la solidarité sociale. Et il serait également regrettable qu’un conservatisme anhistorique et ethnocentrique refuse d’admettre que relever ce défi est à la fois souhaitable et possible ».

    Il reste à étudier d’une façon comparative d’autres sociétés démocratiques travaillées par les effets négatifs d’un excès de diversité interne, qu’il s’agisse des Pays-Bas, de la Belgique, des pays scandinaves, de l’Allemagne ou de la Grande-Bretagne, sans oublier certains pays d’Europe méditerranéenne. L’horizon ainsi dessiné est plutôt sombre : si les thèses de Putnam sont fondées, universalisables et ainsi dotées d’une valeur prévisionnelle, alors le surgissement de sociétés multi-raciales et multiculturelles que favorise l’ouverture démocratique aura pour conséquences majeures le déclin de l’engagement civique et le délitement du lien social, remplacé par la défiance ou l’indifférence. Trop de diversité, en provoquant l’érosion de la confiance, tuerait la tolérance et ruinerait la solidarité sociale comme l’esprit civique. Dès lors, l’offre islamiste, centrée sur l’identité et la solidarité de groupe, deviendrait particulièrement attractive aux yeux des « communautés » diverses de culture musulmane. C’est dans ce contexte convulsif qui s’annonce, à l’heure du Jihad mondial, que les réseaux islamistes risquent de prendre leur essor en tout territoire situé hors de la « demeure de l’islam » (dar al-islam).

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    Cet article est extrait du livre de Pierre-André Taguieff, La Judéophobie des Modernes. Des Lumières au Jihad mondial, Paris, Odile Jacob, en librairie le 25 août 2008.

    1) Voir Yasemin Soysal, Limits of Citizenship : Migrants and Postnational Membership in Europe, Chicago, University of Chicago Press, 1994.
    2) Voir Frank de Zwart, « Politiques ciblées dans les sociétés multiculturelles : acceptation, négation et substitution », Revue internationale des sciences sociales, LVII (1), n° 183, 2005, p. 164.
    3) Voir John Rex, Ethnicité et citoyenneté. La sociologie des sociétés multiculturelles, textes sélectionnés, traduits de l’anglais et introduits par Christophe Bertossi, préface de Michel Wieviorka, Paris, L’Harmattan, 2006, p. 76. Le sociologue britannique John Rex est l’un des principaux théoriciens de l’ethnicité et un défenseur du multiculturalisme. Voir John Rex, Race and Ethnicity, Buckingham, Open University Press, 1986, pp. 119-135 (chap. 7 : « The Concept of a Multi-Cultural Society »).
    4) Voir Pierre-André Taguieff, L’Illusion populiste. Essai sur les démagogies de l’âge démocratique, nouvelle édition refondue et considérablement augmentée, Paris, Flammarion, coll. « Champs », 2007, pp. 147-149.
    5) Voir Ian Buruma, On a tué Theo Van Gogh. Enquête sur la fin de l’Europe des Lumières, tr. fr. Jean Vaché, Paris, Flammarion, 2006.
    6) Cité par John Rex, Ethnicité et citoyenneté, op. cit., p. 135. Pour une présentation positive de ce modèle d’intégration visant à protéger la diversité culturelle, voir John Rex and Sally Tomlinson, Colonial Immigrants in a British City : A Class Analysis, Londres, Routledge & Kegan Paul, 1979.
    7) Voir Gilles Kepel, Terreur et Martyre. Relever le défi de civilisation, Paris, Flammarion, 2008, pp. 206-224.
    8) Ernst Hillebrand, « Atmosphère suffocante dans le Londonistan », Friedrich-Ebert-Stiftung, Analyses et Documents, juin 2006, p. 1. Ernst Hillebrand était alors directeur du bureau londonien de la Friedrich-Ebert-Stiftung. Il en dirige le bureau de Paris depuis juillet 2007. Voir aussi Paul Landau, Le Sabre et le Coran. Tariq Ramadan et les Frères musulmans à la conquête de l’Europe, Monaco, Éditions du Rocher, 2005, pp. 89-95. Ce spécialiste de l’islamisme analyse le multiculturalisme, notamment aux Royaume-Uni, comme le « cheval de Troie des islamistes » (op. cit., p. 93), image symbolique que je lui emprunte ici.
    9) Élie Barnavi, Les Religions meurtrières, Paris, Flammarion, 2006, p. 129.
    10) Pour une analyse critique approfondie, voir Pierre-André Taguieff, La République enlisée. Pluralisme, « communautarisme » et citoyenneté, Paris, Éditions des Syrtes, 2005, pp. 12-184, 273-346.
    11) Voir l’article séminal de Robert D. Putnam, « Bowling Alone : America’s Declining Social Capital », The Journal of Democracy, 6 (1), 1995, pp. 65-78 ; ainsi que l’ouvrage qui a suivi : Bowling Alone : The Collapse and Revival of American Community, New York, Simon and Schuster, 2000. Voir Jean-Louis Thiébault, « Les travaux de Robert D. Putnam sur la confiance, le capital social, l’engagement civique et la politique comparée », Revue internationale de politique comparée, 10 (3), 2003, pp. 341-355.
    12) Robert D. Putnam, « E Pluribus Unum : Diversity and Community in the Twenty-first Century », Scandinavian Political Studies, 30 (2), juin 2007, pp. 137-174. Pour une analyse critique, voir Éloi Laurent, « Robert Putnam et la nouvelle indifférence américaine », 24 octobre 2007.
  • "L'Europe frigide", d'Elie Barnavi : amis européens, arrêtez de pleurnicher !

    Faut-il être israélien pour être - encore - européen ? Ce regard excentré est-il nécessaire pour défendre un projet que ses bénéficiaires eux-mêmes ne paraissent plus capables de porter ? C'est la démonstration paradoxale qu'administre Elie Barnavi, avec une chaleur, une énergie et une conviction que, sur ce sujet, l'on n'avait plus rencontrées depuis belle lurette.

    Historien, ancien ambassadeur d'Israël à Paris, initiateur du Musée de l'Europe à Bruxelles, l'auteur n'est pas du genre à mâcher ses mots, tant le désolent ou l'agacent la neurasthénie et les "pleurnicheries" où s'abîme l'Union européenne. De quoi souffre-t-elle ? Le diagnostic est sévère : grave crise de confiance, d'identité même, fréquente à la cinquantaine ! Et les symptômes nombreux : au fond, l'Europe a peur de tout, peur de son histoire, de son succès et du vaste monde, peur de l'autre (surtout s'il tente par tous les moyens de débarquer du continent africain), peur, enfin, de la puissance et de ses responsabilités.

    Les exemples abondent. Ainsi de cette querelle, invraisemblable aux yeux de Barnavi, sur les "racines chrétiennes" de l'Europe, qui a plombé les débats sur le préambule du traité constitutionnel, en 2004-2005. Car enfin, l'Europe a bien été chrétienne, pendant près de deux millénaires, et l'on se condamne à ne rien en comprendre "si l'on s'entête à gommer de son histoire un élément aussi essentiel de son identité". Refuser d'assumer cet héritage est donc "absurde et dommageable", même et surtout si c'est au nom d'une laïcité frileuse qui, voyant des intégristes partout, les renforce plus qu'elle ne les isole.

    Hésitant à assumer son histoire, l'Europe fait de même avec sa civilisation, berceau du meilleur comme du pire, "Beethoven et Auschwitz, Beethoven à Auschwitz". Oubliant qu'ils ont fourni au monde quelques valeurs cardinales - liberté, rationalité, laïcité et solidarité -, les Européens s'empêtrent dans des nationalismes de clocher, sans mesurer ce qu'ils ont en commun et qui devrait leur permettre de jumeler une identité partagée et des identités nationales.

    La question des frontières extérieures de l'Europe, d'autant plus indispensables que les vieilles lignes de partage intérieures ont été gommées, n'est pas moins significative de la crise d'identité européenne. Et Barnavi n'y va pas par quatre chemins : "Si l'histoire et la géographie sont les critères de l'européité, ni la Russie ni la Turquie n'ont vocation à intégrer l'Union européenne", sauf à renoncer définitivement à l'hypothèse même d'une Europe-puissance.

    Quant à l'immigration, qui nourrit tous les populismes, il faudra bien que l'Europe apprenne à vivre avec et surmonte, pour cela, la "névrose de culpabilité" qu'elle entretient avec son passé colonial. Avec cet avertissement à la clé : "Ce que les démocraties ne feront pas pour l'intégration des immigrés, les fascistes le feront pour leur expulsion."

    En bon médecin de famille, Elie Barnavi ne propose pas de remède miracle à ses malades et amis européens. Mais quelques vigoureuses et sages recommandations : acceptez le monde tel qu'il est, pour inventer un bon usage de la mondialisation ! leur lance-t-il. Ayez l'intelligence de vos diversités, pour mieux vous unifier ! Cessez de faire de l'Union "une créature courtelinesque" pour retrouver enfin le chemin de la politique, la vraie, et par là une "place sur les tréteaux du monde".

    Et n'oubliez pas, conclut-il, que l'Europe est un "modèle" et un "espoir" pour tant de peuples et que vous ne pouvez prendre la responsabilité de les désespérer ! Le plaidoyer est revigorant et charpenté.

    L'EUROPE FRIGIDE d'Elie Barnavi. André Versaille Editeur, 2008, 162 p., 12,90 €.

    Gérard Courtois  ( Le Monde )