07.11.2009

On en demande toujours plus aux juifs

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«Doutez de tout et surtout de ce que je vais vous dire.»  Bouddha

Février 1944 l’affiche rouge et le poème d’Aragon :
Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L’affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

RAYMAN, BOCZOV ,GRZYWACZ, ELEK, WAJBROT, WITCHITZ, FINGERWEIG …

A paris en 1944, l’armée du crime était une part de la dignité de la France.

On en demande toujours plus aux juifs … et il le faut. Toujours et encore plus jusqu’à la limite de l’insoutenable car le Judaïsme polymorphe est une corde tendue entre l’aveugle et le voyant : L’Homme vivant, l’Homme debout, celui qui doute, celui qui ne fait d’aucune croyance un article de foi fanatique quel que soit le respect dont cette croyance est auréolée.

Claude Lévy écrivait dans Information juive : «  Des historiens se disent abusivement « révisionnistes » alors qu’il apparaît beaucoup plus judicieux de les désigner du vocabulaire de « négationnistes » .».

Vaine querelle de mots ?

Voulons-nous ignorer l’importance vitale du sens ?

J.Trier ( Structures sémantiques et conceptives du monde ) démontre que par leur sens donné, les mots constituent un ensemble structuré à l’intérieur duquel chacun est sous la dépendance des autres. Ils sont donc un champ linguistique recouvrant le champ conceptuel et exprimant une vision du monde dialectiquement cohérente.

Par exemple si un historien se dit « révisionniste », il vise à préparer son interlocuteur à embrasser son opinion avec la déférence et le respect que la recherche historique a attaché à ce mot.

Le théoricien du Révisionnisme est Édouard Bernstein qui formula à la fin du XIX° siècle la remise en cause des fondements théoriques du marxisme. Puis, après lui, Kautsky, Bauer, Browder…

Puis très vite, les mots révisionniste et révisionnisme désignèrent tous ceux qui préconisent la révision d’une doctrine, d’une croyance, d’une vérité dogmatiquement fixée et érigée en tabou.

Ainsi les partisans du capitaine Dreyfus, les historiens qui avant l’aveu d’Eltsine affirmaient que les massacres de Katyn étaient des crimes soviétiques, ceux qui veulent réviser les procès de Jeanne d’Arc, de Gilles de Rais, de Franco, de JFK …

LIRE LA SUITE : http://jssnews.com/2009/11/03/on-en-demande-toujours-plus...

                          http://www.tolerance.ca/Article.aspx?ID=63101&L=fr

                          http://www.liguededefensejuive.net/spip.php?article1286

24.06.2009

Zarathoustra à JÉRUSALEM : L’influence de NIETZSCHE sur LA PENSÉE SIONISTE

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L'influence de Nietzsche sur la culture nationale juive moderne et l’attitude du philosophe à l’égard des Juifs et du judaïsme sont deux sujets essentiellement distincts l’un de l’autre, bien que toute tentative d’approfondir leurs rapports de réciprocité prouvera que cette attraction mutuelle n’est pas tout à fait le fruit du hasard. Nietzsche voit dans le peuple juif le symbole de la puissance, en « opposition à tous les décadents ». Son admiration pour le judaïsme de l’époque biblique et pour celui de la Diaspora est bien connue. Toutefois, sa répugnance à l’égard du judaïsme institutionnel découle du fait que celui-ci a constitué le fondement historique du christianisme qu’il méprisait. Ses réflexions sur le judaïsme et sur le peuple juif sont récurrentes dans la totalité de son oeuvre.

LIRE LA SUITE  > http://www.controverses.fr/pdf/n8/ohana8.pdf

07.05.2009

Rencontre avec un Prophète d'Israël ( 1994 )

yeshayahou-leibowitz.pngAl-Youm al-'Ard, le jour de la terre, demain tout est bouclé: nous essayons de regagner Jérusalem avant la fermeture des Territoires "administrés" (on se demande par qui à Gaza!) et visiblement occupés par l'armée israélienne. La sortie de la ville est éprouvante: les "aigles rouges" ont dressé des dizaines de barrages de carcasses de voitures et de détritus de toutes sortes qui brûlent il faut éviter le cloaque des rues noyées dans vingt centimètres de résurgences d'égouts, les pierres au sol ou celles qui tombent sur le toit de la voiture en faisant un bruit auquel on ne s'habitue pas facilement...
Puis, les barrages de l'armée se succèdent jusqu'au "check point" où une voiture nous attend de l'autre côté. De jeunes soldats israéliens, blêmes de peur, nous arrêtent parce que Slimane Zeghidour, grand reporter à La Vie, bien que français, a une tête d'Arabe. Un sous-officier druze aux yeux bleus, un soldat noir (fallasha?), un jeune marocain qui n'a pas vingt ans, nous parlent en arabe. Pourtant en général on regarde d'abord la couleur de la plaque d'immatriculation de la voiture avant la tête des occupants mais ce soir tout le monde est à cran. Au passage de contrôle, un groupe de colons, que l'armée a du mal à contenir, manifeste. Ils ont la même tête de braillards que ceux de chez nous qui ont assassiné Jacques Roseau... Triste!
Cauchemar: je me revois, en décembre 1961, sur la route entre Oran et Sidi Bel Abbès. C'est vraiment la fin!
Yeshayahou Leibowitz ne dit pas autre chose lorsqu'il crie, depuis des décennies, que l'état d'Israël est en train de s'auto-détruire. Il me reçoit dans son modeste appartement, dans son bureau rempli de livres jusqu'au plafond -- je repère tout de suite la Halacha de Maïmonide et il me dira que le livre auquel il tient le plus est effectivement celui qu'il lui a consacré (La foi de Maïmonide). Il est là devant moi, fragile avec sa calotte sur ses quatre-vingt-dix ans et pourtant le regard ne trompe pas: cet homme est la vigueur même, en lui converge toute la colère des prophètes d'Israël qui hurlent sur les méfaits du Prince.
Enseignant la science politique dans son croisement avec le champ religieux, et faisant travailler mes étudiants sur l'un de ses livres plus anciens (Judaïsme, peuple juif et état d'Israël), il n'était pas question que je vienne ici sans lui rendre visite. Dans un premier temps, mon idée était plutôt de lui rendre hommage après l'affaire du prix refusé pour son dernier ouvrage (Israël et Judaïsme, ma part de vérité), un peu comme un jour je crus honorable d'aller saluer Mircéa éliade avant sa mort: quelle arrogance prétentieuse de ma part! J'ai rencontré un jeune homme de trois mille ans! Fin, subtil, cultivé comme tous ces vieux Juifs de l'ancienne Europe, délicat, nuançant son français pour moi, mais ferme, dur, violent, précis, ne faisant ni cadeau, ni concession, et surtout pas de démagogie!
Bien que scientifique d'origine, Leibowitz a produit une oeuvre récente qui est à proprement parler au coeur de l'interrogation essentielle et actuelle en science politique par-delà le cas d'Israël: peut-il exister un état religieux? Bien sûr la réponse pour lui est négative. Par certains côtés nous sommes en présence d'un miroir inversé et homothétique à l'oeuvre de quelqu'un comme Darius Shayagan par exemple, mais très loin de la thèse de Dominique Colas et curieusement sur un tout autre registre que l'oeuvre de Raphaël Drai, avec lequel pourtant Leibowitz a quelques traits communs. Au moins leur immense culture talmudique par comparaison avec la maigreur des connaissances de certains auteurs à la mode sur la fin du religieux.
Leibowitz n'est ni humaniste -- il récuse ce mot --, ni bien sûr athée ou même laïc! Il est tout au contraire un homme très pieux qui respecte le "joug" des obligations, et il est la démonstration éclatante que l'on peut, aujourd'hui, être, à la fois, un esprit critique et un homme de foi absolue sans concessions au mondain et au séculier.
Pour lui, un peuple défini par son état ne peut l'être que dans le sens mussolinien de "régiments de personnes guerroyant ensemble". Et l'état d'Israël n'a aucune légitimité ni aucune compétence pour définir qui est juif et donc à fortiori pour légiférer en matière religieuse.
La clé suprême de toute la pensée de Leibowitz tient en une phrase: "La vie n'a de valeur et de sens que dans le culte divin". à partir de ces deux considérations, sa logique devient implacable: le chemin le plus court de la civilisation à la barbarie passe par le nationalisme. Or Israël est un état comme les autres, c'est à dire nationaliste, patriotique, donc fasciste, qui détruit le judaïsme. Comme de plus cet état est l'appareil de l'oppression juive contre un autre peuple, il est devenu totalement illégitime. C'est l'armée qui possède l'état, et depuis 1967 elle a des comportements qui vont la transformer fatalement en armée "judéo-nazie". "La politique de conquête est une politique nazie" (p. 46 de I. et J.). Penser, affirmer que la nation, la patrie et l'armée sont "sacrées" le fait hurler d'horreur.
Au passage, Leibowitz règle quelques comptes avec les grands mythes de la propagande: l'antisémitisme est bien moins virulent que ne le prétendent certains, et la philosémie bien plus équivoque rien de ce que les Goyim attribuent au "génie juif" ne vient du judaïsme, que ce soit chez Chagall ou Einstein le seul miracle de la Diaspora est la survie du judaïsme, mais à l'intérieur d'Israël c'est encore pire: "Dans la démocratie israélienne il est interdit aux Palestiniens de manifester". Dayan était un voleur de biens publics, la Knesset est composée de clercs stipendiés, d'ivrognes, d'athées et d'apostats. Et l'état est dirigé par des profanateurs de Shabbat. Quant au "hooliganisme national", il est favorable à l'ouverture de camps de concentration pour les "traîtres comme moi".
On comprend mieux pourquoi l'establishment israélien n'a pas voulu lui remettre ce prix, d'autant plus qu'il rappelle que Shamir a participé au groupe (le LEHI de Y. Stern) qui avait fait des avances à Hitler.
Par-delà la violence du propos, il faut essayer de comprendre ce que ce sioniste convaincu veut dire aux siens et -- bien que cela ne l'intéresse guère -- à nous les Goyim. Car Leibowitz est juif sioniste, et c'est pour cela que sa voix est tonitruante. Elle s'appuie sur deux pôles: la Torah et les mitzvot. Rien d'autre ne présente le moindre intérêt et relève de l'hypocrisie ou du mensonge.
Tout d'abord il part d'un constat: on ne peut pas corriger l'Histoire, et il y a aujourd'hui deux peuples qui pensent avec la plus parfaite bonne conscience dans leur âme que ce pays est leur pays. Quelles que soient les erreurs de l'un et de l'autre il n'existe qu'une seule solution morale: le partage mais pas plus qu'Israël n'est l'état du judaïsme, la Palestine ne sera l'état de l'Islam: Israël est l'état de certains Juifs contemporains et la Palestine sera l'état de certains Arabes contemporains.
Pour lui la division drastique est entre ceux qui veulent un état national et un état dominant un autre peuple, et ceux qui veulent libérer le Pouvoir de cette tâche maudite en libérant la religion de l'état. Pour éclairer son propos, il me rappelle que c'est la loi de 1905 qui a sauvé le catholicisme, et que l'état d'Israël ne parvient pas à cette libération en particulier parce que les Rabbins "officiels" sont des "fonctionnaires concordataires", alors que l'essence de la religion est de s'opposer au Pouvoir.
Il n'y a pas d'état religieux parce que le sens de l'état est l'intérêt des hommes et non point le service de Dieu. L'essence et le sens politique de la religion ne peuvent être que de limiter l'autorité du politique par une opposition permanente contre le Pouvoir en vue de baliser ses limites.
L'Histoire n'a pas de sens religieux et même la Shoah n'est pas un problème religieux, sauf peut-être pour les chrétiens. La foi peut être un don elle est toujours un devoir le télos de l'homme est de servir Dieu or Dieu n'a besoin de rien la foi est une idée que l'homme a de son devoir et attribuer une volonté quelconque à Dieu est stupide. Seule la réalité de Son existence compte, et non point Ses attributs qui ne peuvent se nominer que négativement.
Le Mur occidental est un lieu d'idolâtrie.
Et si l'essence du judaïsme est le peuple juif, cela ne signifie point qu'elle soit liée à un pays, à une langue: d'ailleurs depuis le XIXe siècle la majorité des Juifs a rompu avec le judaïsme, et la judéité n'a plus rien à voir pour eux avec le judaïsme.
Au passage, je prends un réel plaisir à sa dissertation sur la Shekhina, car seule l'immanence divine dans sa présence/absence (Sakina, en arabe) m'intéresse dans les trois religions monothéistes, et je suis surpris que Leibowitz ne connaisse pas Ibn' Arabi ni à fortiori l'émir Abdelkader. Beaucoup de mystiques musulmans pensent comme lui à propos de l'état religieux. Il regrette d'ailleurs de ne pas savoir l'arabe. Et lors d'une conférence dans une université, il a été frappé en retour de la maîtrise de l'hébreu par ses interlocuteurs palestiniens.
Bien entendu il est très rude et surtout indifférent envers le christianisme, alors qu'il est plus nuancé sur l'Islam, à propos desquels il est sur la position de Maïmonide: le christianisme est un polythéisme et l'Islam un véritable monothéisme. En fait il pose clairement le débat de l'impossibilité du dialogue trilogique: si Christ est Dieu, le judaïsme est forclos et Mohammad est un faux prophète. Il est donc logique que la survie du judaïsme soit insupportable pour les chrétiens et relativement indifférent aux musulmans.
Enfin, ultime lucidité, Leibowitz pense que les états Unis n'ont plus aucun intérêt stratégique à soutenir Israël, et que celui-ci est dans la situation du Viet Nam du sud..." Tant que l'état d'Israël, dans son abyssale bêtise, sera persuadé que l'aide américaine se poursuivra éternellement, il ne sera pas intéressé par la paix".
Et ce vieil homme tonitrue en tapant sur son bureau: "Si nous continuons dans cette voie, l'état d'Israël sera détruit dans quelques mois".
Alors.
Seul, le Prophète ? Isolé ?
Je ne crois pas, car j'ai cru comprendre que d'une part le débat est rude sur son oeuvre mais au moins existe-t-il, l'affaire du prix en témoigne, et Leibowitz ne se prive pas de parler et personne ne l'en empêche sur ce plan les pays arabes ont des leçons à prendre !
D'autre part plus de mille soldats et officiers de l'armée israélienne ont refusé de servir cette année dans les territoires occupés et plus particulièrement à Gaza, c'est à dire plus que tous les réfractaires à la guerre d'Algérie pendant huit ans.
"Nul ne sait ce qu'est la guerre s'il n'y a son fils", disait Joseph de Maistre qui comme Maïmonide croyait au règne de la Providence.
Honni, certes, parce que les prophètes ont toujours raison. Trop tôt.
Comme la presse et les commentateurs unanimes ont admis que l'événement était historique et la chose irréversible, disons tout de suite qu'il s'agit là de l'emphase habituelle des médias en mal de titres à sensation, d'éphémère et d'événementiel, car rien n'est joué, tout est à faire et la route longue et parsemée de douleurs déchirantes. D'ailleurs, les médias ont déjà oublié la Palestine! Comme tout le monde a oublié que le problème est posé depuis l'effondrement de l'Empire ottoman, depuis les accords Sikes-Picot et la déclaration Balfour en pleine guerre de 1914-1918, comme tout le monde a oublié que les Palestiniens n'ont jamais accepté le grignotage de leur territoire depuis 1920, puis 1933, puis 1936, puis 1947. Tout le monde a oublié que l'ONU a créé DEUX états lors du partage, et qu'Israël autoproclamé n'a jamais accepté les frontières internationales.
Autrement dit, la Palestine et les Palestiniens ne sont pas nés en 1933!
Ces précautions étant prises, il faut comprendre pourquoi cet accord a eu lieu maintenant seulement et quels sont les obstacles à son application.
Plusieurs facteurs emboîtés expliquent le timing. Tout d'abord, l'effondrement de l'URSS, mettant fin à la bipolarité du monde, a permis la guerre du Golfe et celle-ci a rendu possible cet accord.
En effet, les acteurs secondaires (Israël, Syrie) ont compris que les grandes puissances ne leur laisseraient plus de marge d'autonomie: la leçon irakienne est rude et, dans le nouvel ordre mondial, Israël n'est plus un acteur indispensable. Les états Unis ont de nouveaux partenaires (Arabie Saoudite et Turquie) qui contrôlent le monde arabe et le monde islamique face à l'Iran. C'est la théorie du "Muslim Belt, car le problème crucial est désormais localisé vers les Républiques islamiques ex-soviétiques, dont certaines possèdent l'arme atomique !
L'ennemi principal (le communisme) ayant disparu, les états Unis et leurs alliés arabes dénoncent le nouveau péril: l'intégrisme musulman!
Israël a profité du fait que les Grands étaient occupés ailleurs et de la faiblesse de l'OLP pour négocier secrètement. Si l'opération réussit -ce dont je doute-, Israël aura joué le jeu et en tirera des bénéfices internationaux. Si l'opération ne réussit pas au bout des cinq années transitoires, Israël pourra rappeler que nous étions prévenus: les Arabes sont incapables de s'entendre entre eux, et dans les deux cas Israël s'est débarrassé de Gaza !
Les bons sentiments étant rares en politique, on peut se demander pourquoi l'OLP a brusquement cessé d'être une organisation terroriste! Peut-être, parce qu'elle est trop diminuée pour représenter un véritable danger face à la menace "intégriste" bien réelle après des années d'Intifada dans les Territoires occupés, et surtout à Gaza, où le Hamas prend le pas sur toutes les autres organisations. Seule l'OLP reconnaît Israël et accepte l'idée des deux états. Mais pourra-t-elle contrôler ses troupes ?
Les problèmes sont différents à Gaza et en Cisjordanie: alors que les élites y sont bien plus modérées dans celle-ci que dans celle-là, les difficultés peuvent venir de là. à Gaza, le Niet de certaines organisations produit déjà des conflits violents, et l'armée israélienne fait le "sale boulot" pour l'OLP!
Mais, en Cisjordanie, il en va tout autrement: les Palestiniens ont pris l'habitude de coopérer volens nolens avec les Israéliens et, après trente ans d'occupation, les partenaires se connaissent bien. Les gens ont pris l'habitude de gérer leurs affaires eux-mêmes, ils ont inventé des formes nouvelles d'administration et de gestion, sans tenir compte des états d'âme des apparatchiks de Tunis!
Et la première difficulté est bien là: que se passerait-il si des milliers de Palestiniens venaient à rentrer au pays?
En effet, un certain nombre de problèmes n'ont aucune solution dans les accords, dont il faut rappeler rapidement le contenu essentiel.
Un conseil élu dans les Territoires sera chargé de gérer l'autonomie pendant cinq ans. Mais les questions se posent:
- Quels Territoires? Y compris Jérusalem?
- Le mot "autonomie" est dit self government dans le texte, avec quel sens réel ?
- La juridiction, l'ordre public et la sécurité seront assurés par une force de police, mais l'armée israélienne garde le contrôle des axes routiers et assure la protection des "colonies de peuplement" qui ne seront démantelées qu'à Gaza.
- Le retrait des forces militaires de Gaza et Jéricho doit être achevé quatre mois après la signature de l'accord. D'ores et déjà ce n'est pas le cas.
- Les négociations doivent aboutir dans cinq ans sur le statut final, dont rien n'est dit.
- Les élections doivent avoir lieu dans les neuf mois qui suivent l'accord.
- Plusieurs accords intérimaires et comités mixtes sont mis en place, et il est fait appel à l'aide internationale sur le plan financier.
Il faut donc sérier les problèmes cruciaux:
- Celui de l'eau n'est pratiquement pas posé or, il est vital pour les Palestiniens, qui n'ont pas du tout les mêmes droits que les Israéliens sur ce plan-là.
- Le statut des "colonies" est imprécis, et les difficultés entre le gouvernement israélien et les colons religieux semblent sérieuses.
- Le problème de Jérusalem Est n'est même pas abordé.
En revanche, plusieurs points apparaissent comme positifs:
- La violence entre les différents opposants à l'accord est bien moins grande que ce que l'on craignait.
- Les états arabes de la région ont donné leur accord au processus, bien que les accords bilatéraux avec Israël soient loin d'être conclus.
La seule chose qui est irréversible est que les Palestiniens et les Israéliens ont accepté la légitimité réciproque...

Bruno Etienne, mardi 01 mars 1994
http://www.republique-des-lettres.fr/

30.04.2009

Conclusion des investigations menées par les Forces de Défense d’Israël suite à l’Opération Plomb durci

Le Chef de l'Etat-major général de l'Armée Israélienne, le Lieutenant général Gabi Ashkénazi a approuvé et autorisé la publication des résultats de cinq équipes d'investigations chargées d'enquêter sur les événements relatifs à la conduite des soldats israéliens durant l'Opération Plomb Durci.
L’équipe, dirigée par des officiers ayant le rang de colonel, est composée d’officiers qui n’ont pas été impliqués directement dans le commandement opérationnel de ces évènements et ont été désignés par le Lieutenant général Gabi Ashkénazi pour examiner un nombre de points qui furent portés à son attention par des organisations internationales et par les médias israéliens et internationaux
.


Le Porte parole de l'armée israélienne présentant le rapport

Les cinq équipes ont traité les cinq points suivant :

1-Accusations concernant des tirs dirigés contre des installations de l’ONU et d’autres infrastructures internationales Investigations conduites par le Colonel Itzik Turgeman.

2- Les incidents concernant les tirs sur les équipes, bâtiments, véhicules et équipements médicaux. Investigations conduites par le Colonel Erez Katz..

3- Accusations concernant les incidents qui ont touchés des civils non-impliqués. Investigations conduites par le Colonel Tamir Yedaï.

4- L’utilisation d’armement contenant du phosphore. Investigations menées par le Colonel Shaï Alkalaï.

5- Les dommages sur les infrastructures et destructions de bâtiments par les forces terrestres. Investigations conduites par le Colonel Adam Zusman.

Les investigations qui ont été menées par ces experts ne remplacent pas celles qui seront déposées en juin prochain dans le cadre du rapport du centre opérationnel d’investigation de Tsahal qui continue à enquêter à différents niveaux. Des points supplémentaires subissent aussi d’enquête ou d’autres investigations à différents niveaux à l’intérieur de Tsahal.

La décision du Chef d’Etat-major de désigner les cinq équipes d’investigation émane des obligations légale, morale et professionnelle de Tsahal d‘approfondir les plaintes relatives à la conduite de ces évènements. Le processus d’enquête concerne des séries d’investigations opérationnelles, qui constituent des procédures en vigueur dans Tsahal comme dans la plupart des armées occidentales. Ces investigations sont menées par des Colonels experts qui n’ont pas été directement impliqués avec les incidents en question.

En accord avec le protocole des investigations procédures d’enquêtes des Forces de Défense d’Israël, les investigateurs opèrent indépendamment et ont accès à tous les documents nécessaires à leur travail. La faculté d’interrogation de tout le personnel concerné à quelques grades que ce soit leur est totalement assurée. Les plaintes concernant les Forces de Défense israéliennes et les autres autorités israéliennes leur ont été transmises. Ils ont pu interroger de très nombreux soldats et officiers, et rassemblé les documents et matériels appropriés. Il convient de noter que tout soldat dont le témoignage a été requis par les enquêteurs était contraint de coopérer avec ces investigations. Les enquêteurs ont bénéficié d’une entière coopération à ce titre.

Les investigations ont démontré que durant les combats à Gaza, les Forces de Défense d’Israël ont opéré en accord avec le droit international. Les Forces de Défense israéliennes ont préservé un haut niveau moral et professionnel face à l’ennemi animé de la volonté de terroriser les civils israéliens en se cachant parmi les civils dans la Bande de Gaza les utilisant ainsi comme bouclier humain. Toutefois, les enquêtes ont relevé un nombre infime d’incidents au cours desquels des erreurs des services de renseignements ou opérationnels ont eu lieu pendant les combats. Ces incidents malheureux n’ont pu être évités et ont eu lieu sur le champ de bataille, en particulier dans les cas où le Hamas s’est battu au sein même des populations civiles.

Le gouvernement d’Israël a ordonné aux Forces de Défense d’Israël de déclencher l’Opération Plomb durci conformément à son devoir de protéger ses citoyens qui subissent depuis 8 ans les tirs de missiles dirigés sur les populations civiles du sud du pays. Ces tirs ont été particulièrement intensifs au cours des trois dernières années suite au « désengagement » qui a vu Israël se retirer de la Bande de Gaza, et au cours des deux mois précédant l’Opération quand 160 roquettes et obus de mortiers ont été tirés sur Israël.
Pendant ces années, des centaines de milliers d’enfants israéliens, de femmes et des hommes ont été terrorisés. Des milliers de missiles, de roquettes et d’obus de mortiers ont été tirés sur les écoles, les jardins d’enfants et les résidences voisines. Pas d’autre choix n’était possible contre ces actes incessants de terrorisme qui ont coûté de nombreuses vies et des blessés et qui déstabilisent toute tentative de vie normale dans les villes et les localités du sud d’Israël.
Les combats à Gaza ont eut lieu sur un champ de bataille complexe contre un ennemi qui a choisi, comme part de sa doctrine affichée, d’œuvrer au sein même de sa population civile. Cet effroyable ennemi a piégé ses propres maisons avec ses propres explosifs, à tirer depuis ses propres écoles occupées par ses propres enfants et à utiliser son propre peuple comme bouclier humain tout en abusant cyniquement des engagements juridiques et éthiques de Tsahal visant à éviter de blesser des civils non-concernés.

Afin d’assurer la conformité des engagements des Forces de Défense d’Israël avec le Droit international, les Forces de Défense d’Israël ont déployé d’énormes moyens à la protection des civils dans la bande de Gaza.

Les Forces de Défense d’Israël ont largué plus de 2 250 000 tracts au cours des combats, utilisé la radio palestinienne, et  personnellement averti par téléphone plus de 165 000 habitants de Gaza et dans le cadre de la  mise en œuvre d’une procédure spéciale destinée à prévenir de l’imminence de tirs (cette procédure porte de nom opérationnel de « knock on the roof »). Ces procédures a pour objectif de s’assurer que le nombre le plus important de civils palestiniens puisse être épargné. De plus, les Forces de Défense d’Israël ont essentiellement utilisé des munitions extrêmement  précises  quand cela était possible afin de minimiser toutes blessures éventuelles aux civils. Au cours des opération s, les Forces de Défense d’Israël ont aussi laissé entrer les convois humanitaires dans Gaza et observé une pause humanitaire de plusieurs heures par jour.

Les Forces de Défense d’Israël ont agi en conformité avec les valeurs morales et des règles du droit de la guerre, formant ses soldats à agir selon ces valeurs et règles qui les unissent, et faisant un immense effort pour concentrer ses tirs sur les terroristes et éviter de blesser des civils.

Comme toutes les autres armées contraintes de combattre un ennemi terroriste qui se cache et agit au sein de la population civile, les Forces de Défenses d’Israël ont du faire face à un cruel dilemme moral (du fait de la stratégie déloyale du Hamas). Cette stratégie a transformé les zones urbaines de Gaza en champ de bataille et intentionnellement fait usage des civils, de leurs habitations et des infrastructures humanitaires sensibles, (hôpitaux, écoles, institutions religieuses et bâtiments affiliés à l’ONU et à d’autres organisations internationales).

Les enquêtes ont clairement montré que les Forces de Défense d’Israël ont agi en conformité avec le Droit international. Les obligations légales de l ‘IDF ont été intégrées dans les plans opérationnels, dans l’entrainement reçu par l’armée avant l’opération et dans les ordres donnés durant l’opération. Lors de certains incidents les Forces de Défense d’Israël ont même davantage limité leur champ d’action que le Droit international ne le requiert et ont agi avec modération pour éviter de blesser des civils.

Les Forces de Défense d’Israël ont atteint les buts et objectifs fixés et porté un coup sérieux aux organisations terroristes menées par le Hamas, en visant les terroristes, les infrastructures militaires et les installations de fabrication d’armes. Cette opération complexe a nécessité la coopération des forces aériennes, navales et terrestres réunies avec les différents services de renseignement impliquant les forces actives et de réserve.

Avant le début de l’opération, une planification et une préparation minutieuse ont été entreprises pour s’assurer que les unités et les centres de commandement étaient suffisamment entrainés et préparés à cette opération.
Le processus d’enquête a été long du fait de l’ampleur des combats, du travail compliqué et minutieux des enquêteurs, du temps nécessaire à la collecte des informations en provenance des diverses unités impliquées dans l’opération et du recoupement détaillé de ces informations. Pour certaines enquêtes, quelques questions supplémentaires sont toujours en cours de vérification et d’autres allégations continuent d’être examinées.

Conformément aux règles en vigueur, un rapport de chaque enquête est transmis au procureur général militaire qui est habilité à décider d’ouvrir de nouvelles enquêtes et d’instruire de nouvelles investigations si nécessaire. Sa décision est totalement indépendante et il n’est soumis qu’à la Loi.

Du fait de leur importance, les conclusions des enquêtes ainsi que l’avis du procureur général militaire seront soumis au procureur général de l’Etat.

29.04.2009

Du gang des Barbares du chef Fofana et du discours islamiste

 

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Voici les liens de nos deux plus récentes chronique de l'Insolent

Du gang des Barbares du chef Fofana et du discours islamiste
L'atroce affaire du rapt et de la mort d'Ilan Halimi, un jeune juif français de 23 ans séquestré pendant trois semaines par le "gang des barbares", en janvier et février 2006, va connaître, 3 ans plus tard son épilogue judiciaire. Le supplicié avait été découvert, le 13 février, nu, bâillonné, menotté et portant des traces de tortures et de brûlures. Il était mort pendant son transfert à l'hôpital, sans avoir pu s'exprimer.

→ Lire le texte de cette chronique
http://www.insolent.fr/2009/04/du-gang-des-barbares-du-ch...

Un scrutin pas comme les autres
De toute évidence, toutes les campagnes électorales obéissent à des lois générales,
et en cela, elles se ressemblent. Aucune n'a jamais échappé entièrement aux tentatives de diversion,
aux coups bas, aux dérisions et aux affirmations démagogiques.
La perspective du vote du 7 juin, prévu dans les 27 États-Membres de cette Union tenant lieu d'Europe, ne faillira donc pas à la loi du genre. Mais...
→ Lire le texte de cette chronique
http://www.insolent.fr/2009/04/un-scrutin-pas-comme-les-a...

→ Leur version audio sur le site de Lumière 101
http://lumiere101.com
dont je vous invite à découvrir la richesse et la diversité

13.03.2009

«Israël n'est pas le peuple juif»

body9790iWmLUKmLExKanei.jpgJacques Attali, né en 1943, à Alger, est économiste et écrivain. Ancien conseiller de François Mitterrand puis président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, il dirige actuellement PlaNet Finance qui s’occupe du microcrédit

L'écrivain français vient de publier le «Dictionnaire amoureux du judaïsme». Rencontre.

Laszlo Molnar - le 10 mars 2009

Le Matin

Votre nouveau livre porte le titre de «Dictionnaire amoureux du judaïsme», pensez-vous que le conflit israélo-palestinien empêche actuellement d'être amoureux du peuple juif?

Ça n'a absolument aucun rapport. C'est étrange que vous posiez cette question. C'est un conflit territorial entre deux nations. Ça n'a aucun rapport avec le judaïsme qui existe depuis 3000 ans et qui continuera à exister quoi qu'il arrive à Israël.

Pourtant depuis l'invasion du Liban par Israël, les gens ont tendance à lier le peuple juif et Israël...


Mais les gens c'est qui ? C'est vous ? Le peuple juif a une histoire planétaire et millénaire qui n'a rien à voir avec l'Etat d'Israël.

Mais beaucoup d'Européens...


Vous êtes peut-être entouré de gens qui font la confusion. L'Etat moderne d'Israël n'a rien à voir avec l'identité juive.

Les gens font donc la différence...

Encore une fois, les gens je ne sais pas qui c'est. Mais je pense que oui, ils font la différence.

Vous croyez que les écoles ont enseigné cette différence ?


L'enseignement catholique n'a pas insisté sur la judaïté de Jésus. Je préciserais que certains chrétiens minoritaires et certains musulmans minoritaires n'aiment pas rappeler que leur religion a des racines juives. Ils préféreraient qu'il n'y ait personne avant eux. On peut les comprendre: il n'est pas aisé d'avoir quelqu'un avant soi. Pour ces personnes, la religion commence avec eux et pas avant eux. Dans ces religions, on reconnaît cependant la paternité du judaïsme.

L'intolérance actuelle n'est donc pas liée au conflit israélo-arabe?

L'antisémitisme précède l'existence de l'Etat d'Israël. La Shoah a eu lieu avant la création de l'Etat d'Israël.

Ces dernières années, on a considéré la France comme un pays antisémite...


C'est complètement faux. La France n'a jamais été un pays antisémite. C'était une tentative de certains Israéliens et de certains Américains. Je sais que même des personnes de la communauté juive de France l'ont dit, mais c'est absurde.

Dans quel but?

Quelques responsables israéliens auraient souhaité que les juifs français immigrent vers Israël. D'autres cherchaient à brouiller les relations franco-américaines. Mais c'était complètement absurde.

Destinez-vous votre livre à un large public, ou seulement aux intellectuels?

Il a été publié il y a un mois, et, selon les critiques, il devrait intéresser un large public. C'est ce que je souhaite. Je cherche avec ce livre à reparler des fondements du monothéisme que partagent le judaïsme, le catholicisme et l'islam.

«Dictionnaire amoureux du judaïsme», par Jacques Attali, aux éditions plon/fayard


© Jacques Attali et Le Matin, de Lausanne

 

Il est atterrant d'entendre un tel concentré de lieux communs, aussi simplistes et agressifs que controuvés, de la bouche de ce grand bourgeois juif, pour qui il n'est bon bec que de Paris et de la France, et non de Jérusalem et d'Israël. Habitué à parler et à s'écouter parler, Attali use d'un ton protecteur, non dénué de brutalité. Il interrompt son intervieweur avec une houtzpah toute israélienne, insolite chez cet israélophobe impénitent. Impossible de commenter chaque contrevérité, chaque insulte, émises d'un ton d'autant plus sûr de soi, que sa Seigneurie ne se gêne pas pour vous faire comprendre qu'à part lui, rares sont les génies capables de réaliser que "l'Etat moderne d'Israël n'a rien à voir avec l'identité juive". Qu'Attali n'en pince pas pour l'Etat juif, c'est visible, et c'est son droit; mais qu'il s'évertue à en dégoûter les autres, c'est de l'hubris et du mauvais goût. A défaut de le faire avec "quatre grains d'ellébore" [*], je lui conseille de se purger avec la magnifique définition de l'ex-rédacteur en chef du "Monde", Luc Rosenzweig, qui parle d'Israël comme d'«un problème qui tarabuste nos éditorialistes hexagonaux depuis toujours : celui de la complexité d’une religion-peuple où même les juifs athées sont persuadés de la nécessité et de la légitimité d’un Etat juif». Môssieu Attali ferait bien d'en prendre de la graine. (Menahem Macina).

 

[*] Cf. Jean de La Fontaine, Le lièvre et la tortue. [**] Voir, sur le site Causeur, "Shlomo de Paname"

19.01.2009

La montée de l'islamisme radical en Europe est liée à l'abandon des Juifs et d'Israël

RP_20060126_57_G.jpgEliézer Cherki analyse ici les tenants et les aboutissants de l'islam militant parti à la conquête de l'Europe. Ce faisant, il souligne la propre responsabilité de l'Occident, en particulier dans son rapport aux communautés juives locales et à l'Etat hébreu.
Question: Assiste-t-on à une réelle montée de l'islam intégriste militant en Europe?
Eliézer Cherki:
C'est une réaction tangible presque partout en Europe occidentale avec des accents différents en fonction des pays; en France, en Angleterre, en Allemagne, aux Pays-Bas, au Danemark, en Italie et en Espagne. Ces différences reposent sur la diversité des origines des immigrants islamistes. En Allemagne, ils viennent de Turquie, et en France d'Afrique du Nord…Cela tient également aux différentes façons de réagir de la société, des classes dirigeantes ou des médias de ces pays face au phénomène d'expansion de l'islamisme. En Italie, on relève ainsi un pôle de résistance plus fort qu'en Espagne par exemple.

Comment analysez-vous cette impressionnante expansion?
Le phénomène est avant tout de nature démographique et dû au changement historique massif des 30 dernières années en Europe. Ce qui a changé, c'est cette présence massive de Musulmans en Europe occidentale. Alfred Sauvy, le grand démographe, disait que la démographie c'est comme la "petite aiguille d'une montre": on ne la voit pas bouger, mais c'est celle qui compte….Ce facteur démographique est la base sur laquelle va se développer l'islamisme, accentué par le net déclin des taux de natalité des européens.

Quelle importance revêt cette dimension démographique aux yeux des islamistes?
Il faut faire ici une parenthèse et aborder le domaine de la théologie. L'islam ne connait pas la notion de "galout" – l'exil en hébreu. Le peuple d'Israël peut se trouver en exil sur une terre qui n'est pas la sienne, mais cette notion n'existe pas dans l'islam, car les Musulmans ont une notion "territoriale" universelle du monde!
A partir de là, la présence de Musulmans sur une terre non islamique ne peut s'expliquer, en terme de théologie islamiste, que dans une dimension de Djihad, c'est-à-dire de conquête….Lorsque les Musulmans sont minoritaires, le problème ne se pose pas: ils sont en situation "d'impossibilité de Djihad"; mais dès qu'ils parviennent à une réalité démographique tangible, le pays où ils se trouvent devient potentiellement une contrée islamique, et la tentation est grande chez les islamistes de transformer cette terre d'accueil en terre islamique!

Cette vague islamiste peut-elle s'inscrire dans une perspective plus large?
Elle est liée à l'expansion de l'islamisme radical dans le monde arabo-musulman car les évènements qui se déroulent en Europe n'en sont qu'un reflet. En fait, cette renaissance du Djihadisme est beaucoup moins nouvelle qu'elle n'y parait! Dans une perspective historique à long terme, l'arrêt de l'expansion militaire de l'islam fut une parenthèse assez courte. En effet, la dernière tentative de conquête de l'Occident par l'islam date de 1683 lors du siège de Vienne par les turcs ottomans, soit à peine plus de trois siècles.
Cette expansion ottomane militaire fulgurante était considérée par l'Empire turc lui-même comme un Djihad. Par la suite, l'échec de la conquête de Vienne, la décadence de l'Empire ottoman puis la montée de l'Europe coloniale donnèrent le sentiment que l'islam allait être complètement marginalisé, puis dominé par l'Occident, et qu'il avait achevé son rôle militaire sur la scène de l'histoire. C'était une illusion!
Aujourd'hui, on assiste à une nouvelle expansion. Le grand orientaliste anglais Bernard Lewis a relevé trois tentatives de conquête de l'Europe par les Musulmans: la première est la conquête arabe qui fut arrêtée à Poitiers en 732, la seconde est l'expansion ottomane qui échoua devant Vienne en 1683, et la troisième tout à fait contemporaine – a une dimension démographique et semble être la plus réussie des trois…

Cette expansion de l'islam est-elle confortée par d'autres facteurs?
Il faut citer les changements culturels qui affectent l'Occident lui-même. En effet, l'Europe est en train de perdre ses repères nationaux, culturels et religieux. Elle se trouve dans une situation d'extrême faiblesse idéologique face à un mouvement qui, lui, est extrêmement déterminé de ce point de vue!
Par ailleurs, l'islamisme se considère comme le représentant de la "force morale" face à ces pays "en décadence". Se prétendant porteur de valeurs "divines", l'islamisme a lancé un combat contre l'Europe "immorale"… De plus, la crise culturelle européenne s'accompagne d'un profond sentiment de culpabilité consécutif à son passé colonial: la voilà aux prises avec l'énorme difficulté – voire l'impossibilité – d'identifier ces anciens peuples colonisés comme étant, non plus des victimes, mais les nouveaux oppresseurs potentiels…

Existe-t-il des forces qui s'opposent à cette montée des islamistes en Europe?
Il y a d'abord de nombreuses consciences individuelles, de toutes origines, qui tentent d'alerter l'opinion sur les dangers que les dérives islamistes font peser sur la société. Mais ces individus sont de plus en plus marginalisés par les pouvoirs publics, les milieux intellectuels et les médias.
Certains Musulmans sont d'ailleurs parmi les plus lucides et les plus informés sur ces dangers, et ils mènent un combat très courageux… Mais ils sont trahis par ces pouvoirs qui préfèrent ultimement se concilier les bonnes grâces des milieux les plus radicaux!
Par ailleurs, les courants islamistes ont identifié les communautés juives comme étant les "poches de résistance" les plus réfractaires: elles sont perçues comme l'obstacle principal à l'expansion de l'islamisme en Europe. Une situation liée bien sûr à leur rapport à l'Etat d'Israël, qui est le modèle de résistance politique et spirituelle faisant face à l'expansion islamique, mais tout autant à leur hostilité à la nature et aux positions intellectuelles et morales des Juifs, souvent eux-mêmes originaires des pays arabes. Or ces Juifs ne peuvent adopter la même attitude victimaire vis-à-vis des Musulmans car ils ont été eux-mêmes victimes de l'oppression des Musulmans en terre d'Islam… Aujourd'hui, le monde musulman est "judenrein", dégagé de toute présence juive sur tout son territoire: un phénomène qui n'est pas un hasard de l'Histoire, ni dû à la simple expansion des Juifs vers l'Occident. Il faut reconnaître que la présence occidentale, si décriée aujourd'hui, a libéré les Juifs de l'oppression de l'islam et les a sortis de leur situation de dhimmis, leur offrant l'égalité des droits et la dignité de citoyen. En tant que collectivité, les Juifs sont désormais non seulement débarrassés du complexe d'infériorité morale vis-à-vis des Musulmans, mais plus encore viscéralement attachés aux valeurs démocratiques et aux traditions culturelles des pays qui les ont accueillis, notamment la France. Enfin, les Juifs ont leurs propres repères religieux fortement ancrés dans une tradition plusieurs fois millénaire que ne peut contester l'islam.

Pensez-vous que l'Europe abandonne Israël à son sort?
En choisissant la soumission à l'islam et en jetant Israël en pâture aux islamistes extrémistes, l'Europe a volontairement refusé de se joindre à ses alliés naturels dans le monde que sont les communautés juives et l'Etat hébreu. Cette attitude est non seulement motivée par des intérêts politiques et économiques évidents, mais elle s'explique également par un antisémitisme toujours profondément ancré dans l'espace mental européen. Pour toutes ces raisons, l'Europe a une attitude suicidaire: elle a décidé de trahir les Juifs et Israël en espérant que les Musulmans accepteront de leur faire grâce… Typique de la dhimmitude, cette attitude a été magistralement analysée par l'historienne Bat Yéor dans son livre "Eurabia".
Il existe une troisième dimension à prendre en compte: c'est un mélange de fascination, de séduction et de peur devant la barbarie – ce mélange impur qui demeure un vieux démon de l'Europe. Les Européens éprouvent une crainte grandissante face aux courants islamistes extrémistes, mais ils laissent se développer sur leur sol un antisémitisme violent – de cette violence qui a pour fonction d'intimider avant de se soumettre!
Il est vrai que les pays occidentaux ont lancé de vastes opérations sécuritaires en signe de réaction, mais à terme, pour préserver leurs propres valeurs et leur liberté, ils devront changer leur regard sur eux-mêmes, sur Israël et sur les Juifs. Dans le cas contraire, nous aboutissons à une victoire de l'islamisme radical dont l'avenir seul nous dira la forme qu'elle prendra: soumission totale, civilisation "mixte", partition géographique, ou tout autre modèle encore…

14.12.2008

La Judéophobie des Modernes. Des Lumières au Jihad mondial

928589-1149914.jpg« Pour Taguieff, et c’est là l’originalité première de son livre, l’antisémitisme, tel qu’il fut mythologisé dans l’histoire officielle, est périmé, sinon complètement marginalisé. Les militants de l’islamisme radical – ennemis déclarés d’Israël – seraient, selon Taguieff, les nouveaux relais de la judéophobie. Cette passion serait doublement entretenue : par une interprétation fondamentaliste du Coran, d’une part, ainsi que par la complicité rhétorique avec le discours « progressiste » de l’intelligentsia de gauche, sensible à l’argumentaire « anti-raciste » et « anti-impérialiste » de la cause palestinienne ».

Carl Bergeron, 28 ans, a soumis à Point de Bascule un compte-rendu du livre de Pierre-André Taguieff récemment sorti à Montréal, La Judéophobie des Modernes. Des Lumières au Jihad mondial. (Odile Jacob, 2008, 683 p.)

Compte rendu signé Carl Bergeron :

En France, Pierre-André Taguieff faisait paraître en août dernier, chez Odile Jacob, La Judéophobie des Modernes. Des Lumières au Jihad mondial. Cet ouvrage capital, qui fait suite à de nombreux travaux de l’auteur sur l’antisémitisme, n’est disponible que depuis le 9 décembre à Montréal. Se proposant de démystifier « la nouvelle judéophobie », Taguieff y dresse la généalogie de l’antisémitisme, en prenant soin toutefois de distinguer les différentes phases d’antisémitisme qui, depuis l’antijudaïsme chrétien, ont ponctué la longue histoire du peuple juif.

Lire la suite : http://pointdebasculecanada.ca/spip.php?article752

Le multiculturalisme, ou le cheval de Troie de l’islamisme

par Pierre-André Taguieff (directeur de recherche au CNRS, Paris)

Il faut s’interroger sur un paradoxe dont les conséquences géopolitiques peuvent être considérables : un pourcentage significatif des populations de culture musulmane installées dans les pays occidentaux et désireuses d’y rester se montre hostile à la civilisation occidentale et manifeste une certaine empathie à l’égard des milieux jihadistes. C’est dans les pays qui ont institutionnalisé le multiculturalisme, donc inscrit dans la loi le principe du respect inconditionnel des « identités culturelles », que l’opinion musulmane s’aligne le plus sur les positions islamistes. Les promoteurs de l’idée d’une « citoyenneté postnationale » ont par ailleurs fortement contribué à légitimer le multiculturalisme comme forme de « politique de la reconnaissance ». La version la plus radicale du multiculturalisme est illustrée par la politique néerlandaise de « pilarisation », présentée comme un moyen de garantir la tolérance à l’égard des religions, en accordant un système éducatif séparé, des services sociaux distincts, des médias et des syndicats différents aux catholiques, aux protestants et aux communautés sécularisées. Jusqu’au début des années 2000, les gouvernements néerlandais successifs ont fait leur la doctrine selon laquelle le meilleur moyen de favoriser l’intégration des populations issues de l’immigration était d’encourager les immigrés à « maintenir leur propre culture » (1). Ils ont facilité ce « maintien » des identités culturelles d’origine par tout un arsenal de politiques de redistribution visant les « minorités culturelles » reconnues (2). Même si la question de savoir si les musulmans constituent un « pilier » séparé est restée controversée, c’est un fait que les Pays-Bas se sont montrés plus volontaristes que d’autres pays pour accorder aux musulmans des écoles distinctes (3). Le choc provoqué par l’assassinat du leader politique Pim Fortuyn (6 mai 2002) (4), suivi par celui du cinéaste Théo Van Gogh (1er novembre 2004) (5), l’un et l’autre engagés dans un combat contre ce qu’ils pensaient être « l’islamisation » de leur pays, a fait prendre conscience aux Néerlandais des limites et surtout des effets pervers du multiculturalisme, terrain privilégié pour la propagande islamiste.

La Grande-Bretagne, les Pays-Bas et le Canada sont parmi les pays occidentaux les plus touchés par une islamisation fondamentaliste intense. Le multiculturalisme modéré existant en Grande-Bretagne a été défini en 1966, non sans un certain angélisme, par Roy Jenkins, alors secrétaire du Home Office, comme « la diversité culturelle, couplée à l’égalité des chances, dans une atmosphère de tolérance mutuelle » (6). Après les attentats islamistes de Londres (juillet 2005), les Britanniques ont à leur tour pris conscience des dangers présentés par le multiculturalisme à l’époque du terrorisme jihadiste gobal. L’angélisme différentialiste ne devrait plus être à l’ordre du jour en Grande-Bretagne (7). Dans une étude d’une exceptionnelle lucidité, « Atmosphère suffocante dans le Londonistan », publiée en juin 2006, le politologue Ernst Hillebrand montre non seulement que le multiculturalisme britannique a totalement échoué, mais encore qu’il a favorisé l’emprise islamiste sur les musulmans vivant en Grande-Bretagne. Le constat est saisissant :

« 40 % des musulmans vivant en Grande-Bretagne souhaitent l’application de la Chari’a dans certaines parties du pays. 32 % pensent que les musulmans devraient s’engager pour mettre fin à la civilisation occidentale, “décadente et amorale”. 20 % disent comprendre les motivations des responsables des attentats du métro de Londres le 7 juillet 2005. Dans le même temps, seuls 17 % des non-musulmans pensent que musulmans et non-musulmans peuvent vivrent ensemble pacifiquement de façon durable. Et un quart de l’électorat peut s’imaginer votant un jour pour un parti d’extrême droite ; bienvenue en Grande-Bretagne, dans une société qualifiée par le British Council de “riche d’une grande diversité, ouverte, multiculturelle”. Alors que les autorités persistent à diffuser des messages glorieux, les attentats de Londres ont crûment révélé une réalité qui n’avait pu échapper, auparavant déjà, à tout observateur attentif : le vaste échec du multiculturalisme britannique, du moins en ce qui concerne l’intégration des musulmans. » (8)

Les défenseurs d’un multiculturalisme institutionnel, lorsqu’ils professent un relativisme culturel radical, sont le plus souvent des ennemis déclarés de l’Occident, dénoncé comme incarnation d’un judéo-christianisme qui, par son intolérance et son « impérialisme », serait une machine à détruire les « cultures ». Comme l’a justement remarqué Élie Barnavi, « le multiculturalisme est un leurre », qui continue cependant de séduire nombre d’intellectuels et d’homme politiques en Europe. Le multiculturalisme se fonde implicitement sur un essentialisme culturel qui mine les fondements de tout ordre politique : « On ne bâtit pas une société digne de ce nom, ce qui implique une langue dans laquelle on puisse se comprendre, un minimum de culture commune, une mesure de mémoire partagée, en enfermant les gens dans leur propre langue, leur propre culture et leur propre mémoire » (9). Le multiculturalisme institutionnel, c’est-à-dire le multicommunautarisme, revient à transformer le droit à la différence en un devoir d’appartenance ordonné à une identité d’origine supposée et imposée (10). Ses défenseurs ont contribué à jeter la confusion dans les milieux antiracistes en définissant le racisme par le rejet du multiculturalisme. Dès lors, toute critique du projet multicommunautariste est soupçonnée d’exprimer une vision raciste, alors même que le multiculturalisme, quelles que soient les bonnes intentions de ses partisans, ressemble fort à ce monstre que serait un « multiracisme ». Les illusions pseudo-antiracistes suscitées par cette absolutisation de la différence culturelle et ce culte de la diversité culturelle en dissimulent mal les effets pervers : la fragmentation conflictuelle de l’espace public, l’ethno-racialisation des rapports sociaux, l’individualisation négative, la généralisation normative des ségrégations, l’accroissement de la défiance entre les groupes séparés et, pour finir, la destruction de la vie civique, mettant en danger le régime démocratique.

Cette pathologie sociale peut être analysée sur la base du modèle d’intelligibilité construit par Robert Putnam dans les années 1990 et mis à l’épreuve au cours des années 2000, selon lequel le « capital social », soit « les réseaux qui relient entre eux les membres d’une société et les normes de réciprocité et de confiance qui en découlent » (11), tend à décliner lorsque s’accroît la diversité ethnique et culturelle. Putnam a étudié ce qu’il appelle la « diversité ethnique » aux États-Unis en référence aux quatre groupes retenus par le recensement nord-américain : les Hispaniques, les Blancs non-hispaniques, les Noirs non-hispaniques et les Asiatiques. Ces catégories dites « ethniques » ou « raciales » sont en fait tout autant culturelles. Dans un article retentissant publié en juin 2007 (12), le sociologue et politiste en arrive à formuler un certain nombre de conclusions inattendues de la part d’un « progressiste », et qu’on peut réduire à quatre thèses : 1° Plus la diversité ethnique grandit, plus la confiance entre les individus s’affaiblit ; 2° dans les communautés les plus diversifiées, les individus ont moins confiance en leurs voisins ; 3° dans ces mêmes communautés, non seulement la confiance inter-ethnique est plus faible qu’ailleurs, mais la confiance intra-ethnique l’est aussi ; 4° la diversité ethnique conduit à l’anomie et à l’isolement social. Il va de soi que de telles conclusions, établies à partir d’une enquête conduite d’une manière exemplairement scientifique sur un échantillon d’environ 30 000 individus, ne peuvent qu’affoler les adeptes du « politiquement correct » en matière d’immigration (célébrée comme une « richesse ») et les partisans du multiculturalisme (présentée comme la voie unique vers le nouvel avenir radieux). À la fin de son article, l’universitaire réputé « progressiste » qu’est Putnam définit sa position « politique » par un double rejet : « Il serait dommage qu’un progressisme politiquement correct nie la réalité du défi que constitue la diversité pour la solidarité sociale. Et il serait également regrettable qu’un conservatisme anhistorique et ethnocentrique refuse d’admettre que relever ce défi est à la fois souhaitable et possible ».

Il reste à étudier d’une façon comparative d’autres sociétés démocratiques travaillées par les effets négatifs d’un excès de diversité interne, qu’il s’agisse des Pays-Bas, de la Belgique, des pays scandinaves, de l’Allemagne ou de la Grande-Bretagne, sans oublier certains pays d’Europe méditerranéenne. L’horizon ainsi dessiné est plutôt sombre : si les thèses de Putnam sont fondées, universalisables et ainsi dotées d’une valeur prévisionnelle, alors le surgissement de sociétés multi-raciales et multiculturelles que favorise l’ouverture démocratique aura pour conséquences majeures le déclin de l’engagement civique et le délitement du lien social, remplacé par la défiance ou l’indifférence. Trop de diversité, en provoquant l’érosion de la confiance, tuerait la tolérance et ruinerait la solidarité sociale comme l’esprit civique. Dès lors, l’offre islamiste, centrée sur l’identité et la solidarité de groupe, deviendrait particulièrement attractive aux yeux des « communautés » diverses de culture musulmane. C’est dans ce contexte convulsif qui s’annonce, à l’heure du Jihad mondial, que les réseaux islamistes risquent de prendre leur essor en tout territoire situé hors de la « demeure de l’islam » (dar al-islam).

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Cet article est extrait du livre de Pierre-André Taguieff, La Judéophobie des Modernes. Des Lumières au Jihad mondial, Paris, Odile Jacob, en librairie le 25 août 2008.

1) Voir Yasemin Soysal, Limits of Citizenship : Migrants and Postnational Membership in Europe, Chicago, University of Chicago Press, 1994.
2) Voir Frank de Zwart, « Politiques ciblées dans les sociétés multiculturelles : acceptation, négation et substitution », Revue internationale des sciences sociales, LVII (1), n° 183, 2005, p. 164.
3) Voir John Rex, Ethnicité et citoyenneté. La sociologie des sociétés multiculturelles, textes sélectionnés, traduits de l’anglais et introduits par Christophe Bertossi, préface de Michel Wieviorka, Paris, L’Harmattan, 2006, p. 76. Le sociologue britannique John Rex est l’un des principaux théoriciens de l’ethnicité et un défenseur du multiculturalisme. Voir John Rex, Race and Ethnicity, Buckingham, Open University Press, 1986, pp. 119-135 (chap. 7 : « The Concept of a Multi-Cultural Society »).
4) Voir Pierre-André Taguieff, L’Illusion populiste. Essai sur les démagogies de l’âge démocratique, nouvelle édition refondue et considérablement augmentée, Paris, Flammarion, coll. « Champs », 2007, pp. 147-149.
5) Voir Ian Buruma, On a tué Theo Van Gogh. Enquête sur la fin de l’Europe des Lumières, tr. fr. Jean Vaché, Paris, Flammarion, 2006.
6) Cité par John Rex, Ethnicité et citoyenneté, op. cit., p. 135. Pour une présentation positive de ce modèle d’intégration visant à protéger la diversité culturelle, voir John Rex and Sally Tomlinson, Colonial Immigrants in a British City : A Class Analysis, Londres, Routledge & Kegan Paul, 1979.
7) Voir Gilles Kepel, Terreur et Martyre. Relever le défi de civilisation, Paris, Flammarion, 2008, pp. 206-224.
8) Ernst Hillebrand, « Atmosphère suffocante dans le Londonistan », Friedrich-Ebert-Stiftung, Analyses et Documents, juin 2006, p. 1. Ernst Hillebrand était alors directeur du bureau londonien de la Friedrich-Ebert-Stiftung. Il en dirige le bureau de Paris depuis juillet 2007. Voir aussi Paul Landau, Le Sabre et le Coran. Tariq Ramadan et les Frères musulmans à la conquête de l’Europe, Monaco, Éditions du Rocher, 2005, pp. 89-95. Ce spécialiste de l’islamisme analyse le multiculturalisme, notamment aux Royaume-Uni, comme le « cheval de Troie des islamistes » (op. cit., p. 93), image symbolique que je lui emprunte ici.
9) Élie Barnavi, Les Religions meurtrières, Paris, Flammarion, 2006, p. 129.
10) Pour une analyse critique approfondie, voir Pierre-André Taguieff, La République enlisée. Pluralisme, « communautarisme » et citoyenneté, Paris, Éditions des Syrtes, 2005, pp. 12-184, 273-346.
11) Voir l’article séminal de Robert D. Putnam, « Bowling Alone : America’s Declining Social Capital », The Journal of Democracy, 6 (1), 1995, pp. 65-78 ; ainsi que l’ouvrage qui a suivi : Bowling Alone : The Collapse and Revival of American Community, New York, Simon and Schuster, 2000. Voir Jean-Louis Thiébault, « Les travaux de Robert D. Putnam sur la confiance, le capital social, l’engagement civique et la politique comparée », Revue internationale de politique comparée, 10 (3), 2003, pp. 341-355.
12) Robert D. Putnam, « E Pluribus Unum : Diversity and Community in the Twenty-first Century », Scandinavian Political Studies, 30 (2), juin 2007, pp. 137-174. Pour une analyse critique, voir Éloi Laurent, « Robert Putnam et la nouvelle indifférence américaine », 24 octobre 2007.

29.10.2008

"L'Europe frigide", d'Elie Barnavi : amis européens, arrêtez de pleurnicher !

Faut-il être israélien pour être - encore - européen ? Ce regard excentré est-il nécessaire pour défendre un projet que ses bénéficiaires eux-mêmes ne paraissent plus capables de porter ? C'est la démonstration paradoxale qu'administre Elie Barnavi, avec une chaleur, une énergie et une conviction que, sur ce sujet, l'on n'avait plus rencontrées depuis belle lurette.

Historien, ancien ambassadeur d'Israël à Paris, initiateur du Musée de l'Europe à Bruxelles, l'auteur n'est pas du genre à mâcher ses mots, tant le désolent ou l'agacent la neurasthénie et les "pleurnicheries" où s'abîme l'Union européenne. De quoi souffre-t-elle ? Le diagnostic est sévère : grave crise de confiance, d'identité même, fréquente à la cinquantaine ! Et les symptômes nombreux : au fond, l'Europe a peur de tout, peur de son histoire, de son succès et du vaste monde, peur de l'autre (surtout s'il tente par tous les moyens de débarquer du continent africain), peur, enfin, de la puissance et de ses responsabilités.

Les exemples abondent. Ainsi de cette querelle, invraisemblable aux yeux de Barnavi, sur les "racines chrétiennes" de l'Europe, qui a plombé les débats sur le préambule du traité constitutionnel, en 2004-2005. Car enfin, l'Europe a bien été chrétienne, pendant près de deux millénaires, et l'on se condamne à ne rien en comprendre "si l'on s'entête à gommer de son histoire un élément aussi essentiel de son identité". Refuser d'assumer cet héritage est donc "absurde et dommageable", même et surtout si c'est au nom d'une laïcité frileuse qui, voyant des intégristes partout, les renforce plus qu'elle ne les isole.

Hésitant à assumer son histoire, l'Europe fait de même avec sa civilisation, berceau du meilleur comme du pire, "Beethoven et Auschwitz, Beethoven à Auschwitz". Oubliant qu'ils ont fourni au monde quelques valeurs cardinales - liberté, rationalité, laïcité et solidarité -, les Européens s'empêtrent dans des nationalismes de clocher, sans mesurer ce qu'ils ont en commun et qui devrait leur permettre de jumeler une identité partagée et des identités nationales.

La question des frontières extérieures de l'Europe, d'autant plus indispensables que les vieilles lignes de partage intérieures ont été gommées, n'est pas moins significative de la crise d'identité européenne. Et Barnavi n'y va pas par quatre chemins : "Si l'histoire et la géographie sont les critères de l'européité, ni la Russie ni la Turquie n'ont vocation à intégrer l'Union européenne", sauf à renoncer définitivement à l'hypothèse même d'une Europe-puissance.

Quant à l'immigration, qui nourrit tous les populismes, il faudra bien que l'Europe apprenne à vivre avec et surmonte, pour cela, la "névrose de culpabilité" qu'elle entretient avec son passé colonial. Avec cet avertissement à la clé : "Ce que les démocraties ne feront pas pour l'intégration des immigrés, les fascistes le feront pour leur expulsion."

En bon médecin de famille, Elie Barnavi ne propose pas de remède miracle à ses malades et amis européens. Mais quelques vigoureuses et sages recommandations : acceptez le monde tel qu'il est, pour inventer un bon usage de la mondialisation ! leur lance-t-il. Ayez l'intelligence de vos diversités, pour mieux vous unifier ! Cessez de faire de l'Union "une créature courtelinesque" pour retrouver enfin le chemin de la politique, la vraie, et par là une "place sur les tréteaux du monde".

Et n'oubliez pas, conclut-il, que l'Europe est un "modèle" et un "espoir" pour tant de peuples et que vous ne pouvez prendre la responsabilité de les désespérer ! Le plaidoyer est revigorant et charpenté.

L'EUROPE FRIGIDE d'Elie Barnavi. André Versaille Editeur, 2008, 162 p., 12,90 €.

Gérard Courtois  ( Le Monde )

12.10.2008

Pour que mes ancêtres dorment en paix !

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Une voix qu'il faut entendre. Il ne s'agit pas d'être "pour" ou "contre". Entendre simplement...
JM
L’amalgame, établi par la puissance dominante et les médias, entre juifs et sionistes conduit à rendre les juifs du monde entier responsables des crimes de Tsahal. Par un cruel retournement de l’Histoire, les juifs qui s’étaient battus contre le racisme hitlérien se trouvent aujourd’hui assimilés à l’apartheid israélien. Pour Alain Benajam, il est urgent qu’ils se débarrassent des sionistes comme les Allemands se sont débarrassés des nazis...

Je suis juif, mon épouse également et par conséquent mes enfants et petits enfants le sont. Je suis juif et à 63 ans, pour la première fois de ma vie je suis inquiet d’être juif.

Je suis inquiet car de nouveau dans l’histoire des juifs, il leur est attribué, dans leur ensemble des intentions de malfaisance. Intentions qui encore une fois dans leur pénible histoire les rendront responsables des pires maux pouvant accabler l’humanité.

Je suis juif, mais athée ce qui ne rend pas moins juif aux yeux des croyants. Ta mère est juive donc tu es juif me disent-ils. Je suis également juif aux yeux de beaucoup de non-juifs pour qui souvent être juif est appartenir à une race, ce qui est faux mais admis par le commun, il n’y a pas de races humaines. Je pourrais être juif malgré moi, mais j’assume. Il m’arrive d’aller à la synagogue faire le 10ème pour la prière quand mes amis me le demandent ; athée, je ne respecte pas moins la religion de mes ancêtres.

Je me souviens de ma grand mère née dans un « schtetel » du côté de Vilna en Lituanie qui me racontait comment les cosaques de Nicolas II traversaient le village au galop en sabrant ça et la hommes, femmes et enfants, comment elle devait courir se cacher dans les bois à leur approche. Dans son village on vénérait la France on disait « Heureux comme Dieu en France » dans son village on aimait les idées républicaines et révolutionnaires, on chantait La Marseillaise et L’Internationale en yiddish. Ma grand mère fut envoyée en France pendant que de nombreux membres de sa famille s’engageaient dans la révolution bolchevique. À Paris ma grand mère connu mon grand père, lui venait de Vilna également, il avait fait son service militaire en 1905 dans l’armée du tzar à Minsk, il en était devenu communiste.

C’est la raison pour laquelle j’ai coutume de dire que ma famille provient de la 8ème tribu d’Israël, les judéo-bolchéviques, tribu ayant fait beaucoup parler d’elle.

Pour moi donc être juif, c’était très tôt s’engager dans le combat contre les persécutions, le racisme, l’injustice.

Etre juif, c’était également suivre l’exemple de nombreux juifs qui en France, en Russie et dans le monde s’étaient engagés pour l’égalité des droits entre les hommes et par conséquent pour la République et la laïcité de l’État leur permettant ainsi de pratiquer librement leur religion.

J’ai toujours pensé que ma judaïté m’obligeait à m’engager pour le droit et la justice.

À 18 ans, j’ai naturellement adhéré au Parti Communiste Français ; à l’époque, parti prestigieux dont la plus part des cadres étaient issus de la Résistance. C’étaient de durs combattants ayant connu la terreur fasciste, le nazisme et l’antisémitisme. C’est le colonel Rol-Tanguy qui fit mon adhésion valeureux combattant en Espagne dans les Brigades Internationales, chef FTP sous l’occupation nazie puis chef des FFI parisiens ayant déclenchés l’insurrection victorieuse du peuple de Paris. Il n’a pas eu de mal à me faire adhérer.

À Paris au début des années 60, dans le 10ème arrondissement beaucoup de militants communistes étaient juifs, venus dans ce parti naturellement car il avait combattu leur persécuteur nazi. À cette époque, seul le PCF parlait de la solution finale, on y diffusait souvent le film d’Alain Resnais Nuit et Brouillard, on y écoutait Jean Ferrat qui chantait :
« Ils étaient vingt et cent ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
. »

J’y ai connu mon épouse, juive également, venant d’une famille de combattants communistes d’origine polonaise. Dans sa familles on a laissé un lourd tribu au fascisme, massacrés, déportés, fusillés, on ne compte plus les médaillés pour fait de guerre contre l’occupant.

Dans ma famille, nous avons une longue tradition de combat contre l’oppression, des traditions que nous ont légués nos parents et que nous avons légué naturellement à nos enfants.

Dans ma famille, on ne parlait pas ou très peu d’Israël, c’était pour nous un pays étrange et étranger, nous étions Français, fier de l’être et surtout d’avoir combattu pour que vive la France. Personne n’a jamais eu la moindre idée d’aller s’installer dans ce pays. Dans ma famille, on a jamais aimé les théories sionistes, qui pour nous s’apparentaient au racisme honni. Naturellement et conformément à nos traditions nous avons pris fait et cause pour le peuple palestinien persécuté, par des juifs certes, mais des Israéliens qui nous étaient parfaitement étrangers. Etre juif pour nous n’est certainement pas constitutif d’appartenir à une nation. Laïques nous sommes et l’appartenance religieuse ou ethnique ne peut engendrer une appartenance nationale.

Français, nous avons pris le parti de l’opprimé contre l’oppresseur tout simplement.

L’esprit de la Résistance oublié avec la paresse du temps, le Parti Communiste est mort de sa belle mort, dans son lit, je l’ai donc quitté et j’ai rejoint Thierry Meyssan qui venait de fonder le Réseau Voltaire. J’ai apporté au Réseau Voltaire ma sensibilité et mon expérience du Parti Communiste fait de lutte contre l’impérialisme.

Le 11 septembre 2001 après midi, pour moi comme pour Thierry Meyssan, ce que nous voyions et entendions à propos des attentats nous avaient mis sérieusement dans le doute quand à une action de terroristes islamistes. Visiblement tout avaient été concocté pour faire accuser les musulmans dans le but de déclencher une guerre de civilisation. Le Réseau Voltaire a pris rapidement la position que tout le monde connaît et qui est maintenant partagée par une bonne partie de la planète. Face aux premiers éléments de notre contestation de la version officielle, incroyable, imputant comme responsable de ces attentats un homme connu pour avoir été un agent de la CIA, Oussama Ben Laden, le département d’état des USA, puis lui emboîtant le pas comme toujours, le monde politico-médiatique, nous accusa de négationnisme, révisionnisme et antisémitisme.

Ces terribles accusations se référaient à l’holocauste des juifs et semblaient nous dire que si nous contestions une version officielle, nous étions complices de ceux qui contestaient l’existence des camps de la mort, sombre rhétorique, clouant d’avance au pilori toutes critiques portées contre toutes versions officialisées de crimes.

La plus terrible des accusations ne pouvait être que rapidement lancée face à la stupéfaction d’avoir été aussi rapidement démasqué. Il fallait pour les auteurs de ces criminels attentats frapper très fort, le plus fort possible, c’était le « Frapper et terrifier » de leur doctrine de guerre asymétriques. Quoi de plus abject que de nier l’holocauste des juifs d’Europe. Le monde politico-médiatique s’est engouffré dans cette voie montrée par Donald Rumsfeld lui-même dans une intervention à la télévision.

La suite des événements nous donna raison, prenant prétexte de ces attentats les Anglo-saxons et leurs alliés sionistes se sont lancés dans une suite de guerres ayant déjà fait plusieurs centaines de milliers de morts sur plusieurs théâtres, Afghanistan, Irak, Liban et récemment Caucase, ils auraient bien voulu attaquer l’Iran, mais là les militaires états-uniens on dit stop, on arrête les frais, les militaires sont des gens sérieux qui savent ce que la guerre veut dire.

Les Anglo-saxons avaient pourtant prévenu dans un texte paru en 1996, Project for a New American Century qu’ils prendraient toutes dispositions pour s’accaparer la planète, ils suivent ou plutôt ils essayent de suivre leur plan de route, ou plutôt de déroute.

Afin de geler toutes critiques de leurs terribles méfaits, les Anglo-saxons crurent intelligent d’engager Israël et pourquoi pas tous les juifs dans leur nouvelle aventure impérialiste en se dissimulant derrière le tabou absolu de l’holocauste. Ils ont ainsi déployé la rhétorique simpliste et sinistre suivante : critiquer l’un des protagonistes de cette aventure, c’est être forcément antisémite, négationniste et révisionniste.

En 2006 ils ont engagé le respectable Centre Simon Wiesenthal pour accuser Hugo Chavez d’antisémitisme, j’ai pris la plume à l’époque pour fustiger ce massacre d’image [1]. Les sionistes sont sans vergognes et particulièrement irresponsables.

Comme cette rhétorique fonctionne parfaitement bien et ayant réussi à faire taire durablement même les simples critiques de leurs crimes, les Anglo-saxons avec leurs marionnettes et affidés ont étendu l’accusation jusqu’à ceux qui critiquent leurs alliés périphériques.

C’est ainsi que l’on retrouve ce type de rhétorique alambiquée à l’encontre d’un article écrit par Thierry Meyssan accusant Nicolas Sarkosy d’avoir été porté au pouvoir en France avec l’aide soutenue des Anglo-saxons ! [2]

Cette même rhétorique court dans la blogosphère à un nombre étonnant d’exemplaires

Une autre accusation de négationnisme a été également récemment portée par la nomenklatura politico-médiatique à l’encontre de Jean-Marie Bigard qui avait osé émettre publiquement des doutes sur la version officielle états-unienne des attentats du 11 septembre 2001.

La généralisation de ces accusations galvaudées, émises hors du propos initial à l’encontre de tout le monde et de n’importe qui, pour de simples buts de polémique politique, porte un grave préjudice aux juifs.

Cette généralisation, banalisée, édulcore la gravité de l’accusation et tend à la rendre inopérante. Déjà les négationnistes véritables tentent de se présenter comme des victimes et s’engouffrent dans la brèche. C’est bien ce qui était recherché, créer ce type d’amalgame pour anesthésier toutes critiques à l’encontre des criminels.

Et bien ceci est inquiétant et va à l’encontre de l’intérêt des juifs qui se doivent de garder ce tabou net et intacte afin que cet holocauste ne puisse un jour se reproduire.

Déjà les juifs se doivent de supporter les exactions israéliennes. Quand Tsahal envoie des bombes et des obus contre le peuple libanais tuant femmes et enfants avec inscrit sur les engins de morts : « De la part des juifs », c’est terriblement choquant pour moi et ma famille. Quand les sionistes tentent de créer un amalgame entre juifs et Israéliens, ceci ne peut qu’introduire une suspicion dans l’attachement des juifs de France à leur seule et unique patrie, la France.

Quand les sionistes israéliens se livrent à tous les crimes possibles, ayant soutenu par le passé l’apartheid en Afrique du Sud, puis les pires dictatures sud-américaines et encore récemment ont apporté leur aide au criminel géorgien Saakashvilli qui a donné l’ordre, nuitamment, d’écraser sous les tirs de roquettes GRAD (orgues de Staline) la capitale d’Ossétie de Sud faisant des centaines de morts. Quand les sionistes israéliens ont organisé chez eux un apartheid encore plus terrible que celui d’Afrique du sud, il est bien évident que les juifs ne peuvent être qu’inquièts.

Tous ces crimes perpétrés en leur nom !

Au moment ou la référence à l’holocauste est instrumentée d’une irresponsable manière pour faire taire tout opposant politique, au moment ou les Anglo-saxons et leurs alliés sionistes profitent de ce silence pour commettre plus de crimes encore, il y aura forcément un temps ou la réaction des opprimés finira par s’en prendre aux juifs et là je suis inquiet.

Le peuple allemand s’est débarrassé du nazisme.

Que les juifs du monde se débarrassent enfin du sionisme, ils retrouveront ainsi leur âme et leur vocation qui est de lutter contre l’oppression et mes ancêtres dormiront en paix.

 Alain Benajam
Chef d’entreprise. Membre fondateur et administrateur du Réseau Voltaire
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