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  • "La Corse : Un juste destin universel" de Jean-Marc DESANTI

    Arrii.jpgMonsieur Maxime Cohen, président de la communauté juive de Corse,a entamé une procédure pour que l’île soit le premier territoire au monde à obtenir le statut de «Juste» concernant son rôle joué dans la protection des juifs au cours de la Seconde Guerre mondiale.
    L’enjeu n’est pas mince . Cela reviendrait à concevoir qu’il existât un peuple corse, une langue corse, un territoire corse, une nation corse qui ont permis de sauver, protéger, cacher des juifs.
    Oui, il serait effectivement « juste »  de rappeler  qu’en 1732, au couvent d'Orezza, une Consulta des patriotes proclama l'indépendance de l'île de Corse. Et que Paoli rédigea un projet de constitution dont le préambule décrétait, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité :
    " Les hommes naissent libres et égaux en droit ".
    Il serait « juste » de reconnaître, qu’après avoir donné au monde la première constitution, cet héritage juridique et moral ne cessa de couler dans les veines de chaque corse  d’une  manière naturelle et vitale comme le sang qui irrigue le corps.
    Oui, les corses ont sauvé massivement des juifs précisément parce que nos anciens ont choisi de faire vivre les qualités de chevalerie, de droit et de bonté. La protection des faibles est inspirée par l’ancestral christianisme insulaire ( « Le royaume élit pour sa protectrice l’immaculée conception de la Vierge Marie …Dio vi Salvi » ) qui a su se nourrir aux sources d’autres cultures. Les corses ont beaucoup voyagé, marins, guerriers ou lointains fonctionnaires dans les colonies françaises. Ils en ont rapporté l’expérience de l’altérité et la connaissance des savoirs indigènes .On aime à décrire notre population comme d’orgueil ombrageuse alors qu’elle pratique encore la pudeur qui sied aux peuples « qui ont la plus longue mémoire », ceux qui enracinés ou en diaspora ont cultivé et médité l’adage : « lorsque tous trahiront, nous resterons fidèles ».
    L’Omerta, si étrange et étrangère aux individualismes des « sans famille » est, en réalité, une mise à distance du conformisme et de l’autoritarisme d’État, une réflexion, une interrogation mais aussi une certitude que les solutions d’honneur viennent de la tradition séculaire de chaque peuple qui veut survivre. Les corses n’avaient rien à apprendre, à attendre, à emprunter des occupants de l’île. La vue de l’injustice, de l’imbécile cruauté frappant les innocents ont suffi. Nos compatriotes n’ont jamais voulu et ne veulent en rien parler de leur héroïsme. Bon sang ne saurait mentir…
    Le dossier suit son cours à Yad Vashem et nul ne doute que l’issue soit favorable avant deux ans. Alors, peut-être qu’en dehors de toute polémique politicienne, la Nation corse sera honorée à la face du monde et enfin perçue pour ce qu’elle est : un heureux compromis historique, géographique et éthique entre ombres et lumières. Pour René Goscinny, issu d’une famille d’origine polonaise de confession juive, Astérix le breton, représentait l’archétype du petit, résistant à l’Empire … Il existait un autre îlot : la corse. Relisons avec délice Astérix en Corse.
    Si le vingtième siècle fut « le siècle juif » - comme le décrit admirablement Yuri Slezkine dans son ouvrage - voyant l’opposition structurale des « apolliniens », paysans et guerriers et d’une minorité de « mercuriens », nomades « fonctionnels »; gageons que ce siècle à l’exemple de notre île soit le siècle des petites patries, des terres familiales, des valeurs de la Restonica et des lacs où l’autorité des pères, forgée à l’enclume de l’Humanisme et du courage, sert de boussole aux enfants égarés.
    Que les solidarités des villages et des montagnes s’imposent contre l’indifférence glacée des mégapoles sans âme.
    Cultivons les symboles de la résistance d’un peuple face à l’ouragan déchaîné et aveugle de la mondialisation et  ses crimes.
    Résister contre le « colonialisme français », c’est un peu court  i mio  fratéllu …Nous risquons de manquer d’air et de nous y étouffer.
    Nous devons, comme nos frères grecs, petit peuple mais grande nation, jouer dans la cour des grands. Nous sommes la Nation des « justes ». Mettons haut, bien haut la barre : Contre l’Empire !
    Nous avons, hier, dans notre Maquis combattu les fascismes et dressé une barrière infranchissable entre le bourreau et ses victimes. Aujourd’hui, au nom de l’héritage imprescriptible que nous devons à l’humanité pour demain, nous devons mener une lutte aussi titanesque.
    Elle nous conduit à nous lever, encore une fois, pour abattre les théocraties ou les dictatures fardées en démocrates mondialistes, qui écrasent les patries charnelles de l’Europe aux mille drapeaux et osent poser leurs pieds sanglants sur le sol sacré de notre terra corsa tant'amata .

    Jean-Marc DESANTI


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    PS : Seule une nouvelle révolution française et l’établissement d’une hyper république renforcera la double  identité de notre patrie corse car la corse ne porte pas en elle la haine de la France mais le dégoût de l’injustice. Pourquoi respecter un Ordre aux ordres de la tyrannie de l’argent roi ? Où sont et qui sont les modèles « de la grande nation française » ?
    L’Homme doit vivre libre, c’est le principe de base de la DDH, et par conséquent craindre plus que tout l'esclavage. Quel est le républicain « français » qui oublierait que la Corse est apparue , aux yeux des philosophes encyclopédistes, notamment Rousseau et Voltaire, comme le premier État démocratique de l'Europe des lumières ? Quel historien ignore qu’avant d’être victime de trahisons, Paoli rallié à la révolution française est accueilli par Lafayette et est reçu le 22 avril 1790 à l'Assemblée nationale puis, le 26, par le Club des Jacobins, alors présidé par Robespierre, qui l'admet à l'unanimité en son sein …
    Le sujet du débat n’est pas politique pour les corses ( Il ne s’agit pas de discuter de l’indépendance que la France octroierait  à l’île ) mais bien de conclure une dissertation philosophique … Où comme dirait mon ami Marc : « Pour que la corse donne enfin, son indépendance à la France. »
    Selon la phrase célèbre de Simonde de Sismondi : «  L'indépendance du gouvernement et les droits politiques font les peuples ; la langue et l'origine commune font les
    nations. »
    On ne décrète pas le génie du Jacobinisme. Avoir une origine commune dépasse une quelconque analyse littéraire où se disputeraient les valeurs concédées à la cosmologie ou l’épistémologie ! Le lieu de création de la fraternité franco-corse s’est dissout avec la souillure des valeurs de la République !
    Redressons l’impartialité de l’État et nous verrons alors les combattants du juste combat pour l’indépendance de la Corse entrer VOLONTAIREMENT dans l’armée des patriotes luttant pour l’indépendance de la France.
    On dit chez nous : « Una lingua si cheta, un populu si more. » ( Une langue qui se tait, c’est un peuple qui meurt.) et aussi « Aceddu in cabbia S'eddu un canta d'amori Canta di rabbia » ( L'oiseau en cage : s'il ne chante pas par amour, il chante de rage. ).
    C’est dans l’armée de Libération, contre l’Empire que se forgera le chant de Liberté, d’Égalité et de Fraternité. La nouvelle armée du Rhin partira d’Ajaccio, de Bastia et de Sartène …

    http://www.politique-actu.com/osons/corse-desanti/110468/