02.07.2008
Chrestomathie d'Annunzienne

La dernière fois que j’ai croisé Gabriele d’Annunzio, c’était à Fiume le 22 septembre 1919. Je m’en souviens comme si c’était hier, car c’est hier ou presque que j’ai relu l’inoubliable relation qu’Albert Londres a fait de leur rencontre. L’envoyé spécial d’Excelsior voulait poser quelques questions à celui que les Italiens, subjugués par son éloquence, tenait pour un oracle. Venu interroger le commandante de la Squadra de San Marco, il se laissa également envoûter par tous les d’Annunzio que le soldat abritait en lui, le romancier, le dramaturge, le journaliste et le poète. Il avait donc franchi les barrages et bravé le blocus pour retrouver l’homme coulé vivant dans sa statue de bronze à Fiume, où d’Annunzio s’était retranché avec ses hommes afin d’éviter que la ville forgée d’héroïsme, attribuée à la Yougoslavie par le Congrès de Paris, ne fût mise à sac par les Croates. La suite dans les papiers d’Albert Londres que vous retrouverez dans le gros volume de ses Câbles et reportages publié il y a deux ans (Arléa). Si j’y pense à nouveau, c’est que vient de me parvenir Poèmes d’amour et de gloire (édition et traduction de l’italien de Muriel Gallot, 238 pages, 15 euros, Cahiers de l’Hôtel de Gallifet). Un mot d’abord de l’éditeur, dont le nom doit paraître assez mystérieux : il s’agit en fait de l’Istituto Italiano di Cultura de Paris qui a pris l’heureuse initiative de rééditer à sa façon des textes majeurs (Calvino, Bassani, Alfieri…) dans une présentation bilingue.
Lire la suite : http://passouline.blog.lemonde.fr/2008/06/28/chrestomathi...
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27.06.2008
Louis-Ferdinand Céline
A noter sur vos agendas !!!Émission consacrée à Louis-Ferdinand Céline animée par Emmanuel Ratier et Marc Laudelout
mercredi 2 juillet 2008 de 18 à 21 heures
sur les ondes de Radio Courtoisie http://www.radiocourtoisie.net/tempo/
Avec la participation de : David Alliot,Alain de Benoist,François Gibault,Marc Laudelout,Henri Thyssens.
18:40 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, louis-ferdinand céline
10.06.2008
Vidéo ERNST JÜNGER
19:46 Publié dans Figures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jünger, allemagne, occupation, collaboration, paris, littÉrature, nazisme
05.06.2008
Ne pas craindre, ne pas subir, ne pas abandonner

Cette nuit, nous savons que nous serons seuls. Chacun a choisi le lieu de sa retraite et de sa méditation. Moi, je pars sur une île. Je vais voir sombrer dans une mer sans couleur le dernier soleil de l'année.
Quand le bateau repart pour le continent, nous restons à nous attarder sur la cale. Très vite, le bruit du moteur est rongé par la brume. Des oiseaux crient, invisibles. Dans mon île, il n'y a pas d'hivernants. Les touristes ne rôdent pas dans l'Ouest à la mauvaise saison. Les chemins sont déserts sous les arbres dépouillés.
Nous restons entre nous, entre gens simples. Il y a les gardiens du phare, la patronne de l'hôtel qui se plaint toujours de ses mauvaises jambes et de la morte saison, les pêcheurs aux tignasses emmêlées, le fermier au péril de la mer, le curé avec sa grande barbe grise et ses pantalons rapiécés de matelot. Nous sommes au bout du monde. Les enfants imaginent les villes illuminées, là-bas, à plus d'une heure de bateau. Les vieux s'attardent dans le jour qui fuit. Pour eux, le prochain voyage vers la grande terre se fera les yeux fermés dans le roulis éternel.
La fin de l'année, c'est encore l'automne, l'arrière saison. Il ne fait pas froid. Une pluie fine grignote les battements d'une cloche. Ce soir, le vent est tombé et les fumées montent toutes droites au-dessus des maisons écrasées par le ciel gris, immense, presque noir maintenant.
L'île que je voyais encore tout à l'heure du haut du fort avec ses plages désertes où pourrissent les bateaux, avec ses marécages et ses landes, l'île s'est endormie dans l'odeur du varech humide, du lait frais et de l'ajonc brûlé.
Les gens d'ici maintenant doivent dormir sous les gros édredons de satin rouge. Les meubles craquent dans la nuit comme les membrures d'un navire. Immobile, une goélette poursuit son voyage dans une bouteille, en plein cœur de l'église.
Le bruit de la mer est comme une respiration régulière.
Qui suis-je en train de tromper ? Ces gens simples qui ne font pas de « politique» - on a déjà bien assez de mal pour gagner sa vie. Ces amis ardents qui veulent bâtir un royaume ? Ceux qui attendent sur le bord du chemin ? Ceux qui travaillent en silence ? Ceux qui sont comme du pain très blanc et très fin sous l'écorce crevassée telle une paume de paysan ? Me voici étranger et désarmé. Comment dire aux gens intelligents que nous nous battons pour des choses simples ? Comment dire aux gens simples que nous nous battons pour des choses intelligentes ? Il faudrait si souvent se taire. Laisser les horloges moudre les heures, retrouver tout doucement cette union sans phrases avec un peuple sans détours.
Mon île est au bout du monde. Elle est si basse sur la mer, il y a tant de brume certains jours d'hiver, que le continent ne voit plus ces rochers qui viennent respirer à la surface de l’eau. On croit parfois qu'ils vont plonger, disparaître. Mais mon île est un monde bien réel avec sa longue centaine d’hommes, de femmes, d'enfants.
Les gens de mon île savent que l'eau est glacée au petit matin, que le poisson se vend mal sur la côte voisine, que ceux qui ont péri en mer n'auront jamais une place au cimetière. Ils savent qu'on ne ruse pas avec le vent, que le courant fait la loi et que la marée mesure le temps.
L’herbe gorgée d'eau salée est douce sous le pied, mais les épines et les ronces déchirent les mains. Un fagot de bois arrache une vieille épaule. Le granit pèse aussi lourd que le monde.
Dans mon île, je n'ai pas appris de grandes choses ; je n'ai pas découvert les lois qu'il faut donner à l'État, ni comment faire pour que les impôts soient utiles et les armées efficaces. Mon île, qui n'est même pas une commune, ignore l’expansion économique et le fédéralisme politique. Ici, les gens se soucient peu de la Normandie, de la France et de l’Europe. Ils trouvent seulement que les touristes allemands ressemblent aux plaisanciers britanniques et qu'on ferait mieux de s'entendre une bonne fois plutôt que de mobiliser les inscrits maritimes pour les faire tuer aux Dardanelles, à Dunkerque, à Dakar, à Haïphong ou à Nemours.
Ce n'est pas dans mon île, minuscule royaume de sables, de dunes et de galets, que j'ai appris les lois de la bataille politique où nous nous sommes lancés pour prendre à bras-le-corps tout un continent. Mais c'est pourtant là-bas que je m’en vais quand je veux retrouver le sens profond de toutes choses en ce monde. Pourquoi tant de misères acceptées et tant de joies inattendues? Pourquoi ces jeunes marins qui ne reviendront plus et ces vieillards qui n'arrivent pas à mourir ? Pourquoi des actes absurdes, pourquoi des amis inoubliables, pourquoi des fleurs fanées?
Dans mon île, j'ai appris ce qui était autrefois et ce qui demeure aujourd'hui le plus nécessaire: ne pas craindre, ne pas subir, ne pas abandonner.
Notre action est exactement semblable à celle du pêcheur qui repart en mer après une tempête, les filets déchirés, le matériel perdu, le porte-monnaie vide. L'océan attend le labour de son bateau comme l'Europe attend 1e labour de notre charrue. Le mauvais temps ne nous rend pas amers, ni tristes. Nous sommes juste un peu fatigués. Les yeux se ferment certaines heures à la barre. On imagine le soleil, une plage, la joie...
Dans mon île, on ne se pose pas de questions. On trouve d'instinct ce qui est nécessaire et ce qui est inutile. On ne lit guère le journal, mais on consulte souvent le baromètre. On croit plus volontiers ce que votre père vous a appris que ce qu'on entend à la radio. On aime mieux ceux qui sont proches que ceux qui sont étrangers. On ne cherche pas tellement à comprendre pourquoi il faut travailler, mais comment.
Ce qui compte, ce sont des choses réelles, solides sous la main. Un casier à réparer, un état à remplir, une vie à sauver.
Je ne pense pas que je puisse apprendre quelque chose aux gens de mon île. Mais ce matin, quand le soleil de l'an nouveau se lève, je sais qu'il va éclairer, avant mon île, tout un continent, là-bas vers l'est, qui émerge du sommeil et de la si longue nuit.
Immense et rouge, le soleil illumine une année nouvelle. Les rochers sont comme des aiguilles sombres. Des paillettes jaune pâle scintillent sur la mer. Mon île, mon pays, mon peuple, mes amis saluent le soleil.
Et lentement, tu surgis du sommeil. J'ai veillé sur toi pendant toute cette nuit, ô mon Europe aux longs cheveux d'or dénoués sur mon épaule. Ouvre les yeux, vois, nous allons partir ensemble, pour une île immense, hérissée de cathédrales et de stades. Nous naviguerons du Cap Nord au détroit de Gibraltar, de la mer d'Irlande au golfe de Corinthe. Nous découvrirons les Shetlands et les Cyclades, les Baléares et les Lofoten, îles innombrables de ta couronne, merveilleux royaume de ta beauté et de ta puissance, sous le grand tournant du soleil.
Viens, c'est une année nouvelle.
Jean MABIRE
Paru en 1965 dans l’Esprit Public
Repris dans le recueil Contes d’Europe III, 1992 éditions du Flambeau.
07:54 Publié dans Fondements | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, jean mabire, identité, résistance
02.05.2008
FÊTES PAÏENNES DES QUATRE SAISONS
Solstices, Imbolc et fête des chandelles, fête de la Communauté, fête de l’Empire, Ostara, Beltaine et fête du Mai, Lugnasad, Fête de la moisson et du vin, Samain... Le païen, c’est à dire l’homme enraciné, vit en fonction d’une conviction très simple : quand on a conscience d’être un élément, parmi tant d’autres, au sein de l’univers, on comprend que l’équilibre et la sérénité, dans sa vie quotidienne, sont le fruit d’un respect des lois naturelles.
Autrement dit, chacune et chacun doit s’insérer dans le cycle vital de la nature, rythmé par le déroulement des saisons.
Ce rythme saisonnier, éternel retour, est marqué par des fêtes ancestrales, traditionnelles, qui sont autant de rappels que, dans la vision païenne du monde, le sacré est sans cesse omniprésent dans la vie de tous les jours et doit donc être pris en compte, respecté et célébré.
Vous voulez savoir de quel très lointain passé surgissent les fêtes païennes des quatre saisons ? Quelles sont leur signification, leur histoire ? Vous voulez savoir comment, aujourd’hui, perpétuer ces fêtes, en respectant leur sens profond tout en les adaptant à notre temps ?
Cet ouvrage, abondamment illustré, est destiné à unir la connaissance historique et les conseils pratiques, pour faire vivre concrètement, dans le cadre familial et communautaire, l’héritage des ancêtres.
Les Editions de la ForêtFÊTES PAÏENNES DES QUATRE SAISONS
PIERRE VIAL
20:58 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, vial, fêtes païennes
29.04.2008
Un mythe contemporain: le dialogue des civilisations

« Dialogue » et « civilisaton » sont à redéfinir
Le dialogue d’abord, n’a de sens que si il met en relation des gens qui pensent différemment: il faut donner et recevoir, et non s’autocongratuler sur la démocratie et les droits de l’homme.
Ensuite, « culture » désigne chez nous la culture de l’esprit, le travail personnel d’un individu sur lui-même (ministère de la culture ou lieux de culture). Etymologiquement, il se situe entre culte et agriculture. Une civilisation désigne une réalité collective plus profonde car elle comprend à la fois un état de société, un mode de vie, une religion et un ensemble de pays (l‘islam est une civilisation car il existe une organisation des états islamiques (OCI), contrairement au christianisme). Selon Régis Debray, il faut entendre par culture tout ce qu’une société s’accorde à tenir pour réel car nous ne donnons pas le même degré de réalité aux mêmes choses et cet indice dépend du prisme formé par l’ensemble des relations d’un groupe d’homme.
La culture divise alors que la technique universalise
Le monde technique (toujours nouveau) s’oppose à la multiplicité des mondes culturels (toujours le même). La culture fractionne l’espèce humaine en personnalités non inter changeables alors que la technique l’unit, en rendant nos objets inter opérables. Les téléphones portables, les 4x4, les satellites ou les codes barres voyagent partout alors que les calendriers, les manuels d’histoire ou les lieux de mémoires favorisent l’ethnocentrisme. Il y a 3000 langues parlées dans le monde mais une seule organisation de l’aviation civile internationale (OAC), avec un code technique anglais.
Ainsi, nous habitons une culture, non une technique. Nous habitons une langue mais nous nous servons d’un mac.
La technique ne veille pas sur la mondialisation
Internet structure le monde comme un réseau mais structurer le réseau comme un monde est une autre affaire: un réseau d’autoroute et de chemin de fer était indispensable pour faire l’Europe mais absolument insuffisant pour créer un quelconque sentiment d’identité. Un système technique ne crée pas un sentiment d’appartenance: il est universel mais n’a aucune saveur ni peau.
La mondialisation des objets s’accompagne de la tribalisation des sujets
La mondialisation techno-économique s’avère être une balkanisation politico-culturelle. Comme si à chaque bon en avant dans les outillages, correspondait un bon en arrière dans les réflexes. Jamais les outils de communication n'ont été aussi performants et jamais les replis identitaires n'ont été si puissants: jamais les murs de séparation n'ont autant proliféré (Israël, Etats-Unis, Irak, Espagne, Irlande, Inde, etc.). On voit se multiplier des réflexes quasi-immunitaires, une volonté nouvelle de sauvegarde identitaire (par exemple en France le ministère de l'Intégration, de l'Identité nationale et de l'Immigration).
19:05 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, régis debray, dialogue des civilisations
26.04.2008
Les frères séparés. Drieu La Rochelle, Aragon, Malraux face à l'histoire
Il existe une vaste littérature, en France et dans le monde entier, sur l'œuvre, l'action politique et l'héritage de Drieu La Rochelle, d'Aragon et de Malraux.
Mais aucune étude connue, qui se propose d'analyser leurs itinéraires croisés d'un point de vue chronologique et thématique à la fois, sur fond des " guerres civiles " européennes de leur temps. C'est le pari tenté par Maurizio Serra. II a relu ce moment capital de " l'idéologie française" du vingtième siècle, où s'affrontent révolution et anarchie, communisme et fascisme, surréalisme et décadence, Résistance et Collaboration, patriotisme et " parti de l'étranger ", gaullisme et internationalisme à travers le destin extraordinaire de trois intellectuels "furieusement" engagés.
Trois hommes unis et lacérés par leurs contradictions, leurs passions, leurs démons intérieurs. Paru en Italie en 2006, Les Frères séparés a été entièrement revu par l'auteur pour cette version française.
On peut lire sur le site BibliObs.com un premier article sur cet ouvrage:
11:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, drieu, aragon, malraux
Malaise dans la mondialisation
«La mondialisation, ce n'est pas simplement l'amplification des échanges, c'est la mise en compétition des systèmes économiques et sociaux. Toute la question est de savoir si ce phénomène est de nature à valoriser le capital non marchand (culturel) des sociétés ou si au contraire la prise en compte des systèmes sociaux dans la compétition conduira à considérer ceux-ci comme des "coûts". La première hypothèse nous permettrait d'envisager de vivre dans des "sociétés à économie de marché", c'est-à-dire dans des sociétés qui estiment indispensable de préserver des espaces mon marchands, à côté d'un marché accepté par tous. La seconde nous ferait basculer vers la "société de marché", c'est-à-dire vers une société où le lien social serait exclusivement marchand, comme l'avait prophétisé l'économiste autrichien Friedrich Hayek dans les années 1930.»
Zaki Laïdi, Malaise dans la mondialisation
10:05 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, mondialisation, zaki laïdi
Sexualité de l’homme couvert de femmes
Un inédit de Pierre Drieu La Rochelle vient de paraître : Notes pour un roman sur la sexualité (95 pages, 11 euros, Gallimard). Ne vous fiez pas au titre, il signifie précisément le contraire de ce qu’il annonce. A une nuance près : c’est bien de notes dont il s’agit. Des fragments retrouvés. Non pas de ces notes de blanchisserie dont seuls les généticiens de la littérature peuvent faire leur miel. De vrais morceaux retrouvés que les amateurs connaissaient en partie pour les avoir autrefois entrevus dans la grande biographie de Frédéric Grover et Pierre Andreu. S’il ne s’agit pas de la préparation d’un roman sur la sexualité, de quoi s’agit-il alors ? De la confession de Pierre Drieu La Rochelle sur les débuts de sa vie sexuelle et, partant, sur l’ombre portée sur son œuvre par cette misère si lourde à porter.
Il avait déjà écrit ses mémoires politiques et littéraires à la première personne, mais pour ce qui touche à l’intime, il doit encore se réfugier derrière le voile de la troisième personne, même s’il se doute bien que nul n’en serait trompé. Si Je est un autre, Il n’est autre que moi-même. Le récit de sa vie sexuelle n’en est pas moins désolant. Blennorragie, syphilis, morpions, dysenterie, défécation et compagnie. Dans son imaginaire, la femme est vierge ou putain, propre ou sale ; un homme, un vrai, se doit de refuser toute passivité au profit d’une « virilité positive ».
http://passouline.blog.lemonde.fr/2008/04/15/du-sexe-de-d...
( Merci Jo )
09:19 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, drieu, roman sur la sexualité
03.04.2008
L'APOCALYPSE RUSSE. DIEU AU PAYS DE DOSTOÏEVSKI

Ce livre s'ouvre sous le ciel septentrional des îles Solovki, cette monumentale banquise voisine du cercle polaire qui fut l'archipel de la "Russie glorieuse", avant d'être celui de la "Russie recluse". Pointe avancée de la grande tradition orthodoxe d'inspiration byzantine, elle devient bagne sous le règne des soviets : "Cellules monastiques et cachots se superposent, le knout dispense du cilice, les râles succèdent aux psalmodies (...). Le fleuron de l'orthodoxie russe devient l'orgueil du goulag communiste", écrit Jean-François Colosimo.
Aucun autre ouvrage récent en langue française, dans ce style à la fois savant et frémissant d'émotion, ne traduit aussi bien l'"identité schizoïde" de la Russie. Converti à l'orthodoxie, écrivain, chroniqueur, éditeur, Jean-François Colosimo fut le disciple de Jean Meyendorff (1926-1992) et de cette génération disparue des grands théologiens de la diaspora russe en France (Lossky, Florovsky, Berdiaev qu'il égratigne). Il enseigne la philosophie et la patristique à l'Institut Saint-Serge à Paris. Auteur de Dieu est américain (Fayard, 2006), un livre déjà remarqué, il poursuit en Russie sa quête sur les rapports du religieux et du politique à travers le monde.
http://www.lemonde.fr/livres/article/2008/04/01/l-ame-rus...
07:59 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : russie, littérature, l'âme russe, soljenitsyne, goulag



