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  • MACEDOINE : POSITION DE MIKIS THEODORAKIS

     

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    Athènes, qui refuse de reconnaître le nom du pays voisin ( à savoir "Macédoine"), envisage de mettre son veto à l’adhésion de celui-ci à l’OTAN ... Cette intransigeance est également illustrée par une déclaration de l’artiste et héros national Mikis Theodorakis:

    Sans attendre de savoir qui sera le prochain président des États-Unis, leur colossale machine militaire est déjà en marche pour démolir ceux qu’ils considèrent comme leurs ennemis.
    Aujourd’hui, il n’y a qu’une seule cible. Ce sont les Balkans, avec pour principal allié la “Grande Albanie”, à commencer par le Kosovo et ses hommes de main de l’UCK. Bien entendu, il s’agit d’une provocation des États-Unis, ayant pour but d’analyser nos réactions et de préparer nos voisins pour le jour où nous nous opposerons à l’expansion de l’Albanie sur une grande ­partie des régions albanophones de Skopje, puis sur nos propres territoires. De l’autre côté, la Turquie prépare le terrain pour des manœuvres visant la Grèce, en mer Égée et à Chypre, mais aussi avec la minorité musulmane de Thrace, qui, suivant le modèle du Kosovo, pourrait demander son indépendance. Les dirigeants de Skopje semblent bien renseignés sur les projets américains – d’où leur arrogante intransigeance. Depuis leur indépendance en 1991, ils veulent porter le nom de “Macédoine”.
    Mais que feront-ils quand la seconde phase débutera, celle de la tactique albanophile ? Leur territoire sera-t-il alors divisé ? Parce que, à ce moment-là, il faudra que ces dirigeants reconnaissent – et les États-Unis avec eux – qu’ils peuvent peut-être s’autoproclamer “Macédoniens” mais que leur race est slave et que, par conséquent, ils sont classés comme les ennemis des États-Unis tout comme la Russie et la Serbie mais aussi la Bulgarie qui, elle non plus, ne doit pas se faire d’illusions.
    Il est à l’évidence impossible de convaincre les Américains, parce qu’ils ont peur et qu’ils détestent notre peuple. Sauf si nous décidons de nous agenouiller et de leur embrasser les pieds en promettant qu’à partir de maintenant nous serons de bons petits soldats et de simples pions dans leurs stratégies politiques.
    Mais, puisque la partie est perdue d’avance, gardons la tête haute. Nous sommes seuls contre tous. Essayons donc d’être sans reproche, fiers et pourquoi pas heureux, puisque nous aurons pris la grande décision d’être tous unis face à la trahison et à l’horreur. Tout comme la reconnaissance du Kosovo était honteuse, il est insupportable d’être humiliés et insultés sous la houlette des Américains. Les “Skopjiens” et nous-mêmes sommes allés jusqu’à implorer les Américains de servir de médiateurs, dégradant ainsi chaque jour un peu plus notre fierté et notre dignité humaine.
    Fermons donc nos frontières, rompons nos relations économiques et diplomatiques, et laissons-les s’appeler comme ils veulent ! Ils se ridiculiseront tous seuls. Nous souffrirons peut-être, mais l’important est de rester grecs. N’oublions pas que nous avons déjà enduré de douloureuses épreuves, mais que nous en sommes toujours sortis vainqueurs.

    Mikis Theodorakis