18.12.2008

Une nation européenne est-elle possible ?

Au moment où la France achève une présidence de l’Union marquée par la crise financière, «Marianne» a demandé à Hubert Védrine* et au philosophe libéral Pierre Manent** d’évaluer la solidité de la construction européenne face au nouveau contexte international.

Marianne : Selon vous, une « nation » européenne, au sens plein du terme, a-t-elle une chance d’advenir ?

Hubert Védrine : Personnellement, j’ai toujours été activement européen, mais je n’ai jamais cru en l’idée fédéraliste stricto sensu. Il s’agit d’une belle idée, mais l’expérience m’a convaincu qu’elle ne s’appliquait pas à l’ensemble européen. L’expression « Etats-Unis d’Europe » a été un slogan utile pour sortir les Européens des ornières du repli sur soi, mais pas un programme véritable. Mon sentiment, aujourd’hui plus fort que jamais, est qu’il n’y a pas une « nation » européenne ; il y a des nations européennes qui sont toujours là et, selon la formule déjà ancienne de Delors, une « fédération d’Etats-nations ».Je ne crois pas non plus en l’idée d’une « dynamique », sur le mode : « c’est une étape », « on ira plus loin », « l’opinion n’est pas encore mûre », etc. Il me semble que les opinions n’évoluent guère à ce sujet, qu’elles régressent même plutôt… Je ne conçois donc pas l’avenir de l’Europe comme s’inscrivant dans un processus de fabrication d’une nation européenne venant en punition, en substitution ou en sublimation des anciennes nations. Je crois en plus de coopération, plus de convergence, d’actions communes, etc., entre elles. Bref, je vois les choses d’une façon ambitieuse, mais autrement…

Pierre Manent : Je partage la perspective que vous venez de tracer. Qu’il faille aller vers toujours plus de coopération entre les nations européennes est un point sur lequel les citoyens des différents pays européens peuvent se retrouver ; mais cela suppose que les nations demeurent les éléments de base de notre vie politique. Et ce pour trois raisons principales. D’abord parce que, comme l’illustre l’histoire, le surgissement du principe consistant à « se gouverner soi-même » passe par la constitution des unités nationales. Il y a une solidarité étroite entre la formation des nations et la cristallisation des démocraties européennes, au point qu’on se demande si une démocratie détachée des nations est envisageable. En tout cas, cela ne s’est jamais vu.La deuxième raison est que la constitution de l’Europe comme puissance n’a fait qu’un avec la montée en puissance des nations. De même que la cité était la forme politique propre à la Grèce, l’Etat-Nation est celle de l’Europe. Les partisans doctrinaires d’une nation européenne rêveraient donc de séparer l’effet de sa cause, la civilisation européenne de sa raison politique, qui réside dans une relation entre les nations, faite d’un mélange de rivalités et d’émulation. Le dernier argument concerne un point de morale politique au sens large, vient du fait que, pour que la vie politique soit humainement satisfaisante, qu’elle ouvre un avenir qui ait du sens, il faut que les hommes politiques soient responsables devant les citoyens. Et ceci ne peut advenir qu’à l’intérieur d’une unité bien circonscrite. Les Etats-Unis sont un pays très ouvert, à la population mêlée, mais il y a une frontière nette entre les Américains et les autres, un processus d’acquisition de la nationalité très strict, un contrôle sévère des frontières. Le problème des institutions européennes est qu’on ne sait pas devant qui elles sont responsables et qu’elles-mêmes l’ignorent ! Hormis, bien sûr, devant une certaine idée de l’Europe qu’elles ont produite et entretenue. Ce manque de substance politique explique aisément leur discrédit…

Marianne : Une « nation » européenne peut-elle néanmoins valoir en tant que but ultime des Européens, horizon de leurs actions communes ?

Hubert Védrine : En rappelant le décalage qui existe entre la vision post-nationale que certains ont de l’Europe et l’Europe telle qu’elle a été historiquement, Pierre Manent montre bien les limites de cette idée. Car l’Europe n’a paradoxalement jamais été aussi forte que lorsqu’elle était divisée : c’est la désunion - ou plutôt la compétition et la rivalité entre les nations - qui ont fait sa force du XVIe au XIXe siècle. Bien sûr, il n’est pas question de transposer ces leçons au temps présent, mais parler d’une nation européenne tient manifestement de l’oxymore. Je ne pense donc pas que ce puisse être le but ultime.Non seulement cela n’arrivera pas, mais, si l’on considère les opinions européennes, la curiosité des unes envers les autres est même plutôt moins aiguisée qu’auparavant. On le voit bien en ce qui concerne la langue, la culture, et même Erasmus. Les Français parlent moins l’allemand qu’avant ; et il s’est généralisé, chez nous comme ailleurs, une sorte d’anglais d’aéroport, purement fonctionnel, qui ne témoigne d’aucun intérêt pour les autres cultures européennes, pas même britannique ! Le temps ne me semble donc pas travailler en faveur de la formation d’une nation européenne. C’est, à mon avis, une illusion, et donc aussi une machine à créer de la désillusion.J’ajouterais que cette idée est propre à entretenir une sorte d’incompréhension radicale du monde extérieur par les Européens. S’ils continuent à croire qu’ils vivent dans un monde post-tragique, post-identitaire et post-national, ils risquent de moins comprendre que jadis ce qui se passe dans le monde, y compris aux Etats-Unis. L’objectif reste donc bien pour moi plus d’Europe, mais pas au sens d’une dépossession des nations au profit d’un système mou, au rôle mal défini et à la responsabilité incertaine : c’est plus d’Europe au sens de plus de coopération entre les nations, plus de politiques communes. Bref, il s’agit de prendre acte de la diversité de l’Europe, sans en faire un drame, et de transformer cette diversité en force. Qu’on arrête donc de sermonner les peuples européens en leur faisant honte de ce qu’ils sont ! Se libérer de la représentation d’une Europe transnationale permettrait de consacrer plus d’énergie à trouver entre nous des objectifs communs.

Pierre Manent : Je constate d’ailleurs le même manque de curiosité mutuelle, que vous déplorez, dans mon propre métier. La formule selon laquelle « l’Europe nous ouvre l’esprit » dit exactement le contraire de ce qu’on observe. Quel doit donc être l’objectif pour nous, dans ces conditions ? Des institutions communes, nous en avons suffisamment, peut-être même trop ; ce dont nous manquons, c’est d’actions communes, dans laquelle les pays européens puissent se reconnaître et se réunir.

Marianne : Des événements dramatiques comme la crise actuelle ne peuvent-ils pas modifier de fond en comble ces données et pousser l’Europe à l’intégration ?

Hubert Védrine : Je n’y crois pas. On évoquait tout à l’heure les cités grecques. Je ne suis pas sûr que la menace perse ait abouti à les faire fusionner…

Pierre Manent : Non, et chacune procédait dans son coin à ses petites négociations avec les Perses…

Hubert Védrine : Même la menace stalinienne, à l’origine de la construction européenne, n’a pas entraîné une fusion des nations. Elle a engendré des structures collectives de défense, une construction économique, un marché commun, pas plus… Je ne vois pas quel phénomène extérieur, même la crise actuelle (sauf si la Chine voulait dominer le monde et absorber l’Europe, ce qui n’est pas le cas) pourrait forger une nation européenne. Comme le montre l’histoire des nations anglaise, française ou autre, cela a été un processus très long, avec beaucoup de violence, et de répression, l’interdiction des langues locales, de la purification ethnique, etc. Tout cela est heureusement impensable à l’époque moderne. En revanche, le moment est peut-être favorable pour que l’Europe élabore ce « point de vue actif » dont a parlé Pierre Manent.C’est même indispensable : si les Européens veulent conserver leur mode de vie et leur type très particulier de société, avec ses équilibres et sa qualité de liberté, ils doivent accepter de devenir une puissance - sinon, ils seront condamnés à la dépendance et échoueront à se préserver. Et il me semble qu’il y a, en ce moment, une vraie opportunité. Une certaine désillusion se fait jour, le réalisme est à nouveau compris, et avec des crises à répétitions, alimentaire, énergétique, écologique, financière, etc., on entrevoit la fin d’un cycle américain irresponsable. Tout cela crée une occasion pour que les Européens s’affirment, à condition, bien sûr, d’en finir avec l’illusion du dépassement des identités - officiellement abandonné mais subliminalement obsédant -, qui handicape l’élaboration d’une vraie politique commune des Européens face au monde.

Pierre Manent : A condition que l’on sorte aussi de cette « délégitimation » intime des nations, née des guerres du XXe siècle et qui, depuis l’Allemagne, s’est répandue à des degrés divers dans toute l’Europe. Comme si l’histoire de nos nations se réduisait à la succession de leurs crimes, réels ou supposés. Comment donc faire en sorte que chacune d’entre elles retrouve une certaine « amitié avec soi-même » ? Peut-être la crise aura-t-elle ce bon effet de nous ramener à une vie plus sobre et plus juste de ce que nous sommes et pouvons être.

Hubert Védrine : On ne sortira, je crois, de ce dilemme que par une approche le plus lucide possible de l’histoire, ce qui est le contraire de la repentance. Et face à la crise économique, c’est la combinaison des réponses nationales adéquates et coordonnées qui fait la réponse européenne. Bref, on n’arrivera pas à imposer une Europe-puissance par une substitution de l’Europe aux nations, mais par une prise de conscience par celles-ci de la nouvelle dureté du monde et une volonté commune, déterminée et durable.

Source: http://www.gaullisme.fr

* Ancien ministre socialiste des Affaires étrangères, auteur de Continuer l’histoire, Fayard, 2008.
**Directeur du centre Raymond-Aron, auteur de La Raison des nations, Gallimard, 2006.

20.06.2008

L'ordre du jour secret des Bilderberg propose de micropucer les Américains

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Des sources présentes à la réunion des Bilderberg de 2008 ont révélé les détails des sujets discuté par l'élite à Chantilly en Virginie la semaine dernière et les sujets de discussion étaient de mauvais augure : un plan visant à micropucer les américains sous le prétexte de lutter contre les groupes terroristes qui seront identifiés comme des occidentaux aux cheveux blonds et aux yeux bleus.

L'enquêteur vétéran sur les Bilderberg, Jim Tucker, s'appuie sur des sources qui assistent régulièrement aux réunions des Bilderberg à titre d'aides et d'assistants, mais qui ne sont pas membres des Bilderberg. Les informations que les sources ont fournies cette année sont effrayantes pour ceux qui ont suivi l'élaboration du plan visant à préparer l'opinion publique afin que l'implantation des micropuces soit perçue comme une commodité aussi simple que les cartes de crédit.

« En matière de résistance au terrorisme, il a été question de la façon dont les organisations terroristes recrutent des personnes qui ne ressemblent pas à des terroristes – des garçons blonds aux yeux bleus – et qu'ils recherchent ce genre de personnes pour qu'elle deviennent les nouveaux poseurs de bombes, » a déclaré Tucker .

Tel que nous l'avons déjà documenté, les recrues blondes aux yeux bleus d'Al-Qaida sont un sujet courant de discussion publicisé sur Fox News et dans d'autres cercles Néo-Con afin que dans le cadre de la lutte contre le terrorisme il soit dorénavant possible de cibler les dissidents, les manifestants et le peuple américain en général.

De manière très Inquiétante, les sources de Tucker lui ont également dévoilé que les Bilderberg ont discuté du micropucage à grande échelle de l'homme, qui serait mis en place sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme et qu'il serait le moyen par lequel le « bon gars » serait autorisé à circuler librement dans les aéroports et ce, aussi longtemps que la micropuce pourrait être lue et que les informations demeureraient stockées dans une base de données.

Tucker a déclaré que cette idée a également été vendue en misant sur le fait que la micropuce permettrait au personnel d'un hôpital de traiter un patient lors d'une situation d'urgence, puisque la lecture des informations contenues dans la puce donnerait un accès instantané aux détails de son état de santé.

Tucker a souligné que les Bilderberg ont parlé de l'implantation sous-cutanée des puces et pas seulement des puces RFID contenues dans les vêtements. La discussion s'est tenue dans une grande salle de conférence et ce sujet était à l'ordre du jour. Il ne s'agit pas d'une simple remarque à la légère au bar de l'hôtel.

Un tel concept bizarre peut sembler incroyable pour certains, mais au cours des dix dernières années, il y a eu des dizaines d'exemples de gens qui ont accepté de se faire implanter des puces pour différentes raisons.

En 2004, le Procureur général du Mexique ainsi que 160 membres de son personnel ont été implantés avec des puces de traçage afin de contrôler l'accès aux aires sécurisées de leur siège social.

Le Baja Beach Club de Barcelone et d'autres boîtes de nuit à travers le monde offrent déjà des puces implantables à des clients qui souhaitent payer leurs consommations par un simple mouvement de la main et également pour avoir accès aux zones VIP du club.

Source :[ http://prisonplanet.com/articles/june2008/061008_secret_agenda.htm]url: http://prisonplanet.com/articles/june2008/061008_secret_agenda.htm

19.04.2008

Requiem pour l’Europe

592373574.jpgAppelons ça l’Europe puisqu’il est question de donner un nom, même à un fœtus. Mais un nom n’est pas à lui seul une identité, il n’en est qu’un élément, un raccourci qui doit recouvrir quelque chose de réel, de ressenti, de partagé, d’affectif. L’Europe devait superposer aux identités nationales une identité européenne résultant de la quintessence des identités qui la composent, à partir d’une civilisation commune, de codes communs. Or, l’Europe est morte faute d’admettre que derrière la diversité de ses peuples et de ses langues, elle a une identité forgée par un passé commun, des valeurs communes reposant sur trois piliers : Athènes, mère des Arts et de la méthode philosophique, Rome et son organisation fécondées par Jérusalem, c'est-à-dire le judéo-christianisme. Nous, Européens, nous avons une Histoire commune faite de grandeurs mais aussi de confrontations, d’horreurs, de guerres fratricides, de guerres de religions, de révoltes, de révolutions, de génocides culminant avec la Shoa. Instruits par notre Histoire, nous entendons créer une patrie commune européenne en tournant la page sur tout ce qui nous a divisé, pour construire une Europe à partir de tout ce qui nous rassemble.


http://www.libertyvox.com:80/article.php?id=317