20.03.2009
Ecrire l’Histoire
Quelques rappels historiques d’André Dufour à l’attention de Caroline Fourest sur fond de Durban II.
Nous sommes en 1938. Moins de cinq ans se sont écoulés depuis qu’un Adolf Hitler a été «démocratiquement» élu chancelier du Reich. La tache brune qui souille l’Allemagne s’étale à présent sur l’Autriche et va déborder sur la Tchécoslovaquie. L’Europe est au bord de la guerre. Face à la France et à l’Angleterre qui ne se sont pas décidées à réarmer à temps et n’ont aucune doctrine militaire, l’Allemagne, qui ne tolère aucune propagande pacifiste tout en subventionnant celle de la France et de la Grande Bretagne, dispose d’une armée intensivement entraînée et combattive. Mais bon prince et bien avant le Raïs Yasser Arafat, le Führer qui, d’une main fourbit ses armes, tend de l’autre main un rameau d’olivier ; pour le cueillir, il suffira à Neville Chamberlain et à Edouard Daladier, garants de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de la Tchécoslovaquie, de se rendre à Munich où «Monsieur» Hitler et son compère Benito Mussolini les attendent pour «négocier». Le «camp de la paix» mené par Marcel Déat et autres précurseurs des Carolines se trémousse : les «pacifistes» admettent que, certes, l’Allemagne nazie n’est pas leur tasse de thé, mais la négociation, fut-elle dans des mauvaises conditions, n’est-elle pas préférable à la guerre ? Parmi ceux qui prônent plus de fermeté contre Hitler, on compte Churchill, dont on rappelle aussitôt les exploits colonialistes en Afrique du Sud et derechef qualifié de réac colonialiste, ou les Juifs qu’on ne désigne pas encore comme «sionistes» mais déjà comme fauteurs de guerre, et dont la situation en Allemagne devient de plus en plus tragique. Et puis en France, il y a Charles de Gaulle qui a compris les enjeux militaires qu’il expose dans ses ouvrages lus par les seuls spécialistes, mais il n’est alors qu’un illustre inconnu. Or, si le «camp de la paix» reconnaît plus ou moins cette tragédie, il ne voit aucune raison de provoquer un conflit armé qui embraserait toute l’Europe en nous ingérant dans les affaires internes de l’Allemagne. On connaît la suite.
Et pourtant cette suite, connue de tous mais escamotée par nos capitulards actuels, ne semble pas faire obstacle à un nouveau Munich dont nous avons goûté les prémisses à Durban et que l’on s’apprête à rééditer cette année à Genève. Mais avant de poursuivre, procédons à un rappel de principe.
On ne réécrit pas l’Histoire, dit-on. Mais c’est ce que font les faussaires et ils ne se privent pas de la gommer quand elle devient gênante. Or l’Histoire consigne l’expérience des peuples. De notre peuple et des peuples européens en l’occurrence. Elle en est la mémoire, celle de nos succès, de nos échecs, de nos victoires et de nos défaites, de notre grandeur mais aussi de nos fautes. Elle doit nous inciter à faire appel à cette mémoire, d’en dégager les analogies, pour éviter de rééditer les mêmes erreurs et les mêmes fautes. La connaissance de l’Histoire est ainsi notre système immunitaire et le socle de la Sagesse. D’où l’importance pour un peuple libre et qui entend le rester d’en contrôler l’écriture et d’en perpétuer l’enseignement. D’autant plus que cette Histoire est aussi celle d’une culture, d’une civilisation et de ses valeurs.
On, dit que l’Histoire est écrite par les vainqueurs. C'est-à-dire par les détenteurs du pouvoir. Dans un régime démocratique, le pouvoir émane du peuple et l’écriture de son Histoire fait partie de ses prérogatives. Dès le moment où un peuple consent à se plier à des pressions extérieures pour «corriger» son Histoire et y insérer anachroniquement celle d’autres peuples ou cultures pour en faire une sorte d’Histoire transgénique, ce peuple est déjà colonisé avant la lettre et décérébré. Alors les descendants des peuples que nous avons un jour «humiliés» peuvent nous obliger à effacer de nos manuels d’Histoire toutes nos victoires qui, à leurs yeux, sont leur défaite. Nos voisins européens nous demanderont de rebaptiser le pont d’Austerlitz, les avenues de Wagram, d’Iéna, tandis que les Allemands nous demanderont de rendre à la station de métro Stalingrad, nom qui leur rappelle de fâcheux souvenirs, son ancienne appellation de Rond Point de la Villette, tandis que Poutine nous demandera de débaptiser le boulevard de Sébastopol et la rue de Crimée. Pourquoi pas ? Mais c’est à nous qu’il appartient d’en décider, non aux autres de nous l’imposer, pas plus qu’il ne nous viendrait à l’idée d’exiger des Londoniens de débaptiser Waterloo Station et Trafalgar Square qui perpétuent notre humiliation. De même que nous ne pouvons exiger du Vietnam le retrait de toute référence à Dien-Bien-Phu dans ses manuels d’Histoire.
Pardonnez-moi cette longue digression mais nous ne réagissons pas assez, voire pas du tout, contre ceux qui tentent, pour des raisons idéologiques, par lâcheté ou par malhonnêteté intellectuelle, de manipuler et de «bricoler» notre Histoire, voire d’en gommer ou d’en altérer des pans entiers. Comme la science, l’Histoire n’est fiable que si elle s’affranchit des idéologies et des idéologues. Force est de constater que nos manuels d’Histoire sont rédigés sous la surveillance soupçonneuse des commissaires politiques.
Le XXème siècle fut celui de deux grandes guerres suicidaires pour l’Europe, celui de grandes impostures et mystifications idéologiques : communisme, fascisme, national-socialisme, celui des grandes erreurs géopolitiques : dépeçage de l’empire austro-hongrois et de l’empire ottoman ; celui aussi, non sans lien avec ce qui précède, des génocides : celui des Arméniens perpétré par la nouvelle Turquie «laïque», banc d’essai qui inspira à Hitler la «Solution finale», c'est-à-dire l’extermination de tous les Juifs tombés sous le pouvoir nazi. La piraterie idéologique s’étant emparée de l’Histoire, on oublie «simplement» de compter parmi les génocides les dizaines de millions de Soviétiques, Chinois, Vietnamiens, Cambodgiens, Nord-Coréens victimes de la barbarie communiste.
Et le XXIème siècle qui a fêté ses neuf ans ? Tel le phénix que l’on croyait mort, la barbarie ressurgit après un assoupissement de mille ans sous un accoutrement religieux : l’islam. Idéologie dont nos jobards désignent le côté odieux, belliciste et criminel par islamisme pour la distinguer de l’islam, le paisible, dont ils persistent à ne voir que l’aspect strictement religieux. Appelez ça comme vous voulez, ça ne change pas grand-chose à la réalité sur le terrain. Et cet islam islamo-islamiste livre sa guerre sur tous les points du globe, ici par les armes, là par infiltration, ailleurs par le chantage et l’intimidation.
L’Islam est un monde à part. Rejetant la déclaration universelle des Droits de l’Homme, il lui oppose sa version musulmane, «supérieure» en matière des droits de la femme puisqu’elle stipule qu’une femme condamnée à la lapidation pour «inconduite» voit son exécution ajournée tant qu’elle allaite l’enfant qu’elle portait au moment de sa condamnation. C’est-y pas grandiose ? Est-ce avec ces déments pervers qui entendent nous imposer leur «culture» qu’il faut négocier ? C’est en tous cas ce que nous fait gober une Caroline qui fait dans la laïcité et dans le droit de la femme quand elle écrit dans Le Monde «Il ne faut pas déserter Durban II», qui se tient à Genève cette année. Avec une feinte objectivité, elle admet que Durban 1 fut un festival antioccidental et antisémite orchestré par l’OCI, les organisations islamiques, les ONG bidons mises sur pied pour la circonstance par les Etats musulmans. Elle a déjà utilisé ce genre d’argumentaire pervers pour se ranger dans le camp des «pro voile» contre Fanny Truchelut «ultra-laïciste et ultra-féministe». Aussi tire-t-elle argument du boycott de Durban II décidé par les Etats-Unis, le Canada et, horresco referens, par Israël pour soutenir, toujours aussi faux cul, que si les intellectuels font leur devoir en stigmatisant un organisme onusien «des droits de l’homme et antiraciste» totalement noyauté par l’islam, présidé par la Libye de Kadhafi et «vice-présidé» par l’Iran des mollahs, il est du devoir des diplomates d’être présents à cette conférence d’où ils arracheront, on ne sait jamais, quelques miettes de concessions aux fachos démentiels d’Allah, comme ce fut du reste le cas à Durban 1 où les délégués de l’Afrique du Sud et de la Belgique «restés dans la bataille» ont «limité les dégâts» et même, «fait rare, ont refusé le texte inacceptable venant du forum des ONG».
Drôle d’oiseau cette Caroline qui se régale de quelques miettes laissées tomber par les voraces islamistes et leurs larbins gauchistes. Laïque, elle se dresse contre les «ultra-laïques» dont elle a établi une liste délatrice dans laquelle LibertyVox, parmi nombre d’autres, est montré du doigt (De l’Index, bien entendu. Ce procédé n’est pas sans rappeler un ouvrage qui se trouvait dans la bibliothèque des familles catholiques bienpensantes des années 30 : «Romans à lire, Romans à proscrire», essai de classification au point de vue moral des principaux romans et romanciers depuis l’an 1500, d’un certain abbé Louis Bethleem. Caroline et consorts sont devenus les abbés Bethleem du camp laïque «modéré»). Et dans la défense des droits de la femme, elle combat visiblement les Ultra-féministes puisqu’on la trouve aux côtés d’une militante islamiste pro-voile contre Fanny Truchelut. Pour combattre cette marée montante de l’islamo-fascisme, nous préférons nous aligner sur les «ultra laïques» que sur les «laïques modérés», la «modération» de la Caroline menant tout droit à un nouveau Munich. Eh oui, à Munich, Daladier et Chamberlain ont eux aussi «limité les dégâts» en ne cédant à Hitler, contre l’avis des Tchèques, «que» les territoires des Sudètes en échange de la paix tant désirée, ce qui n’a pas moins ouvert à Hitler la route de Prague. Un an aura ensuite suffi à ses Panzers pour prendre la route de Varsovie et de Paris.
Désolé Caroline. Quand on sait, comme vous, qu’on a affaire à des tricheurs, à des ennemis malhonnêtes, menteurs et de mauvaise foi, on a deux solutions : dégainer ou quitter la table de jeu. Ayant horreur de la violence, la France doit quitter la table de jeu. Et mieux, il y a une troisième solution, la plus digne, la plus honorable et sans doute la plus efficace : ne pas y aller. Organisme officiel ou pas, laissons ce «machin» onusien aux Etats fachos où ils pourront cracher leur venin et s’y afficher, si ça leur chante, comme les seuls antiracistes et les meilleurs garants des droits de la femme. A quoi une présence des pays démocratiques servirait-elle alors que les pays qui bafouent le plus les droits de la femme et qui se révèlent les plus intolérants, les plus racistes, ne sont nullement disposés à appliquer dans leur pays les résolutions qui iraient à l’encontre de leur prétendue religion. Mais ce qui est certain, c’est que la prétendue «laïcité» et le prétendu «féminisme» de ces boutiquières de Pro-Choix et autres UFAL s’inscrit dans le même registre des impostures que le Communisme qui fit de l’URSS la patrie du Prolétariat mondial et du Communisme le parti luttant pour le Pain, la Paix et la Liberté, et qui virent ensuite en Mao le nouveau messie du prolétariat. Dans le combat pour les droits des travailleurs, des femmes et autres causes, il y a ceux dont c’est une fin en soi, d’autres dont c’est un moyen de faire carrière. Je crains que notre Caroline ne se range dans cette dernière catégorie. Celle des alimentaires.
Tous les partisans de la laïcité souhaitent celle-ci «apaisée, sereine et sans confrontation avec les religions» et il n’y a effectivement pas de confrontation avec les Chrétiens, les Bouddhistes ou les Juifs. Il me paraît donc malhonnête, comme le font les «laïques modérés, positifs ou ouverts» de suggérer que la laïcité provoque la confrontation avec les religions. Ce n’est pas la laïcité qui a besoin d’être apaisée mais l’Islam. Si confrontation il y a, c’est uniquement dû aux politiciens islamiques qui, chaque jour, sous n’importe quel prétexte, en tous lieux et avec la plus cynique mauvaise foi, se lancent à l’assaut de la laïcité qu’ils jugent attentatoire à leur «religion», paravent d’une idéologie liberticide et homicide. Et si, en apparence, il n’y a pas trop de «confrontations», c’est surtout parce que nos autorités régionales et communales, se comportant en pétochards munichois, et se prostituant pour être réélus, cèdent aux revendications de cette religion ennemie de la laïcité, en toute infraction à la loi de 1905 qui, incontestablement, interdit toute aide publique aux religions.
Lorsqu’on a une loi, l’égalité, inscrite dans la trilogie de la devise républicaine, exige qu’elle s’applique à tous, sans exception. Sans discrimination «positive» née d’une roublardise de camelot. Il n’est pas moins légitime de la part d’un gouvernement ou d’une autorité locale de dire «non» à toute dérogation à la Loi de 1905, que pour un musulman de refuser de manger du porc en vertu de sa propre loi. C’est une question de respect mutuel qui commence par le respect de soi et de ses propres principes. Toute concession est une capitulation qui entrainera d’autres revendications sous la menace de violences, provisoirement satisfaites par de nouvelles concessions. On ne négocie pas avec les mauvais joueurs. On leur impose notre loi. Si elle ne leur plait pas, qu’ils aillent satisfaire leur intempérance religieuse dans les pays qui appliquent la loi de l’islam. Nul ne les retient. Mais s’ils entendent rester, welcome, à condition qu’ils respectent nos lois et s’y plient. Quel homme politique, quel véritable homme d’Etat aura le courage de tenir un tel langage ?
© André Dufour pour LibertyVox
22:42 Ecrit par Ivan dans Débats | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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14.02.2009
Kahena une reine pas comme les autres

Kahena, de son vrai nom Dihya ou Damia, est une reine guerrière berbère qui combattit l'expansion islamique en Afrique du Nord au VIIe siècle. Elle est la principale figure, avec Kusayla (chef de la tribus des Awarbas), de la résistance berbère en Afrique du Nord à l'avancée des troupes musulmanes entre 695 à 705.
À l'aube de l'arrivée des Arabes en Afrique du Nord, l'unité politique et administrative de la Berbérie Orientale et Centrale (les Aurès, actuelle Algérie) était en grande partie réalisée par Kusayla. À son décès en 688, Dihya prend la tête de la résistance. Issue de la tribu des Dejrawa, une tribu zénète implantée dans les Aurès (à l'est de l'actuelle Algérie) - comme le furent plusieurs rois (agellid, pluriel igelliden) berbères de Numidie - a été élue ou nommée à cette charge par le conseil de la confédération des tribus. Dihya procéda ainsi à la réunification de nombreuses tribus de l'Afrique du Nord orientale et du Sud.
Histoire selon Ibn Khaldoun
La tribu des Dejrawa était forte et puissante de la confédération des Zénètes. La conquête de l'Afrique du Nord sera ordonnée par Muawiya ( chef de la dynastie Omeyade).
À l'aube de l'arrivée des Arabes en Afrique du Nord, l'unité politique et administrative de la Berbérie Orientale et centrale (les Aurès, actuellement à l'est de l' Algérie et de la Tunisie) était en grande partie réalisée par Kusayla. Par la suite, Kusayla entre en conflit avec Oqba Ibn Nafi Al Fihri. Àprès la mort de Kusayla en 688, Dihya prend la tête de la résistance. Dihya a commandé la tribu des Dejrawas pendant 65 ans, d'après les propos d' Ad Darisi,qui ont été rapporté par Ibn Khadloun, la Dihya a vécu 127 ans. La même source d'Ibn Khaldoun ajoute que Dihya a gouverné l'Ifriqiya pendant 5 années.
Dihiya ordonne la mort de Oqba Ibn Nafi Al Fihri . Les Berbère Tahuda exécutent l'ordre de tuer Oqba Ibn Nafi Al Fihri. La guerre se déclenche entre les Berbères et les Omeyades. La tribu berbère des Banou Ifren Zénète sera la première tribu à défendre les territoires au côté de la Kahina [1].
La Dihya sortira vainqueur et triomphante de cette guerre.
Hassan demandera les renforts musulams. En 693, Après le renforcement des troupes musulmanes, Hassan écrasera les troupes berbère commandés par la Dihya. Cent mille berbères seront masacrés par Hassan dans les Aurès.
La Dihya, surnommé Kahina par quelques historiens arabe, sera tuée par Hassan et ses fils adoptent l'Islam par la suite.
Avant sa mort, elle ordonne à ses fils d'aller rejoindre Hassan.
Parcours
Alors que les musulmans ont déjà conquis un vaste territoire ils butent sur la résistance des byzantins (chrétiens), implantés essentiellement sur les côtes et en particulier à Carthage et Septum, mais aussi celle des Berbères. Les troupes musulmanes dirigés par Hassan Ibn Numan cherchaient à s'emparer de Carthage pour posséder l'Ifriqiya et se frayer un chemin vers l'Ouest. Le roi Kusayla, les Carthaginois et Dihya se liguèrent pour empêcher ce passage. Carthage finit par tomber aux mains des troupes musulmanes en 695 et Hassan Ibn Numan se fait nommer gouverneur d'Ifriqiya. L'empereur Leonitos récupère Carthage pour trois ans. La seule résistance qui demeurait alors était celle de Dihya. Hassan demandera les renforts musulams. En 693, Après le renforcement des troupes musulmanes, Hassan écrasera les troupes berbère commandés par la Dihya. Cent mille berbères seront masacrés par Hassan dans les Aurès.
À la première bataille, Dihya remporta une victoire sur les troupes d'Ibn Numan à Miskyana, entre Tebessa et Aïn Beïda, dans la région constantinoise) :
Dans la vallée de la rivière, déserte et à sec, la Dihya décide d'y dissimuler son armée pendant la nuit, en partie dans la montagne, en partie derrière, sa cavalerie et ses troupeaux de chameaux, pour prendre en embuscade les troupes d'Ibn Numan. Lorsque les Arabes attaquent, ils sont accueillis par une pluie de flèches tirées entre les jambes des chameaux des Berbères. Les Arabes sont écrasés. Les Aurésiens les poursuivront jusqu’à Gabès. La Dihya vient de remporter sa plus prestigieuse victoire, celle de la Meskiana, qu'on appellera « La bataille des chameaux », et parvient à repousser les troupes du Calife jusqu'en Tripolitaine. Ibn Numan sera à nouveau battu en 695 prés de Tabarqa par la Dihya.
Ibn Numan reporta ses efforts sur Carthage en 699, qu'il reprend, avec la maitrise des mers et du bassin occidental de la Méditerranée. Il demanda alors un supplément d'hommes au calife Ibn Marwan pour s'attaquer aux Aurès, seul rempart restant. Sachant sa défaite imminente, Dihya fit pratiquer la politique de la terre brûlée en vue de dissuader l'envahisseur de s'approprier les terres, s'aliénant par là une partie de son peuple : Berbères sédentaires citadins, nomades et des campagnes.
Kahena s'engagea une dernière fois dans la bataille en 702 à Tabarqa. La défaite des troupes de Dihya est en partie due à la trahison par Khalid, jeune Arabe que la reine avait épargné et adopté selon la coutume de l'anaïa (« protection ») en vigueur chez les anciens Berbères [réf. nécessaire][2].
Faite prisionnière, Dyhia fut décapitée, et sa tête apportée au calife. Ses deux fils, Ifran et Yezdia, sont forcés de se convertir à l'islam et rejoignent les troupes maures en partance pour l'Espagne. Elle eut également une fille nommé Khenchela.
Divergences historiques
Le rôle joué par Dahia a constitué un enjeu considérable pour ses commentateurs. Les sources que nous avons sur Kahina, symbole indirectement du frein à l'expansion musulmane, proviennent en grande partie des historiens musulmans. C'est donc pour certains d'entre eux, sur des arrière-pensées et vues politiques que sont basées leurs affirmations. Cela est d'autant plus difficiles à vérifier que les autres sources sont rares.
Véritable nom
Son véritable nom reste inconnu[réf. nécessaire]. Elle s'appelait peut être Kahena, Kahya, Dihya (Dihya bent Matya bent Tifane), ou Damya.
En effet, cet élément fait objet de nombreuses interprétations idéologiques, ainsi le surnom de Kahina, qui signifierait en un sens « sorcière », car décrite comme un personnage haïssable par certains historiens musulmans[réf. nécessaire], comme Ibn Ben Attir et Le Bayan [réf. nécessaire]. Mais le sens n'est probablement pas péjoratif, puisqu'à l'origine, ce terme dérive de l'hébreu "Cahen, Cohen" qui signifie prêtresse et du grec être pure. Ces mêmes historiens rapportent que son vrai nom serait Dihya.
De même le surnom Damya, dérivé du verbe amazigh edmy signifie « devineresse », « prophétesse ». Dihya, en berbère signifie « la belle ». Elle fut souvent appelée Reine Dihya Tadmayt/Tadmut (« La belle Reine gazelle »).
Religion
La religion de cette Berbère, d'origine noble et descendante probablement d'une longue lignée royale des Aurès, n'est pas établie de manière sûre. Était-elle chrétienne ? Animiste ? Les sources historiques apportent des témoignages bien divergents.
Selon l'historien et géographe français, le professeur Émile Félix Gauthier : « Les Djeraouas ne sont plus des chrétiens comme les Aurébas, mais bien des juifs ». Auparavant, Strabon avait témoigné à l'époque romaine que les juifs étaient nombreux en Afrique du Nord. Certains y étaient venus librement au fil des siècles avec les phéniciens, dès le temps des Carthaginois, tandis que d'autres y avaient été déportés par Trajan, après avoir tenu tête en Cyrénaïque aux légions romaines. Ainsi avaient-ils participé à la conversion de nombreuses tribus berbères.
Certains (c'est le cas de Gabriel Camps dans son livre Berbères - Au marges de l'histoire) pensent que Dihya était chrétienne parce qu'elle était la fille de Matya lui-même fils de Tifan. Des noms qui seraient les déformations de Matthieu (comme l'Apôtre) et Théophane (repris par de nombreux Saints chrétiens). Aussi le christianisme était largement répandu, une grande partie des populations berbères du nord avaient été christianisés sous l'empire romain.
D'autres laissent entendre que Dihya aurait pû être animiste sans pouvoir pour autant préciser de quel culte il s'agirait, les Berbères ayant été païens avant l'arrivée du christianisme. Ainsi, la signification prêtresse et être pure de son nom Kahena, correspondrait à une tradition animiste en Afrique du Nord, selon laquelle les prêtresses subiraient un rituel de purification.
En prenant pour exemple la reine touareg Tin Hinan que l'on supposait, de la même manière, chrétienne, alors que la découverte récente de son tombeau laisse penser qu'elle était animiste.
Politique de la terre brûlée
L'historiographie a également mis l'accent sur la politique de la terre brûlée qui aurait été pratiquée sous la Kahena, d'après Ibn Khaldoun, Ibn El Athir et Le Bayan, ce qui aurait motivé le mécontentement des cultivateurs de la côte. Cette version est contestée par certains selon lesquels, il se serait agi, pour les historiens musulmans, de discréditer la reine berbère hostile à l'expansion musulmane : des villes et des villages auraient certes effectivement été brûlés, mais cela s'expliquerait non par l'invasion arabe, mais par le fait que l'Afrique du Nord, depuis la chute de l'empire romain d'Occident, était le théâtre d'affrontements entre Byzantins et autochtones, voire entre Berbères nomades et sédentaires.
Archéologie
En Algérie, dans la région des Aurès, aucune étude sérieuse n'a été entreprise à ce jour. Mais depuis 2006, les autorités algérienne affirment entreprendre des recherches[3]. En Tunisie, le seul endroit qui témoigne de l'existence de cette femme est l'amphithéâtre d'El Djem[4].
Anecdotes
Entre l'antique Thevest romaine (aujourd'hui Tebessa) et l'agglomération de Bir El Ater se trouve un puits appelé « Bir el kahina » (le puits de la kahina), en référence ou en souvenir du lieu où elle aurait été tuée. À Baghaï, actuellement petit village à une vingtaine de kilomètres de Khenchela, les habitants désignent certaines ruines anciennes comme étant les ruines du « palais de la Kahina ».
Le nom de la rivière Meskian, où Kahina y remporta sa première victoire contre le général Ibn Numan, ainsi que celui du village de Meskiana qu'elle traverse, viendrait des mots berbères Mis n Kahina qui signifie « les fils de Kahina ».
Certains berbères chaouis des Aurès disent qu'ils ont le « nez de la Kahina » qui d'une grande beauté aurait eu, un peu comme Cleopâtre, un nez particulier, mais cette fois non pas long mais doté d'une petite bosse.
Dans toute la region des Aurès, le nom Diyya est assez courant chez les chaouis. Aussi, le personnage historique de Dihya est devenue de nos jours un symbole, aux cotés de Massinissa et de Jugurtha, etc. La tradition orale des chaouis ne donne pas beaucoup de renseignements précis sur tout le parcours historique de la Kahina ni même sur sa tribu des Dejrawa ni d'ailleurs sur les Zénètes ni des Houaras ni des Aurébas.
Notes et références
1. Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères , partie des Zénètes , traduit par Slane, édition Berti, Alger 2003
2. L'Anaïa était accordée obligatoirement à toute personne qui en faisait la demande. Par exemple, le roi Massinissa l'avait accordée à ceux qui furent au départ ses ennemis (Meztul, Lacumazes, Sophonisbe, etc).
3. « Khenchela, Hommage à El Kahina », Le Soir d'Algérie.
4. « Inscriptions de l'Amphithéâtre d'El-Djem (1), (Tunisie) », Revue Africaine, Octobre 1856 - N°01.
Bibliographie [modifier]
Voir références sur Dihya/Dimya (Kahina) sur http://www.mondeberbere.com/
* Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères (traduit de l'arabe par le Baron de Slane), Tome I, Alger, 1852-1856, p.208.
* Émile Félix Gauthier, Les Siècles obscurs du Maghreb, Payot, Paris, 1927, p.245.
* André Chouraqui, "Histoire des Juifs d'Afrique du Nord" PUF, Paris, 1952.
* Nabile Farès, Mémoire de l'absent, Éditions du Seuil, Paris, 1974.
* Tahar Djaout, L'Invention du désert, Éditions du Seuil, Paris, 1987, pp. 31-33.
* Gisèle Halimi, La Kahina (roman), Plon, 5 octobre 2006.
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19:54 Ecrit par Ivan dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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31.01.2009
La liberté d’expression menacée de mort par l’islam et ses complices
Incroyable : le 21 janvier dernier, la cour d’appel d’Amsterdam a décidé de poursuivre le député néerlandais Geert Wilders pour son film Fitna, dans lequel on peut voir, en seize minutes – et uniquement par des images d’actualité illustrant des extraits du Coran – la violence dont sont capables les islamistes.
Il aura donc suffi que Geert Wilders s’appuie sur des faits réels – qu’il prend pourtant la précaution de ne pas commenter – pour être accusé à la fois d’« incitation à la haine et de discrimination à l’égard des musulmans ».
C’est exactement en ces termes que fut condamnée à cinq reprises – et par un tribunal français, s’il vous plaît ! – notre Brigitte Bardot nationale, dont le seul tort avait été de dénoncer, à l’occasion de l’Aïd-el-Kébir, l’égorgement des moutons préalablement non étourdis. Le la collaborationniste venait d’être donné !
Louis Chagnon, professeur d’histoire/géographie au collège Georges-Pompidou, de Courbevoie, encourra les mêmes foudres pour avoir appris à ses élèves que Mahomet était non seulement le Prophète de l’islam mais encore un chef politique et militaire qui sut s’imposer en utilisant aussi bien la diplomatie que la force.
Puis ce sera le tour de Robert Redeker, professeur de philosophie, qui avait osé écrire, dans le Figaro, que le Coran ne contenait pas que des messages de miséricorde et de paix ! Cette fois, l’auteur est menacé de mort, et doit vivre, avec sa famille, dans la clandestinité.
Aujourd’hui, c’est notre collaboratrice et agrégée de lettres Christine Tasin qui se retrouve sous le coup d’une menace identique lancée, sur son blog, par un islamiste pour le moins mécontent ( !) des valeurs laïques et républicaines que Christine défend depuis sa jeunesse.
Mais ce n’est pas tout : les vidéos de Bivouac-ID, qui, jusqu’alors, étaient hébergées sur le site Dailymotion, ont été effacées sans préavis. Des menaces islamiques ont été proférées à l’encontre de la chaîne de télévision Canal + . Mohamed Moussaoui, président du Conseil Français du Culte Musulman, a exigé – et obtenu ! – des excuses publiques de Philippe Geluck et de Michel Drucker pour une plaisanterie verbale jugée contraire « à la dignité des musulmans de France ». Suite à un trait d’esprit de Laurent Gerra imitant Le Pen en train de parler du Prophète, la communauté musulmane a menacé de fatwa et la rédaction de RTL, et les journalistes présents, ce jour-là, sur le plateau, et l’artiste lui-même !
Et malgré ce, le collaborationnisme continue : Anne Kling, fonctionnaire internationale, employée au Conseil de l’Europe, vient d’être déboutée par le Tribunal Administratif dans sa demande d’annulation d’une sanction qu’elle estimait injuste. En effet, son employeur n’avait pas hésité à la rétrograder, suite aux propos qu’elle a tenus sur l’islam dans son livre La France LICRAtisée.
Qu’a-t-elle donc écrit pour mériter pareille sanction ? Des vérités ! Soulignant que l’islam n’a jamais évolué, ce que nos dirigeants savent puisqu’ils connaissent parfaitement la nature et les manifestations de cette religion dans sa zone géopolitique naturelle, elle s’écrie non sans raison : « Quelle arrogance, quelle illusion d’imaginer que l’islam pût être différent par la vertu de l’air miraculeux respiré en Europe, de ce qu’il est depuis 1 300 ans partout dans le monde ! ». Et plus évident encore : « Si les musulmans sont aujourd’hui installés chez nous en nombre sans cesse grandissant, c’est bien parce que des politiques irresponsables et veules, sous la pression d’associations dites antiracistes, mais en réalité antinationales et anti-identitaires, leur ont ouvert toutes grandes les portes sans même leur demander en contrepartie de faire l’effort de s’adapter à notre société ».
Que faut-il en conclure ? Que les collaborationnistes sont partout, et d’abord dans les instances judiciaires ? Que la condition préalable à tout dialogue avec les partisans d’Allah, c’est d’être d’abord de leur avis ? Que tout propos contre l’islam est une hérésie ? Qu’à braver l’islam on devient ipso facto un impie ?
Dans quel siècle sommes-nous donc ? Voulons-nous la réhabilitation de la peine capitale, le retour de la censure, la déification de l’intolérance, l’instauration de la tyrannie, le sacre du religieux, le triomphe de la pensée unique, la suppression de l’égalité des droits, la séparation des sexes, la prière publique déclamée cinq fois par jour, la prière privée obligatoire, la négation de l’individu, la codification de la sexualité, la coranisation du bonheur, la défaite de la raison, bref la fin de l’Occident ?
Tous ceux qui s’empressent de dérouler le tapis vert pour que le croissant flotte sans contrainte sur l’Europe auraient-ils oublié qu’une simple caricature parue dans un journal danois a suffi pour que des foules entières appellent, en Europe même, à la mort des infidèles ? Auraient-ils oublié la fatwa lancée, le 14 février 1989, contre Salman Rushdie, suite à la parution des Versets sataniques ? N’y a-t-il pas eu, là aussi, des ambassades assiégées, des librairies saccagées, des salles de presse détruites, des autodafés... et même des assassinats ? Auraient-ils oublié que pour avoir dénoncé, dans un court métrage de dix minutes, les violences faites aux femmes en Islam, le cinéaste Theo van Gogh fut égorgé, le 2 novembre 2004, en plein Amsterdam, par Mohamed Bouyeri ? Auraient-ils oublié que le même jour, l’ancienne députée néerlandaise Ayaan Hirsi Ali fut promise à la mort par le même Bouyeri – et quelque temps plus tard par des islamistes qui lui reprochaient la publication de son livre Insoumise ? Auraient-ils oublié la Bangladaise Taslima Nasreen, dont la lutte pour la libération des femmes musulmanes lui vaut, depuis le 24 septembre 1993, une fatwa de mort du Conseil des soldats de l’islam ? Auraient-ils oublié Mohamed Sifaoui, journaliste algérien laïque et démocrate, agressé physiquement à la terrasse d’un café parisien, le 13 mars 2008, par des islamistes qui n’admettent ni sa pensée voltairienne ni son refus de l’islam radical ?
Qu’on ne s’y trompe point : oublier ou faire semblant d’oublier pareil obscurantisme, c’est menacer soi-même de mort ceux qui le sont, puisque la lâcheté permet qu’ils le soient ! Mais attention : cette lâcheté a un coût, et pas n’importe lequel, car elle signe d’un même mouvement la fin des Droits de l’Homme, la fin de la démocratie, la fin de la liberté d’expression... et le commencement d’un gigantesque réveil émanant de millions de personnes qui s’insurgent individuellement, collectivement, publiquement ou en privé, contre l’abandon actuel de la France et de l’Europe à des valeurs anti-républicaines !
Toutes ces personnes disent « non » à l’incommensurable veulerie émanant des hautes sphères ! Nous sommes de ces personnes-là. Nous n’envisageons donc pas de nous taire, quand bien même nous nous tromperions. Nous refusons de nous censurer, et même de le faire sans avoir l’air de le faire, en formulant, par exemple, ce que nous pensons – pourvu que nous ne parlions « ni de l’autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des corps en crédit, ni de l’Opéra, ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne à quelque chose » (Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, V, 3) ! Nous voulons être libres de penser, certes, mais nous ne voulons pas que nos pensées restent en nos pensées, sans jamais aller sur les brisées d’aucune autre. Nous ne voulons pas que nos pensées finissent dans les colonnes d’un journal inutile ! Le nouveau cogito ne saurait être « Je pense, donc je me tais » ! Nous rejetons les cogito muets ! Une société qui ne permet pas de dire et d’écrire sans que rôde quelque censeur est une société malade, qui fabrique des penseurs et des pensées malades et qui, en transformant les interrogations en interrogatoires, remplacent les débats par les tribunaux !
Cette société, c’est la nôtre – qui nous demande d’être ouverts, compréhensifs, accueillants, tolérants... même à l’égard des intégristes ! Au lieu de faire le ménage, elle ménage ceux qui menacent de mort nos semblables. Pendant qu’elle disserte sur le respect des religions, elle abandonne ses enfants aux mains de ceux qui les haïssent ! C’est elle qui défend la liberté d’expression en lui demandant de s’arrêter devant le « respect des religions ». C’est elle qui n’a toujours pas compris que la liberté d’expression s’est forgée contre le respect des religions et des dogmes, et qu’à la revendiquer en instaurant la censure on libère la censure ! La liberté d’expression ne s’arrête point où commence la liberté d’autrui : elle s’arrête lorsque autrui frappe et tue. Dans un monde à visage humain, il ne saurait y avoir de limite d’expression à la liberté d’expression.
Peut-être faudrait-il s’en souvenir, car, de nos jours, en France comme dans toute l’Europe, la liberté se glisse de plus en plus sous les fourches caudines de l’islam. En 1938, Chamberlain et Daladier ont fait la même erreur : c’était à Munich. Cela vous rappelle-t-il quelque chose ?
RL
10:08 Ecrit par Ivan dans Débats | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
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