28.03.2009
La fausse jeunesse de Besancenot
On le présente comme le porte parole d'une nouvelle extrême gauche. D'autres veulent y voir le meilleur allié du gouvernement.
De nombreuses inconnues pimentent heureusement la fade perspective de l'élection européenne au suffrage universel de juin 2009. Parmi celles-ci on citera le sondage à balles réelles que représentera le score des listes de Besancenot et de son Nouveau parti anticapitaliste.
Mesurons quand même le rythme d'ascension de cet hypothétique présidentiable, moins impressionnant qu'on voudrait nous le faire croire.
En 2002, âgé de 28 ans, la LCR de Krivine le présente à la place du vieux chef rhumatisant : il obtient 4,3 % face à Arlette Laguiller encore presque présentable (5,7 %) et au candidat d'un parti communiste pratiquement encore vivant le nain de jardin Robert Hue (3,4 %).
En 2007 Besancenot n'en obtient que 4,1 % contre l'inaudible Marie-Jo Buffet (1,9 %), Bové (1,3 %), Laguiller pour un combat de trop (1,3 %).
La très forte participation permet à la LCR de faire état de 1,5 million de voix.
On retient ce chiffre : on oublie qu'il ne pèse que le 1/3 des voix de l'extrême gauche.
Depuis 8 ans, son conseiller personnel, le camarade Sabado, un vieux de la vieille est parvenu à médiatiser ce jeune compagnon de la directrice littéraire des éditions Flammarion. On a pu, de la sorte, lire sa prose dans Le Parisien, dans 20 Minutes, l'entendre sur RMC Infos, le voir dans l'émission satirique "Groland", sur Canal+, et même à un "Vivement dimanche", de Michel Drucker, sur France 2. On dit que les Français le trouvent "sympathique", "proche des gens", "courageux", "honnête". Sa spontanéité fait l'objet d'une préparation soignée. Des fiches sont rédigées. on lui explique ce que pense Monsieur Français Moyen, qu'à la vérité il côtoie assez peu. Bref, on se trouve en présence d'un travail de pro. Heure de gloire : un sondage affirme que si les citoyens devaient revoter, 13 % des sondés lui donneraient leur suffrage (cf. Opinion Way des 17 et 18 septembre 2008).
Il se veut à la tête "d'un parti qui les défend jusqu'au bout". Il "ne lâche rien", car il se veut "le seul à être totalement indépendant", viscéralement opposé au Diable, je veux dire à "Sarkozy".
Mais, curieusement, il dit la même chose du parti socialiste que de l'UMP. Faut-il y voir un nouveau "populisme" ? – comme aiment à l'énoncer ceux que n'effraient pas les mots qui ne veulent rien dire.
Depuis plusieurs mois en effet, on crédite l'Élysée, d'où certains pensent que viennent toutes les nuisances, d'une sorte de stratégie machiavélienne sinon méphitique. On soupçonne le gouvernement de se servir de cet épouvantail, qui pourtant ne fait encore peur à pratiquement personne, afin d'empêcher le retour de la gauche au pouvoir. On se souvient sans doute que pendant un quart de siècle, la Mitterandie avait su prospérer, cohabitant à distance, avec les frasques et tirant parti des mauvaises intentions d'un petit diable breton, qui, nominalement lui faisait horreur. Faisant profession de l'exorciser elle-même, la gauche exhortait avec succès la droite à refuser les voix de ses électeurs.
Pour démonétisé que semble désormais cet outillage-ci, on peut imaginer qu'il en aille de même avec son homologue d'extrême gauche. Or, le NPA, de son côté, ne s'affirme aucunement preneur du moindre soutien sans participation. Il ne veut pas aller au gouvernement. Et Krivine théorise : "je préfère, voir le PS dans la rue que faire le guignol au Parlement en chantant La Marseillaise."
Les anciens bénéficiaires de la diabolisation de l'impossible union des droites n'hésitent pas à opérer une projection manifeste. Ils accusent carrément l'actuel chef de l'État de vouloir faire comme eux avec le petit agitateur trotskiste. On s'étonne même qu'une telle rumeur ne sache tirer aucun argument du fait que cet ancien jeune homme, aujourd'hui âgé de 35 ans exerce la sympathique profession de facteur dans la bonne ville de Neuilly. "Comme par hasard".
Admettons possible que, d'aventure le fantasme prenne corps… Révons, cauchemardons que les 9 000 cartes placées par le parti fondé en février 2009, – alors qu'on en promettait 10 00 à la Ligue communiste révolutionnaire depuis les années 1970. Si donc cela donnait naissance à un vrai péril pour le système capitaliste, voilà qui ferait concurrence à cette gauche superdiplômée dont l'Europe nous jalouse l'influence… Afin de conjurer cette hypothèse on doit se remémorer un certain nombre de caractéristiques bien réelle du petit crocodile.
Tous d'abord, commençons, contrairement à ce qu'il fait lui-même par évoquer ses propositions positives.
Le Nouveau parti anticapitaliste déclare qu'il veut "abolir l'économie de marché". Il propose donc de lui substituer : une économie fondée sur la collectivisation des entreprises "sans indemnité, ni rachat", la "régulation centrale de l'activité par le Plan", la "gestion des établissements par des directeurs élus et révocables par les salariés".
Il revendique l'interdiction "de tous les licenciements", l'augmentation immédiate de tous les salaires de 300 euros net par mois, "la réduction du temps de travail à 32 heures hebdomadaires tout de suite, pour toutes les entreprises, et à 30 heures très rapidement" ; "la réunification de toutes les banques, publiques ou privées, dans un seul et même pôle public", etc.
Comme le dit élégamment le sénateur Henri Weber, aujourd'hui social-démocrate mais qui connaît bien la source de cette inspiration pour y avoir contribué dans le passé "le programme du NPA ne s'embarrasse pas de réalisme." (cf. sa tribune libre publiée par Le Monde du 7 février)
On lui fait crédit également d'avoir rénové l'imagerie sectaire en passant de Trotski à Che Guevara. Réfléchit-on au fait que désormais les trotskistes se sont réconciliés avec les staliniens. Car le Cheux au service des Gueux, fausse figure romantique, les a servis jusqu'au bout. Au moins Lev Davidovitch, lui s'était insurgé contre le totalitarisme soviétique, après l'avoir largement construit de ses mains sanglantes.
Besancenot n'a pas su trouver un mot, en octobre, après le merveilleux sondage cité plus haut, pour se démarquer de Rouillan et de son entretien imbécile et non repentant publié par L'Express.
Krivine, lui, a l'habileté de prétendre que "la violence vient toujours de la droite". Pur mensonge, mais qui esquive le coup.
Par conséquent Besancenot, si l'on devait faire une différence, me semble pire que Krivine.
Avec Krivine, je n'emploierais évidemment pas le mot de sympathie. Il paraîtrait un peu fort, sinon déplacé. Je lui dois quand même, à ce vieil ennemi, un vrai bon souvenir : en 1961, à l'âge de 17 ans, je figurais en qualité de benjamin dans le peloton de tête de la liste noire qu'il avait dressée au titre du Front Universitaire Antifasciste. Dans les 10 premiers sur 200, voila un classement épatant pour un lycéen. Merci qui ? Merci Krikri. Bon, mettons que cet homme-là, en dépit de ses œillères inchangées, de son absence totale d'humour, mérite au moins une part, une once, un verni d'estime, par exemple pour avoir rompu dès 1965 avec l'appareil stalino-soviétique et aussi, un peu, pour sa fidélité militante persévérant malgré tout, courageusement, dans l'erreur.
Je n'en dirais pas autant de Besancenot, adhérant dès 1988 à une Jeunesse communiste révolutionnaire impunie, c'est-à-dire à la Ligue dont la transmutation en NPA ne représente qu'un changement d'étiquette. Simple héritier par conséquent d'un courant qui s'est toujours trompé, il agit au nom d'un dogme immuable, en cours de réaffirmation, plus sectaire de jamais. Il ne mérite donc même pas le soupçon de crédit de son prédécesseur.
JG Malliarakis
10:54 Ecrit par Ivan dans Débats | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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17.11.2008
Mélenchon : LE JOUR D’APRES
Deux communiqués ont tenus lieu de note sur ce blog. Comme ils ont été commentés! Que de messages, que d’encouragements! Les jours ont filés et les charges qui résultent de la décision de quitter le PS et de fonder un nouveau parti, le Parti de Gauche n’ont pas laissé une seconde de répit. Je ne dis pas que ce soit littéralement une seconde mais c’est de cet ordre, du moins pour ce que j’en ressents du moment où je me lève jusqu’à celui où je me couche. Ce dimanche permet une brève pause. Venir devant ce clavier est presque une obligation. Ce blog est-il toujours le même depuis que je me trouve devoir par ailleurs endosser une mission de porte parole d’une nouvelle organisation politique? Je devrai définir un style à ce sujet. A moins qu’il ne se définisse de soi même, à mesure que j’irai sur ce nouveau chemin. A cet instant je veux seulement faire quelques commentaires de situation, par courtoisie pour ceux qui s’interressent à ce blog . Lire la suite »
07:48 Ecrit par Ivan dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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02.10.2008
UNE DÉMOCRATIE DE SEMI-EXPRESSION

Chatouilleuse liberté d’expression ! Tout à chacun ne cesse de s’en gargariser, mais elle est une chose trop importante, sans doute, pour qu’on permette à n’importe qui d’en faire usage comme bon lui semble.
Jean-Marc Rouillan, deux fois condamné à la réclusion perpétuelle et actuellement en semi-liberté après vingt ans de détention, en fait l’amère expérience.
L’État est bon Prince, tout de même, mais point trop n’en faut : l’ancien membre d’Action Directe n’a en effet pas le droit – entre autres – « d’évoquer publiquement les faits pour lesquels il a été condamné. »
Des faits qui remontent à un quart de siècle, que tout le monde –à l’époque et ensuite – a largement commentés. Seul l’intéressé n’en a pas, aujourd’hui, la possibilité. Ses déclarations pourraient-elles être des révélations, gênantes pour certains ? Si c’était le cas, on a peine à croire qu’il n’ait pas encore trouvé le moyen de les exposer sur la place publique.
Non, si l’ancien leader d’Action directe risque de perdre l’aumône qui lui a été faite de cette généreuse « semi-liberté », ce n’est pas pour avoir évoqué son passé ou quelques zones restées dans l’ombres de celui-ci, mais pour avoir indiqué qu’il en aurait probablement le droit « s’il crachait sur tout ce (qu’ils) avaient fait » et que « par cette obligation de silence on empêche aussi (son) expérience de tirer son vrai bilan critique. » À la lâcheté de ne pas l’avoir, à l’époque, fait exécuter – lui et ses complices qui avaient sciemment versés le sang – la Justice française ajoute aujourd’hui l’ignominie d’exiger du militant politique qu’il est resté, qu’il devienne un renégat.
Cela fleure bon les méthodes des régimes de Joseph Staline ou de Mao Tse-Tong qui acculaient leurs ennemis politiques à se couvrir eux-mêmes d’opprobre pour bénéficier d’une mort plus rapide, sans torture.
Le jovial Petit Père des Peuples et le sympathique Grand Timonier entendaient ainsi imposer à leurs peuples leurs excitantes démocraties populaires.
Nicolas Sarkozy, moins sanguinaire, reconnaissons-le, semble, lui, en tenir plus simplement pour une démocratie de semi-expression.
Si Jean-Marc Rouillan était acculé à faire repentance, il bénéficierait à l’évidence de quelques conforts de vie, mais ce serait aussi une mise-à-mort. Celle du respect que l’on peut avoir pour quelqu’un qui a mis son existence au bout de ses convictions.
Aussi imbibées de sang soient-elles.
Philippe Randa
19:04 Ecrit par Ivan dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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06.09.2008
Propulsion médiatique de Besancenot: et si le capitalisme en crise avait besoin de la lutte des classes ?

De plateaux télé en studios radiophoniques, le sympathique postier de Neuilly-sur-Seine est devenu au fil des mois un acteur incontournable de « la société du spectacle », comme dirait Guy Debord. Tout naturellement, beaucoup, à gauche comme à droite, posent fielleusement la question suivante : pourquoi, sous Sarko 1er, les médias à sa botte se montrent-ils si complaisants avec ce révolutionnaire aux bonnes joues ?... et d’enchaîner sur la théorie du complot suivante : Nicolas Sarkozy propulserait Besancenot pour gêner la gauche institutionnelle comme Mitterrand avait contribué à favoriser Le Pen pour contrer la droite classique. On assisterait donc à une sorte de « chien de ma chienne » à vingt-cinq ans de distance entre la droite et la gauche.
Le Pen en épouvantail de Mitterrand face à la droite
Certes séduisante, cette thèse est un peu trop simple, voir simpliste, pour correspondre à la réalité. Revenons un instant sur les faits. Il est indéniable que Mitterrand et son conseiller Jean-Louis Bianco ont lancé l’opération par l’envoi d’un courrier au rédacteur en chef de « l’heure de vérité » sur la télévision d’état Antenne 2. En focalisant leur attention sur une élection partielle à Dreux, les médias ont mis Le Pen au centre du jeu politicien. Le RPR et l’UDF se retrouvèrent en porte-à-faux très rapidement. En effet, quarante ans après la Libération et vingt ans après la guerre d’Algérie et les tueries de l’OAS, ils ne pouvaient pas, ils ne devaient pas, sur le plan moral s’allier aux héritiers symboliques, mais parfois aux acteurs mêmes, de la Milice, de la gestapo française, de la division Charlemagne et des commandos delta. Toute possibilité de « front des droites » était inconcevable, au vu de l’histoire de France bien sûr, mais aussi de l’histoire des droites en France. Le Gaullisme avait fait par deux fois, au sens propre du terme, le « coup de feu » contre l’extrême-droite fascisante. A fortiori, les déclarations antisémites récurrentes du leader du FN en pleine période de « redécouverte » de la Shoa, rendaient toute alliance impossible, y compris pour l’image de la France dans le monde. Bref, en paralysant 15 à 18 % de l’électorat principalement de droite, Mitterrand empêchait un rassemblement majoritaire contre lui. Notons en aparté que nous souffrons encore à gauche de cette politique d’un cynique vulgaire car, en favorisant le FN, la gauche au pouvoir a construit dans les années 80, et pour longtemps, une droite idéologique, largement majoritaire à près de 60 % dans l’opinion !
Mais l’épouvantail « extrême gauche » est peu convaincant...
Revenons à aujourd’hui, s’agit-il avec la « starisation » de Besancenot d’un complot politique symétrique ? Difficile de le croire, car justement la symbolique politique est exactement inverse. L’extrême-gauche en France au 20eme siècle n’est pas associée à une quelconque « terreur rouge ». Au contraire, pendant la deuxième guerre mondiale et pendant la guerre d’Algérie, les communistes, par exemple, sont dans le camp de la défense, de la patrie et dans celui du combat démocratique. Enfin, la France n’a pas connu des « années de plomb » comme l’Italie avec le terrorisme des Brigades Rouges. Même un déjeuner entre Besancenot et Rouillant (ex « d’Action Directe ») ne peut constituer un épouvantail très efficace.
Par ailleurs, au contraire de la droite, les grandes heures de la « geste » de gauche sont justement liées à l’alliance entre gauche modérée et gauche radicale, comme en 1936, à la Libération, lors du Programme commun, ou en Mai 81 avec l’entrée des ministres communistes au gouvernement. Ainsi, une unité populaire est loin d’être moralement un handicap pour la gauche, bien au contraire.
Alors, si cette fausse symétrie n’est pas la véritable raison, pourquoi donc cette promotion médiatique permanente du « copain Olivier » ... ?
Hypothèse : et si les tenants du capital financier, en « starisant » l’extrême gauche, cherchaient en réalité un moyen de briser une spirale dépressive qui pourrait à terme leur être fatale ?
Petit retour sur le déroulement de la crise économique
Certes, le raisonnement peut paraître un peu paradoxal, mais qui semble correspondre à la situation de crise économique profonde que nous traversons. Sur la nature de cette crise, qui a éclaté l’été dernier, l’élément principal est la surabondance – dans des proportions monstrueuses ! – des liquidités monétaires disponibles. Dès la crise asiatique de 1997, mais avec une accélération exponentielle depuis 2004, la planète financière dégueule littéralement sous les liquidités (par liquidités, il faut comprendre : la masse monétaire immédiatement disponible permettant un achat d’actif quel qu’il soit, sans aucun délai).
Nous assistons donc à une inflation considérable de la masse monétaire globale, en particulier par la création monétaire liée à l’émission de crédit de toute nature (nous reviendrons prochainement dans Respublica sur ce dernier point). En choisissant de sauver le système bancaire et en refusant par là même une destruction de richesse qui aurait fait diminuer la masse monétaire (donc les comptes en banque de certains...), le système financier globalisé a engendré une inflation qui provoque une hausse des prix. Comme l’immobilier, les actions et les obligations sont provisoirement hors course, la spéculation se concentre au bout d’un moment sur les matières premières (...) et les « commodités » (...).
Nous sommes très exactement dans un schéma inverse à celui de 1929 : des liquidités en trop grande quantité se « fixent » sur les matières premières faisant monter leurs cours de manière artificielle, alors même que la croissance diminue !
Ainsi, ce « fixing » entre l’offre et la demande, c’est à dire la fixation des prix d’achat et de vente en temps réel, est pollué par cette déferlante monétaire extérieure au marché au jour le jour et concentrée sur les marchés à terme (c’est à dire sur les « options », synonyme de « paris sur l’avenir », que prennent les opérateurs du marché sur l’évolution futures des cours de la marchandise en question). Les conséquences sont faciles à comprendre : nous assistons à une hausse des prix sur un marché dont les flux physiques stagnent… une sorte de hausse des prix « dans le vide » !
Comme cette inflation n’est pas provoquée par une hausse du coût du travail, nous n’assistons pas à la course poursuite traditionnelle entre les prix et les salaires (ou entre les salaires et les prix). Les salaires stagnent, et le clash pourrait être très près de nous car les salariés consommateurs seront bientôt dans l’impossibilité de faire face à cette hausse des prix.
La planète finance a besoin coûte que coûte de consommateurs...
Comment faire pour sauver le système de cette énorme masse de liquidités ? Tout simplement en diluant cette masse monétaire dans l’ensemble de l’économie, c’est-à-dire en favorisant une hausse des salaires pour revenir au schéma classique de la crise inflationniste « à la papa », hausse des prix-hausse des salaires…
Mais comment faire ? Comme il n’est pas envisageable que les fonds d’investissement fassent d’exu mêmes des chèques aux travailleurs pauvres déjà surendettés pour qu’ils continuent encore et toujours à consommer en remplissant leur caddy chez Carrefour ou ailleurs, il faut trouver une autre solution. Certes, Sarkozy se veut le président du pouvoir d’achat mais ce n’est pas très crédible. Reste donc l’idée de ressusciter pour un temps l’extrême gauche afin de ranimer momentanément la lutte de classe et de provoquer un réveil social qui se traduira par une hausse des salaires, seul remède à la crise des liquidités. C’est très risqué car la planète finance joue avec le feu et gageons que cela puisse provoquer de sacrés révolutions, mais les grands financiers ont-ils d’autres choix ?
Mieux vaut sacrifier le petit patronat qui paiera la note... C’est d’ailleurs une constante historique : dans les années trente déjà, le « New Deal » sous Roosevelt a eu pour conséquence d’accélérer la concentration capitaliste, en liquidant les entreprises dont la productivité était faible. Aujourd’hui les entreprises du premier monde qui ne sont pas fortement robotisées ne survivront pas à une inflation des salaires. Mais pour faire ce saut vers une robotisation complète et compatible avec une économie en réseau, les entreprises en question devront faire appel à la sphère financière pour permettre ce lourd investissement initial, amortissable uniquement sur moyen ou long terme.
Mais problème ! Aujourd’hui, le peuple des employés du libéralisme est si faible, si peu organisé et si peu « conscientisé » qu’il est incapable de réagir. Il ne peut par lui-même obtenir un minimum d’échelle mobile des salaires. Or le temps presse et par un petit coup de pouce médiatique au facteur sympa, certains espèrent créer une tension sociale pouvant justifier, y compris aux yeux du patronat archaïque, une hausse des salaires permettant de sauver la consommation, et par suite la finance internationale.
Hypothèse tordue ? ! Pas tant que cela, car les intérêts du monde de la finance ne sont pas ceux du patronat archaïque. Par ailleurs, cette hypothèse s’inscrit dans la longue tradition de « l’école italienne » qui, de Gramsci à Négri, montre que le mode de production capitaliste est la résultante d’une tension dialectique entre capital et travail : l’un et l’autre sont liés même s’ils semblent s’opposer. Selon cette école, en période de crise – ce qui est d’actualité... – le capitalisme « pur » se transforme en « capitalisme de rapports de forces » car pour éviter un krach définitif, la planète finance est capable de mutations, quitte à sacrifier pour un temps les intérêts immédiats d’une partie patronat afin de préserver ses intérêts historiques.
N’oublions jamais la phrase de Keynes : « le capitalisme doit être sauvé contre lui-même ».
http://www.gaucherepublicaine.org/1,accueil,,,,,,_accueil...
09:48 Ecrit par Ivan dans Idiots utiles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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