Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

onu

  • Les coqs de la grande muette

    Hier soir, en rentrant chez moi, je passais Avenue Victor Hugo, devant  le campus européen de Sciences Po, au moment précis où une kyrielle d' officiers de nos trois armées, chamarrés, jeunes et fringants se disséminaient comme une flopée de moineaux femelles.

    Un colloque, sans doute ou une bonne parole à porter, ou encore un rituel de séduction pour l'élite future de l'Europe mondialisée, ils étaient plusieurs à orchestrer un curieux ballet, tortillant de l'arrière- train avec de larges gestes étudiés, parsemés de sourires béats et satisfaits.

    Brutalement une chose me frappa. Sur leurs uniformes impeccables sentant l'obsession de l'élégance convenue, exigée d'un maître tailleur, se dessinaient des dizaines de décorations. Tous, officiers de l'armée de terre, de la marine ou de l'air ressemblaient à ces bedonnants maréchaux soviétiques, ces roitelets africains ou colonels sud-américains qui semblent manquer de place pour pouvoir accrocher leurs hochets.

    Une question à l'odeur désagréable me vint à l'esprit : d'où tenaient-ils ces décorations ?

    Ma génération eut des chefs qui connurent les combats de la France Libre, de l'Indochine et de l'Algérie. Cependant, ils semblaient se contenter d'une ou deux rangées de médailles mais il est vrai avec citations et palmes.

    J'ai présenté les armes à Bigeard, venu visiter mon régiment, le 6° Régiment Parachutiste d'Infanterie de Marine, son ancien 6° Bataillon de Parachutistes Coloniaux de l'Indochine. « Bruno » n'avait qu'un imperméable bleu …

     

    Mais ceux-là, des couleurs de Carnaval pour afficher sans complexe l'agonie de ma patrie, la fin de l'indépendance de ma nation. On les connait leurs Campagnes : la guerre du Golfe, les bombardements de la Serbie, le Rwanda, Kaboul … et aujourd'hui la Libye.

    Si l'on excepte l'Afghanistan où nos jeunes camarades tombent dans des conditions pitoyables , pour faire de la « présence », mais avec honneur et courage, tous les autres engagements sont traités par de petits fonctionnaires internationaux, « beaux comme des américains », au service de sigles vagabonds : ONU, OTAN …

    Certes, on peut incriminer les politiques ectoplasmiques au service des diktats de l'Empire.

    Mais il faut y ajouter, et avant tout réclamer, l'obéissance inconditionnelle des hommes, de ces chefs, ces « soldats » qui, plus que jamais, méritent leur appellation indigne et vulgaire dérivée de « solde ».

    Où sont nos grands Capitaines, guerriers, à l'époque du zéro mort, pour les puissances de l'Hémisphère Nord ?

    Après tout, aujourd'hui, on risque plus sa peau sur la route, lors des accidents domestiques, en étant douanier ou policier qu'en faisant carrière dans l'armée.

    D'ailleurs, « la carrière » d'officier mène inévitablement chez Areva, Elf ou dans les cabinets ministériels, les piou-piou , eux, finiront au RMI.

    Nous sommes loin de Servitude et Grandeur militaires où Vigny écrivait : « Il n'y a au monde que deux classes d'hommes : ceux qui ont et ceux qui gagnent. Les premiers se couchent, les autres se remuent. »

    Depuis une semaine on nous fait vibrer d'inquiétude pour nos glorieux pilotes qui attaquent la Libye en expliquant eux-mêmes qu'ils ne courent aucun danger... Ils ont une frustrante heure de gloire où Juppé, l'inénarrable, les félicite d'avoir détruit six ou sept blindés …. A 350.000 euros le missile AASM , c'est sûrement tragique et malheureusement comique ! Pauvres gosses immatures pleins de rêves à la Mermoz, mais passés trop vite du jeu vidéo à la guerre virtuelle ... qui fait des morts.

    Voyez-vous, ces cadavres libyens, victimes « du droit d'ingérence » ne seront pas très embarrassants. Ce sont eux, de mauvais arabes. Ils habitent Tripoli ou Ajdabiya , pas de chance , les bons demeurent à Benghazi.

    Personne ici ne pleurera Kadhafi à qui Sarkozy proposa des « Rafales » et une centrale nucléaire, clés en main. Mais tout de même, entre-nous, une « coalition alliée » d'une force titanesque contre un pays aride de six millions d'âmes, sombrant dans une guerre civile ….

    Les « insurgés », une poignée de pauvres bougres ou on peut, par exemple, trouver des royalistes nostalgiques du régime d'Idris I, nous aiment, parait-il.

    « Vive Sarkozy et vive la France » hurlent-ils devant une télévision made in China.

    La voilà donc la faute du tyran lifté : avoir proposé de commercer avec la Chine et surtout d'envisager des contrats de matières premières avec le grand dragon du millénaire.

    Mon cher Mouammar , il ne suffit pas de combattre « les islamistes », de bloquer les mouvements migratoires colossaux venant d'Afrique ou de réparer financièrement les préjudices subis par les victimes du terrorisme pour continuer de parader avec tes amazones. Il fallait surtout casser ton addiction au jeu. On ne joue pas au poker menteur avec Oncle Sam. On est toujours perdant. Entends-tu ? Toujours. Les « compagnies » vont piquer le pétrole de « ton » peuple. Pauvre naïf … Pour un ancien agent émancipé du MI6 , diplômé du British Army Staff College de Camberley, tu t'es fait avoir comme un gamin romantique.

    Mais, au moins, dans cette triste histoire, à épisode, de spoliation de richesses des peuples, il y aura au ciel contaminé de la planète des cons heureux de promener leurs barrettes, cordons et croix, de colloques en terrain de tennis, où là, enfin, ils entendront les balles siffler.

     

    Jean-Marc DESANTI

     

     

     
    http://www.politique-actu.com/osons/coqs-grande-muette-jean-marc-desanti/251512/
    http://www.mediaslibres.com/tribune/post/2011/03/29/Les-coqs-de-la-grande-muette

     

  • Les peuples : nos seuls camarades

     

    A Peuples.gif

     

    L’histoire que l’on enseigne dans les prestigieuses universités par les faiseurs d’opinions se pare de la vertu de la cohésion, de la logique et de la science. Au bout du compte tout s’expliquerait d’une manière rationnelle. Par exemple, il fallait écraser l’Allemagne nazie comme le Japon Impérial- c’est-à-dire aussi des peuples innocents – par le fer et par le feu. Il était normal que le pacte germano-soviétique se rompit et que l’URSS s’accoquinât avec l’impérialisme américain, Stalingrad effaçant Une journée d’Ivan Denissovitch de Soljenitsyne. On se devait de soutenir la juste lutte des peuples colonisés, mais en fermant les yeux sur les atrocités commises, aussi, par les indépendantistes. Bref, on nous fait et refait sans cesse, le coup «du sens de l’Histoire» sans s’inquiéter des racines des malheurs des temps et du prix exorbitant à payer par les populations. Déjà, nous pouvons prévoir qu’on éduquera les futurs robots des espérances planétaires dans l’idée qu’il était finalement souhaitable de démanteler l’Irak, de persécuter les afghans ou demain de faire disparaître Israël de la carte, sans doute pour marquer, comme il se doit dans une perspective historique « correcte », le triomphe définitif sur les patries charnelles, du libéralisme économique mondialisé, cette fin de l’Histoire.

    Les idéologues manipulateurs «de renom» ne se contentent pas d’être des conformistes obéissants et d’acter le passé. Ils en font une philosophie du déterminisme : Puisque c’est arrivé, c’est que le phénomène était aussi inévitable et naturel que la nuit succédant au jour. Il y a eu des massacres de peuples, des destructions massives mais après vient toujours le temps de la «reconstruction» économique. En réalité triste jeu télévisé où l’animateur, employé par Big Brother, un petit carton rempli de réponses, qui lui confère l’autorité cathodique, joue les encyclopédistes en répétant la ritournelle des doctes : « Mais oui, bien sûr ! Vous ne le saviez pas ? »

    Savoir quoi ? Que les gentils deviennent très méchants mais qu’ils ont toutes les excuses ? Que les méchants finissent par nous apitoyer devant le spectacle hideux de leurs enfants agonisants ? Qu’à la fin c’est toujours le gros riche dont le fric pue les cadavres immolés qui tire son épingle du jeu sanguinaire et conserve son magot ?

    Que le seul vainqueur c’est celui qui sait être boutefeux à l’hôtel Bilderberg au début, cynique, pendant, à Londres et new-yorkais modéré de l’ONU, à la fin ?

    Nous le connaissons ce grand seigneur et saigneur par procuration. Il est toujours là pour rebâtir et faire des affaires. C’est l’affairiste «marchand de gloire» poussant le mutilé médaillé sur scène, et des coulisses lui soufflant son discours.

    C’est Barras le mandataire corrompu du Directoire, c’est le carpetbagger nordiste, profiteur de la guerre de Sécession, c’est Poincaré décidant l’occupation de la Ruhr, c’est Alfred Krupp, membre de la SS dès 1931, arrêté, jugé puis acquitté, et finalement libre en 1951, c’est le chinois nouveau en Afrique et le trader américain partout.

    Mais nous connaissons aussi les vaincus, les foules des misérables, des minables détritus jetés en paquets sur les routes des exodes ou qu’on oublie à la Kolyma, dans les Laogaï, qu’on persécute à Dachau et exécute à Auschwitz. ou dans les villes ghettos , Varsovie, Cracovie, Lodz hier, aujourd’hui les favelas, Gaza et demain Beíer Sheva, Lod, Afula, Hébron ou Tel Aviv.

    Il n’y a aucune logique.

    Ceux qui résistent, les frères Bielski dans la région de Lida et de Novogrudok en 1942, les jeunes tchétchènes, kabardes, tcherkesses, ingouches ou lezguiens aujourd’hui, les chrétiens d’Orient, les tibétains … Eux ne seront jamais riches, et ne seront plus là pour témoigner. Pour eux parleront des témoins faussaires, des résistants de la dernière heure, des intellectuels réfugiés à l’étranger tous des roublards encostumés d’anciens Topaze, qui, par veulerie auront épousé, à temps, les valeurs de la « haute ».

    Et les gueux qui n’ont droit qu’aux monuments funéraires gravés à leurs noms ne verront jamais les fruits de leur sacrifice. Et, pour une fois, ils ont bien de la chance, cela leur évite de côtoyer avec nous la pourriture de la récolte.

    Ce sont eux, les damnés de la terre, qui sont nos camarades, ceux à qui les propriétaires de Rolex font croire que l’autre est leur ennemi. Ceux qui n’ont pas voulu admettre qu’il n’existe qu’une dialectique désespérante : celle des exploiteurs et des sacrifiés, des voleurs et des spoliés, des bourreaux et des victimes, des banquiers et des naïfs.

    Depardieu, tout bouffi de viande grasse et d’alcools de luxe peut impunément traiter de cons « les ouvriers qui ne se révoltent pas », il est vrai qu’il ne se risque d’être Jean Valjean que dans des films de fiction.

    Alors il ne reste, à tous ceux qui n’ont comme seul bien que la terre de leur patrie de se devoir assistance et fraternité. C’est en s’enracinant sur leur sol, en cultivant leur singularité, en préservant leurs héritages qu’ils résisteront le mieux aux folies messianiques des fossoyeurs des identités, lissés au botox.

    Chaque patrie préservée, chaque peuple debout est une digue contre la déferlante babélienne. Soyons fiers d’être européen, africain ou asiatique. Aimons chez l’autre sa beauté brute et non caviardée. Nous ne devons pas aimer l’Islam mais le musulman dans l’Islam et le musulman comme le juif n’ont pas à aimer le christianisme mais Jésus le rabbin prophète… Et que l’athée se contente de saluer le cheminement chaotique et grandiose de la pensée humaine dans le religieux.

    Peuples, nos seuls camarades, traduisez vos livres dans la langue de l’autre, accueillez l’étranger en transhumance, émerveillez-vous des odeurs et des couleurs inconnues, apprenez de vos frères de passage et retournez à vos champs.

    Et si des individus tombent en amour devant une de vos civilisations, laissez-le épouser vos fils et vos filles et devenir un des vôtres, le meilleur d’entre vous, mais en reniant à jamais sa culture première, en oubliant pour toujours cet autre qu’il fut, en déchirant son passé sans jamais vous en reprocher la douleur : La paix est à ce prix.

    Jean-Marc Desanti

  • Afghanistan: le monde aide la reconstruction, mais veut un effort de Kaboul

    ALeqM5hLU1YRZyFWvWLn9ePu9n3I0SaiAA.jpgPARIS (AFP) — La communauté internationale, Etats-Unis en tête, a promis jeudi à Paris de fournir près de 15 milliards de dollars pour la reconstruction de l'Afghanistan, tout en exhortant Kaboul à lutter contre la corruption et à consolider un Etat de droit encore précaire.

    Plus de 80 délégations -68 pays et 17 institutions internationales- se sont réunies sous le parrainage du président afghan Hamid Karzaï, de son homologue Nicolas Sarkozy et du secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon.

    M. Karzaï a présenté un ambitieux plan de développement de 50,1 milliards de dollars sur cinq ans, axé prioritairement sur les infrastructures, la sécurité, l'éducation et l'agriculture.

    En fin d'après-midi, alors que la conférence n'était pas terminée, les promesses d'aide avoisinaient les 15 milliards de dollars, chiffre proche de l'objectif évoqué par des responsables américains.

    M. Karzaï a notamment insisté sur la nécessité d'aider les agriculteurs à se détourner de la culture du pavot qui sert à fabriquer l'opium, dont l'Afghanistan fournit plus de 90% de la production mondiale.

    Le président afghan a aussi reconnu que la sécurité restait le plus "important défi" du pays, où 70.000 soldats étrangers tentent toujours de contrer la montée en puissance des talibans avec l'aide de forces afghanes pas totalement opérationnelles.

    L'épouse du président américain Laura Bush a confirmé une contribution de son pays de 10,2 milliards de dollars, sur deux ans. La secrétaire d'Etat Condoleezza Rice a reconnu quant à elle que la situation dans ce pays restait "encore fragile".

    M. Sarkozy a annoncé "un renforcement de l'aide française" qui sera "plus que doublée", soit un engagement de 107 millions d'euros sur 2008-2010, en priorité pour l'agriculture et la santé.

    Il a confirmé qu'un bataillon supplémentaire serait déployé cet été dans l'est du pays. "La France maintiendra son engagement en Afghanistan aussi longtemps que ce sera nécessaire pour gagner, parce qu'on ne cède pas devant les terroristes", a dit M. Sarkozy. "La France est fière de l'action de ses soldats en Afghanistan. Ils servent une cause juste".

    M. Sarkozy a aussi rendu un hommage appuyé à son homologue afghan : "Hamid, vous êtes un homme courageux, déterminé", a-t-il lancé.

    Parmi les contributions annoncées, l'Allemagne a notamment promis de 420 millions d'euros entre 2008 et 2010, le Canada 600 millions de dollars sur trois ans, et la Grande-Bretagne 1,2 milliard sur cinq ans. La Banque mondiale (BM) a annoncé 1,1 milliard de dollars sur trois ans.

    Le soutien à M. Karzaï a toutefois été assorti d'incitations à lutter contre la corruption et de critiques sur la gestion de l'aide.

    "J'exhorte le gouvernent à prendre des mesures actives" contre la corruption, et à "pratiquer la transparence et la bonne gouvernance", a ainsi déclaré Ban Ki-moon.

    Le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini a quant à lui pointé du doigt la mauvaise gestion d'une partie de l'aide.

    Des ONG avaient ces derniers jours critiqué la priorité donnée à l'option militaire par les Occidentaux et appelé à ce que la réunion de Paris ne débouche pas sur de nouvelles promesses d'aide sans lendemain.

    Les aspects purement militaires ont été peu abordés jeudi, les organisateurs faisant valoir qu'ils ont déjà été au centre du sommet de l'Otan de Bucarest, en avril.