09.09.2009

Un français devient un des "patrons" de l'OTAN

abrial.jpgLe général Stéphane Abrial, prend aujourd'hui la tête d'un des commandements «suprêmes» de l'Otan. Un poste stratégique pour la FRANCE ?

Le général Abrial incarne le retour de la France au sein de l'Otan. C'est la première fois dans l'histoire de l'Otan que l'un de ses commandements suprêmes est confié à un non Américain, l'ancien chef d'état-major de l'Armée de l'Air, succède au général américain James N.Mattis. La passation de pouvoir aura lieu sur la base navale américaine de Norfolk ( en Virginie, est des États-Unis), la plus grande au monde, à bord de l'un des onze porte-avions géants de l'US Navy, l'USS Dwight D.Eisenhower. Après la cérémonie, le Français se retrouvera à la tête du Commandement allié Transformation, véritable «tête chercheuse» de l'Alliance atlantique, en charge, notamment, de la réflexion sur les défis, besoins et missions futurs de l'Otan.

Stéphane Abrial, qui a fêté lundi ses 55 ans, se réjouit de cette nomination, qui couronne une carrière marquée par sa forte dimension internationale. Après l'École de l'air, ce natif de Condom, dans le Gers, a franchi pour la première fois l'Atlantique en 1974 pour rejoindre l'US Air Force Academy. Deux ans plus tard, de retour en France, il devient pilote de chasse. Déplacé dans différentes parties de l'Europe, le Français prend vite du galon et accomplit plusieurs missions d'importance.

En 1996, il rejoint Bruxelles et découvre les coulisses de l'Otan. La France n'en fait plus partie, mais il se voit cependant confier la «rénovation» des structures militaires intégrées, avec succès. «Elle a été agréée par les dix-neuf États membres en 1999». À la tête de l'Armée de l'Air française, de juillet 2006 à août 2009, le général est finalement nommé à son nouveau poste en juillet dernier, pour une durée de trois ans. Une fois en place, Stéphane Abrial devrait en toute logique se faire l'écho des ambitions réformistes de la France. Paris ne s'en cache pas: «Nous voulons une Alliance plus réactive et dotée de structures plus légères», a-t-on déjà appris. L'avenir dira si cette nouvelle voix saura se faire entendre. Cependant le général vient de déclarer que sa mission était clairement le service de l'ensemble des états membres et non pas une quelconque influence occulte de la France. 

18.06.2009

Le nucléaire français contre l’Iran ?

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L’article n’a pas suscité de commentaires. Il n’a pas provoqué de débats dans les médias (exception, sur le site de Marianne, le 17 juin, Régis Soubrouillard,« La France, parapluie nucléaire des Emirats Arabes Unis ? » . Il n’a suscité aucune réaction des politiques. Pourtant, publié par la correspondante du Figaro, en général bien informée, il fait frémir. Dans « La France se donne les moyens de la riposte » (16 juin), Isabelle Lasserre révèle le contenu du nouvel accord signé entre la France et les Emirats arabes unis, à la suite de l’inauguration de la base française à Abu Dhabi (lire Philippe Leymarie, « Rêves d’Abou Dhabi, » 25 mai 2009)

« Selon les clauses secrètes de l’accord renégocié entre Paris et Abu Dhabi, la France s’engage à utiliser tous les moyens militaires dont elle dispose pour défendre les Émirats arabes unis s’ils venaient à être agressés. Tous les moyens militaires, c’est-à-dire également l’arme nucléaire, s’il le faut. Figaro un diplomate qui a pu consulter l’accord. Mais les moyens militaires, s’ils sont déclenchés, devront être définis en commun par la France et les Émirats. Extrêmement contraignant, plus encore, selon ceux qui l’ont lu, que l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord, qui engage les membres de l’Otan à se porter au secours – y compris par la force armée – d’un autre membre qui aurait été attaqué, le nouvel accord de défense n’offre pas une garantie nucléaire sans limite aux Émirats. Juste un petit parapluie, dont le manche, bien sûr, reste dans les mains françaises. Mais il fait franchir à la France un pas supplémentaire dans son alliance avec un petit pays qui se situe au cœur du nouvel arc stratégique définit par le livre blanc sur la défense en mai 2008.

Le mot « nucléaire » en lui-même n’apparaît pas, bien sûr, dans le texte. “Ce serait contraire à la philosophie de la dissuasion, qui consiste à en dire le moins possible sur la doctrine d’emploi”, explique au

(...)

La base d’Abu Dhabi en elle-même n’est pas “nucléarisée”. Mais la dissuasion française, toujours basée sur deux composantes, garde à sa disposition des SNLE, sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, qui patrouillent en permanence au fond des mers, ainsi que des avions de chasse pouvant se poser sur le porte-avions Charles-de-Gaulle avec des bombes nucléaires.

(...)

Lorsqu’il avait été élu, Nicolas Sarkozy avait promis de revoir les accords de défense qui lient la France à ses alliés, afin de les adapter à la nouvelle posture stratégique. Il avait aussi promis de les rendre transparents en les faisant approuver par le Parlement et en les rendant publics. Ce processus est désormais largement engagé. L’accord avec les Émirats est le troisième à avoir été renégocié depuis la publication du livre blanc sur la défense. Deux nouveaux textes ont été signés avec le Cameroun et le Togo. Un quatrième est en cours de renégociation avec le Gabon. Mais en raison de la lenteur des processus parlementaires, leur publication n’est pas annoncée avant de longs mois… »

Si, dans les prochains mois, une crise éclatait dans la région, la France risquerait d’être entraînée dans un conflit et d’utiliser sa dissuasion nucléaire, sans même que la représentation nationale n’ait pu en discuter. Comme le précise Le Figaro, cet « accord place Paris au premier rang en cas de conflit avec l’Iran ». On savait que la diplomatie française s’inquiétait de la trop grande ouverture de la nouvelle administration américaine en direction de Téhéran, mais cette information du quotidien français a de quoi inquiéter... Et de quoi réjouir les conservateurs iraniens qui, autour de M. Ahmadinejad, essaient d’agiter la menace extérieure pour casser la mobilisation populaire contre les fraudes électorales..

Alain Gresh  Les blogs du Diplo

06.05.2009

OTAN contre RUSSIE

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L'ambassadeur russe auprès de l'Otan Dmitri Rogozine a estimé que l'Alliance, qui vient de débuter des manoeuvres militaires en Géorgie, devenait "de plus en plus imprévisible" à l'égard de la Russie dans une interview mercredi au quotidien russe Izvestia.

"Le plus affligeant est que cette organisation devient de plus en plus imprévisible. L'Alliance n'arrive pas à se comporter d'une manière adéquate, stable et décente", a déclaré M. Rogozine commentant l'expulsion de deux diplomates russes et le maintien d'exercices de l'Otan en Géorgie.

Il s'en est ensuite une nouvelle fois pris au président géorgien Mikheïl Saakachvili qui a accusé mardi Moscou d'être impliquée dans la mutinerie d'une base de blindés en Géorgie.

"Si le président géorgien souffre d'une indigestion, cela signifie que nous l'avons empoisonné. Je n'arrête pas de le dire: il faut envoyer en Géorgie des infirmiers et non des militaires", a-t-il ironisé, ajoutant que l'Otan aurait dû être "plus flexible" et annuler ses manoeuvres en Géorgie qui commencent mercredi.

Les relations Russie-Otan traversent une nouvelle crise alors que l'Alliance a annoncé la semaine dernière l'expulsion de deux diplomates russes, une mesure à laquelle Moscou a promis de riposter.

Les manoeuvres militaires de l'Otan critiquées par la Russie ont débuté comme prévu en Géorgie aujourd'hui, au lendemain d'une mutinerie derrière laquelle Tbilissi voit l'ombre de Moscou, a indiqué le ministère géorgien de la Défense.

07.04.2009

Contrepoids

Pour sa première visite dans un pays musulman, le président américain a choisi de se rendre à Ankara. Une initiative qui est d'autant mieux accueillie qu'il a donné des gages de bonne volonté à un pays qui souhaite se rapprocher des Occidentaux.

Obama vient d'arriver en Turquie et il est le bienvenu. Autant Bush incarnait, par sa politique agressive et discriminatoire, le mauvais visage de l'Amérique, autant le président Barack Hussein Obama, en privilégiant le dialogue et la recherche du consensus, est en train de réhabiliter l'image des Etats-Unis dans le monde. On peut donc affirmer qu'à l'instar de Clinton Obama sera un président américain apprécié en Turquie.

Le nouveau président américain envisage désormais sa politique à l'égard de l'Iran, de la question palestinienne, de l'Irak et de l'Afghanistan, c'est-à-dire vis-à-vis du monde musulman en général, non plus comme son prédécesseur par le biais de la menace militaire, mais en lui préférant le recours à la diplomatie. C'est dans ce contexte que l'on assiste à une convergence des méthodes entre Ankara et Washington.

Selon Ahmet Davutoglu, conseiller aux Affaires étrangères du Premier ministre Erdogan, "les relations turco-américaines sont en train de connaître un âge d'or". Lors du dernier sommet de l'OTAN, Obama a ainsi parfaitement réussi son test. Les Européens, qui, pour forcer Ankara à accepter l'élection du Premier ministre danois Rasmussen à la tête de l'OTAN, ont fait du chantage par rapport à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, ont ainsi dû renoncer à leur menace et faire machine arrière.

C'est grâce aux discussions qui ont alors eu lieu entre Barack Obama et le président turc Abdullah Gül que le problème a pu être résolu. Dans une période où l'on s'accorde à dire que les relations avec le monde musulman doivent se jouer sur le terrain politique et non plus sur celui de la confrontation armée, était-il vraiment opportun d'élire à la tête de l'Alliance atlantique un Rasmussen dont la réputation est surtout liée à "l'affaire des caricatures" [anti-islamiques] ? Cela ne risquait-il pas d'apporter de l'eau au moulin des islamistes radicaux ? Le président américain a en tout cas donné raison à la Turquie sur ce point. C'est ainsi que, sur la suggestion d'Obama, Rasmussen devrait présenter ses excuses au monde musulman.

Par ailleurs, dans la foulée, les propositions d'associer au secrétaire général de l'OTAN un secrétaire adjoint turc et de renforcer le poids de la Turquie au sein du commandement allié ont toutes été acceptées. De même que la proposition turque de créer un lien organique entre l'Alliance atlantique et l'Organisation de la conférence islamique. Sur tous ces sujets, l'approche politique turque fut un succès qui a été rendu possible grâce à une collaboration harmonieuse avec Obama. Il s'agit même là d'un modèle qui pourra être utilisé dans la résolution de conflits au Moyen-Orient et dans le Caucase, et donc plus largement pour améliorer les rapports entre l'Occident et le monde musulman.

Il y a certes des opposants – islamistes, gauchistes, nationalistes et souverainistes – pour refuser une plus grande implication de la Turquie dans ce type d'instance internationale, a fortiori en période de crise financière globale. Il convient alors de s'interroger sur les avantages et les inconvénients d'un repli sur soi. Si nous souhaitons que la Turquie occupe la place qui lui revient sur la scène internationale, nous devons adapter notre régime aux normes de la démocratie libérale et à l'économie de marché et renoncer tant au jacobinisme qu'aux tendances autocrates de notre Premier ministre actuel ...

Taha Akyol
Milliyet

( Merci JO )

06.04.2009

Ainsi va le monde

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Nouvelles concessions faites aux Turcs

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Voici le lien de notre plus récente chronique de l'Insolent

Nouvelles concessions faites aux Turcs
Les historiens du futur retiendront peut-être l'image du président du Conseil italien téléphonant sur les bords du Rhin ce 4 avril au matin (...)

→ Texte de cette chronique
http://www.insolent.fr/2009/04/nouvelles-concessions-fait...

→ Sa version audio sur le site de Lumière 101
http://lumiere101.com
dont je vous invite à découvrir la richesse et la diversité

N'hésitez pas à faire connaître ces liens !
et le site de l'Insolent
http://www.insolent.f

27.03.2009

Un blocage islamiste de nos chers amis turcs

L'actuel secrétaire général hollandais de l'OTAN, M. Jaap de Hoop Scheffer,  achèvera son mandat 31 juillet. Son successeur doit normalement se voir désigner lors du sommet atlantique des 3 et 4 avril. Et tout le monde, ou plutôt la quasi-unanimité des 26 pays membres, s'apprête à s'accorder sur le nom du premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen.
En particulier le gouvernement américain mais aussi l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni soutiennent cette candidature.

Celle-ci correspond d'abord à une continuité de la politique extérieure de Washington. Anders Rasmussen figurait en tête de liste à l'époque du gouvernement Bush et l'équipe Obama confirme officieusement cette préférence.

Le spécialiste du Conseil européen des Relations étrangères de Londres Rappelle que l'engagement danois, à hauteur de 700 hommes, dans la guerre d'Afghanistan contre les islamo-terroristes talibans explique en partie ce choix. Car la volonté très explicite des États-Unis, y compris lors de la campagne présidentielle du candidat Barack Obama, consiste à continuer l'engagement militaire de l'OTAN dans ce conflit.

M. Rasmussen s'est toujours montré un partenaire apprécié des Américains. À leurs côtés il a également envoyé des troupes en Irak. Par ailleurs, il milite en faveur d'une coopération entre l'Otan et l'Union européenne. Ceci correspond, notamment, à la position de la France. En particulier son équipe ministérielle réoriente clairement la position traditionnelle du Danemark, qui jusqu'à son arrivée aux affaires en 2001 ne participait pas à la politique européenne de sécurité et de défense. Désormais, elle s'y implique.

Mais les 26 pays de l'Otan sont supposés prendre leur décision à l'unanimité.

Or la fée Carabosse turque exprime la prétention de venir troubler la belle harmonie. La raison invoquée par la diplomatie de M. Erdogan nous semble valoir le détour : le cabinet de Copenhague n'a pas voulu céder aux injonctions islamistes visant à interdire les 12 caricatures de Mahomet publiées en septembre 2005 par le journal Jyllands-Posten.

Énorme direz-vous ! Invraisemblable même ! Au point que l'AFP diffusait une dépêche datée de Bruxelles, le 22 mars, formulant ce dont un journaliste devrait toujours se garder, à savoir le pronostic

"qu'un éventuel blocage turc lié au contentieux des caricatures de Mahomet paraît improbable."

Quelle que soit demain la solution adoptée, il faudra bien considérer comme révolu le temps où l'on pouvait considérer Ankara comme un bastion laïc.

On ne peut pas non plus se contenter de savoir que le pouvoir y résulte du suffrage universel pour y voir une démocratie comme les autres. Rappelons par exemple qu'en Iran la république des mollahs organise elle aussi des élections.

La question qui se pose ne nous paraît donc que, très secondairement, celle de savoir si cette probabilité l'emportera, mais, avant tout, celle de continuer à considérer comme membre à part entière de l'alliance occidentale, un pays qui envisage seulement de poser de telles conditions.

Dire qu'il s'agit d'un fait nouveau suppose d'ignorer le choix délibéré des solutions de force habituelles de l'État-major turc. Mais jusqu'ici jamais le caractère islamique du pays n'était invoqué à ce point, et de plus, à l'encontre des principes et des libertés dont l'Europe se réclame. Il aura fallu plus de 30 ans pour que l'Europe accepte d'entendre le témoignage de l'Église de Chypre sur le sort fait au christianisme dans la partie nord de l'île occupée depuis 1974. Mais, depuis 1922, il a toujours été considéré par les bonnes consciences et les belles âmes européennes que le kémalisme constituait un processus d'occidentalisation de ce pays et que l'Armée en assurait la garantie.

Aujourd'hui, puissance de plus en plus orientale la Turquie entend imposer sa loi au sein de l'OTAN sur un motif totalement contraire aux objectifs de l'Alliance. Membre actif de l'Organisation de la conférence islamique elle prétend, depuis plus de 20 ans, faire avancer sa candidature comme membre de l'Union européenne. Et elle exige de celle-ci qu'elle cesse de se comporter comme un "club chrétien", assertion totalement dépourvue de fondement.

Or, personne n'ose mettre un coup d'arrêt à de telles menaces, exclusives, pressions et autre chantages.

Aujourd'hui même et pour la première fois depuis 1976 un président de la république turc se rend en Irak. En 33 années, beaucoup d'eau a coulé, non seulement sous les ponts de l'Euphrate, ou du Bosphore, mais également dans toutes les zones stratégiques du proche orient. Dans cette région du monde Ankara manifeste aussi son intransigeance naturelle en captant unilatéralement les ressources hydrauliques de ses voisins. Elle le fait notamment dans le Hatay, une région à laquelle les Français pourraient songer. il s'agit en effet du sandjak d'Alexandrette, détaché unilatéralement par le gouvernement de Paris en 1938 du mandat reçu de la SDN sur la Syrie, puis cédé en 1939 à la Turquie kémaliste. La capitale s'appelle aujourd'hui Antakya, c'est-à-dire Antioche où apparut le nom de chrétien. Aujourd'hui, nos derniers coreligionnaires, une poignée, y rasent les murs.

Les Irakiens remarquent que le parti de M. Erdogan s'était arrangé le 1er mars 2003 pour ne pas voter l'intervention dans le conflit aux côtés de leurs alliés. Ceux-ci jusque-là comptaient très concrètement sur leur contribution. Et cette défection les a grandement affaiblis dans un premier temps.

Aujourd'hui que, globalement, la situation a évolué en faveur des objectifs occidentaux, la Turquie vient en recueillir les dividendes aux côtés des Kurdes modérés pour mieux exterminer les terroristes du PKK basés dans la région autonome du Nord de l'Irak.

Au moins on ne saurait reprocher à la diplomatie d'Ankara de manquer de pugnacité dans la défense de ses ambitions et revendications.

En revanche on voit de moins en moins sur quelles bases on peut la considérer comme en voie d'un rapprochement véritable avec l'Europe. Défiant nos principes et nos libertés, adoptant une attitude caractéristique de l'islamisme, Ankara ose invoquer l'affaire des caricatures de Mahomet. Tirons en dès maintenant les conséquences avant qu'il ne soit trop tard...

JG Malliarakis
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09.03.2009

Pourquoi il faut s'opposer à une France atlantiste

vedrine1.jpgLe président Sarkozy veut que la France réintègre le commandement intégré de l'OTAN, trente-trois ans après que le général de Gaulle s'est résolu à en sortir. Il l'avait annoncé à l'été 2007. Il s'apprêterait à le confirmer début avril. On nous donne comme explication : en 1966, c'était la guerre froide, tout a changé. Mais cela n'a pas de rapport. Ou alors c'est l'existence même de l'OTAN qui devrait être remise en cause.

De Gaulle avait pris cette décision après huit années de demandes infructueuses auprès des Américains pour que les alliés européens puissent se faire entendre au sein de l'Alliance, et pour ne pas cautionner la nouvelle et dangereuse stratégie nucléaire de "riposte graduée". Par la suite, tous ses successeurs, de droite comme de gauche, ont respecté cette décision stratégique devenue la pierre de touche de la politique étrangère et de défense de la France.

Cette position originale au sein de l'Alliance faisait l'objet d'un large consensus dans l'opinion française. Elle était depuis longtemps admise des Américains, d'autant qu'elle n'avait pas fait obstacle à l'adoption d'arrangements pratiques pour la coopération entre la France et l'OTAN et même à l'engagement de la France chaque fois qu'elle le décidait, comme on l'a vu sur divers théâtres.

Alors pourquoi cette rupture ? On nous dit qu'elle va permettre à la fois de débloquer la défense européenne et d'"européaniser l'Alliance", et que nous aurons plus d'influence. Peut-on croire que la concrétisation de la défense européenne se soit ainsi seulement heurtée à la méfiance de nos partenaires européens envers les arrière-pensées de la France, et qu'il suffirait de les rassurer ?

A aucun moment les Européens n'ont manifesté d'appétence pour une défense vraiment européenne. Ils ne veulent pas consacrer plus de crédits à la défense. Ils ne veulent pas faire double emploi avec l'OTAN.

Ils ne veulent pas assurer des responsabilités trop risquées. Ils se cantonnent, sous le label de "défense européenne", à des actions périphériques ou secondaires menées comme une sous-traitance. Soit un classique partage du fardeau. Ils ne veulent pas irriter le Pentagone (qui déjà, au moment du Kosovo, avait détesté l'obligation de consultations entre alliés).

Si la méfiance antifrançaise avait été autre chose qu'un prétexte, elle aurait été dissipée après le sommet de Saint-Malo il y a plus de dix ans, et un état major autonome pour concevoir et mettre en œuvre la PESD aurait déjà vu le jour... Gageons que notre changement n'y changera rien. Ces avancées de la défense européenne nous ont déjà été présentées en dix mois comme une condition préalable, puis comme une démarche parallèle et maintenant comme une conséquence espérée de notre réintégration. Demain comme un regret ? Ou comme un leurre ? La défense européenne avançant sur deux pieds - l'OTAN et l'UE - évoque le mythique dahu !

Mais on met également en avant l'européanisation de l'Alliance qui découlerait de l'obtention de postes importants pour des Français dans la hiérarchie de l'OTAN, comme Jacques Chirac l'avait tenté en 1995-1997 avant de constater son échec et que le gouvernement Jospin ne stoppe cette tentative. On parle pour la France de commandements de moyenne importance à Norfolk et à Lisbonne. Mais de toute façon est-ce que la nationalité des officiers qui reçoivent et transmettent les instructions du Pentagone a de l'importance, sans changement radical des modes de décision au sein de l'Alliance, ce que rien ne permet d'espérer, même aujourd'hui ?

Ce n'est pas parce que cette réintégration, conçue sous Georges Bush, prendrait effet sous le charismatique Obama, que les réalités transatlantiques disparaîtraient. L'administration américaine actuelle est plus aimable, mais a-t-elle une autre conception de l'Alliance ? Rien ne l'indique. Quant à l'influence accrue, on n'aurait aucun mal à citer un exemple d'influence qu'aurait exercée de l'intérieur un allié dans l'Alliance du fait de sa complète intégration. Notons enfin que même les plus ardents défenseurs de ce revirement n'osent mettre en avant les éventuels avantages industriels pour notre pays compte tenu des rapports de force évidents. Les militaires eux-mêmes seraient partagés en ce qui concerne les avantages et les inconvénients de l'opération.

L'européanisation, la création d'un pilier européen de l'Alliance, ce serait tout autre chose : la création d'un vrai "caucus européen" au sein de l'Alliance. C'est en son sein, avant de discuter avec les Américains, que nous devrions examiner s'il est raisonnable de continuer d'élargir l'Alliance (c'est un sujet très sérieux : l'engagement de l'article 5 est contraignant), comme de ne plus fixer aucune limite géographique à ses interventions. Est-il acceptable d'assister impuissants au développement d'une stratégie de bouclier peu cohérente ?

Tout cela est dangereux et, jusqu'ici, nous n'avons eu aucun poids dans les décisions. Si les Européens obtenaient, du fait du retour de la France, de pouvoir parler dans l'Alliance, et décider en partenariat avec Washington de l'Afghanistan, de la Géorgie, de l'Ukraine, du bouclier, du désarmement stratégique, de la Russie etc., alors oui, cela serait une alliance nouvelle, à deux piliers. Les autorités françaises ont-elles une aussi grande ambition ? Croient-elles vraiment qu'elles auront plus de poids pour une telle révolution après s'être réintégrées ? Les avantages sont donc incertains et problématiques. Les inconvénients politiques sont évidents : envoyer au monde un signal de réalignement de la France, qui sera politiquement interprété comme tel, avec le déclassement et les risques qui en résulteront. On nous dit : c'est symbolique puisque nous sommes déjà presque entièrement intégrés !

Eh bien oui, c'est symbolique, symbolique d'une volonté de normalisation qui, une fois la décision mise en œuvre, développerait par un effet d'engrenage tous ses effets. Il semble bien que la décision soit fondée sur des considérations idéologiques, atlantistes ou occidentalistes, comme on voudra : mettre fin à une "anomalie" au sein de la famille occidentale. On peut souhaiter autre chose pour la France. Il est encore temps d'en débattre.

Hubert Védrine

23.11.2008

Deux millions d’euros + 1,7 million d’euros : banco pour le Nobel de la paix Marti Ahtisaari !

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Le comité Nobel norvégien a attribué le prix Nobel de la Paix, vendredi à 11 heures, au Finlandais Marti Ahtisaari. Ce diplomate de 71 ans qui fut l’« envoyé spécial de l’ONU au Kossovo » est un homme comblé : il se voit décerner un prix de 1,7 million de dollars au titre du Nobel de la paix, après avoir empoché en 2007 la coquette somme de 2 millions d’euros de la mafia albanaise pour obtenir l’indépendance de la province serbe. C’est en tout cas ce que révèle le site Balkan Infos. Selon notre confrère – qui se fonde sur des informations parues le 21 juin 2007 dans le Daily Fokus de Banja Luka (Republica Srpska) sous le titre La mafia albanaise a acheté Ahtisaari et reprises par l’agence finlandaise STT –, c’est une équipe du BND (le service de renseignement allemand) dirigée par le général Luke Neiman – à qui le gouvernement allemand avait confié la mission de choisir les éléments des services secrets allemands qui feraient partie de la mission de l’ONU au Kossovo (UNOSEK, United Nations Office of the Special Envoy for Kosovo) – qui a découvert les liens entre la mafia albanaise et Marti Ahtisaari. Le Daily Fokus fait état des enregistrements dont dispose le général Neiman sur les discussions entre Ahtisaari et les Albanais, et d’informations sur la façon dont l’argent a été transféré de la Suisse vers Chypre.

C’est ainsi que l’un de ces enregistrements révèle le transfert de 2 millions d’euros d’un compte suisse appartenant à Exhet Boria vers un compte chypriote appartenant à Marti Ahtisaari. Exhet Boria est une personnalité albanaise impliquée dans le crime organisé et le trafic d’héroïne en Europe. Il est le bras droit de Behgjet Pacolli, un chef albanais milliardaire de la mafia, qui vit actuellement en Suisse.

Un autre enregistrement fait état de la visite de deux hommes à l’UNOSEK, en présence d’Ahtisaari, le 12 février 2007 à 6 h 23 (heure locale), « dans une SUV Mercedes noire à quatre roues motrices, immatriculée PR-443-22CD », dont l’appartenance au gouvernement albanais de Pristina a été confirmée. Les visiteurs portaient deux mallettes argentées qui ont été remises à Ahtisaari. Une source interne à l’UNOSEK a confirmé qu’elles contenaient de l’argent liquide et qu’elles avaient été remises en mains propres – si l’on ose dire – à l’envoyé très spécial de l’ONU. Douze jours plus tard, à 17 h 44 (heure locale), la même voiture, mais sans plaques d’immatriculation, est arrivée à l’UNOSEK. Cette fois, c’est Exhet Boria lui-même, accompagné de deux gardes du corps, qui est entré dans l’immeuble, porteur encore de deux mallettes argentées.

Les sources de GIS/Defense & Foreign Affairs ont confirmé que le rapport du BND contiennent un grand nombre d’informations additionnelles sur la corruption d’autres personnalités de la « communauté internationale » qui ont opéré au Kossovo.

Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy, s’est dit « très heureux » de l’attribution du Nobel de la paix à son ami Ahtisaari. Champagne, Messieurs !

Henri Dubost pour Novopress France
[cc] Novopress.info, 2008, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine
[
http://fr.novopress.info]

http://rodionraskolnikov.hautetfort.com/

19.11.2008

Estonie : Herman Simm, ancien du KGB a porté des coups sérieux à l’OTAN

Gerb_fsb.pngHerman Simm, un ancien haut responsable du ministère estonien de la Défense, a pu vendre d’importants secrets de l’OTAN à la Russie, a affirmé le quotidien estonien Postimees.

« Simm est soupçonné d’avoir divulgué les plus grands secrets de l’OTAN aux services de renseignement russes », a affirmé le journal sans citer ses sources.

Les officiels estoniens se sont refusé jusqu’ici à dévoiler le détail des soupçons qui pèsent sur Simm, 61 ans, responsable précisément au sein de son ministère de la gestion des documents secrets.

Selon un autre quotidien estonien, Eesti Päevaleht, l’espion présumé a perdu l’accès à ces documents au moment où Tallinn fut prévenu par ses partenaires de l’OTAN sur une fuite possible d’informations secrètes via l’Estonie.

« En novembre 2006, Simm a été démis de ses fonctions de chef du département de la protection des secrets d’État, devenant conseiller du ministère sans accès aux secrets », a affirmé Eesti Päevaleht. Herman Simm a quitté son poste de conseiller en mars dernier.

« La personne concernée n’a pas été jugée et à ce stade l’OTAN n’a pas de commentaire à faire », a déclaré à l’AFP une porte-parole de l’OTAN, Carmen Romero.

« C’est un cas extrêmement embarrassant », a affirmé un fonctionnaire anonyme du ministère de la Défense, cité par Postimees. Selon le journal, Herman Simm a pu travailler avec un intermédiaire espagnol ou italien.

L’épouse de Simm, une juriste travaillant pour la police, a été arrêtée avec lui pour complicité présumée.

Ancienne république soviétique, l’Estonie a recouvré son indépendance en 1991. Ce petit pays balte de 1,3 million habitants a rejoint l’OTAN et l’Union européenne en 2004.

Comme beaucoup de fonctionnaires estoniens de sa génération, Herman Simm avait été formé à l’époque soviétique, obtenant un diplôme de l’Académie de l’Intérieur de l’URSS. Il a travaillé pour le ministère estonien de la Défense depuis 1995.

Le président estonien Toomas Hendrik Ilves a qualifié cette affaire d’« extrêmement regrettable » et appelé à renforcer les services de contre-espionnage, « pour éviter de tels cas à l’avenir ».

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