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palestine

  • Le Liban clé de l'abandon de SION par les USA ?

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    Comment Obama et ses conseillers « juifs américains » osent-ils leur funeste projet de destruction d’Israël en imposant un état palestinien dans les frontières de 1967 avec Jérusalem comme capitale « négociée » ?

    Durant la Guerre Froide, Israël était devenu une tête de pont des USA au Proche-Orient. Devant préserver cette région des éventuelles avancées du communisme, l’État a reçu une aide financière et militaro-économique considérable. « Sentinelle de l’Occident » face à un monde arabo-musulman pouvant basculer du côté de l’URSS, il a vécu quasiment sous perfusion constante des États-Unis. La sécurité d’Israël et sa fonction de gardien de l’ordre régional justifiaient, avec le contrôle des ressources pétrolières, la présence constante américaine dans cette région. 

    Débarrassée de son rival soviétique au début des années 90, l’unique super-puissance avait les mains libres pour redessiner la carte du Proche-Orient selon ses intérêts. Cela débuta par la Première Guerre du Golfe en 1991 avec l’aval des autorités internationales, puis l'intervention en Afghanistan  et en 2003, l'invasion de l’Irak sous le prétexte de restaurer la « démocratie ». Aujourd’hui la menace est dirigée vers la Syrie, par l’intermédiaire des « révolutions arabes » …. Mais plus contre l’Iran dont les USA ont sollicité l‘aide précieuse en Irak pour une alliance avec les chiites contre les « sunnites irakiens » .

    La dernière opération contre le Liban en 2006 a été commanditée par les États-Unis pour accélérer l’instauration de son projet de « Nouveau Proche-Orient ». Bush avait demandé à Israël d’ouvrir un front contre le Hezbollah, prélude à un soi-disant bombardement US contre les installations nucléaires de l’Iran. Cette opération s’inscrivait dans la guerre de 10 ans annoncée par Bush au lendemain du 11 septembre 2001 et qui vise à la mise en place du Grand Proche-Orient: Plan états-unien de division de la région en entités maintenues artificiellement en conflit les unes avec les autres sur des bases ethniques, religieuses ou économiques, mais toutes dépendantes des États-Unis par leur soumission aux diktats de l’OMC et du FMI. Israël a hérité alors du rôle de gendarme chargé de la répression de toutes les résistances nationales. Pour cela, Israël a obtenu de fixer lui-même ses frontières. Une première phase fut le redéploiement en Cisjordanie après l’évacuation de Gaza, puis la construction du mur. L’invasion du Liban visait à contrôler la zone du fleuve Litani convoitée depuis longtemps pour les ressources hydrauliques qu’il représente et sa position stratégique. 

    L’attaque contre le Hezbollah a offert à Israël l’occasion de prouver son utilité à son puissant protecteur. En apportant une contribution majeure à la guerre contre « le Terrorisme », il voulait montrer sa puissance et son efficacité. Cependant le Hezbollah avait connu deux évolutions majeures. 

    En premier lieu, il a été équipé de matériels très modernes, par la Syrie et l’Iran. Il dispose en particulier des missiles à longue portée, capables de frapper les grandes villes israéliennes. 

    Il a ensuite intégré le gouvernement libanais. Les élections de juin 2005 lui ont donné 11% de suffrages et 14 députés, au sein d’une coalition chiite qui en obtient 35 (sur 128) . Cela lui permit d’obtenir un ministère, celui de l’énergie, auquel il faut ajouter officieusement ceux des affaires étrangères et du travail, confiés à des proches du mouvement. Cette implication dans la vie politique libanaise, l’appel au dialogue, le renoncement, au moins officiellement, à l’idée de république islamique, la volonté de se financer de manière autonome apparaissaient à beaucoup d’analystes comme des signes d’une réelle volonté de se démarquer du tuteur iranien. Pour d’autres, au contraire, le renforcement de son arsenal et la présence de nombreux conseillers iraniens en son sein prouvent que le Hezbollah reste l’émanation de l’Iran. Cette conjonction d’une puissance militaire autonome au Liban, de l’influence de l’Iran et de l’infiltration dans les rouages de l’État, rendaient et rendent le Hezbollah particulièrement dangereux. 

    Le Hezbollah est dirigé par un Conseil consultatif exécutif de 7 membres, présidé par Nasrallah. Ce conseil est secondé par un très grand nombre d’organes, dont la Convention Générale qui fait fonction de Parlement. Cette Convention est elle-même dirigée par un Conseil exécutif de 12 membres. 

    Le Hezbollah est organisé en trois branches interdépendantes qui lui permettent d’agir presque simultanément dans toutes les facettes des conflits modernes. Il est à la fois une milice, un parti politique et une organisation socio-économique. Il comprend une branche militaire, détaillée plus loin, une branche de propagande et du recrutement et une très importante branche sociale (baptisée «Organe de la Sainte Reconstruction»). Premier employeur du Liban, l’organisation gère directement des écoles, des hôpitaux, des orphelinats et une chaîne de télévision (Al-Manar) 

    Le financement du mouvement provient de sources très variées. La Syrie et surtout l’Iran sont les principaux donateurs avec peut-être plusieurs centaines de millions de dollars par an. Mais le Hezbollah peut bénéficier aussi de dons privés, directs ou indirects par le biais d’organisations non gouvernementales. Il dispose de sociétés privées qui lui fournissent des fonds et servent de relais avec l’étranger. Grâce à sa représentation parlementaire, le Hezbollah parvient aussi à faire financer certains projets par de l’argent public. 

    La branche paramilitaire du mouvement est divisée entre un appareil de sécurité et un appareil de combat. Le premier comprend un service de protection des dirigeants du parti (le cheikh Nasrallah vit chaque jour dans un villa différente), un service de «sécurité centrale» (le service de renseignement) et un service de «sécurité opérationnelle» pour les actions clandestines. 

    Alors que Tsahal est une armée qui s’est créé et développée pour faire face à des armées arabes conventionnelles, la «Résistance islamique», l’appareil de combat, s’est construite dans l’opposition à Tsahal .Elle comprend deux composantes. 

    La première est une force purement défensive à base d’infanterie. Celle-ci est forte avant tout de ses deux à quatre mille soldats permanents, souvent vétérans de la guerre civile ou de la lutte contre la présence israélienne. Ces hommes, aidés par plusieurs dizaines de conseillers iraniens, disposent d’armements et d’équipements individuels de grande qualité (gilets pare-balles, casques, appareils de vision nocturne, masques à gaz, équipements miniaturisés de radio et de téléphonie). Complétée éventuellement par une dizaine de milliers de «réservistes», cette infanterie est organisée de manière rigoureuse, du trinôme au bataillon de 250 hommes. Elle est parfaitement incrustée dans le terrain et la population et donc largement invisible à la multitude de capteurs dont dispose Tsahal. Grâce à un équipement léger, une parfaite organisation du terrain et l’utilisation cynique de la population, l’armée du Hezbollah atteint un haut niveau de furtivité, prouvant ainsi que cette notion de furtivité n’est pas forcément synonyme de haute technologie. 

    Deux lignes de défense («Nasser» et «Badr») ont été édifiées sur les lignes de crête parallèles à la frontière. Pour faire échec à la suprématie aérienne israélienne, ces lignes s’appuient sur une multitude de villages fortifiés et un réseau souterrain de bunkers, de caches d’armes, de poste de commandement, etc.…reliés par des tunnels. 

    A partir de ce réseau de type «Viet-Cong», qui descend parfois à plusieurs dizaines de mètres de profondeur, les sections d’infanterie (15-20 hommes) pratiquent un combat très décentralisé fondé sur des attaques à très courte portée à l’arme légère ou au lance-roquettes, suivis de disparitions soudaines .Les miliciens chiites sont aussi passés maîtres dans l’emploi des mines et engins explosifs. 

    La particularité du Hezbollah, par rapport aux Tchétchènes ou aux rebelles irakiens par exemple, est que ce combat défensif «en essaim»  est appuyé par une puissante «artillerie portable» à base de missiles antichars. L’arsenal est impressionnant, allant des vénérables AT-3 Sagger 2 jusqu’aux très modernes AT-13 Metis-M, AT-14 Kornet-E en passant par les AT-4, AT-5 ou même des versions iraniennes des Dragon et TOW américains. Le Kornet-E est le plus redoutable de tous puisqu’il peut percer jusqu’à 1200 mm de blindage réactif grâce à une charge tandem de grande puissance et ce jusqu’à 5000 m. Le Hezbollah dispose aussi de nombreux RPG-29, capables de lancer une charge tandem de 4-5 kg à 450 m . 

    Cette organisation, soutenue par une profonde motivation, permet de défendre des positions avec une grande efficacité mais elle est forcément statique. Le Hezbollah ne peut prétendre effectuer de grands mouvements offensifs, ni se replier, sans être soumis à des feux massifs. Cette donnée est pleinement acceptée et l’infanterie du Hezbollah n’a pour seule mission que de freiner les troupes israéliennes (en lui infligeant des pertes) et couvrir ainsi la deuxième composante, offensive cette fois, constituée par les lance-roquettes et les missiles à longue portée. 

    Le Hezbollah dispose d’un stock de 14 à 16 000 roquettes ou missiles. 

    Ces projectiles sont insuffisamment précis pour frapper autre chose que des localités ou de larges infrastructures. 

    La très grande majorité de ces projectiles sont des roquettes de 122 mm (10 000 exemplaires) à 240 mm (Fajr-3), dont la portée ne dépasse pas 45 km, ce qui suffit à frapper Haïfa. Les charges explosives vont de 6 à 45 kg. Ces engins sont mis en œuvre par salve depuis des camions (le lanceur du Fajr-3 peut en lancer 14) ou individuellement depuis n’importe quel point, y compris depuis l’intérieur de bâtiments civils. La procédure de tir est extrêmement rapide et permet de changer facilement de positions. 

    Les pièces maîtresses sont cependant les roquettes frappant au-delà de 45 km et, surtout, les missiles d’origine iranienne de type Zelzal qui peuvent projeter plusieurs centaines de kilos d’explosifs sur Tel-Aviv .La dernière version du Zelzal est même capable de toucher n’importe quel point au nord du désert du Néguev, c’est-à-dire dans tout l’Israël «utile». La mise en œuvre des ces missiles est cependant assez longue et laisse une forte signature thermique. 

    Au moment où débuta la dernière « guerre», le Hezbollah disposait également d’une batterie de missiles sol-mer C-802 Noor, version iranienne du missile chinois Silkworm. Ce missile, guidé par radar, peut envoyer à vitesse subsonique (mach 0,9) une charge de 165 kg à plus de 120 km. 

    Le Hezbollah possède aussi une petite flotte d’une dizaine de drones de type Mirsad-1 ou Ababil-3 Swallow. 

    Deux d’entre eux ont même survolé le nord de la Galilée, en mars 2004 et en avril 2005, sans que Tsahal puissent les intercepter. De leurs bases au Sud Liban, les miliciens chiites ont pu voir en détail le dispositif adverse. 

    Le Hezbollah dispose enfin de quelques armements antiaériens, SA-7 et SA-14 MANPADS (manportable surface-to-air missile system), mais aussi des SA-16 et des SA-18 (version améliorée du SA-14, portant à 3500 m d’altitude sur 5 km de rayon). Mais il n’y a là rien qui puisse vraiment menacer la suprématie aérienne israélienne. 

    Le renseignement israélien estime que les armements les plus sophistiqués, missiles balistiques, drones, missiles sol-mer ou sol-air sont mis en œuvre, à partir d’un poste de commandement enterré, par des Iraniens du corps des Gardiens de la révolution islamique. Un centre de renseignement commun à l’Iran, la Syrie et le Hezbollah existe aussi à Damas, à l’ambassade d’Iran. Le Hezbollah a mis en place aussi un réseau de communications, combinant le très ancien, comme d’archaïques téléphones de campagnes enfouis dans le sol, et le très moderne, capable de résister aux intrusions et au brouillage. 

    L’ampleur de cette organisation mise en place depuis 2000 a échappé en partie au haut commandement israélien : défaut de renseignement ou d’assimilation des donnée? Avant de lancer leur dernière offensive, Tsahal avait cependant une bonne image des capacités du Hezbollah en termes de roquettes et missiles, la menace principale. On a en revanche nettement sous-estimé la capacité de résistance de l’infanterie du Hezbollah. 

    Ce « match nul » a déçu les américains qui s’étaient pourtant investis dans les préparatifs de l’invasion. Les conséquences ont été fulgurantes : Top départ donné aux fausses révolutions arabes. Accélération du contrôle total du Moyen-Orient. Extension du système capitaliste et sacrifice à très court terme de l’État d’Israël, désormais sans grande utilité dans un ordre nouveau « où tout le monde est démocratisé », en réalité « balkanisé». Les dirigeants israéliens n’ont rien vu venir trop occupés à ne jamais trop mécontenter leur puissant allié manipulateur. On peut parier, sans aucun risque, que le droit international capitaliste les mènera, pour toute récompense, devant un quelconque TPI. On leur réserve, à Washington, le sort des colonels grecs, des dictateurs argentins, ou des putschistes chiliens. leurs survies, aujourd’hui, dépend plus que jamais, malheureusement, de cette « alliance » , ou plus exactement de cette soumission. 

    En réalité le projet de l’administration américaine est calqué sur la destinée tragique de l’Afrique du Sud. 

    Il est grand temps que la politique israélienne se décide en Israël. Il est certain que seul le retour au sionisme historique, basé sur le volontariat des combattants et la lutte pour l'indépendance, pourra encore sauver des vies juives. Nous en sommes là. 

    Il serait criminel de ne pas le dire haut et fort. C’est l’heure des volontaires de toutes origines dans des brigades internationales, déployées sur le territoire actuel d’Eretz, pour défendre les valeurs de « liberté » autres que celles maudites du fric et du profit. 

    Qui peut avoir confiance dans les USA ? 

    Les manipulations répugnantes de la CIA avec les islamiques bosniaques, les services pakistanais, et les terroristes du Hamas et du Hezbollah devraient ouvrir définitivement les yeux des américanolâtres qui transforment régulièrement les jeunes israéliens en victimes, mercenaires de l’Oncle Sam . 

    Israël, c’est Massada et Massada c’est la lutte contre l’Empire 

     

    Jean-Marc DESANTI 

     

    Lire aussi sur : http://www.europe-israel.org/2011/05/le-liban-cle-de-labandon-de-sion-par-les-usa-par-jean-marc-desanti/

                          http://www.armees.com/info/articles/divers/le-liban-cle-de-l-abandon-de-sion-par-les-usa,42907.html

                          http://www.politique-actu.com/debat/liban-abandon-sion-jean-marc-desanti/269015/

                          http://www.legaulois.info/2011/05/le-liban-cle-de-labandon-de-sion-par.html

                          http://www.terrepromise.net/?p=8510

                          http://mplbelgique.wordpress.com/2011/05/23/le-liban-cle-de-l%E2%80%99abandon-de-sion-par-les-usa/#more-11876

                          http://www.jerusalemplus.tv/index.php?option=com_content&task=view&id=9217&Itemid=218

     

        EN GREC     http://infognomonpolitics.blogspot.com/2011/05/blog-post_1841.html

  • Gaza : Les mercenaires d’Obama

     

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    L’arraisonnement de la flottille d’activistes pro-palestiniens aura fait au moins 10 morts dans les rangs de ces derniers et blessé au moins six soldats israéliens dont deux gravement. Il semble bien que l ‘action menée par les Commandos Marines israéliens a rapidement dérapé dans une série d’erreurs techniques … On indique à la tête de l’État Major de Tsahal qu’on ignore qui a donné les ordres de feu tout en précisant que défendre sa vie est aussi valable dans les eaux internationales. Les informations, on peut s’en douter seront, de toute façon, d’un côté comme de l’autre totalement contradictoires et le sympathisant de telle ou telle cause prendra évidemment, pour argent comptant, les informations de son camp. Il n’en reste pas moins qu’en dehors des scènes macabres médiatisées et des conséquences désastreuses pour l’image d’Israël et sur le terrain à Gaza, la résolution nécessairement politique de la question palestinienne n’avancera pas d’un pouce.
    Nous avons, plus que jamais, un gouvernement bicéphale déchiré, une diarchie où s’opposent dans la plus grande cruauté deux pouvoirs inconciliables le Fatah laïque et le Hamas islamique. On semble oublier dans cette pitoyable et tragique affaire, comme l’indiquait  Mark Regev , que les activistes pro Hamas «  prétendent militer en faveur des droits de l’Homme mais restent silencieux dès lors qu’il s’agit d’attaques du Hamas délibérément ciblées contre des civils israéliens ou des brutalités de ce régime envers ses propres citoyens en vue d’anéantir toute opposition politique, de supprimer tout média indépendant, ce qui a entraîné l’arrestation  ou l’exécution de centaines d’opposants politiques.
    S’ils s’intéressaient sincèrement et surtout honnêtement au bien-être de la population de Gaza, ils souligneraient les 15 000 tonnes d’aide humanitaire  expédiées chaque semaine y compris par l‘État d‘Israël. » On pourrait se contenter de se nourrir  des tragédies de ce matériel humain, juifs ou musulmans,  jeté en pâture aux politiques débordés des deux camps.
    Cependant, ne convient-il pas de poser, une fois encore, les questions qui dérangent ?
    Pourrions-nous prendre connaissance des télex secrets, génialement cryptés, entre Ankara et Jérusalem via Washington ?
    Quels sont les derniers ordres de mission donnés à la confrérie religieuse turque "Nurcus" par la CIA  qui a permis à celle -ci et aux fonctionnaires du Département d’État,  grâce à leurs madrasas, d’opérer clandestinement dans les nouvelles républiques turcophones d’Asie Centrale, dont l’Azerbaïdjan, le Turkménistan, l’Ouzbékistan, le Kazakhstan, le Kirghizistan et la Russie ?
    La Turquie a armé, approvisionné,entraîné, dirigé la flottille et couvert la coque du navire de tête - au cas où nous n’aurions pas compris- d’un gigantesque drapeau turc.
    Invraisemblable retournement de situation ?
    Quoi ? L’allié turc, indéfectible ami de Sion prenant le commandement d’un convoi voulant forcer le blocus de Gaza territoire ennemi d’Israël ?

    Oui mais dira-t-on de deux choses l’une : Ou la Turquie n’avait pas totalement l’aval des USA pour mener une telle opération aventureuse et ceci indique, à n’en plus douter, qu’elle est devenue une véritable république islamique autonome ou bien la Turquie avait bien le feu vert US et elle joue le rôle de puissance régionale faisant pression sur Israël pour le compte des USA qui ne digèrent plus le turbulent, incontrôlable et imprévisible Ex allié.

    Compte tenu de l’histoire et de la méfiance envers les dirigeants sionistes, les USA ont réalisé qu’ils ne pourraient pas obtenir le contrôle direct de la région, et auraient par conséquent besoin d’utiliser un mandataire pour faire passer cette zone « sous contrôle », rapidement et effectivement. La Turquie est ce parfait mandataire : membre de l’OTAN, candidat à l’entrée dans l’UE … De parfaits mercenaires pour l’Oncle Sam.
    Les deux hypothèses se confondent donc. Un pays islamique sert les intérêts US pour écraser un résistant au Nouvel Ordre Mondial qui ne peut s’imposer qu’après l’écrasement de tous les nationalismes.
    Oui ! On nous refait le coup du Kosovo pour écraser l’identité nationale serbe !
    Dites-vous bien, humanistes bien intentionnés pour les misérables populations Gaza ouis que vous aurez bientôt, d’une manière ou d’une autre, directement ou indirectement, le plaisir de voir l’Air Force bombarder, faire bombarder ou laisser bombarder Tel Aviv, Herzlia, Netanya, Ashdod ou  Haïfa ...
    Mais si, aujourd’hui, nous, nous pleurons tous les morts, c’est ne prendre aucun risque que d’affirmer que les morts israéliens n’obtiendront de votre part qu’un rictus malsain de dégoût satisfait.
    Satisfait que les youpins s’en prennent encore plein la gueule !
    Alors nous n’aurons plus rien à nous dire et plus rien à faire que de plaindre votre logorrhée antisioniste pauvre paravent hypocrite de l’antisémitisme qui vous colle à la peau comme une lèpre.
    Vous aurez définitivement choisi votre camp. Celui des mercenaires d’Obama, des mercenaires de l’Empire, des idiots utiles et couards. Il n’y aura plus d’Israël pour vous protéger pauvres crétins et vous vous gorgerez, obligatoirement, la peur au ventre, de Mac Do Hallal entourés de Hidjab.

    A moins que l’Odyssée manipulée de la  petite armada vers Gaza ne marque le début d’une prise de conscience de chacun : arabes, juifs, chrétiens et que de cette misère naisse une nouvelle Ligue, cette fois trois fois sainte qui infligera à l’Empire et à ses épigones une nouvelle Bataille de Lépante.


    Jean-Marc DESANTI

    http://www.resiliencetv.fr/?p=7086

    http://www.liguededefensejuive.net/spip.php?article1681

  • DUBAÏ : « Through the Looking-Glass, de l'autre côté du miroir … » par Jean-Marc DESANTI


    img091.jpgDans notre village monde , on peut considérer que rarement la partie visible des évènements est suffisante pour la compréhension des mécaniques politiques qui ne se produisent jamais, indépendamment, sans provoquer une cascade de conséquences.
    L’affaire de Dubaï en est un des exemples les plus probants. L’objectif poursuivi par le service exécutant n’était pas, seulement, contrairement aux apparences, de liquider un trafiquant d’armes tout en jetant le trouble à l’intérieur du Hamas et en accentuant la division avec le Fatah.
    Le  Cha’man,  l’Organe de collecte de l'AMAN et ses forces spéciales se sont livrés à une véritable exhibition médiatique publique : Une leçon de choses.

    Lire la suite : http://www.politique-actu.com/dossier/dubai-jean-marc-desanti/76745/

    ou >>>> http://www.armees.com/Through-the-Looking-Glass-de-l.html

  • Le visage changeant d’Israël

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    Avraham Burg croit à l’évidence que l’occupation a eu un profond effet corrupteur sur Israël. Mais un autre phénomène qui est en cours à l’intérieur d’Israël l’inquiète beaucoup : le changement de nature de cette société. Il dit par exemple que « la société israélienne est fondamentalement divisée, » et même s’il ne précise pas les détails de cette division, elle semble avoir une dimension politique et religieuse. Il pense que le centre de gravité politique d’Israël s’est déplacé sensiblement à droite. En fait, il pense que la gauche « a vu sa base s’effriter et est devenue marginale. » Il considère aussi que l’équilibre entre les Israéliens tenants du sécularisme et les religieux a basculé en faveur de ces derniers, et c’est pourquoi il écrit que « l’avènement d’un Etat dirigé par des rabbins et des généraux n’est pas un cauchemar impossible. »

    Je vais tenter d’étayer l’analyse de Burg en précisant quelques tendances internes de la société israélienne qui ont eu et continueront à avoir un effet profond sur l’Etat juif avec le temps, mais qui dont les médiats traditionnels ici en Amérique ne parlent guère. Plus précisément, je voudrais me concentrer sur le renforcement des ultra-orthodoxes ou Haredi en Israël, et de l’émigration hors d’Israël qu’on pourrait appeler « Aliyah à l’envers. »

    Au moment de sa fondation en 1948, Israël comportait seulement un petit nombre de Juifs ultra orthodoxes. En fait, les Haredis étaient profondément opposés au sionisme qu’ils percevaient comme un affront à la tradition juive. Cependant, leur nombre s’est accru par à coups ces dernières années comme l’a fait leur proportion dans la population israélienne. La raison en est simple : en moyenne, chaque femme Haredi a 7,6 enfants, ce qui représente à peu près le triple de ce qu’on observe dans l’ensemble de la population juive israélienne. Ainsi le magazine Forward rapportait en août 2007 que « En quinze ans, de 1992 à 2007, la proportion d’enfants juifs fréquentant des écoles élémentaires publiques profanes est passé de 67 % à 55 % ; cette proportion devrait tomber à 51 % en 2012. Le pourcentage d’élèves qui fréquentent les écoles ultra orthodoxes est passé entre temps de 12 ,4 % en 1992 à 26,7 % en 2007 et devrait atteindre 31 % en 2012. »

    La croissance rapide de la communauté ultra-orthodoxe a des conséquences significatives pour Israël, parce que seulement 30 % des hommes ultra orthodoxes travaillent et très peu parmi eux effectuent le service militaire. Plus généralement, elle implique que cette communauté jouera probablement un rôle politique important en Israël dans les décennies à venir. Il vaut la peine de noter que lors de la dernière élection municipale à Jérusalem, le candidat ultra-orthodoxe, Meir Porush a déclaré que « Encore quinze années et il n’y aura plus un seul maire non religieux dans aucune ville d’Israël, excepté peut-être dans un petit village perdu ». Il exagérait, c’est certain, mais ses propos montrent l’orientation prise par Israël et pourquoi Burg s’inquiète du contrôle de l’Etat par les rabbins.

    La deuxième tendance réside dans le grand nombre d’Israéliens qui ont émigré en Amérique du nord et en Europe, et qui ne rentreront probablement pas. Selon la plupart des estimations, il y a approximativement 5.3 millions de juifs Israéliens et 5.2 millions de Palestiniens habitant le grand Israël [c.à.d. l'ensemble de la Palestine]. Il y a également environ 300.000 individus habitant en Israël que le Bureau central de la statistique définit en tant que «autres. » La plupart sont des parents d’immigrés ou les individus juifs qui ont des ancêtres juifs, mais pas une mère juive, et ne sont donc pas classés dans la catégorie des juifs par le gouvernement israélien. Si on compte ces « autres » comme juifs, alors il y a 5.6 millions de juifs israéliens, et non 5.3 millions. Procédons ainsi, ce qui signifie qu’il y a 5.6 millions de juifs israéliens et 5.2 millions de Palestiniens. Cependant, tous ces juifs n’habitent plus toujours en Israël. Il est difficile d’obtenir des chiffres fiables sur le nombre d’Israéliens qui vivent à l’étranger, parce que le gouvernement a cessé de les publier au début des années 70. En me basant sur divers articles sur le sujet et des conversations que j’ai eues quand j’étais en Israël en juin dernier, il semble raisonnable de supposer qu’au moins 750.000 Israéliens vivent à l’étranger. Ceci signifie qu’il y a maintenant moins de juifs que de Palestiniens habitant le grand Israël, même en comptant les 300.000 «autres» comme juifs.

    En outre, de nombreux indices montrent qu’un nombre substantiel de juifs israéliens voudrait quitter Israël s’il en avait la possibilité. Dans un article qui vient de paraître dans National Interest, John Mueller et l’Ian Lustick rapportent que « une étude récente indique que seulement 69 % d’Israéliens juifs disent vouloir rester dans le pays, et un sondage de 2007 montre qu’un quart des Israéliens envisagent de partir, pourcentage qui inclut presque la moitié de l’ensemble de la jeunesse. Ils signalent également que, «selon une autre étude, 44 % des Israéliens disent qu’ils seraient prêts à partir s’ils pourraient obtenir un meilleur niveau de vie ailleurs. Plus de 100.000 Israéliens ont acquis les passeports européens. « * je suis prêt à parier que la plupart de ces Israéliens qui ont choisi de vivre dans la Diaspora sont non religieux et modérés politiquement, au moins par rapport au contexte israélien. Il est également utile de noter que l’immigration en Israël est faible depuis le début des années 90, et que certaines années, le nombre des émigrants dépasse celui des immigrants.

    Ces données semblent confirmer le point de vue de Burg selon lequel la société israélienne devient plus religieuse et moins séculière, et que le centre de gravité politique va beaucoup plus loin vers la droite qu’à l’accoutumée. Je pense que l’évolution de cette situation a cinq conséquences possibles.

    Premièrement, ces tendances rendront certainement moins probable une évacuation de la Cisjordanie par Israël et la création d’un Etat palestinien viable. Le Grand Israël deviendra un fait accompli, si ce n’est déjà le cas.

    En second lieu, il semble clair que les juifs vont être nettement dépassés en nombre par les Palestiniens dans le Grand Israël. Le fait démographique fondamental que je n’ai pas évoqué antérieurement est que la femme palestinienne a en moyenne approximativement 4.6 enfants, contre environ 2.6 enfants pour la femme israélienne. Le Grand Israël sera un Etat de ségrégation.

    Troisièmement, les jeunes Israéliens qui pensent comme Burg sont susceptibles de se sentir de plus en plus mal à l’aise en Israël, et de trouver l’idée de vivre en Europe ou en Amérique du nord de plus en plus attrayante. Et l’Europe, qui devra face dans un proche avenir à de sérieux problèmes démographiques réservera probablement un accueil favorable - peut-être même tentera-t-elle de l’attirer - aux Israéliens qui voudront immigrer.

    Quatrièmement, il risque de devenir de plus en plus difficile pour les forces pro-Israël aux Etats-Unis d’arguer que Washington devrait maintenir ses « relations spéciales ” avec l’Israël, parce que les deux pays ont « des valeurs communes. « Il n’y a pas beaucoup de similitude en termes de valeurs fondamentales entre cet Israël émergent l’Amérique contemporaine.

    Cinquièmement, il semble également évident qu’il va être de plus en plus difficile pour les juifs américains, particulièrement les plus jeunes, de s’identifier à Israël et de ressentir un attachement profond envers cet Etat, attachement essentiel pour maintenir les relations spéciales.

    En somme, Israël est en difficulté et c’est pourquoi les Américains de toutes convictions - particulièrement ceux qui prétendent être les amis d’Israël - devraient lire le livre important de Burg et commencer à en parler.

    John Mearsheimer, TPMCafe (USA)

    Traduction : Mounadil el-Djazaïri   http://www.mecanopolis.org/?p=2554

  • Des Palestiniens du Fatah se réfugient en Israël

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    Israël a annoncé avoir autorisé plus de 180 membres du Fatah, poursuivis par les forces du Hamas, à trouver refuge sur son territoire, après les violents affrontements qui ont eu lieu samedi entre le Fatah et le Hamas

    Une porte-parole de l'armée israélienne a fait savoir, aujourd'hui, que l'Etat hébreu avait autorisé la veille plus de 180 Palestiniens membres du Fatah à fuir la bande de Gaza pour passer en Israël. Tous sont poursuivis par le Hamas, qui contrôle Gaza depuis plus d'un an.
    "Plus de 180 Palestiniens du Fatah ont été autorisés à se réfugier en Israël", a indiqué la porte-parole. "Vingt-deux d'entre eux, qui sont blessés, ont été hospitalisés", a-t-elle encore ajouté".
    Lire la suite : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/proche_moyenorient/20080803.OBS5823/des_palestiniens_du_fatah_se_refugient_en_israel.html

  • Palestine : Sans le Hamas, demain la paix !

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  • La mémoire de la Shoah mine-t-elle Israël ?

    1346473419.jpgLa Shoah est devenue le pilier théologique de l'Israël moderne... Cela mine les relations entre Juifs et Arabes... Nous voyons des nazis partout... Nous sommes toujours "menacés d'anéantissement"... L'État israélien impérial est un cauchemar... » Qui prononce de telles sentences ? Un antisioniste forcené ? Un rescapé d'une extrême gauche israélienne engloutie ? Non, Avraham Burg, ancien président de la Knesset et vice-président du Congrès juif mondial. Et fils d'un des anciens dirigeants du Parti national religieux. Publié l'an dernier en Israël, Vaincre Hitler est un livre révolté, plein de tristesse et d'inquiétude. Mais aussi de propositions pour la reconquête d'un « judaïsme plus humaniste et universaliste ». Au passage, il interpelle Alain Finkielkraut, admettant avec lui que le monde est probablement hypocrite dans sa critique d'Israël, que « nous ne sommes pas aussi mauvais qu'on nous dépeint », mais cependant « beaucoup moins innocents que nous ne voulons le dire ». L'ex-politicien israélien et l'intellectuel juif français ont accepté de se rencontrer. La polémique a débuté autour de ce titre provocateur...

    Avraham Burg : ...Vous le trouvez dérangeant ? Sachez que j'avais même prévu d'intituler mon livre Le Triomphe de Hitler. J'étais en colère. Le trau­matisme de la Shoah, qui dicte plus que jamais nos comportements en Israël, me semblait une maladie incurable. Et puis une conversation avec ma mère, peu de temps avant sa mort, m'a redonné de l'espoir. Elle dont la moitié de la famille a été assassinée à Hébron en 1929 par les Palestiniens remerciait Dieu pour tout l'amour qui lui avait été donné. Une autre fois, devant les bombardements à Gaza, elle m'a dit : « Je suis si contente que mon petit-fils ne soit pas pilote de chasse et ne puisse bombarder des innocents. » C'est pour moi le véritable héroïsme : vaincre, grâce à l'espoir, l'horreur rencontrée au cours de sa vie. Et c'est ce qui devrait inspirer Israël.

    Alain Finkielkraut : Mais Hannah Arendt nous rappelle que l'amour n'est pas une catégorie politique ! En politique, l'injonction « connais ton ennemi » est fondamentale. J'admets que les Israéliens ont une difficulté à connaître leur ennemi, qu'ils sont toujours tentés de voir l'ombre de Hitler se propager sur le Moyen-Orient. Il reste que l'État juif a bel et bien des ennemis, dont la haine n'est pas la conséquence directe de son usage de la force. Israël s'est désengagé de Gaza mais Gaza ne s'est pas désengagé d'Israël, comme le montrent les tirs de roquette sur des villes situées à l'intérieur des frontières de 67. Ce n'est pas en se regardant aimer l'autre, mais en regardant les choses en face qu'on aboutira peut-être un jour à la paix. Ce qui me gêne dans votre livre, c'est l'idée selon laquelle tous les malheurs d'Israël procéderaient de la psychologie israélienne. Vous exhor­tez vos compatriotes à surmonter Hitler pour retrouver la belle essence morale du judaïsme nomade. Or, moi qui viens aussi d'une famille de rescapés, mes parents et tous les survivants que j'ai pu rencontrer m'ont dit : oui, nous allons revivre, nous allons reprendre nos activités dans le monde où Auschwitz a eu lieu, mais la seule chose que nous exigeons du monde, c'est de ne pas reporter sur Israël les anciennes malédictions dont les Juifs étaient l'objet. Or, ces anciennes malédictions revoient le jour, et c'est la pire des déceptions pour tous ceux qui ont survécu à l'Holocauste.

    Avraham Burg : Je ne suis sans doute pas un bon philosophe, mais je ne suis pas ignorant en amour. L'amour, c'est la capacité de faire confiance à l'autre, sans laquelle vous ne pouvez ni donner ni recevoir. C'est cela qui manque en Israël, la capacité à faire confiance, quel que soit l'autre : partenaire politique, compatriote israélien, voisin arabe... Je n'ai pas votre obsession de l'antisémitisme. Cette obsession de ce que « les autres pensent de nous » est emblématique de la façon dont beaucoup de Juifs ont besoin d'être définis par les autres. Moi, je n'ai besoin de personne pour me définir. Peut-être cela vient-il du fait que je suis né dans un pays souverain. Le point de vue de l'autre m'importe, mais il ne me définit pas, parce que mon histoire, continuation de l'antique identité juive, est mon histoire, indépendamment de ce que les autres en disent.

    Alain Finkielkraut : La confiance est un pari difficile, elle ne peut pas naître simplement du sentiment que nous vivons dans un univers radieux où nous sommes tous frères. Mon « obsession » tient justement au fait que l'antisémitisme est devenu une des modalités essentielles de l'antiracisme. A quoi tient ce paradoxe ? Eh bien, il faut remonter en effet à l'Holocauste. Pour les nations démocratiques, la mémoire de l'Holocauste fonde la nouvelle religion de l'humanité : nous sommes des hommes, et les frontières doivent être subordonnées à cette identité première ; l'humanité est plus forte que la nationalité. Mais pour les Juifs, la mémoire de l'Holocauste est tout autre, elle renvoie à la question de l'assimilation : les Juifs, rappelle l'écrivain Aaron Appelfeld, « étaient en marche vers les royaumes enchantés du rejet de soi quand une main satanique les ramena aux fondements de l'existence tribale ». La mémoire de la Shoah, pour un Juif, c'est qu'il n'échappe pas à son identité juive. Levinas appelle cela « l'irrémissibilité de l'être juif ». Longtemps complémentaires, ces deux mémoires, la mémoire démocratique et la mémoire juive, s'opposent donc aujourd'hui violemment, parce que, d'un côté, on a une humanité en route vers le grand brassage des identités et, de l'autre, ces Juifs « de génération en génération », pour lesquels la généalogie compte et qui, par conséquent, apparaissent comme les successeurs de Hitler. La démocratie métissée se répand, et au milieu il y a, non pas le beau village d'Astérix, mais ce village völkisch [du peuple, de la race, NDLR] qui porte le nom d'Israël et auquel les Juifs sont coupables d'être beaucoup trop attachés...

    Avraham Burg : Nos parents ont fait les uns et les autres l'expérience du rejet – ma mère avec le massacre de sa famille à Hébron, mon père en quittant l'Allemagne en septembre 39 –, mais nos éducations ont produit des choses différentes. Pour vous, l'antisémitisme est unique. Je le vois très différemment, peut-être d'une manière plus sévère, puisqu'on assiste à une fusion entre l'antisémitisme religieux classique et une nouvelle xénophobie d'extrême droite, les deux coopérant avec l'extrême gauche anti­américaine et antisioniste. Mais je pense que l'antisémitisme n'est plus un phénomène unique, il est le révélateur de la qualité morale d'une société. Quand il s'exprime dans une société démocratique, il s'accom­pagne d'autres expressions de haine et de xénophobie : contre les musulmans, les étrangers, les immigrants. Donc, mon rôle, en tant que Juif et être humain, ce n'est pas de dire « attention, ils me détestent davantage », c'est d'essayer de créer une sorte de coalition mondiale qui va défier la haine et la xénophobie plutôt que la confisquer et la monopoliser.

    Alain Finkielkraut : Mais de quelle haine parle-t-on ? Hannah Arendt, très présente dans votre livre, s'est interrogée sur la spécificité de l'antisémitisme moderne. Elle dit que ce n'est pas seulement une passion, une opinion, c'est une explication du monde. Et Maurras confirme à titre de symptôme cette intuition en écrivant « Tout paraît difficile sans cette providence de l'antisémitisme, par elle tout s'arrange, s'aplanit et se simplifie ». On explique le cours de l'histoire par les manoeuvres des Juifs. Et au­jourd'hui, ça recommence : le lobby sioniste, tireur de ficelle de la politique mondiale, c'est un discours en vogue, et pas seulement chez les djihadistes.

    Avraham Burg : Chacun son obsession. Moi, c'est la montée du religieux qui m'inquiète, en Israël comme ailleurs. Quand le président de la République française veut réintroduire Dieu dans l'équation, ça m'ennuie vraiment. Il est tellement important que la France soit le champion de la laïcité pour l'équilibre mondial, quand on voit par exemple l'impact du fondamentalisme sur le président américain. Le monde n'est pas divisé entre les démocraties et l'Islam, mais entre la civilisation théocratique et la civilisation démocratique. On trouve le même Dieu dans le judaïsme, le christianisme et l'islam. Et une coalition voit le jour entre certains des adeptes de ces trois religions contre certains d'entre nous... Moi, si le dalaï-lama et le rabbin raciste Kahane tombent à l'eau et que je ne peux en sauver qu'un, je sauve le dalaï-lama, parce qu'il est mon frère dans le système de valeurs qui est le mien. Si vous regardez le monde de cette manière, la question de l'antisémitisme n'est plus la même.

    Alain Finkielkraut : Sauf que cet anti­sémitisme antiraciste dont les Juifs sionistes et les Israéliens font aujour­d'hui les frais est à la fois nouveau et ancien : le christianisme des origines était fondé sur une opposition entre le Juif selon la chair et le Juif selon l'esprit. Le Juif selon la chair est celui de l'hérédité, fidèle à l'Ancienne Alliance. Le Juif selon l'esprit, c'est l'universaliste. Ce qu'on attend de nous, c'est que nous devenions des Juifs selon l'esprit. Quand nous répondons à cet appel, nous sommes couverts d'éloges, on nous adore. Eh bien, à cette invitation, je ne céderai pas. Je resterai un Juif selon la chair, non pour préférer le rabbin Kahane au dalaï-lama, mais pour pouvoir dire comme Yitzhak Rabin au moment du carnage d'un extrémiste juif au Caveau des patriarches : « J'ai honte ». Il a dit cela parce qu'il était juif. Autrement, il aurait dit « je suis scandalisé ». C'est ainsi que marche l'humanité : nous sommes de quelque part, nous appartenons à un peuple ou une nation, et ce que nous pouvons faire pour l'humanité c'est en tant que membres de ce peuple ou de cette nation.

    Avraham Burg : Il n'y a pas de contradiction entre la chair et l'esprit. Longtemps je me suis considéré comme simplement israélien, avant de comprendre que je n'étais pas loyal à mon être intérieur. Mon nom indique que je suis juif. Mon prénom, israélien. Mais ma famille, c'est l'humanité. Il y a des contradictions entre les trois, j'essaie de trouver un équilibre. Et à l'injonction d'Ariel Sharon venu en France avec son sionisme catastrophiste – « Il y a de l'antisémitisme ici, venez en Israël ! » – je substitue : venez si vous pensez que vous y serez bien, mais pas parce que vous êtes rejetés. Israël n'est pas la poubelle de l'histoire européenne. Si 100 % des Juifs venaient en Israël, l'Europe deviendrait Judenrein, et ce serait l'accomplissement de l'antisémitisme hitlérien.

    Alain Finkielkraut : Je n'ai jamais pensé que l'avenir de tous les Juifs c'était Israël. Et je ne vais pas répudier le judaïsme diasporique qui est le mien. Mais je constate un danger pour la Diaspora, ce que j'appelle le judaïsme vestimentaire : le judaïsme comme un magnifique costume, le costume du persécuté, de l'exilé, du nomade. Je connais des Juifs qui voient Israël comme une tache sur leur costume. Moi, j'aime cette tache, non que j'approuve toute la politique israélienne - souvenez-vous, la dernière fois que je vous ai vu, c'est en décembre 2003 lorsque vous avez signé les accords de paix de Genève, auxquels j'apportais mon soutien. Mais je ne supporte pas cette nazification rampante qui accable Israël. Certes, Israël s'est mis dans un mauvais pas en pratiquant une politique de colonisation et devra démanteler la plupart de ses implantations en Cisjordanie, mais croyons-nous vraiment que le conflit israélo-arabe se réduit à cette domination ? Soit les journalistes attribuent le blocus de Gaza à la monstruosité des Israéliens, soit ils admettent qu'il s'agit d'une réponse, peut-être exorbitante, à des tirs de roquette qui n'ont pas cessé depuis le désengagement. Alors pression pourrait être faite sur les uns et sur les autres, et l'on pourrait enfin sortir de l'ornière.

    Avraham Burg : Nous avons les mêmes idées sur les frontières. Mais j'irai plus loin : le compte à rebours pour la solution de deux États est avancé. Pendant des années, on a pensé qu'on pourrait régler le problème entre nous, mais il nous faut une intervention internationale beaucoup plus forte. En ce qui concerne notre polémique, j'attends le jour où vous ne réserverez plus votre intelligence à la mise en garde, à l'alarme, mais où vous la tournerez en pouvoir créatif pour proposer des solutions constructives. Vous critiquez la façon dont je traite la société israélienne ; mais il n'est pas possible pour moi de ne pas vouloir humaniser cette société. Et lorsque vous dites que la menace qui pèse sur Israël et sur les Juifs est toujours là, vous ne facilitez pas mon travail, car vos paroles ont un impact, là-bas, en Israël. Ce pays est pour moi une réalité qui doit m'assurer que je ne serai plus jamais persécuté. Mais mon judaïsme universaliste est ce qui doit me permettre de ne pas être un persécuteur. Les deux sont pour moi une nécessité...

    Propos recueillis par Vincent Remy