13.09.2009

EYN BRERA, PAS LE CHOIX !

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"Il est douloureux mais il ne ploie pas" fut la réponse de Menahem Begin au secrétaire d'Etat américain qui s'enquérait de la situation de son genou. Et effectivement M. Begin (zal) pouvait ressentir des douleurs mais il maintenait qu'un Juif "ne se prosterne que devant l'Eternel". Et lorsque à Camp David le président américain Carter est venu lui demander de discuter du statut de Jérusalem, M. Begin a donné l'ordre à sa suite de préparer les valises pour un départ immédiat. C'est le genou de Carter qui a plié !

 

 

Les pressions américaines peuvent être douloureuses mais l'Etat Juif ne doit pas s'y plier. Toute concession actuelle entraînera  d'autres concessions fatales.

Le fait que M. Natanyahou, après avoir brillamment expliqué les droits du peuple juif sur toute sa terre ancestrale, ait accepté l'idée néfaste d'un état arabe supplémentaire sur la terre juive est devenu un nouveau point de départ des pressions "obamiennes". Oubliées les conditions posées à la création de cet état car c'est un général américain qui entraîne la future armée "palestinienne" sous couvert de "police anti-terroriste"!

Ce ne sont pas des ovations que le premier ministre israélien a recueilli mais l'exigence insensée d'un arrêt de la construction en Judée-Samarie et même à Jérusalem. A peine ce gel inique et scandaleux est-il rentré dans les faits que l'équipe Obama exige la signature du Traité de non prolifération nucléaire, ce qu'aucune administration américaine ne s'était jamais autorisée à exiger. Et Hussein Obama se fait photographier en parlant au téléphone avec Natanyahou, les pieds sur son bureau et en montrant ses semelles. Se serait-il permis une telle attitude avec un autre premier ministre d'un quelconque état dans le monde? Une prosternation devant le Roi d'Arabie et les semelles pour Israël !

Pendant ce temps l'Iran discute avec le nouveau locataire le la Maison Blanche qui exclut le droit d'Israël d'attaquer ses installations nucléaires.

Le rassemblement des terroristes du Fatah à nos portes à Bethlehem, a prouvé de la manière la plus évidente que les "modérés" arabes veulent notre destruction contrairement aux "extrémistes" qui souhaitent notre "extermination". Il ne reste plus qu'à négocier la manière dont nous devrions commettre  notre suicide national pour complaire aux Mitchell, Kouchner, Brown et autres nouveaux vikings suédois. Natanyahou dans sa position ne devrait pas négocier avec Mitchell, un anti-israélien notoire,  mais lui envoyer son propre représentant, par exemple le secrétaire général du Conseil des localités de Judée-Samarie.  

Il fut un temps où l'arme essentielle de notre pays était le manque de choix. "Eyn Bréra" disions nous et nous réussissions les exploits les plus héroïques et les plus complexes. Aujourd'hui le manque d'esprit patriotique et l'anesthésie défaitiste opérée par la gauche israélienne nous amène à déclarer qu'il n'y a pas le choix et donc à nous croiser les bras.

C'est ainsi que nous restons impotents devant la menace arabe intérieure et devant les agissements de la cinquième colonne "juive". Huckabee, l'un des  anciens et brillants candidats républicains à la présidence US, a raison de déclarer que les dizaines de millions d'évangélistes américains soutiennent Israël et ses droits avec plus d'ardeur que "certains dans la communauté juive américaine et dans l'opinion publique israélienne". Parlons clairement et agissons avec raison juive pour regagner le respect de nous-mêmes, pour que nous puissions être compris, respectés et même soutenus.

Notre légitime indignation accompagne l'inacceptable article suédois nous ramenant aux heures les plus noires de l'antisémitisme européen. Nous avons raison d'exiger une réaction du gouvernement scandinave. Mais quid chez nous?

Qu'avons-nous fait de ces irresponsables israéliens qui ont fourni au monde entier un rapport sur des soldats israéliens qui auraient tiré sur des arabes comme toujours et par définition "civils, innocents, enfants et désarmés"? Où est la vertueuse indignation juive? Que faisons nous de ces "militants de la Paix" respectables qui ont fourni aux arabes des caméras pour filmer les actions des soldats de Tsahal? Quelles mesures avons-nous prises contre ces individus qui parcourent les réimplantations juives en Judée et en Samarie pour traquer la moindre trace de plâtre ou une nouvelle terrasse? Pourquoi tolérons nous le financement pléthorique de ces associations par des fonds étrangers officiels et hostiles?

Le ministre Yaalon a tort de parler seulement de virus avec lequel un individu affaibli et malade peut néanmoins continuer à vivre. Cette minorité masochiste qui ne représente en rien la volonté nationale finit par agir non comme un virus mais comme un cancer qui étend ses métastases jusque dans les bureaux gouvernementaux et  les universités après avoir rongé toutes les cellules saines des médias. Pourquoi serions nous le seul pays au monde où en temps de guerre, on ne punit pas l'intelligence avec l'ennemi, l'espionnage et le fait d'être un agent de l'étranger ?!

Mettons bon ordre chez nous et ne permettons pas que notre démocratie devienne une arme dévoyée par les ennemis de l'Etat juif. Nul ne force ces Juifs à rester en Israël et commençons par appeler sans complexe les choses par leur nom: Ce sont des traîtres.

Une fois isolées les cellules cancéreuses,  le peuple se ressaisira et saura que le choix est entre la fin de notre état juif ou la victoire sur tous les ennemis.

Il n'y a donc plus le choix.  Nous sommes condamnés à réussir, à accomplir notre destin et à vaincre.

Eyn Bréra !

 

Jacques KUPFER

Président du Bloc National des Juifs Francophones 

09.06.2009

Obama vient en un discours de renforcer l’emprise islamiste sur l’islam

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Si l’islam a non seulement transmis le savoir grec à l’Europe mais l’a carrément initiée aux arts et lettres selon Obambi, (ce qui est faux : ex St Sophie a été la matrice de la technique du dôme) dans ce cas une telle affirmation ne peut que renforcer les islamistes dans leur désir de vivre s’habiller penser précisément comme à cette époque épique. C’est simple lumineux. Puisque le principal dirigeant de la plus puissante nation occidentale avoue en quelque sorte que tout son génie vient de l’islam de cette époque, alors replongeons-nous en elle, revisitons-là, revivons-là, pensons en elle jusqu’au bout de la nuit (qui s’étend).

Obama vient en un discours de renforcer l’emprise islamiste sur l’islam, et d’affaiblir en même temps tous les démocrates musulmans qui pensaient que s’habiller de manière moderne,  ne pas se voiler, intégrer les valeurs universelles dans le renouvellement de leur discours, pouvaient créer un islam nouveau à l’image de son temps, revivifiant la tradition d’une autre façon : ils se trompaient ! c’est au contraire en s’immobilisant dans l’islam des premiers siècles, qui a précisément apporté la civilisation à l’Europe et au monde, que l’islam peut repartir de l’avant voilà ce qu’en conclut à juste titre l’islam politique qui a désormais ses lettres de noblesse. 

Nous ne mesurons pas encore l’étendue des dégâts dans les écoles et les universités. Puisque la déperdition qui en a résulté pour l’Islam sera mis sur le dos du libéralisme le colonialisme et ses "youpins sionistes" et le tour est joué : merci Obambi !

( bien sûr il peut être objecté que Ben Laden et consorts ont préalablement condamné les propos d’Obama et qu’ils lui reprochent de les combattre en Afghanistan ; sauf que ceci n’est pas contradictoire en ce que si ceux-là exprimeraient un islam brut tandis que Obama (et Sarkozy Cohn Bendit, Bayrou, Besancenot…) aspirent à vivifier un islam soft, il n’empêche que celui-ci, lorsqu’il verra que les populations d’origine religieuse musulmane lui échappent sera de moins en moins imaginaire et canada dry…)
Lucien SA Oulahbib 9/6/2009 Resilience TV

31.05.2009

LES PALESTINIENS SONT VICTIMES D’UNE INJUSTICE INACCEPTABLE…

opbarbele.jpgLes Palestiniens sont victimes d’une injustice inacceptable. Soit. Depuis soixante ans, sans relâche, les médias du monde entier se focalisent sur ce conflit. On se dit tout de même que la rentabilité injustice/information est très faible, si l’on ne considère que le rapport entre le nombre de morts et la quantité de papiers et d’images déversés sur le monde en général, et les masses arabes en particulier. Même rentabilité faible si l’on prend en compte la quantité de personnes concernées, importante certes, mais moins qu’en d’autres lieux de la planète. Quant aux atrocités commises, n’en parlons pas, une plaisanterie. Au nombre de morts, de réfugiés, d’horreurs, il y a beaucoup mieux, un peu partout. Remarquons, à titre d’apéritif, qu’avec la meilleure volonté du monde, Tsahal aura du mal à exterminer autant de Palestiniens que l’ont fait, sans états d’âmes, les régimes arabes de la région, notamment la Syrie, le Liban et la Jordanie, qui n’en veulent pas, eux non plus, des Palestiniens, et qui ont peu de scrupules humanitaires lorsqu’il s’agit de s'en débarrasser.

Mais Israël est un coupable idéal, non seulement dans nos banlieues, mais en Europe en général. Nous le chargeons de toute notre mauvaise conscience d’anciens colonisateurs. Une poignée de Juifs qui transforme un désert en pays prospère et démocratique, au milieu d’un océan de dictatures arabes sanglantes, de misère, d’islamisme et de corruption, voilà un scandale. Il faut donc bien que cela soit intrinsèquement coupable, sinon où serait la justice ? L’injustice est avant tout israélienne. Ce n’est même pas un fait, c’est une métaphysique. Cent chrétiens lynchés au Pakistan valent moins, médiatiquement parlant, qu’un mort palestinien. Pourquoi l’injustice commise envers les Palestiniens reçoit-elle vingt fois plus d’écho que celle faite aux Tibétains, aux Tamouls, aux chrétiens du Soudan, aux Indiens du Guatemala, aux Touaregs du Niger, aux Noirs de Mauritanie ? Y a-t-il plus de gens concernés, plus de sang versé, une culture plus menacée dans son existence ? En fait, ce serait plutôt l’inverse.

Que la Papouasie soit envahie par des colons musulmans qui massacrent les Papous et trouvent, en plus, inacceptable de voir les rescapés manger du cochon, voilà qui ne risque pas de remporter un franc succès à Mantes la Jolie.

Que des sales Nègres, considérés et nommés comme tels, soient exterminés par des milices arabes au Darfour, les femmes enceintes éventrées, les bébés massacrés, voilà qui ne soulève pas la colère des jeunes des cités. Et c’est dommage : si l’on accorde des circonstances atténuantes à un jeune Français d’origine maghrébine qui s’en prend à un Juif à cause de la Palestine, alors il serait tout aussi logique de trouver excellent que tous les Maliens, Sénégalais ou Ivoiriens d’origine s’en prennent aux Algériens et aux Tunisiens. Voilà qui mettrait vraiment de l’ambiance dans nos banlieues. Le racisme franchement assumé des Saoudiens ou des Emiratis envers les Noirs, les Indiens ou les Philippins, traités comme des esclaves, ne soulève pas la vindicte de la tribu Ka, ni des Noirs de France (ni de Mbala Mbala dit Dieudonné).

La responsabilité directe des Africains dans la traite des Noirs n’induit pas des pogroms de Guinéens par les Antillais.

Pourquoi seulement Israël ? A moins que la haine d’Israël ne soit que le paravent du bon vieil antisémitisme ; mais non, cela n’est pas possible, bien entendu. Israël, 20.000 km2, 7,5 millions d’habitants, dont 5,5 millions de Juifs, est responsable du malheur des Arabes, de tous les Arabes, qu’ils soient égyptiens, saoudiens ou français. Israël est l’Injustice même. En le rayant de la face du globe, en massacrant les Juifs, on effacerait l’injustice. C’est bon, de se sentir animé par une juste colère. C’est bon, d’éprouver la joie de frapper et de persécuter pour une juste cause. Voilà pourquoi il ne faut pas dire aux “jeunes des cités” que les deux millions d’Arabes israéliens ont le droit de vote, élisent leurs députés librement. Ne leur dites pas qu’Israël soutient financièrement la Palestine. Ne leur dites pas que des milliers de Palestiniens vont se faire soigner dans les hôpitaux israéliens. Ne leur dites pas que l’université hébraïque de Jérusalem est pleine de jeunes musulmanes voilées. Ne leur demandez pas où sont passés les milliers de Juifs d’Alexandrie. Il en reste trente aujourd’hui. Ne leur demandez pas ce qu’il est advenu de tous les Juifs des pays arabes. Ne leur demandez pas s’ils ont le droit au retour, eux aussi. Ne leur demandez pas quelle est la société la plus “métissée”, Israël ou la Syrie. Ne leur dites pas que, s’il y a de nombreux pro-palestiniens en Israël, on attend toujours de voir les pro-israéliens dans les pays arabes. Ne leur dites pas que le négationnisme ou l’admiration pour Hitler ne sont pas rares dans les pays arabes ; que, lorsqu’il s’est agi d’illustrer les différentes cultures par leurs grands textes, la bibliothèque d’Alexandrie a choisi d’exposer, pour le judaïsme, le Protocole des Sages de Sion ; que ce "faux" antisémite est largement diffusé dans les pays arabes. Ne leur dites pas que, du point de vue des libertés, de la démocratie et des droits de l’homme, non seulement il vaut mille fois mieux être arabe en Israël que juif dans un pays arabe, mais sans doute même vaut-il mieux être arabe en Israël qu’arabe dans un pays arabe. Ne leur dites pas qu’Alain Soral, du Front national, qu’ils détestent tant, est allé manifester son soutien au Hezbollah, qu’ils admirent si fort. Si on leur enlève la méchanceté d’Israël, que deviendront ceux d’entre eux qui s’en prennent aux feujs, sinon des brutes incultes, bêtement, traditionnellement antisémites ? Il ne faut pas désespérer Montfermeil. Mais après tout, on peut tout de même essayer de leur dire tout cela sans trop de risque. Ils traiteront l’informateur de menteur, d’agent du Mossad, de représentant du lobby sioniste ou de raciste.
Ils auront raison. Pourquoi se défaire de la commode figure du Croquemitaine responsable de toute la misère du monde ? Elle évite de s’interroger sur ses propres insuffisances.

Pierre Jourde, romancier ("Paradis noir" sortira chez Gallimard en février), essayiste ("Littérature monstre" vient de paraître) critique littéraire ("La littérature sans estomac") et professeur à l'université de Grenoble III. 

24.05.2009

Barack Hussein Obama : Le pire des présidents de l’histoire des USA

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Obama est le premier président des Etats-Unis essentiellement et fondamentalement hostile à Israël

Il est très difficile d’être premier ministre d’Israël. Particulièrement après les années où Ehoud Olmert a occupé ce poste et mené une politique erratique qui a laissé des traces. C’est tout spécialement difficile maintenant que Barack Obama est à la Maison Blanche.

 J’avais, suivant en cela l’avis de plusieurs commentateurs américains, considéré jusque là que Jimmy Carter avait été le pire président de l’histoire des Etats-Unis. C’était exact jusqu’à une date récente : Obama a, en quatre mois, montré qu’on pouvait faire pire encore que Jimmy Carter.

 En ce court laps, Obama a permis au régime des mollahs de réaliser qu’il lui était possible de poursuivre son avancée vers l’arme nucléaire sans le moindre risque ; poussé le gouvernement pakistanais à abandonner une région du pays aux talibans, avant de lui demander de faire machine arrière ; distendu les liens de partenariat avec l’Inde, noués sous George Bush ; montré au Japon que les Etats-Unis n’étaient pas prêts à le défendre face à la menace nord-coréenne ; fait savoir aux dirigeants de Pékin que l’administration américaine ne prêtait plus aucune attention à la situation des droits de l’homme en Chine, et déclaré, à plusieurs reprises, que les Américains avaient, humblement, beaucoup à apprendre de l’islam et du monde musulman. Je pourrais ajouter à la liste la promotion, en partenariat avec Hugo Chavez, d’un livre marxiste inepte d’Eduardo Galeano sur l’Amérique latine, un ensemble de décisions économiques engageant les Etats-Unis sur la voie d’un socialisme à l’européenne, ou l’invitation, comme oratrice au dîner annuel de la presse, d’une comédienne gauchiste, militante de la cause lesbienne, Wanda Sykes.

Cette dernière a beaucoup fait rire Barack et Michelle en souhaitant, en direct, la mort du commentateur conservateur Rush Limbaugh.

Mais je ne veux pas faire un catalogue exhaustif des facéties dangereuses du nouveau président. En ce qui concerne Israël, Obama procède à des glissements progressifs vers la trahison, et, si des présidents ont, auparavant, eu des attitudes assez nettement anti-israéliennes, Obama est le premier président des Etats-Unis essentiellement et fondamentalement hostile à Israël. Si l’on prend les propos tenus lors de la brève conférence de presse qui a suivi sa rencontre avec Benyamin Netanyahu, on peut noter, outre le ton général paternaliste utilisé par Obama, et au-delà de l’hypocrisie évidente de ce dernier, plusieurs messages nets, constitutifs d’une « doctrine Obama » en gestation.

Parmi ceux-ci, le refus de fixer des dates limites aux pourparlers avec la République Islamique d’Iran, le refus de dire que l’option militaire reste sur la table (les seules menaces évoquées par Obama sont des sanctions supplémentaires, ce qui a dû faire beaucoup rire Ahmedinejad). La condamnation des mesures de surveillance étroite et de sanctions mises en œuvre par Israël (accusé de ne laisser « aucun espoir aux Gazaouis ») ; les pressions pour que Netanyahu saisisse l’ « opportunité historique » présente et fasse des « gestes sérieux », non pas vers l’avancée du processus de paix, mais vers « la paix » tout court, donc vers la création rapide d’un Etat palestinien. Dès lors qu’Obama a fait savoir, de manière redondante, qu’il était favorable au plan de paix arabe proposé par l’Arabie Saoudite, il n’est pas du tout difficile de savoir ce que la « paix » en question signifierait.

Abba Eban avait parlé autrefois des frontières de 1967 comme des « frontières d’Auschwitz » : Obama est favorable aux frontières d’Auschwitz. Les Etats-Unis, par ailleurs, viennent de réintégrer le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies : oui, celui qui vient d’organiser la si remarquable conférence de Durban II à Genève. Ils entendent participer, dans le cadre de l’Onu, comme l’a confirmé récemment Susan Rice, dans la lignée de Rose Goettenmoeller, à un désarmement nucléaire et à une mise en œuvre stricte de la non prolifération, dans le cadre de laquelle Israël se verrait demander des comptes, ce qui rompt avec quarante années d’accords entre Israël et les Etats-Unis sur ce point.

Très significativement, lors de son voyage vers l’Europe et l’Egypte, où il va lire, au Caire, sur son téléprompteur, début juin, un discours que je n’ose imaginer à l’avance, Obama ne passera pas par Israël.

Lors de sa récente visite à Washington, Shimon Peres n’a, contrairement aux usages en vigueur et au minimum protocolaire, pas été invité à donner une conférence de presse en compagnie de son hôte, ce qui n’a pas été du tout une marque d’amitié : lui demandera-t-on passer par la porte de service la prochaine fois ?

Lors des entretiens que Peres a eu avec Obama, Hillary Clinton a, semble-t-il, été invitée à ne pas venir (parce qu’elle serait trop « pro-israélienne », dit-on à Washington : c’est dire ce que sont les positions des autres). Les discours tenus à Peres sur les implantations israéliennes ont été si durs et si blessants, qu’il s’est, lui, le modéré d’entre les modérés, légitimement mis en colère.

Ce qui rassure un peu est que le projet de deux Etats ne peut, au delà des formules verbales, avancer. En dehors des hurluberlus qui ont participé aux « accords de Genève » il y a quelques années, nul ne peut voir sérieusement comment Jérusalem pourrait être divisée : un immeuble pour le Hamas, celui d’à côté pour Israël, bien sûr… Je doute très fortement que la Jordanie, quoi que dise le roi Abdallah, ait l’ardent désir de voir se constituer un Etat contrôlé par le Hamas en Judée-Samarie. Et je pense que ni l’Egypte, ni l’Arabie Saoudite ne veulent voir la République Islamique d’Iran accroître son influence et son emprise dans leur jardin.

Dois-je l’ajouter : seuls les antisémites européens et les membres de l’administration Obama font semblant de croire que la Judée-Samarie, laissée aux mains de l’Autorité Palestinienne, ne serait pas très vite contrôlée par le Hamas.

Ce ne sont que des paroles, donc.

Néanmoins, l’administration Obama contribue à la délégitimation et à la diabolisation internationale d’Israël, qui gagne du terrain sur la planète, et cela est, en soi, un crime moral impardonnable. L’administration Obama permet à toutes les dictatures, et plus particulièrement à l’Iran, de se renforcer, ce qui est un crime concret tout aussi impardonnable. Ceux qui voudront prendre au mot les propos hypocrites, pourront retenir les mots d’ « amitié » prononcés par Obama. Dans la mafia, comme dans la diplomatie, on peut embrasser sa future victime juste avant de la poignarder : c’est ce que fait Obama.

Netanyahu a répondu en prenant au mot les propos hypocrites qui lui étaient tenus, faisant comme s’il n’avait pas entendu le reste. Sa position, je l’ai dit, est très difficile. Obama reste populaire et jouit du soutien de la majorité de la communauté juive américaine. En Israël, une bonne partie de la population rêve d’une solution reposant sur deux Etats pour deux peuples. Tôt ou tard, quelqu’un devra oser parler comme Menahem Begin en son temps, et dire que le peuple juif ne se laissera pas écraser une seconde fois, et qu’Israël n’est pas un Etat servile, soumis au bon vouloir pervers des antisémites et des antisionistes : il se trouvera des millions de gens en Amérique pour entendre ce discours.

Une vieille phrase de Benjamin Disraeli dit que l’ignorance et l’aveuglement ne sont jamais le bon moyen de résoudre un problème, et c’est exactement ce que je pense. L’aveuglement volontaire de millions de gens, qui se croient amis d’Israël ou qui se font encore des illusions sur Obama, ne contribuera pas à une avancée vers la résolution du problème, sauf si on veut penser que la résolution du problème serait une victoire accordée à l’islamisme et une nouvelle solution finale.

Rien ne doit être cédé à l’ignorance, et beaucoup trop lui a été accordé depuis les accords d’Oslo : la plupart des commentateurs ne savent rien de l’histoire de la région et de la généalogie de la renaissance d’Israël. Quasiment tous les commentateurs en viennent à croire qu’il existe un peuple palestinien qui a été spolié de ses terres. Benyamin Netanyahu, dit la presse, a fait un cadeau à Obama : Pleasure Excursion to the Holy Land, un extrait du livre de Mark Twain, The Innocents Abroad. C’est une excellente idée. Si Obama lit le récit de voyage de Twain, il verra que la Terre d’Israël, au dix-neuvième siècle, était peuplée de Juifs et de quelques Arabes, dont aucun ne se disait Palestinien.

Il verra que le territoire était, très largement, un désert. S’il lit quelques autres ouvrages que, j’en suis sûr, le premier ministre israélien sera prêt à lui recommander, il découvrira que c’est quand le foyer national juif s’est reconstitué que des Arabes sont arrivés en nombre. Il verra que les Juifs ont mis les terres en culture et que, très vite, les Arabes ont été imprégnés de dogmes haineux et racistes. Il pourra être conduit à se demander pourquoi tous les racismes sont condamnés sur la planète, sauf la haine anti-juive, qui imprègne assez largement le monde arabe, et les Palestiniens en particulier. Mais attendre d’Obama qu’il se pose des questions est attendre bien trop de sa part. Il n’a pas besoin des questions : il possède les réponses.

Il les a depuis qu’il a fréquenté Jeremiah Wright et Rachid Khalidi. Il les avait même avant, au temps où il se rendait au Pakistan pour des voyages d’études, au temps où il était musulman, il y a un peu plus de vingt ans et où, comme s’en souviennent ceux qui l’ont connu lorsqu’il était étudiant à l’Occidental College à Los Angeles, il priait vers La Mecque cinq fois par jour.

Guy Millière

© Metula News Agency

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19.05.2009

Obama et Netanyahou : la guerre froide

Le Premier ministre israélien rencontrait lundi, à Washington, le président américain. Une rencontre stérile où chacun est resté campé sur ses positions.

C’est l’un des grands paradoxes de l’administration Obama, l’un des principaux arguments avancé par les détracteurs du président américain. Le démocrate paraît mieux s’entendre avec les ennemis historiques des Etats-Unis qu’avec certains de ses plus proches alliés. La Maison-Blanche surprend et séduit quand elle tend volontairement la main vers l’Iran ou Cuba. Elle étonne quand elle peine à parler avec Israël. Les relations entre l’Amérique et l’Etat hébreu ne sont pas encore glaciales mais, depuis la désignation de Benyamin Netanyahou comme premier ministre, l’ambiance s’avère tendue. Barack Obama et Benyamin Netanyahou semblent diamétralement opposés. Le premier se veut un symbole d’ouverture, résolu à orienter son pays sur la voie du progressisme. Le second est à la tête de l’un des gouvernements les plus conservateurs de l’histoire d’Israël.

Dans les faits, cela se traduit par de profonds désaccords géopolitiques : lundi, Obama a une nouvelle fois milité pour la création d’un Etat palestinien et l’arrêt des constructions de colonies juives en Cisjordanie. Netanyahou considère ces extensions comme « naturelles » et refuse d’endosser la responsabilité de la création d’un Etat qui serait contrôlé par le Hamas. L’actualité n’aura pas vraiment œuvré pour un apaisement des relations. Lundi, Israël confirmait l’extension de colonie juive de Maskiot…...

Isoler l’Iran

La rencontre organisée lundi n’aura rien changé. Devant les photographes, les dirigeants sourient et les mains se serrent. Mais les deux hommes n’ont pas modifié leur position d’un iota, que ce soit sur le Proche-Orient ou l’Iran, autre point de discorde entre Israël et les Etats-Unis. Benyamin Netanyahou s’inquiète toujours de l’attitude américaine envers Téhéran. Pour lui, la politique de la main tendue ne sert à rien sinon à donner du temps à l’Iran pour fabriquer sa bombe atomique. Obama, lui, se veut pragmatique et entend rallier les pays arabes à sa cause pour isoler l’Iran et contraindre Téhéran de stopper son programme nucléaire. Une politique qui implique la résolution du conflit israélo-palestinien. Le rapprochement entre Américains et Arabes sera donc poursuivi, dès la semaine prochaine, avec la réception du président égyptien Hosni Moubarak le 26 mai. Le 28, c’est le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas qui parcourra les couloirs de la Maison-Blanche.

Sylvain Chazot France-Soir

16.05.2009

Lieberman, l'homme qui dérange

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Alors que Benyamin Nétanyahou doit rencontrer Barack Obama, ce 18 mai, son ministre des Affaires étrangères occupe le devant de la scène. Avec quelles idées ?

Pour son premier face-à-face avec Barack Obama, prévu ce lundi 18 mai à la Maison-Blanche, Benyamin Nétanyahou, qui parle parfaitement l’anglais et maîtrise bien les arcanes de la politique américaine, ne sera pas accompagné – comme le veut l’usage – de son ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lie­berman, une personna­lité très controversée.

Depuis l’investi­ture de “Bibi”, le 31 mars, c’est lui qui ­occupe le devant de la scène, en Israël et à l’étranger.

Le turbulent leader nationaliste du mouvement Israël Beitenou (“Israël notre maison”) a été le phénomène de la dernière campagne électorale. D’origine moldave, il n’avait longtemps recruté que parmi les seuls électeurs russophones. En février, il a hissé sa formation à la troisième place politique. Fort de sa position clé dans la coalition Nétanyahou, “Evet” (son prénom d’origine) n’a pas manqué une occasion de se faire remarquer. Il est même apparu sous les traits de l’inquiétant Dark Vador (le grand méchant de la Guerre des étoiles) dans les deux derniers épisodes de l’émission télévisée satirique vedette Eretz Nehederet, où il a aussi revêtu la longue coiffe blanche du Ku Klux Klan !

Avec son fort accent russe, ses ma­nières directes et son franc-parler, le “tsar”, n’a jamais eu peur de déplaire. Âgé de 51 ans, cet ancien videur de boîte de nuit, devenu directeur de cabinet de Nétanyahou, lors de son premier gouvernement (en 1996), a bâti sa carrière politique sur un agenda intérieur iconoclaste.

Lieberman donne la priorité au danger nucléaire iranien

Son principal cheval de bataille concerne les Arabes israéliens (20 % de la population), qu’il soupçonne de constituer “une cinquième colonne”. « Pas de citoyenneté sans loyauté », a-t-il martelé lors de la dernière cam­pagne. Pour lui, les Arabes israéliens qui refusent de faire allégeance à Israël devraient être privés du droit de vote. Lieberman rêve aussi d’intégrer les villes arabes israéliennes à un futur État palestinien, afin de récupérer les grandes colonies juives de Cisjordanie. Ses détracteurs jugent ces positions « racistes et xénophobes » même si, paradoxalement, elles l’ancrent plutôt dans le camp des partisans d’une solution à deux États.

Ehud Barak, le ministre de la Déf­ense, son partenaire travailliste dans la coalition d’union nationale, affirme que Lieberman défend des « positions beaucoup plus équilibrées et responsables qu’il n’y paraît ». De fait, dans sa logique favorable à un « État juif homogène », Lieberman ne s’opposerait pas à la restitution des quartiers de Jérusalem Est aux Palestiniens. Résident de la colonie de Nokdim, au sud de la Cisjordanie, il s’est même dit prêt à vendre sa maison, si le pays venait à mettre en œuvre son plan de transfert de territoires. Ces propos ont irrité une partie des juifs religieux, par ailleurs échaudés par sa campagne en faveur de l’instauration du mariage civil.

L’“effet Lieberman” fait surtout désordre sur le front diplomatique. Depuis son entrée en fonctions, l’émissaire d’Israël a multiplié les sorties verbales, sans s’embarrasser d’explication de texte. Il a ainsi proclamé haut et fort que son pays « n’était pas lié » par la conférence d’Annapolis organisée fin 2007, dans le but de négocier directement les grands dossiers du conflit israélo-palestinien. Nétanyahou a en revanche l’intention de poursuivre la “feuille de route”, qui prévoit plusieurs étapes préliminaires, avant d’aboutir à un accord final, basé sur deux États indépendants.

Avigdor Lieberman a semé la conster­nation en qualifiant l’initiative de paix saoudienne de « formule dangereuse », arguant que la Syrie ne peut pas être considérée comme un partenaire, alors que le gouvernement Nétanyahou, Barak en tête, serait prêt à une ­approche régionale du conflit, en liant le dossier iranien à la question palestinienne… Lors de sa récente tournée européenne, Lieberman a éludé la question palestinienne, préférant une nouvelle fois mettre l’accent sur la menace nucléaire iranienne.

Lieberman joue-t-il le rôle de pyromane afin de permettre à Nétanyahou de passer pour “modéré” à Washington ? Beaucoup d’observateurs le ­pen­sent. « Il n’est pas un frein à la mise en place d’une solution à deux États, car il veut la plus grande séparation entre juifs et Arabes », relève Frédéric Encel, spé­cialiste de la question. Les obstacles au processus de négociation se trouveraient davantage du côté des partis religieux et d’autres membres de la coalition, issus des rangs de la droite dure. « Lieberman est prêt à faire davantage de concessions que Bibi et les travail­listes », renchérit le politologue israélien Mark Heller, de l’INSS (Institute for National Security Studies), tout en reconnaissant que les conditions man­quent pour que Jérusalem concrétise des avancées dans le dossier palestinien. Lieberman comme Bibi ne peuvent pas aller à l’encontre d’une coalition et d’un consensus israélien majoritairement hostiles à des retraits territoriaux.

Nathalie Harel pour Valeurs actuelles

14.05.2009

Une guerre qui vient

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Le président américain Barak Obama est en poste à la Maison Blanche depuis le 20 janvier dernier. Si l’on se fie à sa volonté affichée de négocier directement, l’on pourrait en déduire, si l’on était un tant soi peu optimiste, que le différent nucléaire avec l’Iran ira en s’atténuant et que le Proche-Orient se dirige, enfin, vers une période de calme. Malheureusement, si l’on analyse minutieusement les réactions à ce jour de la théocratie iranienne, on ne peut exclure que la détermination des démocrates us ne se brise sur son refus de renoncer à sa domination sur la communauté musulmane par la possession de la bombe nucléaire. Les américains feront ils alors du Georges W Bush en pilonnant les centrales iraniennes ? A ce jour, nul ne connaît suffisamment le courage du nouvel élu pour abonder dans tel ou tel sens.
 
En revanche, s’il est une évidence, c’est que l’état d’Israël ne s’autorisera nulle hypothèse de travail impliquant le cas d’un Iran nucléarisé. Benjamin Netanyahou aux manettes de l’état d’Israël, on ne peut douter que la Knesset ainsi que le peuple dans sa très grande majorité lui imposera une attaque ciblée du danger à l’image de ce qui se fit à Osirak en 1981. Ce qui déclenchera, en riposte, les missiles des Ayatollahs, mais aussi ceux de leurs affidés tels le Hamas, le Hezbollah ou encore la Syrie. Israël étant préparé au scénario de cette guerre prévisible, on ne peut douter de sa réaction militaire, forcément « disproportionnée », par voie de terre, air et mer.
 
Ce n’est donc pas a priori cette guerre-ci que le monde occidental doit redouter. Israël est à même d’y faire face, même si malheureusement des victimes seront à déplorer et les condamnations internationales usuelles et hypocrites de mise.
 
Il est une guerre, par contre, qui s’annonce beaucoup plus dangereuse pour l’occident si les autorités compétentes ne se décident à agir rapidement pour l’enrayer tant que faire se peut.
 
Lors de la dernière offensive israélienne dans la bande de Gaza, l’on a pu mesurer le degré de haine à l’encontre du peuple juif qui habite le cœur du monde musulman. Particulièrement les musulmans demeurant au sein de l’Europe qui ressentent le soutien de celle-ci à Israël comme injuste et toute victoire israélienne comme humiliante. Au-delà des habituels drapeaux israéliens brûlés et des sempiternels slogans antisémites tels « morts aux Juifs » (que nul parti politique européen n’a d’ailleurs à ce jour condamné) on a pu s’apercevoir que des membres de la communauté juive, ainsi que ses biens furent atteints cette fois-ci beaucoup plus fortement. Mais aussi que le soutien au Hamas fut plus prononcé en terre européenne qu’en terre musulmane, et que les partis politiques, conscients de cette force communautaire, ont courbé l’échine en faisant silence ou ont défilé, eux aussi, pour dénoncer les « crimes » des Juifs.
 
En conséquence, si l’on imagine que dans un futur proche, par sa réaction aux missiles reçus, Israël humilie à nouveau ce monde musulman malade de sa haine ancestrale, en éradiquant pour de bon le Hamas ainsi que le Hezbollah, en détruisant l’armée syrienne et ridiculisant le régime perse qui préconise interminablement la fin proche de « l’entité sioniste », il est à craindre sérieusement que le monde musulman européen s’enflammera gravement.
 
Si des dégâts ont été occasionnés lors des dernières manifestations, il est à prévoir que la prochaine fois l’humiliation ressentie sera telle que la violence n’atteigne un niveau encore jamais égalé en Europe. Voiture incendiée, magasin vandalisé, abribus brisé ne seront que les ‘’bons souvenirs’’ des manifestations de rues ‘’calmes’’ en France, en Espagne, en Angleterre ou encore en Allemagne.
 
Si les quelques vingt deux millions de musulmans européens, recensés par Leila Shahid, ne seront pas tous dans les rues pour manifester et réclamer vengeance contre ce pays qui ne ‘’respecte pas’’ les lois internationales, le noyau dur est suffisamment important pour prendre conscience du danger certain qu’il représente. Refuser d’envisager ce pire maintenant, et laisser agir ce noyau comme il lui plaît c’est probablement prendre pour l’avenir le risque d’une guerre ‘’fratricide’’, déclenchée cette fois-ci par les « souchiens »...
 

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08.05.2009

Obama ou le grand suicide

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J’ai passé 2008 à fatiguer les oreilles des lecteurs en prédisant qu’Obama serait pour les Etats-Unis et pour le monde un désastre complet. Bon sang ! J’étais à cent lieues de m’imaginer à quel point. N’est pas Cassandre qui veut. 

Obama demande pardon pour les faits et gestes de l’Amérique, son passé, son présent et le reste, il s’excuse de tout. Les relations dégradées avec la Russie, le manque de respect pour l’Islam, les mauvais rapports avec l’Iran, les bisbilles avec l’Europe, le manque d’adulation pour Fidel Castro, tout lui est bon pour battre la coulpe de l’Amérique.

Plus encore, il célèbre la contribution (totalement inexistante) de l’Islam à l’essor de l’Amérique, et il se fend d’une révérence au sanglant et sectaire roi d’Arabie, l’Abdullah de la haine. Il annule la ceinture anti-missiles sise en Alaska et propose un désarmement nucléaire inutile. Que Poutine, le dictateur, ait ressuscité depuis dix ans la haine et l’agressivité russes envers l’Occident, en s’attaquant par le fait à ses voisins, et par tous les autres moyens aux Etats-Unis, n’en parlons pas. C’est, ça doit être, ça ne peut être que la faute de l’Oncle Sam. La faute de l’Amérique depuis 30 ans si les relations avec l’Islam sont dégradées, par manque de respect américain. Nasser, les dictateurs syriens, irakiens, l’influence soviétique, n’en parlons pas. Coupable par définition. L’insanité belliqueuse et la haine de l’Occident qui marquaient, depuis les années quarante, l’Ayatollah Khomeiny ? La conversion générale de l’intelligentsia iranienne à l’extrême-gauche anti-impérialiste ? Le sauvetage de millions de musulmans par l’Amérique aux quatre coins de l’espace de barbarie qu’est l’Islam ? Les génuflexions rhétoriques de Bush devant « l’Islam, religion de paix » ?

L’Europe, apeurée par son ombre, hésitante à s’armer ne serait-ce que d’un canif (dangereuse arme d’agression), celle qui manifestait par millions contre les « euromissiles » et Ronald Reagan, et même contre Clinton ? C’est encore, c’est toujours la faute à l’Amérique. « Nous ne parlons pas russe ! C’est votre faute ». Mais où Obama a-t-il donc appris ces inepties ? D’où vient cet amoncellement de mécomptes du monde, d’idées fausses et difformes? D’où provient ce prurit du je-vous-demande pardon ? On est habitué au Jimmycartérisme, qui se mettait à quatre pattes devant Khomeiny (« un saint »), l’URSS, Cuba, le tiers monde, le terrorisme musulman. D’où vient qu’Obama ait – dirigeant d’une république – courbé la tête devant le roi d’Arabie ? C’est là qu’il convient de se souvenir de l’homme qui fut son pasteur pendant vingt ans, ce qui est très long quand on n’en a pas encore cinquante : le pasteur Jeremy Wright, de l’Eglise de la Trinité à Chicago, dont Obama ne se sépara que contraint et forcé, pour cause de déclarations insupportablement anti-américaines et antioccidentales, délirantes et conspirationnistes, et qui « passaient mal» dans la campagne. Pendant 20 ans, Wright fut son mentor et son Nestor, celui qui l’introduisit dans les cercles de la Black Theology de Chicago, qui l’initia aux idées de cette version noire de la « théologie de la libération ». Et que dit-elle, que dit Wright ? « Not ‘God Bless America,’ but ‘God damn America’. » Que Dieu ne bénisse pas, mais qu’il accable l’Amérique ! Que l’Amérique, c’est l’esclavage, que le SIDA a été “inventé” par le gouvernement américain pour exterminer les Noirs, etc. Wright hait l’Amérique de tout son être, même s’il en empoche tous les dividendes imaginables… La théologie de la « libération » noire est l’équivalent américain des pires perversions castristes, guévaristes, fanonistes : l’Amérique est satanique, et tous les autres, victimes de l’Amérique, sont angéliques. Vingt ans, et on s’imprègne des sermons. C’est Wright qui fait du diplômé de Harvard qui est maintenant un agitateur local (community organizer), un politicien en vue à Chicago. N’oublions pas que la carrière politique locale d’Obama est lancée par les fanatiques de la haine de l’Amérique, les ultragauchistes terroristes des Weathermen, à Chicago, qui répètent et confirment la même antienne idéologique. Tous les aquariums où a nagé le têtard avaient la même eau.

Obama est la version manucurée de Wright : il est allé à Harvard. Il n’éructe pas, il ne bave pas, il ne montre pas le poing. Il n’émet pas de gros mots à jet continu comme le fait son gourou. Elégant, Il est tout miel – mais les dragées, même recouvertes de sucre, n’en sont pas moins au poivre. Le fond est identique. Wright insulte l’Amérique, Obama demande pardon : dans les deux cas, elle est coupable. Wright est pasteur, Obama est président. Plus encore, cette déplorable Amérique a semé le désordre et le mal partout dans le monde. Au lieu de collaborer multilatéralement avec tous, d’œuvrer au bien commun avec Poutine, Chavez, Ahmadinejad, Saddam Hussein, Bachir al-Assad, et Cie, l’insupportable Bush en a fait des ennemis.

Quelle honte ! Il faut réparer les torts commis. L’Amérique ne trouvera sa rédemption que dans le retrait, la pénitence, la contrition, et une forme de disparition. Submergée dans les organisations multilatérales et internationales, recouverte par les unanimités onusiennes, harmonisée avec l’Europe, abandonnant sa propre souveraineté au profit d’un « droit international », dont les juges ne s’embarrassent pas de démocratie et ne sont comptables devant personne - comme l’Union européenne, qui a abrogé la démocratie et l’a remplacée par le gouvernement des juristes et des commissaires. Jeremy Wright veut des apocalypses ; Obama veut tout changer en version soft, par l’avocasserie. C’est bien pourquoi son administration est bourrée de ces juristes qui regardent avec condescendance et mépris la Constitution américaine, les électeurs, les élus : leurs pairs sont le jet-set international des juristes multinationaux, des ONG juridiques, des juges des cours internationales. Ils veulent non tant l’Etat de droit et le droit international que le règne des juristes. Ils veulent placer un juriste derrière chaque soldat et mettre la guerre – qui est ultima ratio regis, l’ultime argument du roi, comme il était écrit sur les canons de Frédéric II – hors-la-loi. Ils sont les seuls à le faire, pendant que les gangs de tueurs parcourent les rues et les allées de la mégalopole. Ils examinent vétilleusement les moindres actes des soldats, des hommes du renseignement, du gouvernement, et les soumettent non seulement à la censure, mais aussi à la sanction, auto-désarmement par moyen d’utopie, pendant que les autres côtés, qui n’en ont cure, continuent leurs déprédations.

 C’est ce que l’on apprend à L’Ecole de droit de Harvard, dont Obama est diplômé. Toute action doit être réglementée par la dictature des petits paragraphes et des porteurs-interprètes d’alinéas, les avocats. Il faut, à tout prix, trouver des terrains d’entente avec tous. Il faut aller loin, très loin, dans les concessions : l’autre côté finira bien par comprendre. Kim Jong-Il, Hugo Chavez, l’ayatollah Khamenei, Assad, le Hamas, on trouvera les compromis nécessaires à un deal avec les avocats des partie adverses.

Sans entente, on retombe dans les errements de l’Amérique honnie. L’Amérique, quelle horreur, se laisse aller à défendre ses alliés contre ses ennemis. On se bat au Vietnam et en Corée contre le communisme agresseur. On se bat contre le Communisme soviétique. Que croyez-vous que l’Obama de la campagne électorale ait signifié à Berlin, en disant, non sans délire, que le monde avait gagné la Guerre froide « en s’unissant » comme s’il n’y avait un qu’un seul camp dans cette guerre ! L’Amérique doit être réduite dans ses prétentions et dans sa puissance. Le monde doit être réduit à un seul camp, celui des faiseurs de paix, avec lesquels l’entente est toujours trouvable. Il n’y a pas d’ennemis, il n’y a que des malentendus. Il ne peut y avoir d’affrontements, seulement des clarifications. Vous n’êtes pas d’accord ? Taisez-vous ! C’est vous qui êtes la menace, le trublion, le danger public. Vous entendez vous défendre ? Qui êtes-vous donc pour défier la « communauté internationale » ? Le chœur des menteurs qui promeut la pseudo-réalité officielle flétrira votre voix et votre action. La claque des sycophantes est assourdissante. Tenez, hier, après l’opération des commandos de marine qui ont libéré le capitaine américain, otage des pirates somaliens, le Washington Post, écœurant sycophante, titrait en première page « Première victoire militaire pour Obama » - c’était la bataille de Lépante, celle du Jutland, Midway, on était dans l’épopée. Gonfler une minuscule opération de police pour en faire une victoire militaire, c’est évidemment s’abuser sur ce qu’est la guerre et sur ce que sont les moyens militaires. C’est que l’Obamisme s’en est fait une image si difforme, qu’il ne distingue plus le réel de la divagation. A confondre un raid de gendarmerie avec la guerre, on les mélange. Ce n’est pas grave en cas d’accident de la route, ça l’est en cas de vrai conflit. Si ce n’est pas trois lamentables vauriens de la côte somalienne qu’il faut neutraliser, mais la Corée du Nord de cette vermine de Kim Jong-Il, trois commandos de marine ne suffisent pas. Et le mega-voyou iranien ? Et Poutine ? Quand on ne distingue plus le blanc du noir, on ne voit plus rien. On s’abaisse devant le despote, on assure à l’Islam qu’on ne sera jamais en guerre avec lui (même si lui l’est avec nous). On promet un « nouveau départ » aux tyrans russes, déterminés à faire de l’Amérique un ennemi.

Bazar et confusion sont à leur comble. L’Obamaland est terre de cohue. Notons à propos que la mêlée des « réalistes » de la politique étrangère, qui préconise justement de se débarrasser des alliés afin de s’arranger avec les méchants, est aux anges, et participe à la mise en œuvre de l’obamisterie. Ah ! finalement, on ne s’embarrasse plus d’autre chose que la « stabilité » à court terme. Obama ne sépare ni le blanc du noir, ni l’ami de l’ennemi. Il a gratuitement offensé les Anglais en méprisant la « relation spéciale ». Il a offensé le Japon, en ne se souciant pas de lui ni du survol de son territoire par le missile nord-coréen. Il n’a pas eu un mot pour l’allié taïwanais. Il prépare avec acharnement une crise avec Israel. Il a montré à la Tchéquie et à la Pologne, sur l’affaire de la défense anti-missiles, qu’il ne faut pas compter sur Washington et qu’ils seront sacrifiés sur l’autel du « nouveau départ » avec Moscou.

Pour tous, la leçon est brutale : à l’ère d’Obama, mieux vaut être un ennemi qu’un ami : ami, on vous jettera aux orties. Ennemi, on fera tout pour vous plaire. En géopolitique, le stratège chinois Sun Zi a parlé d’or : il faut éviter les points forts et se ruer sur les points faibles. Le « plein » est à éviter, le « vide » est à envahir. Obama crée du vide et évide les pleins.

Dans les années qui viennent, la ruée des méchants est prévisible, et le sacrifice des bons. Carter avait sacrifié le Chah d’Iran, qui n’était pas un ange, au profit du satanique ayatollah. C’est le modèle que suit Obama. J’ai vu dans un Western le duc anglais qui jette au visage de la brute du Far West : « Eh ! bien monsieur, nous allons nous battre ». Le temps qu’il enlève sa veste, l’autre lui a balancé plusieurs coups de pied là où il ne faut pas.

Par Laurent Murawiec à Washington
© Metula News Agency

07.05.2009

Rencontre avec un Prophète d'Israël ( 1994 )

yeshayahou-leibowitz.pngAl-Youm al-'Ard, le jour de la terre, demain tout est bouclé: nous essayons de regagner Jérusalem avant la fermeture des Territoires "administrés" (on se demande par qui à Gaza!) et visiblement occupés par l'armée israélienne. La sortie de la ville est éprouvante: les "aigles rouges" ont dressé des dizaines de barrages de carcasses de voitures et de détritus de toutes sortes qui brûlent il faut éviter le cloaque des rues noyées dans vingt centimètres de résurgences d'égouts, les pierres au sol ou celles qui tombent sur le toit de la voiture en faisant un bruit auquel on ne s'habitue pas facilement...
Puis, les barrages de l'armée se succèdent jusqu'au "check point" où une voiture nous attend de l'autre côté. De jeunes soldats israéliens, blêmes de peur, nous arrêtent parce que Slimane Zeghidour, grand reporter à La Vie, bien que français, a une tête d'Arabe. Un sous-officier druze aux yeux bleus, un soldat noir (fallasha?), un jeune marocain qui n'a pas vingt ans, nous parlent en arabe. Pourtant en général on regarde d'abord la couleur de la plaque d'immatriculation de la voiture avant la tête des occupants mais ce soir tout le monde est à cran. Au passage de contrôle, un groupe de colons, que l'armée a du mal à contenir, manifeste. Ils ont la même tête de braillards que ceux de chez nous qui ont assassiné Jacques Roseau... Triste!
Cauchemar: je me revois, en décembre 1961, sur la route entre Oran et Sidi Bel Abbès. C'est vraiment la fin!
Yeshayahou Leibowitz ne dit pas autre chose lorsqu'il crie, depuis des décennies, que l'état d'Israël est en train de s'auto-détruire. Il me reçoit dans son modeste appartement, dans son bureau rempli de livres jusqu'au plafond -- je repère tout de suite la Halacha de Maïmonide et il me dira que le livre auquel il tient le plus est effectivement celui qu'il lui a consacré (La foi de Maïmonide). Il est là devant moi, fragile avec sa calotte sur ses quatre-vingt-dix ans et pourtant le regard ne trompe pas: cet homme est la vigueur même, en lui converge toute la colère des prophètes d'Israël qui hurlent sur les méfaits du Prince.
Enseignant la science politique dans son croisement avec le champ religieux, et faisant travailler mes étudiants sur l'un de ses livres plus anciens (Judaïsme, peuple juif et état d'Israël), il n'était pas question que je vienne ici sans lui rendre visite. Dans un premier temps, mon idée était plutôt de lui rendre hommage après l'affaire du prix refusé pour son dernier ouvrage (Israël et Judaïsme, ma part de vérité), un peu comme un jour je crus honorable d'aller saluer Mircéa éliade avant sa mort: quelle arrogance prétentieuse de ma part! J'ai rencontré un jeune homme de trois mille ans! Fin, subtil, cultivé comme tous ces vieux Juifs de l'ancienne Europe, délicat, nuançant son français pour moi, mais ferme, dur, violent, précis, ne faisant ni cadeau, ni concession, et surtout pas de démagogie!
Bien que scientifique d'origine, Leibowitz a produit une oeuvre récente qui est à proprement parler au coeur de l'interrogation essentielle et actuelle en science politique par-delà le cas d'Israël: peut-il exister un état religieux? Bien sûr la réponse pour lui est négative. Par certains côtés nous sommes en présence d'un miroir inversé et homothétique à l'oeuvre de quelqu'un comme Darius Shayagan par exemple, mais très loin de la thèse de Dominique Colas et curieusement sur un tout autre registre que l'oeuvre de Raphaël Drai, avec lequel pourtant Leibowitz a quelques traits communs. Au moins leur immense culture talmudique par comparaison avec la maigreur des connaissances de certains auteurs à la mode sur la fin du religieux.
Leibowitz n'est ni humaniste -- il récuse ce mot --, ni bien sûr athée ou même laïc! Il est tout au contraire un homme très pieux qui respecte le "joug" des obligations, et il est la démonstration éclatante que l'on peut, aujourd'hui, être, à la fois, un esprit critique et un homme de foi absolue sans concessions au mondain et au séculier.
Pour lui, un peuple défini par son état ne peut l'être que dans le sens mussolinien de "régiments de personnes guerroyant ensemble". Et l'état d'Israël n'a aucune légitimité ni aucune compétence pour définir qui est juif et donc à fortiori pour légiférer en matière religieuse.
La clé suprême de toute la pensée de Leibowitz tient en une phrase: "La vie n'a de valeur et de sens que dans le culte divin". à partir de ces deux considérations, sa logique devient implacable: le chemin le plus court de la civilisation à la barbarie passe par le nationalisme. Or Israël est un état comme les autres, c'est à dire nationaliste, patriotique, donc fasciste, qui détruit le judaïsme. Comme de plus cet état est l'appareil de l'oppression juive contre un autre peuple, il est devenu totalement illégitime. C'est l'armée qui possède l'état, et depuis 1967 elle a des comportements qui vont la transformer fatalement en armée "judéo-nazie". "La politique de conquête est une politique nazie" (p. 46 de I. et J.). Penser, affirmer que la nation, la patrie et l'armée sont "sacrées" le fait hurler d'horreur.
Au passage, Leibowitz règle quelques comptes avec les grands mythes de la propagande: l'antisémitisme est bien moins virulent que ne le prétendent certains, et la philosémie bien plus équivoque rien de ce que les Goyim attribuent au "génie juif" ne vient du judaïsme, que ce soit chez Chagall ou Einstein le seul miracle de la Diaspora est la survie du judaïsme, mais à l'intérieur d'Israël c'est encore pire: "Dans la démocratie israélienne il est interdit aux Palestiniens de manifester". Dayan était un voleur de biens publics, la Knesset est composée de clercs stipendiés, d'ivrognes, d'athées et d'apostats. Et l'état est dirigé par des profanateurs de Shabbat. Quant au "hooliganisme national", il est favorable à l'ouverture de camps de concentration pour les "traîtres comme moi".
On comprend mieux pourquoi l'establishment israélien n'a pas voulu lui remettre ce prix, d'autant plus qu'il rappelle que Shamir a participé au groupe (le LEHI de Y. Stern) qui avait fait des avances à Hitler.
Par-delà la violence du propos, il faut essayer de comprendre ce que ce sioniste convaincu veut dire aux siens et -- bien que cela ne l'intéresse guère -- à nous les Goyim. Car Leibowitz est juif sioniste, et c'est pour cela que sa voix est tonitruante. Elle s'appuie sur deux pôles: la Torah et les mitzvot. Rien d'autre ne présente le moindre intérêt et relève de l'hypocrisie ou du mensonge.
Tout d'abord il part d'un constat: on ne peut pas corriger l'Histoire, et il y a aujourd'hui deux peuples qui pensent avec la plus parfaite bonne conscience dans leur âme que ce pays est leur pays. Quelles que soient les erreurs de l'un et de l'autre il n'existe qu'une seule solution morale: le partage mais pas plus qu'Israël n'est l'état du judaïsme, la Palestine ne sera l'état de l'Islam: Israël est l'état de certains Juifs contemporains et la Palestine sera l'état de certains Arabes contemporains.
Pour lui la division drastique est entre ceux qui veulent un état national et un état dominant un autre peuple, et ceux qui veulent libérer le Pouvoir de cette tâche maudite en libérant la religion de l'état. Pour éclairer son propos, il me rappelle que c'est la loi de 1905 qui a sauvé le catholicisme, et que l'état d'Israël ne parvient pas à cette libération en particulier parce que les Rabbins "officiels" sont des "fonctionnaires concordataires", alors que l'essence de la religion est de s'opposer au Pouvoir.
Il n'y a pas d'état religieux parce que le sens de l'état est l'intérêt des hommes et non point le service de Dieu. L'essence et le sens politique de la religion ne peuvent être que de limiter l'autorité du politique par une opposition permanente contre le Pouvoir en vue de baliser ses limites.
L'Histoire n'a pas de sens religieux et même la Shoah n'est pas un problème religieux, sauf peut-être pour les chrétiens. La foi peut être un don elle est toujours un devoir le télos de l'homme est de servir Dieu or Dieu n'a besoin de rien la foi est une idée que l'homme a de son devoir et attribuer une volonté quelconque à Dieu est stupide. Seule la réalité de Son existence compte, et non point Ses attributs qui ne peuvent se nominer que négativement.
Le Mur occidental est un lieu d'idolâtrie.
Et si l'essence du judaïsme est le peuple juif, cela ne signifie point qu'elle soit liée à un pays, à une langue: d'ailleurs depuis le XIXe siècle la majorité des Juifs a rompu avec le judaïsme, et la judéité n'a plus rien à voir pour eux avec le judaïsme.
Au passage, je prends un réel plaisir à sa dissertation sur la Shekhina, car seule l'immanence divine dans sa présence/absence (Sakina, en arabe) m'intéresse dans les trois religions monothéistes, et je suis surpris que Leibowitz ne connaisse pas Ibn' Arabi ni à fortiori l'émir Abdelkader. Beaucoup de mystiques musulmans pensent comme lui à propos de l'état religieux. Il regrette d'ailleurs de ne pas savoir l'arabe. Et lors d'une conférence dans une université, il a été frappé en retour de la maîtrise de l'hébreu par ses interlocuteurs palestiniens.
Bien entendu il est très rude et surtout indifférent envers le christianisme, alors qu'il est plus nuancé sur l'Islam, à propos desquels il est sur la position de Maïmonide: le christianisme est un polythéisme et l'Islam un véritable monothéisme. En fait il pose clairement le débat de l'impossibilité du dialogue trilogique: si Christ est Dieu, le judaïsme est forclos et Mohammad est un faux prophète. Il est donc logique que la survie du judaïsme soit insupportable pour les chrétiens et relativement indifférent aux musulmans.
Enfin, ultime lucidité, Leibowitz pense que les états Unis n'ont plus aucun intérêt stratégique à soutenir Israël, et que celui-ci est dans la situation du Viet Nam du sud..." Tant que l'état d'Israël, dans son abyssale bêtise, sera persuadé que l'aide américaine se poursuivra éternellement, il ne sera pas intéressé par la paix".
Et ce vieil homme tonitrue en tapant sur son bureau: "Si nous continuons dans cette voie, l'état d'Israël sera détruit dans quelques mois".
Alors.
Seul, le Prophète ? Isolé ?
Je ne crois pas, car j'ai cru comprendre que d'une part le débat est rude sur son oeuvre mais au moins existe-t-il, l'affaire du prix en témoigne, et Leibowitz ne se prive pas de parler et personne ne l'en empêche sur ce plan les pays arabes ont des leçons à prendre !
D'autre part plus de mille soldats et officiers de l'armée israélienne ont refusé de servir cette année dans les territoires occupés et plus particulièrement à Gaza, c'est à dire plus que tous les réfractaires à la guerre d'Algérie pendant huit ans.
"Nul ne sait ce qu'est la guerre s'il n'y a son fils", disait Joseph de Maistre qui comme Maïmonide croyait au règne de la Providence.
Honni, certes, parce que les prophètes ont toujours raison. Trop tôt.
Comme la presse et les commentateurs unanimes ont admis que l'événement était historique et la chose irréversible, disons tout de suite qu'il s'agit là de l'emphase habituelle des médias en mal de titres à sensation, d'éphémère et d'événementiel, car rien n'est joué, tout est à faire et la route longue et parsemée de douleurs déchirantes. D'ailleurs, les médias ont déjà oublié la Palestine! Comme tout le monde a oublié que le problème est posé depuis l'effondrement de l'Empire ottoman, depuis les accords Sikes-Picot et la déclaration Balfour en pleine guerre de 1914-1918, comme tout le monde a oublié que les Palestiniens n'ont jamais accepté le grignotage de leur territoire depuis 1920, puis 1933, puis 1936, puis 1947. Tout le monde a oublié que l'ONU a créé DEUX états lors du partage, et qu'Israël autoproclamé n'a jamais accepté les frontières internationales.
Autrement dit, la Palestine et les Palestiniens ne sont pas nés en 1933!
Ces précautions étant prises, il faut comprendre pourquoi cet accord a eu lieu maintenant seulement et quels sont les obstacles à son application.
Plusieurs facteurs emboîtés expliquent le timing. Tout d'abord, l'effondrement de l'URSS, mettant fin à la bipolarité du monde, a permis la guerre du Golfe et celle-ci a rendu possible cet accord.
En effet, les acteurs secondaires (Israël, Syrie) ont compris que les grandes puissances ne leur laisseraient plus de marge d'autonomie: la leçon irakienne est rude et, dans le nouvel ordre mondial, Israël n'est plus un acteur indispensable. Les états Unis ont de nouveaux partenaires (Arabie Saoudite et Turquie) qui contrôlent le monde arabe et le monde islamique face à l'Iran. C'est la théorie du "Muslim Belt, car le problème crucial est désormais localisé vers les Républiques islamiques ex-soviétiques, dont certaines possèdent l'arme atomique !
L'ennemi principal (le communisme) ayant disparu, les états Unis et leurs alliés arabes dénoncent le nouveau péril: l'intégrisme musulman!
Israël a profité du fait que les Grands étaient occupés ailleurs et de la faiblesse de l'OLP pour négocier secrètement. Si l'opération réussit -ce dont je doute-, Israël aura joué le jeu et en tirera des bénéfices internationaux. Si l'opération ne réussit pas au bout des cinq années transitoires, Israël pourra rappeler que nous étions prévenus: les Arabes sont incapables de s'entendre entre eux, et dans les deux cas Israël s'est débarrassé de Gaza !
Les bons sentiments étant rares en politique, on peut se demander pourquoi l'OLP a brusquement cessé d'être une organisation terroriste! Peut-être, parce qu'elle est trop diminuée pour représenter un véritable danger face à la menace "intégriste" bien réelle après des années d'Intifada dans les Territoires occupés, et surtout à Gaza, où le Hamas prend le pas sur toutes les autres organisations. Seule l'OLP reconnaît Israël et accepte l'idée des deux états. Mais pourra-t-elle contrôler ses troupes ?
Les problèmes sont différents à Gaza et en Cisjordanie: alors que les élites y sont bien plus modérées dans celle-ci que dans celle-là, les difficultés peuvent venir de là. à Gaza, le Niet de certaines organisations produit déjà des conflits violents, et l'armée israélienne fait le "sale boulot" pour l'OLP!
Mais, en Cisjordanie, il en va tout autrement: les Palestiniens ont pris l'habitude de coopérer volens nolens avec les Israéliens et, après trente ans d'occupation, les partenaires se connaissent bien. Les gens ont pris l'habitude de gérer leurs affaires eux-mêmes, ils ont inventé des formes nouvelles d'administration et de gestion, sans tenir compte des états d'âme des apparatchiks de Tunis!
Et la première difficulté est bien là: que se passerait-il si des milliers de Palestiniens venaient à rentrer au pays?
En effet, un certain nombre de problèmes n'ont aucune solution dans les accords, dont il faut rappeler rapidement le contenu essentiel.
Un conseil élu dans les Territoires sera chargé de gérer l'autonomie pendant cinq ans. Mais les questions se posent:
- Quels Territoires? Y compris Jérusalem?
- Le mot "autonomie" est dit self government dans le texte, avec quel sens réel ?
- La juridiction, l'ordre public et la sécurité seront assurés par une force de police, mais l'armée israélienne garde le contrôle des axes routiers et assure la protection des "colonies de peuplement" qui ne seront démantelées qu'à Gaza.
- Le retrait des forces militaires de Gaza et Jéricho doit être achevé quatre mois après la signature de l'accord. D'ores et déjà ce n'est pas le cas.
- Les négociations doivent aboutir dans cinq ans sur le statut final, dont rien n'est dit.
- Les élections doivent avoir lieu dans les neuf mois qui suivent l'accord.
- Plusieurs accords intérimaires et comités mixtes sont mis en place, et il est fait appel à l'aide internationale sur le plan financier.
Il faut donc sérier les problèmes cruciaux:
- Celui de l'eau n'est pratiquement pas posé or, il est vital pour les Palestiniens, qui n'ont pas du tout les mêmes droits que les Israéliens sur ce plan-là.
- Le statut des "colonies" est imprécis, et les difficultés entre le gouvernement israélien et les colons religieux semblent sérieuses.
- Le problème de Jérusalem Est n'est même pas abordé.
En revanche, plusieurs points apparaissent comme positifs:
- La violence entre les différents opposants à l'accord est bien moins grande que ce que l'on craignait.
- Les états arabes de la région ont donné leur accord au processus, bien que les accords bilatéraux avec Israël soient loin d'être conclus.
La seule chose qui est irréversible est que les Palestiniens et les Israéliens ont accepté la légitimité réciproque...

Bruno Etienne, mardi 01 mars 1994
http://www.republique-des-lettres.fr/

21.04.2009

Télévision du Hamas : Si Allah veut, les Juifs seront exterminés jusqu´au dernier

Sermon du vendredi sur la télévision du Hamas : Si Allah le veut, les Juifs seront exterminés jusqu´au dernier

 

Ci-dessous des extraits d´un sermon du vendredi du Hamas, diffusé sur la télévision Al-Aqsa, le 3 avril 2009 :

Voir les extraits-vidéo sous-titrés en anglais surMEMRI TV : http://www.memritv.org/clip/en/2080.htm.

Voir la page web de MEMRI TV consacrée à la télévision Al-Aqsa : http://www.memritv.org/content/en/tv_channel_indiv.htm?id...

"Nous, musulmans, connaissons la nature des Juifs, parce que le Coran nous en a informés"

 

Prédicateur : "Qui c´est qui dirige aujourd´hui le monde contre l´islam et son peuple ? Qui c´est qui mène la campagne violente et sauvage contre l´islam et son peuple ? La réponse est claire comme le jour : c´est la nation des Juifs. Ce sont les Juifs qui mènent aujourd´hui la violente campagne contre les musulmans. (…)

 

Nous, musulmans, connaissons la nature des Juifs, parce que le Coran nous en a informés, et parce que la pure Sunna du Prophète Mahomet a consacré beaucoup de place pour informer les musulmans de la vérité sur les Juifs et leur animosité à l´égard de l´islam et de son Prophète. (…)"

 

"Dans le Protocole des Sages de Sion, les Juifs énoncent leur plan visant à assiéger le monde entier, par voie terrestre, aérienne et maritime, par l´idéologie, l´économie et les médias"

 

"Leur célèbre livre, dont les plus raisonnables d´entre eux nient l´existence, Le Protocole des Sages de Sion, comme on l´appelle, et que nous appelons le ´Protocole des Idiots de Sion´… Dans ce livre, les Juifs énoncent leur plan visant à assiéger le monde entier, par voie terrestre, aérienne et maritime, par l´idéologie, l´économie et les médias, comme on le voit aujourd´hui, mes frères en la nation du Prophète Mahomet. Les Juifs tissent aujourd´hui leurs toiles d´araignées afin d´encercler notre nation comme un bracelet enserre un poignet, afin de répandre la corruption partout dans le monde."

 

"Si Allah veut, le moment viendra où leur propriété sera détruite et leurs fils annihilés, jusqu´à ce que pas un seul Juif ne demeure sur la surface de la terre."

 

"Si Allah veut, le moment viendra où leur propriété sera détruite et leurs fils annihilés, jusqu´à ce que pas un seul Juif ne demeure sur la surface de la terre. (…)"

 

"Les chiots, comme les chiens, aboient et mordent, et tous deux sont impurs. Et cela est vrai des Juifs."

 

"Il était une fois un chien qui effrayait tout le voisinage avec ses aboiements. Ce chien engendra un chiot plus mauvais encore que son père. Les Juifs sont toujours les mêmes, mes frères. Les chiots, comme les chiens, aboient et mordent, et tous deux sont impurs. Et cela est vrai des Juifs."

Pour consulter l´intégralité des dépêches de MEMRI en français et les archives, libres d´accès, visiter le site

www.memri.org/french.

 

Veuillez adresser vos emails à memri@memrieurope.org.

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