07.05.2009

Rencontre avec un Prophète d'Israël ( 1994 )

yeshayahou-leibowitz.pngAl-Youm al-'Ard, le jour de la terre, demain tout est bouclé: nous essayons de regagner Jérusalem avant la fermeture des Territoires "administrés" (on se demande par qui à Gaza!) et visiblement occupés par l'armée israélienne. La sortie de la ville est éprouvante: les "aigles rouges" ont dressé des dizaines de barrages de carcasses de voitures et de détritus de toutes sortes qui brûlent il faut éviter le cloaque des rues noyées dans vingt centimètres de résurgences d'égouts, les pierres au sol ou celles qui tombent sur le toit de la voiture en faisant un bruit auquel on ne s'habitue pas facilement...
Puis, les barrages de l'armée se succèdent jusqu'au "check point" où une voiture nous attend de l'autre côté. De jeunes soldats israéliens, blêmes de peur, nous arrêtent parce que Slimane Zeghidour, grand reporter à La Vie, bien que français, a une tête d'Arabe. Un sous-officier druze aux yeux bleus, un soldat noir (fallasha?), un jeune marocain qui n'a pas vingt ans, nous parlent en arabe. Pourtant en général on regarde d'abord la couleur de la plaque d'immatriculation de la voiture avant la tête des occupants mais ce soir tout le monde est à cran. Au passage de contrôle, un groupe de colons, que l'armée a du mal à contenir, manifeste. Ils ont la même tête de braillards que ceux de chez nous qui ont assassiné Jacques Roseau... Triste!
Cauchemar: je me revois, en décembre 1961, sur la route entre Oran et Sidi Bel Abbès. C'est vraiment la fin!
Yeshayahou Leibowitz ne dit pas autre chose lorsqu'il crie, depuis des décennies, que l'état d'Israël est en train de s'auto-détruire. Il me reçoit dans son modeste appartement, dans son bureau rempli de livres jusqu'au plafond -- je repère tout de suite la Halacha de Maïmonide et il me dira que le livre auquel il tient le plus est effectivement celui qu'il lui a consacré (La foi de Maïmonide). Il est là devant moi, fragile avec sa calotte sur ses quatre-vingt-dix ans et pourtant le regard ne trompe pas: cet homme est la vigueur même, en lui converge toute la colère des prophètes d'Israël qui hurlent sur les méfaits du Prince.
Enseignant la science politique dans son croisement avec le champ religieux, et faisant travailler mes étudiants sur l'un de ses livres plus anciens (Judaïsme, peuple juif et état d'Israël), il n'était pas question que je vienne ici sans lui rendre visite. Dans un premier temps, mon idée était plutôt de lui rendre hommage après l'affaire du prix refusé pour son dernier ouvrage (Israël et Judaïsme, ma part de vérité), un peu comme un jour je crus honorable d'aller saluer Mircéa éliade avant sa mort: quelle arrogance prétentieuse de ma part! J'ai rencontré un jeune homme de trois mille ans! Fin, subtil, cultivé comme tous ces vieux Juifs de l'ancienne Europe, délicat, nuançant son français pour moi, mais ferme, dur, violent, précis, ne faisant ni cadeau, ni concession, et surtout pas de démagogie!
Bien que scientifique d'origine, Leibowitz a produit une oeuvre récente qui est à proprement parler au coeur de l'interrogation essentielle et actuelle en science politique par-delà le cas d'Israël: peut-il exister un état religieux? Bien sûr la réponse pour lui est négative. Par certains côtés nous sommes en présence d'un miroir inversé et homothétique à l'oeuvre de quelqu'un comme Darius Shayagan par exemple, mais très loin de la thèse de Dominique Colas et curieusement sur un tout autre registre que l'oeuvre de Raphaël Drai, avec lequel pourtant Leibowitz a quelques traits communs. Au moins leur immense culture talmudique par comparaison avec la maigreur des connaissances de certains auteurs à la mode sur la fin du religieux.
Leibowitz n'est ni humaniste -- il récuse ce mot --, ni bien sûr athée ou même laïc! Il est tout au contraire un homme très pieux qui respecte le "joug" des obligations, et il est la démonstration éclatante que l'on peut, aujourd'hui, être, à la fois, un esprit critique et un homme de foi absolue sans concessions au mondain et au séculier.
Pour lui, un peuple défini par son état ne peut l'être que dans le sens mussolinien de "régiments de personnes guerroyant ensemble". Et l'état d'Israël n'a aucune légitimité ni aucune compétence pour définir qui est juif et donc à fortiori pour légiférer en matière religieuse.
La clé suprême de toute la pensée de Leibowitz tient en une phrase: "La vie n'a de valeur et de sens que dans le culte divin". à partir de ces deux considérations, sa logique devient implacable: le chemin le plus court de la civilisation à la barbarie passe par le nationalisme. Or Israël est un état comme les autres, c'est à dire nationaliste, patriotique, donc fasciste, qui détruit le judaïsme. Comme de plus cet état est l'appareil de l'oppression juive contre un autre peuple, il est devenu totalement illégitime. C'est l'armée qui possède l'état, et depuis 1967 elle a des comportements qui vont la transformer fatalement en armée "judéo-nazie". "La politique de conquête est une politique nazie" (p. 46 de I. et J.). Penser, affirmer que la nation, la patrie et l'armée sont "sacrées" le fait hurler d'horreur.
Au passage, Leibowitz règle quelques comptes avec les grands mythes de la propagande: l'antisémitisme est bien moins virulent que ne le prétendent certains, et la philosémie bien plus équivoque rien de ce que les Goyim attribuent au "génie juif" ne vient du judaïsme, que ce soit chez Chagall ou Einstein le seul miracle de la Diaspora est la survie du judaïsme, mais à l'intérieur d'Israël c'est encore pire: "Dans la démocratie israélienne il est interdit aux Palestiniens de manifester". Dayan était un voleur de biens publics, la Knesset est composée de clercs stipendiés, d'ivrognes, d'athées et d'apostats. Et l'état est dirigé par des profanateurs de Shabbat. Quant au "hooliganisme national", il est favorable à l'ouverture de camps de concentration pour les "traîtres comme moi".
On comprend mieux pourquoi l'establishment israélien n'a pas voulu lui remettre ce prix, d'autant plus qu'il rappelle que Shamir a participé au groupe (le LEHI de Y. Stern) qui avait fait des avances à Hitler.
Par-delà la violence du propos, il faut essayer de comprendre ce que ce sioniste convaincu veut dire aux siens et -- bien que cela ne l'intéresse guère -- à nous les Goyim. Car Leibowitz est juif sioniste, et c'est pour cela que sa voix est tonitruante. Elle s'appuie sur deux pôles: la Torah et les mitzvot. Rien d'autre ne présente le moindre intérêt et relève de l'hypocrisie ou du mensonge.
Tout d'abord il part d'un constat: on ne peut pas corriger l'Histoire, et il y a aujourd'hui deux peuples qui pensent avec la plus parfaite bonne conscience dans leur âme que ce pays est leur pays. Quelles que soient les erreurs de l'un et de l'autre il n'existe qu'une seule solution morale: le partage mais pas plus qu'Israël n'est l'état du judaïsme, la Palestine ne sera l'état de l'Islam: Israël est l'état de certains Juifs contemporains et la Palestine sera l'état de certains Arabes contemporains.
Pour lui la division drastique est entre ceux qui veulent un état national et un état dominant un autre peuple, et ceux qui veulent libérer le Pouvoir de cette tâche maudite en libérant la religion de l'état. Pour éclairer son propos, il me rappelle que c'est la loi de 1905 qui a sauvé le catholicisme, et que l'état d'Israël ne parvient pas à cette libération en particulier parce que les Rabbins "officiels" sont des "fonctionnaires concordataires", alors que l'essence de la religion est de s'opposer au Pouvoir.
Il n'y a pas d'état religieux parce que le sens de l'état est l'intérêt des hommes et non point le service de Dieu. L'essence et le sens politique de la religion ne peuvent être que de limiter l'autorité du politique par une opposition permanente contre le Pouvoir en vue de baliser ses limites.
L'Histoire n'a pas de sens religieux et même la Shoah n'est pas un problème religieux, sauf peut-être pour les chrétiens. La foi peut être un don elle est toujours un devoir le télos de l'homme est de servir Dieu or Dieu n'a besoin de rien la foi est une idée que l'homme a de son devoir et attribuer une volonté quelconque à Dieu est stupide. Seule la réalité de Son existence compte, et non point Ses attributs qui ne peuvent se nominer que négativement.
Le Mur occidental est un lieu d'idolâtrie.
Et si l'essence du judaïsme est le peuple juif, cela ne signifie point qu'elle soit liée à un pays, à une langue: d'ailleurs depuis le XIXe siècle la majorité des Juifs a rompu avec le judaïsme, et la judéité n'a plus rien à voir pour eux avec le judaïsme.
Au passage, je prends un réel plaisir à sa dissertation sur la Shekhina, car seule l'immanence divine dans sa présence/absence (Sakina, en arabe) m'intéresse dans les trois religions monothéistes, et je suis surpris que Leibowitz ne connaisse pas Ibn' Arabi ni à fortiori l'émir Abdelkader. Beaucoup de mystiques musulmans pensent comme lui à propos de l'état religieux. Il regrette d'ailleurs de ne pas savoir l'arabe. Et lors d'une conférence dans une université, il a été frappé en retour de la maîtrise de l'hébreu par ses interlocuteurs palestiniens.
Bien entendu il est très rude et surtout indifférent envers le christianisme, alors qu'il est plus nuancé sur l'Islam, à propos desquels il est sur la position de Maïmonide: le christianisme est un polythéisme et l'Islam un véritable monothéisme. En fait il pose clairement le débat de l'impossibilité du dialogue trilogique: si Christ est Dieu, le judaïsme est forclos et Mohammad est un faux prophète. Il est donc logique que la survie du judaïsme soit insupportable pour les chrétiens et relativement indifférent aux musulmans.
Enfin, ultime lucidité, Leibowitz pense que les états Unis n'ont plus aucun intérêt stratégique à soutenir Israël, et que celui-ci est dans la situation du Viet Nam du sud..." Tant que l'état d'Israël, dans son abyssale bêtise, sera persuadé que l'aide américaine se poursuivra éternellement, il ne sera pas intéressé par la paix".
Et ce vieil homme tonitrue en tapant sur son bureau: "Si nous continuons dans cette voie, l'état d'Israël sera détruit dans quelques mois".
Alors.
Seul, le Prophète ? Isolé ?
Je ne crois pas, car j'ai cru comprendre que d'une part le débat est rude sur son oeuvre mais au moins existe-t-il, l'affaire du prix en témoigne, et Leibowitz ne se prive pas de parler et personne ne l'en empêche sur ce plan les pays arabes ont des leçons à prendre !
D'autre part plus de mille soldats et officiers de l'armée israélienne ont refusé de servir cette année dans les territoires occupés et plus particulièrement à Gaza, c'est à dire plus que tous les réfractaires à la guerre d'Algérie pendant huit ans.
"Nul ne sait ce qu'est la guerre s'il n'y a son fils", disait Joseph de Maistre qui comme Maïmonide croyait au règne de la Providence.
Honni, certes, parce que les prophètes ont toujours raison. Trop tôt.
Comme la presse et les commentateurs unanimes ont admis que l'événement était historique et la chose irréversible, disons tout de suite qu'il s'agit là de l'emphase habituelle des médias en mal de titres à sensation, d'éphémère et d'événementiel, car rien n'est joué, tout est à faire et la route longue et parsemée de douleurs déchirantes. D'ailleurs, les médias ont déjà oublié la Palestine! Comme tout le monde a oublié que le problème est posé depuis l'effondrement de l'Empire ottoman, depuis les accords Sikes-Picot et la déclaration Balfour en pleine guerre de 1914-1918, comme tout le monde a oublié que les Palestiniens n'ont jamais accepté le grignotage de leur territoire depuis 1920, puis 1933, puis 1936, puis 1947. Tout le monde a oublié que l'ONU a créé DEUX états lors du partage, et qu'Israël autoproclamé n'a jamais accepté les frontières internationales.
Autrement dit, la Palestine et les Palestiniens ne sont pas nés en 1933!
Ces précautions étant prises, il faut comprendre pourquoi cet accord a eu lieu maintenant seulement et quels sont les obstacles à son application.
Plusieurs facteurs emboîtés expliquent le timing. Tout d'abord, l'effondrement de l'URSS, mettant fin à la bipolarité du monde, a permis la guerre du Golfe et celle-ci a rendu possible cet accord.
En effet, les acteurs secondaires (Israël, Syrie) ont compris que les grandes puissances ne leur laisseraient plus de marge d'autonomie: la leçon irakienne est rude et, dans le nouvel ordre mondial, Israël n'est plus un acteur indispensable. Les états Unis ont de nouveaux partenaires (Arabie Saoudite et Turquie) qui contrôlent le monde arabe et le monde islamique face à l'Iran. C'est la théorie du "Muslim Belt, car le problème crucial est désormais localisé vers les Républiques islamiques ex-soviétiques, dont certaines possèdent l'arme atomique !
L'ennemi principal (le communisme) ayant disparu, les états Unis et leurs alliés arabes dénoncent le nouveau péril: l'intégrisme musulman!
Israël a profité du fait que les Grands étaient occupés ailleurs et de la faiblesse de l'OLP pour négocier secrètement. Si l'opération réussit -ce dont je doute-, Israël aura joué le jeu et en tirera des bénéfices internationaux. Si l'opération ne réussit pas au bout des cinq années transitoires, Israël pourra rappeler que nous étions prévenus: les Arabes sont incapables de s'entendre entre eux, et dans les deux cas Israël s'est débarrassé de Gaza !
Les bons sentiments étant rares en politique, on peut se demander pourquoi l'OLP a brusquement cessé d'être une organisation terroriste! Peut-être, parce qu'elle est trop diminuée pour représenter un véritable danger face à la menace "intégriste" bien réelle après des années d'Intifada dans les Territoires occupés, et surtout à Gaza, où le Hamas prend le pas sur toutes les autres organisations. Seule l'OLP reconnaît Israël et accepte l'idée des deux états. Mais pourra-t-elle contrôler ses troupes ?
Les problèmes sont différents à Gaza et en Cisjordanie: alors que les élites y sont bien plus modérées dans celle-ci que dans celle-là, les difficultés peuvent venir de là. à Gaza, le Niet de certaines organisations produit déjà des conflits violents, et l'armée israélienne fait le "sale boulot" pour l'OLP!
Mais, en Cisjordanie, il en va tout autrement: les Palestiniens ont pris l'habitude de coopérer volens nolens avec les Israéliens et, après trente ans d'occupation, les partenaires se connaissent bien. Les gens ont pris l'habitude de gérer leurs affaires eux-mêmes, ils ont inventé des formes nouvelles d'administration et de gestion, sans tenir compte des états d'âme des apparatchiks de Tunis!
Et la première difficulté est bien là: que se passerait-il si des milliers de Palestiniens venaient à rentrer au pays?
En effet, un certain nombre de problèmes n'ont aucune solution dans les accords, dont il faut rappeler rapidement le contenu essentiel.
Un conseil élu dans les Territoires sera chargé de gérer l'autonomie pendant cinq ans. Mais les questions se posent:
- Quels Territoires? Y compris Jérusalem?
- Le mot "autonomie" est dit self government dans le texte, avec quel sens réel ?
- La juridiction, l'ordre public et la sécurité seront assurés par une force de police, mais l'armée israélienne garde le contrôle des axes routiers et assure la protection des "colonies de peuplement" qui ne seront démantelées qu'à Gaza.
- Le retrait des forces militaires de Gaza et Jéricho doit être achevé quatre mois après la signature de l'accord. D'ores et déjà ce n'est pas le cas.
- Les négociations doivent aboutir dans cinq ans sur le statut final, dont rien n'est dit.
- Les élections doivent avoir lieu dans les neuf mois qui suivent l'accord.
- Plusieurs accords intérimaires et comités mixtes sont mis en place, et il est fait appel à l'aide internationale sur le plan financier.
Il faut donc sérier les problèmes cruciaux:
- Celui de l'eau n'est pratiquement pas posé or, il est vital pour les Palestiniens, qui n'ont pas du tout les mêmes droits que les Israéliens sur ce plan-là.
- Le statut des "colonies" est imprécis, et les difficultés entre le gouvernement israélien et les colons religieux semblent sérieuses.
- Le problème de Jérusalem Est n'est même pas abordé.
En revanche, plusieurs points apparaissent comme positifs:
- La violence entre les différents opposants à l'accord est bien moins grande que ce que l'on craignait.
- Les états arabes de la région ont donné leur accord au processus, bien que les accords bilatéraux avec Israël soient loin d'être conclus.
La seule chose qui est irréversible est que les Palestiniens et les Israéliens ont accepté la légitimité réciproque...

Bruno Etienne, mardi 01 mars 1994
http://www.republique-des-lettres.fr/

04.05.2009

Proche-Orient : une majorité de Palestiniens et d’Israéliens veulent une solution à deux États

drapeau_israelien-palestinien.gifSondage The Associated Press, publié dans Ha’aretz.

( traduction T.A. pour La Paix Maintenant )

La grande majorité des Israéliens et des Palestiniens veut vivre en paix côte à côte dans des États séparés, d’après un sondage de source indépendante publié mercredi dernier. Les résultats du sondage, commandé par le mouvement OneVoice, indiquent que 74 % de Palestiniens et 78 % d’Israéliens sont prêts à accepter une solution à deux États.

La marge d’erreur est de 4,1 % côté palestinien et de 4,5 % côté israélien, selon les sondeurs.

Le sondage a été réalisé par téléphone en Israël, et en face-à-face dans les territoires palestiniens. OneVoice a déclaré que ce sondage contredit les craintes d’une baisse de soutien à la solution à deux États en Israël et dans les territoires palestiniens.

D’après son site internet, OneVoice vise à rapprocher les Israéliens et les Palestiniens ; le mouvement plaide en faveur d’une solution à deux États et pour “faire entendre puissamment la voix des modérés parmi les Israéliens et les Palestiniens, leur donnant la force de reprendre la main dans la résolution du conflit”.

OneVoice réunit plus de 650. 000 signataires, en nombre plus ou moins égal parmi les Israéliens et les Palestiniens.

Le sondage a été mené par Colin Irwin, de l’institut d’Études irlandaises à l’université de Liverpool, Nader Saïd de l’Arab World for Research and Development in the West Bank, et l’institut de recherche Dahaf à Tel-Aviv.

Voir cet article sur son site d'origine

La Paix Maintenant www.lapaixmaintenant.org

30.04.2009

Conclusion des investigations menées par les Forces de Défense d’Israël suite à l’Opération Plomb durci

Le Chef de l'Etat-major général de l'Armée Israélienne, le Lieutenant général Gabi Ashkénazi a approuvé et autorisé la publication des résultats de cinq équipes d'investigations chargées d'enquêter sur les événements relatifs à la conduite des soldats israéliens durant l'Opération Plomb Durci.
L’équipe, dirigée par des officiers ayant le rang de colonel, est composée d’officiers qui n’ont pas été impliqués directement dans le commandement opérationnel de ces évènements et ont été désignés par le Lieutenant général Gabi Ashkénazi pour examiner un nombre de points qui furent portés à son attention par des organisations internationales et par les médias israéliens et internationaux
.


Le Porte parole de l'armée israélienne présentant le rapport

Les cinq équipes ont traité les cinq points suivant :

1-Accusations concernant des tirs dirigés contre des installations de l’ONU et d’autres infrastructures internationales Investigations conduites par le Colonel Itzik Turgeman.

2- Les incidents concernant les tirs sur les équipes, bâtiments, véhicules et équipements médicaux. Investigations conduites par le Colonel Erez Katz..

3- Accusations concernant les incidents qui ont touchés des civils non-impliqués. Investigations conduites par le Colonel Tamir Yedaï.

4- L’utilisation d’armement contenant du phosphore. Investigations menées par le Colonel Shaï Alkalaï.

5- Les dommages sur les infrastructures et destructions de bâtiments par les forces terrestres. Investigations conduites par le Colonel Adam Zusman.

Les investigations qui ont été menées par ces experts ne remplacent pas celles qui seront déposées en juin prochain dans le cadre du rapport du centre opérationnel d’investigation de Tsahal qui continue à enquêter à différents niveaux. Des points supplémentaires subissent aussi d’enquête ou d’autres investigations à différents niveaux à l’intérieur de Tsahal.

La décision du Chef d’Etat-major de désigner les cinq équipes d’investigation émane des obligations légale, morale et professionnelle de Tsahal d‘approfondir les plaintes relatives à la conduite de ces évènements. Le processus d’enquête concerne des séries d’investigations opérationnelles, qui constituent des procédures en vigueur dans Tsahal comme dans la plupart des armées occidentales. Ces investigations sont menées par des Colonels experts qui n’ont pas été directement impliqués avec les incidents en question.

En accord avec le protocole des investigations procédures d’enquêtes des Forces de Défense d’Israël, les investigateurs opèrent indépendamment et ont accès à tous les documents nécessaires à leur travail. La faculté d’interrogation de tout le personnel concerné à quelques grades que ce soit leur est totalement assurée. Les plaintes concernant les Forces de Défense israéliennes et les autres autorités israéliennes leur ont été transmises. Ils ont pu interroger de très nombreux soldats et officiers, et rassemblé les documents et matériels appropriés. Il convient de noter que tout soldat dont le témoignage a été requis par les enquêteurs était contraint de coopérer avec ces investigations. Les enquêteurs ont bénéficié d’une entière coopération à ce titre.

Les investigations ont démontré que durant les combats à Gaza, les Forces de Défense d’Israël ont opéré en accord avec le droit international. Les Forces de Défense israéliennes ont préservé un haut niveau moral et professionnel face à l’ennemi animé de la volonté de terroriser les civils israéliens en se cachant parmi les civils dans la Bande de Gaza les utilisant ainsi comme bouclier humain. Toutefois, les enquêtes ont relevé un nombre infime d’incidents au cours desquels des erreurs des services de renseignements ou opérationnels ont eu lieu pendant les combats. Ces incidents malheureux n’ont pu être évités et ont eu lieu sur le champ de bataille, en particulier dans les cas où le Hamas s’est battu au sein même des populations civiles.

Le gouvernement d’Israël a ordonné aux Forces de Défense d’Israël de déclencher l’Opération Plomb durci conformément à son devoir de protéger ses citoyens qui subissent depuis 8 ans les tirs de missiles dirigés sur les populations civiles du sud du pays. Ces tirs ont été particulièrement intensifs au cours des trois dernières années suite au « désengagement » qui a vu Israël se retirer de la Bande de Gaza, et au cours des deux mois précédant l’Opération quand 160 roquettes et obus de mortiers ont été tirés sur Israël.
Pendant ces années, des centaines de milliers d’enfants israéliens, de femmes et des hommes ont été terrorisés. Des milliers de missiles, de roquettes et d’obus de mortiers ont été tirés sur les écoles, les jardins d’enfants et les résidences voisines. Pas d’autre choix n’était possible contre ces actes incessants de terrorisme qui ont coûté de nombreuses vies et des blessés et qui déstabilisent toute tentative de vie normale dans les villes et les localités du sud d’Israël.
Les combats à Gaza ont eut lieu sur un champ de bataille complexe contre un ennemi qui a choisi, comme part de sa doctrine affichée, d’œuvrer au sein même de sa population civile. Cet effroyable ennemi a piégé ses propres maisons avec ses propres explosifs, à tirer depuis ses propres écoles occupées par ses propres enfants et à utiliser son propre peuple comme bouclier humain tout en abusant cyniquement des engagements juridiques et éthiques de Tsahal visant à éviter de blesser des civils non-concernés.

Afin d’assurer la conformité des engagements des Forces de Défense d’Israël avec le Droit international, les Forces de Défense d’Israël ont déployé d’énormes moyens à la protection des civils dans la bande de Gaza.

Les Forces de Défense d’Israël ont largué plus de 2 250 000 tracts au cours des combats, utilisé la radio palestinienne, et  personnellement averti par téléphone plus de 165 000 habitants de Gaza et dans le cadre de la  mise en œuvre d’une procédure spéciale destinée à prévenir de l’imminence de tirs (cette procédure porte de nom opérationnel de « knock on the roof »). Ces procédures a pour objectif de s’assurer que le nombre le plus important de civils palestiniens puisse être épargné. De plus, les Forces de Défense d’Israël ont essentiellement utilisé des munitions extrêmement  précises  quand cela était possible afin de minimiser toutes blessures éventuelles aux civils. Au cours des opération s, les Forces de Défense d’Israël ont aussi laissé entrer les convois humanitaires dans Gaza et observé une pause humanitaire de plusieurs heures par jour.

Les Forces de Défense d’Israël ont agi en conformité avec les valeurs morales et des règles du droit de la guerre, formant ses soldats à agir selon ces valeurs et règles qui les unissent, et faisant un immense effort pour concentrer ses tirs sur les terroristes et éviter de blesser des civils.

Comme toutes les autres armées contraintes de combattre un ennemi terroriste qui se cache et agit au sein de la population civile, les Forces de Défenses d’Israël ont du faire face à un cruel dilemme moral (du fait de la stratégie déloyale du Hamas). Cette stratégie a transformé les zones urbaines de Gaza en champ de bataille et intentionnellement fait usage des civils, de leurs habitations et des infrastructures humanitaires sensibles, (hôpitaux, écoles, institutions religieuses et bâtiments affiliés à l’ONU et à d’autres organisations internationales).

Les enquêtes ont clairement montré que les Forces de Défense d’Israël ont agi en conformité avec le Droit international. Les obligations légales de l ‘IDF ont été intégrées dans les plans opérationnels, dans l’entrainement reçu par l’armée avant l’opération et dans les ordres donnés durant l’opération. Lors de certains incidents les Forces de Défense d’Israël ont même davantage limité leur champ d’action que le Droit international ne le requiert et ont agi avec modération pour éviter de blesser des civils.

Les Forces de Défense d’Israël ont atteint les buts et objectifs fixés et porté un coup sérieux aux organisations terroristes menées par le Hamas, en visant les terroristes, les infrastructures militaires et les installations de fabrication d’armes. Cette opération complexe a nécessité la coopération des forces aériennes, navales et terrestres réunies avec les différents services de renseignement impliquant les forces actives et de réserve.

Avant le début de l’opération, une planification et une préparation minutieuse ont été entreprises pour s’assurer que les unités et les centres de commandement étaient suffisamment entrainés et préparés à cette opération.
Le processus d’enquête a été long du fait de l’ampleur des combats, du travail compliqué et minutieux des enquêteurs, du temps nécessaire à la collecte des informations en provenance des diverses unités impliquées dans l’opération et du recoupement détaillé de ces informations. Pour certaines enquêtes, quelques questions supplémentaires sont toujours en cours de vérification et d’autres allégations continuent d’être examinées.

Conformément aux règles en vigueur, un rapport de chaque enquête est transmis au procureur général militaire qui est habilité à décider d’ouvrir de nouvelles enquêtes et d’instruire de nouvelles investigations si nécessaire. Sa décision est totalement indépendante et il n’est soumis qu’à la Loi.

Du fait de leur importance, les conclusions des enquêtes ainsi que l’avis du procureur général militaire seront soumis au procureur général de l’Etat.

19.02.2009

Ivres de guerre et de haine

Une journaliste russe est allée à la rencontre de Juifs de Russie installés en Israël. Elle témoigne de la dérive morale de cette communauté.

101827812.jpgLa petite ville israélienne de Sderot est un vrai trou perdu de province – “au bout du monde à gauche”. Si cette bourgade a fait la une des médias, c’est à cause des roquettes artisanales Qassam [lancées depuis la bande de Gaza] qui s’y abattaient régulièrement et de la “colline de la honte” d’où des centaines d’Israéliens sont venus se délecter du spectacle des trois semaines [27 décembre 2008-17 janvier 2009] d’offensive contre les Palestiniens. “Mes compatriotes sont devenus fous”, constate Nomika Zion, une habitante de Sderot. “Toute la ville est pavoisée. Des groupes de soutien distribuent des fleurs dans les rues, les gens klaxonnent pour saluer chaque nouvelle tonne de bombes larguée sur nos voisins. Cette euphorie démente, cette ivresse de la guerre, cette soif de vengeance et de pouvoir me terrifient. Ces gens ont oublié la maxime juive selon laquelle il ne faut pas se réjouir lorsque son ennemi est à terre.” Nomika Zion, une femme belle et passionnée, est une véritable enfant d’Israël, née dans un kibboutz au sein d’une famille de militants politiques, dans l’atmosphère idéaliste où l’on inculquait aux enfants que les droits civiques étaient ce qu’on ne pouvait retirer aux autres sans se déshonorer. Dans son kibboutz, elle a créé un groupe nommé Une autre voix de Sderot et publié sur Internet un article affirmant, entre autres, que “le bain de sang qui a eu lieu à Gaza ne s’est pas fait en mon nom, ni au nom de ma sécurité”. Cet article a fait de Nomika et de ses amis des parias dans la ville.
“Nous, les Juifs, avons un complexe de victimes permanentes. Nous avons perdu la capacité de compatir aux malheurs des autres. La différence entre moi, qui vis dans la peur qu’une roquette me tue, et les habitants de Gaza, c’est que je suis libre alors qu’ils sont enfermés.” Qu’est-ce que Gaza ? Une étroite bande de terre bordée par la mer et entourée de barbelés, où s’entassent 1,5 million de personnes – un camp de concentration surréaliste où sont parqués des Palestiniens, créé, ironie du sort, par des Juifs dont les grands-parents ont eux-mêmes péri dans des camps de concentration. Ceux qui naissent à Gaza n’ont pas de passeport, ni de pays, ni de nationalité, ni le droit de se déplacer.
J’ai célébré l’ancien nouvel an [orthodoxe russe, le 13 janvier] en plein cœur de Jérusalem, en compagnie d’Israéliens d’origine russe. Ces gentils intellectuels plaisantaient et fredonnaient des chansons soviétiques. Soudain, l’ambiance a changé : il venait d’être question de Gaza. “Faut tous les buter !” J’ai tenté un : “Mais, enfin, ce sont des êtres humains ! Est-ce qu’il n’y a que le sang juif qui compte pour vous ? — Absolument !” m’a rétorqué Haïm, de Lviv.
La présence du mari d’une de mes amies juives conférait à la scène une ironie amère. Cet homme est un chrétien palestinien répondant au beau prénom biblique de Noé. Toutes ces impitoyables Olia de Voronej et Iacha d’Odessa, arrivées il y a une dizaine d’années, ont immédiatement obtenu la nationalité israélienne. Noé, qui est né et a grandi à Jérusalem, dont les racines familiales plongent en Terre sainte, n’est pas, pour sa part, citoyen israélien, n’a pas le droit de vote et ne peut pas se présenter à la moindre élection. C’est une personne sans cesse humiliée dans sa propre patrie. Pour lui, ce million et demi de russophones est une troupe d’occupants qui lui dénient tout droit, à lui, maître légitime des lieux (en 1917, les Arabes constituaient 93 % de la population de la Palestine).
“L’adhésion des Israéliens à ce carnage est le résultat de nombreuses années de lavage de cerveau”, considère Aliona, de Moscou, l’épouse de Noé. Dans les médias russophones israéliens, les Arabes sont déshumanisés et présentés comme des bêtes sauvages qu’il faut exterminer. L’Etat a besoin d’un ennemi extérieur, sans quoi il se désagrège. Tous ces Juifs, venus s’installer en Israël, porteurs de différentes cultures et traditions, sont soudés par un unique sentiment : “Nous sommes une forteresse assiégée, nous sommes contre le reste du monde.” Lorsqu’on leur explique comment les colons s’emparent de terres palestiniennes en Cisjordanie, ils affirment que ce sont des mensonges. Le monde entier diffuse des images d’enfants de Gaza brûlés par les bombes au phosphore, et on entend en réponse : “Vous êtes de vils antisémites.” La “pensée talmudique” est l’art de retourner une situation.
Pour le rabbin Abraham Schmulevitch (né Nikita Demine à Saint-Pétersbourg), “l’humanité doit toutes ses grandes valeurs aux Juifs. C’est à travers nous que Dieu a révélé aux goys [non-Juifs] les vérités suprêmes. Les Juifs sont le peuple élu, mais élu pour quoi ? Pour fixer les normes idéales à l’ensemble de l’humanité.” Ce rabbin est un personnage charismatique. “Hypersioniste”, tel qu’il se définit, il dirige le mouvement Bead Artzeinu [Pour notre pays] et me brosse un tableau grandiose du futur empire juif, destiné à s’étendre du Nil à l’Euphrate. “Nous prendrons un morceau de l’Egypte, le Liban, la Syrie, une partie de l’Irak et un petit bout du Koweït, car telle est la terre que Dieu a donnée au peuple juif”, détaille-t-il en me montrant une carte de cet empire à venir. “Nous libérerons notre terre par le fouet, et nous laisserons aux peuples qui y vivent le choix de mourir ou de se soumettre à nos règles.”

Daria Aslamova
Komsomolskaïa Pravda http://www.kp.ru/

13.02.2009

Israël : Avigdor Lieberman au centre du jeu

C'est un « patriote » qui veut la « loyauté » des Arabes, affirme Amir, 26 ans, qui a voté pour le leader du mouvement Israël Beitenou.

Haïfa. Correspondance

La progression n'est pas aussi large que prévue, mais Amir Schneider se réjouit de voir son parti, Israël Beitenou (Israël notre maison), devenir la troisième formation israélienne avec quinze députés. « Grâce à nous, le prochain gouvernement, j'espère de Netanyahou, va devoir mettre un vrai coup de barre à droite », prédit ce natif d'Haïfa, la grande ville du nord d'Israël .

Amir Schneider, 26 ans, est catégorique : « Ce n'est pas une formation raciste, mais un parti politique patriotique ». À en croire ce jeune militant dont la famille est issue d'Ukraine, le mouvement du russophone Avigdor Lieberman est victime d'une regrettable méprise. « Partout dans le monde, les citoyens doivent prêter allégeance à leur pays », souligne-t-il en se référant au slogan vedette de son parti : « Pas de citoyenneté sans loyauté », qui vise principalement les Arabes israéliens. « Pour Lieberman, les Arabes d'Israël doivent simplement s'engager à respecter les principes d'un État juif et démocratique ».

C'est sur le campus de l'Université d'Haïfa, ville mixte où cohabitent Juifs et Arabes depuis des décennies, qu'Amir a rallié le camp de Lieberman. « Ma famille lui était favorable, mais je me suis rallié au mouvement à l'occasion des élections de 2006 et mes convictions se sont encore renforcées à l'issue de l'intervention de Gaza », souligne l'étudiant, qui a servi sous les drapeaux au sein de l'unité combattante Golani. « À mes yeux, il n'est pas concevable d'entamer un dialogue avec une organisation terroriste telle que le Hamas. Et quand j'ai vu en janvier des Arabes israéliens défiler et casser des vitres dans Haïfa, pour protester contre la guerre de Gaza, il m'est clairement apparu que mon choix était le plus judicieux. »

Stéphane AMAR    Ouest-France

16.12.2008

LIVNI TOUCHEE PAR LE BON SENS KAHANISTE ?

tzipi-livni.jpgNous sommes assez opposés à la politique d’abandon et de faiblesse de Kadima pour féliciter sa dirigeante quand elle exprime des paroles sensées. Nous savons bien qu’elle le fait pour récupérer les votes des électeurs du Likoud dégoûtés par les magouilles de Bibi pour empêcher Feiglin d’être député.

Livni : "Ma solution pour le maintien d’un État juif et démocratique est d’avoir deux Etats-nations avec certaines concessions et des frontières claires”, a-t-elle affirmé. "Une fois l’État palestinien créé, "nous pourrons dire aux citoyens palestiniens d’Israël, ceux que nous appelons les Arabes d’Israël, la solution à vos aspirations nationales se trouve ailleurs »

Évidemment le député traître Ahmed Tibi a protesté après ces déclarations et a demandé à Livni : « Propose-t-elle de laisser ici (en Israël) un million de citoyens sans droits politiques et identité nationale ou bien a-t-elle l’intention de transférer d’ici un million de citoyens arabes vers l’État palestinien, une fois cet État créé ? »,

Faut-il être surpris d’entendre le ministre arabo- israélien des Sports et des Sciences, Ghaleb Majadele dire "Toute personne qui émet l’idée de transférer la population arabe d’Israël vers les territoires de l’État de Palestine est anti-démocratique"

Pourquoi Israël accepte-il des traîtres pareils en son sein ?

Leur expulsion est une priorité nationale.

http://www.liguededefensejuive.net/spip.php?article680