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perez

  • Pour la naissance d’une OAS européenne et occidentale

    oas_logo-3df23.jpgS’APPROCHE LE 50ème anniversaire du 24 janvier 1960. Journée qui fut à l’origine de la semaine des Barricades d’Alger.

     

    Cet événement FUT SANS AUCUN DOUTE, LA MEILLEURE OCCASION DE SAUVER L’ALGERIE FRANCAISE.

     

    Cette étude n° 19, constitue donc LE PREMIER CHAPITRE D’UNE SERIE D’ETUDES CONSACREES A CET EVENEMENT.

     

    Nous y étudions l’événement DECLENCHANT, c’est-à-dire :

     

    LE DISCOURS DU 16 SEPTEMBRE 1959

    PRONONCE PAR LE GENERAL DE GAULLE

     

    Le discours du 16 septembre 1959, prononcé par le chef de l’Etat Charles De Gaulle, je l’interprète aujourd’hui encore comme une expression de dégoût.

     

    Un dégoût suscité, suggéré, et projeté vers l’auditoire de ce discours.

     

    Il prétend, à tout prix, générer dans l’esprit de nos concitoyens métropolitains, un refus de l’Algérie. Et plus que tout, un rejet de tous les Français d’Algérie quelles que fussent leurs religions respectives.

     

    Après avoir évoqué les avantages de SA nouvelle république, la Vème, il précise d’emblée :

     

    « pourtant, devant la France, un problème difficile et sanglant reste posé : celui de l’Algérie ».

     

    Dès l’abord du sujet, il veut provoquer un réflexe de refus chez nos compatriotes, à l’égard :

     

    « de ceux-ci ou bien ceux-là, qu’obnubilent en sens opposé, leurs intérêts, leurs passions et leurs chimères ».

     

    Malgré l’excellente précision stylistique illustrée dans ces mots « de ceux-ci ou bien de ceux-là », on perçoit facilement que lorsqu’il parle « d’intérêts, de passions et de chimères », il fait allusion tout préférentiellement à ce qui motive d’après lui les partisans de l’Algérie française.

     

    Quant il ajoute, un peu plus loin dans ce discours,

     

    « là, végètent des populations ».

     

    il ne prend pas de gant, il ne prétend qu’à une seule chose : provoquer en France, parmi ceux qui ne connaissent pas l’Algérie, une réaction d’hostilité. Il veut faire naître une réaction de mépris à l’égard de l’œuvre française en Algérie. Il insulte la France en utilisant le verbe « végéter » avec une délectation pleine de dédain pour ces populations dont il avait dit seize mois plus tôt, qu’elles étaient constituées « de Français à part entière ».

     

    Il précise dans le même paragraphe, qu’il s’agit, avant tout, d’une population

     

    « doublant tous les 35 ans, sur une terre en grande partie inculte ».

     

    Il induit, dans ce détail prévisionnel, une réaction de méfiance et surtout de crainte à l’égard des populations d’Algérie qui

     

    « sont, pour les trois quarts, plongées dans une misère qui est comme leur nature ».

     

    Il prétend ainsi donner de l’Algérie, une identité d’inaccessibilité au rayonnement et plus banalement aux compétences de la France. « leur nature (celle des Algériens), c’est la misère. Que voulez-vous que l’on en fasse chez nous ? ».

     

    Voilà le réflexe de rejet raciste qu’il veut induire chez nos compatriotes.

     

    Alors, que va-t-on faire « de ce peuple dont la nature est d’être miséreux ? »

     

    On va lui demander,

     

    « au nom de la France et de la République, en vertu des pouvoirs octroyés par la Constitution, »

     

    de se déterminer. Car dans la constitution de 1958, tout est prévu pour décider de l’avenir français ou non de tel ou tel fragment de la Nation.

     

    L’auto-détermination devient ainsi le seul moyen par lequel va s’exprimer le choix des Algériens.

     

    Quand ?

     

    « Au plus tard quatre années après le retour effectif à la paix ».

     

    Oui, mais c’est quoi la paix ?

     

    « C’est une situation telle, qu’embuscades et attentats n’auront pas coûté la vie à 200 personnes en un an. »

     

    Donc, jusqu’à 200 cadavres par an, c’est la paix.

     

    A partir de 201 cadavres par an, c’est la guerre.

     

    C’est une formulation mathématique dont la puérilité fut soulignée en public. Par qui ? Par moi-même au Procès des Barricades devant le Haut Tribunal Militaire qui nous jugeait.

     

    Quelles sont les options ouvertes par l’auto-détermination ?

     

    « 3 solutions concevables feront l’objet de la consultation. »

     

              PREMIERE OPTION : LA SÉCESSION

     

    « Je suis, pour ma part, convaincu qu’un tel aboutissement serait invraisemblable et désastreux. »

     

              « La sécession entraînerait une misère épouvantable, un chaos politique, un égorgement généralisé, »

     

    et stupidité parmi les stupidités dans le propos du chef de l’Etat, c’est

     

    « la dictature belliqueuse des communistes »

     

    qui s’imposerait. Ce qui revient à donner naissance, toujours d’après Charles De Gaulle,

     

    « à un extraordinaire malheur. »

     

    Quand on est informé, comme je crois l’avoir rappelé dans « L’islamisme dans la guerre d’Algérie », du rôle accessoire pour ne pas dire négligeable du PC dans la guerre d’Algérie, on est surpris du manque de savoir apparent affichépar le général De Gaulle, quant à l’identité réelle de la guerre d’Algérie.

     

    Pas un seul instant il n’évoque la motivation arabo-islamiste de la guerre d’Algérie. Mais le sait-il vraiment ?

     

     

              DEUXIEME OPTION : LA FRANCISATION

     

    Il la présente, cette option, comme s’il voulait développer d’emblée une crainte chez les Français de la métropole. Une attitude de refus, voire même une réaction de panique. Examinons comment il présente cette francisation :

     

    « … les Algériens pouvant accéder à toutes les fonctions publiques… résidant ou travaillant où bon leur semble …. devenant partie intégrante du peuple français qui s’étendrait dès lors EFFECTIVEMENT DE DUNKERQUE A TAMANRASSET. »

     

    C’est tout juste s’il ne précise pas : « voilà ce que vous subirez en cas de francisation de l’Algérie. »

     

    TROISIEME OPTION : UNE ALGERIE EN UNION ETROITE AVEC LA France

     

              Une Algérie dont le régime intérieur serait, d’après De Gaulle, de type fédéral, de manière à protéger chaque communauté religieuse à l’égard de l’autre.

     

    Il semble se souvenir, tout à coup, qu’en Algérie trois grands courants religieux cohabitent.

     

    La religion musulmane

    La religion chrétienne

    La religion juive

     

    Par ordre d’importance démographique.

     

    Par ordre d’ancienneté historique, il aurait pu être plus précis,

     

    La religion juive

    La religion chrétienne

    La religion musulmane

     

    Mais était-il vraiment informé de la signification religieuse universelle de la guerre d’Algérie ? De la volonté arabo-islamiste de soumettre à sa loi toutes les autres expressions de la foi en Dieu en Algérie … et ailleurs ?

     

    Il a trouvé ! La solution c’était facile. Il fallait y penser !

     

    UNE SOLUTION FEDERALE.

     

    C’est-à-dire quoi ?

     

    -         que la collectivité juive serait gérée par un organisme gouvernemental juif,

    -         que la collectivité chrétienne serait gérée par un organisme gouvernemental chrétien,

    -         que la collectivité musulmane serait gérée par un organisme gouvernemental musulman, lui-même morcelé en fractions, compte tenu des différentes formulations du culte musulman en Algérie.

     

    Ces trois « organismes gouvernementaux » fonctionneraient sous l’autorité d’un gouvernement national, un gouvernement fédéral qui harmoniserait la vie à l’intérieur de cette Algérie nouvelle.

     

    Ce n’est même pas de l’utopie. C’est un propos qui est frappé du sceau de l’analphabétisme politique le plus total. Un propos adressé à un peuple français que lui-même traite implicitement, dans ce discours, comme un peuple analphabète à ce moment-là. Car ce peuple est totalement désinformé de la réalité algérienne.

     

     

    ET LES REBELLES ?

     

    Il s’adresse à eux. En réalité, ce qu’il leur dit revient à déclarer ceci :

     

    « L’insurrection ne se justifie plus, puisque je vous livre l’Algérie sur un plateau. »

     

    Les rebelles donc ?

     

    « leur libre retour » est envisagé.

     

    Il est offert par l’Etat français.

     

    Charles De Gaulle évoque néanmoins l’hypothèse suivante :

     

    Si ceux qui veulent l’indépendance sont

     

    « résolus à établir par la force et par la terreur leur dictature totalitaire… »

     

    Qu’ils sachent

     

    « qu’il n’y a aucune chance que la France se prête à un pareil arbitraire ».

     

    OUI …. MAIS ….

     

    QUE S’EST-IL DONC PASSE A EVIAN EN MARS 1962 ?

     

    Avons-nous été l’objet d’un délire hallucinatoire ?

     

    Non ! De Gaulle s’est bien soumis aux exigences de l’ennemi. Il a obligé la France à plier genoux devant l’arbitraire du FLN. Nous précisons, devant l’arbitraire du FLN de l’Extérieur. Il y a même applaudi.

     

    Comme il s’était engagé à le faire devant Ferhat Abbas en 1956 par l’intermédiaire de l’agent de liaison gaullo-FLN de l’extérieur, « le pèlerin de Montreux », Abderrahmane Farès.

     

     

    QUELLES FURENT LES REACTIONS PROVOQUEES PAR CE DISCOURS A ALGER TOUT PARTICULIEREMENT ?

     

    Je me souviens d’avoir écouté ce discours chez mon camarade de jeunesse, condisciple du Lycée Bugeaud depuis la 5ème, et frère d’armes de notre combat, Georges Beauvais, place Wuillermoz à Bab el Oued.

     

    Nous en avons ressenti les effets comme ceux d’un coup de poignard. Et j’avoue aujourd’hui encore, mon ingénuité de l’époque.

     

    En effet, j’étais persuadé, le 16 septembre 1959 au soir, que tous les Français d’Algérie, les musulmans partisans de l’Algérie française, le monde « Algérie Française » de métropole, l’armée française allaient réagir par une opposition violente et clairement exprimée contre cette trahison. Contre ce discours capitulard.

     

    J’ai téléphoné à Joseph Ortiz pour convoquer dès le lendemain matin, une réunion du Bureau du FNF.

     

    Il s’agit du Front National Français, mouvement créé par Joseph Ortiz, au printemps 1959 : c’était un mouvement d’inspiration nationale exclusive qui se proposait de défendre la France, l’Europe et l’Occident, par la conservation de l’Algérie à l’intérieur de l’entité nationale française. J’exerçai très rapidement des fonctions très importantes au sein de ce mouvement en m’occupant tout particulièrement de son organisation intérieure et de ses commandos de choc.

     

    Cette réunion se tint chez Jacques Laquière, au Boulevard Carnot : y étaient présents, parmi d’autres, Susini et Sanne.

     

    Je me souviens de notre surprise plus qu’amère devant le commentaire aberrant et surtout inattendu de mon vieil ami Jean Brune, dans le journal de Schiaffino « La Dépêche quotidienne ».

     

    Pour Jean Brune, ce discours du 16 septembre 1959, c’était un bon discours puisque De Gaulle nous laissait le temps de vaincre la rébellion…. Et pour choisir, bien évidemment, la bonne option une fois la victoire acquise.

     

    Jean-Marie Sanne, qui faisait partie du cabinet militaire de Massu, s’est éclipsé de notre réunion pendant quelques minutes pour aller à la rencontre de son patron, Massu donc, commandant du Corps d’Armée d’Alger, et lui demander son avis sur ce discours qui nous avait fortement ébranlés.

     

    La réponse de Massu, en substance :

     

    « c’est un très bon discours, il ne nous reste plus qu’à vaincre le FLN ».

     

    Ce fut la stupeur lorsqu’il revint nous informer de la soumission de Massu au discours gaulliste.

     

    Ortiz prend alors la décision de demander audience au Général Challe, commandant en chef en Algérie. Stupeur !

     

    « C’est un excellent discours… le Général nous laisse le temps de vaincre le FLN. »

     

    Pauvre Challe....

     

    Ayant regroupé ses plus belles unités sur l’ordre de son ministre Guillaumat, dans une formation militaire d’élite, « les Unités de Réserve Générale », Challe obtint de belles victoires, des victoires spectaculaires, sur les bandes rebelles.

     

    Il était convaincu qu’il était en train de gagner la guerre d’Algérie grâce à ces nouvelles opérations pleines de prestige qui ont fait naître un véritable état d’euphorie chez nos militaires. Le général en chef ne savait pas, et surtout ne se doutait pas, que ce rôle lui avait été imposé par De Gaulle, en accord avec Ferhat Abbas.

     

    Si De Gaulle voulait obtenir le cessez-le-feu en Algérie, il lui fallait, dans un premier temps, libérer le GPRA créé en septembre 1958, de la menace que représentaient les maquis de l’intérieur.

     

    Ceux-ci reprochaient avec haine à ceux de l’extérieur, d’être des « révolutionnaires de palace ».

     

    Ils s’apprêtaient à leur réserver, dès leur retour en Algérie, une célébration plus que « rougeoyante ».

     

    Cette complicité opérationnelle et tactique entre De Gaulle et le GPRA sera à l’origine de l’affaire SI SALAH, qui aura pour objectif réel de débarrasser Ferhat Abbas et le GPRA de la menace de mort que représentait la puissante Wilaya IV.

     

    Une Wilaya presque totalement détruite en 1960, certes. Mais politiquement et militairement en potentiel de renaissance vigoureuse, le jour où l’armée française interromprait ses opérations sur son territoire.

     

    J’ai cru devoir insister, avec force, dans mes deux derniers ouvrages [1] sur cette vérité indéniable : lors des opérations prestigieuses mises en œuvre « sur les crêtes », de « Jumelles » à « Pierres Précieuses et Ariège » on a fait tuer des soldats français, en réalité, pour le compte ou plutôt pour le service du GPRA et de l’ALN de l’Extérieur.

     

    C’était ça, le drapeau blanc que devait brandir De Gaulle, sur l’exigence formulée publiquement et clairement par Ferhat Abbas, si le chef de l’Etat français voulait obtenir par dessus tout, quel qu’en fût le prix :

     

    le cessez-le-feu en Algérie

     

    Et il l’obtint.

     

    C’est d’ailleurs dans la rancune haineuse vouée désormais contre les extérieurs par les maquisards de l’intérieur qu’il faut situer l’origine réelle du drame d’Oran, du 5 juillet 1962 dont nos frères et sœurs d’Oran furent les scandaleuses victimes.

     

     

    Et tout cela, De Gaulle l’a-t-il obtenu en violation de la Constitution ? En violation de ce sacro-saint principe qui précise que « la République est une et indivisible ? »

     

    QUE NON !

     

     

    Tout était prévu dans la Constitution, en particulier par l’article 53 pour que l’abandon fût possible, sous la condition, précisée dans le texte, d’être approuvée par une consultation du peuple français. Par un référendum.

     

    Il a fallu être singulièrement aveugle, inepte et je fais un énorme effort pour rester poli dans mon propos, pour avoir osé faire campagne en Algérie, pour le OUI à ce référendum maudit du 28 septembre 1958. Faire campagne pour le OUI au nom de l’Algérie française. OUI à De Gaulle, « c’était » osait-on nous dire, « OUI à l’Algérie française ».

     

    Aujourd’hui l’Algérie française c’est une terre perdue. Un territoire abandonné. Déserté par une armée qui accepta la défaite, qui accepta que l’héroïsme de nos soldats tués en Algérie fût un héroïsme galvaudé, offert en quelque sorte dans une corbeille de mariage entre le gaullisme capitulard et le FLN.

     

    L’Algérie d’aujourd’hui c’est une terre qui n’est plus la mienne. Une terre qui est devenue le fondement moral, psychologique, ésotérique, métaphysique d’une nouvelle conquête de la France espérée par nos ennemis.

     

    Une conquête de la France par ceux qui séjournent en vainqueurs « où bon leur semble » sur le territoire de la République et qui prétendent être à l’origine dans des délais moyens, d’une modification radicale de l’identité de la France, puis de l’Europe puis de l’Occident.

     

    Cette valeur ésotérique ou métaphysique de la nouvelle conquête qui nous menace, c’est l’indépendance offerte par De Gaulle qui l’a symbolisée pour l’avenir et pour l’éternité. La victoire d’une insurrection arabo-islamiste sur une grande nation d’Occident. Une victoire obtenue hier non pas grâce à la force d’une puissante armée ennemie, une menace actuelle représentée non pas par une force politico-militaire cohérente et organisée, non pas par une force arabo-islamiste parfaitement hiérarchisée mais par une perversion des comportements politiques qui, pour des raisons économiques, tentent de soumettre la France à la Charria.

     

    C’est en tout cela que s’exprime aujourd’hui le résultat appréciable de la politique involutive gaulliste.

     

    « Vous aurez l’Algérie de Tamanrasset à Dunkerque » avait déclaré Ben M’Hidi en 1957.

     

    Il nous faut en conséquence redouter quelque chose de dramatique pour demain : c’est la naissance dans les décennies à venir, d’une OAS européenne et occidentale qui oserait lever l’étendard de la révolte contre la perte d’espérance et pour la survie de l’Occident.

     

    L’Occident que nous avons essayé de défendre en Algérie française. L’Occident, c’est-à-dire, l’espace géopolitique à l’intérieur duquel les chrétiens peuvent vivre et s’exprimer sans crainte du malheur… mais avec l’espérance de Gloire.

     

    Nice, le 15 septembre 2009

    Jean-Claude PEREZ