17.09.2009
Où va la Russie ?
Moscou, à la recherche d’une identité post-soviétique

‘’La Russie aura un niveau d’armement tel que personne n’aura
l’idée de menacer notre pays ou nos alliés.’’[i]
D. Medvedev
Président de la Fédération de Russie
10/09/2009
La fin de la Guerre froide a précipité la chute du communisme soviétique, tombé en 1991, dans les oubliettes libérales de l’histoire. Dans le même temps, cette chute finale a été le point de départ d’une renaissance de la Russie post-communiste, après une phase de transition ‘’libérale’’, particulièrement délicate - sous l’impulsion de B. Eltsine - qui l’a affaiblie et aggravé, in fine, un trouble identitaire.
Aujourd’hui, la Russie de D. Medvedev a quasiment achevé sa reconstruction économique et politico-psychologique. Mais sa réémergence comme puissance internationale majeure n’est pas toujours acceptée, notamment par le leadership américain, qui a pris le contrôle de la destinée du monde depuis la lutte implacable contre la menace communiste - perçue comme ‘’l’axe du mal’’ - et, en cela, imposé son unilatéralisme dans la gouvernance mondiale. La lutte Est/Ouest aurait, en quelque sorte, légitimé l’hégémonie internationale de Washington, comme leader incontesté et messianique du monde libre. Par la suite, sous l’impulsion de l’idéologie néo-conservatrice expansionniste de G.W. Bush, elle a entrepris de réhabiliter le ‘’facteur force’’ comme régulateur géopolitique, en réarmant le bras de la justice internationale et en relançant, par ce biais, la course aux armements[ii].
Face à cette résurgence de l’impérialisme politico-militaire américain et se sentant menacée, Moscou a été contrainte de recentrer son système de défense sur l’arme nucléaire – pour se protéger d’une Otan de plus en plus agressive à sa proche périphérie comme l’a montré, en 1999, le scénario yougoslave avec l’attaque et la déstabilisation d’un Etat souverain. En violant allègrement la résolution 1224 du conseil de sécurité de l’ONU sur l’intégrité territoriale de la Serbie, l’Otan - sous la bienveillance de Washington - montre alors qu’elle est au dessus des lois internationales et que sa capacité d’intervention s’est élargie à l’ancien espace communiste. Et son élargissement programmé est susceptible d’accroitre les tensions avec la Russie, comme le reconnait D. Medvedev : ‘’L'OTAN devrait éviter d'aggraver les relations avec ses voisins. Avant d'admettre de nouveaux membres, il faut étudier les éventuelles conséquences d'une telle décision (…)’’[iii] Mais, le plus troublant est de voir, au cœur de l’espace post-soviétique, le maintien d’une forme de conflictualité latente américano-russe issue de la Guerre froide, dans la mesure où la Russie post-communiste reste l’adversaire stratégique privilégié de l’hyper-puissance américaine – et inversement.
Dans son essence, la lutte américano-russe pour le leadership politique en Eurasie post-soviétique n’a pas cessé avec l’arrivée d’Obama à la présidence américaine. Cela est implicitement confirmé par Herman Pirchner, président du Conseil américain de politique étrangère, qui reconnait l’existence de tensions, liées au maintien de barrières idéologiques et de pressions américaines sur la politique russe dans les ex-républiques soviétiques. Le 9/09/2009, il admet notamment que ‘’les disputes sur les destinées de l'espace post-soviétique entravent la coopération sur plusieurs questions d'intérêt commun’’[iv]. Car désormais, Washington doit assumer ses nouvelles responsabilités issues de son avancée en zone post-soviétique permise, à l’origine, par le recul russe. Et cette configuration explique la radicalisation d’une lutte d’influence centrée sur le contrôle d’un espace stratégique.
Ainsi, la Russie moderne cherche à retrouver sa place dans le système des relations internationales contre une certaine forme de méfiance, voire d’hostilité de la part du bloc libéral occidental, qui continue à voir en elle l’héritière de la puissance communiste. Et sa montée en puissance fait d’autant plus peur que de facto, elle remet en question l’influence de la puissance américaine en Eurasie post-soviétique – principalement en zones caucasienne et centre-asiatique, où de gros intérêts politiques, militaires et énergétiques sont en jeu. Autrement dit, son retour remet en cause les fondements même du nouvel ordre international libéral, dirigé par Washington et au-delà, menace de multilatéraliser ce dernier. Un enjeu sous-jacent au retour russe est donc le nouveau statut de Moscou sur la scène internationale qui, dans ses grandes lignes, sera fonction de sa capacité à reprendre en main l’espace post-soviétique – autrement dit, à recouvrer une certaine légitimité dans son ancienne zone de domination impériale, que la stratégie américaine visait, jusque là, à éroder.
De ce point de vue, il serait opportun de s’interroger sur la capacité de Moscou à se définir une nouvelle identité post-soviétique, intégrant les principales évolutions géopolitiques issues de la faillite du communisme. Et, en définitive, de se poser une question centrale et redondante : où va la Russie ?
[i] ‘’Défense : la Russie doit être suffisamment armée’’, D. Medvedev, 10/09/2009, www.fr.rian.ru.
[ii] Selon le rapport du Congrès américain, Washington aurait exporté, en 2008, pour 37,8 milliards de dollars d’armes contre seulement 3,5 milliards à la Russie. Autrement dit, elle vendrait 10 fois plus d’armes dans le monde que la Russie, renforçant ainsi sa première place internationale. Et surtout, sous la pression du lobby militaro-industriel américain, elle remporte une victoire spectaculaire dans la course aux armements initiée, depuis la Guerre froide, contre la Russie. Réf. : ‘’Washington affirme avoir vendu dix fois plus d’armes que la Russie’’, Revue de la presse russe du 8 septembre, Gazeta.Ru/Izvestia/Komsomolskaïa pravda, 8/09/2009, www.fr.rian.ru.
[iii] ‘’Elargissement de l'OTAN: le président russe conseille d'étudier les éventuelles conséquences’’, D. Medvedev, 2/04/2009, www.fr.rian.ru.
[iv] ‘’Russie-USA : la lutte antiterroriste entravée par les divergences en ex-URSS’’, H. Pirchner, 09/09/2009, www.fr.rian.ru.
LIRE LA SUITE : Idée.nationale.russe.doc
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03.06.2009
Fermeture de la base Manas : recul américain sur l’échiquier eurasien ... Echec et mat pour Brzezinski ?

‘’La partie qui se joue dans le pourtour de la Russie n’est plus l’endiguement de la guerre froide,
mais le refoulement (‘roll back’)’’
Brzezinski (2000, p. 19)
‘’Le Grand échiquier’’
Spectaculaire défaite diplomatique pour Washington ! La fermeture de sa base (kirghize) de Manas en 2009 - après celle de sa base (ouzbek) de Karshi-Khanabad en 2005 - aura, à terme, un impact stratégique majeur, dans la mesure où elle implique une refonte de sa politique en zone post-soviétique, traditionnellement axée contre la Russie. En effet, depuis l’implosion de l’URSS le 25/12/1991, Washington a mis en œuvre une politique de reflux (‘’roll back’’) de la puissance russe, destinée à se substituer à son leadership impérial hérité du soviétisme. Or la perte de ce maillon stratégique vers l’Afghanistan obligera l’administration américaine à renouer un vrai dialogue avec Moscou, désormais incontournable dans la région. Et cet échec est d’autant plus flagrant qu’il raisonne comme un aveu d’impuissance pour Washington, incapable de ‘’persuader’’ aucune autre république de l’ex-URSS d’héberger – en substitution de Manas – une base américaine sur son territoire. Une raison majeure étant pour ces dernières d’éviter toute source de tension avec Moscou, de nouveau maitre de son pré-carré. La Russie est de retour.
Dans ses grandes lignes, la perte de Manas exprime un double symbole géopolitique, d’une part de l’échec de la stratégie d’influence américaine en Asie centrale et, d’autre part, du retour de l’Etat russe dans sa zone de domination historique. Car la principale réussite de V. Poutine a été de redonner une certaine légitimité à un Etat fort et centralisé, avide de reprendre le contrôle de son ‘’étranger proche’’ (la CEI) en vue de sécuriser ses espaces périphériques et in fine, rompre la stratégie d’encerclement mise en œuvre par Washington depuis la transition post-communiste. Ainsi, V. Poutine a réhabilité un Etat russe recentré sur une stratégie de puissance et de défense de ses intérêts nationaux, élargis à l’ancien espace soviétique. Et selon Z. Brzezinski (2008, p. 208), ce comportement attesterait du refus des russes d’accepter ‘’la nouvelle réalité de l’espace post-soviétique’’, autrement dit, l’ingérence américaine dans leur ancien espace politique – et au-delà, celle de l’Europe dans ce que cette dernière appelle désormais le ‘’voisinage partagé’’. Inutile provocation.
Tendanciellement, la stratégie américaine suit la ligne anti-russe de Brzezinski visant le contrôle de l’Eurasie, cœur stratégique (et énergétique) du monde et, dans ce but, à empêcher l’émergence de toute puissance majeure hostile, dont feraient potentiellement partie la Russie et la Chine. Dans cet axe, il s’agit selon Brzezinski, stratège et conseiller d’Obama, de définir ‘’une géostratégie d’ensemble à long terme concernant l’Eurasie’’ (Brzezinski, 2000, p. 249) en vue d’y stabiliser une forme de domination mondiale. En définitive, cela implique la manipulation des ‘’principaux acteurs géostratégiques présents sur l'échiquier eurasien’’ (Brzezinski, 2004) et en particulier, en Asie centrale – dans l’optique (notamment) d’implanter des bases à la périphérie russe.
Cette haine viscérale à l’égard des russes structure le discours de Brzezinski, percevant la Russie comme l’héritière de la guerre froide et sa stratégie extérieure comme un résidu du soviétisme. Dans son ouvrage, ‘’L’Amérique face au monde’’, Brzezinski (2008, p. 186) rappelle que durant les 4 derniers siècles, la ligne directrice de la Russie se résume par ‘’une expansion impériale à partir d’un centre bien défini pour créer un Etat multinational’’. Et surtout, il est persuadé que V. Poutine n’a pas ‘’admis l’impossibilité de recréer le vieux système impérial’’ (Brzezinski, 2008, p. 191), illustrant selon lui, ‘’la résistance de l’ordre soviétique’’ (Brzezinski, 2000, p. 141). Pour cette raison, Brzezinski prône le maintien d’une politique de contrôle de la puissance russe et d’érosion de son pouvoir en zones caucasienne et centre-asiatique. Reflexe de guerre froide.
Dans son essence, la perte de la base de Manas va obliger Washington a une attitude plus ‘’compréhensive’’ à l’égard de la Russie[i], au sens où elle a besoin de cette dernière comme relais logistique et politique de ses interventions en Asie centrale, considérée comme une priorité de la politique étrangère américaine. En retour, cette ‘’coopération’’ russe donne à Moscou un droit de regard – et un moyen de pression – sur la politique américaine en zone post-communiste. Dans ce schéma, sous prétexte de lutte anti-terroriste, le recentrage de l’effort américain sur l’Afghanistan – au détriment du bourbier irakien – vise à renforcer l’influence de Washington en Asie centrale : ‘’La fin de l’occupation (de l’Irak : jg) sera une opportunité pour la guerre contre Al Qaïda, mettant ainsi un terme à une aventure malheureuse qui (…) a détourné les États-Unis de l’Afghanistan, où la menace originelle d’Al Qaida persiste et augmente.’’[ii]
Un objectif clé de Brzezinski est de renforcer - au détriment de Moscou et de ses alliances eurasiennes, telles l’OCS et l’OTSC[iii] - le rôle régulateur de l’Otan en zone post-soviétique comme levier de l’avancée géopolitique américaine. Pour cette raison, il prône l’extension de l’Otan aux ex-républiques soviétiques, considérées comme les ‘’pivots géopolitiques’’ de sa stratégie du roll-back de la puissance russe – leur coopération ayant déjà été obtenue dans le cadre du ‘’Partenariat pour la paix’’ (PPP) et de manœuvres militaires provocantes aux portes de la Russie (dont les dernières en mai 2009, en Géorgie !)[iv]. Et surtout, selon Brzezinski (2004, p. 296), le champ d’action stratégique de l’Otan ‘’est appelé à s’élargir à l’espace eurasien’’. Cette extension de l’Otan - perçue par Moscou comme un vestige de la lutte anti-communiste, donc injustifiée - permettrait de poursuivre d’une part, le détachement des Etats post-soviétiques de l’emprise de la Russie et d’autre part, l’encerclement de cette dernière. En outre, cette volonté de détacher la zone post-soviétique de la domination russe est reprise par le Partenariat oriental mis en œuvre par l’Europe - levier de l’influence américaine - dans le voisinage partagé, depuis le 8 mai 2009. A terme, il s’agit de créer une forme de dépendance de la zone post-communiste à l’égard du leadership américain, dans le but de contrôler le cœur énergétique de la planète, à la fois par un contrôle politique des Etats clés (les ‘’pivots’’) et par un contournement de l’Etat russe – via des circuits alternatifs, comme l’attestent le projet Nabucco et la réalisation de l’oléoduc BTC (Bakou-Tbilissi-Ceyhan). L’accès à l’énergie, considéré par Brzezinski (2008, p. 212) comme ‘’une source majeure de puissance politique’’, sera renforcé par le projet Nabucco : ‘’Nous devrions persister dans cette voie. A un certain moment, pas si lointain, des oléoducs et gazoducs allant de l’Asie centrale à l’océan Indien en passant par l’Afghanistan et le Pakistan deviendront réalisables. Voilà de bonnes choses à faire ( ! : jg).’’ (p. 199).
Or, le renforcement de l’influence américaine en Eurasie post-soviétique – via l’élargissement de l’Otan, la création d’alliances politico-militaires (du type GUAM[v]), la mise en oeuvre de politiques libérales et l’implantation de douteuses ONG – implique, de manière dialectique, la compression de la puissance russe. Cette ‘’compression’’ est d’ailleurs la condition permissive de la progression des bases américaines en zone post-communiste. Dans ce contexte, la fermeture de Manas va freiner cette stratégie offensive de Washington, qui s’inscrit dans une perceptive de long terme mais devra s’appuyer, dans un premier temps - pour la gestion de la crise afghane - sur les infrastructures russes. Ainsi, l’orientation structurelle de la ligne Brzezinski ne serait pas remise en cause, mais seulement retardée dans l’optique de s’assurer du soutien russe dans un espace géopolitique explosif et exposé aux crises nationalistes. Brzezinski (2008, p. 199) l’a reconnu sans ambages et souligné la nécessité de contenir toute velléité russe, en poursuivant le rapprochement avec les ex-républiques soviétiques de l’Asie centrale : ‘’Ce qui est vraiment important est de créer un contexte géopolitique tel que le désir nostalgique (de la Russie : jg) de redevenir une grande puissance impériale aura moins de chances de se réaliser (…)’’. Ce qui implique selon Brzezinski (2008, p. 199) ‘’d’instaurer des liens économiques plus nombreux et plus directs avec les pays d’Asie centrale en tant qu’exportateurs d’énergie (….)’’. D’autant plus que ce dernier est persuadé que ‘’la domination coloniale russe sur l’Asie centrale est une chose du passé’ (Brzezinski, 2004, p. 98). Réalisme implacable.
Ainsi, après la double perte américaine des bases militaires de Manas et de Karshi-Khanabad, la mise en cause des révolutions libérales (Géorgie, Ukraine et Kirghizstan) planifiées par Washington et enfin, l’évolution récente de la question énergétique (au profit de Moscou), la Russie tend à renforcer les bases politiques de son leadership dans l’espace post-soviétique. Cette orientation est d’ailleurs appuyée par la volonté du président Medvedev de faire de l’OTSC une organisation concurrente de l’Otan, en vue de rééquilibrer les rapports de force dans la région. En définitive, cette configuration permettra à terme, à la Russie, de renforcer son statut d’Etat majeur du nouvel ordre international et en cela, de s’opposer à une Amérique hégémone, auto-proclamée ‘’clé de voûte de la stabilité internationale’’ (Brzezinski, 2004, p. 35). Et, plus inquiétant, celle-ci reste convaincue de sa ‘’destinée manifeste’’ confiée par l’histoire en Eurasie car, selon l’étrange aveu de Brzezinski (2008, p. 284): ‘’nous (les américains : jg) sommes exceptionnels (…)’’.
Au-delà d’un symbole géopolitique fort, Manas traduirait donc l’amorce d’un recul américain et, en ce sens, l’impasse de la stratégie post-communiste de Brzezinski sur le ‘’Grand échiquier’’ eurasien. Echec et mat.
Jean Geronimo
Docteur en Sciences économiques
Spécialiste de l’URSS et des questions russes
Mail : Jean.Geronimo@upmf-grenoble.fr
[1] La stratégie eurasienne de l’Amérique est décrite dans 3 ouvrages majeurs de Brzezinski. Voir donc Brzezinski Z. (2000) : ‘’Le grand échiquier – L'Amérique et le reste du monde’’, éd. Hachette (1° éd. : Bayard, 1997) ; ‘’Le Vrai Choix’’, éd. Odile Jacob (2004) ; ‘’L’Amérique face au monde’’, éd. Pearson (2008).
[1] Washington serait plus conciliante sur les questions de l’Iran, du bouclier anti-missiles, de la réduction des armements nucléaires, de la politique énergétique russe et de l’avenir du Caucase.
[1] ‘’Comment sortir intelligemment de cette folle guerre ?’’, Z. Brzezinski, Washington Post, 30/03/2008.
[1] On rappellera : OTSC (Organisation du Traité de sécurité collective) et OCS (Organisation de coopération de Shanghai).
[1] www.fr.rian.ru, ‘’Exercices de l’Otan en Géorgie : une ‘provocation ouverte’ ‘’, A. Azimov, ambassadeur russe à l’OSCE, 08/05/2009.
[1] GUAM (Géorgie, Ukraine, Azerbaïdjan, Moldavie).
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06.05.2009
OTAN contre RUSSIE

L'ambassadeur russe auprès de l'Otan Dmitri Rogozine a estimé que l'Alliance, qui vient de débuter des manoeuvres militaires en Géorgie, devenait "de plus en plus imprévisible" à l'égard de la Russie dans une interview mercredi au quotidien russe Izvestia.
"Le plus affligeant est que cette organisation devient de plus en plus imprévisible. L'Alliance n'arrive pas à se comporter d'une manière adéquate, stable et décente", a déclaré M. Rogozine commentant l'expulsion de deux diplomates russes et le maintien d'exercices de l'Otan en Géorgie.
Il s'en est ensuite une nouvelle fois pris au président géorgien Mikheïl Saakachvili qui a accusé mardi Moscou d'être impliquée dans la mutinerie d'une base de blindés en Géorgie.
"Si le président géorgien souffre d'une indigestion, cela signifie que nous l'avons empoisonné. Je n'arrête pas de le dire: il faut envoyer en Géorgie des infirmiers et non des militaires", a-t-il ironisé, ajoutant que l'Otan aurait dû être "plus flexible" et annuler ses manoeuvres en Géorgie qui commencent mercredi.
Les relations Russie-Otan traversent une nouvelle crise alors que l'Alliance a annoncé la semaine dernière l'expulsion de deux diplomates russes, une mesure à laquelle Moscou a promis de riposter.
Les manoeuvres militaires de l'Otan critiquées par la Russie ont débuté comme prévu en Géorgie aujourd'hui, au lendemain d'une mutinerie derrière laquelle Tbilissi voit l'ombre de Moscou, a indiqué le ministère géorgien de la Défense.
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20.03.2009
Que veut OBAMA ?

La politique internationale américaine a ses constantes. Elle se caractérise depuis la création du pays par son caractère messianique. Le peuple américain est porteur du message divin originel dévoyé par la Vieille Europe abâtardie et corrompue, incapable de dépasser ses divisions pour atteindre l'unification de l'humanité.
Cependant dans son histoire, finalement courte au regard des autres civilisations, si tant est que l'on puisse parler de civilisation américaine (peut être serait-il plus judicieux de parler de composante américaine de la civilisation occidentale), la politique américaine a connu des variations, entre l'isolationnisme de sa création et l'interventionnisme des présidents démocrates Wilson et Roosevelt, entre le soft power par exemple d'un Carter et le hard power des Bush.
On peut donc s'interroger sur l'orientation de la nouvelle administration. Sera-t-elle en rupture avec celle de l'administration Bush? Quelles seront les rapports que souhaite entretenir Obama avec les BRIC ( et plus particulièrement la Chine et la Russie) et l'Europe? Quelles seront ses positions sur les questions israélo-palestinienne et iranienne?
Tout d'abord il apparaît évident que les États Unis, en la personne de son président, auront à coeur de préserver leurs intérêts et ne répondront en aucun cas aux attentes irrationnelles voire débilitantes des opinions publiques mondiales. La générosité en politique, intérieure ou extérieure ne peut être qu'un stratagème, un moyen au service d'une fin rationnelle, froide et implacable. Toute culture tendant vers la civilisation, tout état tendant vers l'empire, ce qui est le cas des États Unis, aspire à la domination. Cependant une politique trop ouvertement belliqueuse suscite des résistances et rend l'administration de l'Empire plus ardue.
L'administration Bush s'est mise dans une impasse. Alors que la Russie, pendant l'ère Eltsine et y compris au début du mandat Poutine, pouvait être considérée comme un allié, les casus belli se sont multipliés : Kosovo, Géorgie, Ukraine, ABM.
La politique quasi ouvertement impérialiste en Afghanistan et en Irak (Qui n'a jamais douté de la nature réelle des événements du 11 septembre ? ) a aliéné la sympathie des opinions publiques mondiales, plus particulièrement musulmanes mais a également suscité de vives critiques au sein même du pays. La crise irakienne a également été à l'origine de tensions avec Paris et Berlin.
Enfin la crise des subprimes a fragilisé la stabilité américaine rendant de plus en impossible le statu quo, l'effort de guerre devenant insoutenable.
Un changement s'imposait. Les élites américaines ne pouvaient pas ignorer cette évidence. Un changement sur le fond et dans la forme.
Pour la forme, qui de plus sympathique et rassurant qu'Obama ? Métis, poli, cultivé, le gendre idéal.
Pour le fond, l'administration Obama semble privilégier la diplomatie, par nature beaucoup moins coûteuse que la chose militaire.
D'autant plus que le retour de nombreux pontes de l'ancienne administration Clinton , à commencer par Hillary, mais également Holbrooke et Mitchell apparaît comme une gageure d'habileté, sans cependant négliger la fermeté (cf agression du sol européen en 99).
La manoeuvre d'ensemble semble être la suivante. Renouer des liens avec la Russie (cf rencontre Lavrov Clinton, déclarations de Medvedev) et de façon plus surprenante avec l'Iran (message d'Obama), avec comme corollaire une prise de distance avec Israël (et son nouveau gouvernement ultra sioniste).
L'intérêt de la manoeuvre est multiple. L'Irak étant partiellement stabilisé, l'effet majeur américain porte dorénavant sur l'Afghanistan et le Pakistan. Le soutien logistique des militaires américains n'est possible qu'avec l'accord et l'aide des Russes (cf Kirghizstan).
Des Russes plus américanophiles et la main tendue d'Obama pourraient également inciter les Iraniens à agir avec plus de raison. Ce qui pourrait résoudre la question nucléaire et calmer les ardeurs subversives des différentes milices et organisations soutenues par Téhéran, notamment en Irak.
Au final, l'axe Moscou Téhéran Caracas qui semblait poindre, faute de Grand Satan belliqueux, perdrait en vigueur.
Une autre conséquence serait la distanciation voire le lâchage d'Israël, les intérêts des deux entités devenant de plus en plus contradictoires. Washington préférera peut être acheter la stabilité en se dissociant de Tel Aviv qui jouant sa survie, sera prêt à tout, avec comme conséquence l'embrasement du Proche et Moyen Orient.
Pour conclure, une seule certitude : Obama jouera toutes ses cartes pour défendre les intérêts américains. Gardons toujours à l'esprit que le nouveau président américain ne s'est pas forgé tout seul. Une anecdote : un des principaux donateurs de la campagne du candidat démocrate n'est autre qu'AIG, l'assureur américain, dont les pertes causées par la détention d'actifs toxiques ont été compensées par l'argent du contribuable. Autre donateur : Georges Soros ...
August VonK
18:54 Ecrit par Ivan dans Débats | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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15.11.2008
Sarko le Russe

Ou comment le président de la République, qui avant son élection n'avait pas de mots assez durs envers Poutine et rêvait de faire plier Moscou, a fini, au pouvoir, par devenir un partenaire très accommodant. Une enquête de Vincent Jauvert
La scène, qui n'a jamais été racontée, se déroule au Kremlin, le 12 août, en début d'après-midi. Nicolas Sarkozy est seul face à Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev. Il essaie de convaincre les deux Russes d'arrêter les combats en Géorgie et surtout de ne pas prendre Tbilissi. Il sait qu'une grande partie de l'armée russe veut aller jusqu'au bout et renverser Saakachvili. Comment ? Grâce aux interceptions des services secrets français ! Selon une note de la direction du renseignement militaire à ce sujet, certains responsables de l'état-major à Moscou conseillent à leurs chefs de foncer puisque la voie est libre. Sarkozy sait aussi - ou croit savoir qu'un pouvoir géorgien fantoche a été constitué par le Kremlin et qu'il est prêt à prendre la relève.
Le président français interpelle Poutine et Medvedev : «Vous ne pouvez pas faire cela, le monde ne l'acceptera pas.» Poutine réplique dans son langage ordurier habituel : «Saakachvili, je vais le faire pendre par les couilles.» «Le pendre ?» demande le président français, effaré. «Pourquoi pas ? répond le Premier ministre russe. Les Américains ont bien pendu Saddam Hussein.» «Oui, mais tu veux terminer comme Bush ?», rétorque Sarkozy. Poutine est interloqué. Comme Bush ? Il réfléchit puis lâche : «Ah, là, tu marques un point.» C'est gagné : Saakachvili sauve sa tête et ses... Cet échange fleuri, épisode crucial de la geste géorgienne de Sarkozy, nous a été relaté par Jean-David Levitte, le conseiller diplomatique à l'Elysée. Normal : il donne le beau rôle au président français, auquel beaucoup, en Europe comme en France, reprochent d'avoir - par ignorance ou par calcul - trop cédé aux Russes cet été. Même le président du groupe d'amitié France-Russie à l'Assemblée, l'UMP Hervé Mariton, le dit : «Nous avons été h caricature de nous-mêmes, une France faible sur les principes.» «Ce ne sont que sornettes», répond l'onctueux Levitte, alias «Diplomator».
Sornettes ? Pourtant, ce même 12 août à Moscou, Nicolas Sarkozy affirme haut et fort qu'il est «parfaitement normal» que Moscou défende les «russophones à l'extérieur de la Russie», faisant ainsi sienne la propagande néo-impériale du Kremlin. Certes, plus tard, il assure que les Russes vont se retirer sur les positions qu'ils occupaient avant le début de la guerre. Et menace, plusieurs fois, d'en «tirer les conséquences», s'ils ne le font pas. Mais, à ce jour, les Russes ne se sont pas repliés partout. Au contraire, ils ont annexé des morceaux de la Géorgie où ils n'étaient pas présents avant le conflit : la vallée de la Kodori et la ville d'Akhalgori, à soixante kilomètres de Tbilissi. En outre, ils refusent que les observateurs européens pénètrent en Ossétie du Sud et en Abkhazie.
Qu'en dit Nicolas Sarkozy ? Rien. Mieux, ou pis, il applaudit le Kremlin. Ainsi, le 8 octobre, le président français, lors d'une conférence organisée par l'Ifri à Evian (et financée, en partie, par l'oligarque préféré du Kremlin Oleg Deripaska), remercie Medvedev d'avoir «rempli tous ses engagements». Traduction : on peut reprendre le «business as usual» avec le Kremlin et notamment les négociations sur un «partenariat stratégique», à Bruxelles. Bref, il est temps de passer l'éponge et d'accepter les faits accomplis russes dans le Caucase - un «Kosovo à l'envers», selon la formule d'Alain Mine, qui se félicite de l'habileté diplomatique de son ami Sarkozy. «Sarkozy a fait exactement ce que nous espérions : donner, de fait, la bénédiction de la France à l'annexion de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud», dit un officiel russe. Il ajoute : «Rendez-vous compte, il est aujourd'hui le meilleur ami de la Russie en Europe, son meilleur avocat en tout cas. Et nous qui étions si inquiets quand il a été élu ! Qui aurait pu imaginer ce revirement ?»
Et quel revirement ! Conversion ou reniement ? Souvenons-nous. Pendant la campagne électorale, Nicolas Sarkozy milite pour la défense des droits de l'homme en Russie et contre la realpolitik façon Jacques Chirac. Il dénonce «le silence sur les 200 000 morts en Tchétchénie» et assure qu'il vaut «mieux serrer la main de Bush que celle de Poutine».
En décembre 2006, il organise un petit déjeuner «Russie» place Beauvau. En catimini, pour ne pas s'attirer les foudres de Chirac, il convie à sa table les critiques plus féroces du Kremlin à Paris. «Sarkozy nous tient alors un discours très antipoutinien, se souvient l'un des participants. Il dit que, s'il entre à l'Elysée, il invitera Garry Gasparov [le champion d'échecs devenu la bête noire de Poutine]. Et il parle avec chaleur de son ami «Micha» Saakachvili.» «A l'époque, il avait des convictions très fortes, résume son conseiller stratégique d'alors, Pierre Lellouche. Enfin, je crois...»
En retour, Poutine bat froid le candidat Sarkozy. Il refuse de l'accueillir au Kremlin quand il est invité à Moscou par son homologue de l'Intérieur. Le président russe ne cache pas sa préférence pour Dominique de Villepin, le poulain de son ami Chirac. Et quand le candidat de l'UMP est élu, le 6 mai, il attend plusieurs jours avant de le féliciter. D'autant que le premier chef d'Etat reçu à l'Elysée par le nouveau président n'est autre que... Saakachvili. «Mais, la campagne finie, dit sans ambages «Diplomator» Levitte, il fallait passer à autre chose : place à la France et à ses intérêts.»
Lire la suite : http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2297/articles/...
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10.11.2008
La destruction du quartier juif de Tskhinvali par l'armée géorgienne
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16.09.2008
Géorgie : le point de non retour ... Une déstabilisation programmée

Mais cette crise est surtout un retour de bâton, s’appuyant sur le précédent du Kosovo. Le processus douteux de l’indépendance du Kosovo - en violation des principes onusiens - peut en effet, à lui seul, justifier l’indépendance autoproclamée des républiques d’Ossétie du sud et d’Abkhazie. Avec une certaine légitimité - et dans le cadre des règles internationales - la Russie a profité de l’agression géorgienne pour renforcer ses positions, montrer sa capacité à défendre ses "nationaux" (ossètes et abkhazes) et surtout, empêcher un génocide programmé. V. Poutine a ainsi confirmé, le 8/09/2008, que la Russie s’est conduite au cours de cette crise ‘’de façon tout à fait morale, dans le cadre du droit international’’. En d’autres temps et d’autres lieux - en ex-Yougoslavie, lors de l’intervention meurtrière de l’Otan en 1999 - on aurait appelé cela le ‘’devoir d’ingérence humanitaire’’. Il s’agit donc d’éviter une lecture du droit international à géométrie variable, présentant la Russie comme un agresseur et digne héritier de l’axe (communiste) du mal.
Depuis la chute du communisme en 1991, la Géorgie apparaît comme un double symbole géopolitique : d’une part comme celui de l’avancée américaine en zone post-soviétique, d’autre part, comme celui du déclin de la puissance russe dans sa zone de domination historique. Globalement, la Géorgie est le symbole de l’extension post-guerre froide de la sphère euro-atlantique, doublement centrée sur la compression de la puissance russe et le contrôle des ressources énergétiques. Cela s’inscrit, sur long terme, dans une stratégie américaine structurellement anti-russe et visant à réduire l’influence eurasienne de Moscou par l’intégration des ex-républiques soviétiques. Cette stratégie offensive a été théorisée par Zbigniew Brzezinski : ‘’L’extension de l’orbite euro-atlantique rend impérative l’inclusion des nouveaux États indépendants ex-soviétiques (…)’’. Longtemps marginalisée et blessée, l’orgueilleuse Russie est à la recherche d’une identité perdue et surtout, désireuse de revanche. La crise géorgienne, suite à l’attaque délibérée du 8 août 2008, en a été le catalyseur.
Aujourd’hui, cet État post-soviétique se retrouve au cœur d’une lutte pour le contrôle de l’Eurasie, zone stratégique pour la domination du monde. Cela explique l’instrumentalisation politique de l’Otan comme vecteur d’influence, dans l’axe de la ligne Brzezinski focalisée contre les intérêts russes en Eurasie : ‘’le champ d’action stratégique de l’Alliance atlantique est appelé à s’élargir à l’ensemble eurasien’’. Sur ce point, Z. Brzezinski précise, en particulier, que ‘’la responsabilité de la stabilisation du Caucase’’ devrait échoir ‘’pour une part déterminante, à l’Otan’’ ( !). Le célèbre stratège n’hésite pas à prôner un ‘’pacte de stabilité pour le Caucase’’ - verrouillé par l’Otan - sur le ‘’modèle du pacte de stabilité dans les Balkans’’ ( !). Or l’histoire récente montre que de tels ‘’pactes’’ servent de levier à l’influence politique américaine. Dans ce schéma, on peut comprendre l’ingérence américaine en Géorgie, place stratégique du Caucase.
La Géorgie apparaît véritablement comme un pivot géopolitique dans la stratégie américaine du ‘’rôle back’’ (reflux) de la puissance russe, prônée par Brzezinski. En d’autres termes, elle est une pièce clé de l’échiquier eurasien. L’objectif implicite de Washington est de détacher la zone post-soviétique (CEI) de la domination russe, en vue d’y instaurer un ‘’pluralisme’’ politiquement orienté. Or cet objectif a été partiellement réalisé par la main mise de Washington sur le Caucase sud (principalement l’Azerbaïdjan et la Géorgie) et l’Ukraine, par le biais d’une triple ingérence politique, économique et militaire. De suspectes ‘’révolutions de couleur’’ (libérales) ont précipité ce basculement dans le camp occidental. En fait, ces révolutions politiques ont été ‘’encouragées’’ (et planifiées) par le vertueux État américain, porteur du ‘’flambeau de la liberté’’, au nom d’une mission libérale confiée par l’histoire et destinée à étendre la ‘’paix démocratique’’.
Désormais, ces stratégies politiquement insidieuses, à visée manipulatrice, sont perçues par le discours stratégique russe comme des ‘’menaces principales’’. Cela est attesté par le général d’armée Makhmout Gareev, président de l’Académie des sciences militaires de Moscou, lors de sa présentation des grandes lignes de la nouvelle doctrine militaire russe, le 20 janvier 2007 : ‘’L’expérience de la désagrégation de l’URSS, de la Yougoslavie, des ’’révolutions colorées’’ en Géorgie, en Ukraine, en Kirghizie et dans d’autres régions du monde est là pour nous convaincre que les principales menaces sont mises à exécution moins par des moyens militaires que par des moyens détournés’’. Or, à terme, ces stratégies d’ingérence géopolitique ont fini par exacerber l’instabilité nationaliste des zones caucasienne et centre-asiatique. En quelque sorte, une déstabilisation programmée.
Aujourd’hui, les crises nationalistes en zone post-soviétique tendent à être instrumentalisées par les deux super-puissances dans leur stratégie d’influence. L’État américain les a notamment utilisé pour déstabiliser l’autorité russe dans la région et se substituer à cette dernière. De son coté, en réaction, la Russie n’hésite pas à surfer sur ces instabilités pour accélérer son retour. Mais il s’agit là d’une réponse légitime à une politique américaine agressive menaçant ses intérêts nationaux et ses prérogatives historiques, dans l’optique finale d’éroder sa puissance. Ainsi Igor Chouvalov, vice-premier ministre de la Russie, a reconnu que ‘’certains tentent actuellement de freiner notre puissance’’. Il y a, pour Moscou, des lignes rouges à ne pas franchir. Car la Géorgie se trouve au cœur du glacis sécuritaire - l’actuelle CEI - que la Russie s’est efforcée de construire, tout au long des siècles, pour faire face aux menaces extérieures latentes.
La Géorgie (avec l’Ukraine et l’Azerbaïdjan) espère bientôt intégrer le bloc occidental par le biais des institutions de l’UE et de l’Otan. Et c’est surtout cette intégration à l’Otan que redoute Moscou, dans la mesure où elle élargirait la zone d’intervention potentielle de l’Otan - bras armé de l’Amérique - aux portes de la Russie. Cela est dénoncé, sans ambages, par l’ancien Premier ministre russe, E. Primakov : ‘’L’extension de l’Otan s’accompagne d’une rhétorique anti-russe ainsi que d’une politique offensive des Etats-Unis dans les ex-républiques soviétiques’’. Il s’agit donc d’une véritable provocation, au cœur même d’un espace post-communiste défini par Moscou comme partie intégrante de ses ‘’intérêts vitaux’’. Cela explique la ferme réaction du ministre russe des affaires étrangères, S. Lavrov : ‘’Nous ferons tout pour empêcher l’adhésion de l’Ukraine et de la Géorgie à l’Otan et prévenir ainsi une inévitable dégradation de nos relations avec l’Alliance, ses principaux membres et nos voisins’’. Par ailleurs, cette intégration permettrait à la fois l’extension des bases militaires américaines et celle (éventuelle) du bouclier anti-missile ABM. Autrement dit, cela concrétiserait l’encerclement stratégique de la puissance russe, la conduisant à se sentir comme une cible potentielle. Un véritable cauchemar pour cette dernière, d’autant plus que la Géorgie est au centre des couloirs énergétiques contrôles par l’Amérique en vue de contourner et isoler Moscou.
En soutenant l’indépendance (reconnue le 28 août) des républiques d’Ossétie du sud et d’Abkhazie, Moscou cherche à garder une présence politico-militaire dissuasive en Géorgie et à freiner l’expansion provocante de l’Otan à son Etranger proche (la CEI), perçue comme un réflexe de la guerre froide – et comme une violation des promesses occidentales. D’autant plus que l’Etranger proche, défini comme sa zone d’influence politique, reste la première priorité de sa politique extérieure et le vecteur de sa stratégie de puissance. Ce faisant, la Russie veut montrer à l’Occident ‘’qu’elle n’est pas la Serbie’’ et qu’elle est prête à défendre ses intérêts nationaux, jusqu’au bout. Ce durcissement de la politique russe est considéré par Washington comme une résurgence de l’impérialisme soviétique. ‘’Le but de la Russie est de retrouver l’influence du temps de l’URSS’’ a ainsi récemment affirmé le vice président américain, Dick Cheney. Avec une troublante certitude, Z. Brzezinski a confirmé que la Russie n’a pas ‘’entièrement rompu avec ses ambitions impériales’’. Se sentant trahie par l’Occident et estimant qu’elle a trop reculé depuis l’implosion de l’URSS, la Russie a retrouvé ses forces (économique et militaire) et sa fierté nationale. Et elle veut faire de la Géorgie une preuve éclatante de son retour sur la scène internationale. L’enjeu, sous-jacent, est de retrouver une certaine crédibilité géopolitique.
En définitive, c’est le statut post-impérial de la Russie qui se joue. Depuis la phase post-communiste, la Russie cherche d’une part à s’insérer dans le nouvel Ordre mondial qu’elle espère ‘’plus juste’’ et d’autre part, à reconstruire son identité internationale. Mais face à l’hostilité américaine, elle veut garder un droit de regard sur son espace périphérique, source potentielle d’instabilités politique et sécuritaire. Cela explique et justifie son acharnement à défendre les causes ossète et abkhaze, au nom de principes moraux supérieurs et ce, quels qu’en soient les coûts. Sa survie, et son retour comme grande puissance, en dépendent.
Jean Géronimo , Docteur en Économie. ( Jean.Geronimo@upmf-grenoble.fr )
mardi 16 septembre 2008
19:01 Ecrit par Ivan dans Débats | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : politique, georgie, russie, usa, poutine, urss, otan |
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15.09.2008
Les femmes parachutistes russes prêtent serment



La première section féminine de cadets a prêté serment à l'Ecole militaire supérieure des troupes aéroportées de Riazan
20:45 Ecrit par Ivan dans Fondements | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : politique, femmes parachutistes russes, russie, medvedev, poutine, urss, cei |
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10.09.2008
РГРК «Голос России»
Le 8 septembre, dans la résidence du chef d’état russe aux environs de Moscou, les présidents de Russie et de France, Dmitri Medvedev et Nicolas Sarkozy qui préside l’Union Européenne en ce moment, ont eu des entretiens pour concerter des points supplémentaires dans le plan adopté auparavant du règlement de la situation autour de la crise en Géorgie. Une conférence de presse conjointe des présidents de Russie et de France a clos la rencontre. Nous proposons à votre attention quelques points essentiels de cette conférence. Le chef d’état russe Dmitri Medvedev a pris la parole le premier.
Le président sarkozy a noté qu’il se prononcerait au nom de monsieur Barroso, de Bernard Kouchner, de monsieur Solana et il a dit qu’il présenterait dans son intervention le résumé des accords obtenus par la délégation de l’UE avec le président Medvedev.
Ensuite, les chefs d’état russe et français ont répondu aux questions des journalistes. Nous proposons à votre attention certaines de ces réponses. Le correspondant de la chaine Russia Today a demandé : Comment appréciez-vous la position de l’UE face à la situation en Géorgie ?
Voici l’avis du président français sur l’avenir des relations entre l’UE et la Russie…
Une question au président russe : « Que pensez-vous sur la nécessité d’élaborer une nouvelle conception de la sécurité internationale ? Ne croyez-vous pas que depuis l’Irak, le Kosovo, l’Ossétie du sud, tout s’est écroulé ? »
Le correspondant de Libération pose la dernière question aux deux présidents : <audio>
18:31 Ecrit par Ivan dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : politique, russie, poutine, sarkozy, urss, cei, ossétie du sud |
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07.09.2008
Le couloir eurasien: Géopolitique des pipelines et la nouvelle guerre froide
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09:55 Ecrit par Ivan dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : 3° guerre mondiale, caucase, russie, europe, usa, poutine, géorgie |
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