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régis debray

  • Un mythe contemporain: le dialogue des civilisations

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    « Dialogue » et « civilisaton » sont à redéfinir

    Le dialogue d’abord, n’a de sens que si il met en relation des gens qui pensent différemment: il faut donner et recevoir, et non s’autocongratuler sur la démocratie et les droits de l’homme.

    Ensuite, « culture » désigne chez nous la culture de l’esprit, le travail personnel d’un individu sur lui-même (ministère de la culture ou lieux de culture). Etymologiquement, il se situe entre culte et agriculture. Une civilisation désigne une réalité collective plus profonde car elle comprend à la fois un état de société, un mode de vie, une religion et un ensemble de pays (l‘islam est une civilisation car il existe une organisation des états islamiques (OCI), contrairement au christianisme). Selon Régis Debray, il faut entendre par culture tout ce qu’une société s’accorde à tenir pour réel car nous ne donnons pas le même degré de réalité aux mêmes choses et cet indice dépend du prisme formé par l’ensemble des relations d’un groupe d’homme.

    La culture divise alors que la technique universalise

    Le monde technique (toujours nouveau) s’oppose à la multiplicité des mondes culturels (toujours le même). La culture fractionne l’espèce humaine en personnalités non inter changeables alors que la technique l’unit, en rendant nos objets inter opérables. Les téléphones portables, les 4x4, les satellites ou les codes barres voyagent partout alors que les calendriers, les manuels d’histoire ou les lieux de mémoires favorisent l’ethnocentrisme. Il y a 3000 langues parlées dans le monde mais une seule organisation de l’aviation civile internationale (OAC), avec un code technique anglais.666579487.jpg

    Ainsi, nous habitons une culture, non une technique. Nous habitons une langue mais nous nous servons d’un mac.

    La technique ne veille pas sur la mondialisation

    Internet structure le monde comme un réseau mais structurer le réseau comme un monde est une autre affaire: un réseau d’autoroute et de chemin de fer était indispensable pour faire l’Europe mais absolument insuffisant pour créer un quelconque sentiment d’identité. Un système technique ne crée pas un sentiment d’appartenance: il est universel mais n’a aucune saveur ni peau.

    La mondialisation des objets s’accompagne de la tribalisation des sujets

    La mondialisation techno-économique s’avère être une balkanisation politico-culturelle. Comme si à chaque bon en avant dans les outillages, correspondait un bon en arrière dans les réflexes. Jamais les outils de communication n'ont été aussi performants et jamais les replis identitaires n'ont été si puissants: jamais les murs de séparation n'ont autant proliféré (Israël, Etats-Unis, Irak, Espagne, Irlande, Inde, etc.). On voit se multiplier des réflexes quasi-immunitaires, une volonté nouvelle de sauvegarde identitaire (par exemple en France le ministère de l'Intégration, de l'Identité nationale et de l'Immigration).