24.06.2009
Zarathoustra à JÉRUSALEM : L’influence de NIETZSCHE sur LA PENSÉE SIONISTE

L'influence de Nietzsche sur la culture nationale juive moderne et l’attitude du philosophe à l’égard des Juifs et du judaïsme sont deux sujets essentiellement distincts l’un de l’autre, bien que toute tentative d’approfondir leurs rapports de réciprocité prouvera que cette attraction mutuelle n’est pas tout à fait le fruit du hasard. Nietzsche voit dans le peuple juif le symbole de la puissance, en « opposition à tous les décadents ». Son admiration pour le judaïsme de l’époque biblique et pour celui de la Diaspora est bien connue. Toutefois, sa répugnance à l’égard du judaïsme institutionnel découle du fait que celui-ci a constitué le fondement historique du christianisme qu’il méprisait. Ses réflexions sur le judaïsme et sur le peuple juif sont récurrentes dans la totalité de son oeuvre.
LIRE LA SUITE > http://www.controverses.fr/pdf/n8/ohana8.pdf
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31.05.2009
LES PALESTINIENS SONT VICTIMES D’UNE INJUSTICE INACCEPTABLE…
Les Palestiniens sont victimes d’une injustice inacceptable. Soit. Depuis soixante ans, sans relâche, les médias du monde entier se focalisent sur ce conflit. On se dit tout de même que la rentabilité injustice/information est très faible, si l’on ne considère que le rapport entre le nombre de morts et la quantité de papiers et d’images déversés sur le monde en général, et les masses arabes en particulier. Même rentabilité faible si l’on prend en compte la quantité de personnes concernées, importante certes, mais moins qu’en d’autres lieux de la planète. Quant aux atrocités commises, n’en parlons pas, une plaisanterie. Au nombre de morts, de réfugiés, d’horreurs, il y a beaucoup mieux, un peu partout. Remarquons, à titre d’apéritif, qu’avec la meilleure volonté du monde, Tsahal aura du mal à exterminer autant de Palestiniens que l’ont fait, sans états d’âmes, les régimes arabes de la région, notamment la Syrie, le Liban et la Jordanie, qui n’en veulent pas, eux non plus, des Palestiniens, et qui ont peu de scrupules humanitaires lorsqu’il s’agit de s'en débarrasser.
Mais Israël est un coupable idéal, non seulement dans nos banlieues, mais en Europe en général. Nous le chargeons de toute notre mauvaise conscience d’anciens colonisateurs. Une poignée de Juifs qui transforme un désert en pays prospère et démocratique, au milieu d’un océan de dictatures arabes sanglantes, de misère, d’islamisme et de corruption, voilà un scandale. Il faut donc bien que cela soit intrinsèquement coupable, sinon où serait la justice ? L’injustice est avant tout israélienne. Ce n’est même pas un fait, c’est une métaphysique. Cent chrétiens lynchés au Pakistan valent moins, médiatiquement parlant, qu’un mort palestinien. Pourquoi l’injustice commise envers les Palestiniens reçoit-elle vingt fois plus d’écho que celle faite aux Tibétains, aux Tamouls, aux chrétiens du Soudan, aux Indiens du Guatemala, aux Touaregs du Niger, aux Noirs de Mauritanie ? Y a-t-il plus de gens concernés, plus de sang versé, une culture plus menacée dans son existence ? En fait, ce serait plutôt l’inverse.
Que la Papouasie soit envahie par des colons musulmans qui massacrent les Papous et trouvent, en plus, inacceptable de voir les rescapés manger du cochon, voilà qui ne risque pas de remporter un franc succès à Mantes la Jolie.
Que des sales Nègres, considérés et nommés comme tels, soient exterminés par des milices arabes au Darfour, les femmes enceintes éventrées, les bébés massacrés, voilà qui ne soulève pas la colère des jeunes des cités. Et c’est dommage : si l’on accorde des circonstances atténuantes à un jeune Français d’origine maghrébine qui s’en prend à un Juif à cause de la Palestine, alors il serait tout aussi logique de trouver excellent que tous les Maliens, Sénégalais ou Ivoiriens d’origine s’en prennent aux Algériens et aux Tunisiens. Voilà qui mettrait vraiment de l’ambiance dans nos banlieues. Le racisme franchement assumé des Saoudiens ou des Emiratis envers les Noirs, les Indiens ou les Philippins, traités comme des esclaves, ne soulève pas la vindicte de la tribu Ka, ni des Noirs de France (ni de Mbala Mbala dit Dieudonné).
La responsabilité directe des Africains dans la traite des Noirs n’induit pas des pogroms de Guinéens par les Antillais.
Pourquoi seulement Israël ? A moins que la haine d’Israël ne soit que le paravent du bon vieil antisémitisme ; mais non, cela n’est pas possible, bien entendu. Israël, 20.000 km2, 7,5 millions d’habitants, dont 5,5 millions de Juifs, est responsable du malheur des Arabes, de tous les Arabes, qu’ils soient égyptiens, saoudiens ou français. Israël est l’Injustice même. En le rayant de la face du globe, en massacrant les Juifs, on effacerait l’injustice. C’est bon, de se sentir animé par une juste colère. C’est bon, d’éprouver la joie de frapper et de persécuter pour une juste cause. Voilà pourquoi il ne faut pas dire aux “jeunes des cités” que les deux millions d’Arabes israéliens ont le droit de vote, élisent leurs députés librement. Ne leur dites pas qu’Israël soutient financièrement la Palestine. Ne leur dites pas que des milliers de Palestiniens vont se faire soigner dans les hôpitaux israéliens. Ne leur dites pas que l’université hébraïque de Jérusalem est pleine de jeunes musulmanes voilées. Ne leur demandez pas où sont passés les milliers de Juifs d’Alexandrie. Il en reste trente aujourd’hui. Ne leur demandez pas ce qu’il est advenu de tous les Juifs des pays arabes. Ne leur demandez pas s’ils ont le droit au retour, eux aussi. Ne leur demandez pas quelle est la société la plus “métissée”, Israël ou la Syrie. Ne leur dites pas que, s’il y a de nombreux pro-palestiniens en Israël, on attend toujours de voir les pro-israéliens dans les pays arabes. Ne leur dites pas que le négationnisme ou l’admiration pour Hitler ne sont pas rares dans les pays arabes ; que, lorsqu’il s’est agi d’illustrer les différentes cultures par leurs grands textes, la bibliothèque d’Alexandrie a choisi d’exposer, pour le judaïsme, le Protocole des Sages de Sion ; que ce "faux" antisémite est largement diffusé dans les pays arabes. Ne leur dites pas que, du point de vue des libertés, de la démocratie et des droits de l’homme, non seulement il vaut mille fois mieux être arabe en Israël que juif dans un pays arabe, mais sans doute même vaut-il mieux être arabe en Israël qu’arabe dans un pays arabe. Ne leur dites pas qu’Alain Soral, du Front national, qu’ils détestent tant, est allé manifester son soutien au Hezbollah, qu’ils admirent si fort. Si on leur enlève la méchanceté d’Israël, que deviendront ceux d’entre eux qui s’en prennent aux feujs, sinon des brutes incultes, bêtement, traditionnellement antisémites ? Il ne faut pas désespérer Montfermeil. Mais après tout, on peut tout de même essayer de leur dire tout cela sans trop de risque. Ils traiteront l’informateur de menteur, d’agent du Mossad, de représentant du lobby sioniste ou de raciste.
Ils auront raison. Pourquoi se défaire de la commode figure du Croquemitaine responsable de toute la misère du monde ? Elle évite de s’interroger sur ses propres insuffisances.
Pierre Jourde, romancier ("Paradis noir" sortira chez Gallimard en février), essayiste ("Littérature monstre" vient de paraître) critique littéraire ("La littérature sans estomac") et professeur à l'université de Grenoble III.
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30.12.2008
La bataille de Gaza : un tournant décisif pour le monde entier

L’issue de la bataille de Gaza sera déterminante pour l’avenir du Moyen-Orient. Car toute nouvelle trêve entre Israël et le Hamas sera considérée par ce dernier, et par l’axe qu’il représente, comme une victoire, synonyme de défaite israélienne semblable à celle de l’été 2006. Ce qui signifie l’installation durable d’une "tête de pont" iranienne dans le Sud d’Israël, prenant, avec celle du nord tenue par le Hezbollah l’Etat hébreu en tenaille. L’Iran aura également achevé son installation aux portes de l’Egypte, après avoir infiltré les monarchies du Golfe.
Pour expliquer ce scénario, nous (re)mettons en ligne le point de vue de Khaled Asmar, publié déjà le 22 décembre, soit une semaine avant le début de la guerre. Comment le blocus de Gaza menace-t-il l’Arabie saoudite et l’Egypte ? Le Hezbollah veut libérer la Palestine. Michel Aoun appelle ses partisans à rejoindre la Résistance
Mais plus grave encore, c’est que certains dirigeants, notamment israéliens et occidentaux, adoptent la politique de l’autruche. Ils se voilent les yeux pour ne pas voir la réalité en face et continuent de carresser la bête dans le sens du poil. Nous (re)mettons également en ligne un éditorial du 22 avril 2008, afin de leur rafraichir la mémoire : Si le ridicule ne tue pas, le cynisme et l’hypocrisie le peuvent.
Nous espérons ainsi que nos rappels permettent à ceux qui accusent MediArabe.info d’être à la solde des sionistes de revoir leur copie, et de comprendre une fois pour toute que notre objectif n’est pas de compter les morts, ni de dénoncer les uns ou les autres. Notre objectif est simplement de comprendre une situation bien compliquée, de l’expliquer et de prévenir les dangers. Aujourd’hui, le danger est iranien, avec l’ambition de l’empire perse et la volonté de Mahmoud Ahmadinedjad de détruire Israël. L’axe syro-iranien a prédit qu’après la prise du pouvoir par le Hamas à Gaza en 2007 et par le Hezbollah au Liban en 2008, le pouvoir sera renversé en Jordanie en 2009 et en Egypte en 2010. Pour y parvenir, l’Iran poursuit l’exportation de sa révolution à travers la chiitisation des populations en Syrie, en Afrique, dans le Golfe et au Maghreb... Demain, quand le danger sera israélien, égyptien ou saoudien, nous ne manquerons pas de le dénoncer avec la même détermination et la même clarté.
©« MediArabe.info »
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14.12.2008
La Judéophobie des Modernes. Des Lumières au Jihad mondial
« Pour Taguieff, et c’est là l’originalité première de son livre, l’antisémitisme, tel qu’il fut mythologisé dans l’histoire officielle, est périmé, sinon complètement marginalisé. Les militants de l’islamisme radical – ennemis déclarés d’Israël – seraient, selon Taguieff, les nouveaux relais de la judéophobie. Cette passion serait doublement entretenue : par une interprétation fondamentaliste du Coran, d’une part, ainsi que par la complicité rhétorique avec le discours « progressiste » de l’intelligentsia de gauche, sensible à l’argumentaire « anti-raciste » et « anti-impérialiste » de la cause palestinienne ».
Carl Bergeron, 28 ans, a soumis à Point de Bascule un compte-rendu du livre de Pierre-André Taguieff récemment sorti à Montréal, La Judéophobie des Modernes. Des Lumières au Jihad mondial. (Odile Jacob, 2008, 683 p.)
Compte rendu signé Carl Bergeron :
En France, Pierre-André Taguieff faisait paraître en août dernier, chez Odile Jacob, La Judéophobie des Modernes. Des Lumières au Jihad mondial. Cet ouvrage capital, qui fait suite à de nombreux travaux de l’auteur sur l’antisémitisme, n’est disponible que depuis le 9 décembre à Montréal. Se proposant de démystifier « la nouvelle judéophobie », Taguieff y dresse la généalogie de l’antisémitisme, en prenant soin toutefois de distinguer les différentes phases d’antisémitisme qui, depuis l’antijudaïsme chrétien, ont ponctué la longue histoire du peuple juif.
Lire la suite : http://pointdebasculecanada.ca/spip.php?article752
Le multiculturalisme, ou le cheval de Troie de l’islamisme
par Pierre-André Taguieff (directeur de recherche au CNRS, Paris)
La Grande-Bretagne, les Pays-Bas et le Canada sont parmi les pays occidentaux les plus touchés par une islamisation fondamentaliste intense. Le multiculturalisme modéré existant en Grande-Bretagne a été défini en 1966, non sans un certain angélisme, par Roy Jenkins, alors secrétaire du Home Office, comme « la diversité culturelle, couplée à l’égalité des chances, dans une atmosphère de tolérance mutuelle » (6). Après les attentats islamistes de Londres (juillet 2005), les Britanniques ont à leur tour pris conscience des dangers présentés par le multiculturalisme à l’époque du terrorisme jihadiste gobal. L’angélisme différentialiste ne devrait plus être à l’ordre du jour en Grande-Bretagne (7). Dans une étude d’une exceptionnelle lucidité, « Atmosphère suffocante dans le Londonistan », publiée en juin 2006, le politologue Ernst Hillebrand montre non seulement que le multiculturalisme britannique a totalement échoué, mais encore qu’il a favorisé l’emprise islamiste sur les musulmans vivant en Grande-Bretagne. Le constat est saisissant :
« 40 % des musulmans vivant en Grande-Bretagne souhaitent l’application de la Chari’a dans certaines parties du pays. 32 % pensent que les musulmans devraient s’engager pour mettre fin à la civilisation occidentale, “décadente et amorale”. 20 % disent comprendre les motivations des responsables des attentats du métro de Londres le 7 juillet 2005. Dans le même temps, seuls 17 % des non-musulmans pensent que musulmans et non-musulmans peuvent vivrent ensemble pacifiquement de façon durable. Et un quart de l’électorat peut s’imaginer votant un jour pour un parti d’extrême droite ; bienvenue en Grande-Bretagne, dans une société qualifiée par le British Council de “riche d’une grande diversité, ouverte, multiculturelle”. Alors que les autorités persistent à diffuser des messages glorieux, les attentats de Londres ont crûment révélé une réalité qui n’avait pu échapper, auparavant déjà, à tout observateur attentif : le vaste échec du multiculturalisme britannique, du moins en ce qui concerne l’intégration des musulmans. » (8)
Les défenseurs d’un multiculturalisme institutionnel, lorsqu’ils professent un relativisme culturel radical, sont le plus souvent des ennemis déclarés de l’Occident, dénoncé comme incarnation d’un judéo-christianisme qui, par son intolérance et son « impérialisme », serait une machine à détruire les « cultures ». Comme l’a justement remarqué Élie Barnavi, « le multiculturalisme est un leurre », qui continue cependant de séduire nombre d’intellectuels et d’homme politiques en Europe. Le multiculturalisme se fonde implicitement sur un essentialisme culturel qui mine les fondements de tout ordre politique : « On ne bâtit pas une société digne de ce nom, ce qui implique une langue dans laquelle on puisse se comprendre, un minimum de culture commune, une mesure de mémoire partagée, en enfermant les gens dans leur propre langue, leur propre culture et leur propre mémoire » (9). Le multiculturalisme institutionnel, c’est-à-dire le multicommunautarisme, revient à transformer le droit à la différence en un devoir d’appartenance ordonné à une identité d’origine supposée et imposée (10). Ses défenseurs ont contribué à jeter la confusion dans les milieux antiracistes en définissant le racisme par le rejet du multiculturalisme. Dès lors, toute critique du projet multicommunautariste est soupçonnée d’exprimer une vision raciste, alors même que le multiculturalisme, quelles que soient les bonnes intentions de ses partisans, ressemble fort à ce monstre que serait un « multiracisme ». Les illusions pseudo-antiracistes suscitées par cette absolutisation de la différence culturelle et ce culte de la diversité culturelle en dissimulent mal les effets pervers : la fragmentation conflictuelle de l’espace public, l’ethno-racialisation des rapports sociaux, l’individualisation négative, la généralisation normative des ségrégations, l’accroissement de la défiance entre les groupes séparés et, pour finir, la destruction de la vie civique, mettant en danger le régime démocratique.
Cette pathologie sociale peut être analysée sur la base du modèle d’intelligibilité construit par Robert Putnam dans les années 1990 et mis à l’épreuve au cours des années 2000, selon lequel le « capital social », soit « les réseaux qui relient entre eux les membres d’une société et les normes de réciprocité et de confiance qui en découlent » (11), tend à décliner lorsque s’accroît la diversité ethnique et culturelle. Putnam a étudié ce qu’il appelle la « diversité ethnique » aux États-Unis en référence aux quatre groupes retenus par le recensement nord-américain : les Hispaniques, les Blancs non-hispaniques, les Noirs non-hispaniques et les Asiatiques. Ces catégories dites « ethniques » ou « raciales » sont en fait tout autant culturelles. Dans un article retentissant publié en juin 2007 (12), le sociologue et politiste en arrive à formuler un certain nombre de conclusions inattendues de la part d’un « progressiste », et qu’on peut réduire à quatre thèses : 1° Plus la diversité ethnique grandit, plus la confiance entre les individus s’affaiblit ; 2° dans les communautés les plus diversifiées, les individus ont moins confiance en leurs voisins ; 3° dans ces mêmes communautés, non seulement la confiance inter-ethnique est plus faible qu’ailleurs, mais la confiance intra-ethnique l’est aussi ; 4° la diversité ethnique conduit à l’anomie et à l’isolement social. Il va de soi que de telles conclusions, établies à partir d’une enquête conduite d’une manière exemplairement scientifique sur un échantillon d’environ 30 000 individus, ne peuvent qu’affoler les adeptes du « politiquement correct » en matière d’immigration (célébrée comme une « richesse ») et les partisans du multiculturalisme (présentée comme la voie unique vers le nouvel avenir radieux). À la fin de son article, l’universitaire réputé « progressiste » qu’est Putnam définit sa position « politique » par un double rejet : « Il serait dommage qu’un progressisme politiquement correct nie la réalité du défi que constitue la diversité pour la solidarité sociale. Et il serait également regrettable qu’un conservatisme anhistorique et ethnocentrique refuse d’admettre que relever ce défi est à la fois souhaitable et possible ».
Il reste à étudier d’une façon comparative d’autres sociétés démocratiques travaillées par les effets négatifs d’un excès de diversité interne, qu’il s’agisse des Pays-Bas, de la Belgique, des pays scandinaves, de l’Allemagne ou de la Grande-Bretagne, sans oublier certains pays d’Europe méditerranéenne. L’horizon ainsi dessiné est plutôt sombre : si les thèses de Putnam sont fondées, universalisables et ainsi dotées d’une valeur prévisionnelle, alors le surgissement de sociétés multi-raciales et multiculturelles que favorise l’ouverture démocratique aura pour conséquences majeures le déclin de l’engagement civique et le délitement du lien social, remplacé par la défiance ou l’indifférence. Trop de diversité, en provoquant l’érosion de la confiance, tuerait la tolérance et ruinerait la solidarité sociale comme l’esprit civique. Dès lors, l’offre islamiste, centrée sur l’identité et la solidarité de groupe, deviendrait particulièrement attractive aux yeux des « communautés » diverses de culture musulmane. C’est dans ce contexte convulsif qui s’annonce, à l’heure du Jihad mondial, que les réseaux islamistes risquent de prendre leur essor en tout territoire situé hors de la « demeure de l’islam » (dar al-islam).
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Cet article est extrait du livre de Pierre-André Taguieff, La Judéophobie des Modernes. Des Lumières au Jihad mondial, Paris, Odile Jacob, en librairie le 25 août 2008.
1) Voir Yasemin Soysal, Limits of Citizenship : Migrants and Postnational Membership in Europe, Chicago, University of Chicago Press, 1994.
2) Voir Frank de Zwart, « Politiques ciblées dans les sociétés multiculturelles : acceptation, négation et substitution », Revue internationale des sciences sociales, LVII (1), n° 183, 2005, p. 164.
3) Voir John Rex, Ethnicité et citoyenneté. La sociologie des sociétés multiculturelles, textes sélectionnés, traduits de l’anglais et introduits par Christophe Bertossi, préface de Michel Wieviorka, Paris, L’Harmattan, 2006, p. 76. Le sociologue britannique John Rex est l’un des principaux théoriciens de l’ethnicité et un défenseur du multiculturalisme. Voir John Rex, Race and Ethnicity, Buckingham, Open University Press, 1986, pp. 119-135 (chap. 7 : « The Concept of a Multi-Cultural Society »).
4) Voir Pierre-André Taguieff, L’Illusion populiste. Essai sur les démagogies de l’âge démocratique, nouvelle édition refondue et considérablement augmentée, Paris, Flammarion, coll. « Champs », 2007, pp. 147-149.
5) Voir Ian Buruma, On a tué Theo Van Gogh. Enquête sur la fin de l’Europe des Lumières, tr. fr. Jean Vaché, Paris, Flammarion, 2006.
6) Cité par John Rex, Ethnicité et citoyenneté, op. cit., p. 135. Pour une présentation positive de ce modèle d’intégration visant à protéger la diversité culturelle, voir John Rex and Sally Tomlinson, Colonial Immigrants in a British City : A Class Analysis, Londres, Routledge & Kegan Paul, 1979.
7) Voir Gilles Kepel, Terreur et Martyre. Relever le défi de civilisation, Paris, Flammarion, 2008, pp. 206-224.
8) Ernst Hillebrand, « Atmosphère suffocante dans le Londonistan », Friedrich-Ebert-Stiftung, Analyses et Documents, juin 2006, p. 1. Ernst Hillebrand était alors directeur du bureau londonien de la Friedrich-Ebert-Stiftung. Il en dirige le bureau de Paris depuis juillet 2007. Voir aussi Paul Landau, Le Sabre et le Coran. Tariq Ramadan et les Frères musulmans à la conquête de l’Europe, Monaco, Éditions du Rocher, 2005, pp. 89-95. Ce spécialiste de l’islamisme analyse le multiculturalisme, notamment aux Royaume-Uni, comme le « cheval de Troie des islamistes » (op. cit., p. 93), image symbolique que je lui emprunte ici.
9) Élie Barnavi, Les Religions meurtrières, Paris, Flammarion, 2006, p. 129.
10) Pour une analyse critique approfondie, voir Pierre-André Taguieff, La République enlisée. Pluralisme, « communautarisme » et citoyenneté, Paris, Éditions des Syrtes, 2005, pp. 12-184, 273-346.
11) Voir l’article séminal de Robert D. Putnam, « Bowling Alone : America’s Declining Social Capital », The Journal of Democracy, 6 (1), 1995, pp. 65-78 ; ainsi que l’ouvrage qui a suivi : Bowling Alone : The Collapse and Revival of American Community, New York, Simon and Schuster, 2000. Voir Jean-Louis Thiébault, « Les travaux de Robert D. Putnam sur la confiance, le capital social, l’engagement civique et la politique comparée », Revue internationale de politique comparée, 10 (3), 2003, pp. 341-355.
12) Robert D. Putnam, « E Pluribus Unum : Diversity and Community in the Twenty-first Century », Scandinavian Political Studies, 30 (2), juin 2007, pp. 137-174. Pour une analyse critique, voir Éloi Laurent, « Robert Putnam et la nouvelle indifférence américaine », 24 octobre 2007.
12:46 Ecrit par Ivan dans Débats | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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23.11.2008
Defense establishment paper: Golan for Syria peace, plan for Iran strike

A defense establishment paper recommends making contingency plans to attack Iran, reaching an agreement with Syria that includes leaving the Golan Heights and preventing new elections in the Palestinian Authority, even if this means a confrontation with the United States.
The paper will be presented to the cabinet next month as part of the National Security Council's annual situation assessment.
The document warns that in 2009, Israel may find itself facing a nuclear Iran virtually alone, following a rapprochement between the U.S., Iran and the Arab world that would also undermine Israel's military superiority.
LIRE LA SUITE : http://www.haaretz.com/hasen/spages/1039929.html
Israël se préparerait à attaquer l'Iran
Un document officiel de l'Etat hébreu envisage une option militaire contre l'Iran afin de l'empêcher d'accéder à l'arme nucléaire. Selon ce document, Israël s'inquiète d'un possible rapprochement entre Washington et Téhéran, et craint une montée du Hamas.
Le journal israélien Haaretz a diffusé, dimanche 23 novembre, un document officiel envisageant une attaque contre l'Iran pour l'empêcher d'accéder à l'arme nucléaire. Le rapport préconise également d'empêcher des élections palestiniennes pour contrer l'ascension du Hamas.
LIRE LA SUITE : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/2...
16:46 Ecrit par Ivan dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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15.11.2008
Polish jewish people : Defiance
12:32 Ecrit par Ivan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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31.10.2008
המכה היהודית היהודית Through the Eyes of the Amona Protestors




Thousands arrived Tuesday and camped out, by Wednesday morning's Supreme Court decision, most have packed up their tents and sleeping bags and headed for the nine building slated for destruction.
Protestors continue to stream toward Amona, having cut through local Arab villages and back roads. They are met by a line of Border Police with clubs who chase after and beat anyone who attempted to cross the line. Many succeeded nonetheless. Musician sings and encourages protestors following the announcement that the Supreme Court rejected the Yesha Council's offer to destroy the houses on their own and that thousands of troops are on their way. Protestors choosing passive-resistance locked arms and surrounded the homes. Whole families came together to protest, not imagining the level of violence that would be used by the police...
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10:42 Ecrit par Ivan dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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02.05.2008
22 mai 1913 : Création de l’Hachomer Hatzaïr

Le mouvement de jeunesse sioniste Hachomer Hatzaïr (« Le jeune garde ») est né en Galicie en 1913. Il découle de l'unification de deux mouvements : le mouvement juif scout polonais et les Tzeire Sion ( les jeunes de Sion ). Ces derniers formaient des cercles purement intellectuels, méprisant le sport, les promenades et le scoutisme. Tandis que les scouts juifs polonais étaient tout à fait éloignés des valeurs nationales du peuple juif, les Tzeïre Sion avaient une tendance nettement sioniste et socialiste. En fusionnant, les deux mouvements apportèrent l'aspect positif de leurs conceptions. Les scouts : une vie de jeunes, libres dans toutes leurs manifestations ; les Tzeïre Sion: l'amour de l'étude et le désir d'approfondir l'idéologie sioniste-socialiste.
Après les massacres qui illustrèrent la Première Guerre mondiale, le peuple juif fut de nouveau submergé par de vastes pogroms. Alors qu'il semblait que le désespoir allait triompher, se sont réveillées les forces vives du peuple. Le mouvement de la renaissance englobe des cercles de plus en plus vastes et la jeunesse juive s'élance vers l'immigration en Eretz-Israël. Les jeunes du mouvement Hachomer Hatzaïr furent les premiers à participer à la 3ème alya ( dès 1919 ) et formèrent le premier noyau du mouvement en Israël.
En Eretz-Israël, le mouvement progresse aussi. En 1927, les kibboutz formés par les membres qui sont sortis des rangs du mouvement, jettent les bases de l'organisation des kibboutz de l'Hashomer Hatzaïr en lsraël : Hakibboutz Haartzi. Dans la même année se réunit le deuxième Congrès mondial du mouvement, qui approfondit les bases idéologiques et administratives de l'Hachomer Hatzaïr.
Dès ce moment le mouvement progresse sans cesse. Il s'attaque à tous les centres de la vie juive en introduisant partout son idéologie. Il élargit ses cadres, et il crée en même temps de nouveaux kibboutz en Israël.
L'organisation a eu une grande responsabilité dans le soulèvement du ghetto de Varsovie, sous la direction de Mordechaï Anielewicz en 1943. Elle fut un des constituants du Mapam (1948-1992), parti de gauche ancêtre du Meretz , deux partis socialistes sionistes membres de l'Internationale socialiste.
14:58 Ecrit par Ivan dans Fondements | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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