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traité de lisbonne

  • EUROPE RÉELLE CONTRE EUROPE LÉGALE

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    Après les Irlandais, ce sont les Polonais qui s’en mêlent ! Décidément, tout ne va pas pour le mieux en Union européenne et pour Nicolas Sarkozy en particulier, au moment où la France accède à la Présidence de celle-ci.
    Ce n’est certes pas la première crise, ni sans doute la dernière, bien sûr. Au moins, les crises européennes se règlent-elles désormais sinon à l’amiable, du moins en simples crispations, suivi d’accords plus ou moins durables plutôt qu’à coups de canons. Cela évite toujours les routes jonchées de cadavres, on ne s’en plaindra pas.
    Certains responsables de l’UE s’insurgent donc contre ces pays, tels l’Irlande et la Pologne, qui ont largement bénéficié des mannes financières de l’UE et mettent la pagaille en refusant de signer le Traité de Lisbonne, pis-aller de feu la giscardienne constitution européenne, précédemment enterrée, elle, par les Pays-Bas et la France.
    Pour les dirigeants de l’UE, cela semblait pourtant aller de soi : nous payons, vous signez ! Mais aucune clause ne stipulait que l’un n’allait pas sans l’autre. Une colossale erreur, incompréhensible de la part de vieux chevaux de retours de la politique, de hauts fonctionnaires blanchis sous le harnais des échanges internationaux.
    Incompréhensible sauf d’admettre… ce qu’eux-mêmes ne pourront jamais comprendre pour cause de formatage idéologique, certains qu’ils sont de détenir, eux et eux seuls, la seule et unique vérité. Cette folle prétention les empêche d’envisager tout avis contraire.
    La construction européenne telle que la conçoit cette caste d’arrogants – telle qu’on leur a appris à la concevoir – peut ne pas être forcément, automatiquement, du goût de tous. Elle pourrait même ne pas l’être du tout pour une majorité d’Européens.
    Faire fi de l’histoire des peuples, de leurs particularités régionales, de leurs sensibilités nationales, culturelles ou religieuses, vouloir imposer comme une évidence le rouleau-compresseur d’une pensée politique unique, d’une administration totalitaire autant qu’anonyme, de décrets incessants, incompréhensibles, d’ukases insupportables, et surtout la morgue en permanence affichée de leur douteuse supériorité auto-proclamée, déclenche un inévitable et bien naturel sentiment de rejet…
    Vouloir imposer de force des traités, via des politiciens toujours plus jaloux de leur pouvoir légal, mais toujours plus coupés du pouvoir réel, ne peut que susciter d’inévitables déconvenues.
    De la même façon, le royaliste Charles Maurras critiquait déjà, voilà près d’un siècle, le régime républicain et ses administrations hyper-centralisées, ses partis politiques et ses soutiens idéologiques qui formaient, pour lui, un « masque grotesque, tyrannique et inefficace », superposant artificiellement le « pays légal » au « pays réel », le pays qui « travaille et qui vit », que l’on appellerait aujourd’hui la société civile.
    Les blocages de l’Union européenne proviennent bien davantage de cet état d’esprit largement faussé de dirigeants persuadés d’être les propriétaires du destin des peuples européens… que de l’ingratitude de ces derniers.
    Les claques à répétition qui leur sont administrées parviendront peut-être à fissurer leur terrifiante armure de certitudes…

    © Philippe Randa www.philipperanda.com

  • La Pologne refuse de ratifier le traité de Lisbonne

    58b85522-472e-11dd-b22a-c0e466ddee57.jpgLe président Lech Kaczynski estime que le non irlandais a rendu le traité «sans objet». Un sévère coup au premier jour de la présidence française de l'Union Européenne.

    Le président polonais Lech Kaczynski ne veut pas ratifier le traité européen de Lisbonne. Pour lui cette question est pour le moment « sans objet ». Et d'ajouter, dans une interview au quotidien Dziennik que « l'affirmation selon laquelle il n'y a pas d'Union s'il n'y a pas de traité n'est pas sérieuse ».

    Cette défection est un sérieux coup porté au premier jour de la présidence française de l'Union, alors que Nicolas Sarkozy a souligné que sa priorité était de « circonscrire le problème aux Irlandais » et de faire en sorte que les autres pays européens « continuent de ratifier ». Un objectif qui s'éloigne avec le refus polonais, qui s'ajoute au problème tchèque, où la ratification est loin d'être acquise, en raison de l'euroscepticisme d'une partie de la droite libérale au pouvoir à Prague, à commencer par le président Vaclav Klaus. Le président polonais a d'ailleurs mis en garde ses homologues européens contre une tentation d'isoler l'Irlande. «Si on brise la règle de l'unanimité une fois, elle n'existera plus jamais. Nous sommes trop faibles pour accepter ce genre de solution», a-t-il dit.

    Lire la suite : http://www.lefigaro.fr/international/2008/07/01/01003-20080701ARTFIG00223-la-pologne-refuse-de-ratifier-le-traite-de-lisbonne.php

  • Europe, et si on changeait le contexte ?, par Bronislaw Geremek

    geremekby6.jpgAprès le non irlandais au traité de Lisbonne, l'Union européenne a évité de prendre des décisions à la hâte. Mais il semble qu'il y ait déjà un plan : faire aboutir la ratification du traité de Lisbonne dans tous les pays qui ne l'ont pas fait et obtenir de la part de l'Irlande, isolée dans son refus, la répétition du référendum sur le même texte.

    Le plan qui consiste à pousser l'Irlande à organiser un deuxième référendum a plusieurs précédents dans l'histoire de l'Union et n'est pas en contradiction avec les règles juridiques. Tout de même on ne peut pas nier que c'est un peu humiliant pour les Irlandais (oserait-on le demander aux Français ?) et que la culture démocratique des Européens en souffrirait aussi. Et imaginons ce que l'Europe ferait si des Irlandais s'obstinaient dans leur refus et répondaient non encore une fois ?

    Lire la suite : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/06/27/europe-et-si-on-changeait-le-contexte-par-bronislaw-geremek_1063685_3232.html