13.09.2009

EYN BRERA, PAS LE CHOIX !

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"Il est douloureux mais il ne ploie pas" fut la réponse de Menahem Begin au secrétaire d'Etat américain qui s'enquérait de la situation de son genou. Et effectivement M. Begin (zal) pouvait ressentir des douleurs mais il maintenait qu'un Juif "ne se prosterne que devant l'Eternel". Et lorsque à Camp David le président américain Carter est venu lui demander de discuter du statut de Jérusalem, M. Begin a donné l'ordre à sa suite de préparer les valises pour un départ immédiat. C'est le genou de Carter qui a plié !

 

 

Les pressions américaines peuvent être douloureuses mais l'Etat Juif ne doit pas s'y plier. Toute concession actuelle entraînera  d'autres concessions fatales.

Le fait que M. Natanyahou, après avoir brillamment expliqué les droits du peuple juif sur toute sa terre ancestrale, ait accepté l'idée néfaste d'un état arabe supplémentaire sur la terre juive est devenu un nouveau point de départ des pressions "obamiennes". Oubliées les conditions posées à la création de cet état car c'est un général américain qui entraîne la future armée "palestinienne" sous couvert de "police anti-terroriste"!

Ce ne sont pas des ovations que le premier ministre israélien a recueilli mais l'exigence insensée d'un arrêt de la construction en Judée-Samarie et même à Jérusalem. A peine ce gel inique et scandaleux est-il rentré dans les faits que l'équipe Obama exige la signature du Traité de non prolifération nucléaire, ce qu'aucune administration américaine ne s'était jamais autorisée à exiger. Et Hussein Obama se fait photographier en parlant au téléphone avec Natanyahou, les pieds sur son bureau et en montrant ses semelles. Se serait-il permis une telle attitude avec un autre premier ministre d'un quelconque état dans le monde? Une prosternation devant le Roi d'Arabie et les semelles pour Israël !

Pendant ce temps l'Iran discute avec le nouveau locataire le la Maison Blanche qui exclut le droit d'Israël d'attaquer ses installations nucléaires.

Le rassemblement des terroristes du Fatah à nos portes à Bethlehem, a prouvé de la manière la plus évidente que les "modérés" arabes veulent notre destruction contrairement aux "extrémistes" qui souhaitent notre "extermination". Il ne reste plus qu'à négocier la manière dont nous devrions commettre  notre suicide national pour complaire aux Mitchell, Kouchner, Brown et autres nouveaux vikings suédois. Natanyahou dans sa position ne devrait pas négocier avec Mitchell, un anti-israélien notoire,  mais lui envoyer son propre représentant, par exemple le secrétaire général du Conseil des localités de Judée-Samarie.  

Il fut un temps où l'arme essentielle de notre pays était le manque de choix. "Eyn Bréra" disions nous et nous réussissions les exploits les plus héroïques et les plus complexes. Aujourd'hui le manque d'esprit patriotique et l'anesthésie défaitiste opérée par la gauche israélienne nous amène à déclarer qu'il n'y a pas le choix et donc à nous croiser les bras.

C'est ainsi que nous restons impotents devant la menace arabe intérieure et devant les agissements de la cinquième colonne "juive". Huckabee, l'un des  anciens et brillants candidats républicains à la présidence US, a raison de déclarer que les dizaines de millions d'évangélistes américains soutiennent Israël et ses droits avec plus d'ardeur que "certains dans la communauté juive américaine et dans l'opinion publique israélienne". Parlons clairement et agissons avec raison juive pour regagner le respect de nous-mêmes, pour que nous puissions être compris, respectés et même soutenus.

Notre légitime indignation accompagne l'inacceptable article suédois nous ramenant aux heures les plus noires de l'antisémitisme européen. Nous avons raison d'exiger une réaction du gouvernement scandinave. Mais quid chez nous?

Qu'avons-nous fait de ces irresponsables israéliens qui ont fourni au monde entier un rapport sur des soldats israéliens qui auraient tiré sur des arabes comme toujours et par définition "civils, innocents, enfants et désarmés"? Où est la vertueuse indignation juive? Que faisons nous de ces "militants de la Paix" respectables qui ont fourni aux arabes des caméras pour filmer les actions des soldats de Tsahal? Quelles mesures avons-nous prises contre ces individus qui parcourent les réimplantations juives en Judée et en Samarie pour traquer la moindre trace de plâtre ou une nouvelle terrasse? Pourquoi tolérons nous le financement pléthorique de ces associations par des fonds étrangers officiels et hostiles?

Le ministre Yaalon a tort de parler seulement de virus avec lequel un individu affaibli et malade peut néanmoins continuer à vivre. Cette minorité masochiste qui ne représente en rien la volonté nationale finit par agir non comme un virus mais comme un cancer qui étend ses métastases jusque dans les bureaux gouvernementaux et  les universités après avoir rongé toutes les cellules saines des médias. Pourquoi serions nous le seul pays au monde où en temps de guerre, on ne punit pas l'intelligence avec l'ennemi, l'espionnage et le fait d'être un agent de l'étranger ?!

Mettons bon ordre chez nous et ne permettons pas que notre démocratie devienne une arme dévoyée par les ennemis de l'Etat juif. Nul ne force ces Juifs à rester en Israël et commençons par appeler sans complexe les choses par leur nom: Ce sont des traîtres.

Une fois isolées les cellules cancéreuses,  le peuple se ressaisira et saura que le choix est entre la fin de notre état juif ou la victoire sur tous les ennemis.

Il n'y a donc plus le choix.  Nous sommes condamnés à réussir, à accomplir notre destin et à vaincre.

Eyn Bréra !

 

Jacques KUPFER

Président du Bloc National des Juifs Francophones 

30.04.2009

Conclusion des investigations menées par les Forces de Défense d’Israël suite à l’Opération Plomb durci

Le Chef de l'Etat-major général de l'Armée Israélienne, le Lieutenant général Gabi Ashkénazi a approuvé et autorisé la publication des résultats de cinq équipes d'investigations chargées d'enquêter sur les événements relatifs à la conduite des soldats israéliens durant l'Opération Plomb Durci.
L’équipe, dirigée par des officiers ayant le rang de colonel, est composée d’officiers qui n’ont pas été impliqués directement dans le commandement opérationnel de ces évènements et ont été désignés par le Lieutenant général Gabi Ashkénazi pour examiner un nombre de points qui furent portés à son attention par des organisations internationales et par les médias israéliens et internationaux
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Le Porte parole de l'armée israélienne présentant le rapport

Les cinq équipes ont traité les cinq points suivant :

1-Accusations concernant des tirs dirigés contre des installations de l’ONU et d’autres infrastructures internationales Investigations conduites par le Colonel Itzik Turgeman.

2- Les incidents concernant les tirs sur les équipes, bâtiments, véhicules et équipements médicaux. Investigations conduites par le Colonel Erez Katz..

3- Accusations concernant les incidents qui ont touchés des civils non-impliqués. Investigations conduites par le Colonel Tamir Yedaï.

4- L’utilisation d’armement contenant du phosphore. Investigations menées par le Colonel Shaï Alkalaï.

5- Les dommages sur les infrastructures et destructions de bâtiments par les forces terrestres. Investigations conduites par le Colonel Adam Zusman.

Les investigations qui ont été menées par ces experts ne remplacent pas celles qui seront déposées en juin prochain dans le cadre du rapport du centre opérationnel d’investigation de Tsahal qui continue à enquêter à différents niveaux. Des points supplémentaires subissent aussi d’enquête ou d’autres investigations à différents niveaux à l’intérieur de Tsahal.

La décision du Chef d’Etat-major de désigner les cinq équipes d’investigation émane des obligations légale, morale et professionnelle de Tsahal d‘approfondir les plaintes relatives à la conduite de ces évènements. Le processus d’enquête concerne des séries d’investigations opérationnelles, qui constituent des procédures en vigueur dans Tsahal comme dans la plupart des armées occidentales. Ces investigations sont menées par des Colonels experts qui n’ont pas été directement impliqués avec les incidents en question.

En accord avec le protocole des investigations procédures d’enquêtes des Forces de Défense d’Israël, les investigateurs opèrent indépendamment et ont accès à tous les documents nécessaires à leur travail. La faculté d’interrogation de tout le personnel concerné à quelques grades que ce soit leur est totalement assurée. Les plaintes concernant les Forces de Défense israéliennes et les autres autorités israéliennes leur ont été transmises. Ils ont pu interroger de très nombreux soldats et officiers, et rassemblé les documents et matériels appropriés. Il convient de noter que tout soldat dont le témoignage a été requis par les enquêteurs était contraint de coopérer avec ces investigations. Les enquêteurs ont bénéficié d’une entière coopération à ce titre.

Les investigations ont démontré que durant les combats à Gaza, les Forces de Défense d’Israël ont opéré en accord avec le droit international. Les Forces de Défense israéliennes ont préservé un haut niveau moral et professionnel face à l’ennemi animé de la volonté de terroriser les civils israéliens en se cachant parmi les civils dans la Bande de Gaza les utilisant ainsi comme bouclier humain. Toutefois, les enquêtes ont relevé un nombre infime d’incidents au cours desquels des erreurs des services de renseignements ou opérationnels ont eu lieu pendant les combats. Ces incidents malheureux n’ont pu être évités et ont eu lieu sur le champ de bataille, en particulier dans les cas où le Hamas s’est battu au sein même des populations civiles.

Le gouvernement d’Israël a ordonné aux Forces de Défense d’Israël de déclencher l’Opération Plomb durci conformément à son devoir de protéger ses citoyens qui subissent depuis 8 ans les tirs de missiles dirigés sur les populations civiles du sud du pays. Ces tirs ont été particulièrement intensifs au cours des trois dernières années suite au « désengagement » qui a vu Israël se retirer de la Bande de Gaza, et au cours des deux mois précédant l’Opération quand 160 roquettes et obus de mortiers ont été tirés sur Israël.
Pendant ces années, des centaines de milliers d’enfants israéliens, de femmes et des hommes ont été terrorisés. Des milliers de missiles, de roquettes et d’obus de mortiers ont été tirés sur les écoles, les jardins d’enfants et les résidences voisines. Pas d’autre choix n’était possible contre ces actes incessants de terrorisme qui ont coûté de nombreuses vies et des blessés et qui déstabilisent toute tentative de vie normale dans les villes et les localités du sud d’Israël.
Les combats à Gaza ont eut lieu sur un champ de bataille complexe contre un ennemi qui a choisi, comme part de sa doctrine affichée, d’œuvrer au sein même de sa population civile. Cet effroyable ennemi a piégé ses propres maisons avec ses propres explosifs, à tirer depuis ses propres écoles occupées par ses propres enfants et à utiliser son propre peuple comme bouclier humain tout en abusant cyniquement des engagements juridiques et éthiques de Tsahal visant à éviter de blesser des civils non-concernés.

Afin d’assurer la conformité des engagements des Forces de Défense d’Israël avec le Droit international, les Forces de Défense d’Israël ont déployé d’énormes moyens à la protection des civils dans la bande de Gaza.

Les Forces de Défense d’Israël ont largué plus de 2 250 000 tracts au cours des combats, utilisé la radio palestinienne, et  personnellement averti par téléphone plus de 165 000 habitants de Gaza et dans le cadre de la  mise en œuvre d’une procédure spéciale destinée à prévenir de l’imminence de tirs (cette procédure porte de nom opérationnel de « knock on the roof »). Ces procédures a pour objectif de s’assurer que le nombre le plus important de civils palestiniens puisse être épargné. De plus, les Forces de Défense d’Israël ont essentiellement utilisé des munitions extrêmement  précises  quand cela était possible afin de minimiser toutes blessures éventuelles aux civils. Au cours des opération s, les Forces de Défense d’Israël ont aussi laissé entrer les convois humanitaires dans Gaza et observé une pause humanitaire de plusieurs heures par jour.

Les Forces de Défense d’Israël ont agi en conformité avec les valeurs morales et des règles du droit de la guerre, formant ses soldats à agir selon ces valeurs et règles qui les unissent, et faisant un immense effort pour concentrer ses tirs sur les terroristes et éviter de blesser des civils.

Comme toutes les autres armées contraintes de combattre un ennemi terroriste qui se cache et agit au sein de la population civile, les Forces de Défenses d’Israël ont du faire face à un cruel dilemme moral (du fait de la stratégie déloyale du Hamas). Cette stratégie a transformé les zones urbaines de Gaza en champ de bataille et intentionnellement fait usage des civils, de leurs habitations et des infrastructures humanitaires sensibles, (hôpitaux, écoles, institutions religieuses et bâtiments affiliés à l’ONU et à d’autres organisations internationales).

Les enquêtes ont clairement montré que les Forces de Défense d’Israël ont agi en conformité avec le Droit international. Les obligations légales de l ‘IDF ont été intégrées dans les plans opérationnels, dans l’entrainement reçu par l’armée avant l’opération et dans les ordres donnés durant l’opération. Lors de certains incidents les Forces de Défense d’Israël ont même davantage limité leur champ d’action que le Droit international ne le requiert et ont agi avec modération pour éviter de blesser des civils.

Les Forces de Défense d’Israël ont atteint les buts et objectifs fixés et porté un coup sérieux aux organisations terroristes menées par le Hamas, en visant les terroristes, les infrastructures militaires et les installations de fabrication d’armes. Cette opération complexe a nécessité la coopération des forces aériennes, navales et terrestres réunies avec les différents services de renseignement impliquant les forces actives et de réserve.

Avant le début de l’opération, une planification et une préparation minutieuse ont été entreprises pour s’assurer que les unités et les centres de commandement étaient suffisamment entrainés et préparés à cette opération.
Le processus d’enquête a été long du fait de l’ampleur des combats, du travail compliqué et minutieux des enquêteurs, du temps nécessaire à la collecte des informations en provenance des diverses unités impliquées dans l’opération et du recoupement détaillé de ces informations. Pour certaines enquêtes, quelques questions supplémentaires sont toujours en cours de vérification et d’autres allégations continuent d’être examinées.

Conformément aux règles en vigueur, un rapport de chaque enquête est transmis au procureur général militaire qui est habilité à décider d’ouvrir de nouvelles enquêtes et d’instruire de nouvelles investigations si nécessaire. Sa décision est totalement indépendante et il n’est soumis qu’à la Loi.

Du fait de leur importance, les conclusions des enquêtes ainsi que l’avis du procureur général militaire seront soumis au procureur général de l’Etat.

01.12.2008

Interview d'un agent du Mossad (1)

DRZZ : Michael Ross, un grand merci d’avoir accepté d’accorder cet entretien au blog drzz. Votre parcours est des plus inhabituels. Au début des années 80, vous étiez chrétien, Canadien, et vous terminiez votre service militaire dans votre patrie d’origine. Comment avez-vous rejoint Israël ? 

ROSS : Lorsque j’avais 20 ans, j’ai voyagé en Europe et je souhaitais passer l'hiver sous un climat méditerranéen.J’ai appris que l’on pouvait se porter volontaire pour travailler dans un kibboutz, en Israël. En dehors de cela, le pays lui-même m’intéressait. A l’époque, l’histoire, les religions et la technologie me passionnaient, et Israël était largement médiatisé sur ces sujets. 

DRZZ : Vous vous êtes ensuite marié avec une Israélienne et converti au judaïsme. Puis obtention de la citoyenneté, et service militaire au Liban. Votre service terminé, un « officiel du gouvernement israélien » vous contacte... A votre avis, pourquoi votre dossier a-t-il retenu l’attention de la Melukha, les chasseurs de têtes du Mossad ?   

ROSS : C’est une très bonne question. On ne m’a jamais révélé les raisons de mon recrutement.

DRZZ : Et si vous deviez spéculer, en vous basant sur votre expérience… ? 

ROSS : Je pense que mon parcours plutôt particulier a intéressé les recruteurs. Mon service militaire aussi.

DRZZ : Dans l’armée canadienne ou dans Tsahal ? 

ROSS : Les deux, en réalité. Mais plutôt, je pense, mon incorporation dans les forces armées israéliennes. 


DRZZ : Pouvez-vous nous révéler quelle était votre fonction ?

ROSS : Oui, je servais dans le génie, au sein d’une unité combattante.


DRZZ : Etait-ce le niveau technique d’une telle affectation qui a séduit le Mossad ?

ROSS : Pas seulement. Le simple fait que j’aie porté l’uniforme a été vu comme un signe fort de patriotisme. Cela prouvait que j’étais bien intégré dans la société israélienne.  


DRZZ : Et ensuite, comment entre-t-on dans le monde particulier de l’Institut ?
 

ROSS : Comme on m’avait sélectionné pour être « combattant », soit agent sous couverture, mon entrée dans le Mossad a été ponctuée d’interrogatoires et de mois d’isolement. La nature-même de ma fonction faisait que toutes mes relations avec autrui étaient strictement contrôlées. Et quand je parle « d’autrui », je parle de mes collègues au quartier-général. Tout demeurait très surveillé, organisé et cloisonné. Durant cette période, je ne pouvais compter que sur moi-même, tout en restant sous le contrôle des personnes qui me formaient pour devenir opérationnel.    
DRZZ : Comment se déroulait le programme d’entraînement ?

ROSS : La formation du Mossad est sans doute la chose la plus difficile que j’aie faite dans ma vie.  Ce n’est pas tant un entraînement, ils vous placent dans une situation donnée et évaluent vos réactions. Ensuite, en se basant sur vos erreurs et vos réussites, ils dressent votre profil et l’exploitent. Bien sûr, vous apprenez des choses, mais le centre du programme, c’est toujours vous. Ils s’intéressent à votre mental, à votre système de pensée, et s’emploient à les modifier. C’est l’aspect psychologique qui prédomine.


DRZZ : Quel rôle jouiez-vous au sein des services de renseignement israéliens ? 
 

ROSS : Durant les sept premières années, j’ai servi comme « combattant », soit agent sans couverture diplomatique, l'élite du service.  Puis je suis devenu katsa, c’est-à-dire agent de renseignement. Il existe deux sortes de katsa : l’agent traitant, qui recrute des informateurs et cible l’HUMINT [renseignement d’origine humaine], et l’officier polyvalent. J’étais de la seconde catégorie. Ensuite, plus loin dans ma carrière, je suis devenu officier de liaison avec la CIA et le FBI, puis à nouveau katsa, mais dans un autre domaine, à savoir le contre-terrorisme.


DRZZ : Comment est-ce de travailler comme agent sous couverture dans notre monde contemporain ?    

ROSS : Lorsque vous vivez au secret pendant une longue période, cela affecte votre psyché. Les personnes qui travaillent dans notre business se déconnectent quelque peu de la réalité et en viennent à penser que leur vie de couverture est leur vraie vie. Pour éviter cette dérive, leurs supérieurs doivent régulièrement évaluer leur santé psychologique et veiller à ce qu’ils gardent des liens essentiels  avec le monde réel. Dans le même temps, ils doivent leur donner la liberté d’exploiter leur couverture au maximum.La couverture est tout ce que nous avons en mission. Pour des gens qui opèrent en milieu hostile, elle est leur seul moyen de défense. Comme arme, ils n'ont ni pistolet ni couteau, mais la faculté de convaincre autrui. Ils doivent faire croire à leurs cibles qu’ils ne représentent pas une menace, qu’ils sont à l'écoute et en aucune manière liés à un organe de renseignement.    


DRZZ : Et comment réagissaient vos proches ?

ROSS : Il existe plusieurs types de couverture. Il y a la couverture pour votre travail et celle pour vos parents et amis. La seconde peut être délicate : vous devez convaincre votre famille, lui expliquer vos absences. Dans mon cas, ma famille [parents] vivait en Amérique du Nord lorsque j’opérais au Moyen Orient, Europe ou Afrique. Aussi n’étais-je pas exposé au quotidien ; je n’avais pas besoin de me justifier constamment sur ce que je faisais et pourquoi. Ils savaient seulement que je travaillais à l’étranger. 

DRZZ : La chaîne de télévision israélienne Channel 2 a récemment confirmé que le Mossad avait éliminé Imad Mughniyeh, l’un des leaders du Hezbollah, en février 2008. Que pouvez-vous nous dire à son sujet ?

ROSS : Mughniyeh était le cerveau du terrorisme moderne. Il représentait un point de convergence entre différents groupes jihadistes. Et surtout Téhéran. A bien des égards, Mughniyeh était plus l’homme de l’Iran que celui du Hezbollah.


DRZZ : Vraiment ?

ROSS : Absolument. Mughniyeh incarnait le terrorisme d’Etat exercé par l’Iran. Les Gardiens de la Révolutions et le Ministère de la Sécurité Nationale [VEVAK, renseignement extérieur iranien] ont offert à Mughniyeh la plateforme qu’est le Hezbollah afin qu’il exporte la révolution islamique à l’étranger, et s’oppose à Israël aussi bien qu’à toutes les puissances occidentales de la région. Mughniyeh comptait parmi les cerveaux du terrorisme les plus influents de la planète.  Juste pour noter quelques-unes de ses fonctions : il était en charge des opérations à l’étranger, depuis les attentats à la bombe en Amérique du Sud. Il servait d’agent de liaison avec d’autres groupes terroristes, parmi lesquels Al-Qaeda, et a rencontré Ben Laden au Soudan au milieu des années 90. Sans compter qu’il s’occupait de l’aide logistique et militaire accordée aux groupes tels que le Hamas et le Jihad islamique. Mughniyeh était une figure de premier ordre au Moyen Orient, même si l’ampleur de son influence ne sera pas révélée de sitôt.


DRZZ : Certains disent qu’avant le 11 septembre, il était l’homme le plus recherché de la planète…
 

ROSS : Effectivement, et ce n’est pas une coïncidence. Une chose que nous avons découverte est que les capacités opérationnelles d’Al-Qaeda ont augmenté lorsque la nébuleuse est entrée en contact avec Mughniyeh. De même, huit des dix-neuf terroristes du 11 septembre ont pu transiter sans encombres par l’Iran avant les attentats contre le les Etats-Unis.


DRZZ : Suggérez-vous des liens plus étroits entre Al-Qaeda et le Hezbollah ?

ROSS : Voyez les attentats de Dar es-Salaam et Nairobi, sur lesquels j’ai enquêté comme agent de liaison du Mossad.  Nous avons tracé les appels effectués par Ben Laden par téléphone satellite. Environ dix à douze pour cent d’entre eux étaient adressés à des officiels en Iran. Il serait très naïf de penser que le Hezbollah n’a jamais eu de contacts avec Al-Qaeda. Les groupes terroristes doivent collaborer les uns avec les autres, c'est leur seul moyen de survie stratégique 


DRZZ : Vous avez mentionné les attentats contre les deux ambassades américaines en Afrique, durant l’année 1998. Vous travailliez dans cette région au sein de la division TEVEL…

ROSS :  TEVEL, oui. Cela veut dire « monde » en hébreu.


DRZZ : … comment avez-vous découvert Al-Qaeda ?

 

ROSS :  Le nom de l’organisation a commencé à se répandre suite aux attentats contre les tours Khobar, en Arabie Saoudite, au milieu des années 90. Nous avons appris que les vétérans de la guerre d’Afghanistan avaient formé une « confédération » terroriste, renforcée par la venue du Jihad islamique égyptien. Mais il a fallu les attentats en Afrique pour que le renseignement travaille sérieusement sur le sujet et accepte l’idée qu’il existait, désormais, une organisation transnationale aux capacités opérationnelles très élaborées. En réalité, c’est moins une structure qu’un « parapluie » qui couvre une variété très diverse de groupes terroristes. La venue du Jihad islamique égyptien au sein d’Al-Qaeda a marqué le début de l’ascension de la nébuleuse qui, initialement, était facile à tracer grâce à notre étroite coopération avec le renseignement égyptien.  


DRZZ : Est-ce à dire qu’Ayman Al-Zawahiri, le numéro deux d’Al-Qaeda, est plus important qu’Oussama Ben Laden ?

ROSS :   Oui. Ben Laden est une figure symbolique, mais le vrai cerveau de « la base » est son second égyptien. C’est sa venue, et celle de son Jihad islamique, qui a transformé Al-Qaeda en menace internationale. Zawahiri est célèbre pour ses harangues télévisées, mais celles-ci cachent sa vraie place au sein d'Al-Qaeda

DRZZ : Abordons le 11 septembre 2001. Comment avez-vous réagi à ces évènements ?

ROSS :  Je dois vous avouer que j’étais plutôt choqué. Je travaillais en Asie du Sud-est à cette période. Je surveillais une organisation terroriste. Pas liée à Al-Qaeda, mais terroriste quand même. Lorsque j’ai appris la nouvelle – j’étais devant la télévision lorsque le second avion a percuté le World Trade Center  – j’étais choqué. Je l’ai pris comme une défaite personnelle. Nous avons travaillé sans relâche pour traquer ces personnes pendant des années. C’était très démoralisant. Il faut comprendre que la raison de notre existence, en tant qu’agents du renseignement, est d’empêcher de tels actes. Je peux vous garantir que le Mossad n’avait aucune connaissance préalable de ce drame. Il existait, bien sûr, des fragments d’informations, mais personne ne les avait mis en perspective pour bâtir le début d’une évaluation. Le renseignement américain souffrait du même problème, ce qui l’a mené au désastre.


DRZZ : Justement. Comment jugez-vous vos collègues du FBI et de la CIA, vous qui les avez côtoyés comme agent de liaison en Afrique ?
 

ROSS :  Les agents de terrain et les NOC [Non-official cover operatives, agents sans couverture diplomatique], leur version de nos « combattants », ont fait leur travail. Mais, avant le 11 septembre, il y avait un vrai problème de bureaucratie et de chaîne de commandement aux Etats-Unis, un vrai manque de coopération et de coordination. La guerre entre les services a affecté leurs capacités de renseignement, du quartier-général jusqu’à l’agent de terrain.  Inutile de préciser que nous aussi, comme agence partenaire, avons subi les conséquences de cette lutte entre le FBI et la CIA. Le nom de Ken Williams vous dit-il quelque chose ?


DRZZ : Non.

ROSS :  J’ai travaillé avec lui et le connais plutôt bien. Il a ensuite été affecté au bureau du FBI à Phoenix. C’est l’agent qui a averti sa hiérarchie que plusieurs Arabes prenaient des cours de vols aux Etats-Unis quelque mois avant le 11 septembre. Il a ajouté que cette information devait être largement diffusée au sein de la communauté du renseignement américain. On a ignoré son mémorandum. C’était en juillet je crois, et les attentats ont eu lieu en septembre… C’est ce genre de faute professionnelle institutionnalisée qui a conduit à la tragédie du 11 septembre.  

DRZZ : Je m’interroge sur les directeurs du Mossad sous lesquels vous avez servi. Si j’excepte Admoni, vous avez connu trois caractères très différents : Shabtai Shavit, Danny Yatom et Ephraïm Halevy. Quelle est votre opinion à leur sujet ? Nous avons leurs avis, mais rarement – à vrai dire jamais – celui des hommes de terrain. 

ROSS : En effet. Ils voient le tableau dans son ensemble, à un niveau très élevé, quasi ministériel, alors que j’ai travaillé comment agent opérationnel. Ma perspective est sensiblement différente de la leur. L’une des choses que j’ai toujours admirées dans le Mossad est qu’il fonctionne comme une organisation apolitique. Il ne vit pas sous la loupe d’une commission ; il ne répond qu’au Premier Ministre, à la limite aux membres supérieurs de son cabinet. C’est essentiellement une relation entre le directeur général et le Premier Ministre. Le Mossad est une petite structure centralisée. Vous avez le directeur général et la pyramide au-dessous, mais une petite pyramide, rien à voir avec l’énorme bureaucratie insondable que vous retrouvez dans les autres agences de renseignement. Le système est très direct : si le directeur général prend une décision, celle-ci descend les échelons très rapidement. Il n’est pas rare que le Premier Ministre en exercice s’implique personnellement dans notre travail. Le Premier Ministre Rabin, par exemple, aimait sincèrement le Mossad et savait exploiter son potentiel. Il participait à des briefings de « combattants » et du personnel avant les opérations importantes. Rabin montrait un véritable intérêt pour les agents qui travaillaient en-dessous de lui.

1988-2001 : Agent des services de renseignement extérieurs de l'Etat d'Israël


LIRE LA SECONDE PARTIE

Le MOSSAD

Institut pour le renseignement et les affaires spéciales 

Ha Mossad le-Modiin ule-Tafkidim Meyuhadim ; המוסד למודיעין ולתפקידים מיוחדים

Selon le quotidien israélien Haaretz , qui se fonde sur des sources à l'intérieur de l'Institut, Michael Ross travaillait sous le nom de code "Rick".

1988-1995 : agent sous couverture ("Combattant") au sein de la division CAESAREA, responsable des officiers opérant sans couverture diplomatique.  Missions aux Etats-Unis et en Syrie, Azerbaïdjan, Iran et Afrique du Nord.

1996-1998 : agent de renseignement (Katsa) au sein de la division TEVEL, responsable des relations entre l'Institut et les agences de renseignement à l'étranger. A ce titre, il a travaillé comme officier de liaison du Mossad avec la CIA et le FBI. Michael Ross était également enquêteur lors des attentats d'Al-Qaeda contre les ambassades américaines de Nairobi (Kenya) et Dar es-Salaam (Tanzanie).


1998-2001 : agent de renseignement (Katsa) au sein de la division BITZUR, responsable de la sécurité et de l'immigration des communautés juives mondiales.  En 2000, il a été félicité par le directeur-adjoint du Mossad, Ilan Mizrahi, pour avoir organisé la fuite des Juifs du Zimbabwe menacés par le régime de Robert Mugabe.

Michael Ross est
un ancien soldat canadien, de confession chrétienne, qui a émigré en Israël au début des années 1980, s'est converti au judaïsme et a rejoint Tsahal, avant d'être repéré par des chasseurs de tête de la MELUKHA, le service de recrutement du Mossad.  

En 2007, Michael Ross a publié un best-seller retraçant son parcours sous le titre "The Volunteer". Ses mémoires, en anglais, ont été diffusées en Angleterre, Australie Canada, Etats-Unis, et traduites en hébreu pour être publiées en Israël. 
  

Grâce au blog drzz, il est aujourd'hui en contact avec des maisons d'édition en France.

Michael Ross est depuis apparu dans plusieurs journaux canadiens, dont le National Post et le Globe and Mail, et reste un correspondant régulier de la télévision canadienne CBC. 

Il donne régulièrement des conférences à l'Université de Vancouver sur le thème du contre-terrorisme.
http://leblogdrzz.over-blog.com/article-24864301.html

29.05.2008

Tsahal sur les Champs Elysées le 14 juillet prochain

Tsahal sur les Champs Elysées le 14 juillet prochain : OUI !
Pour ceux qui jouent aux crétins antisionistes pour ne pas s'avouer antisémites : un petit rappel sur les ennemis d'Israël ... qui sont les nôtres, n'est-ce pas ?