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  • Bienvenue à l'Armée Rouge !

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    La révolution poutinienne : " FSB : FIERTE SOUVERAINETE BEBES "

  • L'Académie des renseignements extérieurs de la Russie: "forge" de nouveaux effectifs d'espions ou vestige du passé bolchevik stalinien?

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    Nous ne réchaufferons pas artificiellement l'intérêt du lecteur par les trucs bon marché et nous dirons tout de suite, que dans cet article, ne prétendant pas à la vérité dans la dernière instance, mais s'appuyant avant tout sur le bon sens, la bonne vielle méthode déductive, les documents publiés dans la presse et l'Internet, ainsi que sur les récits de quelques témoins (à défaut d'accès direct aux archives confidentielles du Service des renseignements extérieurs de Russie (SVR), qui préfère faire interpréter son passé seulement par les plumes officielles et, donc, par définition non objectives de ses propres historiens), il s'agira des mythes et les réalités de l'institution éducative la plus fermée de notre pays formant jusqu'à présent les effectifs et les cadres pour le SVR, de cette École secrète qui en octobre 2000 a fêté ses 62 années, si l'on cumule l'âge de tous de ses prédécesseurs formels.

    Cet établissement secret, l'héritier de l'École de destination spéciale (CHON NKVD de l'URSS, 1938), de l'École de renseignement (RACH NKVD de l'URSS, 1943) et l'École Supérieure de reconnaissance (VRCH du MGB de l'URSS, et plus tard École N° 101 du KGB près du Conseil des Ministres de l'URSS, 1948), a été réorganisé encore une fois en 1968 et devenu l'Institut du Drapeau Rouge (en abrégé le KI), recevant en 1984 le nom du défunt Secrétaire Général du PCUS et l'ex-chef du KGB Youri Andropov. Toujours appelée par le peuple "École de la Forêt", elle préparait à l'époque soviétique les effectifs pour la PégéOU du KGB en commençant par la période de la stagnation brejnévienne jusqu'au règne de Eltsine. En 1994, après l'échec de la perestroïka gorbatchévienne, la dissolution du PCUS, du KGB et de l'URSS, l'Institut a été pour la dernière foi transformé en Académie des renseignements extérieures (AVR), dépendant administrativement du SVR, qui est venu en 1992 pour remplacer l'ex PégéOU de l'ex KGB.

    LIRE LA SUITE : http://geocities.com/jirnov_serguei/index_fr.html

  • Géorgie : le point de non retour ... Une déstabilisation programmée

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    Une fois de plus un grand merci Jean pour ton analyse et cette marque de confiance...
    La crise géorgienne est au cœur d’une lutte d’influence entre les puissances russe et américaine, les deux anciens ennemis de la guerre froide. Désormais, chaque acteur cherche à se repositionner sur le grand échiquier eurasien en vue de contrôler le cœur politico-économique du nouveau monde et d’y stabiliser une forme nouvelle de domination. La ‘’guerre tiède’’, que nous avions annoncée, il y a peu, est là…

    Mais cette crise est surtout un retour de bâton, s’appuyant sur le précédent du Kosovo. Le processus douteux de l’indépendance du Kosovo - en violation des principes onusiens - peut en effet, à lui seul, justifier l’indépendance autoproclamée des républiques d’Ossétie du sud et d’Abkhazie. Avec une certaine légitimité - et dans le cadre des règles internationales - la Russie a profité de l’agression géorgienne pour renforcer ses positions, montrer sa capacité à défendre ses "nationaux" (ossètes et abkhazes) et surtout, empêcher un génocide programmé. V. Poutine a ainsi confirmé, le 8/09/2008, que la Russie s’est conduite au cours de cette crise ‘’de façon tout à fait morale, dans le cadre du droit international’’. En d’autres temps et d’autres lieux - en ex-Yougoslavie, lors de l’intervention meurtrière de l’Otan en 1999 - on aurait appelé cela le ‘’devoir d’ingérence humanitaire’’. Il s’agit donc d’éviter une lecture du droit international à géométrie variable, présentant la Russie comme un agresseur et digne héritier de l’axe (communiste) du mal.

    Depuis la chute du communisme en 1991, la Géorgie apparaît comme un double symbole géopolitique : d’une part comme celui de l’avancée américaine en zone post-soviétique, d’autre part, comme celui du déclin de la puissance russe dans sa zone de domination historique. Globalement, la Géorgie est le symbole de l’extension post-guerre froide de la sphère euro-atlantique, doublement centrée sur la compression de la puissance russe et le contrôle des ressources énergétiques. Cela s’inscrit, sur long terme, dans une stratégie américaine structurellement anti-russe et visant à réduire l’influence eurasienne de Moscou par l’intégration des ex-républiques soviétiques. Cette stratégie offensive a été théorisée par Zbigniew Brzezinski : ‘’L’extension de l’orbite euro-atlantique rend impérative l’inclusion des nouveaux États indépendants ex-soviétiques (…)’’. Longtemps marginalisée et blessée, l’orgueilleuse Russie est à la recherche d’une identité perdue et surtout, désireuse de revanche. La crise géorgienne, suite à l’attaque délibérée du 8 août 2008, en a été le catalyseur.

    Aujourd’hui, cet État post-soviétique se retrouve au cœur d’une lutte pour le contrôle de l’Eurasie, zone stratégique pour la domination du monde. Cela explique l’instrumentalisation politique de l’Otan comme vecteur d’influence, dans l’axe de la ligne Brzezinski focalisée contre les intérêts russes en Eurasie : ‘’le champ d’action stratégique de l’Alliance atlantique est appelé à s’élargir à l’ensemble eurasien’’. Sur ce point, Z. Brzezinski précise, en particulier, que ‘’la responsabilité de la stabilisation du Caucase’’ devrait échoir ‘’pour une part déterminante, à l’Otan’’ ( !). Le célèbre stratège n’hésite pas à prôner un ‘’pacte de stabilité pour le Caucase’’ - verrouillé par l’Otan - sur le ‘’modèle du pacte de stabilité dans les Balkans’’ ( !). Or l’histoire récente montre que de tels ‘’pactes’’ servent de levier à l’influence politique américaine. Dans ce schéma, on peut comprendre l’ingérence américaine en Géorgie, place stratégique du Caucase.

    La Géorgie apparaît véritablement comme un pivot géopolitique dans la stratégie américaine du ‘’rôle back’’ (reflux) de la puissance russe, prônée par Brzezinski. En d’autres termes, elle est une pièce clé de l’échiquier eurasien. L’objectif implicite de Washington est de détacher la zone post-soviétique (CEI) de la domination russe, en vue d’y instaurer un ‘’pluralisme’’ politiquement orienté. Or cet objectif a été partiellement réalisé par la main mise de Washington sur le Caucase sud (principalement l’Azerbaïdjan et la Géorgie) et l’Ukraine, par le biais d’une triple ingérence politique, économique et militaire. De suspectes ‘’révolutions de couleur’’ (libérales) ont précipité ce basculement dans le camp occidental. En fait, ces révolutions politiques ont été ‘’encouragées’’ (et planifiées) par le vertueux État américain, porteur du ‘’flambeau de la liberté’’, au nom d’une mission libérale confiée par l’histoire et destinée à étendre la ‘’paix démocratique’’.

    Désormais, ces stratégies politiquement insidieuses, à visée manipulatrice, sont perçues par le discours stratégique russe comme des ‘’menaces principales’’. Cela est attesté par le général d’armée Makhmout Gareev, président de l’Académie des sciences militaires de Moscou, lors de sa présentation des grandes lignes de la nouvelle doctrine militaire russe, le 20 janvier 2007 : ‘’L’expérience de la désagrégation de l’URSS, de la Yougoslavie, des ’’révolutions colorées’’ en Géorgie, en Ukraine, en Kirghizie et dans d’autres régions du monde est là pour nous convaincre que les principales menaces sont mises à exécution moins par des moyens militaires que par des moyens détournés’’. Or, à terme, ces stratégies d’ingérence géopolitique ont fini par exacerber l’instabilité nationaliste des zones caucasienne et centre-asiatique. En quelque sorte, une déstabilisation programmée.

    Aujourd’hui, les crises nationalistes en zone post-soviétique tendent à être instrumentalisées par les deux super-puissances dans leur stratégie d’influence. L’État américain les a notamment utilisé pour déstabiliser l’autorité russe dans la région et se substituer à cette dernière. De son coté, en réaction, la Russie n’hésite pas à surfer sur ces instabilités pour accélérer son retour. Mais il s’agit là d’une réponse légitime à une politique américaine agressive menaçant ses intérêts nationaux et ses prérogatives historiques, dans l’optique finale d’éroder sa puissance. Ainsi Igor Chouvalov, vice-premier ministre de la Russie, a reconnu que ‘’certains tentent actuellement de freiner notre puissance’’. Il y a, pour Moscou, des lignes rouges à ne pas franchir. Car la Géorgie se trouve au cœur du glacis sécuritaire - l’actuelle CEI - que la Russie s’est efforcée de construire, tout au long des siècles, pour faire face aux menaces extérieures latentes.

    La Géorgie (avec l’Ukraine et l’Azerbaïdjan) espère bientôt intégrer le bloc occidental par le biais des institutions de l’UE et de l’Otan. Et c’est surtout cette intégration à l’Otan que redoute Moscou, dans la mesure où elle élargirait la zone d’intervention potentielle de l’Otan - bras armé de l’Amérique - aux portes de la Russie. Cela est dénoncé, sans ambages, par l’ancien Premier ministre russe, E. Primakov : ‘’L’extension de l’Otan s’accompagne d’une rhétorique anti-russe ainsi que d’une politique offensive des Etats-Unis dans les ex-républiques soviétiques’’. Il s’agit donc d’une véritable provocation, au cœur même d’un espace post-communiste défini par Moscou comme partie intégrante de ses ‘’intérêts vitaux’’. Cela explique la ferme réaction du ministre russe des affaires étrangères, S. Lavrov : ‘’Nous ferons tout pour empêcher l’adhésion de l’Ukraine et de la Géorgie à l’Otan et prévenir ainsi une inévitable dégradation de nos relations avec l’Alliance, ses principaux membres et nos voisins’’. Par ailleurs, cette intégration permettrait à la fois l’extension des bases militaires américaines et celle (éventuelle) du bouclier anti-missile ABM. Autrement dit, cela concrétiserait l’encerclement stratégique de la puissance russe, la conduisant à se sentir comme une cible potentielle. Un véritable cauchemar pour cette dernière, d’autant plus que la Géorgie est au centre des couloirs énergétiques contrôles par l’Amérique en vue de contourner et isoler Moscou.

    En soutenant l’indépendance (reconnue le 28 août) des républiques d’Ossétie du sud et d’Abkhazie, Moscou cherche à garder une présence politico-militaire dissuasive en Géorgie et à freiner l’expansion provocante de l’Otan à son Etranger proche (la CEI), perçue comme un réflexe de la guerre froide – et comme une violation des promesses occidentales. D’autant plus que l’Etranger proche, défini comme sa zone d’influence politique, reste la première priorité de sa politique extérieure et le vecteur de sa stratégie de puissance. Ce faisant, la Russie veut montrer à l’Occident ‘’qu’elle n’est pas la Serbie’’ et qu’elle est prête à défendre ses intérêts nationaux, jusqu’au bout. Ce durcissement de la politique russe est considéré par Washington comme une résurgence de l’impérialisme soviétique. ‘’Le but de la Russie est de retrouver l’influence du temps de l’URSS’’ a ainsi récemment affirmé le vice président américain, Dick Cheney. Avec une troublante certitude, Z. Brzezinski a confirmé que la Russie n’a pas ‘’entièrement rompu avec ses ambitions impériales’’. Se sentant trahie par l’Occident et estimant qu’elle a trop reculé depuis l’implosion de l’URSS, la Russie a retrouvé ses forces (économique et militaire) et sa fierté nationale. Et elle veut faire de la Géorgie une preuve éclatante de son retour sur la scène internationale. L’enjeu, sous-jacent, est de retrouver une certaine crédibilité géopolitique.

    En définitive, c’est le statut post-impérial de la Russie qui se joue. Depuis la phase post-communiste, la Russie cherche d’une part à s’insérer dans le nouvel Ordre mondial qu’elle espère ‘’plus juste’’ et d’autre part, à reconstruire son identité internationale. Mais face à l’hostilité américaine, elle veut garder un droit de regard sur son espace périphérique, source potentielle d’instabilités politique et sécuritaire. Cela explique et justifie son acharnement à défendre les causes ossète et abkhaze, au nom de principes moraux supérieurs et ce, quels qu’en soient les coûts. Sa survie, et son retour comme grande puissance, en dépendent.

    Jean Géronimo , Docteur en Économie. ( Jean.Geronimo@upmf-grenoble.fr )

    mardi 16 septembre 2008

  • Les femmes parachutistes russes prêtent serment

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    La première section féminine de cadets a prêté serment à l'Ecole militaire supérieure des troupes aéroportées de Riazan

  • РГРК «Голос России»

    110808119.jpgLe 8 septembre, dans la résidence du chef d’état russe aux environs de Moscou, les présidents de Russie et de France, Dmitri Medvedev et Nicolas Sarkozy qui préside l’Union Européenne en ce moment, ont eu des entretiens pour concerter des points supplémentaires dans le plan adopté auparavant du règlement de la situation autour de la crise en Géorgie. Une conférence de presse conjointe des présidents de Russie et de France a clos la rencontre. Nous proposons à votre attention quelques points essentiels de cette conférence. Le chef d’état russe Dmitri Medvedev a pris la parole le premier.
    Le président sarkozy a noté qu’il se prononcerait au nom de monsieur Barroso, de Bernard Kouchner, de monsieur Solana et il a dit qu’il présenterait dans son intervention le résumé des accords obtenus par la délégation de l’UE avec le président Medvedev.
    Ensuite, les chefs d’état russe et français ont répondu aux questions des journalistes. Nous proposons à votre attention certaines de ces réponses. Le correspondant de la chaine Russia Today a demandé : Comment appréciez-vous la position de l’UE face à la situation en Géorgie ?
    Voici l’avis du président français sur l’avenir des relations entre l’UE et la Russie…
    Une question au président russe : « Que pensez-vous sur la nécessité d’élaborer une nouvelle conception de la sécurité internationale ? Ne croyez-vous pas que depuis l’Irak, le Kosovo, l’Ossétie du sud, tout s’est écroulé ? »
    Le correspondant de Libération pose la dernière question aux deux présidents : <audio>

  • L’énigme russe

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    Que font les Russes en Géorgie? Ils se sont retirés, mais pas vraiment complètement puisqu’ils semblent devoir conserver une présence dans la zone du port de Poti, point stratégique naval (la Flotte de la Mer Noire y avait des droits d’escale jusqu’en 1998); l’on débat sur l’ampleur des diverses “zones de sécurité” ou autres. Il a semblé et continue à sembler, depuis les deux semaines qui nous séparent de l’acceptation du cessez-le-feu, que les Russes s’accommodent assez bien de provoquer des réactions hostiles du côté occidental (Europe et USA), voire même qu’ils n’hésitent pas une seconde à les susciter. Poursuivent-ils un but local ou régional, en assurant des positions stratégiques? C’est possible et, de toutes les façons, cela n’empêche pas d’autres objectifs et d'autres explications.

    D’autres récents développements, dans un domaine stratégique plus large, montrent que les Russes ne rechignent certainement pas à élargir la crise, à l’aggraver. Aucun signe de compromis chez eux, plutôt une poussée massive d’affirmation, non seulement conceptuellement (“la puissance russe est de retour”) mais de façon très concrète, alimentant la tension de la crise. Citons deux cas du jour, parmi d’autres.

    • Les Russes élargissent la crise à l’Afghanistan, en activant leur position menaçante de la rupture de la voie de renforcement des forces de l’OTAN en Afghanistan par la Russie. C’est plus qu’une mesure de rétorsion, c’est une mesure offensive d’élargissement de la crise.

    • Le Parlement russe demande, à l’unanimité, la reconnaissance de l’indépendance des territoires de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie. Certains ont pondéré aussitôt cette décision. Le Guardian cite un expert russe: «One analyst said it was unlikely that the Kremlin would unilaterally recognise South Ossetian and Abkhazian independence. “This would be more troublesome and problematic for Russia,” said Fyodor Lukyanov, the editor-in-chief of the journal Russia in Global Affairs. […] “My guess is that this vote is a means to achieve better conditions for international negotiations,” he added.» Las, les choses furent aussitôt mises au point par la signature du président Medvedev, reconnaissant effectivement l'indépendance des deux régions. L'émotion est générale dans nos vertueuses capitales.

    Les Russes ont partout durci le ton et l’on peut presque parler, pour qualifier leur attitude dans certains domaines, d’une réelle intransigeance nullement dénuée de provocation. D’une certaine façon, on pourrait considérer cette attitude comme une surprise, tant les Russes nous ont habitués à manœuvrer et à adoucir les affirmations volontaires par les nuances prudentes des positions politiques. L’attitude générale d’intransigeance des Russes, même nuancée de certaines manœuvres, constitue un facteur important de la crise. On pourrait même considérer la chose comme une énigme si l’on s’en tenait au jugement que ce comportement est abrupt et trop peu nuancée. On observera aussitôt que l’absence de nuance et une certaine brutalité peuvent dans certains cas constituer la poursuite de l’habileté politique par d’autres moyens.

    LIRE LA SUITE http://www.dedefensa.org/article-l_enigme_russe.html

  • Les leçons de la Guerre Russo-géorgienne

    Si on en juge par le déroulement des événements en Géorgie et le rôle considérable joué par les blindés et d’une manière plus générale par les schémas classiques où la notion de BLITZKRIEG reste valable, Nicolas Sarkozy et ses épigones devraient revoir le livre blanc et la réduction programmée du nombre de chars Leclerc. A l’Ouest, la notion de BLITZKRIEG est devenue synonyme de mauvaise stratégie. Les russes en revanche, ont depuis longtemps pris conscience et hautement estimé les possibilités du BLITZKRIEG, lorsque cette stratégie est mise en œuvre de façon correcte. Une guerre importante en Europe peut être gagnée rapidement et en n’utilisant que des armes conventionnelles.

    Il s’agit donc de

    - porter des coups inattendus à partir d’attaques aériennes et terrestres, par l’emploi de l’artillerie, des chars et d’une puissance de feu inattendue.

    - manœuvrer avec rapidité et décision et devancer l’ennemi dans ses propres mouvements pour gêner sa riposte.

    - tromper l’ennemi sur ses propres intentions en le laissant croire qu’il a la maîtrise de l’attaque.

    - choisir avec soin les axes de déplacements, d’acheminement , de ravitaillement et les dates probables choisies par l’adversaire ( en l’occurrence le jour de l’ouverture des J.O ) pour le contrer par une contre attaque imprévisible.

    Bref, les russes ont croqué le petit pain d’épices géorgien en intégrant toute une série de paramètres qui devaient inévitablement conduire au développement de diverses manœuvres sur plusieurs axes , puis à la fusion simultanée en une seule offensive stratégique provoquant la déroute complète de l’adversaire.

    C’est la théorie du «  volcan éteint » : le danger ne bouge pas, au bout d’un moment la méfiance du plus prudent est endormie car la source du danger devient un élément du paysage, une chose connue, normale, donc sans risques.

    Entre outre, il n’est pas nécessaire d’attaquer le premier pour profiter de l’effet de surprise. Celui-ci est toujours parfaitement efficace si chez l’adversaire les responsables, au plus haut niveau, sont dupes des manœuvres de l’ennemi potentiel.

    En période de guerre, ces responsables sont les chefs d’État-major mais en période de paix , ce sont les hommes politiques.

    Le problème n’est pas de savoir vers quel pays notre sympathie personnelle nous pousse aujourd’hui mais de réaliser combien les autorités politiques de notre pays ou de ce qu’il en reste doivent reconsidérer au plus vite le principe unique de la « guerre asymétrique » avec comme couverture politico-militaire l’OTAN ou l’ONU c’est-à-dire les USA. Pour paraphraser Brecht : « Celui qui ne sait pas est un imbécile mais celui qui sait et ne fait rien est un criminel ».

    Sauf à considérer que le Président, le gouvernement ou notre État-major sont des imbéciles et des criminel, nous devrions , peut-être voir les choses évoluer. Sans quoi, au-delà de la perte de l’indépendance nationale, c’est la sécurité même des citoyens qui se trouverait mortellement menacée.

    Jean-Marc DESANTI

  • Le conflit Russie-Géorgie heure par heure

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    Un conflit militaire multimodal doublé d'une redoutable bataille médiatique. Lepoint.fr vous propose de prendre connaissance des principales informations du jour entre Géorgiens, Russes et la communauté internationale : http://www.lepoint.fr/actualites-monde/le-conflit-russie-georgie-heure-par-heure/924/0/266269

     

  • Les chars russes doivent rouler dans les rues de Tbilissi !

    douguine.jpgLes huit années de règne de Poutine se sont terminées le 7 août dernier, au moment de l’attaque géorgienne contre Tskhinval. Poutine a rendu sa souveraineté à la Russie, souveraineté à laquelle elle avait renoncé durant la période Gorbachev-Eltsine, mais il a évité tout conflit armé avec les USA et leurs marionnettes dans ce qui avait été l’URSS. Le président Medvedev a accédé au poste suprême comme un compromis afin de ne pas provoquer Washington avec un troisième mandat.

    Jusqu’à récemment (juillet 2008) les USA jouaient au chat et à la souris avec Moscou. Furtivement, et de manière pragmatique, ils menaient divers projets clandestins et de basse intensité. Le 7 août, a été un point de rupture. Poutine et Medvedev doivent donner un réponse claire : qu’est-ce qui est le plus important à leurs yeux ? Est-ce la souveraineté de la Russie ou la sauvegarde de bonnes relations avec les USA ?

    Les Américains nous ont posé un ultimatum en ordonnant aux Georgiens d’attaquer Tskhinval. Le temps des décisions difficiles et déplaisantes est venu. C’est la guerre. La troisième guerre mondiale vient peut-être de débuter.

    A midi, le 8 août, Moscou n’a pas encore pris de décisions. Nos autorités n’arrivent pas à se décider, elles ne croient pas encore que ce qui se passe est la réalité et non pas un rêve. Mais il est impossible d’éviter plus longtemps de faire un choix, sinon quelqu’un d’autre le fera à notre place.

    Alors, quels sont les choix et quelles sont les positions possibles entre lesquels Poutine (et Medvedev) doivent choisir.

    Le choix de la trahison

    Si la Russie décide de ne pas entrer dans le conflit (c’est la position que défendent les agents américains dans les hautes sphères du pouvoir) et se contente de se plaindre et de protester contre l’attitude contraire aux normes des Georgiens et la catastrophe – ce sera un choix, un choix fatal. Il signifiera que la Russie a renoncée à sa souveraineté.

    En fait, le choix cette position reviendrait à admettre que les huit années de Poutine n’ont été que du bluff et du temps perdu. La Russie retournerait aux années 1990 en un instant. La Russie et les observateurs extérieurs réaliseraient qu’elle ne serait plus d’aucune aide et qu’il ne servirait à rien de la prendre en considération. Le résultat serait aisé à prévoir : une nouvelle étape dans la désintégration de la Russie, commençant par le Caucase. Nos partenaires au sein de la CEI se détourneraient alors de nous en réalisant qui est le maître. Et Washington serait ce maître.

    La Russie perdrait non seulement son statut de grande puissance mais aussi celui de puissance régionale. Ce choix serait l’équivalent d’un coup d’État ou d’une révolution orange, cette fois-ci en Russie. La démission de Poutine de son poste de Premier ministre et la désintégration de l’appareil d’État serait l’étape suivante sur cette voie.

    Le choix de l’honneur

    Qu’elle est l’alternative ? La voici : la déclaration d’indépendance de l’Ossétie du Sud (et de l’Abkhazie), et le pas suivant, son rattachement à la Russie. Dans le même temps l’entrée de la 58ème armée en Ossétie du Sud et la guerre contre la Georgie jusqu’à ce que nos troupes entrent dans Tbilissi et dictent à son gouvernement notre paix.

    Si cela se produit, la Russie s’affrontera violemment avec les USA et l’Europe occidentale. Ce sera le début d’un long processus de blocus et d’isolement de la Russie de la part du gouvernement des USA. Mais la Russie prouvera ainsi que son statut n’est pas uniquement celui d’une puissance régionale mais aussi d’une grande puissance. La Russie prouvera qu’elle est capable de lancer un défit aux USA et au Nouvel ordre mondial. Cela signifiera que la Russie est revenue dans l’arène mondiale, qu’elle est de retour dans l’Histoire.

    A la veille de la guerre (la Russie est en danger)

    Il est possible de comparer la situation actuelle avec celle du 22 juin 1941. Nous avons été attaqué sans qu’il y ait de déclaration de guerre, nous avons été attaqué alors qu’on nous faisait une « déclaration de paix ». Il est possible d’éviter la guerre, mais seulement en capitulant devant l’ennemi. L’Ossétie du Sud est une partie de la Russie par sa civilisation et par son choix politique. Si nous abandonnons l’Ossétie du Sud, n’importe qui pourra s’emparer ne n’importe lequel de nos territoires.

    Nous sommes dans la même situation qu’en 1991-1993. A ce moment aussi la Russie était face à un choix radical.

    En août 1991, le sort de l’URSS s’est décidé. Le Comité d’État des situations extraordinaires n’a pas résisté, l’URSS a éclaté en morceau, les « marionnettes » américaines ont accédé au pouvoir.

    En 1993, le gouvernement a tenté de redonner à la Russie une politique de souveraineté nationale. Il était évident qu’Eltsine et les réformateurs vendaient notre pays aux Américains. Eltsine a renversé le gouvernement et notre État a atteint le niveau suivant dans la désintégration : celui du séparatisme dans le Caucase du Nord (Tchétchénie, Daghestan, etc.)

    En 1999, Poutine a gagné, mais il n’a pas emporté la décision finale.

    Les Russes ont fait leur choix, l’élite ne l’a pas encore fait.

    Actuellement, la situation est la suivante : soit la Russie existe et devient plus forte, soit elle se résout à n’être qu’un mirage.

    Ce n’est pas un choix acceptable par un Russe responsable. « Nos chars doivent rouler dans les rues de Tbilissi ! », voici la réponse de notre Histoire.

    Malheureusement, notre élite est encore irresponsable. Le réseau des agents de l’Occident s’étend dans tout l’appareil d’État de la Russie. Poutine n’a pas fait de purges sérieuses. Cela peut nuire à notre nation. Ainsi est-ce dans un moment comme maintenant que nous pouvons déterminer qui est des nôtres et qui ne l’est pas !

    http://www.voxnr.com/cc/etranger/EkEluVVZZywJmbFwEf.shtml

  • « Les Russes veulent un État faible à leur porte »

    N1GE03C_20080811_apx_470__w_ouestfrance_.jpgSalomé Zourabichvili.Franco-géorgienne, elle a été ambassadrice de France à Tbilissi. Puis ministre des Affaires étrangères de Géorgie, de 2004 à 2005. Elle dirige à présent un parti d'opposition et publie Les cicatrices des nations (Bourin éditeur).

    Avez-vous été surprise par le déclenchement de ce conflit ?

    Surprise, non. Les bruits de bottes se faisaient entendre depuis plusieurs semaines, mais c'était davantage lié à la situation en Abkhazie. Ce qui est une surprise, c'est l'extrême violence de cette guerre. La Russie, pour la première fois depuis la fin de l'Union soviétique, attaque un État indépendant. Elle viole son espace aérien, bombarde les environs de la capitale, occupe son espace maritime. C'est une véritable agression.

    Toutefois, en attaquant l'Ossétie, le président géorgien a pris une lourde responsabilité ?

    Tant qu'on est en état de guerre, je ne commenterai pas la politique des autorités géorgiennes. Je ne donnerai sûrement pas des arguments qui pourraient être repris par la partie russe.

    Les Russes demandent le départ de M. Saakachvili.

    Ce n'est pas à la Russie de le décider. C'est à la population géorgienne, qui aura sûrement des comptes à demander à ses autorités sur ce qui s'est passé, mais c'est une affaire intérieure géorgienne. En outre, je ne suis pas sûre qu'un Saakachvili affaibli et discrédité ne soit pas finalement, pour la Russie, tout aussi confortable qu'un nouveau dirigeant. Les Russes veulent surtout un État faible à leur porte, voire un État fantoche.

    Craignez-vous une contagion à toute la région ?

    Chacun sait, depuis les généraux de l'Empire russe, que celui qui contrôle Tbilissi contrôle le Caucase ou a la main sur ce qui s'y passe. Donc, c'est non seulement l'indépendance et la stabilité de toute cette région qui est en cause, mais c'est, à l'avenir, son utilité pour l'Europe comme zone de transit fiable, stable et pacifique, qui est en jeu.

    Qu'attendez-vous de l'Europe ?

    Ce qu'elle est en train de faire aujourd'hui. Négocier très rapidement avec la Russie, d'abord un cessez-le-feu. Puis entamer une négociation politique. Les Européens doivent faire comprendre à Moscou que l'Union ne peut pas accepter que l'indépendance d'un État souverain soit remise en cause. Si l'Europe avait mené une politique de voisinage plus affirmée dans cette région, avec des exigences démocratiques plus claires, on n'en serait peut-être pas là. C'est elle qui bénéficie en premier de l'approvisionnement énergétique venant d'Asie centrale. Malheureusement, elle en prend acte une fois la crise déclenchée.

    Recueilli par Laurent MARCHAND. ( Ouest-france )

  • « Saakachvili a voulu tester Moscou »

    L'académicienne Hélène Carrère d'Encausse, spécialiste de l'ex-URSS, dont le père était Premier ministre géorgien en 1921, donne son point de vue géopolitique avec un temps de recul. Cousine germaine de Salomé Zourabichvili qui conduit l'opposition géorgienne, elle considère que tout le Caucase est aujourd'hui instable, d'où une situation à la fois compliquée et grave à la charnière de l'Europe et de l'Asie.

     

    - Pensez-vous que le président géorgien a joué avec le feu ?

    « À mon avis, oui. Pour lui, c'était l'occasion de tester les Russes. Et il est servi. Il a effectivement joué avec le feu. Quand les pays baltes s'étaient émancipés, j'avais dit au président lituanien que les Russes n'allaient pas bouger. Si Saakachvili m'avait posé la même question la semaine dernière, il n'aurait pas eu la même réponse. »

     - L'Ossétie et l'Abkhazie sont-elles des territoires géorgiens ?

    « Oui, cela ne fait aucun doute au point vue géographique et historique. En fait, c'est le principe des républiques autonomes décrété par l'URSS qui pose problème aujourd'hui. On le voit bien avec la Tchétchénie. »

    - En faisant cela, Staline avait-il joué à court terme ?

    « Effectivement. Il maîtrisait son pouvoir en morcelant l'immensité du territoire. C'était autant de bombes à retardement qui explosent une à une aujourd'hui avec ces revendications autonomistes. »

    - Une avenue George-W.-Bush relie l'aéroport au centre de Tbilissi où, devant le Parlement, flotte le drapeau européen. C'est ambigu...

    « C'est peu de le dire. Cette avenue Bush est une idiotie. Le président Bush est en fin de mandat. Nous n'avons aucune visibilité à propos de qui sera le futur président américain et ce qu'il fera dans cette région. Les Américains ont vite fait de laisser tomber un pays. Ils l'ont fait avec le chah d'Iran, qui est un grand pays. Aussi, avec la petite Géorgie, cela ne leur poserait pas un gros cas de conscience. »

    - C'est peut-être l'occasion et le moment pour l'Union européenne de se positionner ?

    « Oui. Mieux vaut pour la Géorgie l'Union européenne que l'OTAN. Pour autant, je ne vois pas Nicolas Sarkozy faire fléchir Medvedev à Moscou. Les Russes ont réagi brutalement et ils ne feront pas marche arrière facilement. L'Union européenne doit se positionner rapidement et s'affirmer. La présidence de Saakachvili est une catastrophe. »

    - Quel rôle peut jouer votre cousine aujourd'hui ?

    « Salomé Zourabichvili est géorgienne à cent pour cent. Elle a une légitimité. Aujourd'hui, elle déclare qu'elle demandera des comptes après les événements. Elle joue la carte de la solidarité dans un réflexe nationaliste que je comprends face à une telle machine de guerre. »

    - La situation dans le Caucase est-elle préoccupante ?

    « C'est comme dans les Balkans à une certaine époque. Il est très dangereux de jouer de la sorte dans le Caucase. Vous additionnez Tchétchénie, Daguestan, Abkhazie, Ossétie, Géorgie, puis les pays limitrophes, et cela don- ne une zone extraordinairement instable dans le contexte actuel. »

    PROPOS RECUEILLIS PAR HENRI DUDZINSKI ( La Voix du Nord )

  • Géorgie: repli pour défendre la capitale Tbilissi

    Les forces russes ont pénétré en territoire géorgien et se sont emparées de Gori, la plus grande ville géorgienne près de l'Ossétie du Sud. Les soldats géorgiens se replient quant à eux près de Mtskheta, situé à 24 km de Tbilissi.

    "Les forces armées géorgiennes ont reçu l'ordre de quitter Gori et de fortifier les positions près de Mtskheta pour défendre la capitale" géorgienne, a précisé le secrétaire du Conseil de sécurité géorgien. L'agglomération de Gori, ville natale de Joseph Staline, est considérée comme un noeud stratégique en Géorgie, pays montagneux du Caucase.

    Près de 80% de ses habitants ont fui par peur des bombardements russes dans la zone, a annoncé un porte-parole du Haut commissariat aux réfugiés (HCR) à Genève. Habituellement, plus de 50'000 personnes y résident.

    Peu avant, le président russe Dmitri Medvedev avait annoncé que les opérations militaires en Ossétie du Sud étaient "en grande partie terminées". Il avait assuré que la capitale de cette région séparatiste géorgienne, Tskhinvali, était "sous le contrôle du contingent renforcé des forces russes de maintien de la paix".

    Malgré l'annonce d'un cessez-le-feu côté géorgien, les tirs à l'arme lourde et automatique ont été nourris à Tskhinvali. Six hélicoptères de combat géorgiens ont bombardé des cibles aux abords de la ville. L'armée russe a signalé des bombardements de l'aviation et de l'artillerie géorgiennes.

  • Les Européens tentent de convaincre les Russes d'accepter un cessez-le-feu

    TBILISSI — Les Européens tentent de convaincre les Russes d'accepter un cessez-le-feu dans le conflit en Ossétie du Sud. Les chefs des diplomaties française et néerlandaise comptaient gagner lundi Moscou, après Tbilissi où le président Saakachvili a signé l'accord dans la matinée. Mais pour l'heure l'armée russe continue de bombarder le territoire géorgien et exige que les forces géorgiennes désarment en bordure de l'autre province séparatiste d'Abkhazie.

    Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, dont le pays assure la présidence de l'Union européenne, et son homologue finlandais Alexander Stubb, qui préside l'Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe (OSCE), ont fait signer le document à Mikhaïl Saakachvili.

    Selon le président géorgien, les médiateurs européens comptaient se rendre à Moscou dans la journée pour tenter de convaincre les autorités russes d'accepter l'accord. Alors que l'Elysée a annoncé dimanche soir que Nicolas Sarkozy se rendrait à Moscou "dans les prochains jours", l'ambassadeur de Géorgie en France, Mamouka Koudava, a par ailleurs affirmé lundi sur France Info que le président Nicolas Sarkozy se rendrait mardi à Tbilissi avant d'aller à Moscou.

    Alors les troupes géorgiennes se sont retirées dimanche d'Ossétie du Sud, cédant face à la puissance de feu russe, Moscou a accusé Tbilissi de ne pas respecter ses promesses de cessez-le-feu. Et la Russie exige désormais également que la Géorgie désarme ses forces en bordure de l'autre province séparatiste d'Abkhazie.

    Toutefois, le président russe Dimitri Medvedev a estimé que la Russie a achevé "une large partie des efforts pour contraindre les autorités géorgiennes à la paix en Ossétie du Sud", ce qui laisserait entendre que Moscou pourrait accepter l'accord de cessez-le-feu.

    En attendant, le chef de la diplomatie française s'est rendu à Gori, où un raid russe a fait plusieurs morts samedi. Bernard Kouchner a pu voir les bâtiments détruits par les bombardements, avant d'être rejoint par le président géorgien.

    L'aviation russe n'a pas relâché ses bombardements sur la Géorgie. D'après les autorités géorgiennes, ses appareils ont frappé lundi un radar à la périphérie de la capitale Tbilissi, pilonné un terrain d'aviation et visé également le port de Poti, sur la mer Noire, sans faire de victimes. D'après le président géorgien, un bombardement a visé la région de l'aéroport juste une demi-heure avant l'arrivée des émissaires européens.

    Selon le chef du Conseil de sécurité géorgien Alexandre Lomaïa, jusqu'à 50 avions russes ont été recensés en même temps dans le ciel géorgien.

    Les autorités russes assurent que les frappes aériennes visent des lignes de ravitaillement et des installations militaires et ne prennent pas directement pour cible les civils, même si un raid russe sur la ville de Gori a fait plus de 20 morts et de nombreux blessés samedi.

    Le porte-parole du ministère géorgien de l'Intérieur Chota Outiachvili a expliqué que les chars russes tentaient de progresser en direction de Gori, en dehors de l'Ossétie du Sud, mais avaient été repoussés par les forces géorgiennes. La ville de Gori, qui compte 50.000 habitants, se trouve sur le principal axe est-ouest du pays.

    Le chef d'état-major adjoint de l'armée russe, le général Anatoli Nogovitsine, a affirmé lundi que la Russie n'avait pas l'intention de s'avancer plus loin en territoire géorgien. Mais dans le même temps, a-t-il expliqué, elle exige que la Géorgie désarme la police de Zugdidi, près de l'Abkhazie, autre région séparatiste protégée par Moscou.

    Le gouvernement géorgien interprétait cette exigence comme la menace d'une offensive russe dans cette région et d'une nouvelle escalade dans le conflit.

    Dimanche, le gouvernement séparatiste d'Abkhazie avait mobilisé l'armée et rappelé les réservistes promettant de repousser les forces russes de la partie nord des gorges de Kodori, la seule région d'Abkhazie encore sous contrôle géorgien.

    Là encore, la Russie envoie des renforts: selon les médias russes, le général Sergueï Chaban a précisé que 9.000 soldats supplémentaires et 350 véhicules blindés étaient arrivés en Abkhazie pour soutenir les forces russes de maintien de la paix. Il a ajouté que les forces russes étaient également prêtes à aider au désarmement des forces géorgiennes dans les gorges.

  • Свободу Караджичу! Танки на Тбилиси! : Political meeting in Moscow

    10 августа в Москве в Новопушкинском сквере прошёл митинг, поводом к которому послужили сразу два трагических события: арест и передача в Гаагский трибунал сербского героя Радована Караджича и начало войны между Россией и Грузией. В мероприятии в общей сложности приняло участие около тысячи молодых людей - из молодёжных патриотических организаций Евразийский Союз Молодёжи, Россия Молодая и "Русский Образ" - аналога сербской радикальной организации "Образ". С трибуны к присутствующим обратились с речами лидер Международного «Евразийского Движения» Александр Дугин, лидер "Русского Образа" политолог Дмитрий Тараторин, депутат Госдумы России, лидер "России Молодой" Максим Мищенко, лидер ЕСМ Валерий Коровин, деятели науки, культуры, представители казачества. 

    Все они говорили о глубокой неслучайности совпадения двух тем мероприятия, поскольку на обоих направлениях - балканском и кавказском сегодня происходит столкновение русской цивилизации с врагом в лице атлантизма и США. Именно изощрённые стратегии последних по глубокому убеждению выступавших являются причинами трагедий сербского и осетинского народов. Для того, чтобы противостоять этому напору, народам, входящим в круг евразийской цивилизации необходимо мужество, историческая память и, главное, решимость политического руководства, которой так часто не достаёт России. "Свободу Караджичу!", "Танки на Тбилиси!", "Слава России! Слава Империи!", "Один за всех и все за одного!" - скандировали собравшиеся.

    Freedom to Karadjich! Tanks to Tbilisi! - the meeting in Moscow

    Today, at the 10th of August, there has been a political meeting in Moscow on the occasion of two tragic events - serbian hero Radovan Karadjich had been put under arrest and delivered to military tribunal in Hague and the war broking out between Georgia and Russia. There have been about 300 young men from Eurasian Youth Union, Young Russia and "Russian Way" taking part in this meeting. The Leader of The Internetional Eurasian Movement Alexander Dugin, the leader of "Russin Way" Dmitrij Taratorin, the delegate of State Dume Maxim Mishenko, the leader of ESM Valery Korovin, cultural workers, representatives from the Cossacks have spoken at a meeting.

     

    All sreakers have indicated the perfect coincidence between two causes of the meeting - in the direction of Balkan both of the Caucasus there is collision between russian civilization and enemy in the person of USA and Atlanticism. They also said, that operations of USA are the causes of Serbian and Ossetian people tragedy. People of Eurasia must have courage, historical memory and determination of political power to resist the the enemy pressure. Here are the slogans of meeting: "Freedom to Karadjich!", "Tanks to Tbilisi!", "For the glory of Russia! For the glory of Empire!", "All for one and one for all!"

  • Ossétie du Sud: les Etats-Unis déplacent des troupes géorgiennes depuis l'Irak vers la Géorgie

     

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    WASHINGTON, 11 août - RIA Novosti. Les Etats-Unis ont procédé dimanche à un déplacement partiel de troupes géorgiennes depuis l'Irak vers la Géorgie par avions militaires de transport, a annoncé lundi la chaîne américaine NBC se référant au commandement de l'armée américaine.

    Selon des médias américains, environ 2.000 militaires géorgiens se trouvent actuellement en Irak. Compte tenu la détérioration de la situation en Ossétie du Sud, le gouvernement géorgien a pris la décision de rappeler une partie de ses soldats d'Irak pour les transférer vers la Géorgie.

    Les Etats-Unis sont en contact étroit avec des militaires russes pour éviter toute confrontation aérienne au cours de cette opération militaire de transport, soulignent des sources officielles américaines.

    Les autorités géorgiennes se sont adressées aux Etats-Unis et au commandement de la coalition militaire internationale en Irak pour effectuer ce transfert de troupes, a noté la chaîne NBC.

  • La guerre vue de Moscou : РТР. Вести. Война на Кавказе продолжается. Заявления российского правительства.

                          

     

  • Caucase : la crainte d'un conflit Est-Ouest

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    Le déclenchement des hostilités en Ossétie du Sud éveille des craintes d'un affrontement Est-Ouest dans la poudrière du Caucase même si ni la Russie ni les Occidentaux ne semblent avoir d'appétit pour une guerre en Géorgie, soulignent samedi les analystes.

    Le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, a demandé samedi aux parties en conflit en Géorgie de retirer leurs troupes.

    «Ce n'est rien moins qu'une guerre qui menace (...) Nous nous trouvons devant le danger d'un incendie dangereux» risquant de s'étendre dans la région, a-t-il prévenu dans une interview au journal populaire Bild am Sonntag à paraître dimanche.

     

    Le président George W. Bush, qui se trouvait à Pékin, s'est inquiété de la «dangereuse escalade» dans le conflit et a demandé la cessation immédiate des combats. Il a appelé la Russie à oeuvrer en vue de la fin de la crise. «Je suis profondément inquiet face à la situation en Géorgie. Les Etats-Unis prennent cette affaire très au sérieux», a-t-il déclaré.

    Plusieurs milliers de victimes selon les Russes

    Le président américain a eu une conversation téléphonique avec son homologue russe, Dmitri Medvedev,  qui a dénoncé les «actions barbares» de la Géorgie qui ont fait des «milliers de victimes», a rapporté le Kremlin. Le président géorgien Mikhaïl Saakachvili annonçant de son côté s'être également entretenu au téléphone avec M. Bush, qui a, selon lui, «réitéré son soutien à la Géorgie».

    «La partie géorgienne a commis une agression contre des habitants pacifiques et des soldats russes chargés du maintien de la paix», a dit Dmitri Medvedev à son homologue américain, selon un communiqué du Kremlin. «Ces actions barbares planifiées et accomplies par la direction géorgienne ont fait de nombreuses victimes - il est question de milliers -, des dizaines de milliers de réfugiés, des destructions massives et ont bafoué le droit à la vie d'un peuple entier», a ajouté M. Medvedev.

    Dans cette conversation, le président russe a une nouvelle fois jugé qu'il fallait avant toute chose que Tbilissi procède au «retrait de ses formations armées de la zone de conflit». Le président géorgien Saakachvili a qualifié de «mensonges flagrants» des informations faisant état de 1.500 morts - un bilan évoqué notamment par le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov -, affirmant qu'il n'y avait «pratiquement pas de civils tués».

    La maîtrise du pétrole de la mer Caspienne

    Le conflit alarme les Etats-Unis et l'Europe, notamment parce que la Géorgie est un débouché clef pour le pétrole de la Caspienne. Selon le Premier ministre géorgien, Lado Gourgenidze, l'aviation russe aurait effectué samedi un bombardement à proximité de l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) qui n'a pas été endommagé. Long de 1 774 km, le BTC achemine le pétrole des champs pétrolifères azerbaïdjanais de la mer Caspienne vers le port turc de Ceyhan sur la Méditerranée avec une capacité de 1,2 million de barils/jour.

    «Les Occidentaux sont à la fois divisés et préoccupés par autre chose. Les Américains seront furieux s'il se confirme que des avions russes ont bombardé une base où le Pentagone avait des conseillers militaires», observe Edward Lucas, auteur de «La Nouvelle Guerre froide». Mais George W. Bush, «un président en fin de règne ne va pas risquer la Troisième guerre mondiale pour la Géorgie», alors qu'il doit déjà faire face aux conflits irakiens et afghans, écrit-il dans une tribune pour le Times samedi.

    La réponse massive des forces russes à une tentative géorgienne de reprendre le contrôle de l'Ossétie du Sud vendredi, avec des bombardements bien au delà de la région séparatiste, a poussé le président géorgien Mikhaïl Saakachvili à déclarer «l'état de guerre». Ces affrontements dans un pays pro-occidental, candidat à l'Otan et l'Union européenne, qui a largement bénéficié de l'aide militaire américaine, menacent directement les intérêts occidentaux. Et Tbilissi montre de son côté des signes favorables à une internationalisation du conflit. Mais le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov conteste l'état de guerre et affirme que la Russie cherche à rétablir le statu quo dans la région disputée.

    «Personne n'a intérêt à une escalade militaire»

    Michael Denison
    , professeur associé au centre de recherche en relations internationales Chatham House, juge aussi qu'il est encore trop tôt pour parler de guerre ouverte. «Les Russes ont pénétré sur le territoire géorgien et cela est très réel, mais je ne pense pas que l'objectif des Russes soit de détruire complètement les capacités militaires de la Géorgie. C'est une démonstration côté russe visant à affaiblir les capacité des Géorgiens», estime M. Denison.

    «L'escalade militaire est possible, mais je ne suis pas sûre qu'elle soit inévitable, parce que personne n'y a vraiment intérêt. La Russie n'a pas intérêt à une escalade tout simplement parce qu'il y a un Caucase du Sud, mais il y a aussi un Caucase du Nord, avec un risque de contagion, d'engrenage», souligne de son côté Laure Delcour, directrice de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) à Paris.  «Ni l'Union européenne ni les Etats-Unis n'ont envie d'envoyer des forces dans la région», renchérit Michael Denison.

    Pourtant, souligne Christopher Langton, analyste de L'Institut stratégique pour les recherches internationales (IISS), ce conflit est autant «une affaire entre la Géorgie et l'Ossétie du Sud, qu'entre les Etats-Unis et la Russie». «La Russie est violemment opposée à ce que la Géorgie devienne membre de l'Otan et les Etat-Unis sont allés à la confrontation avec la Russie sur ce sujet», souligne-t-il. Et «si la Géorgie tombe (sous l'influence russe), alors les espoirs européens d'une indépendance énergétique de la Russie s'écrouleront», ajoute Edward Lucas, soulignant que la Géorgie, par où passe l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC), est l'unique voie pour acheminer le pétrole de la Caspienne échappant au monopole des routes d'exportations russes.

    Laure Delcour souligne aussi le risque d'un embrasement du Caucase, qui compte d'autres conflits gelés comme l'Abkhazie, autre région séparatiste de Géorgie, ou le Nagorny Karabakh, région disputée entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

    Leparisien.fr avec AFP

  • Les relations entre la Russie, la Géorgie et l'Ossétie du Sud en quelques dates

    Rappel chronologique des relations entre la Russie, la Géorgie et l'Ossétie du Sud:

    LIRE  : http://www.latribune.fr/info/Les-relations-entre-la-Russie--la-Georgie-et-l-Ossetie-du-Sud-en-quelques-dates-310-~-AP-GEORGIE-OSSETIE-RUSSIE-CHRONOLOGIE-$Db=News/News.nsf-$Channel=Monde

  • Conflit en Ossétie du Sud: la Géorgie se déclare en "état de guerre"

     

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    GORI (Géorgie) (AFP) — La Géorgie a déclaré samedi être en "état de guerre", accusant la Russie d'avoir bombardé son territoire, l'armée russe affirmant de son côté s'être emparée de Tskhinvali, la capitale de la république séparatiste géorgienne d'Ossétie du Sud.

    "J'ai signé un décret sur l'état de guerre", a annoncé le président géorgien Mikheïl Saakachvili au cours d'une réunion du Conseil national de sécurité filmée par la télévision.

    "La Géorgie est en état d'agression militaire totale: par la marine, l'aviation russes, avec des opérations de grande échelle sur le terrain", a-t-il ajouté.

    Cet état de guerre peut être assimilé à une loi martiale, a expliqué à l'AFP le secrétaire du Conseil national de sécurité géorgien, Alexandre Lomaïa.

    "Cela ne peut pas être interprété comme une déclaration de guerre à la Russie. Ce serait ridicule. Nous faisons face à une agression militaire de la Russie et décrétons la loi martiale", a souligné M. Lomaïa.

    L'armée russe a "complètement libéré Tskhinvali des forces militaires géorgiennes", a, quant à lui, affirmé à la mi-journée de Vladikavkaz, dans la république russe d'Ossétie du Nord, le général Vladimir Boldyrev, commandant en chef des forces terrestres.

    L'artillerie géorgienne a de nouveau ouvert le feu samedi vers 13H55 (09H55 GMT) sur Tskhinvali, a rapporté l'agence Interfax citant son correspondant sur place.

    Le chef du gouvernement pro-russe d'Ossétie du Sud Iouri Morozov a confirmé la "libération totale" de la cité, "avec le soutien des forces spéciales de l'armée russe".

    Le président Dmitri Medvedev avait quelques heures auparavant fait savoir qu'une opération militaire des forces russes était en cours.

    "Nos soldats des forces de maintien de la paix et unités qui y ont été ajoutées (des renforts envoyés par Moscou, ndlr) effectuent à l'heure actuelle une opération en vue de contraindre la partie géorgienne à la paix", a dit le chef de l'Etat russe au cours d'une réunion au Kremlin.

    Côté géorgien, la télévision a fait état d'un bombardement samedi matin par l'aviation russe de la ville de Gori, dans le nord de la Géorgie, qui aurait tué un nombre indéterminé de civils et détruit des immeubles d'habitation.

    A l'entrée de la ville, une correspondante de l'AFP a vu une base militaire et deux immeubles d'habitation touchés, desquels des personnes s'enfuyaient, portant des sacs sur leurs épaules, ainsi que de la fumée et des flammes dans la cité même.

    Les forces aériennes russes ont en outre "complètement dévasté le port de Poti sur la mer Noire, site clef pour le transport de ressources énergétiques de la mer Caspienne" vers l'Europe, a assuré le ministère géorgien des Affaires étrangères.

    L'armée russe, qui a reconnu la perte de deux avions de combat, a démenti pour sa part que ses appareils aient visé des "populations civiles en Géorgie". Tbilissi a affirmé de son côté avoir abattu au moins six avions russes.

    Mille six-cents personnes ont été tuées à Tskhinvali à la suite de l'offensive géorgienne, a affirmé de son côté une responsable de ce territoire séparatiste de Géorgie, Mme Irina Gagloïeva.

    Les Géorgiens ont démenti un tel bilan, M. Saakachvili parlant de "mensonges flagrants": il n'y a "pratiquement pas de civils tués", a-t-il martelé.

    Des milliers d'autres habitants d'Ossétie du Sud ont été blessés, toujours d'après les autorités séparatistes.

    Et plus de 30.000 personnes auraient fui l'Ossétie du Sud, franchissant la frontière avec la Russie, d'après le vice-Premier ministre russe Sergueï Sobianine.

    L'ensemble des 2.000 hommes du contingent géorgien se prépare à quitter l'Irak d'ici à trois jours, a par ailleurs annoncé samedi à l'AFP son chef, le colonel Bondo Maïssouradze.

    Le président américain George W. Bush devait faire une déclaration sur le conflit en Ossétie du Sud, samedi à 18H50 heure locale (10H50 GMT) à Pékin.

    Quant au diplomate en chef de l'Union européenne, Javier Solana, il poursuivra samedi ses consultations internationales.

  • La Géorgie a perdu le contrôle d'une partie de la capitale ossète (Tbilissi)

     

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    TBILISSI, 8 août 2008 ( AFP ) - La Géorgie a "perdu le contrôle d’une partie" de Tskhinvali, la capitale de la république séparatiste d’Ossétie du Sud, qu’elle avait annoncé avoir repris, a déclaré vendredi à l’AFP le porte-parole du ministre géorgien de l’Intérieur, Chota Outiachvili.

  • Ossétie : la Russie envoie des renforts, Tskhinvali tombé selon Tbilissi

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    La Russie a envoyé aujourd'hui des renforts en Ossétie du Sud, la Géorgie affirmant de son côté avoir pris le contrôle de la capitale de la province séparatiste, Tskhinvali, et avoir abattu deux avions de combat russes.

    Une colonne militaire russe est entrée à partir de la Russie dans la région indépendantiste d'Ossétie du Sud en Géorgie, ont annoncé les agences russes citant des témoins.

    Une journaliste de l'AFP a vu une cinquantaine de chars lourds ainsi que des camions de transport de troupes et de matériel se dirigeant de Vladikavkaz, capitale de la république russe d'Ossétie du Nord, vers l'Ossétie du Sud.

    La Russie a confirmé peu après avoir envoyé des "renforts pour venir en aide aux soldats de la force de maintien de la paix dans la région et contribuer à un arrêt des hostilités", dans un communiqué du ministère russe de la Défense cité par les agences.

    Plus de dix soldats russes des forces de maintien de la paix ont été tués à Tskhinvali, la capitale de l'Ossétie du Sud, dans l'offensive géorgienne, a annoncé vendredi le ministère russe de la Défense, selon les agences russes.

    La Géorgie et la Russie seront "en état de guerre" s'il se confirme que des troupes et des armements russes sont entrés en Ossétie du Sud, a mis en garde le secrétaire du Conseil national de sécurité géorgien, Alexandre Lomaïa, à l'AFP.

    Lire la suite : http://www.lepoint.fr/actualites/ossetie-la-russie-envoie-des-renforts-tskhinvali-tombe-selon/914/0/265833

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  • La CIA peut pavoiser : guerre Géorgie-Russie !

    TSKHINVALI, 7 août - RIA Novosti. La Géorgie a lancé une vaste agression contre l'Ossétie du Sud, a déclaré le secrétaire du Conseil de sécurité de la république non reconnue, Anatoli Barankevitch.

    "De nombreuses unités d'armée géorgiennes se dirigent vers la frontière (de l'Ossétie du Sud)", a-t-il annoncé.

    La situation dans la zone du conflit osséto-géorgien s'est notablement aggravée ces deux derniers jours. Tskhinvali accuse les forces géorgiennes de tirer contre des localités sud-ossètes.

    "Le pilonnage du village de Khetagourovo avec des canons de 152 mm dure depuis deux heures. Le village est en flammes. 27 batteries Grad sont concentrées à Gori, du côté géorgien. Le long de la frontière, l'armée géorgienne entre en mouvement; ce sont autant de témoignages du lancement, par la Géorgie, d'une vaste agression contre notre république", a déclaré M. Barankevitch.

  • « L’esprit de Munich domine le XXe siècle » d’Alexandre Soljenitsyne

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    « Un jour, Dostoïevski a laissé échapper cette énigmatique remarque : « La beauté sauvera le monde. » Qu’est-ce que cela veut dire ? Pendant longtemps, j’ai pensé que ce n’étaient que des mots. Comment était-ce possible ? Quand donc, au cours de notre sanglante Histoire, la beauté a-t-elle sauvé quiconque de quoi que ce soit ? Ennobli, exalté, oui. Mais qui a été sauvé ?

    Il existe, toutefois, une certaine particularité dans l’essence même de la beauté et dans la nature même de l’art : la conviction profonde qu’entraîne une vraie oeuvre d’art est absolument irréfutable, et elle contraint même le coeur le plus hostile à se soumettre.

    On peut parfaitement composer un discours politique apparemment bien fait, écrire un article convaincant, concevoir un programme social ou un système philosophique, en partant d’une erreur ou d’un mensonge. Dans ce cas, ce qui est caché ou déformé n’apparaît pas immédiatement. Un discours, un article ou un programme exactement contraires et un système philosophique construit d’une façon entièrement différente rallieront l’opposition. Et ils sont tout aussi bien construits, tout aussi convaincants. Ce qui explique à la fois la confiance et la défiance qu’ils provoquent.

    Mais une oeuvre d’art porte en soi sa propre confirmation, les oeuvres d’art qui ont cherché la vérité profonde et nous la présentent comme une force vivante s’emparent de nous et s’imposent à nous, et personne, jamais, même dans les âges à venir, ne pourra les réfuter.

    Ainsi cette ancienne trinité que composent la vérité, la bonté et la beauté n’est peut-être pas simplement une formule vide et flétrie, comme nous le pensions aux jours de notre jeunesse présomptueuse et matérialiste. Si les cimes de ces trois arbres convergent, comme le soutiennent les humanistes, mais si les deux troncs trop ostensibles et trop droits que sont la vérité et la bonté sont écrasés, coupés, étouffés, alors peut-être surgira le fantastique, l’imprévisible, l’inattendu, et les branches de l’arbre de beauté perceront et s’épanouiront exactement au même endroit et rempliront ainsi la mission des trois à la fois.

    Alors, la remarque de Dostoïevski « La beauté sauvera le monde » ne serait plus une phrase en l’air, mais une prophétie. Après tout, il est vrai qu’il eut des illuminations fantastiques. Et, dans ce cas, l’art, la littérature peuvent vraiment contribuer à sauver notre monde.

    En plusieurs occasions et dans divers pays, on a assisté à des débats animés, passionnés, subtils, sur la question de savoir si l’artiste doit être libre de vivre pour lui-même ou s’il doit toujours avoir à l’esprit ses devoirs envers la société et s’il doit toujours se mettre à son service. Le discours d’Albert Camus, à l’occasion de la remise de son prix Nobel, est un des plus brillants qui aient été prononcés à ce sujet, et je suis heureux de souscrire à ses conclusions. En fait, depuis plusieurs décennies, la littérature russe s’est gardée de se perdre dans une attitude contemplative, elle a évité les spéculations frivoles. Je n’ai pas honte d’avoir respecté cette tradition, du mieux que j’ai pu. L’idée qu’un écrivain peut faire beaucoup pour la société où il vit et que c’est un devoir pour lui de le faire est depuis longtemps familière à la littérature russe.

    Notre XXe siècle a prouvé qu’il était plus cruel que les siècles précédents, et sa première moitié n’a pas encore effacé ses horreurs. Notre monde est toujours déchiré par les passions de l’âge des cavernes : la cupidité, l’envie, l’emportement, la haine, qui, au cours des ans, ont acquis de nouveaux noms respectables, comme la lutte des classes, l’action des masses, le conflit racial, le combat syndical.

    L’esprit de Munich ne s’est certainement pas estompé dans le passé : ce n’était pas une simple péripétie. Je me risquerais même à dire que l’esprit de Munich domine le XXe siècle.

    Un monde civilisé et timide n’a rien trouvé d’autre à opposer à la renaissance brutale et à visage découvert de la barbarie, que des sourires et des concessions. L’esprit de Munich est une maladie de la volonté chez les peuples nantis. Un état d’âme permanent chez ceux qui se sont abandonnés à la poursuite de la prospérité à tout prix, ceux pour qui le bien-être matériel est devenu le but principal de leur vie sur terre. Ces gens-là - et il y en a beaucoup dans le monde aujourd’hui - ont choisi la passivité et la reculade, afin de prolonger un peu leur train-train quotidien, afin d’éluder la difficulté aujourd’hui. Et demain, vous verrez, tout ira bien. Mais rien n’ira bien. Le prix de la lâcheté est toujours le mal. Nous ne récolterons la victoire que si nous avons le courage de faire des sacrifices.

    Un écrivain n’est pas le juge indifférent de ses compatriotes et de ses contemporains. Il est le complice de tout le mal commis dans son pays ou par ses compatriotes. Si les tanks de son pays ont inondé de sang les rues d’une capitale étrangère, alors les taches brunes, marqueront son visage pour toujours. Si, par une nuit fatale, on a étrangle son ami endormi et confiant, les paumes de ses mains porteront les traces de la corde. Si ses jeunes concitoyens, proclamant joyeusement la supériorité de la dépravation sur le travail honnête, s’adonnent à la drogue, leur haleine fétide se mêlera à la sienne.

    Aurons-nous la témérité de prétendre que nous ne sommes pas responsables des maux que connaît le monde d’aujourd’hui ?

    Et qui, sinon nous, les écrivains, pourra porter un jugement sur nos gouvernements défaillants, et aussi sur le peuple, lui-même, sur sa lâche humiliation, sur sa faiblesse satisfaite ? Qui pourra porter un jugement sur les écarts inconsidérés de la jeunesse et sur les jeunes voyous qui brandissent leurs couteaux ?

    On nous dira : que peut la littérature contre la ruée sauvage de la violence ? Mais n’oublions pas que la violence ne vit pas seule, qu’elle est incapable de vivre seule : elle est intimement associée, par le plus étroit des liens naturels, au mensonge. Et le simple acte de courage d’un homme simple est de refuser le mensonge. Que le monde s’y adonne, qu’il en fasse même sa loi - mais sans moi.

    Les écrivains et les artistes peuvent faire davantage. Ils peuvent vaincre le mensonge. Dans le combat contre le mensonge, l’art a toujours gagné, et il gagnera toujours, ouvertement, irréfutablement, dans le monde entier. Le mensonge peut résister à beaucoup de choses. Pas à l’art.

    Et dès que le mensonge sera confondu, la violence apparaîtra dans sa nudité et dans sa laideur. Et la violence, alors, s’effondrera.

    C’est pourquoi, mes amis, je pense que nous pouvons aider le monde en cette heure brûlante. Non en nous donnant pour excuse de ne pas être armés, non en nous adonnant à une vie futile, mais en partant en guerre.

    Les Russes aiment les proverbes qui ont trait à la vérité. Ceux-ci expriment de façon constante et parfois frappante la dure expérience de leur pays : « Une parole de vérité pèse plus que le monde entier. » »

  • Soljenitsyne: Poutine déplore une "grande perte" pour la Russie

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    MOSCOU, 4 août - RIA Novosti. Le premier ministre russe Vladimir Poutine a exprimé lundi ses condoléances aux proches de l'écrivain Alexandre Soljenitsyne, décédé à l'âge de 89 ans, regrettant une "grande perte" pour la Russie.

    "La mort d'Alexandre Soljenitsyne est une grande perte pour toute la Russie. Nous sommes fiers de l'avoir eu comme compatriote et contemporain", a déclaré M. Poutine dans un télégramme adressé aux proches de l'écrivain dissident.

    "Nous nous souviendrons de lui comme d'une personnalité forte et courageuse dotée d'une énorme dignité. Son engagement littéraire et social, sa vie, longue et épineuse, resteront pour nous un exemple de dévouement authentique, au service des gens, de la Patrie, des idéaux de liberté, de justice, d'humanisme", a souligné le premier ministre.

    Grande figure de la dissidence soviétique et anticommuniste convaincu, auteur de l'épopée "L'Archipel du Goulag" et prix Nobel de littérature (1970), Alexandre Soljenitsyne est décédé dans la nuit de dimanche à lundi à Moscou des suites d'une insuffisance cardiaque aiguë.

    Voir diaporama : http://fr.rian.ru/photolents/20080804/115616184.html

  • Le retour du "renard rouge"

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    Un grand merci Jean . Un très beau cadeau au retour de vacances ... 

    La politique de V. Poutine s’inscrit elle dans la tradition soviétique ?

    " A l’étoile rouge du Che, Notre vrai berger…’’

    Jean Géronimo

    vendredi 25 juillet 2008

    Docteur en Sciences économiques

    Spécialiste de l’URSS et des questions russes

    Université Pierre Mendès France, Grenoble

    CREPPEM

    Centre des Recherches Economiques sur la Politique Publique en Economie de Marché

    Mail : Jean.Geronimo@upmf-grenoble.fr

     

    Abréviations :

    ABM : Anti Ballistic Missile

    BM : Banque Mondiale

    CEI : Communauté des Etats Indépendants

    CMI : Complexe militaro-industriel

    EAE : Etat, Atome, Energie (normes soviétiques de la puissance)

    ECP : Economie Centralement Planifiée

    FMI : Front Monétaire International

    GUAM : Géorgie, Ukraine, Azerbaïdjan, Moldavie

    PCUS : Parti Communiste d’Union Soviétique

    UE : Union européenne

    "Les blocs de béton et les pierres du Mur de Berlin sont depuis longtemps des souvenirs. (…)

    Or, maintenant, on s’efforce de nous imposer de nouvelles lignes de démarcation

    et de nouveaux murs’’.

    V. Poutine (10 février 2007 Discours à la Conférence de Munich sur la sécurité )

    Depuis sa mise en œuvre en 2000, la politique de Vladimir Poutine est suspectée de ‘’retour au soviétisme’’. Dans son essence, cette affirmation politiquement orientée n’est pas neutre. Et surtout, elle masque une position idéologique radicale, ouvertement anti-russe, dans le prolongement de l’anti-soviétisme de la guerre froide. La lutte contre le communisme n’a pas disparu avec la chute du mur de Berlin. Elle n’a pas non plus disparu avec la fin de l’histoire, ardemment souhaitée - et programmée - par la vague du néo-libéralisme messianique encensée par F. Fukuyama (1992). D’autant plus que depuis la disparition de l’URSS, l’Amérique s’est autoproclamée gendarme du monde, s’autorisant par ce biais le droit arbitraire d’utiliser la force. Avec une certaine arrogance, Z. Brzezinski (2004, p. 7), ancien conseiller du président Carter, a ainsi reconnu que ‘’la puissance de l’Amérique (…) est aujourd’hui l’ultime garant de la stabilité internationale’’. Cela est ouvertement dénoncé par le discours russe : ‘’les Etats-Unis se sont arrogés le droit exclusif de déterminer quel pays menaçait la sécurité internationale, et de décider eux-mêmes s’il fallait ou non employer la force à son encontre. En même temps, ils ont proclamé leur ferme volonté d’exporter la démocratie dans des pays dont le régime ne leur convient pas.’’

    Aujourd’hui, l’esprit de guerre froide tend à être consciemment réactivé par le discours provocateur de l’élite dirigeante américaine, encline à reconstituer une structure conflictuelle de nature idéologique. Dans son essence, cette conflictualité idéologique apparait comme une variable régulatrice de l’équilibre des grandes puissances à l’échelle planétaire et dans le même temps, une variable structurante des rapports de force issus du post-communisme. Cette montée des tensions est illustrée par la surprenante affirmation du chef du Pentagone, R. Gates, soulignant la menace présentée ‘’par le cheminement incertain de la Chine et de la Russie’’. Désormais, les plus ardents défenseurs du libéralisme intégral - les néoconservateurs - voient ‘’des rouges partout’’ et, en conséquence, considèrent V. Poutine comme un héritier de la révolution bolchevique d’Octobre 1917. Un temps prisonnier des oubliettes libérales de l’histoire, ‘’l’homo-soviéticus’’ serait-il donc de retour ?

    Une question sous-jacente est l’objectif réel du nouveau premier ministre de la Russie, récemment nommé par le président Medvedev. V. Poutine ne viserait t’il pas, d’une certaine manière, à restaurer l’ancien Ordre social soviétique, sous le contrôle d’une nouvelle élite auto-proclamée ‘’avant-garde’’ du grand peuple russe ? Et au-delà, l’orientation politique russe actuelle, principalement en matière de stratégie extérieure et sécuritaire - en zone post-communiste - serait-elle marquée par l’existence d’inerties soviétiques ? Brzezinski (2000) a lui-même regretté que la Russie n’ait ‘’accompli qu’une rupture partielle avec son passé (…)’’. De manière implicite, cela pose le problème du statut de la zone post-soviétique - l’actuelle CEI - dans la perception russe et, en dernière instance, du statut de l’arme nucléaire. Or depuis 2000, sous l’impulsion de V. Poutine, la ligne stratégique russe a connu un revirement spectaculaire, intégrant la politique extérieure américaine - et son bras armé otanien - comme une réelle menace. En effet, afin de conforter sa domination en Eurasie, l’Amérique tente de bloquer toute velléité de reconquête russe en zone post-communiste. Dans ce but, elle privilégie 5 leviers : l’extension de l’Otan (qui ‘’dépasse les limites de sa compétence’’ selon V. Poutine), l’élargissement de l’UE, la fragilisation de la CEI, la formation de coalitions ouvertement anti-russes (du type GUAM) et la neutralisation stratégique de la Russie (via le bouclier anti-missile ABM). Dans le prisme stratégique russe, cette configuration traduirait un comportement de guerre froide. Il s’agit là d’une donnée expliquant l’actuel positionnement de Moscou sur la scène internationale, sous la houlette de V. Poutine, dans la perspective de défendre ses intérêts nationaux et à cette fin, mettre en œuvre une stratégie de puissance. Cette offensive américaine a conduit V. Poutine à exiger, dés 2005, une réactualisation de la doctrine stratégique russe. En définitive, cela est confirmé - sous la houlette de D. Medvedev - par l’inflexion de la politique étrangère russe contre les velléités hostiles de l’Occident sur sa périphérie eurasienne. Il est notamment souligné que ‘’ l'Otan qui ne doit pas assurer sa sécurité aux dépens de la sécurité de la Russie (…)’’.

    Dans ce schéma, il conviendrait de s’interroger sur l’homme Vladimir Poutine lui-même, dans ses composantes politico-psychologiques, qui fondent sa stratégie politique et motivent in fine ses décisions majeures. En tant que spécialiste de l’économie soviétique et de la transition post-communiste, je voudrais présenter un point de vue purement personnel sur la ‘’ligne Poutine’’ dont je revendique, par définition, la seule responsabilité.

    Le poids de la culture soviétique

    L’ancien président russe (2000 – 2008) est issu de la filière du KGB soviétique, au sein de laquelle il a assumé de hautes responsabilités, en particulier comme lieutenant colonel. Son accession à la tète de l’Etat russe est étroitement liée à sa carrière au sein de l’appareil du KGB qui, en quelque sorte, lui a servi de tremplin politique. Tel un renard, Poutine a intelligemment profité des opportunités politiques offertes par sa fonction au KGB. Mais son engagement vis-à-vis de l’Etat russe est sincère et loyal. Son éducation, renforcée par une formation rigoureuse au sein des structures du KGB, l’a fortement imprégné des valeurs de l’Ordre politique soviétique, notamment dans le domaine de la rigueur morale et disciplinaire. Cela peut expliquer son double attachement d’une part, à l’ordre et à l’obéissance et d’autre part, au stricte respect des lois et directives des supérieurs. Autrement dit, V. Poutine est resté fidèle au principe de soumission hiérarchique, sacralisé sous l’ère communiste, en tant que principe régulateur de l’économie centralement planifiée (ECP) et du système politique qui assurait sa direction. Une caractéristique du modèle socialiste était, en effet, la stricte soumission de la sphère économique (via le plan) aux directives politiques du PCUS, expression supérieure de la structure monolithique du pouvoir. L’omniscience de l’Etat-parti (autrefois soviétique, aujourd’hui, fédéral) est alors justifiée par sa conscience sociale supérieure et son infaillibilité décisionnelle. Dans ce cadre, la soumission à la ligne centrale – définie par l’Etat-parti – devient une obligation politique.

    Ainsi V. Poutine a forgé son caractère et ses valeurs sous le régime communiste, qui implose officiellement en décembre 1991, avec la démission présidentielle de Mikhaïl Gorbatchev, dernier premier secrétaire du PCUS. Des rumeurs - encore actuelles - l’ont fait passé pour un ‘’agent communiste’’ s’inspirant des méthodes du KGB et avide de rétablir une dictature plus ou moins éclairée sous la direction d’une élite nomenklaturiste plus ou moins mafieuse. Certains lui ont aussi reproché d’utiliser une rhétorique verbale manipulatrice dans le plus pur style brejnévien. De telles affirmations, au-delà de leur caractère mensonger, trahissent une méconnaissance totale de l’histoire du communisme de type soviétique et en définitive, de la véritable personnalité de V. Poutine qui, pour être comprise, doit dépasser une simple lecture conjoncturelle.

    L’héritage structurel du communisme permet d’ailleurs d’expliquer l’orientation stratégique de la Russie moderne. Fondamentalement, à l’instar de l’Union soviétique, la Russie a gardé une pensée stratégique de grande puissance, recentrée sur la défense de ses intérêts nationaux, depuis l’arrivée au pouvoir de V. Poutine et en rupture avec le suivisme occidental de la politique de l’ancien président B. Eltsine: ‘’Les intérêts nationaux de la Fédération de Russie dans la sphère internationale consistent en la garantie de la souveraineté, dans la consolidation des positions de la Russie en tant que grande puissance et qu’un des centres influents du monde multipolaire (…)‘’. Et dés l’année 2000 est confirmée, sous l’influence décisive de Poutine, ‘’son rôle important dans les processus mondiaux, en vertu (notamment : jg) de sa position stratégique unique sur le continent eurasien.’’ Mais il s’agit surtout de souligner, à l’instar d’I. Facon, que la politique de V. Poutine reposant sur la défense de l’indépendance, de la souveraineté russe et sur la primauté de l’intérêt national apparait comme une orientation structurelle, s’inscrivant dans la durée. Cette orientation a d’ailleurs été reprise par D. Medvedev. Le nouveau Concept de politique étrangère russe, entériné par le président Medvedev, rappelle en effet que ‘’La Russie mène une politique ouverte et pragmatique qui protège ses intérêts nationaux’’. En réalité, cette inflexion radicale de la politique extérieure russe a été initialement opérée dés 1996 par E. Primakov, alors ministre russe des affaires étrangères et qui s’inscrit dans l’héritage de la ligne soviétique. En 2007, Primakov a reconnu que V. Poutine a ‘’adopté une ligne qui conjugue la défense ferme des intérêts nationaux de la Russie avec la volonté d’éviter toute confrontation avec les autres pays’’. Dans ce schéma, il s’agit de souligner la forte propension idéologique de V. Poutine à s’inspirer de la ligne stratégique de l’ex-URSS, qui a permis à cette dernière de se maintenir comme grande puissance et surtout, d’équilibrer la surpuissante Amérique.

    Selon une lecture plus structurelle, intégrant les valeurs inertielles de l’homo-soviéticus, on peut insérer la politique de V. Poutine dans une stratégie cohérente de longue période, présentant une certaine rationalité. Celle-ci est alimentée par l’instinct de survie organique du système soviéto-russe, défini par A. Zinoviev (1991, p. 234) comme un ‘’instinct social de conservation’’. Particulièrement surdimensionné sous le communisme - en raison de la guerre latente contre le capitalisme - cet instinct de conservation a été repris, dans ses grandes lignes, par les dirigeants russes actuels, du fait des velléités agressives croissantes du néo-impérialisme américain en zone post-communiste, qui reste la ‘’chasse gardée’’ de Moscou. Cette stratégie de survie héritée du communisme vise, dans le cadre d’un rapport de force initialement défavorable, à organiser dans un premier temps le repli stratégique de l’Etat post-soviétique pour, dans un second temps, élaborer les bases permissives du ‘’retour russe’’.

    Dans un remarquable ouvrage, Guy Bensimon avait, dés 1996, fait l’hypothèse d’un repli temporaire et purement tactique de l’Etat russe. Ainsi, Bensimon (1996, p. 259) a souligné, à propos de la nouvelle Russie, la faible probabilité qu'une réforme puisse jamais ‘’y défaire les relations communistes. La ligne historique du capitalisme n'a traversé ce pays que sur une période relativement brève, et elle n'y a pas été dominante. Les rapports communistes y sont bien ancrés, le pays est massif, et si sa vocation historique est d'être une puissance mondiale, c'est incontestablement grâce au système communiste qu'elle l'a réalisée. Elle a perdu la guerre froide, mais elle n'est pas détruite pour autant. Dans une perspective historique, on peut considérer la période actuelle comme celle d'une retraite stratégique de la Russie, pendant laquelle elle tente de consolider et accroître ses forces avec l'aide de son adversaire occidental’’. Cette analyse de Bensimon montre une rare lucidité intellectuelle, au sens où il anticipe une réalité géopolitique désormais dominante à l’échelle du vaste Echiquier eurasien. La Russie post-communiste, d’abord encline à se reconstruire pour retrouver des forces s’est, par la suite, efforcée de redéfinir une structure identitaire en adéquation avec sa volonté de retrouver le statut prestigieux (officiellement regretté) de l’Union soviétique, contre son ennemi historique : l’Amérique.

    Tel le renard à l’affût dans son terrier, il s’agit pour Poutine d’éviter l’affrontement en situation de faiblesse, pour guetter sa proie et se jeter sur elle au moment opportun. Autrement dit, le renard russe s’est placé dans une situation d’attente afin de choisir le lieu et le moment du combat final. On peut donc comparer la stratégie de V. Poutine à celle d’un renard, harcelé par un ennemi surarmé (le chasseur américain) et contraint, dans un premier temps, à une attitude défensive. Dans ce cadre, la tendance de V. Poutine à reproduire un comportement typique du communisme justifie l’expression du ‘’renard rouge’’. Cette inertie comportementale, héritée de l’histoire soviétique, a été conceptualisée par A. Zinoviev à travers la notion de ‘’coefficient systémique’’. Dans cet axe, G. Bensimon (1996, p. 245) a mis en évidence à propos de la Russie, en raison de son statut d’héritière historique de l’URSS, l’existence d’un effet-système. Globalement, il s’agit de la propension du modèle socialiste à peser sur la logique du nouveau modèle fédéral. Pour reprendre la terminologie de B. Chavance (1994, p. 189), cet ‘’héritage systémique’’ tend à orienter - voire à ‘’verrouiller’’ - la trajectoire historique du modèle russe. En ce sens, on peut parler d’une forme de déterminisme systémique.

    Globalement, selon une approche zinovienne, on peut définir ce coefficient systémique comme la tendance du nouveau système russe (fédéral) à reproduire une partie - évaluée par un coefficient (%) compris entre 1 et 0 - du comportement de l’ancien système russe (soviétique). Ce coefficient traduit donc une inertie structurale issue de l’idéologie communiste qui a forgé, de 1917 à 1991, la rationalité des décideurs soviétiques. En ce sens, Poutine apparait comme un sous-produit partiel de l’homo-soviéticus, formaté par la culture communiste. Une hypothèse implicite est que la rationalité décisionnelle des élites russes actuelles reste, en partie, verrouillée par les anciennes normes communistes.

    Tendanciellement, V. Poutine s’est appuyé sur les valeurs extérieures de la politique de l’ex-URSS et de sa stratégie de puissance, élaborée en phase de guerre froide contre le bloc de l’Otan. Depuis l’ère stalinienne, les 3 variables privilégiées par la stratégie de puissance soviétique ont été l’Etat, l’Armée (surtout l’atome militaire) et l’Energie. Autrement dit, l’ancienne URSS fondait son pouvoir géopolitique sur la capacité d’un Etat fort et centralisé (E=Etat) à utiliser son potentiel nucléaire (A=Atome) et énergétique (E=Energie) comme instrument de pression – donc de pouvoir - sur la scène internationale. Sur longue période, cette instrumentalisation des variables EAE (Etat/Atome/Energie) se présente pour Moscou comme le vecteur de la puissance projetée et, surtout, perçue par son environnement géopolitique. En phase de guerre froide, la variable centrale dans la structuration du rapport de force Est-Ouest était l’image projetée – et non l’image (la puissance) réelle. Aujourd’hui, l’objectif latent de l’Etat russe est d’utiliser cette stratégie d’inspiration soviétique pour rebondir sur le Grand échiquier eurasien et se reconstruire une image de puissance majeure, redoutée et respectée.

    Reconstruction identitaire de la Russie post-soviétique

    Dés l’origine, Poutine a fondé sa politique sur certaines valeurs normatives de l’ère soviétique. Sous sa présidence, on peut en effet remarquer une montée en puissance des valeurs socio-politiques du soviétisme, principalement marquées par le retour de l’Etat sur la base d’un centralisme autoritaire et d’un interventionnisme économique ciblé, subordonnés à la réalisation d’un grand projet politique. Le statut de ce projet, dans le prolongement du messianisme de l’idéologie communiste, sera déterminant dans la capacité du nouveau système fédéral à se restructurer et à se rassembler sur un objectif commun, porteur de la légitimité de l’élite dirigeante.

    En fait, comme ses prédécesseurs soviétiques - donc, hors B. Eltsine - Poutine a cherché à rendre à la Russie sa ‘’fierté’’ et surtout, à lui redonner son statut de ‘’Grande puissance’’. Dans l’inconscient politico-psychologique du peuple russe, cette soif de reconnaissance internationale est prégnante. Elle se présente avant tout comme une réaction spontanée à un retrait géopolitique traumatisant pour un Etat russe blessé par l’arrogance et l’unilatéralisme du bloc américain. Cette domination politico-militaire des Etats-Unis est remise en cause, officiellement, par le Concept de sécurité russe de 2000 (toujours en vigueur) sous l’influence de Poutine. Sont ainsi considérées comme ‘’menaces principales’’ contre la sécurité nationale russe : ‘’le renforcement de blocs et alliances militaro-politiques, en premier lieu l’élargissement de l’Otan à l’Est, l’apparition potentielle de bases militaires et de contingents étrangers à proximité directe des frontières de la Russie (…)’’. Sept ans plus tard, dans son célèbre discours de Munich de février 2007 officialisant une nouvelle ère de tension américano-russe, ce néo-impérialisme libéral sous leadership américain a été ouvertement dénoncé par V. Poutine. Celui-ci a notamment regretté que l’Etat américain cherche à imposer par la force ses règles et son idéologie à la planète entière, dans le but ultime de jeter les bases d’un monde unipolaire, rendant sa domination infaillible et surtout, totalitaire : ‘’Nous sommes témoins d’un mépris de plus en plus grand des principes fondamentaux du droit international. Bien plus, certaines normes et, en fait, presque tout le système du droit d’un seul Etat, avant tout, bien entendu, des États-Unis, a débordé de ses frontières nationales dans tous les domaines : dans l’économie, la politique et dans la sphère humanitaire, et est imposé à d’autres États.’’ Au-delà, l’Amérique est suspectée – via l’Otan – de structurer selon ses seuls intérêts le système de sécurité internationale, en vue d’une domination globalisante qui nie toute légitimité à l’ONU, dont le ‘’rôle central et coordinateur’’ dans l’ordre mondial a été pourtant reconnu par Moscou. Cela est attesté par l’avertissement du directeur du Département de la coopération européenne du ministère russe des Affaires étrangères (MID), Sergueï Riabkov, le 16 mai 2008 : ‘’'L’OTAN cherche à jouer un rôle global en matière de sécurité internationale’’.

    L’Occident est suspecté d’avoir contribué au chaos de la transition post-soviétique, en imposant une reforme libérale - issue du ‘’consensus de Washington’’ - fondamentalement inadaptée aux besoins de l’économie russe et surtout, déstructurante par son impact désastreux sur son tissu social. Renouant d’une certaine façon avec le mythe du ‘’complot stalinien’’, certains leaders russes pensent que cette politique a été volontairement biaisée de façon à empêcher un retour prématuré de la puissance russe et à la maintenir comme ‘’puissance pauvre’’, pour reprendre le titre de l’excellent ouvrage de G. Sokoloff (1993). Depuis la transition post-communiste, amorcée en 1992, la Russie - alors en situation de faiblesse - a subi les pires humiliations de la part d’un Occident américanisé, donneur de leçons, et avide de sanctionner sa victoire finale de la guerre froide. Le plus inquiétant pour Moscou est de voir cette politique anti-russe relayée par certaines institutions internationales politiques, économiques ou militaires (BM, FMI, G8, OTAN, OMC, OSCE). Et surtout - suprême provocation - de voir cette politique insidieuse, catalysée par la double extension de l’Otan du bouclier ABM aux ex-Etats socialistes, s’étendre à l’espace post-soviétique de la CEI, cœur historique de la domination russe. Avec l’intégration programmée de l’Ukraine et de la Géorgie à l’Alliance atlantique, un point de non retour sera définitivement franchi. Le chef de l'Etat-major général des Forces Armées de Russie, Iouri Balouïevski a ainsi indiqué qu'en cas d'adhésion de l'Ukraine et de la Géorgie à l'OTAN, la Russie serait obligée d'adopter (notamment) des mesures militaires pour garantir sa propre sécurité. En dernière instance, la Russie a le sentiment d’avoir été trahie par une Amérique n’hésitant pas à renier ses promesses. Le 7/05/2008, M. Gorbatchev a notamment déclaré : ‘’Les Américains avaient promis que l'OTAN ne s'étendrait pas au-delà des frontières de l'Allemagne après la Guerre froide. Résultat, la moitié des Etats d'Europe centrale et orientale sont désormais membres de l'Alliance, et l'on se demande bien ce que sont devenues ces promesses issues du post-communisme. Cela prouve qu'on ne peut pas leur faire confiance’’.

    Aujourd’hui, la Russie se sent encerclée et en conséquence, menacée sur ses frontières périphériques, comme l’a rappelé V. Poutine à Munich : ‘’l’Otan rapproche ses forces avancées de nos frontières’’. Plus récemment, le 6/06/2008, S. Lavrov a déclaré que ‘’l’elargissement de l’Otan, qui se poursuit ces derniers temps, pousse la Russie à avoir des doutes sur la véritable mission de l’Alliance (…)’’. E. Primakov a, lui, souligné que ‘’l’extension de l’Otan s’accompagne d’une rhétorique anti-russe ainsi que d’une politique offensive des Etats-Unis dans les ex-républiques soviétiques’’. Désormais, les risques de déstabilisation de l’Eurasie post-soviétique sont énormes, du fait de cette stratégie expansive destinée à éroder l’influence russe. Car jusqu’à présent, celle-ci a joué le rôle de verrou sécuritaire, donc stabilisateur, dans une région politiquement sensible. Or, quels qu’en soient les coûts, Washington a un intérêt objectif à maintenir la Russie en état de faiblesse, voire à la ‘’rejeter en arrière’’ pour reprendre la vieille expression de Lénine. Ainsi, dans les premières années difficiles de la Russie bolchevique, cette stratégie de compression de la puissance russe était déjà au cœur de la ligne occidentale, comme l’atteste cette observation pleine d’actualité de Lénine en 1923 : ‘’(…) la situation internationale fait que la Russie est aujourd’hui rejetée en arrière (…). Les puissances capitalistes de l’Europe occidentale, partie sciemment, partie spontanément, ont fait tout leur possible pour nous rejeter en arrière, pour profiter de la guerre civile en Russie en vue de ruiner au maximum notre pays.’’

    Le retour de la Russie sur la scène internationale n’est pas réellement souhaité par Washington, car en tant que contre-pouvoir virtuel, elle menace son hégémonie. Ce retour suppose la reconstruction des bases militaro-industrielles de la puissance russe en vue de rééquilibrer son rapport de force avec les Etats-Unis qui restent, quoi qu’on en dise, une sorte d’ennemi héréditaire dont le système soviéto-russe a besoin pour se réguler et, en dernière instance, justifier le maintien d’une force nucléaire impressionnante. Cela semble d’autant plus vital que le pouvoir des élites militaires et des lobbies liés au CMI dépend étroitement de cette surcapacité nucléaire. Selon une logique de balancier stratégique structurée en phase de guerre froide, la Russie poutinienne tend donc à structurer son identité contre l’Amérique et par ce biais, à égaliser sa puissance.

    Sur un plan historique, ce principe d’opposition est un élément clé du métabolisme interne du système russe, pour reprendre une approche à la fois systémique et thermodynamique. En ce sens, l’antagonisme idéologique est le régulateur d’une société russe doublement définie par sa dimension impériale et centralisée. La Russie reste un empire multinational à la dimension d’un continent. Et sa survie exige un pouvoir central fort, doté d’une légitimité quasi-messianique, comme levier de sa cohésion unitaire. Autrement dit, la nature dirigiste et autoritaire du régime politique russe répond d’abord – et avant tout – à une contrainte de survie systémique et non, comme l’ont affirmé à tort certains célèbres politologues, à une obscure volonté de dictature. Cela peut justifier l’affirmation récente du président Medvedev : ‘’Malgré tout le respect que j'ai pour la démocratie parlementaire, je crois qu'un tel système en Russie signifierait la mort de la Russie en tant que pays’’. La renaissance des structures étatiques, détruites par le chaos post-communiste, passe par une recentralisation s’inscrivant dans la tradition soviétique. Dans ce but, Poutine a divisé le territoire russe en super régions et nommé par décrets sept ‘’super préfets’’. Lors de sa réélection en mars 2004, Poutine a justifié sa politique autoritaire en déclarant que ‘’la survie de notre nation est menacée’’. Chercher à imposer les normes démocratiques libérales, dans le cadre d’une décentralisation politique plus poussée, est un non-sens au regard des contraintes géopolitiques pesant sur l’espace russe et davantage, conduirait à une dangereuse déstabilisation de la région. En fait, l’idée même d’une démocratisation libérale relève d’une rhétorique occidentale anti-russe, dont la réalisation permettrait de facto, d’éroder la domination russe et par ce biais, de favoriser la progression américaine.

    La structure de son environnement international, par nature hostile, condamne ainsi le système russe à une ‘’veille stratégique’’ permanente. Dans cette optique, l’attention du système russe est structurellement focalisée contre l’ennemi central. Et surtout, sa capacité à l’affronter et à afficher sa supériorité conditionne sa légitimité et par ce biais, sa survie politique. L’existence d’une menace latente, plus ou moins virtuelle, est donc nécessaire à la stabilité de long terme du régime russe. En cela, on peut parler ‘’d’ennemi systémique’’ faisant cohérence, depuis Lénine, avec le mode de régulation interne de la société russe.

    Retour de ‘’l’esprit de puissance’’ (derjavnost)

    Dans le but d’accélérer son retour international et son intégration au nouvel Ordre mondial, V. Poutine a donc admis comme priorité première la reconstruction géopolitique de la puissance russe. En cela, il est revenu à une forme de réalisme stratégique s’inspirant d’une part, du pragmatisme léniniste des années 20 composant avec la réalité socio-politique et d’autre part, de la ‘’Real Politik’’ ouest-allemande dominante dans les années 70. Cette politique fut, à l’origine, initiée par l’ancien chancelier (1969-1974) de la République fédérale d'Allemagne (RFA) W. Brandt, dans le cadre d’une ‘’coexistence pacifique’’ Est/Ouest. Celle-ci, fondée sur l’Ostpolitik, a marqué une évolution fondamentale dans le rapprochement politique des deux blocs antagonistes.

    Ainsi, sur la base d’une ‘’nouvelle pensée’’ (novoe mychlenie) plus réaliste - définie par Poutine comme une forme de ‘’pragmatisme idéologique’’ - et prenant en compte les nouveaux rapports de forces dans le monde, V. Poutine s’est efforcé de redonner à la Russie sa grandeur passée. Dans ce but, il a appuyé sa politique globale d’une part, sur les valeurs ‘’capitalistes’’ sur le plan interne (économique) et d’autre part, sur les valeurs ‘’communistes’’ sur le plan externe (géopolitique). A terme, un objectif implicite est de créer une sorte d’Economie sociale de marché, fortement encadrée par l’Etat et réhabilitant le facteur humain dans une structure concurrentielle soumise aux normes libérales d’un marché désormais mondialisé. E. Primakov a utilisé l’expression ‘’d’économie à option sociale’’.

    Sur le plan interne, il s’agit de préserver un Etat centralisé et volontariste, impulsant les orientations fondamentales du développement, à partir d’une action permanente sur le tissu économique (via les moyennes entreprises) et sur un ensemble de programmes prioritaires (via les grandes entreprises). L’objectif de V. Poutine est de créer une économie mixte centralement régulée au niveau des branches stratégiques (politiquement sensibles) et s’appuyant, à la périphérie, sur une structure industrielle régulée par le libre marché. Comme le dernier président soviétique, M. Gorbatchev (1985-1991) auteur d’une reforme radicale de restructuration politique et économique (Perestroïka) en vue d’un ‘’socialisme de marché’’, V. Poutine est donc à la recherche d’une ‘’troisième voie’’, entre les modèles libéral et dirigiste. En effet, M. Gorbatchev voyait dans le ‘’Socialisme à visage humain’’ – selon l’expression de A. Dubcek en 1968 – une possible troisième voie du développement. A travers l’héritage de Gorbatchev, la culture soviétique est donc encore particulièrement présente dans certaines orientations de la politique économique russe, qui revient vers une forme de dirigisme étatique de marché. Dans sa quête d’un modèle de développement idéal, Poutine a construit une sorte de système hybride s’inspirant des pratiques capitaliste et communiste dans l’optique d’une efficacité économique optimale intégrant certaines normes sociales, spécifiques au contexte russe. Pour reprendre la terminologie zinovienne, il s’agit en quelque sorte d’une ‘’efficacité sociale’’ de l’économie.

    L’enjeu sous-jacent à cette question est la définition d’un modèle alternatif de développement dont pourraient s’inspirer certains Etats marginalisés par la mondialisation libérale ou même, certaines puissances nouvellement émergentes. A terme, et dans le prolongement du soviétisme, Moscou cherche à reprendre le leadership moral et politique du Tiers monde exploité. Dans son discours de Munich de février 2007, V. Poutine a ainsi revendiqué ‘’un système plus démocratique et plus équitable de rapports économiques qui donne à tous une chance et une possibilité de développement’’. Implicitement, il s’agit surtout de créer un contrepoids géopolitique à l’unilatéralisme hautain et à l’excès de puissance de la vertueuse Amérique. Dans l’optique de contrebalancer l’omniscience américaine en Eurasie, Poutine a essayé de se rapprocher de la Chine et de l’Inde pour former une alternative idéologique crédible. En cela, on peut parler d’un retour de l’idéologie.

    Sur le plan externe, il s’agit de redonner à la Russie son aura internationale par restauration de sa puissance, triplement fondée sur les potentiels énergétique, économique et militaire. Dans un premier temps, la Russie a repris la main dans le ‘’grand jeu’’ qui l’oppose aux puissances occidentales pour le contrôle des ressources énergétiques et de leur transport, au cœur de l’Asie centrale, zone historique de domination. Le retour en force du Complexe militaro industriel - dont la moitié de la production est aujourd’hui destinée au secteur civil - s’inscrit dans ce contexte. Dans la tradition soviétique, le CMI retrouve un rôle central comme levier catalyseur (et secteur moteur) de la croissance économique. En outre, sous l’impulsion de Poutine, la Russie a durci sa doctrine militaire et redonné une certaine vigueur à son armée en déliquescence accélérée sous le régime Eltsine. Dans cet axe, on note un recentrage de la stratégie militaire russe sur la force dissuasive du nucléaire et l’utilisation préventive de l’atome militaire dans des conflits régionaux.

    Cette inflexion de la ligne nucléaire est très nette à partir de 2000, comme l’atteste le Concept de sécurité 2000 de la Russie, qui reste un élément majeur de sa doctrine stratégique : ‘’L’objectif essentiel de la Fédération de Russie est la réalisation de la dissuasion en vue de prévenir une agression de n’importe quelle envergure, y compris avec l’emploi de l’arme nucléaire, contre la Russie et ses alliés’’. Le rôle de l’atome sera d’ailleurs renforcé dans la future doctrine militaire de la fédération de Russie, présentée par le général Gareev, le 20 janvier 2007 : ‘’Pour la Russie, étant donné un rapport des forces qui lui est extrêmement défavorable sur tous les axes stratégiques, l’arme nucléaire demeurera capitale, le plus sûr moyen de dissuasion stratégique d’une agression extérieure et le plus sûr moyen de garantir sa propre sécurité.’’ Mais au-delà et dans la tradition brejnévienne, l’atome tend à être instrumentalisé (avec l’énergie) comme vecteur de la politique extérieure russe. Dans le même temps, on note une influence croissante des élites militaires dans le processus de décision politique, dans la continuité des anciens lobbies soviétiques du CMI. En dernière instance, Poutine a mis en œuvre une reforme visant à moderniser et rationaliser la technologie militaire russe pour faire face aux nouvelles menaces et aux nouveaux défis imposés par l’expansionnisme américain sur sa proche périphérie. Dans le prolongement de la ligne extérieure soviétique, cette orientation stratégique privilégie donc la projection de force comme levier de la puissance russe. Ainsi, selon T. Gomart, la Russie serait en train de vivre ‘’un moment néo-impérial que sous-tend une classique volonté de puissance’’.

    La zone post-soviétique comme priorité

    Depuis la chute du régime communiste en 1991, la Russie post-soviétique a essuyé de profonds revers politiques, économiques et stratégiques. Désormais, la Russie ne veut plus reculer au cœur même de son espace historique ouvertement menacé par l’impérialisme américain. Encouragé par le chaos russe du post-communisme, cette progression du néo-impérialisme américain est aujourd’hui relayée par ses doubles bras otanien et européen. A terme, l'objectif latent de Washington est d'intégrer certains ex-Etats socialistes à l'UE et à l'Otan en vue de comprimer la zone d'influence russe et surtout, renforcer l'orbite euro-atlantique. Ceci est explicite dans le discours stratégique américain : ‘’L'Union européenne et l'Otan doivent travailler à leur élargissement ou perdre le bénéfice de la victoire de la guerre froide (...). L'extension de l'orbite euro-atlantique rend impérative l'inclusion de nouveaux Etats indépendants ex-soviétiques et en particulier l'Ukraine’’.

    Or Moscou considère l’avancée de l’Amérique, de l’Otan et de l’Europe sur sa périphérie eurasienne comme une véritable menace pour ses intérêts nationaux et en définitive, pour sa sécurité. Cela est clairement affirmé dans sa doctrine stratégique (en cours de réactualisation) et à l’origine, mentionnée dans son Concept de sécurité. Dans la vision russe, cette ingérence est issue d’une pratique de guerre froide et vise à réduire sa zone-tampon sécuritaire assurant une ‘’profondeur stratégique’’ (Romer, 1999) dans l’optique de la fragiliser. Cette avancée occidentale en zone post-soviétique est d’autant plus provocante que Moscou n’a pas renoncé à ‘’l'idée d'une intégration dans cet espace’’, selon la nouvelle conception de la politique étrangère russe. Moscou redoute une tentative occidentale de compression de sa puissance sur ses zones périphériques, en particulier dans son ‘’étranger proche’’. A cet égard, on peut suspecter l’extension est-européenne du bouclier anti-missiles américain de chercher à neutraliser la puissance nucléaire russe : ‘’les zones de positionnement de l'ABM américain sont déployées à des endroits qui sont loin d'être optimaux pour intercepter des missiles en provenance d'Iran ou de Corée du Nord, mais, en revanche, étonnamment propices à l'interception de missiles tirés depuis le territoire russe en direction des Etats-Unis’’. Mais le plus inquiétant pour Moscou est la capacité de l’Otan à violer les règles internationales - dont onusiennes - pour imposer ses choix unilatéraux, laissant par ce biais planer une menace constante sur d’éventuelles incursions en zone post-communiste. La direction des affaires étrangère russe (MID), à travers la position de S. Riabkov, a récemment réitéré cette crainte : ‘’L'alliance déclare de plus en plus fort qu'elle peut effectuer ses opérations sans mandat du Conseil de Sécurité de l'ONU, en manifestant sa foi dans le droit international sans aucun soutien des autres Etats. Ce n'est rien d'autre que la volonté de l'OTAN de s'arroger le droit de prendre des décisions unilatérales dans la sécurité international’’.

    Dans son essence, cette offensive américaine – instrumentalisant les institutions internationales - s’inscrit dans la ligne anti-russe de Z. K. Brzezinski (2000), le ‘’faucon yankee’’, qui cherche à renforcer la domination de Washington sur le continent eurasien, via la déstabilisation, l’encerclement et l’érosion de la puissance russe. Le maintien de la suprématie mondiale de l’Amérique se joue désormais en Eurasie et, en ce sens, elle fait de ce continent ‘’l’enjeu géopolitique principal’’, selon l’expression de Brzezinski (2004). Ce dernier souligne qu'une préoccupation majeure de l'Amérique sera donc de contrôler les principaux acteurs de l'Echiquier eurasien : ‘’La longévité et la stabilité de la suprématie américaine sur le monde dépendront entièrement de la façon dont ils manipuleront ou sauront satisfaire les principaux acteurs géostratégiques présents sur l'échiquier eurasien (...)’’. Sous la bienveillance américaine, la création du GUAM, alliance ouvertement antirusse, s’inscrit dans cette stratégie. A terme, l’objectif sous-jacent est de lézarder la cohésion de la CEI pour accélérer le déclin russe dans son ‘’étranger proche’’ et surtout, saper les fondements de son espace politique – qui, en définitive, définit sa zone potentielle d’intervention.

    Or la CEI reste un espace stratégique pour la Russie et surtout, fait partie de sa sphère d’intérêts vitaux. Cela explique qu’elle soit devenue la priorité de la politique extérieure russe. En effet, Moscou utilise la CEI comme un levier d’influence sur ses anciennes républiques et, pour cette raison, prône une intégration maximale : ‘’Le potentiel d’intégration (de la CEI : jg) n’est pas épuisé’’, a réaffirmé D. Medvedev, le 15/07/2008. En outre, dans la perception historique russe, la CEI exprime un lien symbolique fort avec son ancien statut (soviétique) de superpuissance et en ce sens, elle est partie intégrante de ses fondements identitaires – d’autant plus qu’elle a permis de préserver une certaine unité politique avec ses ex-républiques, principalement en Asie centrale. Enfin, de manière tendancielle, l’influence russe en CEI joue un rôle de stabilisateur géopolitique. Autrement dit, la CEI est perçue par Moscou comme une zone sécuritaire intégrée à sa stratégie globale de défense. Dans ce contexte, toute érosion de l’influence russe en CEI - et a fortiori, toute déstabilisation éventuelle de cette zone - est considérée comme une menace pour la structure sécuritaire de l’Etat russe. Sont ainsi mentionnées comme menaces majeures ‘’l’affaiblissement des processus d’intégration dans la CEI ; l’apparition et l’escalade de conflits prés des frontières d’Etat de la Fédération de Russie et des frontières extérieures des Etats membres de la CEI ; les prétentions à l’encontre du territoire de la Russie’’.

    L’objectif central de la ligne Brzezinski est de stabiliser le leadership américain sur l’espace eurasien et à cette fin, empêcher l’émergence de puissances potentiellement hostiles ou concurrentes. Zbigniew Brzezinski (2000, pp. 253-254) précise notamment que ‘’Par le biais de manœuvres politiques et de manipulations, on pourra ainsi prévenir l'émergence d'une coalition hostile qui pourrait chercher à contester la suprématie des Etats-Unis (...)’’. Cela explique l’hostilité américaine à tout rapprochement radical entre l’Europe et la Russie et à fortiori, à toute reconstitution de la structure impériale russe, qui remettrait en cause la légitimité de son leadership. Dans ce but, Washington tend à instrumentaliser l’effervescence nationaliste et indépendantiste, sous-tendue par des mouvements religieux radicaux. Dans le passé, cette politique a été parfaitement appliquée dés 1979 en Afghanistan (avec l’aide des talibans, pour renverser le pouvoir pro-soviétique de l’époque) et récemment, dans les Balkans eurasiens, au Kosovo (avec le soutien de la résistance de l’UCK pro-albanaise, pour renverser le régime pro-russe de Milosevic). De manière implicite, la stratégie de Brzezinski considère le contrôle la zone post-soviétique comme la pierre angulaire du contrôle de l’Eurasie. A terme, il s’agit notamment de créer une Grande Asie centrale (GAC) inféodée aux intérêts nationaux américains. Dans cette optique, le facteur religieux (surtout islamique) est utilisé par Washington comme un vecteur de délégitimation de l’autorité russe dans sa zone de domination traditionnelle, autrefois impériale.

    Dans une large mesure, cette instrumentalisation politique des crises ethno-religieuses a pris une tournure dangereuse en zone post-soviétique, notamment dans les espaces caucasien et centre-asiatique et in fine, dans le grand Sud musulman de la Russie. Le soutien américain des extrémismes religieux, comme levier d’une ligne anti-russe, a été une pratique structurelle de l’ère post-communiste comme l’a montré, avec pertinence, Victor Loupan (2000). Cela a été illustré, de manière spectaculaire, par la radicalisation de la crise tchétchène, où l’ingérence insidieuse de Washington a été déterminante. Dans cet axe, l’influence de Washington (via Brzezinski ou de douteuses ONG) a été également décisive dans les révolutions libérales et ‘’colorées’’ en Géorgie (1983) et en Ukraine (1984), permettant à ces républiques de l’ex-URSS de s’émanciper de la domination russe au profit de la tutelle (politique) américaine et bientôt, de la tutelle (militaire) de l’Otan. Dans l’ex-Yougoslavie, la manipulation américaine des nationalismes religieux a fait le nid de l’indépendance programmée et illégale du Kosovo, autorisant désormais le rêve d’une ‘’grande Albanie’’.

    Ainsi, dans le prolongement de la stratégie anti-soviétique de guerre froide, Washington joue de nouveau sur le ‘’facteur islamique’’ - selon le terme de M. Appakova - en vue de comprimer la puissance russe. De manière troublante, N. Burns, sous-secrétaire d’Etat américain pour les affaires politiques, a déclaré au lendemain de l’indépendance auto-proclamée du Kosovo, que les Etats-Unis considéraient ‘’comme très positif le fait qu’un Etat musulman, un Etat à majorité musulmane, ait été crée aujourd’hui’’. En réponse, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a dénoncé dans le quotidien Rossiiskaïa Gazeta l’immoralité de la ligne américaine : ’’Encourager les tendances séparatistes est à mon avis immoral’’. En définitive, la parcellisation de l’ex-Yougoslavie a jeté les bases finales du recul russe dans l’Est-européen au profit de l’avancée américaine, sanctionnée par la construction de nouvelles bases militaires et la future implantation du bouclier anti-missiles (en Pologne et en République tchèque). En déstabilisant les régimes en place, ce détournement politique de la question nationale (donc religieuse) a transformé l’espace multi-ethnique post-soviétique en une véritable bombe à retardement. Les leçons de l'histoire n'ont servi à rien.

    L’avertissement posthume de Lénine

    De manière prophétique, sur son lit de mort, Lénine avait pourtant averti du danger de ne pas distinguer le nationalisme d’une petite nation opprimée de celui d’une grande nation opprimante. La question nationale, avait-il alors solennellement lancé à l’adresse de Joseph Staline, ne doit pas être instrumentalisée à des fins politiques. Or, plus de huit décennies plus tard, la question nationale a été sacrifiée par la politique de G.W. Bush sur l’autel du libéralisme messianique et au nom d’une guerre idéologique entre le ‘’bien’ et le ‘’mal’’. Mais au-delà, l’enjeu politique du contrôle de l’Eurasie - cœur stratégique du monde selon Brzezinski - est renforcé par la triple dimension énergétique (contrôle du pétrole et du gaz), stratégique (extension du bouclier nucléaire américain) et nationaliste (surfant sur les revendications religieuses) de cette lutte d’influence implacable entre les deux anciens ennemis de la guerre froide.

    Aujourd’hui, la Russie de Poutine se retrouve à la croisée des chemins (perekrestock). En effet, elle doit faire des choix politico-stratégiques cruciaux, qui détermineront son avenir et sa position sur la scène internationale et par ce biais, son statut géopolitique. Dans le but de contrebalancer le surpuissant axe Otan/Etats-Unis, Moscou est tentée de reconstruire un axe eurasien par le biais de diverses structures politico-militaires, sans pour autant renoncé à ses valeurs européennes et à son ouverture vers l’Occident. Mais à terme, face à la progression inquiétante d’un leadership américain tentaculaire, Moscou serait encline à tourner le dos à un Occident excessivement inféodé à Washington. Ainsi, comme Lénine il y très longtemps, dans une Russie communiste en reconstruction et face à la menace insidieuse de l’Occident profitant de sa faiblesse temporaire, V. Poutine - et à sa suite, D. Medvedev - se retrouve au cœur d’un redoutable dilemme.

    En effet, il y a 84 ans, face à l’offensive agressive de l’impérialisme occidental, Lénine aspirait déjà à établir une coalition Chine/Inde/Russie comme barrage à une nouvelle forme de totalitarisme idéologique. En 1923, dans son article posthume, Lénine a ainsi écrit : ‘’(…) le capitalisme lui-même instruit et éduque pour la lutte, l’immense majorité de la population du globe. L’issue de la lutte dépend finalement de ce fait que la Russie, l’Inde, la Chine… forment l’immense majorité de la population du globe. Et c’est justement cette majorité de la population qui, depuis quelques années, est entrainée avec une rapidité incroyable dans la lutte pour son affranchissement ; à cet égard, il ne saurait y avoir une ombre de doute quant à l’issue finale de la lutte à l’échelle mondiale.’’.

    Ainsi, l’espace d’une révolution, l’histoire semble se répéter avec, pour enjeu final, le leadership mondial. Sur le grand Echiquier eurasien, une nouvelle forme de guerre tiède ressurgie des abimes libéraux de l’histoire, tend désormais à s’imposer. Bien que sur le point de réussir son retour et d’achever sa reconstruction identitaire, la Russie poutinienne redoute dans le même temps la montée de l’instabilité politique au cœur de son ancien empire. Alors pour reprendre l’expression historique de Lénine, ‘’que faire’’ ?

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